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Visiter via Itunes

Préparer sa visite ? Prendre les devants pour ne pas encombrer les files d’attente ? Avoir le commentaire, avant, pendant et après ? Sensibiliser des amis récalcitrants à la visite ? Il y a bien des raisons pour utiliser l’offre désormais disponible pour de nombreux lieux de visite, qui consiste à podcaster l’outil de médiation sur son Ipod avant d’aller visiter. Allez faire un tour sur I-Tunes et vous constaterez que s’y préfigure les médiations de l’avenir. Ce n’est sans doute que le début de ce que promettent les nouvelles technologies en matière d’accompagnement du visiteur. Conserver un souvenir et une possibilité de revenir à cet outil après la visite n’est pas des moindre intérêts. 

Source : MuséoGraphie-MuséoLogie

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A propos de la gratuité

Jean-Michel TOBELEM, dans un communiqué, réagit aux différents articles publiés sur la toile et dans la presse écrite au sujet de la gratuité dans les musées et monuments nationaux.

L’expérimentation de la gratuité dans des musées situés à Paris et en régions appelle plusieurs observations, en 10 points, en relation avec le vif débat qui se poursuit sur cette question.

1. Que penser de l’expérimentation de la gratuité des musées ?

Malgré des constats probants, les limites de cette approche sont réelles, comme si on craignait que l’expérimentation n’aboutisse à des résultats jugés trop favorables.

En effet :
- La durée d’expérimentation peut être considérée comme trop courte : pour en mesurer pleinement les résultats, il aurait fallu que tous les visiteurs potentiels soient au courant de la mesure et qu’ils décident de venir dans les musées concernés dans le délai (très réduit) de l’enquête…
- Les musées et les monuments retenus ne font pas partie des plus fréquentés ni des plus attractifs… et il n’y a pas eu de campagne de communication !
- Étrangement, le ministère de la culture a décidé que « les politiques des publics et les dispositifs de médiation existants » ne seraient pas modifiés pendant la durée de l’expérimentation, alors que cela constitue précisément l’une des conditions de réussite de cette mesure (cf. infra).
- On pourra alors prétendre que la composition de la fréquentation observée (en forte hausse néanmoins) est peu différente de ce qu’elle aurait été en dehors de la mesure de gratuité… et à suggérer qu’elle finira par retomber comme un soufflé (voir ci-après sur la question de « l’effet lune de miel »).

2. La gratuité est-elle efficace ?

Oui, et de 2 points de vue, mais à certaines conditions !
- La gratuité provoque en premier lieu un effet « volume » : plus de public (la fréquentation augmente) et une plus grande fidélisation (on revient plus souvent, ce qui est particulièrement positif d’un point de vue de politique culturelle).
- Elle provoque en second lieu un effet d’« élargissement » : la gratuité permet la venue d’un public plus diversifié sur le plan socio-professionnel, ce qui répond à un objectif de démocratisation culturelle.
- Le ministère de la culture indique à cet égard : « L’augmentation des volumes de fréquentation s’accompagne de modifications de la composition sociodémographique du public (…) La gratuité a un impact quant à l’ampleur et à la composition des publics » (in Les tarifs de la culture, dir. François Rouet, La documentation française, 2002).
- Sans compter que la gratuité réduit la tentation de vouloir « rentabiliser » le prix de la visite (voir un maximum de choses en un minimum de temps).

3. Quelles sont les conditions pour que la gratuité agisse pleinement ?

Les conditions pour obtenir un impact tangible sont triples.
- En premier lieu, pour que la gratuité produise ses effets, il convient que le musée soit intéressant… et qu’il renouvelle son attractivité dans la durée !
- En deuxième lieu, le rôle de la communication est de faire connaître cette mesure, sinon seuls les habitués et les habitants de proximité seront au courant.
- En dernier lieu, il convient bien sûr de se préparer, dans plusieurs domaines, à la venue de publics moins habitués de la visite des musées et des monuments : qualité de l’accueil et de l’information, dispositifs de médiation, interprétation des collections… À défaut, on court le risque – contrairement à l’effet recherché – de provoquer la déception de ces nouveaux publics.

4. Existe-t-il des musées entièrement gratuits ?

- Sans parler des musées britanniques, l’entrée des musées nationaux américains, à Washington, est tout le temps gratuite pour les collections permanentes… mais aussi pour les expositions temporaires !
- Il existe du reste de nombreux musées gratuits, en France (Bordeaux, Caen, Dijon, Paris…) et dans le monde.

5. Qui paie pour la gratuité des musées ?

- Rappelons en premier lieu que l’absence de gratuité a aussi un coût, en termes de personnel d’accueil et de billetterie notamment.
- De plus, les recettes provenant des billets d’entrée, en dehors des grands établissements nationaux parisiens, sont souvent modestes, voire insignifiantes.
- Par ailleurs, une partie des recettes de billetterie peut être « récupérée » par les dépenses des visiteurs à la boutique, à la cafétéria… ou sous la forme de dons volontaires (comme dans les musées anglo-saxons).
- Sans compter l’intérêt pour les mécènes de soutenir un musée très fréquenté.
- Enfin, notons qu’on ne remet (bien heureusement) pas en cause le principe de la gratuité d’accès à propos des bibliothèques, sachant que les musées remplissent eux aussi un rôle pédagogique, social, éducatif et civique de premier plan.

6. Peut-on parler d’un « effet d’aubaine » ?

- Le fait que certains visiteurs se rendent plus souvent dans un musée ou un monument du fait de la gratuité ne constitue pas un effet indésirable de cette mesure ; il en constitue au contraire un résultat que l’on doit rechercher.
- C’est en effet le but de toute politique culturelle que de familiariser dans la durée les citoyens avec l’art et la culture, et aucun conservateur ne devrait regretter que des visiteurs choisissent de se rendre à plusieurs reprises dans un musée ou un monument pour en découvrir en profondeur les collections (et non de façon superficielle à travers le parcours obligé des chefs d’œuvre).
- Cela n’est nullement contradictoire avec la recherche d’un élargissement du spectre socio-éducatif des visiteurs, qui constitue comme on l’a vu l’une des conséquences de la gratuité (aux conditions rappelées précédemment).
- Parler d’un effet d’aubaine consisterait alors à reprocher aux ménages aisés de fréquenter régulièrement les bibliothèques, dont l’accès est précisément gratuit, en « profitant » de cette disposition.

7. Faut-il craindre un « effet lune de miel » ?

- Alors qu’à Londres la Tate Modern (dont l’accès aux collections permanentes est gratuit) attire – avec plus de 5 millions de visiteurs par an – davantage de public qu’à son ouverture, cette approche est pour le moins sujette à caution.
- Ce bien mal nommé effet « lune de miel » (l’idée qu’immanquablement la fréquentation retombe rapidement) s’applique en réalité moins aux institutions passant de la gratuité au paiement… qu’à la plupart des équipements culturels qui connaissent un effet de curiosité et de découverte à leur ouverture ! (C’est précisément ce que l’on a observé à propos du musée d’Orsay par exemple : une forte baisse après un pic de visites.)
- On peut par conséquent maintenir la fréquentation à un niveau élevé si plusieurs mesures correctives sont mises en œuvres préventivement : renouvellement régulier de l’attractivité, présentations temporaires fréquentes, maintien des efforts de communication après la période de lancement, mise en œuvre d’une politique de fidélisation, etc.

8. La mesure profite-t-elle indûment aux visiteurs étrangers ?

- D’une part, ceux qui le prétendent ont l’œil fixé sur les grands musées nationaux parisiens, qui attirent effectivement de nombreux visiteurs étrangers… en oubliant les musées situés en région qui – pour la plupart d’entre eux – en attirent fort peu.
- D’autre part, s’il est vrai que les visiteurs étrangers seront peu sensibles à une hausse des tarifs car ils ont déjà dépensé beaucoup plus d’argent pour se rendre dans notre pays (au risque toutefois d’un effet d’éviction des visiteurs nationaux, rebutés par des tarifs trop élevés), il n’en reste pas moins qu’une augmentation des tarifs en France se répercute de toute façon chez nos voisins, qui ne manquent pas de réagir à leur tour une hausse de leurs tarifs, alimentant de la sorte une regrettable escalade des prix.
- Enfin, la question est moins de savoir si une éventuelle mesure de gratuité ferait économiser quelques euros aux visiteurs étrangers que de comprendre que cette mesure – en rendant notre territoire encore plus attractif – allongerait leur durée de séjour, provoquant ainsi une hausse sensible des recettes touristiques (dans les hôtels, commerces, restaurants, transports et boutiques de souvenir). La vision de la réalité de l’économie touristique vient ainsi corriger une approche étroitement financière et de court terme.

9. Une accentuation de la marchandisation est-elle à craindre ?

- Cette accusation est particulièrement paradoxale, à l’heure où la hausse des tarifs de nombreux musées et monuments paraît témoigner de l’éloignement de leurs ambitions sociales et éducatives et semble plutôt la traduction d’une approche de plus en plus financière, voire mercantile.
- Si développement commercial il y a, ce sera aux visiteurs qu’il appartiendra d’acheter librement un bien ou un service (à la boutique, à la cafétéria ou au restaurant), une demande qu’ils expriment régulièrement dans les enquêtes.

10. Pour conclure, que penser plus généralement de la question tarifaire ?

- Le prix d’entrée ne constitue certes pas la seule barrière d’accès aux musées ou aux monuments, personne ne prétend sérieusement le contraire.
- Il existe en effet d’autres obstacles, géographiques, sociaux ou encore psychologiques. Dès lors, la gratuité ne représente pas un remède miracle ou une solution magique aux inégalités d’accès à l’art et à la culture.
- C’est ce qui explique l’importance de l’enseignement de l’histoire de l’art à l’école, pour les enfants qui ne vont pas au musée avec leurs parents.
- Reste que si l’ensemble des Français contribuent au financement des musées par leurs impôts, seuls 30% environ s’y rendent chaque année ; dans cette mesure, la modération tarifaire (et, d’autant plus, la gratuité d’accès) constitue une mesure utile et efficace.
- L’économiste Xavier Greffe indique à cet égard que « tout financement par les prix conduit à réduire le bien-être global net par rapport à la gratuité (…) Seule cette dernière assure la maximisation du bien-être collectif net des agents » (in La gestion du patrimoine culturel, Anthropos, 1999).
- Enfin, ceux qui sont préoccupés par les éventuelles pertes de revenus des musées et des monuments trouveront dans l’ouvrage Le nouvel âge des musées de nombreuses pistes pour leur permettre d’accroître leurs ressources.

Références

« Les droits d’entrée, les abonnements et la question de la gratuité », dans Musées et culture, le financement à l’américaine, PUL, 1990 (la première analyse sur le thème « gratuité et stratégie de développement »).

« La question de la tarification », dans Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion, Armand Colin, 2005 (une relativisation de l’apport financier des droits d’entrée).

« La stratégie du prix », dans La culture mise à prix, la tarification dans les sites culturels, L’Harmattan, 2005 (la première mention de l’éventualité d’un « effet d’éviction » dans le cas d’une hausse excessive des prix, ainsi qu’une analyse de la question – fondamentale – de la fidélisation ; la bibliographie comporte 80 références, françaises et internationales).

« Le prix d’accès au musée », Musées et collections publiques de France, n° 248, 2006 (la nécessaire distinction à opérer entre les différentes échelles de la tarification : locale, territoriale et nationale).

« Des relations entre gratuité d’accès et services commerciaux dans les musées », Musées et collections publiques de France, n° 49, 2006 (une analyse des liens entre gratuité et recettes commerciales additionnelles).

« Politique culturelle, gratuité et dynamisme des musées », Policultures, La lettre des politiques culturelles et artistiques, n° 120, octobre 2007 (la mise en évidence d’un risque de concentration sur les grandes institutions « rentières »).

Jean-Michel Tobelem, directeur de l’institut d’étude et de recherche Option Culture, enseignant à l’école du Louvre et dans plusieurs universités, est docteur en gestion, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et diplômé d’études supérieures de droit public. Auteur notamment du livre Le nouvel âge des musées, les institutions culturelles au défi de la gestion (Armand Colin, en cours de traduction en grec et en espagnol), il a été responsable de la publication de l’ouvrage La culture mise à prix, la tarification dans les sites culturels (L’Harmattan). Il suit depuis vingt ans les questions de tarification dans les musées, en France et à l’étranger.

Source : Culture et Communication

Spécialiste de la gestion des musées, nous l’avons récemment interrogé sur les PPP appliqués aux musées, objet d’un projet de dossier à venir sur C.E.G. 

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Europeana

Livres, œuvres musicales, tableaux, photographies et films, toute la diversité culturelle de l’Europe offerte à tous les citoyens en un simple clic de souris sur un seul portail : le rêve d’une bibliothèque numérique européenne pourrait devenir réalité cet automne. Cependant, la Commission européenne a indiqué dans une nouvelle communication sur la mise à disposition des versions numériques d’œuvres provenant d’institutions culturelles de l’Europe entière, que les États membres avaient encore des efforts à fournir. Grâce à la numérisation du matériel culturel, les Européens pourront accéder aux collections des musées, des bibliothèques et des archives des autres pays sans avoir à voyager ou à tourner des centaines de pages pour trouver une information donnée.

Les bibliothèques européennes contiennent, à elles seules, plus de 2,5 milliards de livres, mais environ 1 % des supports seulement sont disponibles sous forme numérique. La Commission appelle donc les États membres à intensifier leur action pour rendre davantage d’œuvres numériques disponibles en ligne, afin que les Européens puissent les consulter dans le cadre de leurs loisirs, de leur travail ou de leurs études. Pour sa part, la Commission allouera, en 2009-2010, quelque 120 millions d’euros à l’amélioration de l’accessibilité en ligne du patrimoine culturel européen.

La Commission a confirmé qu’elle s’engageait à aider les États membres à mettre en ligne leur contenu culturel. En 2009-2010, 69 millions d’euros provenant du programme-cadre de recherche de l’Union européenne seront alloués aux activités de numérisation et au développement des bibliothèques numériques. Pour la même période, le programme Compétitivité et innovation prévoit d’affecter environ 50 millions d’euros à l’amélioration de l’accès au contenu culturel européen. Cependant, le coût total de la numérisation de cinq millions d’ouvrages provenant des bibliothèques européennes est déjà estimé aux alentours de 225 millions d’euros, sans compter les œuvres comme des tableaux ou des manuscrits.

Pour que le rêve d’une bibliothèque numérique européenne qui s’appellera Europeana devienne réalité pérenne, il faut que les institutions nationales réalisent des investissements considérables. Or, jusqu’à présent, la plupart des pays n’affectent à la numérisation qu’un financement modeste et fragmenté.

Un projet tel qu’Europeana est un excellent point de départ pour le développement d’une culture européenne commune, riche de sa diversité. L’émergence d’un sentiment d’appartenance culturelle commune peut en effet permettre aux européens de mieux s’approprier l’Europe… à condition qu’European ne soit pas qu’un outil utilisé et utilisable par une catégorie de la population, plus éduquée, plus aisée que le reste.

Source : Culture et Communication

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Naissance du CLIC

Le 22 octobre dernier avait lieu au Palais de la Découverte le premier opus d’une longue série de rencontres entre professionnelles de musées spécialisés en multimédia, Internet, numérique et communication.

Le Club Innovation Culture pour objectif de mutualiser les idées, les projets, les tests, les échecs, ce club a pour vocation de rassembler l’ensemble des professionnels de musée et institutions culturelles spécialisées dans le multimédia, de mettre en place des ateliers de réflexion quatre fois par an et de monter une plateforme d’échange privée. Une excellente initiative donc que beaucoup de musées attendaient !

Une trentaine de personnes étaient présentes au Palais de la Découverte représentant une vingtaine de lieux et d’institutions pour parler des podcasts, des initiatives dans le monde et en France, des possibilités et freins techniques, des conditions de mises en place et surtout de l’avenir de l’audioguide et du podcast : « Podcasting et téléchargement de contenus culturels, de la distribution au modèle économique ».

C’est donc à travers des interventions de deux experts extérieurs, un état des lieux en France et à l’étranger et une réflexion entre professionnels que les esprits se sont échauffés. Ont été évoquées des initiatives de la Cinémathèque Française et ses podcasts, du MOCA Lyon et son exposition Keith Haring, du Palais de la Découverte et son exposition Volcans, Séismes, Tsunamis, de la Réunion des musées Nationaux et ses podcasts en ligne. Les retours sur expérience de ces institutions sur la mise en place d’un système de Bluetooth, de code QR, de corner sur iTunes, de contenu en ligne payant, de création ou interne ou d’externalisation ont su éclaircir les acteurs encore en pleine réflexion et définition de leur stratégie.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à contacter Pierre-Yves Lochon par mail à info@club-innovation-culture.com.

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Rencontres du Lazio

Les rencontres du Lazio (Rome) se dérouleront du 20 au 23 novembre 2008 et auront pour thème : Les régions de la grande Europe et la culture . En collaboration avec l’association italienne du Conseil des communes et régions d’Europe (AICCRE), la fédération AICCRE Lazio, la région du Lazio et la Province de Rome, il sera question de réunir les élus et les professionnels en charge de la culture au sein des collectivités territoriales de la grande Europe pour mieux analyser et préciser le rôle que jouent les régions, et plus généralement les territoires infra-nationaux, dans le secteur de la culture, leurs niveaux d’intervention selon les pays et selon les disciplines, ainsi que leurs rapports avec les autres collectivités territoriales, les États membres et les institutions européennes.

Contact : Les rencontres, Association des Villes et Régions de la Grande Europe pour la Culture , 8, villa d’Alesia, 75014 Paris (01 56 54 26 36 – info@lesrencontres.eu )

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Une formation à suivre

L’Observatoire des politiques culturelles (OPC) et l’Institut départemental de développement artistique et culturel de Gironde (Iddac), en partenariat avec la mission d’observation de la culture en Aquitaine et l’Office d’action culturelle de Lot-et-Garonne (Odac), organisent une formation, les 13 et 14 novembre à Bordeaux, sur le thème :   Les politiques culturelles en France et en Europe  . Enjeux et évolutions territoriales du dialogue interculturel .

Ce séminaire se propose d’examiner les enjeux de la coopération culturelle en Europe, les projets des acteurs artistiques et culturels, la place des collectivités territoriales et de l’État dans ce processus. Il abordera les questions de coopération interrégionale, d’échanges transfrontaliers, des réseaux européens, de la mobilité des artistes et du dialogue interculturel.

Il s’adresse : aux cadres des collectivités publiques et de leurs établissements, directeurs et responsables d’équipements artistiques et culturels, chargés de mission ; aux élus locaux en charge de la culture ou de politiques transversales incluant une dimension culturelle (développement local, politique de la ville, éducation, jeunesse, pays…).

Contact : Observatoire des politiques culturelles , 1, rue du Vieux Temple, 38000 Grenoble

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A propos du 1% artistique

Avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication (Délégation aux arts plastiques), le   Club Culture & Patrimoine  organise son prochain séminaire de formation, le 18 novembre, sur le thème :   Méthodologie commune, expériences différenciées : le dispositif du 1% artistique  .

Destinée plus particulièrement aux agents des conseils généraux (culture, patrimoine, marchés publics, routes, collèges…), cette formation présentera la procédure du 1% artistique et sa mise en œuvre. Quels sont les bâtiments concernés par le dispositif ? Comment harmoniser les différents domaines de compétence ? Quel partenariat instaurer avec l’architecte, l’artiste, le comité artistique ? Comment sensibiliser les utilisateurs des bâtiments ?

Elle se déroulera dans les locaux d’IDEAL Connaissances au Kremlin-Bicêtre.

Les inscriptions (voir les conditions en ligne) se font auprès de Malika Gravellier, par courriel : m.gravellier@idealconnaissances.com , ou par fax : 01 45 15 09 00.

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Art et territoires

Tram, association fédérant des lieux engagés dans la production et la diffusion de l’art contemporain en Île-de-France, organise une journée professionnelle,   Art contemporain et territoires  , le 6 novembre, en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art (INHA).

Comment se tissent et se déploient les liens entre art contemporain et territoires ? Quelles amplitudes prennent ces liens sur le terrain, quelle mobilité lui offrent-ils ? Quels rôles les lieux d’art, les projets des artistes, leur image jouent-ils dans la construction d’un territoire ? Quelles transformations opèrent-ils ? Les démarches des artistes, les missions des lieux et les ambitions des politiques culturelles peuvent-elles se croiser ? Comment s’articulent les compétences et les responsabilités de chacun ?

Artistes, universitaires, élus, responsables de lieux et de projets tenteront de répondre à ces questions au cours de cette journée ouverte à tous et qui se tiendra, de 9h30 à 18h, à l’auditorium Colbert de l’INHA (2, rue Vivienne, 75002 Paris).

L’entrée est libre mais sur inscription, par téléphone au : 01 53 34 64 15, ou par courriel : info@tram-idf.fr . Le programme complet est en ligne sur le site du Tram.

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Publics et markéting culturel

Le Conseil des arts de l’Angleterre vient de publier de nouvelles recherches qui fournisent un nouvel aperçu de comment et pourquoi le public anglais se passionne pour les arts.

Cette étude, la plus complète à ce jour, analyse la façon dont l’art s’inscrit dans notre vie quotidienne. La recherche va bien entendu au-delà des statistiques des box-offices et définit une échelle de 13 critères de consommation et de pratique.
 
Ella Muers, directeur du marketing et du développement du Conseil des arts de l’Angleterre, dont le département publie cette recherche, a déclaré: “la segmentation des publics de cette façon est un marché reconnu comme outil de recherche, déjà utilisé par de nombreux organismes des arts. Ce qui différencie notre approche est qu’elle couvre tous les adultes anglais, et pas seulement une catégorie de public, qu’elle commence par les arts plutôt que d’autres caractéristiques sociales, et elle rassemble la fréquentation et la pratique des arts, dans et hors de la maison”. 
 
La recherche montre que la majorité de la population entre dans l’un des sept segments “modérément engagés”, mais même à l’intérieur de ces segments les intérêts et les motivations varient s’il s’agit du temps de loisirs ou non. Cela donne à penser qu’il y a beaucoup de potentiel pour accroître l’intérêt pour les arts, et qu’une approche «taille unique» ne fonctionnera pas. 

Dans cet esprit, le Conseil des arts va utiliser la recherche pour aider à planifier la conception et la réalisation d’une nouvelle campagne visant à encourager l’expérience et les plaisirs des arts au plus large éventail possible de personnes et ce dans toute l’Angleterre. 

Le Conseil espère également que les institutions artistiques, les autorités locales et les organismes travaillant dans le domaine des arts seront en mesure d’utiliser la recherche pour informer leur public et améliorer le développement des plans de marketing culturel.

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Creative Cities 2008

Visant à répondre à une économie en mutation rapide, les quatrièmes rencontres “Creative Cities” se tiendront le 11 décembre prochain à Liverpool à la fondation FACT (Foundation for Arts and Creative Technology) pour explorer le concept de «villes créatives», sa signification dans la pratique d’aujourd’hui, dans ses perspectives 2009 et ses perspectives de moyen terme. Les délégués examineront les actions nécessaires pour soutenir la diversité et la croissance, en étudiant le rôle et l’impact des différentes gouvernances et les rôles respectifs de la propriété, l’éducation, la culture, le financement et le secteur public. 
Pour bien articuler les thèmes et les objectifs de ces rencontres, ce sont les grandes questions liées aux industries créatives qui structureront les échanges :

  • comment l’appui au secteur de la création a changé au cours de la dernière décennie et quel impact cela a-t-il eu sur les villes ? 
  • comment le secteur créatif peut se développer et être soutenus dans le cadre d’une économie mondiale en mutation rapide ? 
  • quel est l’impact de la concurrence culturelle et économique sur les villes ?
  • comment affecter les fonds disponibles et les possibilités offertes dans l’ensemble du secteur? 
  • comment peut-on réussir dans l’économie créative alors qu’il y a tant d’entreprises et de projets qui partagent les mêmes objectifs de développement économique, communautaire et culturel ?
  • quand une ville célèbre un grand événement culturel ou sportif, quel est l’impact sur son économie créative ? 
  • quel est le rôle des promoteurs immobiliers, publics et privés, et des propriétaires en ce qui concerne l’appui à la création de richesses et de biens de valeur de croissance pour le secteur de la création ? 
  • comment les villes peuvent-elles atteindre les jeunes générations et favoriser la créativité et l’innovation ? 
  • quel est l’impact des partenariats entre le secteur de l’économie créative et les établissements de recherche et d’éducation au sein d’un même territoire urbain ?
  • comment les villes peuvent-elles mieux répondre aux besoins des petites et moyennes entreprises ? 
  • quel rôle les “Creative Clusters” peuvent-ils jouer et quelle est leur relation les uns avec les autres dans le contexte territorial à échelle multiple ?
  • quelles mesures doivent être prises par les gouvernements ?
  • le secteur public et privé peuvent-ils construire une meilleure collaboration pour assurer les acteurs créatifs et culturels du soutien au développement de cette économie sans pour autant perdre l’essence de sa raison d’être ?

Pour plus de renseignements, cliquez-ci.

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Le paradoxe italien

Le Quotidien fait état de la diminution du financement du cinéma italien. Les festivals de Villerupt et d’Annecy sont les deux événements les plus importants pour le cinéma et la culture italienne en France. Le journal Le Quotidien explique pourquoi ces festivals devront désormais lutter pour leur survie à la suite de restrictions budgétaires généralisées dans la Péninsule : “[Pour] les argentiers du cinéma, l’effort de distribution à l’international se résume souvent par l’impression d’une copie du film sous-titrée en anglais. … Pour sa sélection, le festival de Villerupt a tout de même dépensé quelque 20000 euros pour sous-titrer [en français] des films que les responsables voulaient absolument au programme. … Difficile, malgré la crise économique, de comprendre la politique menée, en matière de cinéma, par le gouvernement italien. A un moment où les films transalpins vivent précisément un renouveau tant quantitatif que qualitatif.“

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Potočnik et la libre innovation

Dans une tribune publiée dans le quotidien Delo, le slovène Janez Potočnik, commissaire européen pour l’Economie et la recherche, intervient en faveur du renforcement de l’échange du savoir au sein de l’UE : “Nous avons besoin de libertés qui renforcent notre créativité, notre esprit d’entreprise et notre potentiel d’innovation. Le savoir devient l’instrument du mouvement dans l’économie mondiale. … Nous œuvrons toujours beaucoup pour la consolidation des ‘quatre libertés de l’UE’ ; celles-ci garantissent, en principe, aux citoyens des Etats membres la libre circulation des personnes, des biens, des services et du capital. Mais le temps semble venu d’en ajouter une cinquième : la libre circulation des connaissances. … Lorsque nous recherchons la meilleure solution, nous la trouvons plutôt en la cherchant dans les 27 pays et pas seulement dans un seul. … Le modèle de la libre innovation, c’est-à-dire celui dans lequel les entreprises cherchent les connaissances les plus étendues et les meilleures qualifications quel que soit le site où elles sont établies, renforce la relation d’échanges entre les gouvernements nationaux et l’économie. … En effet, aucun pays ne peut en même temps assurer des connaissances hautement qualifiées et élaborer un savoir dans tous les domaines. L’efficacité de la recherche et de l’innovation n’est donc optimale que lorsque l’on dépasse le niveau national. “

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L’action culturelle française

Adrien Gouteyron fait le point sur l’action culturelle française à l’étranger et constate un financement important pour le rayonnement culturel et une forte densité du réseau culturel. Il propose cependant de mieux mettre en valeur la culture française à l’étranger, en supprimant le monopole du Quay d’Orsay sur l’action culturelle (qui pourrait être confiée au ministère de la culture) et en favorisant une nouvelle organisation (préservation du rôle des lycées français à l’étranger, suppression des doublons parmi les acteurs culturels). Il souhaite renforcer le rôle du conseiller culturel et propose un nouveau modèle de centre culturel, recentré sur les activités linguistiques.

Consultez le rapport directement sur son site d’origine

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Rapport Valletoux

Dans le prolongement de l’avis présenté en 2006, le Conseil économique, social et environnemental se penche sur l’évaluation et le suivi des relations financières entre l’Etat et les collectivités locales. Il présente successivement : les finances publiques depuis 1982, pour positionner les finances locales au sein de l’ensemble financier public ; l’évolution des éléments constitutifs des finances locales depuis 1982, pour mieux appréhender la part relative de chacun des niveaux d’administration publique locale ; la part que l’État représente désormais dans le financement des budgets locaux. Sur cette base, il s’attache à définir les outils et les objectifs susceptibles de clarifier les relations financières entre l’Etat et les collectivités locales. Il approuve et appelle à conforter la Conférence nationale des exécutifs, organisée en octobre 2007, et associant le Gouvernement et les associations d’élus (Association des maires de France, Assemblée des départements de France, Association des régions de France). Il souhaite notamment que soit désigné auprès du président de la Conférence nationale des exécutifs un chef de projet chargé d’animer les travaux.

Pour consulter le rapport, cliquez ici.

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France numérique 2012

Dans le cadre de la préparation d’un plan de développement de l’économie numérique, Eric Besson, Secrétaire d’Etat à la prospective, à l’évaluation des politiques publiques et au développement de l’économie numérique, a été chargé par le Président de la République et le Premier ministre d’assurer le pilotage et la coordination de l’ensemble des politiques publiques dans le domaine du numérique.

Ce plan repose sur quatre priorités : permettre à tous les Français d’accéder aux réseaux et aux services numériques ; développer la production et l’offre de contenus numériques ; accroître et diversifier les usages et les services numériques dans les entreprises, les administrations, et chez les particuliers ; moderniser la gouvernance de l’économie numérique dans le sens d’une adaptation des organisations et modes de gestion conçus avant la « révolution numérique ». Ce plan poursuit en outre trois objectifs : garantir l’accès de tous les Français à Internet haut débit ; assurer le passage de la France dans le tout numérique audiovisuel avant le 30 novembre 2011 ; réduire la « fracture numérique ». Le rapport détaille les 154 actions associées à ce plan.

Le rapport est téléchargeable en cliquant ici.

Source : la documentation française.

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Avignon : Davos de la culture

La culture aura son sommet. La cité des Papes organisera en effet du 16 au 18 novembre un Forum d’Avignon, déjà surnommé “Davos”, “Grenelle” ou encore “G8″ de la Culture. Près de 300 acteurs des mondes culturel, économique et médiatique européens, mais aussi américains et africains, y aborderont des sujets aussi divers que l’avenir du numérique, la contribution de la diversité culturelle à la croissance et les rapports entre richesse économique et richesse culturelle.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

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Lisbonne revitalisée

Au cours des dernières années cinq associations aux profils culturels très variés ont fait émerger de nouvelles activités artistiques dans le centre-ville de Lisbonne et ainsi apporté un nouveau dynamisme à la capitale portugaise. Leur objectif : une offre culturelle et artistique à bas prix. 

Les associations dont il s’agit sont O Bacalhoeiro, Crew-Hassan, Centro em Movimento, Sou Movimento e Arte et Espaço Evoé. Les deux premières font surtout de l’événementiel et gèrent des espaces dédiés à différentes disciplines artistiques : musique, théâtre, danse, peinture, cinéma etc. Elles ne se font pas concurrence mais opèrent souvent en partenariat. 

Les moyens à disposition des associations sont limités ; œuvres et projets créés sont souvent produits avec très peu de ressources, raison pour laquelle certains n’y voient pas plus que des jeux d’enfants. Mais l’impression est trompeuse ; au fil du temps les associations ont su tisser un réseau dense de contacts et engendrer un échange culturel actif au cœur de Lisbonne. 

Les chiffres en sont la preuve : En 2007 O Bacalhoeiro qui compte 12.000 membres a organisé et soutenu 95 performances, 24 cycles de cinéma, 53 conférences, 32 expositions, 12 ateliers théâtre pour enfants, 260 concerts et 65 workshops. Les quatre autres associations constituent elles aussi des piliers de la vie culturelle de Lisbonne. Ensemble elles transforment le paysage culturel de la ville.

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La culture en temps de crise

Eu égard à la crise financière, l’hebdomadaire Die Zeit se réjouit de la libération de l’art des carcans de l’économie. “Il se peut que la crise bancaire signe la fin de tel ou tel projet culturel. L’argent de la publicité, qui cherchait des chemins de traverse du côté de la culture, pourrait se raréfier. Mais la culture elle-même, les arts et les sciences dans un sens plus étroit, vont profiter de la crise. Pour une fois, iIs sont libérés des contraintes de l’économie, apparaissent dans leur souveraineté originelle, et ne doivent plus souffrir du fait que les représentants de l’économie invités à la fête ne viennent entacher leur corps nu de leurs doigts couverts de restes de petits fours. … Il sera certes toujours douloureux qu’un livre ne se vende pas ; mais on ne prendra plus la caisse du magasin comme un indicateur de qualité. … Cela va en revanche accroître considérablement l’attractivité des arts et de la recherche car leur qualité ne peut en aucun cas être détériorée par la crise économique. Reconnaissance et beauté ne sont pas soumises à la loi de l’offre et de la demande : une vérité reste vraie même si elle n’est pas adaptée à la marchandise, voire même lorsqu’elle est mise hors circuit. … Le vent a donc tourné : ce n’est pas l’art qui doit apprendre de l’économie, mais l’économie qui doit apprendre de l’art.”

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A propos du Comité Balladur

Faut-il s’inquiéter du grand brassage d’idées et de propositions dont fait preuve le Comité pour la réforme des collectivités locales ? Les onze membres chargés de réfléchir depuis le 22 octobre dernier à une nouvelle organisation territoriale de la France sont face à un des chantiers les plus difficiles et dont les enjeux sont considérables.

Le Comité s’est vu assigné trois grands objectifs :  simplification des structures, clarification des compétences et maîtrise des dépenses locales. Trois préoccupations largement partagées depuis longtemps, quelles que soient les alternances politiques, mais qui constituent surtout (après voir été un jouet de politique politicienne) une difficulté récurrente dont l’issue a toujours été lourde de conséquences pour les citoyens, le monde associatif, les acteurs culturels et sociaux et enfin les opérateurs économiques.

Avec l’annonce du Comité il y a quelques mois, tout le monde faisait mine d’être rassuré. Un comité ou une commission dans la grande tradition républicaine, cela rassure c’est sûr. Mais cela exaspère aussi parfois, et vu la récurrence et l’urgence du sujet, il eut été risqué d’entreprendre une réflexion dans le plus pur style hypnotique du « comité au long cours», style auquel nous avons été trop habitués.

Heureusement, celui-ci a trois mois pour aboutir, pas de risque de s’ankyloser d’autant que la problématique est particulièrement vaste. Mais la mission est-elle faisable en trois mois ?

Placé sous la présidence d’Edouard Balladur, le Comité se compose de quatre élus (Gérard Longuet, sénateur UMP de la Meuse, Dominique Perben, député UMP du Rhône, Pierre Mauroy, sénateur PS du Nord, et André Vallini, député PS et président du conseil général de l’Isère) et de six personnalités qualifiées (Daniel Canepa, préfet de la région Ile-de-France et président de l’Association du corps préfectoral ; Jacques Julliard, journaliste et historien ; Elisabeth Lulin, inspectrice des finances, directrice générale de Paradigmes, société de conseil sur les politiques publiques ; Jean-Ludovic Silicani, conseiller d’Etat ; Michel Verpeaux, professeur de droit à l’université Paris-I).

Depuis que l’initiative de créer ce Comité a été prise, chacun y est allé de sa petite phrase et c’est une danse bien curieuse qui s’opère entre l’Elysée, Matignon, l’Assemblée Nationale et le Sénat.

Si les dogmes et les doctrines politiques semblent s’être effacés (du moins en apparence) entre les premiers « coups » de la politique d’ouverture (qui est loin d’être finie vue la liste des prétendants) et la conjoncture qui nécessite chaque jour un peu plus d’ « union nationale », le Comité doit conserver sa sérénité tant la pression autour de lui est importante.

Les grandes manœuvres ont effet débuté et l’article du monde d’aujourd’hui dresse déjà une liste bien conséquente de prises de position plus ou moins heureuses sur les trois grands objectifs du Comité.

Si dans un premier temps on peut s’étonner que cette question de la réforme des collectivités locales ne fasse pas l’objet d’un « Grenelle » (le Président de la République justifie lui-même l’ouverture de ce “chantier d’une grande difficulté” par l’intérêt que les Français, selon lui, y porteraient), il y a fort à penser que ce soit justement la difficulté du chantier qui oblige à une très grande prudence avant de réellement entamer le débat. Car il s’agit d’un sujet susceptible de générer de nombreux conflits. Depuis 2000 en particulier, les Présidents des Conseils Régionaux et Généraux se sont toujours fortement mobilisés et ont même court-circuité le gouvernement à de nombreuses reprises en exerçant une pression saine pour la démocratie.

Face au tôlé qu’avait déclenché il y a quelques mois le rapport Attali en préconisant notamment la suppression des Départements (reprenant ainsi un des fers de lance de Jean-Pierre Raffarin lors de son arrivée à Matignon), il eut été de bon ton de ne pas répéter les même erreurs de communication. Cette fois-ci, c’est le débat des élus qui occupe le terrain de la communication et pendant ce temps, le Comité travaille. C’est habile, il faut bien l’admettre. Le Comité n’a pas encore rendu ses travaux, aucun projet de loi n’est esquissé mais les élus s’approprient déjà la chose et donnent l’impression subtile de faire des propositions utiles en se faisant l’écho des préoccupations des citoyens.

Où en sommes-nous sur le plan des politiques culturelles et vers où allons-nous ? Les professionnels de la culture et des arts ont une idée très claire de la situation sectorielle mais sur le plan structurel, c’est-à-dire celui qui est tributaire de l’organisation des collectivités, ils sont beaucoup plus perplexes voire démunis. Ils relaient cette impression décidément très partagée ces jours-ci qui ne sait pas trop de quoi demain sera fait. Il faut dire qu’ils y sont préparés à leurs dépends depuis qu’est amorcée la fin de l’ère des subventions. Il n’y a qu’à voir les chiffres de la participation de l’Etat aux dépenses culturelles des Conseils Régionaux pour comprendre qu’il est plus que temps de trouver des solutions nouvelles pour financer la culture et les arts.

Le premier réflexe a été de se tourner vers les collectivités et dans ces conditions il est difficile d’avoir une vision de moyen terme. L’Etat jouait un rôle d’input, d’arbitre, d’expert, de pilote, de partenaire et d’accompagnateur. Ce ne sera plus le cas sur l’ensemble des ressorts de la politique culturelle et si les DRAC devraient survivre aux travaux de la rue de Valois dans le cadre de la RGPP, cela ne sera pas à n’importe quel prix sans que l’on sache non plus pour combien de temps. Une loi sur la réforme de l’organisation des collectivités arriverait à point nommé dans quelques mois pour mettre tout le monde au pied du mur des doublons de compétences que l’on rencontre en matière culturelle (et dans d’autres domaines) sur les différents échelons territoriaux de l’organisation des collectivités. La rationalisation des dépenses viendrait alors tout nettoyer de son panache blanc.

La réalité aujourd’hui se pose à travers un double problème : il faut d’abord mettre fin au double régime de décentralisation culturelle qui est fondé sur les prises de compétence (lois de 1982 et de 2004), où l’Etat considère que des compétences peuvent être attribuées à d’autres acteurs tout en mettant par ailleurs en place une décentralisation culturelle de coopération. Que dire des fameuses agences régionales par exemple ? Il faut ensuite assumer le fait que nous ne savons plus aujourd’hui où nous en sommes réellement des responsabilités de chacun. Cette cacophonie était pourtant prévisible.

Il est donc urgent, maintenant que le Comité pour la réforme de l’organisation des collectivités est en place, de faire émerger des réflexions qui puissent servir de support et de levier pour préserver l’avenir des politiques culturelles.

Nous sommes confrontés pour cela à deux principaux modèles de recomposition. Le premier dédoublonne les deux décentralisations avec leurs deux réseaux administratifs et rationalise leur coopération par des pilotages et des coordinations contractualisées. Le second s’inspire de l’approche anglo-saxonne, considérant que la culture n’a pas à faire l’objet d’une politique culturelle, elle est une dimension de la vie et à ce titre elle est un volet de chaque politique (sociale, internationale, économique, urbaine, etc.). Une approche transversale et globale de la politique en somme. C’est le modèle que l’on connaît déjà avec l’Europe et c’est celui que certaines régions ont commencé à mettre en place.

Nous sommes passés de l’exception culturelle à la diversité culturelle dans un moment où règne sans partage la subjectivité, où le concept de civilisation a été transformé d’abord en objet de communication avant d’être un rite de passage. Il faut espérer que le Comité pour la réforme de l’organisation des collectivités n’entende pas le même chant des sirènes.

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Les “traces” du communisme

L’hebdomadaire Kapital commente le nouveau projet bulgare “Sleda” (trace) pour les monuments historiques datant de l’époque communiste : “Tous les monuments historiques se ressemblent dans le sens où, indépendamment de leur époque, tous visaient à entretenir la fierté nationale. On a par la suite tenté de les ‘gommer’ par embarras – [soit] de façon bruyante et visible, comme dans le cas du mausolée de Georgi Dimitrov [secrétaire général de l'Internationale communiste et Premier ministre bulgare], soit en les ignorant et en les condamnant ainsi à l’oubli et à la destruction. Les monuments historiques sont des lieux de mémoire. Ils établissent des liens, positifs mais aussi négatifs, entre les êtres humains et leur passé. La destruction de monuments historiques est une tentative ratée d’évacuer des complexes du passé et ne constitue pas une solution. Mais si on les conserve, en apposant une plaque indiquant pourquoi ils ont été érigés, avec quelles ressources et à quelle période politique, les monuments contribuent alors à nous faire prendre conscience d’une partie de notre passé, qui se distingue du présent sans pour autant faire de l’ombre à notre futur.” 

Consultez l’article intégral en cliquant ici.

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