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Services & Ressources en ingénierie culturelle

De l’avenir des politiques culturelles

Le premier dossier thématique de C.E.G. vient de paraître. Un dossier sur l’avenir des politiques culturelles en guise d’appel à contributions, ouvert à tous, qui met en perspective les mesures et les grands axes de changement pour l’avenir des politiques culturelles.

Retrouvez l’introduction générale au dossier en ciliquant sur le lien suivant :

http://cultural-engineering.com/2008/08/14/dossier-n°1-de-l’avenir-des-politiques-culturelles/

Bien à toutes et à tous,

Philippe Gimet, fondateur du C.E.G.

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Dossier n°1 : de l’avenir des politiques culturelles

Parmi les différents thèmes que Cultural Engineering Group se propose d’aborder, les politiques culturelles dans leur acception la plus large possible jouent un rôle prépondérant dans nos sociétés, c’est une évidence.

Nous avons souhaité étudier la question de leur avenir car il s’avère qu’elles témoignent toutes d’une vision (ou d’une doctrine) de la culture, renvoyant ainsi chacun à son propre référentiel.

Certes, l’ingénierie culturelle est un domaine vaste, mais qui est particulièrement bien positionné auprès des politiques culturelles pour pouvoir analyser et identifier les freins et les performances de celles-ci tout en étant un des supports de leur évolution.

S’interroger sur leur avenir dans le contexte de la poursuite de la construction européenne, de la confrontation des modèles de « civilisation » et de la prise en compte de la responsabilité sociétale, n’est pas évident et ne peut être exhaustif. En revanche, tenter d’esquisser et d’analyser les différentes voies possibles est loin d’être vain.

Si la cohabitation, la coopération et le dialogue entre les peuples dépendent plus que jamais de la différenciation, de la pluralité et de la convergence des politiques culturelles, ces dernières connaissent de profondes mutations, à l’image de nos sociétés. 

Cette faculté de changement, d’anticipation ou d’adaptation n’est pas abordée de la même manière d’un pays à l’autre.

C’est à travers cette dualité (et parfois cette ambivalence) que nous nous proposons de dossier.

C.E.G propose de progressivement constituer un panorama de ces politiques.

Ce dossier thématique est ouvert à la contribution et au débat. N’hésitez pas à y apporter vos expériences, vos analyses, vos commentaires.

Philippe Gimet, fondateur du C.E.G.

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Introduction générale

Une des principales difficultés pour appréhender l’avenir des politiques culturelles réside dans l’interrelation entre les cultures. Nous avons en effet choisi cette clé d’entrée sociologique car il s’agit au fond du liant sans lequel les tentatives de rapprochement des politiques culturelles en Europe est fort complexe.

L’approche sémiologique de la culture est fondée sur l’interrelation entre deux constats :

  • les limites de la culture sont en relation avec son fondement naturel, le tout assisté par les systèmes contrôlés par les humains ;
  • l’ensemble des exigences requises permettant la création d’une culture diffère selon les sociétés humaines.

À partir de ce constat, il convient d’évoquer en préambule la problématique du dialogue entre les cultures.

 

La problématique du dialogue entre les cultures

Parmi les sujets qui émergent régulièrement du flot médiatique de nos sociétés globalisées, la culture porte en elle une tension conflictuelle larvée, quelque peu masquée par les grands discours récurrents sur la diversité culturelle.

Si 2008 est l’année européenne qui met en exergue la nécessité du dialogue entre les cultures et qui donne lieu à un appel visant à réunir des idées nouvelles sur la façon de promouvoir ce dialogue, l’effort à accomplir pour créer un « mieux-vivre ensemble » et changer le regard et l’appréhension des cultures demeure considérable.

En chaque culture se trouve en effet un assemblage précaire et hétéroclite d’identités fortes, de traditions et de terroirs essentiels, de patrimoines aux richesses innombrables mais aussi de clichés, de peurs de l’autre, de replis sur soi, d’expressions souverainistes, de conservatisme ou de poids des héritages face à la gageure que représente la construction d’une société européenne, construction dont le leitmotiv cette année est « Together in diversity »

Force est de constater dans le contexte actuel que la notion d’exception culturelle, notion derrière laquelle nombreux sont ceux qui se réfugient, contient autant de perspectives de progrès si le dialogue entre les cultures est opérant que de risques d’un nouveau type de « guerre de tranchées » pour la construction politique de l’Europe et de son identité.

Le multiculturalisme, enjeu de nombreux questionnements et conflits dans les sociétés d’aujourd’hui, est une conséquence du postmodernisme. Une multitude de possibilités engendre inéluctablement un problème identitaire, une difficulté à prendre position face à des valeurs, à la religion, à la politique et bien sûr face à autrui, à ses croyances.

Par poussées successives, paraissent chaque année pamphlets, études sociologiques, voyages initiatiques, manifestes, controverses, analyses, reportages et articles d’opinions qui dans leur majorité assènent chacun à leur manière des coups subtils dans l’inconscient et le conscient collectifs.

Malgré eux, ils témoignent et traduisent la nécessité d’une réaction mesurée et ouverte au dialogue.

Mais que dire par exemple des réactions au dossier que le magazine Time a consacré en 2007 à la culture française ? Peu se sont exprimés mais la plupart des réactions fut antagoniste et frisa parfois le ridicule.

Si parmi tous les pays, la France se considère en pointe en matière de culture, au bénéfice de ses citoyens et de son rayonnement mondial (les approches quantitatives de la dépense culturelle publique par habitant l’attestent), elle est néanmoins entrée en croisade pour l’exception culturelle, ce qui n’est pas uniquement un signe positif. Dans toute croisade gît en effet un intérêt particulier et dominateur ou une crainte aux dépens des autres, aussi noble soit la cause d’un pays comme la France.

Sous couvert d’idéal nostalgique d’une « certaine idée de la France », on refuse de manière outrancière la remise en question et l’ouverture tout en faisant la promotion.  La France est un pays de paradoxes pour tout étranger.

C’est à se demander si la gouvernance culturelle ne s’est pas un peu trop laissée flotter au gré du hasard et de la nécessité. Les choix qui ont été faits ont tous été légitimes mais le résultat est sur ce point très proche d’un status quo. Le changement est toujours à venir et la Déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle en est un des exemples les plus criants.

 

Des gouvernances encore trop divergentes

Les modèles de société se confrontent les uns aux autres avec, il faut bien le reconnaître, une certaine primarité populaire ; primarité qui rejette presque par principe toute réciprocité dans l’influence de l’autre. Il y aurait ainsi fort à dire de l’idée qu’on peut se faire de l’intérêt général.

Qu’a-t-il donc manqué pour ne pas parvenir à suffisamment changer cela ? Des repères ? De la volonté politique ? Des outils et des dispositifs structurants ? Du pluralisme ? Des intellectuels et des scientifiques ? Rien de cela c’est certain.

Pour que les gouvernances s’accordent, elles doivent prendre de la hauteur, s’ouvrir aux autres et apprendre à articuler et partager leurs compétences et surtout faire face à toute forme de repli plus ou moins avouable ou faussement assumé, c’est peut-être là que le bas blesse le plus au fond.

Pourtant tous nos hommes politiques se servent constamment de la comparaison avec les autres pays pour étayer ou infirmer tel ou tel projet de réforme. Ce signe positif est-il pour autant suffisant ? À l’évidence non.

Nous sommes confrontés ici au relatif échec français de la démocratisation culturelle. L’accès à la culture est un lien qui demeure trop distendu pour la majorité des citoyens et ce sont les industries culturelles qui, tout en favorisant cet accès, l’ont resserré tout en se différenciant de la culture soutenue par les politiques culturelles.

L’erreur française peut notamment se caractériser dans l’opposition quasi dogmatique entre l’offre et la demande. D’un côté la politique de l’excellence fortement incitative et soutenue dans sa diffusion et de l’autre la consommation de masse qui ne se ressent que très partiellement destinataire de cette politique.

Cette opposition a trop longtemps sévi, créant ainsi un jeu de dupes entre économie de la subvention et économie privée. Il faut tout de même rappeler que la démocratisation culturelle était sensée accompagner la décentralisation et la déconcentration culturelle… La fin annoncée de “l’ère de la subvention” semble avoir favorisé ces vingt dernières années la redécouverte de modèles oubliés dans les méandres du droit public et des alternances politiques. Mieux vaut tard que jamais mais qu’ont fait nos voisins pendant tout ce temps ?

Dans la tradition centralisatrice et au travers de l’aménagement du territoire, la notion de territoire culturel n’est apparue que très tardivement en France. Nous pourrions même dire dans certains cas qu’elle est apparue par défaut avant les lois Chevènement et Voynet ; car si les collectivités sont particulièrement investies dans la culture et ont fortement collaboré avec l’Etat, certains redéploiements successifs « non ou mal accompagnés » de ce dernier ont généré certes des opportunités mais aussi un grand désarroi et de fortes inégalités.

L’Etat et les collectivités territoriales ont tenté dans les années 90 d’atténuer les conséquences de ce phénomène inégalitaire grâce à l’Europe et en particulier grâce aux fonds structurels. L’investissement fut important mais a aussi créé des centres de dépenses supplémentaires. Pour partie, cela a reporté le problème de la gestion de la profitabilité (pris aux deux sens du terme) à un peu plus tard.

Ce prix est désormais très élevé, notamment depuis la reprogrammation des fonds structurels européens de 2006, et l’Etat tout comme les collectivités se retrouvent en grande difficulté pour maintenir le niveau de dépense alors qu’entre temps les pratiques, les besoins et les attentes évoluent, enclenchant ainsi de nouveaux efforts d’adaptation et d’anticipation.

En 2003, une note des services du premier ministre a été envoyée à tous les préfets de France pour qu’ils incitent fortement à la consommation des crédits européens sur leur territoire avant que ceux-ci n’en soient plus les bénéficiaires.

Si la France avait été en plus grande capacité de gérer les coûts générés par les investissements de ces vingt dernières années en se préparant positivement et dynamiquement à leur tarissement, la situation actuelle serait peut-être moins difficile pour les collectivités, les opérateurs et les équipements culturels car d’autres formes de partenariats auraient pu exister de manière solide. Mais on ne refait pas l’histoire avec des « si ». Fort heureusement, on semble aujourd’hui redécouvrir les “vertus” du partenariat, il n’est jamais trop tard. 

La question qui se pose aujourd’hui est simple : quelle pérennité dans tout cela ? Ce qui se passe à l’échelle mondiale devrait nous permettre d’en tirer quelques enseignements pour mieux nous orienter (voir l’excellente réflexion de Gregory Greene, « the end of suburbia »).

A un niveau macro social et macro économique, l’avenir à moyen terme est au renforcement de l’échelon local. il ne pourra pleinement se réaliser sans compétences structurées et en adéquation avec celles des différents niveaux territoriaux et ce au-delà de leurs frontières traditionnelles.

Il s’agit selon nous d’un des enjeux stratégiques majeurs pour les politiques culturelles et leur avenir.

 

Vers une harmonisation dans la diversité

Aujourd’hui, il est difficile d’établir les critères qui permettent à certains de constater que des pays s’en sortent a priori mieux que d’autres, faisant allusion aux pays ou l’Etat est moins interventionniste (toute proportion gardée), où la dynamique public-privé est plus poussée dans les faits qu’en France. Le paradoxe est que la théorisation du partenariat public privé est historiquement française et britannique…

Si cette tradition interventionniste et volontariste de l’Etat français doit se préserver, se pérenniser et se moderniser, elle ne peut néanmoins plus l’effectuer de manière déconnectée des autres systèmes de politiques la culture car il y a fort à parier que les prochaines années verront les Etats membres de la Communauté Européenne refonder leur politique culturelle pour plus de complémentarité et de pertinence entre les différents niveaux de décision. Il en va de même pour les accords de coopération à l’échelle internationale. 

Les méthodes quantitatives qui consistent à comparer les systèmes et les modèles d’un pays à un autre sont bien connues et forts utiles. De nombreux indicateurs existent. En revanche moins nombreuses sont les approches qualitatives.

Notre propos n’est pas de développer une méthodologie ad hoq pour ce dossier thématique mais de donner un instantané à partir des données perçues et enrichies par vos contributions.

À titre d’exemple, Frédéric Martel a proposé dans son ouvrage paru fin 2006 « De la culture en Amérique » un regard objectif sur la structuration de la culture aux Etats-Unis, regard riche en enseignements pour à la fois réformer et moderniser mais aussi pour consolider les choix institutionnels français.

Cette approche incite à se concentrer sur un objet essentiel, à savoir : le socle institutionnel et sociétal sur lequel se déploient les politiques culturelles.

Il convient malgré tout de garder à l’esprit que l’idée que chacun se fait de la culture demeure particulièrement influençable, positivement comme négativement, par les leaders d’opinion, les faiseurs de tendance, la pensée dominante à un instant « t », les médias mais aussi les mouvements sociétaux et les programmes politiques.

Et si les historiens ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur une définition du mot “culture” peut-être est-ce tout simplement parce qu’elle se réinvente et de renouvelle en permanence. A chacun donc d’en faire sa propre définition et de la caractériser dans nos choix individuels tout comme dans nos choix collectifs.

Si le sens du mot “culture” a en effet considérablement évolué à l’aune de la montée en puissance des marchés, de la consommation et du poids grandissant de l’économie dans ses ramifications à l’échelle du monde, les politiques culturelles se sont faites tantôt offensives et expérimentatrices, tantôt gestionnaires et ronronnantes.

L’excellent travail d’Anne-Marie Autissier « Politiques culturelles des États européens : pour une nécessaire refondation » est une des trop rares contributions fournissant de vrais repères (1). 

Ainsi, trois grandes périodes sont présentées pour comprendre l’évolution des politiques culturelles des pays de l’Europe occidentale depuis la fin de la seconde guerre mondiale :

« démocratisation culturelle puis démocratie culturelles (1950-1980), appui à la professionnalisation du secteur et prise en compte de l’environnement économique et industriel de la culture (1980-1990), généralisation de l’attention au secteur privé et débat sur le renouvellement des politiques culturelles dans un contexte de globalisation économique et de développement des technologies de l’information et de la communication, attention contradictoire aux processus interculturels (1990-2000) ».

Depuis, le mouvement s’est poursuivi par un effort inachevé de mise en cohérence des formes d’intervention dans un contexte de stagnation budgétaire et de tension économique, ce qui a rendu les politiques culturelles de plus en plus instables et sensibles.

 

Il nous apparaît donc essentiel aujourd’hui que plusieurs directions soient engagées et aboutissent :

  • diagnostiquer à l’échelon national pour chaque Etat membre les domaines qui nécessitent la conjugaison d’une intervention à trois niveaux (national, eurorégional et européen)
  • trouver des priorités et des objectifs communs, en complément des dispositions prises par les programmes européens, pour renforcer la cohérence entre les Etats membres,
  • favoriser les partenariats public-privé à travers les outils contractuels existants et procéder à leur suivi et leur évaluation,
  • accompagner la professionnalisation les métiers et les secteurs professionnels afférents en synergie avec les grands objectifs des politiques culturelles de sorte que soient impulsées des dynamiques plus structurantes pour l’économie de la culture,
  • étudier, comparer, analyser les politiques des publics et les pratiques culturelles de ces derniers,
  • impliquer les acteurs culturels (maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvres) dans l’élaboration d’un livre vert puis d’un livre blanc mettant à jour toutes les tentatives précédentes et pour définir ainsi de nouvelles modalités de collaboration et d’action sur les territoires,
  • désectoriser un certain nombre de compétences et les croiser avec des secteurs connexes, comme le tourisme culturel ou les industries dites créatives par exemple, en créant des organes de directions stratégiques chargée du management du changement pour les politiques sectorielles.

 

Cette introduction générale à ce dossier thématique faisant objet d’appel à contribution, ce dernier a pour seule intention de mettre en perspective les mesures et les grands axes de changement pour l’avenir des politiques culturelles. Nous avons considéré les Etats membres de l’Europe comme une base solide mais tous les commentaires et analyses sur d’autres pays sont les bienvenus.

Chaque pays fera l’objet à terme d’un chapitre dédié. C’est à vous, membres et futurs membres de C.E.G., de jouer maintenant !

 

Respectueusement,

Philippe Gimet, fondateur du C.E.G.

—–

(1) Anne-Marie Autissier, “Politiques culturelles des États européens : pour une nécessaire refondation.”, EspacesTemps.net, Textuel, 29.03.2006. Avec l’aimable autorisation de la revue EspacesTemps.net

Le texte est accessible en ligne à l’adresse suivante :

http://espacestemps.net/document1917.html

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Intelligent agent Vol. 8 No. 1

Fondé en 1996, Intelligent agent est un fournisseur de services, d’organisation et d’information dédié à la l’analyse et la promotion de la création artistique qui s’approprie les technologies issues du numérique dans sa production comme dans sa diffusion.

La nouvelle édition de sa revue vient de paraître et est consacrée aux « fabriques sociales ». Ce numéro propose un catalogue d’œuvres sélectionnées par Susan  Elizabeth Ryan et Patrick Litchy à l’occasion du dernier Leonardo Educational Forum 2008 qui s’est tenu lors du College Art Association en février dernier (le plus grand salon international des professionnels des arts visuels) ainsi qu’un nombre important d’essais sur la relation entre technologies issues du numérique et univers social, mode, corps-interface, ubiquité.

Intelligent agent Vol. 8 No. 1 – Social Fabrics est disponible ici en version papier et en version téléchargeable.

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The Long Now

The Long Now est une fondation pour le moins originale, créée en 1996, qui a choisi de devenir une institution culturelle inscrite dans le très long terme en développant une approche à contre-courant de l’époque actuelle, époque qu’elle considère comme conditionnée par l’état d’esprit du « plus vite / moins cher » alors qu’il conviendrait mieux de promouvoir la pensée du « moins vite / meilleur ».

L’objectif n’est ni plus ni moins que d’encourager de la manière la plus créative et ambitieuse possible la responsabilisation des générations pour les 10 000 prochaines années.

En posant cette échelle inhabituelle même pour la plupart des fondations ou des acteurs du développement durable et de la responsabilité sociétale, The Long Now développe une approche en strates temporelles qui ont leur propre rythme et leurs propres valeurs et expliquent les mécanismes de notre monde (par exemple, du plus lent au plus rapide : nature, culture, politique, infrastructure, commerce, mode). L’interrelation et les mouvements entre ces différents rythmes et valeurs permet une appréhension de notre temps et de notre contribution individuelle et collective.

La fondation tire son nom d’une réflexion d’un des membres de son conseil d’administration, Brian Eno, qui une fois installé à New York compris et caractérisa le rythme effréné de la Mégalopole (« here and now ») par opposition à celui qu’il avait toujours connu en Angleterre (« larger and longer »). En adoptant cette dialectique, la fondation œuvre pour étirer le plus possible ce que nos concitoyens considèrent par « now ».

The Long Now développe une approche passionnante et remarquable sur son site (qui contient aussi un blog) et porte un éclairage très différent de ce que nous connaissons de la société du savoir.

Parmi ses projets, la construction d’une sorte d’ordinateur mécanique géant ne nécessitant aucune maintenance humaine, extrêmement lent, simple et ingénieux, donnant les heures, les jours, les années, les siècles et les millénaires, afin de restaurer la notion de futur, notion galvaudée par le caractère frénétique du notre présent. Ainsi, il s’agit de faire en sorte que nous nous réapproprions l’idée même du futur, idée qui selon The Long Now n’existe pas au fond.

Pour découvrir plus avant ce projet, nous vous recommandons notamment la lecture de l’excellent article de Michael Chabon (Prix Pulitzer).

 

Consulter le site de la fondation The Long Now

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Digital concierge

digital conciergeParmi les dernières innovations en matière de tourisme et de nouvelles technologies, Digital concierge constitue une réelle avancée.

Le programme Digital concierge, fruit de la coopération entre IDA (Infocomm Development Authority of Singapore) et le STB (Singapore Tourism Board), a été lancé en avril dernier à Singapour.

Ce programme a pour objectif d’aider à transformer le secteur dit « THR » (Tourism, Hospitality and Retail) et de promouvoir via l’utilisation des nouvelles technologies l’attractivité de Singapour.

Il permet d’obtenir des recommandations en temps réel sur les activités et les lieux touristiques de la ville, ainsi que des services et des informations personnalisés pour les visiteurs.

Actuellement en phase d’expérimentation, une étude complète de l’impact du programme sera fournie dans le courant de l’année et permettra de généraliser le dispositif à plus grande échelle.

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Mondialisation immatérielle

Afin de mieux saisir la réalité de la mondialisation dans le domaine des biens immatériels, le rapport de Daniel COHEN et Thierry VERDIER (Conseil d’analyse économique) propose plusieurs mesures de politique économique, mesures liées notamment au téléchargement de livres, l’interconnexion des abonnements multimédia, la mise en place d’une politique tarifaire européenne en matière de biens pharmaceutiques ou encore la révision des quotas de diffusion audiovisuels.

Source : la documentation française

Consulter le rapport en ligne 

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L’état du tourisme en France

Si la France affiche le meilleur résultat mondial en termes d’arrivées de visiteurs étrangers (82 millions pour 2007, selon la Direction du Tourisme), elle occupe seulement, selon des chiffres de l’Organisation Mondiale du Tourisme, la troisième place en terme de recettes (46,3 milliards d’euros en 2006), derrière les Etats-Unis (85,7 milliards d’euros) et l’Espagne (51,1 milliards d’euros). Jean-Michel Couve, Député du Var, s’est vu confier par le Premier ministre, une mission sur le tourisme en France, axée autour de trois thèmes : l’organisation territoriale, l’observation statistique et les accords bilatéraux de la France dans le domaine du tourisme. L’auteur appelle tout d’abord à revoir la définition et la répartition des compétences entre l’Etat, les régions, les départements, les communes et leurs communautés. Il émet ensuite des réserves sur l’interprétation qui est faite des données statistiques sur le tourisme (affichage du nombre annuel de visiteurs au détriment des recettes engendrées) et préconise de se doter d’outils statistiques plus performants. Il se penche enfin sur les relations de la France avec les pays étrangers dans le domaine du tourisme (accords bilatéraux, coopérations décentralisées, coopérations interuniversitaires) et en identifie les lacunes (très grande diversité des actions engagées, caractère souvent flou des limites entre les intentions, les projets et les réalisations ; manque de coordination entre les différents acteurs publics français, etc.). Il avance plusieurs propositions pour conforter les accords bilatéraux et dynamiser les échanges internationaux, dont la constitution d’une plateforme « France Tourisme International ».

Source : La documentation française

Consulter le rapport en ligne

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Du désenclavement des régions françaises

Le « Grenelle de l’environnement » a été l’occasion d’annoncer un réexamen de la politique des infrastructures de transport en privilégiant les alternatives à la route. Le CIADT (Comité interministériel à l’aménagement. et au développement des territoires) de 2003 avait quant à lui avait programmé un grand nombre de projets routiers et ferroviaires mais aussi aéroportuaires et fluviaux. Cependant, les programmes prévus d’ici 2020 se heurtent à la capacité de financement de l’Etat, tandis que se pose la question de la justification des infrastructures construites. Un rapport d’information fait au nom de la Délégation à l’aménagement et au développement durable du territoire sur le niveau d’équipement de la France en infrastructures de transports et ses conséquences sur le désenclavement des régions françaises vient de paraître sur cette question. Ce rapport (réalisé par : ALQUIER Jacqueline, BIWER Claude
FRANCE) insiste sur le fait que la politique de désenclavement est fondée sur la notion d’accessibilité des territoires, qui doit être améliorée : pour ce faire, il propose notamment que le désenclavement soit une priorité financière d’un prochain CIACT (Comité interministériel d’aménagement. et de compétitivité des territoires) et que la politique de désenclavement soit ancrée dans les projets des territoires.

Source : le Sénat

Consulter le rapport en ligne

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Empyre : nouveaux défis et nouveaux modèles

Initiée en 2002 en Australie par Melinda Rackham, Empyre est une plate-forme de discussion, de réflexion, de promotion qui a pour vocation de contribuer à la mise en évidence de perspectives critiques dans les domaines pluridisciplinaires associés à la creation artistique et aux nouveaux medias.

Entité non hiérarchisée et autonome, Empyre a choisi de traiter librement un sujet par mois pour faire de cette dynamique éditoriale une source de renouvellement et d’indépendance, permettant ainsi  à de nombreux intervenants de participer aux débats. Empyre a constitué par ce biais un vaste réseau d’artistes, de commissaires, de théoriciens, de producteurs.

Peu connues en Europe, les activités d’Empyre ont largement contribué ces dernières années à poser le débat sur la création numérique en dehors des sentiers battus, des phénomènes de tendance, des réponses établies et toutes faites, détectant comme peu en sont capables aujourd’hui ce qui met à l’épreuve les modèles existants.

Ce mois-ci, Empyre propose comme à son habitude un nouveau débat : récemment, plusieurs institutions semblent s’être concentrées sur les liens entre art et culture à partir d’outils et de dispositifs techniques portables et interconnectés.

Si ce n’est pas un phénomène nouveau, différentes approches semblent apparaître dans ces présentations, modifiant et bousculant les modèles traditionnels de MediaLAB (au sens anglosaxon du terme) tels que nous avons pu les connaître jusqu’à aujourd’hui.

Il est vrai que la convergence entre arts, sciences et technologies est aujourd’hui si diversifiée et disséminée dans nos sociétés à travers des expérimentations de toutes sortes et de toutes parts qu’elle semble moins dominer le champ d’investigation. Que dire de cette dilution, quel devenir pour les modèles que nous connaissons jusqu’à présent et surtout quelles perspectives sont en train de s’esquisser ?

Dans ce contexte, Il existe une combinaison de plusieurs scenarii possibles, scenarii dans lesquels les cultures digitales ont atteint ces cinq dernières années de nouveaux territories géographiques comme la Chine, l’Inde ou l’Asie du Sud-Est.

Parallèlement, les communautés “opensource” se développent également dans des approches alternatives, recyclant les outils, les solutions et les objets. Un certain nombre d’organisations ont tout particulièrement le vent en poupe et consolident leur activité malgré leur positionnement à la marge des agendas des grandes enterprises.

Pour évoquer les modèles et les perspectives possibles pour les media centers, les organisations de net art et des centres d’arts numériques, les représentants d’institutions et des représentants d’initiatives indépendantes du Brésil, des Etats-Unis et d’Angleterre vont se réunir et partager ainsi leurs expériences, pour débattre des différences et des similarités, des nouveaux challenges et des particularités locales .

Comme nous réagissons à une époque où “il est un besoin urgent pour les nouvelles formes institutionnelles qui reflètent les processus relationnels de mettre à l’épreuve les systèmes existants de gouvernance et les structures représentatives surannées” (Ned Rossiter), les invites d’Empyre seront ce mois-ci :

Anne Nigten (V2, Rotterdam / Netherlands), Gabriel Menotti (Cinefalcatrua, Vitoria / Brazil), Gisela Domschke (MediaLAB MIS, Sao Paulo / Brazil), Marc Garrett (Furtherfield, London / UK), Sarah Cook et Amanda McDonald Crowley (Eyebeam, New York / US).

Vous pouvez suivre les débats en vous inscrivant à partir du lien suivant :

empyre-request@lists.cofa.unsw.edu.au

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Europe et mobilité urbaine durable

Réunis en session plénière à Strasbourg le 9 juillet, les députés européens ont largement approuvé le rapport de Reinhard Rack (PPE-DE, AT) sur la mobilité urbaine durable.

Ce rapport prend position sur le livre vert de la Commission européenne « Vers une nouvelle culture de la mobilité urbaine »  alors même que la Commission est en train d’élaborer un plan d’action pour la mobilité urbaine.

En application du principe de subsidiarité, toute action communautaire ne devrait être entreprise que lorsque l’Union peut apporter une nette valeur ajoutée. 
Sur le point clef des financements, les députés européens jugent que les fonds structurels ou de cohésion pourraient jouer un rôle plus important dans le financement des transports durables urbains. Les députés européens ont également  demandé à la Commission de concevoir des instruments spécifiques.

La question des transports doit être prise en compte dans  tous les domaines où l’Union dispose de compétences (la politique budgétaire, la politique de l’environnement, la politique de la concurrence, la politique industrielle, la politique régionale et de cohésion, la politique des transports et de sécurité routière et la politique de l’énergie). 

Le rapport insiste par ailleurs sur les besoins particuliers des travailleurs, des personnes à mobilité réduite, des enfants, des personnes défavorisées et des personnes âgées en matière de mobilité. Les députés européens réclament notamment l’adoption de lignes directrices pour l’harmonisation de normes afin de favoriser l’interopérabilité, en particulier pour ce qui concerne la mobilité des personnes les moins valides. Le rapport souligne l’importance de l’interopérabilité dans les zones transfrontalières.

Le rapport préconise une évaluation des coûts externes engendrés par les différents modes de transport, ainsi que l’examen de la possibilité de les internaliser. 

En ce qui concerne les collectivités, le rapport insiste sur leur rôle de planification. 
Les députés européens encouragent les villes et les zones urbaines à établir des programmes de gestion urbaine durables (PGUD) intégrés et globaux mettant l’accent sur l’urbanisme et l’aménagement du territoire à long terme. 
Les députés européens soutiennent une approche intégrée des politiques de mobilité et demandent à la Commission de soutenir les projets pilotes des collectivités locales et encouragent les projets de recherche dans le domaine de la mobilité urbaine

Enfin, les députés européens soutiennent l’échange et la diffusion de bonnes pratiques, en particulier la promotion d’une chaîne de mobilité durable (marche, bicyclette, auto partage, covoiturage, taxi collectif, mobilité publique). Ils recommandent la collecte de données statistiques  par le biais d’une plate-forme européenne de la mobilité urbaine. 

Source : Maison européenne des pouvoirs locaux français.

Consultez le rapport de Reinhard Rack (PPE-DE, AT) sur la mobilité urbaine durable.

Consultez la présentation du Livre vert «Vers une nouvelle culture de la mobilité urbaine»

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Vers une meilleure reconnaissance des artistes musiciens ?

La Commission européenne a adopté le 17 juillet une proposition qui prévoit de prolonger à 95 ans le délai de protection des enregistrements musicaux d’artistes et de producteurs musicaux.

L’Association of European Performers’ Organisations (AEPO-ARTIS) qui représente 27 sociétés collectives de gestion du droit d’auteur et 350.000 artistes performants a salué cette mesure comme un pas important vers une meilleure reconnaissance de la valeur du travail de création des artistes.

Une prolongation du délai réduirait le décalage existant entre la protection des auteurs, dont les œuvres sont protégées jusqu’à 70 ans après leur décès, et celle des artistes musiciens qui ne bénéficient que d’un délai total de protection de 50 ans.

La proposition de la Commission européenne concerne le jazz, le blues, la country, le pop et le rock, donc un vaste répertoire du patrimoine culturel européen encore largement écouté et exploité. Une prolongation du délai de protection permettrait d’éviter les situations dans lesquelles des artistes voient leurs performances entrer dans le domaine public alors qu’ils sont encore en vie. Ils perdent ainsi le droit de toucher des tantièmes qui constituent souvent la base financière de leur existence et de leur travail.

« Je suis prêt à faire tous les efforts nécessaires pour garantir des revenus décents aux artistes musiciens et pour faire naître dans les prochaines années une industrie musicale basée en Europe », a déclaré le commissaire européen Charlie McCreevy.

Parmi les autres mesures avancées pour soutenir les artistes musiciens retenons la proposition de fixer à 20% la part minimale des artistes musiciens sur les recettes des producteurs phonographiques des performances musicales, permettant ainsi une distribution plus juste des revenus.

Les propositions de la Commission européenne ne concernent cependant que les enregistrements musicaux. L’AEPO-ARTIS a donc appelé la Commission à prendre en considération le secteur culturel dans son intégralité et de ne pas négliger les artistes d’autres domaines que la musique.

Source: European Creative Industries

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