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Le Togo se lance

TogoLe Togo se lance enfin dans la structuration de sa politique culturelle. Le pays entend se doter d’un plan national de promotion culturelle destiné à revaloriser et à enrichir le patrimoine national. « Le gouvernement togolais lutte pour que la culture devienne un vecteur essentiel de développement humain durable », assure Oulegoh Kéyéwa, le ministre de la Communication et de la Culture en ouvrant lundi le séminaire de Lomé. Depuis lundi, les acteurs culturels togolais sont en effet réunis à Lomé dans le cadre d’un séminaire financé par l’Unesco. Une réunion destinée à, d’une part, adopter le plan national et, d’autre part, à faire le point sur les différentes initiatives déjà mises en œuvre par les autorités.

L’enjeu de ce séminaire est très important dans la mesure où une politique culturelle définit les règles et les normes sur lesquelles se base de l’action culturelle d’un pays. Elle organise, oriente et coordonne les actions visant directement ou indirectement la préservation du patrimoine culturel, la promotion, la gestion, la diffusion et le financement des secteurs de la culture et des arts ainsi que l’organisation de la coopération culturelle. Elle permet de penser aux infrastructures culturelles et à toutes les actions allant dans le cadre du développement culturel. En son absence, on assiste au pilotage à vue de la culture et au règlement au cas par cas, ce qui est préjudiciable à un secteur aussi important et dont l’apport à l’économie et au développement n’est plus à démontrer. Après l’adoption du texte de politique culturelle par ce séminaire, il restera à l’adopter à l’Assemblée nationale avant la promulgation par le Chef de l’Etat. Autant dire que le chemin est encore loin avant sa traduction en loi de l’Etat togolais.

Les professionnels de la culture qui se félicitent de cette avancée, expriment déjà néanmoins leur doute quant à la traduction des « intentions » contenues dans le texte en actes

Source : portail officiel de la République Togolaise

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Musées futurs, futur des musées / 1

SIMESITEMFIMFVous vous souvenez peut-être que cette année s’est tenu en marge du SIMESITEM, le premier Forum International des Musées Futurs, au Carrousel du Louvre du 27 au 29 janvier 2009. Ce rendez-vous jusqu’alors incontournable des professionnels du secteur culturel, des équipements culturels et plus particulièrement des musées, a proposé pour cette édition 2009 une formule combinant le SITEM traditionnel à ce nouvel événement. Le programme du FIMF était alléchant puisqu’il s’agissait d’échanger et de débattre sur les besoins futurs de cinq grands projets de nouveaux musées : le Centre Pompidou à Metz, Confluences à Lyon, Le Louvre-Lens, le Mucem de Marseille et le musée Soulages à Rodez.

Ce fut une déception et ce pour plusieurs raisons. D’abord deux raisons purement factuelles : le prix faramineux pour accéder au FIMF et la très faible fréquentation qui a contraint les organisateurs à laisser l’entrée libre au second jour. Mais Il faut dire aussi que la grève générale du 29 janvier aura sûrement créé des difficultés par anticipation et cela n’a certes pas arrangé les choses.

Dans la mesure où le public cible est avant tout professionnel, le coût d’accès à un tel événement aurait dû être contrebalancé par une réelle utilité à découvrir en profondeur ces projets au regard des réalités et des évolutions du secteur. Ces derniers étant déjà connus et ayant déjà fait l’objet d’annonces, de reportages et de communications, le faible nombre de participants a créé une frustration qui fut bien difficile à occulter : peu de densité dans les débats, peu de rencontres.

Deux raisons de fond viennent également selon nous s’ajouter à ce bilan en demi-teinte.

La première est que les projets de musées présentés comme les musées futurs constituent un panel trop petit qui n’a pas été élargi pendant les conférences et les débats. Le Forum aurait pu traiter les positionnements, les politiques des publics et des collections, les modèles économiques, les stratégies de marketing et de fidélisation, la place des TIC et du multimédia, de la soutenabilité, des ressources locales, des formes de gouvenances, des partenariats, des recettes annexes, des relations au territoire et aux autres secteurs contributeurs…ne serait-ce qu’à titre comparatif, d’une bonne vingtaine de projets témoins emblématiques de l’avenir des musées dans le monde.

La seconde est que le thème « les musées futurs » constitue également une intéressante manière d’interroger le futur des musées, d’autant que, comme nous le rappellerons dans le deuxième volet à venir de ce post, les musées futurs ne sont pas que des gestes architecturaux futuristes, modernes ou contemporains, loin de là. Mais ce futur ne fut pas débattu. En tout cas nous pouvons espérer que la seconde édition du FIMF annoncée du 26 au 28 janvier 2010, avec le SimeSitem, également au Carrousel du Louvre à Paris, sera l’occasion d’aller plus en profondeur sur un sujet qui est hautement stratégique : « A la recherche des publics » et son sous-titre,  « culture en ville et attrait touristique ». Avec un tel sujet, on ne peut que vouloir en être.

Heureusement, Batiactu a proposé quelques compléments le 18 août dernier, interrogeant Jean-François Grunfeld, le commissaire du Forum. On y apprend que les rencontres ont permis de dégager plusieurs tendances : ces institutions ont un véritable impact sur le développement local que ce soit sur le plan économique que sur l’attraction et la valorisation d’une ville, d’une région… «Mais cela peut dépasser le simple plan territorial puisqu’aujourd’hui les musées visent l’échelle nationale voire internationale», explique Jean-François Grunfeld, commissaire du Forum.

Ce constat se confirme un peu partout dans le monde. Que ce soit le musée du Louvre d’Abou Dhabi, le Guggenheim de Vilnius en Lituanie… Tous veulent se distinguer et tirer leur épingle du jeu. Pour cela, ils n’hésitent pas à faire appel à ceux que l’on surnomme les «Starchitectes» pour imaginer leur enveloppe. «Chacun de ces musées cherchent à s’exprimer et à se démarquer autant, si ce n’est pas plus, par leur architecture que par leurs collections», précise le commissaire du Forum.

Batiactu rappelle que si ce phénomène n’est pas nouveau, il a tendance à s’accélérer ces derniers temps, notamment avec les projets fous du Moyen-Orient.

Toutefois, les clés de la réussite d’un musée restent les mêmes avec, en tête de liste, «une belle collection et la capacité de ses responsables à la faire vivre», tient à rappeler Jean-François Grunfeld. Mais qu’en est-il alors de l’avenir des musées ?

Si la gratuité pour les moins de 26 ans vient d’être annoncée par le gouvernement français, pour Jean-François Grunfeld, cette mesure doit faire partie d’un programme complet.

Concernant l’évolution physique des bâtiments, l’informatique qui a envahi les salles depuis plusieurs années déjà, a transformé le visage des musées. Images, écrans, interactivité font désormais partie intégrante des sites. Autre grand changement : les services au public. Boutiques, restaurants, librairies… se multiplient dans les enceintes culturelles. «Aujourd’hui, l’obsession des musées, c’est de savoir comment augmenter, séduire et garder le public. C’est pourquoi ils doivent être en permanence en capacité de production. On est entré dans ce que l’on appelle l’économie culturelle», conclut Jean-François Grunfeld.

L’entretien s’arrête là et nous laisse vraiment sur notre faim (pour ceux qui connaissent Jean-François Grunfeld, on aurait pu s’attendre à ce qu’il soit plus prolixe).

Batiactu termine son dossier en présentant avec une série de dix musées représentatifs de ces nouvelles tendances, comme suit  :

Louvre_abou-dhabiLouvre Abou Dhabi

L’agence NC Nathalie Crinière a remporté la conception du design du musée du Louvre, qui verra le jour sur une île d’Abou Dhabi en 2012. Dessiné par l’architecte Jean Nouvel, il abritera dans un premier temps des collections prêtées par le Louvre et d’autres musées publics français tels que le Château de Versailles ou le Musée Rodin

Guggenheim_vilniusGuggenheim Vilnius

La fondation Guggenheim a dévoilé le 8 avril 2008 les plans de son septième musée. Il sera édifié sur 13.000 m2 à Vilnius, en Lituanie, d’après les plans de Zaha Hadid.

Yellow_Lost_Dog

The yellow lost dog

The Yellow Lost Dog est une construction en forme de chien signée François Scali, qui abritera le futur musée de la ville Perdue et des cités Englouties de Shanghai.

fondationvuitton

Fondation Vuitton

La Fondation Louis Vuitton, projet présenté le 2 octobre 2006, prendra la forme d’un nuage de verre et s’étendra sur 4.300 mètres carrés. Plus de cinquante maquettes d’études réalisées par l’agence Gehry Partners, pour la première fois rassemblées, racontent la complexité de ce projet. La Fondation mise sur la transparence grâce à des ouvertures sur l’extérieur. Le bâtiment se cale sur l’environnement du bois de Boulogne.

centrepompidoumetz

Centre Pompidou Metz

Architectes : Shigeru Ban Architects associé à Jean de Gastines /Localisation : Metz, France / Désignation : Musée d’art moderne / Maître d’ouvrage : CA2M (Communauté d’agglomération de Metz métropole) / Conception : 2003-2005 / Réalisation : 2006-2008 / Budget : 35,5 millions d’euros

Description : La toiture est un tour de force sculptural. Sa structure est faite de six couches superposées de bois lamellé collé. Elle est ainsi constituée d’une série d’éléments modulaires hexagonaux dont le maillage permet de franchir des portées de 40 mètres et de faire de la toiture un élément autoportant qui repose sur quelques appuis seulement.

L’ensemble de la structure est en train d’être recouvert d’une membrane blanche en fibres de verre et téflon, qui assurera une étanchéité à l’eau.

Kunsthaus Graz

Kunsthaus Graz am Landesmuseum Joanneum

Architecte : Spacelab Cook – Fournier GmbH / Localisation : Graz, Autriche / Désignation : musée d’art contemporain / Maître d’ouvrage: Ville de Graz/Kunsthaus Graz AG / Conception : 2000 / Réalisation : 2002-2003 / Budget : 40 millions d’euros

Description : La Kunsthaus dispose d’une géométrie biomorphique frappante et d’une peau bleue acrylique, établit un contraste délibéré avec le tissu de la ville inscrite au Patrimoine Mondial de l’Unesco.

La nouvelle structure est reliée par deux ponts à la Eiseneshaus, un bâtiment en fonte du 19ème siècle, rénové et transformé pour accueillir la boutique du musée, une médiathèque, l’administration et une galerie photos.

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Musée des Confluences de Lyon

Architecte : Coop Himmelb(l)au / Localisation : Lyon, France / Désignation : Musée de sciences et de sociétés / Maître d’ouvrage : Département du Rhône

Conception : 2001-2002 / Réalisation : 2006-2009 / Budget : 152 millions d’euros

Description : L’idée de lier deux unités architecturales est engendrée par le site de construction, la confluence du Rhône et de la Saône, elle-même lieu de jonction. Zone d’accueil du public, le cristal qui s’élève du côté de la ville a été conçu comme un forum urbain. Sous ses 40 mètres de verrière, il offre à tous un nouveau lieu de rencontres et d’échanges. Le nuage, drapé d’une peau métallique, repose quant à lui sur trois supports de béton appuyés sur le socle. À l’intérieur s’imbriquent les espaces d’expositions, les auditoriums et les locaux administratifs.

the-corcoran

The Corcoran Gallery of Art

Architecte : Franck O. Gehry / Localisation : Washington, Etats-Unis / Désignation : Musée d’art et école d’art / Maître d’ouvrage : The Corcoran Gallery of Art / Conception : 1999-2003 / Réalisation : suspendue / Budget : 170 millions de dollars américains (environ 131,5 millions d’euros)

Description : The Corcoran Gallery of Art est aujourd’hui constitué de bâtiments conçus par Ernest Flagg et Charles Platt, ouverts respectivement en 1897 et 1928. Ces espaces ne pouvant répondre efficacement à l’enrichissement des collections et à l’augmentation du nombre d’étudiants, pour une ultime extension. Un concours international met en avant la création d’une nouvelle entrée qui mène à l’atrium central, point de jonction entre l’ancien et le nouveau bâtiment. Aux galeries de format traditionnel s’ajoutent des espaces plus monumentaux, déployés à l’intérieur des trois volumes spectaculaires qui animent la nouvelle façade. Un second atrium a par ailleurs été construit.

museeyebeam

Eyebeam

Architecte : Diller Scofidio + Renfro / Localisation : New York, Etats-Unis / Désignation : Musée d’art / Maître d’ouvrage : Eyebeam Museum of Art and Technology / Conception : 2001 / Réalisation : suspendue / Budget : 60 millions de dollars américains (environ 46,4 millions d’euros)

Description : La logique spatiale du bâtiment proposé se fonde sur un principe simple : un ruban flexible dessine les niveaux et répartit les différents espaces. Ce ruban ondule d’un côté à l’autre et suit un mouvement ascensionnel au départ de la rue. Le sol devient alors mur, redevient sol puis mur, etc. À chaque changement de direction, le ruban enveloppe alternativement un espace de production ou de présentation. L’union des programmes permet aussi la rencontre des publics, qu’ils soient résidents (étudiants, artistes et services) ou utilisateurs (visiteurs et spectateurs).

A venir, la deuxième partie de ce post.

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Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

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Elections UNESCO / 4

UNESCOParmi nos membres les plus actifs sur les questions relatives à l’Unesco et au scrutin à venir, John Daly a récemment relayé une sélection des déclarations de Farouk Hosni, ministre de la culture Egyptien et candidat au poste de directeur général de l’Unesco. La mobilisation des médias en général mais surtout des médias français est toujours aussi faible à propos de cette élection alors que les tractations vont bon train en coulisses. Toujours rien en France depuis la tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel. Pourtant, les déclarations de Monsieur Hosni font planer une menace que l’on n’aurait jamais pu imaginer au sein d’une organisation aussi importante que l’Unesco et elles hypothèquent sérieusement le rôle majeur de l’institution dans la gouvernance culturelle mondiale.

En tant que ministre de la Culture, Monsieur Hosni n’a cessé d’aller à l’encontre des principes fondateurs de l’Unesco en s’opposant à tout échange culturel avec Israël et en témoignant constamment et brutalement de son hostilité envers un pays qui est pourtant en paix avec l’Egypte depuis 1979. Dans ces conditions, quelles garanties peut-il apporter à la communauté internationale et à l’ensemble des délégations ? Parmi ces déclarations publiques, en anglais dans le texte pour ne pas les dénaturer, en voici donc une sélection :

  • “Normalization? I know quite a bit about you, you have abilities that I hold in high esteem. I follow and am kept abreast. Believe me, I don’t hate Israel and under no circumstances am I an anti-Semite. But cultural normalization? Not now.” 
Q: Why not?  “We have political ties and economic cooperation. In my view, cultural ties are our weapon to pressure Israel into doing more on the Palestinian issue.” (Interview with Smadar Peri, Yediot Ahronot, June 13, 2008)
  • “We cannot dance with them, sing together or watch a piece of theatre when there are bloody attacks every day against the Palestinian people in the West Bank and Gaza Strip.”(Interview with AFP, May 23, 2008)
  • “I would burn Israeli books myself if I found them in Egyptian libraries.” (May 10, 2008)
  • “They steal everything: musical heritage, cinema and even clothes and this is why they have to be treated with the same level of hate…” (Interview to Al-Wasat, London, June 13, 2001)
  • “My attitude towards normalization is known and so is my ministry’s attitude: we oppose all kinds of normalization… The Ministry of Culture is practically the only official body that has a declared attitude against normalization…” (Interview to Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • “How would a normalization of this kind be possible, with such a culture that hates the other and robs its culture?” (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, June 10, 2001)
  • “The Israeli culture is inhuman. It is an aggressive, racist and arrogant culture, based on robbing other people’s rights and the denial of such rights…” (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • “Israel never left any eternal heritage for the civilization, in any period of time…” (From his statement in the opening of the Arab specialists gathering for the protection of antiquities in Arab countries (Qatar News Agency, April 25, 2001).
  • “Israel is known in the international arena as a state that steals everything and attributes it to itself…” (Interview with Ruz al-Yousuf, April 21, 2001)
  • “…They (the Zionists) do not want to commit a cultural invasion, they want to rob our culture and heritage…” (Interview with the Lebanese As-Safir, December 7, 2000)
  • “The Israelis do not stop claiming that they built the pyramids, and this is why we need to stand firmly and respond courageously… even if it leads to a crisis because those pirates are committing a robbery… The Israelis want everything…” 
”…This is the way the Israelis took Palestine… Now they use (this method) regarding the big pyramid. These are continuous projects – people come, steal your history and civilization. This proves that Israel has no history or civilization, since those who have history of their own do not need to rob the history of others …” “…Israel has many political goals… First of all, they steal your civilization and history. Second, they do not have any civilization, i.e. they do not have a country, and do not deserve a country. This is why they create a country by force…” (Interview with Ros al-Yusuf, May 5, 1997, “Israel is Robbing the Pyramids as it Robbed Palestine”)

Comment faire en sorte que la victoire qui lui semble acquise ne soit pas la chronique d’un désastre annoncé ? Quelles sont les enjeux, les alternatives, les mobilisations et les perspectives ? Nous aurons l’occasion de traiter de ces questions mais vous pouvez d’ores et déjà consulter les posts précédents en cliquant ici, ici et ici.

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos analyses, mais signalez-nous également toute information susceptible d’éclairer le sujet.

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BnF : avantage à Google ?

bibliothèque nationale de FranceLe mardi 18 août 2009 pourrait bien marquer un tournant dans la politique patrimoniale française : le quotidien La Tribune affirme en effet que la BnF envisage de s’allier à Google pour la numérisation de son fonds. « Nos négociations avec Google pourraient aboutir d’ici à quelques mois » a déclaré Denis Bruckmann, directeur général adjoint et directeur des collections de la BnF.

Longtemps opposée aux ambitions de Google pour la numérisation de son fonds d’ouvrages, la BnF était montée au front via son président Jean-Noël Jeanneney en 2005. La BnF avait commencé son propre travail de numérisation (livres consultables sur Gallica) et lancement de la Bibliothèque Numérique Européenne (dont elle est la locomotive) semblait suffisant pour apporter une alternative crédible à Google, sur le plan du financement, sur le plan technique et sur le plan juridique, s’efforçant de préserver l’ensemble de la chaine du livre.

Mais la dure réalité économique de la construction de la BNE, projet porté à bout de bras par l’emblématique président de la BnF ayant quitté ses fonctions en avril 2007, vient nous rappeler la grande vulnérabilité du consensus entre les pays européens qui y ont adhéré, au regard des priorités de leurs finances publiques en matière de culture.

En France, la numérisation du patrimoine est pourtant depuis plus de trois ans une des priorités inscrites dans la feuille de route des locataires de la rue de Valois. La Commission européenne soutient de son côté fortement la numérisation depuis 2004, et de façon plurisectorielle, mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas encore réussi à faire d’Europeana une alternative à Google Books, en tout cas au-delà du principe parfaitement fondé et légitime de sa création.

La BnF serait donc sur le point de suivre les traces de la Bibliothèque de Lyon, des 29 bibliothèques parmi les plus grandes du monde et des près de 25 000 éditeurs qui font appel à Google depuis 2004. Cette décision a été « motivée par le coût extrêmement élevé de la numérisation des livres ». La Tribune précise que selon les types de format et la qualité de la numérisation, il faut compter entre 12 et 74 centimes par page et le directeur général adjoint de la BnF complète en prenant l’exemple de la seule numérisation des ouvrages de la IIIe République française qui coûterait entre 50 et 80 millions d’euros alors que la BnF dispose d’un budget annuel de numérisation d’environ 5 millions d’euros.

Le coût de la numérisation est un des arguments économiques qui risque de faire voler en éclats tous les beaux discours de politique culturelle et les odes à la diversité culturelle qui ont été faits au lancement d’Europeana, car si nous avons toujours peiné à nous coordonner politiquement, techniquement, financièrement et légalement, Google avance lui avec un modèle économique à la mécanique parfaitement huilée et qui n’a pas son pareil, toujours plus novateur et globalisant, toujours plus en phase avec les besoins de la très grande masse des utilisateurs à l’échelle planétaire. Il est bien trop tard pour continuer à diaboliser Google ou d’autres.

Tant que les crédits à la numérisation sont aussi faibles par rapport aux besoins, nous ne pourront jamais assumer complètement la conception française de la diversité culturelle via le patrimoine numérique comme viable dans la politique culturelle européenne et c’est cette absence de lucidité qui nous différencie fortement des autres pays, du moins en apparence.

Nous ne semblons pas vouloir renoncer aux ambitions légitimes que ce secteur mérite mais nous buttons systématiquement sur les solutions, alors que celles-ci existent tant que le plan du droit français que tu droit communautaire.

Au regard des différentes formes contractuelles possibles pour numériser, il est évident que l’utilisation de ses technologies ne peut se faire sans une forme d’intéressement pour l’entreprise ou l’établissement (privé ou public d’ailleurs) qui numérise, puisque la contribution financière publique est moins importante que le besoin. Il y a un investissement et un risque à prendre en compte par celui qui numérise, risque qui finit toujours par être répercuté ne l’oublions pas. Ce deuil d’une certaine tradition de l’Etat culturel fait, il serait intéressant de se pencher sur les possibilités de qualifier le service rendu de service public (et d’intérêt général pour l’échelon européen). Ceci aurait l’avantage de ne plus avoir à se situer dans des débats sans fin et de nous mettre en capacité de contractualiser sans vider de sa substance le service rendu à la collectivité.

Ainsi, Google ou tout autre opérateur pourrait se voir confier la mission de numériser (et non accessoirement de valoriser), y apporter des investissements, y trouver une contrepartie, contribuer techniquement et financièrement à la mission de service public dans la durée et dans un cadre de contraintes et d’obligations réciproques qui apportent des garanties de part et d’autre.

Ayant parfaitement compris qu’elle n’aurait pas de soutien public financier supplémentaire, la BnF ne commet aucun anathème en changeant de la sorte sa stratégie, si elle trouve la bonne solution contractuelle lui permettant de numériser son fonds, solution où le service public n’est pas vidé de sa substance. Nous possédons tout l’attirail juridique et les compétences techniques pour renforcer la mission de service public, nous avons trop tendance à l’oublier.

Dans ces conditions, l’objet du problème devient très différent : quelles garanties et quelles capacités le service public culturel peut-il fournir ? Il est en effet vital qu’il ne s’agisse pas d’une pure et simple externalisation de prestation de service.

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Nouvelle dynamique espagnole

Ministerio-CulturaLe Conseil des ministres espagnol a approuvé le 31 juillet dernier un arrêté royal relatif à la création du Réseau des Musées en Espagne, une structure de coordination entre l’État et les musées publics et privés, de coopération entre les autorités publiques dans le domaine des musées et de promotion en vue de l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de tous les musées et les institutions qui y participent. Bien que la Loi sur le patrimoine historique espagnol se réfère au système espagnol des musées, le Réseau des Musées d’Espagne, des différentes administrations publiques et des institutions en charge des musées a pour principal objectif d’organiser la coopération pour améliorer les compétences nationales et internationales d’excellence en soutenant les meilleures pratiques des musées.

Il est important de noter que cet arrêté royal est le fruit d’une proposition conjointe des ministres de la Culture, de la Défense, du deuxième Vice-Ministre et Ministre de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur, des Travaux publics, du Logement et de la Science et l’Innovation. 
A bien regarder la gouvernance de cette nouvelle structure, on rêverait de voir les musées faire l’objet d’une telle cohésion gouvernementale et interprofessionnelle en France.

L’arrêté royal crée en effet le Conseil des musées, organe administratif dédié à ce nouveau réseau, où siègent : les membres représentant les ministères du Tourisme, de l’Industrie, de la Culture, du Commerce et du Tourisme et un représentant de chacun des ministères et organismes de l’Administration générale de l’État auxquels les musées du réseau sont affiliés. La Fédération espagnole des municipalités et des provinces, en association avec des autorités locales ont également désigné un représentant et un autre a été désigné par les organisations rassemblant les personnes handicapées et leurs familles, accessibilité oblige. Un autre représentant désigné par le Secrétariat général de la politique sociale et de la consommation ainsi qu’au moins un représentant des musées ont également été intégrés dans le Conseil des musées.

Globalement, les fonctions du musée qui sont projetées par ce nouveau réseau sont définies par des critères généraux d’excellence, sur la base des lignes directrices émises par le Conseil international des musées (ICOM), ainsi que les déclarations et accords signés par l’Espagne sur les musées.

Pour chaque musée, le Conseil nomme un Comité technique d’évaluation interdisciplinaire, apte à décider de l’incorporation dans au réseau.

L’ensemble du dispositif vise à renforcer l’attractivité des musées espagnols mais aussi et surtout à améliorer leur intégration dans la récente stratégie de développement de l’attractivité du pays. Fascinant et tellement irritant. Fascinant de voir la dynamique collective et politique qui vient d’être démultipliée grâce à ce réseau espagnol. Irritant lorsqu’on songe aux difficultés connues de longue date entre la RMN et la DMF, difficultés exacerbées par la RGPP et dont on craint l’issue. Doublement irritant lorsqu’on songe à l’avantage concurrentiel considérable que les musées français possèdent depuis si longtemps, à la qualité de leur offre, à la richesse de leur patrimoine et de leurs collections, au dévouement, à l’opiniâtreté, l’inventivité et la débrouillardise de leurs équipes.

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Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

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New York : la soutenabilité des musées

MetNous évoquions récemment sur CEG la délicate problématique de la soutenabilité des musées en prenant le cas des musées de l’Ontario, dont la réussite actuelle est le fruit de longues années de gestion rigoureuse. La question de la gouvernance des politiques culturelles comme non déconnectée des autres domaines de la gestion de la vie économique de la ville de Toronto et plus largement de la province, est apparue comme exemplaire et a inspiré ces dernières années plusieurs institutions d’Amérique du Nord.

En revanche, si la résistance de certaines d’entre elles face à la crise financière est le signe de cette bonne gestion qui mérite d’être soulignée, l’ensemble des dernières analyses économiques de la conjoncture (majoritairement américaines, canadiennes,  britanniques et australiennes) voient l’impact de la crise financière toucher de plein fouet le secteur des institutions culturelles (les musées notamment) avec une ampleur qui laisse apparaître au grand jour des mauvaises pratiques de gestion où la spéculation financière a également exercé son pouvoir de fascination.

Qu’il s’agisse de la spécificité du système culturel des Etats-Unis où des politiques culturelles de tradition plus keynésiennes, la crise a mis un temps plus ou moins long pour toucher structurellement les institutions culturelles. L’exemple new-yorkais est riche d’enseignements et démontre que lorsque la culture s’intéresse de trop près au marché (et inversement) il y a de nouveaux risques à prendre en compte et qui peuvent menacer la pérennité des institutions.

Pour comprendre comment certaines institutions très prestigieuses de la ville de New York en sont arrivées là, il convient d’observer le contexte des derniers 12 mois.

Temple de la finance internationale, place forte du marché de l’art et métropole créative par excellence, New York est la ville classée n°1 dans le monde, juste devant Londres et Paris, pour son attractivité économique. Ce classement dévoilé par l’étude réalisée par PWC « Cities Opportunity: Business-Readiness Indicators for the 21st Century », n’est évidemment pas une surprise. C’est dans la manière dont New York a construit sa position dominante que s’explique l’impact catastrophique de la déconvenue qui touche désormais si violemment ses grandes institutions culturelles.

Bulle spéculative après bulle spéculative, tant que le système financier a marché, la richesse générée a notamment permis à New York de ravir le leadership du marché de l’art à Paris au milieu des années 1980. La majorité des acteurs de la ville ayant une mission culturelle en ont bénéficié. Mais depuis que la mécanique s’est grippée à force jouer avec les risques, ce qui apparaît est particulièrement éloquent lorsqu’on observe l’évolution et l’état des dotations culturelles de l’année 2008. La manière dont elles ont été gérées traduit la domination de la dimension financière dans l’économie des institutions culturelles.

Compte tenu du fait que l’objectif d’investissement fait à partir des dotations culturelles est de préserver le capital, on doit s’interroger sur les solutions existantes pour faire face à des baisses de 35%, en marge des actions irresponsables de certains investisseurs stigmatisés depuis l’affaire Bernard Madoff.

Une partie de la cause et de la réponse se trouve peut-être du côté des gestionnaires de portefeuilles contenant les fonds dits non marchands, comme Communfund qui a débuté son activité grâce à un premier fonds provenant de la Fondation Ford en 1969 et qui s’occupe aujourd’hui de centaines d’institutions non marchandes, avec 40 milliards de dollars d’encours à son compteur pour l’année 2007.

Le grand changement de ces dernières années se trouve dans le fait que les fonds des institutions gérés par Communfund ont été « encouragés » à chercher le retour sur investissement complet, avec leur capital et leurs dotations, au lieu de préserver leur capital et les revenus issus de ses dividendes par exemple.

Les spécialistes de chez Communfund expliquent en effet que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les principes du management de l’investissement provenant du non marchand étaient par définition non spéculatifs. Traditionnellement pétris de prudence, ces principes ont progressivement mais sûrement évolué : de stratégies d’évitement systématique des investissements à risque, nous sommes passés à des stratégies qui visent à contrebalancer un risque en le diluant dans d’autres de sorte que les effets s’annulent dans la globalité. A partir de ce moment-là, pour retirer les bénéfices issus d’investissements à long terme, il convenait de faire des investissements qui comportent un niveau de risque plus élevé.

C’est ainsi que les fonds issus de l’allocation des dotations de certaines grandes institutions culturelles new-yorkaises ont été déplacés vers des produits à plus forte volatilité, des titres étrangers, des placements dits « alternatifs » et même vers des produits appelés « toxiques » depuis la crise du crédit aux Etats-Unis.

Pendant la période dorée de cette finance dérégulée, ces stratégies se sont avérées extrêmement payantes et ont permis d’importantes augmentations de budgets pour les institutions culturelles, favorisant ainsi leur logique de développement et d’expansion.

Mais depuis l’apparition de la crise financière et économique, ces institutions sont touchées de plein fouet et font la preuve de leur grande vulnérabilité.

De la gestion historique prudentielle aux prises de risques de ces dernières années, on commence à comprendre que de très mauvaises habitudes ont été prises au fil du temps et les dégâts sont particulièrement visibles à New York.

Les analystes savaient depuis plusieurs mois que les fondations, les œuvres caritatives et les dotations des institutions culturelles de la ville allaient perdre de l’argent mais on découvre (ou on fait mine de découvrir) que les pertes atteignent entre 25 et 40%. Dans certains cas, on commence à comprendre que 85% de l’argent investi par ces acteurs s’est fait sur des placements qui ne correspondent à rien d’autre qu’un pari risqué.

Dans les toutes premières semaines de l’année 2009, les structures culturelles et artistiques ont commencé à annoncer les pertes de leurs dotations et les mesures qu’elles entendaient prendre pour tenter de maintenir l’équilibre budgétaire. Les rapports et les compte-rendu qui sont sortis les uns après les autres, semaine après semaine, ont permis de réaliser que l’équilibre du secteur des institutions culturelles était non seulement rompu mais que leur soutenabilité était en train de voler en éclats.

En février, l’annonce a été faite par James R. Houghton (président du conseil d’administration du Metropolitan Museum). Elle fut pour le moins renversante : une perte de 700 millions de dollars sur les 8 mois qui précédaient, une baisse de 25% de la dotation la ramenant sa valeur à 2,1 milliards de dollars. Compte tenu du fait que l’investissement représente 30% des sources abondant le budget de fonctionnement du musée, cette annonce a sérieusement amplifié les inquiétudes, d’autant  que la ville de New York a réduit sa participation de 1,7 millions et a informé le musée qu’une nouvelle baisse de 2,4 millions interviendrait sur la prochaine année fiscale.

Le musée a pris des mesures sans précédent pour essayer de maintenir la tête hors de l’eau en effectuant des coupes franches dans les postes de dépense, notamment en gelant sa politique de recrutement, en supprimant les emplois temporaires et les vacations et en limitant drastiquement les frais de déplacements.

En mars, les pertes estimées ont à nouveau augmenté de 100 millions et un plan de réduction de la masse salariale de 10% a été annoncé pour juillet, soit 250 emplois, ce qui correspond au premier plan de licenciement depuis la crise fiscale du début des années 1970.

En juin, les pertes avaient continué d’augmenter pour atteindre un tiers de la valeur de la dotation du musée. Une politique de rigueur a donc été instaurée pour les deux années fiscales à venir et son porte parole Harold Holzer a indiqué que même si la progression des pertes s’interrompait, la situation continuerait de s’aggraver sur 2011 du fait de la structuration pluriannuelle de la répartition des revenus (sur 20 trimestres).

Brooklyn museumCes mauvaises nouvelles ne concernent pas que le Met. Le 21 avril dernier, le directeur du Musée de Brooklyn a dévoilé une situation proportionnellement encore  plus dégradée : la dotation du musée a perdu 35% pour n’atteindre que péniblement les 65 millions. Depuis la fin de l’année fiscale 2008 du musée, la ville de New York a réduit son apport de 32%, ce qui constitue une perte de 2,31 millions. Les adhésions et les abonnements ont chuté de 20% dans les premiers mois de l’année 2009, ce qui constitue une décrue sans précédent. Les revenus annuels des deux plus importantes levées de fonds ont diminué de 35% début 2009. Les recettes des boutiques et du parking du musée se sont littéralement effondrées.

Pour tenter d’enrayer cette situation, les administrateurs du musée ont accepté de maintenir voire d’augmenter leur niveau de contribution financière. Mais cela ne se ferait pas à n’importe quel prix. Pendant ce temps-là, le musée a en effet gelé les embauches, réduit les déplacements des équipes, augmenté le tarif d’entrée adulte de 2$, donné une semaine de congés non payés pour les salariés cet été, des réductions de salaires ont été demandées et des mesures d’accompagnement au départ ont été proposées, une importante exposition prévue à l’automne a été annulée et le musée fermera en septembre une de ses trois galeries d’expositions temporaires.

Ces mesures prises par le Brooklyn Museum visent à limiter les dégâts mais par leur teneur on prend conscience du niveau de dégradation de la situation.

La vision du directeur du musée est d’autant plus au fait des challenges à venir qu’il est aussi président du Groupe des Institutions Culturelles, un comité qui rassemble 34 musées et lieux de consommation culturelle de New York (dont le Met, l’Académie de Musique de Brooklyn et le Musée Américain d’Histoire Naturelle). Tous les membres de ce comité sont situés sur des terrains détenus par la ville et reçoivent des fonds en échange de leur action et de leurs services culturels, d’où l’inquiétude des membres face à l’importance et la fréquence des baisses de financement de la ville.

Alors que de nombreuses organisations et institutions autrefois considérées comme des piliers de l’offre culturelle et des modèles de stabilité sont désormais dans un état de fragilité extrême, celles qui étaient déjà en difficulté lorsque la crise financière survint (parmi celles-ci, l’opéra de la ville, du Metropolitan opéra, du zoo du Bonx et la NAMSFA) pourraient bien devenir des souvenirs et des espoirs du passé.

Ce type de gestion est peu visible depuis la France. Notre regard demeure hélas trop ethno centré et ce notamment du fait de l’excellence historique de notre politique d’offre. La part du financement public dans notre système est proportionnellement nettement supérieure à celle que les Etats-Unis connaissent et de nombreux sociologues américains nous envient notre niveau de dépense culturelle publique par habitant.

Mais ne serait-il pas plus prudent d’observer plus en profondeur la situation new-yorkaise pour prévenir certains modes de gestion à l’heure où le partenariat public-privé s’installe comme la nouvelle norme dans nos politiques publiques ?

Il nous paraît vital et primordial de savoir de quelles règles de transparence nous disposons pour engager l’avenir de nos institutions culturelles à travers les réformes en cours et pour pouvoir en maîtriser les risques. Car si le discours ambiant prône plus de régulation, la tendance lourde engagée un peu partout est un réformisme purement adaptatif par rapport à l’évolution du système social et économique mondialisé.

Ces règles de transparence doivent désormais s’inscrire au même titre que les règles de performance dans la gouvernance des institutions et des politiques culturelles.

Ceci est d’autant plus urgent pour trois raisons :

  • l’Etat a engagé, notamment via la RGPP, une réforme qui à court terme fragilise le système et l’écosystème culturel tout en y préparant une partie à la compétitivité qui sera nécessaire pour les défis de demain ;
  • les collectivités territoriales et locales, dont la part dans le financement de la culture est considérable, ont un niveau d’endettement en forte augmentation alors qu’il était extrêmement faible en 2007 et nous avons déjà évoqué la « toxicité » et donc la grande sensibilité aux aléas de certains produits contractés ;
  • les indicateurs culturels ont commencé à se dérégler : la fréquentation touristique stagne, pour ne pas dire qu’elle baisse, les chiffres de fréquentation des manifestations et des équipements culturels sont pour le moins disparates et fluctuants, la consommation dans les industries culturelles baisse et de manière très préoccupante dans certains secteurs.

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La chaîne humaine balte de 1989

Chaîne humaine balteLa chaîne humaine balte de 1989 rejoint le registre Mémoire du monde de l’Unesco : le 23 août 1989, près de deux millions d’Estoniens, de Lettons, de Lituaniens se tenant par la main ont formé une impressionnante chaîne humaine de 600 km de long, traversant les trois pays baltes , pour “commémorer” à leur manière le 50ème anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Cette chaîne humaine était leur façon d’exprimer la condamnation de ce pacte, et leur immense espoir en l’avenir, l’ espoir de retrouver leur indépendance et leur liberté . Le quotidien Latvijas Avize note avec satisfaction que la chaîne humaine balte est désormais inscrite au registre Mémoire du monde de l’Unesco : “L’Unesco reconnaît ainsi que cet évènement constitue un excellent exemple de résistance pacifique incarnant les idéaux de liberté et d’unité. Mais autrefois, il y a vingt ans, les cercles du pouvoir occidental craignaient que cela ne nuise à Mikhaïl Gorbatchev et à sa pérestroïka. Le mur de Berlin n’était pas encore tombé et il y avait encore beaucoup de préjugés. Pour nous, la reconnaissance de cette chaîne humaine signifie toutefois l’obligation de partager cet héritage d’autrefois avec d’autres. C’est important, notamment cette année où tant d’autres jubilés et anniversaires sont fêtés en Europe.”

Source : BpB

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Pakistan, 3ha de plus pour la culture

PakistanL’autorité pour le développement de la capitale d’Islamabad vient d’attribuer près de 3 hectares de terrain dans la zone de Shakarparian pour construire le futur Centre National des Arts et de la Culture visant à promouvoir les activités culturelles et la création artistique du pays.

Il s’agit d’ouvrir un lieu qui répondra à tous les standards les plus modernes pour accueillir les activités artistiques et culturelles contemporaines du nouveau siècle. Ce CNAC est un projet ambitieux qui est parti du principe que la plupart des pays du monde ont au moins un lieu dédié à la promotion de leur création contemporaine nationale. Les autorités ont choisi d’investir dans la création d’une institution qui puisse contribuer de manière significative au niveau international et y faire jeu égal avec les grands sites culturels d’Occident, d’Orient et d’Extrême Orient.

Pour créer les conditions d’un vrai pôle de développement culturel d’envergure, le choix d’implantation de ce nouveau lieu ne s’est pas fait au hasard puisqu’il se trouve qu’il est le trait d’union entre les deux villes jumelles d’Islamabad et Rawalpindi. A proximité du site se trouvent déjà de nombreuses attractions culturelles dont le muséum national d’histoire naturelle, des monuments nationaux, un gigantesque parc, un lac, un complexe sportif.

Une rapide exploration sur google earth est très éloquente sur le potentiel du site choisi mais aussi de l’ampleur du travail qu’il reste à accomplir, d’autant qu’aucun budget n’a été annoncé pour le moment. Tout reste à faire mais il faut voir dans cette annonce un signe fort : celui d’une prise de conscience de la nécessité de promouvoir la création et la culture contemporaines d’un pays qui a du mal à se situer entre tradition et modernité, où l’art est tantôt officialisé, tantôt marginalisé. La situation des artistes Pakistanais sur le marché international de l’art aura sûrement fini par convaincre les autorités d’aller de l’avant mais l’expression du sentiment national étant très différente de nos sociétés occidentales, la propagande se tient sûrement en embuscade. Les prochaines étapes du projet de CNAC seront sur ce point décisives.

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La gratuité étendue

gratuitéLe 31 juillet 2009, Frédéric Mitterrand a annoncé l’extension de la gratuité des musées et des monuments nationaux à tous les jeunes qui résident dans l’Union Européenne, quelle que soit leur nationalité.

Extension de la gratuité des musées. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a demandé à l’ensemble des musées et monuments nationaux, d’étendre la gratuité à tous les jeunes, quelle que soit leur nationalité, dès lors qu’ils sont résidents de longue durée dans les pays de l’Union européenne. Cette décision bénéficie, notamment, aux jeunes originaires de pays non européens qui suivent leurs études dans les pays de l’Union. Depuis le 4 avril 2009, l’accès aux collections permanentes des musées et aux monuments nationaux est gratuit pour les jeunes âgés de moins de 26 ans ressortissants de l’un des 27 pays de l’Union européenne. On constate que la fréquentation des lieux concernés par les jeunes de 18 à 25 ans a augmenté de 15% en moyenne.
Fréquentation exemplaire. Les musées français sont les musées les plus fréquentés du monde. En 2008, ils ont reçus environ 52 millions de visiteurs. Les musées nationaux relevant du ministère de la Culture et de la Communication ont accueilli l’année dernière plus de 26 millions de visiteurs dont 30% ont bénéficié de mesures de gratuité.
Accès gratuit. Depuis le 4 avril 2009, les musées ouvrent leurs portes gratuitement aux jeunes de moins de 26 ans, faisant ainsi suite à une mesure annoncée par le Président de la République en janvier, et portée par le ministère de la Culture et de la Communication. Durant les six premiers mois de 2008, cette étape importante pour la démocratisation de notre vie culturelle avait connu une première expérimentation qui a révélé le succès de la gratuité auprès des jeunes de 18 à 25 ans. Cette mesure concerne aussi les enseignants du premier et de second degré de l’Education nationale.
Compensation pour les musées. Cette mesure de gratuité sera intégralement compensée selon un principe de stricte neutralité budgétaire. Tout en facilitant l’accès aux collections permanentes, la gratuité n’aura donc pas d’impact sur la capacité d’action des établissements. Pour 2009, la compensation sera versée dans le courant de l’année à chaque musée et monument par son ministère de tutelle. Elle sera inscrite en mesure nouvelle dans le projet de loi de finances pour l’année 2010 pour être pérennisée. La gratuité pour les enseignants en activité dans un établissement du premier et du second degré de l’éducation nationale et de l’enseignement privé sous contrat sera prise en charge par le ministère de l’éducation nationale.

Source : Ministère de la Culture et de la Communication

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