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Nouveau budget de la culture

Le projet de budget 2009 pour le ministère de la Culture, présenté vendredi, s’élève à 2,78 milliards d’euros en crédits de paiement, avec un effort portant sur les monuments historiques, le spectacle vivant et les régions. Avant de livrer une analyse de ce budget dans le débat qui a commencé en janvier dernier, nous relayons en préalable les grandes lignes du budget de la culture pour 2009.

Le budget est ainsi en hausse de 0,3% par rapport au projet de loi de Finances 2008.

Les crédits de paiements affectés aux trois grands programmes du ministère sont, pour le programme Patrimoines 1,130 milliard (-0,3%), pour le programme Création 806 millions (+1%), pour le programme Transmission des savoirs et démocratisation de la Culture, 845 millions (+0,7%).

Dans le programme Patrimoines, les monuments historiques recevront en 2009 285 millions d’euros, qui seront augmentés de 20 millions d’euros issus des cessions immobilières de l’Etat soit 305 millions d’euros (contre 303 en 2008). Cette somme n’inclut pas les fonds de concours (remboursements à l’Etat) qui devraient être de l’ordre de 14 millions d’euros.

Les crédits accordés aux musées de France seront de 340 millions d’euros.

Les grands chantiers se poursuivent, comme ceux du château de Versailles, de la Philharmonie de Paris, du futur centre des archives de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-denis) dont la première pierre doit être posée fin 2008. Les seuls travaux essentiels de rénovation du quadrilatère Richelieu (Bibliothèque nationale de France) seront en revanche exécutés.

Le programme Création prévoit pour le spectacle vivant 640 millions d’euros en 2009 auxquels s’ajoutent 15 millions d’euros issus des cessions immobilières de l’Etat, soit une hausse de 2,4%. Le budget met l’accent sur le spectacle vivant en régions.

Le budget proposera par ailleurs de modifier le dispositif fiscal dit “loi Malraux” (travaux dans les secteurs sauvegardés) avec plafonnement des charges déduites à 140.000 euros.

Source : AFP

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Apple CSTC

Nombreux sont ceux qui savent que les marques s’appuient sur la blogosphère dans leur stratégie d’évangélisation. Certaines le font en se focalisant principalement sur le produit et son univers (ce qui au fond déplaît fortement aux bloggers), d’autres brouillent les pistes et intriguent comme Apple avec son portail de blogs dédié à la convergence entre science, technologie et culture (CSTC).

Basé sur le principe d’une communauté de bloggers respectés pour leur culture et leur travail scientifiques, le portail propose de promouvoir les grandes avancées scientifiques (certaines sont mécénées partiellement ou totalement par Apple) qui ont toutes la particularité d’employer à un moment ou à un autre des machines et des logiciels Mac.

En parrainant la plus grande communauté scientifique du web (Scienceblogs.com), Apple réussit à faire remonter vers la marque l’expérience utilisateur en s’appuyant sur le progrès, la découverte et la recherche scientifiques. Du coup il est aisé de valoriser les matériels et les logiciels Mac en parlant des avancées scientifiques obtenues dans domaine de l’imagerie scientifique, de la recherche spatiale, de la médecine cellulaire, de la physique quantique, de la sismologie, ou encore de l’archéologie et de bien d’autres disciplines encore. 

Le phénomène se matérialise dans les macstores qui se transforment régulièrement en forum et conférences ouverts gratuitement au public avec la convivialité et la décontraction que l’on connaît de la marque à la pomme.

Ces réunions publiques rassemblent d’importants bloggers ainsi que des chercheurs de toutes les disciplines scientifiques pour traiter de la convergence entre science, technologie et culture, et pour démontrer au public que le monde des blogues stimule et alimente de manière globale le dialogue et la recherche scientifiques. A titre d’exemple, le 1er octobre prochain dans le macstore de Soho à New-York, les thèmes évoqués iront du réchauffement climatique aux sciences de l’éducation en passant les neurosciences, la mémoire et le vieillissement.

Qui a dit que les sciences molles et les sciences dures ne faisaient pas bon ménage ? Plus sérieusement et sans la moindre surprise, les relations entre industrie et recherche ne souffrent d’aucun tabou aux USA. C’est ce qui fait encore aujourd’hui que la fuite des cerveaux vers les Etats-Unis se poursuit malgré la crise financière et économique. Les dépenses en R&D ont tout de même augmenté là-bas de 5,7% en 2007, ce qui en fait rêver plus d’un. En Europe, le problème a été pris à bras le corps à partir de 2001 (+2,7% sur la période 2001-2004 et les statistiques pour les dépenses R&D de la période la plus récente devraient être prochainement publiées) et la dynamique public-privé aujourd’hui stimulée par une fiscalité plus incitative est en train de rééquilibrer les forces en présence.

 


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Italie, disette culturelle

La situation des institutions culturelles italiennes est devenue très préocupante ces dernières années et ce à un niveau jamais atteind. La plupart des responsables de ces institutions réclamme en effet une politique, des moyens financiers et des effectifs pour tenter de retrouver une situation saine et sauver ce qui peut encore l’être.

Si les « locomotives » culturelles et partrimoniales ont tendance à être mieux financées, c’est dans un certain désarroi que les sites de niveau intermédiaire constatent leur fragilité et leur précarité. Le musée national de la Préhistoire et de l’Ethnographie Luigi Pigorini de Rome a récemment lancé un appel désespéré par médias interposés et le nombre d’institutions aujourd’hui en péril témoigne de l’incapacité du gouvernement de faire face à la gravité de la situation.

En effet aujourd’hui il y a tant de musées au bord de la fermeture que le gouvernement semble ne pas prendre la mesure de la situation, bien au contraire. Cet été le gouvernement conservateur de Silvio Berlusconi a pris la décision de retirer 1,3 milliards d’euros du budget du ministère de la culture sur les trois prochaines années. Ces coupures budgétaires vont affecter des centaines de musées, sites archéologiques, sites naturels, théâtres, opéras, bibliothèques, monuments historiques et archives, cela ne fait pas l’ombre d’un doute.

Le gouvernement explique ces coupes par la faiblesse de la croissance économique italienne et les contraintes budgétaires fixées par Bruxelles qui contraindraient les Etats membres à réduire le financement public des arts et de la culture. L’opposition travailliste dénonce le fait que ce gouvernement considère la culture comme un simple problème et non pas comme une richesse capitale pour le pays et comme valeur fondamentale pour tous. Les critiques fusent de toutes parts jugeant lourdement la politique à courte-vue du gouvernement italien.

En réponse aux critiques, le ministre de la culture Sandro Bondi a déclarré dans la Stampa de Turin la semaine dernière que la culture est « notre pétrole », soulignant le caractère précieux de cette ressource et que le budget opérationnel aloué à la culture avait été revalorisé de 0,28% du PIB (un des plus faibles d’Europe). La querelle des chiffres aussi célèbre en France qu’en Italie n’en a pas fini. Les hauts fonctionnaires du ministère italien de la culture en arrivent même à sortir de leur réserve. La semaine dernière c’était le tour de Stefano De Caro, directeur général de l’archéologie.

Cette crise du financement de la culture ravive en Italie un débat vieux de 15 ans, celui qui veut que les mécènes privés puissent prendre le relais et remédier aux déficits. Ormis les critiques massives et les inquiétudes d’une privatisation de la culture,  les spécialistes reconnaissent quel que soit leur camp et leur approche que l’Etat ne semble toujours pas offrir assez de garanties et de possibilités de viabilité pour le secteur privé. Les réformes sur le mécénat mises en place en France depuis 2003 sont encore loin d’avoir leur équivalent en Italie. La réduction d’impôt pour les entreprises et pour les particuliers qui aident au financement des restaurations, aux extensions, aux expositions et aux dotations des musées, est en effet encore à l’état embryonnaire. L’évasion fiscale en Italie est devenue si endémique que le gouvernement n’ose même plus récupérer 1% de ce qu’il devrait rattraper en temps normal. Sans combat de l’évasion fiscale il n’y a pas d’incitation fiscale déclarrait Mr Settis, président du Conseil supérieur du ministère.

Les chiffres du mécénat et du sponsoring italiens sont éloquents : 73% des soutiens financiers privés ont été pour le sport et plus particulièrement en direction du football, selon le rapport annuel de Federculture. Ceci s’explique par l’envergure en termes d’image du retour sur investissement qu’offre le football dans le pays.

Derrière la cacophonie du gouvernement et du ministre de la culture qui tiennent tous les discours possibles tantôt pro-actifs tantôt rétrogrades (notamment ces dernières semaines sur la création contemporaine), c’est une réalité beaucoup plus douloureuse qui transparaît. Depuis 1993 (date à partir de laquelle les musées d’Etat ont été autorisés à accueillir des partenaires et opérateurs privés pour les billeteries, les librairies et les restaurants), la dette publique n’a cessé de s’accroître faute de réformes supplémentaires. Le secrétaire général de Civita a déclarré il y quelques jours qu’il n’y a pas d’autre alternative que de prendre en charge la dette publique.

Si certains s’accordent à dire que l’efficience doit être atteinte par une rénovation des modes de management et un désengagement de l’Etat car celui-ci gère trop d’institutions culturelles, d’autres considèrent que c’est en réliant culture et tourisme que des améliorations substantielles peuvent être obtenues car ceci permet une offre partenariale et une approche économique élargies.

La maintenance et l’entretien des institutions étant sérieusement malmenés dans la configuration actuelle, un désengagement trop brutal de l’Etat et non accompagné va entraîner inéluctablement une cassure entre les sites majeurs et les sites intermédiaires. Quels seront désormais les sites prioritaires et les sites secondaires ? On parle déjà de l’existance d’une liste A et une liste B en ce qui concerne les monuments historiques. La restauration du musée Royal de l’Afrique Centrale à Bruxelles et ses 97 millions d’euros fait rêver plus d’un conservateur Italien. Beaucoup craignent qu’il s’agisse de la fin de l’investissement et de l’étatisme dans la culture et les arts en Italie. Que l’Etat soit chef d’orchestre ou ne le soit plus, les perspectives et les marges de manœuvres sont limitées. Les synergies tourisme-culture semblent porter le plus d’espoirs mais certaines voix s’élèvent déjà dans le pays pour dénoncer le risque de marchandisation de la culture. La disette culturelle semble donc vouloir s’éterniser en Italie depuis les controverses entourant l’institution d’un ministère de la culture en Italie au milieu des années 1990, ministère « politique » qui devait se substituer au ministère « technique » institué en 1975. L’émotion et les clivages suscités par ce projet renvoient à des lectures concurrentes de l’histoire politique et administrative de l’Italie marquée par l’épisode fasciste et le souvenir du Minculpop.

Si la tradition interventionniste de l’Etat dans le domaine culturel est le résultat de la construction de l’Etat italien, le caractère alarmant de la situation actuelle démontre une rupture dans le continium politico-historique du pays. Le temps de la nouvelle donne est arrivé et les opérateurs culturels privés ainsi que les mécènes semblent trépigner d’impatience. Il reste à espérer que l’Etat saura accompagner, conseiller et orienter cette nouvelle donne désormais inévitable pour sortir de la disette culturelle.

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Culture et globalisation

Les cultures du monde et leur créativité sont concernées par la globalisation mais sont documentées de manière inadéquate et sont souvent mal comprises. Pour remédier à cela, la collection « The Cultures and Globalization » a été conçue par des experts et des chercheurs pour tenter de donner des repères sur les marchés de la culture reliés à la globalisation économique. Fruit de l’utilisation d’une série d’outils analytiques permettant de caractériser les orientations des flux transnationaux des domaines culturels contemporains, cette collection présente dans chaque volume des données quantitatives qui dessinent le visage de la dimension culturelle de la mondialisation.

Le second volume qui vient de paraître analyse les relations dynamiques au cœur desquelles la culture prend part dans les processus du changement économique et démontre à quel point ces derniers conditionnent la culture. Il rassemble les perspectives de nombreuses disciplines pour examiner les nouveaux enjeux en gestation : la production des biens et services culturels dans les modèles économiques de la globalisation ; la relation entre les transformations culturelles et les domaines esthétiques ; les formes organisationnelles actuelles et à venir dans l’investissement, la création, la production et la diffusion des biens et services culturels ; les relations complexes entre créateurs, producteurs, distrubuteurs et consommateurs de culture ; les politiques d’intervention et d’implication d’une économie culturelle globalisante.

En tentant de démontrer la manière dont les industries culturelles interagissent avec la globalisation, ce volume fournit un outil unique de référence pour comprendre les changements stratégiques en cours, notamment dans les écosystèmes professionnels et économiques de l’ingénierie culturelle.

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De Liverpool à Marseille

Le mandat de capitale européenne de la culture de Liverpool arrive à son dernier quart et un premier bilan montre que le niveau de fréquentation déjà atteint est un formidable succès pour la ville. En effet à ce jour plus de 6 millions de visiteurs se sont déjà déplacés pour découvrir les nombreuses activités au programme.

Les sites culturels de la ville connaissent un succès qui tutoie des sommets rarement atteints (la Tate Liverpool vient par exemple d’enregistrer les deux mois les plus fréquentés depuis son ouverture en 1988) et les chiffres qui viennent d’être publiés ne laissent pas le moindre doute quant à l’impact sur la ville :

- l’augmentation moyenne appliquée à l’ensemble des sites culturels par rapport à la fréquentation de l’année dernière est de +30%,

- 60% de la population de la ville s’est rendue dans un de ses musées,

- 24% des visiteurs se rendaient à Liverpool pour la première fois,

- 80% des résidents reconnaissent porter un regard plus positif sur la ville,

- 81,1% des hôtels de la ville ont atteint le plus haut niveau de réservation de Grande-Bretagne.

Au 31 juillet dernier, les comptes avaient atteint l’équilibre. Ce qui est rarement apparu dans l’histoire des capitales européennes de la culture. Ceci n’est en rien dû au hasard.

La culture a joué un rôle moteur dans l’incroyable mouvement de renouveau de la Ville, mouvement entâmé il y a 10 ans. En 2000, la mairie décide de créer la « Liverpool Culture Company », agence mêlant fonds publics et partenaires privés, afin de mener à bien la candidature de capitale européenne de la culture. Depuis son élection en 2003, LCC est chargée d’organiser un programme thématique événementiel pluriannuel jusqu’à au moins 2010. Ce programme pluridisciplinaire sur plan artistique offre tout un éventail d’évènements qui profite à la ville et à son économie locale. Il a notamment bénéficié aux industries créatives, dont les emplois ont augmenté de plus de 50 % entre 2000 et 2004 et de plus de 60% entre 2004 et le 31 juillet 2008.

Au total, un investissement de 750 millions d’euros a permis à l’activité économique de passer de 5,5 à 7 milliards d’euros. Pour la seule année 2008, c’est un budget de 150 millions d’euros qui a été consacré à la programmation de la capitale européenne de la culture.

À l’heure où Marseille vient d’être élue à l’hunimité capitale européenne de la culture pour 2013 avec un budget dont la part publique s’élève à 98 millions d’euros (sans compter la contribution du ministère de la culture pour le moment), ce bilan est particulièrement encourageant pour la dynamique marseillaise. Phil Redmond, directeur artistique de LCC considère que ce bilan intermédiaire réalisé au 31 juillet dernier est tout simplement fantastique et démontre à quel point l’engagement et l’enthousiasme payent. Si LCC et la mairie ont de nombreuses et évidentes raisons de se réjouir, tous ne semblent pas en profiter pour autant. En effet, malgré un réel boom économique, 13 quartiers figurent toujours parmi les 100 endroits les plus pauvres du pays. Malgré les 2 milliards d’euros versés par l’Union européenne entre 1994 et 2006 au titre d’aide aux régions défavorisées, 60 % de la population appartient toujours aux 10% les plus pauvres d’Angleterre. La culture ne résout malheureusement pas tout. Espérons que LCC continuera de produire des bilans jusqu’à 2010 pour que la mesure puisse être prise en dehors de l’impact et des effets immédiats d’une politique culturelle municipale qui ne cache pas son inspiration keynésienne.

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LOLF, le 5ème rapport

Cinquième rapport sur l’application de la LOLF (loi organique relative aux lois de finances) de la mission d’information de l’Assemblée nationale (commission des finances, de l’économie générale et du plan), ce document d’information se focalise cette fois-ci sur deux thèmes : l’application de la LOLF dans les services déconcentrés de l’Etat et les opérateurs de l’Etat. La mission d’information a complété son rapport par l’audition de plusieurs responsables de programmes et par le recueil d’informations auprès du ministère du Budget, des comptes publics et de la fonction publique.

Sur la question de la gestion déconcentrée, le rapport indique que la révolution annoncée par la LOLF n’a pas encore eu lieu et émet 14 recommandations. Sur le second thème, le rapport constate que les opérateurs n’ont pas encore réussi à être l’équivalent français des agences anglo-saxonnes ou scandinaves et que la tendance à la multiplication des opérateurs contourne les disciplines budgétaires (11 recommandations sont faites à propos des opérateurs). Le document s’achève par question de la nécessaire intégration des opérateurs dans le cadre de la LOLF, pointant la limitation du pilotage des opérateurs, la faiblesse de la généralisation des contrats d’objectifs, le peu d’intégration des opérateurs dans les stratégies de performance des missions et programmes et en dernier lieu la perfectibilité des documents comptables et budgétaires.

Le rapport est téléchargeable en cliquant ici.

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La boîte à outils

Prochainement, C.E.G. proposera dans cette nouvelle catégorie une synthèse non-exhaustive des différentes méthodes et outils susceptibles d’être employées en ingénierie culturelle. N’hésitez pas à l’enrichir et restez connectés !

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DSP et équipement culturel

christo-photos-105-300x225En prolongement de l’article de l’excellent blog tourismeculturel.net proposant un tour d’horizon des modes de gestion des équipements culturels, et pour tenter d’apporter un éclairage au commentaire laissé par Alexandra Calor, il semble important en préalable d’insister sur l’importance du benchmark pour aider les maîtres d’ouvrage à choisir le bon mode de gestion pour leur équipement culturel.
En effet, les pratiques traditionnelles des études de faisabilité et des assistances à maîtrise d’ouvrage ne consacrent pas assez de temps à l’étude des pratiques existantes et/ou en gestation. Avec une grille de critères à plusieurs niveaux, on peut obtenir bien entendu des informations précieuses mais surtout entreprendre très en amont des rapprochements, des échanges et des collaboration avec de futurs partenaires. La logique concurrentielle existe évidemment entre les équipements culturels mais fort heureusement pas de manière aussi directe et agressive que dans d’autres secteurs.
Par ailleurs les équipements culturels ne peuvent plus tourner le dos aux dynamiques partenariales et aux synergies territoriales. C’était un des points fort de l’EPCC lorsque le modèle s’est construit. Comme l’indique fort bien votre article, les données comparatives manquent sur les retours d’expérience en matière d’EPCC. Celui-ci pâtit principalement de deux contraintes, contraintes qui sont liées une à l’autre : la dimension partenariale nécessaire à son montage et la pérennisation de cette dernière pour la survie de l’équipement, quelle que soit l’évolution de la donne poilitique entre les partenaires territoriaux.
Il est clair en revanche que les modèles de délégation semblent apporter des réponses plus précises et a priori plus performantes aux besoins de court et de moyen terme. Le principe de renouvellement d’une DSP devant garantir par définition la continuité du service public, celui-ci assure de facto la question de la pérennité de l’équipement, si tout le monde respecte cette règle de remise en concurrence.
Si la DSP est un modèle juridique datant du début du XXème siècle, celle-ci fut principalement utilisée en France dans des domaines industriels (transports, des énergies, traitement des déchets, etc.) jusqu’à la fin des années 80 où l’on a vu timidement apparaître de ce mode pour des équipements culturels. En revanche, ce modèle s’est beaucoup développé et adapté en Europe, où la notion de service public est appréhendée différemment (à l’échelle européenne, on parle d’ailleurs de services d’intérêt général, ajoutant ainsi la notion de service au public).
Longtemps frileuses à la DSP dans le domaine culturel (il ne faut pas oublier que la culture est le dernier pré-carré du politique), les maîtrises d’ouvrage françaises évoluent dans un contexte très différent de celui des années 80, où différentes réformes structurelles en tête desquelles figurent la LOLF et la RGPP ont influé fortement sur la gestion de l’Etat et des collectivités. Ainsi, l’opportunité que la DSP constitue aujourd’hui est en phase avec la nécessité de trouver des formes de contractualisation qui s’appuient sur la dimension partenariale.
Il convient malgré tout de rappeler que le choix de la DSP répond à des réalités très précises et qu’en aucun cas elle est la panacée à toutes les situations. Pour tenter de répondre à la question d’Alexandra Calor, il faut se trouver en situation de gestion qui permet la mixité inhérente à la DSP, notamment la présence de plusieurs sources de recettes dans l’activité concernée, ou pour faire court : la présence d’une économie de fonctionnement qui n’est pas uniquement basée sur la subvention.
Par le passé, la DSP a été perçue à tort comme une privatisation. Il convient de rappeler que la responsabilité du service public relève toujours d’un point de vue juridique de la maîtrise d’ouvrage. Parce qu’elle constitue un instrument fort, la DSP fut aussi employée pour mettre un terme à des situations de gestion de fait, gestion de fait que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certaines associations para-municipales, mais ce « maquillage » contractuel a fait son temps (la série des contentieux est particulièrement longue) et depuis la jurisprudence d’Aix-en-Provence en 2007, le contexte du recours à la DSP est relativement plus clair, du moins espérons-le.
Les procédures de mise en concurrence pour la création ou le renouvellement d’une DSP sont très denses et obligent quoi qu’il en soit les candidats à fournir un effort conséquent pour démontrer de la faisabilité de leur projet de gestion et d’exploitation. Cet effort permet d’apporter un nouveau souffle aux maîtres d’ouvrage, quelque soit la DSP retenue parmi les quatre types existant.
Il est intéressant de noter aussi que les DSP s’inscrivent dans une dimension partenariale de type PPP, ce qui la plupart du temps dynamise fortement les projets par le haut (si un vrai projet culturel et économique se trouve dans le programme de consultation des candidats).
En tout état de cause, le choix de mettre en place une DSP pour un équipement culturel est le fruit d’un important travail en amont de la part de plusieurs services du maître d’ouvrage et oblige à la coopération entre eux (travail qui nécessite souvent d’être accompagné par un AMO). Généralement, il s’agit de la direction des affaires culturelles et de la direction des finances. Il apparaît que, si le dialogue entre ces services n’est pas toujours évident, cette collaboration est motivée par le même souci de la mission de service public et de l’intérêt général. Elle est plus que nécessaire car on ne peut détacher le point de vue culturel du point de vue financier dans une DSP. C’est un juste équilibre à trouver, quel que soit l’endroit où se situe le point d’équilibre.

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Le sacré et le profane

Parmi les articles récents parus sur la planète blog à propos des problématiques marketing, « Les marques peuvent-elles être éternelles ?» a retenu notre attention. En effet, le propos développé interpelle au regard de ce qui est en train de se passer depuis quelques années dans l’univers des marques face aux enjeux culturels (au sens large). Nous profitons de la contribution fort intéressante du blog d’Olivier Billon, pour revenir à février dernier, où nous avions rencontré des responsables marketing de grands comptes dans le cadre d’un workshop sur le marketing culturel. En marge de cette rencontre, les discussions se sont portées sur la relation entre sport, industrie et culture (et plus particulièrement l’art et les technologies). Quelques semaines plus tard, on nous questionnait sur la relation entre sport et création numérique dans la perspective d’un important événement à venir pour le stade de France. Nous livrons ici une synthèse de ces réflexions augmentée de commentaires suscités par l’article d’Olivier Billon.

 

La décennie qui vient de s’écouler a vu s’intensifier et s’accélérer l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans notre vie quotidienne, c’est une banalité que de le dire. Aujourd’hui, il est difficile (mais parfois salutaire) de vivre dans un monde « déconnecté » et chaque semaine qui passe voit fleurir de nouvelles applications, services ou expérimentations qui offrent de nouvelles possibilités et ouvrent sans cesse de nouvelles perspectives d’avenir et de progrès (la fameuse triade de la nouveauté…).

Au-delà du discours technophile, le mouvement de fond qui s’est engagé a désormais atteint un niveau industriel et c’est à l’échelle des marchés internationaux que les choses se situent dorénavant.

Les loisirs, et tout particulièrement le domaine des sports, sont l’objet de développements riches et variés. Du simple jeu de simulation ou d’imitation aux applications logicielles complexes utilisées pour la préparation des sportifs professionnels, les nouvelles technologies ont pris une importance considérable.

L’intégration des loisirs est massive et évidente. En revanche, si la sphère du sport a connu une pénétration de marché massive, elle fut néanmoins plus discrète tout au moins au début, du fait de la force de la chaîne de valeurs éthiques et morales qui le régissent (osons encore l’espérer…).

Avec ce qu’on appelle l’accélération technologique, les technologies sont progressivement sorties du domaine relativement confidentiel de la « R&D » pour entrer dans la sphère de l’innovation, terme très à la mode aujourd’hui ayant une vocation publique plus accessible. Celle-ci touche à des disciplines et des ingénieries plus « molles » et favorise la convergence entre plusieurs domaines, création-industrie notamment.

Ainsi, le marketing et la communication peuvent plus aisément jouer le rôle de vecteur d’image, de sens et de valeurs pour les marques qui innovent dans leur secteur.

Les designers et les artistes sont les premiers acteurs des industries créatives qui sont concernés par ce phénomène et pour ne parler que du domaine sportif, ce qui était demeurait dans l’alcôve du secret des entraînements et de la préparation des athlètes est devenu massivement appropriable par le public consommateur-spectateur-citoyen. A noter que tout ceci est fortement relayé et impactant auprès du public du fait des préoccupations sociétales liées au bien-être, à l’hygiène de vie, à la santé et au développement durable. Les vêtements et les aliments dits « intelligents » en sont les fers de lance.

Toujours est-il que les loisirs et le sport sont aujourd’hui en pleine mutation via le bouleversement de l’innovation et de l’apport du design. Ceux-ci sont les deux bras armés d’un développement industriel qui correspond à des attentes universelles et immédiatement appropriables à une échelle de mass-market.

Les stratégies des marques de sport savent parfaitement jouer avec ces tendances et occupent de plus en plus l’imaginaire collectif et individuel (on parle de « personnalisation de l’environnement consommateur »). Pour aller plus loin dans cette logique qui tente de conjuguer profit et démocratisation culturelle, le storytelling des marques ne devient alors que la conséquence de mouvements industriels pensés très en amont par différentes synergies et dont le cas Nike+Apple (dévoilé à Apple Expo 2008) est un exemple significatif.

Apple et Nike travaillent en effet ensemble sur un certain nombre de produits depuis début 2006. Le premier produit issu de cette collaboration est un kit Nike+iPod Sport (http://www.apple.com/ipod/nike/) qui permet d’afficher en temps réel sur l’iPod nano, lors d’un jogging, le nombre de calories brûlées, la distance parcourue ainsi que la vitesse. L’utilisateur peut également être informé via ses écouteurs. Cet accessoire qui fait le lien entre l’iPod et les chaussures de l’équipementier vient d’être commercialisé au prix de 29 $.

Mais ce n’est pas tout, Nike et Apple, avec ce kit, veulent faire de l’iPod nano un coach. Une version à venir d’iTunes permet d’aller récupérer des données sur NikePlus.com afin de s’entraîner plus efficacement. Via le site de Nike et iTunes, il est possible d’avoir un bilan des différents entraînements, de comparer les performances à d’autres membres, d’écouter des pistes de lectures contenant les conseils de grands champions Nike (Lance Armstrong, Paula Radcliff, Steve Nash, Lindsay Davenport, Ronaldo, Vince Carter ou Alberto Salazar) pour travailler sa motivation, des musiques spécialement conçues pour rythmer la course et pousser l’athlète lambda à dépasser ses limites, etc.

Steve Jobs a déclaré vouloir amener la musique et le sport à un autre niveau. Ce mouvement est bel et bien en marche… A noter que tout récemment (mars 2008), Samsung et Adidas ont annoncé leur accord industriel pour le micoach qui sortira tout prochainement.

Pour assurer la promotion de ces collaborations, la stratégie n’est plus d’afficher du logo ni d’être présent. Il faut devenir acteur, entertainer et prescripteur. Les marques développent ainsi des opérations d’envergure publique qui ratissent large (dans le cas de Nike, du Nike Park aux défilés de mode), s’appuyant notamment sur des personnalités publiques incarnant des valeurs positives et diffusant simultanément les valeurs de la marque, facilitant de fait le gain de contrats d’envergure comme récemment dans la guerre qui sévit pour les maillots des équipes nationales. Elles combinent dans ces événements création-innovation-marketing pour générer des tendances lourdes qui vont dans le sens de la convergence en tant que phénomène générationnel et pénètrent le cadre de vie. En étant acteur, entertainer et prescripteur de ces tendances, les marques poursuivent leur développement industriel et stratégique en passant comme le dit justement Olivier Billion d’un marketing du produit à un marketing de l’expérience.

Mais au-delà de ce nouvel être au monde, c’est une quête de sens que les marques poursuivent ou tentent de pérenniser dans un monde à la stabilité pour le moins capricieuse. En temps de crise, nombreuses sont les marques qui reviennent sur les fondamentaux de leur chaîne de valeur et interrompent cette quête de sens. Le storyteller redevient un concepteur-rédacteur dans des agences (ou des groupes) qui ne jurent que par le 360°. Le monde devient de plus en plus paradoxal. Pour exister la marque doit désormais être auratique.

S’il est disproportionné de faire le parallèle avec la religion, les stratégies de communication sont curieusement comparables au fait religieux, au goût pour le sacré, en pleine crise de responsabilité sociétale. On est plus dans la crise morale en fait. Ces marques, tout comme le Vatican, prônent un retour aux vraies valeurs. La vie, la vraie comme dirait l’autre ou la messe en latin, à vous de choisir.

L’intimité de la relation à une marque joue sur les mêmes ressorts esthétiques que ceux présents dans l’attrait pour le sacré. On nage en plein Walter Benjamin et c’est loin d’être fini.

Au final, il y a un besoin gigantesque de supplément d’âme et ce sont les artistes, les architectes et les designers qui apportent aux marques de nouvelles perspectives d’avenir tout en conférant un caractère sacré à leur ADN (Apple en est sûrement l’exemple les plus remarqué), générant parfois des comportements proches de l’hystérie dans l’inconscient individuel et collectif. Pour revenir au sport comme exemple de certaines évolutions dans les stratégies des marques (Apple+Nike), celui-ci permet de développer une gamme de produits à forte valeur ajoutée, qu’ils soient issus d’un univers High-Tech ou artistique. Le sport étant universel, il peut sensibiliser tout le monde et pour rester dans la cour des grands, il ne s’agit plus de sponsoring. Si le sportbusiness a différentes facettes particulièrement génératrices de profits, il faut noter que plus que jamais c’est le consommateur qui est au coeur de la stratégie. Pour toucher et fidéliser ce dernier grâce à des valeurs (et non plus grâce à des logos présents), il convient d’activer des leviers culturels (au sens large du terme) pour capitaliser sur des cultures de masse et les renouveler. C’est un enjeu profond pour les métiers des industries créatives et les designers et les artistes y jouent un rôle prépondérant. Il y a fort à parier que les industries créatives vont de plus en plus jouer les sparing partner pour beaucoup d’autres industries plus traditionnelles dans leur transition vers leurs nouveaux développements et dans la perpétuation de leur valeur identitaire. Pour conclure et méditer sur cela, citons Agamben qui en développant une conception plus politique du concept de profane explique : “profaner, c’est restituer à l’usage commun ce qui a été séparé dans la sphère du sacré”.

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Mediamatic Travel

On connaissait en France le tourisme urbain participatif, phénomène en émergence ces dernières années permettant de découvrir des villes et des quartiers de manière particulièrement originale. Voici que nos voisins néerlandais reprennent un temps d’avance en reliant cette fois-ci tourisme, culture et art contemporains.

En janvier 2009, la fondation Mediamatic en collaboration avec Partizan Publik ouvrira en effet la toute première agence de voyage basée sur le concept « Do It Yourself ». Mediamatic Travel (ainsi nommée) aura pour mission de faciliter les voyages dans la scène culturelle internationale contemporaine. Cette dernière produit partout et tout le temps, y compris où le public n’imagine que guerres, famines, vieilles pierres ou encore produits du terroir (les clichés nous mènent la vie dure). Le principe de Mediamatic Travel repose sur le lien que l’agence établit avec les opérateurs artistiques locaux, avec les visiteurs et les professionnels de l’action culturelle d’où qu’ils soient afin de donner une meilleure visibilité et de promouvoir les collaborations sur un territoire donné. L’offre touristique en devient enrichie de facto.

Pour cela, trois outils on été créés : un puissant réseau global en ligne, un catalogue de voyages particulièrement reluisant et une exposition au quartier général de Mediamatic à Amsterdam.

Mediamatic Travel est également un projet artistique en soi, utilisant de manière intégrée le tourisme pour réaliser un réseau global du sensible pour la création et l’innovation. Parmi les premières destinations figurant dans un catalogue déjà bien fourni : Le Caire, Damas, Novosibirsk, Tbilisi, Beyrouth, Durban, Dubai, Nairobi, Shenzhen, Shanghai, Mexico, Gaza, Istanbul, Kaboul, Tirana, Prague, Kyoto, Detroit and Rio de Janeiro

Chacun peut participer au projet. Il suffit pour cela de résider dans un lieu où il existe des scènes, des quartiers et des actions artistiques et culturelles en marge des circuits touristiques susceptibles d’être reliés à eux. Grâce à un puissant outil de réseau social, tout le monde peut ainsi devenir un sympathisant, un agent, un guide ou un opérateur. Pour celles et ceux qui auraient envie de participer à l’aventure, il suffit de cliquer ici.

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Faire exister l’Europe

L’Agence culturelle d’Alsace, en collaboration avec le conseil régional d’Alsace et en partenariat avec l’Observatoire des politiques culturelles, organise une conférence intitulée  Faire exister l’Europe : une ambition culturelle ? , le 15 octobre à Strasbourg.

Cette conférence conclut un cycle visant à débattre de quelques enjeux culturels essentiels d’aujourd’hui, et des questions qu’ils posent à la cité. Ce cycle s’adresse notamment à des élus, des professionnels de la culture, des acteurs de la société civile, des étudiants et des universitaires. Un large temps d’échange avec les participants est réservé à l’issue des exposés. Le public pourra également bénéficier d’un dossier documentaire comportant des textes de référence sur le sujet abordé.

Animé par deux penseurs majeurs de notre temps, Peter Sloterdijk, auteur notamment de Sphères (Éditions Maren Sell) et de Si l’Europe s’éveille (Mille et une nuits) et Bernard Stiegler, auteur de Mécréance et discrédit et de Constituer l’Europe (Galilée), philosophe, directeur du développement culturel au Centre Georges Pompidou (Paris), l’objet du débat sera d’exposer le rôle (re)fondateur que la culture peut ambitionner jouer dans la construction d’un dessein européen.

La conférence se tiendra de 9h à 12h30 à la Maison de la Région, Place du Wacken, 67000 Strasbourg.

Les places sont limitées, les réservations obligatoires. Les inscriptions se font en ligne.

Source : ministère de la Culture et de la Communication

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High Tech + High Touch

La créativité et l’innovation constituent des facteurs de plus en plus décisifs pour la compétitivité internationale des entreprises. L’économie créative représente le fer de lance dans la conversion actuelle vers une économie du savoir. L’industrie est particulièrement dépendante de la créativité : elle crée une valeur ajoutée nouvelle grâce à des produits novateurs. C’est ainsi que le nombre des entreprises reliant « high tech » et « high touch » est en forte augmentation, les clients demandant davantage d’accompagnement et de soutien. Pour satisfaire cette demande il faut proposer des services individuels et complexes. Il s’agit alors d’associer savoir, créativité et innovation et de relier les économies de tous secteurs confondus. La notion d’innovation elle-même est en pleine évolution. Les garants de la compétitivité ne s’appellent plus uniquement innovation technologique, brevets, recherche et développement. Les émotions semblent désormais jouer un rôle non négligeable pour le succès d’un produit en tant que produit haut de gamme. L’objectif de la conférence High Tech + High Touch est de dresser le portrait de l’économie créative en Allemagne, de développer des recommandations pour les politiques des Länder et de l’état et de discuter les projets phares en Allemagne et à l’étranger. Comment établir une économie créative et compétitive en Allemagne?

 

HIGH TECH + HIGH TOUCH
DER AUFBRUCH IN DIE KREATIVE ÖKONOMIE [vers une économie créative]
POLITIK FÜR MORGEN [quelles politiques pour demain ?]
Berlinpolis

Jeudi, 9 octobre 2008

Représentation du Land de Rhénanie du Nord-Westphalie 
Hiroshimastraße 12 – 16, 10785 Berlin

Plus d’informations, cliquez ici

Source : Office for Cultural Policy and Economy

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Urbact, étude en ligne

La délégation interministérielle à la ville a entrepris de publier une collection d’ouvrages thématiques sur la base du bilan des différents réseaux URBACT. La première publication restitue l’analyse et les conclusions des actions du réseau URBACT Culture, réseau qui réunit seize villes européennes. Si depuis quelques années, les activités culturelles jouent un rôle de plus en plus important en Europe, c’est plus particulièrement le cas des “industries créatives” qui se sont révélées être un important vecteur de croissance. Les notions d’activités culturelles et d’industries créatives couvrent un large éventail de fonctions liées à la création, la production, la distribution ou la consommation de “produits” symboliques comme la musique, le théâtre, la danse, les arts visuels ou les programmes de radio et de télévision, et comprend également certains aspects du patrimoine ; pour la plupart des gens, ces “objets” sont devenus des éléments essentiels de leur style de vie et de leur conscience collective. A travers la présente publication, le réseau URBACT Culture étudie l’impact des activités culturelles et des industries créatives sur les villes.

Plus d’informations sont disponibles sur le site d’URBACT Culture, cliquez ici

Pour télécharger l’étude, cliquez ici

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Egypte, les palais et le peuple

Dans un récent article paru dans Al-Ahram Weekly, Nevin El-Aref témoigne de l’évolution grandissante des « palais culturels » et des bibliothèques publiques en direction du public en Egypte. Il cite le ministre de la Culture Farouk Hosni en les qualifiant d’élément vital pour la culture en Egypte et en les comparant aux vaisseaux sanguins du corps humain.

Hosni poursuit en insistant sur ces palais qui jouent aujourd’hui un rôle important dans la société égyptienne car ils renforcent et améliorent la performance de la richesse et la créativité des zones urbaines et rurales grâce à l’appropriation des technologies.

« Construire et rénover un palais culturel est un mouvement de culture créant un lien entre le palais et le peuple » déclare-t-il. L’Organisation Générale pour les Palais Culturels (GOCP), un des départements pilote du ministère de la Culture, accompagne la réalisation de deux axes majeurs pour la politique culturelle de l’Eygpte : la préservation l’identité nationale et l’éducation culturelle et citoyenne. Il apparaît désormais que tout le ministère et le gouvernement vont se servir de ces deux axes pour structurer et planifier l’ensemble des politiques culturelles à venir.

Il faut rappeler que ces palais qui ont été construits depuis 1945 ont rempli un rôle de dissémination culturelle parmi l’ensemble des segments de la population égyptienne et ce malgré de nombreux rebondissements et réorientations.

Dans les années 40 la population comptait un taux d’illettrisme de 80% (aujourd’hui environ 10%) et seulement l’élite recevait une éducation. À partir de la Révolution de 1952 et de l’établissement du ministère de la Culture, la mission du GOCP évolua vers un dispositif de guidance culturelle ciblant les valeurs et le sens de l’identité du pays. Désormais, avec la démocratie, la mondialisation et l’accélération technologique, le GOCP ne peut plus fournir la même politique appliquée depuis 50 ans et doit se définir une nouvelle mission et un nouveau rôle à jouer pour répondre aux besoins et aspirations de la jeunesse, jeunesse qui est le cœur de la société égyptienne.

Pour cela, le gouvernement compte bien miser sur les nouvelles technologies, dont le taux de pénétration auprès des jeunes est très élevé. La première décision qui fut prise pour cette rénovation est un programme de publications mensuelles en direction des jeunes et traitant des enjeux liés aux nouvelles technologies. Ce programme a été mis en place en parallèle des publications habituelles du GOPC.

Il convient de préciser ici le particularisme d’une politique culturelle basée sur une politique de publications. La culture égyptienne est une culture de l’écrit. Il s’agit d’un vecteur d’apprentissage et d’éducation qui est très fortement soutenu par ces publications ministérielles, beaucoup plus qu’ailleurs. Les publications hebdomadaires sont légion et toutes ont une spécialité : histoire, art, enfance, critique, littérature, folklore, patrimoine. Plus de quinze publications au total en parallèle desquelles il existe les dispositifs provinciaux qui contribuent fortement à la diffusion de l’écrit.  Le GOCP a notamment donné 500 000 livres dans le cadre de l’opération « Un million de livres » de Suzanne Mubarak au début de l’année.

Le GOCP gère 540 lieux culturels (palais inclus) et bibliothèques publiques mais intervient aussi auprès de nombreux acteurs culturels et artistiques, notamment dans les domaines des arts folkloriques, de la musique, du théâtre et de la littérature.

Ce mois-ci est commémoré le troisième anniversaire de la tragédie de Beni Sweif, maison de la culture où trente comédiens périrent par les flammes en pleine représentation, mettant en exergue l’état désolant de certaines infrastructures culturelles égyptiennes. Pour que ce drame ne se répète pas, le GOCP a pris de nouvelles mesures pour assurer la sécurité des sites autant que le déroulement des performances. Près de la moitié des sites culturels du GOCP ont été fermés pour cause de non-respect des normes de sécurités. L’Autorité de Défence Civile est en train de les mettre aux normes indique-t-on mais cela implique également des modifications importantes sur le plan architectural. Le GOCP espère que les budgets nécessaires seront trouvés.

Si fermer autant de sites semble générer des contraintes importantes, le GOCP a imaginé redéployer ses activités en direction des parcs et jardins publics, des amphithéâtres universitaires, des maisons de la jeunesse et les écoles et voit en ces nouveaux lieux une opportunité pour répondre à l’urgence de la situation et pour faire de la culture « autrement ».

En revanche ces fermetures mettent en évidence la lourdeur du GOCP (14 000 employés) dont la gestion de l’administration centrale nécessite la part la plus importante de son budget au détriment des activités et des sites culturels et artistiques. Ce débat est connu en France mais l’approche égyptienne mérite qu’on s’y intéresse plus avant.

En effet le GOCP a mis en place un plan qui passe en revue de tous les effectifs et les budgets en personnels afin de reprogrammer l’ensemble des organigrammes et des services. Un ambitieux plan de formation en direction des priorités d’action (palais et lieux culturels et artistiques notamment) est en train d’être élaboré et la construction d’un seul site pour l’administration centrale (aujourd’hui très atomisée sur le territoire) est en train d’être programmée. Ce site situé sur la corniche d’Al-Gouza se veut d’un nouveau genre puisqu’il conjuguera administration, espaces d’exposition et de diffusion artistique et culturelle.

Ces réformes conjoncturelles et structurelles vont permettre de nouveaux engagements et investissements. Un plan ministériel dont l’objectif est d’ériger quarante bibliothèques publiques supplémentaires vient d’être adopté. Dans les dix dernières années, plus de cent bibliothèques publiques ont été construites et une partie d’entre elles (dont la bibliothèque Mubarak) sont le fruit de partenariats public-privé avec des investisseurs et partenaires étrangers.

Un environnement régional marqué par les conflits, des tensions palpables au niveau politique intérieur et extérieur, la corruption et certaines restrictions à l’État de droit caractérisent bien des pays de la rive Sud de la Méditerranée. Ajoutés à un développement économique insuffisant jusqu’à une période très récente, ces traits dessinent a priori un arrière-plan peu favorable à l’épanouissement équipements culturels et plus particulièrement des bibliothèques. Dans le cas de l’Égypte cependant, s’appuyer sur ce simple constat pour tirer des conclusions serait hâtif. Les politiques d’investissement enfantées dans la difficulté par le passé semblent aujourd’hui commencer à porter leurs fruits et le pays peut s’attaquer à de nouveaux défis, défis parmi lesquels figure en bonne position le rayonnement dans l’espace euro-méditerranéen. La situation économique égyptienne est en effet stabilisée. L’Egypte est sortie par le haut de son programme d’ajustement avec le FMI. La situation actuelle est donc très différente de celle des années 80, où le pays était au bord de l’asphyxie financière. Certes, l’Egypte doit faire face aujourd’hui au défi de la réforme de l’Etat. La libéralisation du système financier, une plus grande ouverture de l’économie à la concurrence, la réforme fiscale, l’amélioration des services publics, la réduction des dépenses publiques, sont bien les enjeux majeurs de l’économie égyptienne. Ce sont des défis que nous connaissons bien et qui ne sont pas étrangers, loin s’en faut, à nos préoccupations en France.

L’approche infrastructurelle choisie sur le plan culturel devrait asseoir le rôle stratégique et le rayonnement de l’Egypte sur le Bassin méditerranéen. Le tourisme culturel et patrimonial étant une ressource importante, il est essentiel aujourd’hui et plus encore d’ici 2011 de concilier valorisation du patrimoine et culture pour tous afin que les vœux exprimés lors de la création du GOCP puissent être exhaussés.

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USA, arts et globalisation

Un article récemment paru dans la presse américaine rendait compte des impacts de la mondialisation sur le secteur et le marché des arts aux Etats-Unis. Il s’ajoute à la longue liste des articles parus cette année exprimant l’inquiétude des professionnels du pays face à la crise économique mondiale.

Thomas Friedman expliquait dans le New-York Times que « le monde est plat », employant cette formule pour décrire le phénomène résultant de la globalisation. En fait, il évoque l’augmentation de l’interdépendance entre les nations et les cultures partout sur la planète comme une réalité de la mondialisation ayant commencé à effacer les facteurs différenciant, créant une culture globale et sans frontières.

Même si l’image est séduisante, le monde n’est pas vraiment plat, du moins pas encore et pour les institutions artistiques, le terrain de jeu est de plus en plus incliné sans que l’on sache encore s’il penche pour le pire ou pour le meilleur. D’où un niveau d’anxiété plutôt élevé aux Etats-Unis.

Si, le directeur du Art Musuem de Phoenix, Jim Ballinger, déclarait il y a quelques semaines, que « le monde est en train de rétrécir », expliquant avec un certain enthousiasme (fort du succès de sa programmation) qu’il y a de plus en plus d’intérêt pour les arts et les artistes d’où qu’ils viennent, la situation actuelle n’en demeure pas moins fragile et particulièrement intéressante.

La globalisation du monde de l’art n’a certes rien de nouveau, c’est un fait cosmopolite en soit. Kevin Myers, un consultant en management des organisations culturelles, évoquait cet été que les arts et la culture ont toujours été des secteurs qui portent un regard sur le monde à une autre échelle. Les domaines artistiques étant au fond un « tout petit monde », ce caractère cosmopolite est un atout et nombreux sont ceux qui ne voient pas cela changer d’un point de vue structurel et géo-économique.

La globalisation signifie en effet aujourd’hui que l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Australie et même l’Afrique (dans une certaine mesure) sont entrés dans la partie et modifient la donne. Dans le domaine de la musique classique par exemple, les villes australiennes comme Melbourne, Adélaïde et Sydney sont aujourd’hui l’objet de tous les regards. La compétition est devenue plus sophistiquée pour les métropoles culturelles de monde entier pour ouvrir les saisons culturelles et artistiques et donner à leur public ce qui se fait de mieux ici et ailleurs.

Les flux économiques qui en résultent modifient nos certitudes historiques sur les secteurs artistiques, certitudes basées notamment sur le fait que les collectionneurs d’art ont toujours été des occidentaux. Aujourd’hui ces derniers sont russes, chinois, coréens. Bénéficiant du boum de leur économie, ils constituent les collections majeures et c’est l’ensemble des secteurs du marché artistique qui gravit de manière significative les échelons de la hiérarchie mondiale.

Les musées ouvrent des « succursales » sur des territoires improbables par le passé, de l’Argentine à la Chine. Après s’être franchisé non sans un certain succès à Bilbao, le musée Guggenheim de New-York se déploie désormais à Guadalajara, Vilnius, Bucarest et Abu Dhabi. D’autres grands musées lui ont emboîté le pas, le Louvre notamment.

Si les artistes sont amenés à être très mobiles, mobilité encouragée par la rapidité des moyens de communication et la performance de la logistique internationale, ils ne vivent ni ne travaillent plus nécessairement dans les centres artistiques des grandes villes poids lourds du marché de l’art (New-York, Londres, Berlin).

Le revers de la médaille pour un pays comme les Etats-Unis oblige à une certaine souplesse, souplesse qui n’est visiblement pas facilitée par le problème du dollar.

Par exemple, les négociations pour accueillir aux Etats-Unis la dernière exposition sur Rembradt du Rijksmuseum d’Amsterdam. Entre le démarrage des négociations et la signature du contrat : + 30%. Auxquels s’ajoutent l’augmentation des coûts de location et de participation à l’ouverture (+30% également).

Récemment la photographe allemande Candida Höfer a exigé que le grand format qu’un musée américain souhaitait acheter soit payé en euros, l’artiste déclarant ne pas croire en l’économie américaine.

La dernière exposition de la sculpture « Upside Down, Inside Out » de Anish Kapoor a coûté 100 000 dollars supplémentaires car au moment de l’installer le dollar avait perdu 15% de sa valeur.

Ces augmentations de coût concernent également les polices d’assurances (les prix ont été multiplié par deux voire trois). Le tout rend extrêmement difficile l’ingénierie financière des projets, en particulier pour les musées.

Ces difficultés touchent également les arts vivants et plus particulièrement depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il est beaucoup plus compliqué d’obtenir un visa pour les artistes étrangers. Pour les artistes européens et même pour les artistes canadiens, les visas doivent être demandés avec beaucoup d’anticipation, ils sont scrutés avec minutie, ils coûtent plus cher et requièrent plus de démarches administratives. De plus l’environnement et les règles changent très vite, rendant la situation parfois inextricable. Cette année, le nombre de pétitions déposées à l’INS a doublé et pour la première fois apparaissent des pétitions provenant d’organisations culturelles et d’institutions artistiques.

Si on ajoute à cela les nouvelles règles fédérales de retenue à la source qui n’arrangent pas les choses, certains ont le réflexe de réorienter leur programmation sur des artistes américains mais nombreux sont également ceux qui développent de nouvelles orientations.

Ces comportements ont essentiellement des conséquences pour l’Europe. En effet, lorsque les choix curatoriaux ne sont pas américano-américains, ils sont focalisés sur les nouveaux pays du marché de l’art. Lorsque des œuvres ou des performances américaines arrivent sur le sol européen les pertes en rétroconversion font aussi faire grise mine aux sponsors.  L’orchestre symphonique de Philadelphie par exemple vient d’annuler sa tournée européenne de l’été 2009, faute d’avoir trouvé un sponsoring capable de compenser les pertes prévues à la rétroconversion.

La valeur d’une œuvre étant par définition sa circulation sur le marché, la diffusion américaine à l’international tente d’occuper le marché asiatique en orientant sa stratégie en fonction de la curiosité et des goûts du public asiatique.

Parallèlement, en « important » des artistes et des œuvres d’Asie, les Etats-Unis créent indirectement un intérêt grandissant pour l’art comme expression de la culture occidentale et européenne. Le résultat est que les audiences et fréquentations asiatiques sont en constante progression. Les américains commencent donc à penser qu’il faut y voir plus qu’une compensation palliant les difficultés conjoncturelles (espérons qu’elles ne soient que conjoncturelles) avec l’Europe.

Les politiques artistiques se trouvent désormais à un important carrefour après des années d’anxiété exprimée parfois avec exagération populiste.

Il semble aujourd’hui que la valeur de la production d’excellence soit en passe d’être aussi plurielle dans son public que dans son haut niveau de qualité et pour les Etats-Unis, ce phénomène est passé d’une situation subie vis-à-vis de l’Europe à une situation saisie vis-à-vis de l’Asie. L’exemple de la situation américaine mérite que l’on s’interroge sur les politiques artistiques menées en Europe. Ce sera l’objet d’un prochain article de Cultural Engineering Group.

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Canada : la contribution du secteur culturel

Préparée en vue du Forum international sur l’économie créative, une des études les plus éclairantes sur le secteur culturel au Canada vient d’être dévoilée, soulignant les importantes contributions culturelles, sociales et économiques du secteur culturel canadien dans l’économie créative et en mesurant l’empreinte économique.



Financée par le Federal Heritage Department, elle révèle que les arts et la culture représentent 7,4% du PIB du pays et que le secteur culturel est la pierre angulaire de l’économie créative, avec un chiffre d’affaires direct de 46 milliards de dollars en 2007. L’étude évalue au final l’impact cumulé direct et indirect du secteur à 84,6 milliards de dollars, ce qui représente effectivement 7,4% du PIB.

L’étude mentionne également qu’avec 1,1 million d’emplois, le secteur a des effets moins tangibles sur le marché du travail que d’autres secteurs du fait du la variété des profils et des parcours professionnels mais il devient un indicateur et un stimulant de plus en plus important.

L’étude met en lumière de manière détaillée que les secteurs artistiques et culturels rassemblent les gens localement, globalement et virtuellement en reliant parfois des mondes très distants les uns des autres et créent des communautés d’intérêt porteuses de nouveaux usages, de nouvelles pratiques et de nouvelles tendances.

Le rapport insiste sur le fait que ce qui est appelé « économie créative » constitue désormais un indicateur clé de la conduite économique de la croissance.

Si le Canada est un marché relativement dense et très isolé dans une géographie très vaste, le rapport établit le fait que la plupart des produits et services culturels dépendent de manière significative des marchés internationaux, ce qui semble contredire la politique Tory qui a récemment fortement réduit les programmes de promotion des marchés dans les arts et la culture.

À titre d’exemple, peu avant la sortie de ce rapport, le gouvernement a annoncé la fin aux programmes « Trades Routes » (programme qui permettait aux différents acteurs des secteurs culturels et artistiques d’être présent à l’international) et PromArt (qui aidait à la logistique à l’étranger des groupes artistiques canadiens). Monsieur Harper à justifié ces restrictions en expliquant qu’elles seraient sans conséquences, que ces programmes étaient jusqu’à maintenant inefficaces, que le gouvernement avait par ailleurs augmenté sa dotation globale en direction des arts, précisant que de toute manière ces programmes sont évalués tous les cinq ans. Au-delà de cette rhétorique de l’évaluation : si le gouvernement fédéral a ajouté 50 millions de dollars au Canada Council cette année, il a aussi supprimé un important dispositif de soutien aux expositions itinérantes des musées. Les avis convergent pour dire que les coupes budgétaires s’élèveront à 48 millions de dollars d’ici à la fin de l’année prochaine. Difficile dans ce contexte d’envisager les dynamiques futures, d’où l’importance du futur Forum international sur l’économie créative.

Le Conference Board of Canada insiste malgré tout sur le fait que les technologies ont créé de nouvelles opportunités pour la croissance économique des secteurs créatifs (mais pas seulement), notamment grâce à l’importance d’Internet dans la diffusion et grâce à la capacité des secteurs créatifs d’ouvrir des marchés de niche qui servent à améliorer la distribution des produits culturels. Ainsi le modèle d’affaires de la « longue traîne » de nombreux créneaux commerciaux amène les industries artistique et culturelle à vendre autrement leurs projets, leurs produits et services.

Le rapport évoque en effet que la technologie est en train de révolutionner les modèles d’affaires régissant l’économie créative, plus particulièrement les façons de créer et de consommer les produits culturels. Les consommateurs deviennent des « proconsommateurs » qui interviennent activement et personnalisent le contenu de tels produits, notamment via l’augmentation du réseautage social.

L’innovation vient également jouer un rôle important, favorisant l’intersection entre plusieurs secteurs économiques et industriels et ceci est d’autant plus remarquable que dans les villes à fortes communautés culturelles, il s’avère que l’économie est stimulée. Les différentes stratégies de grappes économiques et industrielles mises en place par le passé semblent payer aujourd’hui.

Il faudra donc suivre de près le Forum international sur l’économie créative car les perspectives futures des secteurs créatifs, artistiques et culturels y seront sans aucun doute débattues, scrutées et projetées à court terme comme à long terme.

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Le futur des nouveaux médias

Au cours des dix dernières années, la biennale internationale d’arts médiatiques de Séoul a réussi à se hisser parmi les manifestations les plus pertinentes et qui fait aujourd’hui référence dans les domaines de l’art contemporain et des nouveaux médias.

Du 12 septembre au 5 novembre, la biennale se concentrera comme à son habitude sur sa thématique pour établir un des baromètres de la création les plus respectés.

La nouveauté pour cette édition se traduit par une volonté de faire converger les communautés traditionnelles des médias ainsi que celles des nouveaux médias pour interroger leurs croisements passés, présents et futurs.

Sous le nom “Turn and Widen,” l’exposition et le symposium qui lui est associé sont organisés en sous-thèmes (lumière, temps et communication) et cette année Ilho Park a invité quatre commissaires de renom : Maarten Bertheux, Raúl Zamudio, Tohru Matsumoto, Andreas Broeckmann.

 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site de la biennale :

http://www.mediacityseoul.or.kr

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Highrise-Common Ground

Le « Research Group Art and Public Space » vient de publier un ouvrage kaleidoscopique examinant et questionnant le rôle, le sens et l’importance de l’art dans l’espace public, au regard des récents développements survenus à Zuidas, quartier d’Amsterdam en pleine mutation. Un nouveau centre urbain est en effet en train d’émerger et croise bureaux, habitat et lieux culturels, le tout dans un projet global très ambitieux au processus de prise de décision exceptionnel.

Highrise – Common Ground tente de refléter de manière critique les enjeux cruciaux de l’implémentation de l’art dans ce contexte particulier du domaine public. Il révèle et évalue les possibilités pour la culture (au sens large) et des arts visuels (en particulier) dans les projets urbains à grande échelle comme celui de Zuidas. Enfin, il propose une collection de textes théoriques et d’observations artistiques qui mettent en lumière les différentes facettes de l’espace public contemporain.

Pour commander l’ouvrage : www.valiz.nl

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Journées d’économie de la culture

Colloque organisé par le ministère de la Culture et de la Communication dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, cette troisième rencontre internationale se tiendra du 02/10/2008 au 03/10/2008 à Paris (musée du quai Branly), 

Le champ, les problématiques et les objets de l’économie de la culture et de la communication s’étant sensiblement modifiés ces dernières années et suscitant une évolution des modes d’intervention publique, les thématiques choisies pour l’ édition de cette année sont les suivantes :

- Industries culturelles ou créatives : champ et caractéristiques

- Industrialisation et créativité

- Mutations des filières et des marchés

- Politiques publiques et régulations

Entrée libre dans la limite des places disponibles – Inscription obligatoire 

Pour plus d’information, cliquez ici.

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“Fab Lab”, Wisconsin

Le Wisconsin crée le premier “Fab Lab” réellement orienté sur l’entrepreneuriat.

Le concept de Fabrication Laboratory ou “Fab Lab” est né en 2001, suite à la création du Center for Bits and Atoms au Massachusetts Institute of Technology. Cette structure de recherche translationnelle facilite le développement et l’accès au marché de technologies dans les domaines de l’électronique. Inspiré par ce modèle, le Fox Valley Technical College dans le Wisconsin a décidé de créer son propre Fab Lab avec une orientation solide sur le développement de propriété intellectuelle et la création d’entreprise. 

Le Fab Lab est une structure de recherche disposant de matériel destiné au développement de prototype. Il regroupe du matériel industriel performant couplé à des systèmes open source développés par et pour les chercheurs du centre ainsi qu’une main d’oeuvre qualifiée de formation éclectique. En effet il s’agit d’une réelle communauté de chercheurs et ingénieurs d’horizons différents (électronique, informatique, ingénierie) dont la complémentarité des compétences est au service de ceux qui arrivent avec une idée et souhaitent repartir avec un produit. La contrepartie pour les utilisateurs est d’intégrer la communauté en apportant à leur tour leur expertise dans un domaine. La volonté initiale du Fab Lab du MIT était de créer une communauté internationale ce qui se traduit aujourd’hui par un réseau collaboratif comprenant la Norvège, les Pays-Bas, l’Afrique du Sud et d’autres Fab Lab aux Etats-Unis dont le tout récent FVTC Fab Lab.

FVTC Fab Lab possède toutes les infrastructures nécessaires au développement de prototypes et produits et bénéficie de conseils d’experts en ingénierie et fabrication qui proposent du tutorat technique et aident les chercheurs à mûrir leur idée. La plus value de ce Fab Lab est de permettre aux entrepreneurs de bénéficier en plus de conseils d’experts liés à la création d’entreprise à travers le Venture Center. Ce centre propose différents services de conseils, tutoriaux et aide les créateurs dans leurs démarches de propriété intellectuelle, recherche de financement, étude de marché, business plan en monopolisant leur propre réseau d’experts. Ce concept attracteur a ammené le MIT à s’y intéresser de près. Celui-ci étudie actuellement la possibilité d’étendre l’implication de réseaux entrepreneuriaux à tout le réseau de Fab Labs dont il est à l’origine.

Ainsi, selon ses acteurs, les Fabs Labs seraient un puissant outil d’intégration des différentes composantes du développement technologique et de sa mise sur le marché. Pour un investissement initial de 25.000 $ en équipement et la capacité de monopoliser efficacement un réseau, il permet à des dizaines d’entrepreneurs d’accélérer la mise sur le marché de leur technologie. L’aspect réseau international est aussi primordial car il permet aux entrepreneurs, d’avoir une vision globale dès les premiers stades de développement. Cette vision technologique globale pourrait ainsi s’étendre à une vision de marché globale qui se trouve être extrêmement stratégique dans les problématiques entrepreneurialles actuelles. 

Pour en savoir plus :

- Fab Lab MIT, http://fab.cba.mit.edu/about/


- Fab Lab Fox Valley, http://www.fvtc.edu/public/content.aspx?ID=1873&PID=1

- Venture Center, http://www.venturecenterwi.net/content/view/12/58/

Sources :

- BE Etats-Unis numero 132 (5/09/2008) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com

- Fab Lab brings MIT Tech Transfer ideas to Wisconsin Business”, Joe Vanden Plas – 30/07/08 – WITN News – http://wistechnology.com/articles/4908/

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