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L’interdiction de la corrida symbolise le séparatisme

Le Parlement régional catalan doit se prononcer vendredi sur la nécessité d’instaurer une loi visant à interdire la corrida dans la région autonome espagnole. Si les associations de protection des animaux sont à l’origine de ce projet de loi, les arguments séparatistes et la haine de l’Etat espagnol se mêlent aussi au débat, estime le quotidien conservateur La Razón : “Le Parlement catalan est à la veille d’un vote à la portée sociale et politique explosive. … En Catalogne, il faut compter avec la composante des régionalistes. Ceux-ci stigmatisent les taureaux. Ils les considèrent comme les symboles d’une coutume de la nation espagnole, étrangère à l’essence catalane et par conséquent détestable. Cette combinaison d’ingrédients idéologiques, sentimentaux et politiques, agrémentés d’opinions contradictoires au sein même des partis, font du débat de demain un cocktail détonnant.”

Source : BpB.

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Avatar, le film le plus cher génère de la croissance

Le nouveau film Avatar du réalisateur James Cameron est le film le plus cher de tous les temps, avec des coûts de production de près de 350 millions d’euros. Le quotidien La Tribune souligne la façon dont l’innovation peut booster la croissance : “À Hollywood, que l’on disait en crise, cette certitude est ancrée dans les gènes. Et au moment où certains films bouclent difficilement leurs budgets, où les studios semblent hésiter sur leur stratégie face à Internet, sort sur nos écrans le film le plus cher de l’histoire. Un comble ! Non, de l’opportunisme et de la réactivité d’acteurs économiques, dont le seul objectif est d’attirer un maximum de clients (oh ! pardon, de spectateurs). … Surtout, ‘Avatar’ s’avère être un formidable accélérateur pour la diffusion du cinéma en relief. Les films 3D qui se multiplient depuis dix-huit mois n’ont été jusqu’ici vus en relief que par une petite minorité. Cette fois, plus d’une salle sur deux où le film est à l’affiche en France s’est équipée pour projeter en 3D.”

Source : BpB.

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Les collectivités territoriales face aux grands enjeux culturels / 2

Seconde partie du texte inédit de Jean-Michel Lucas, qui prend la forme d’un manifeste et ne manquera pas de susciter l’envie de débattre, à l’heure où la question de l’identité nationale impose non sans une certaine violence une pensée simplificatrice pour le moins risquée et donne l’impression désagréable qu’on est en train de jouer avec le feu.

II -  Enjeux culturels sur les territoires pour  reconstruire la politique culturelle

Face à l’affadissement gestionnaire du modèle culturel, il faut revenir aux enjeux  universels et ouvrir des chantiers pour progresser dans cette voie.

A – La  culture comme  enjeu politique universel.

Je  voudrais simplement souligner qu’au niveau international la question culturelle est  éminemment politique car elle se coltine avec les différences de “représentations du monde”  dont on sait qu’elles contribuent à aviver les tensions et les conflits entre  groupes humains. L’enjeu premier de la politique culturelle est alors de transformer ces “différences culturelles” qui séparent irrémédiablement les êtres humains en “diversité culturelle” qui postule que chacun  apporte, à sa façon,  sa part, modeste ou grandiose, à la construction de l’Humanité. “Repenser nos catégories culturelles et reconnaître les sources multiples de nos identités nous aide à oublier nos « différences » pour privilégier notre capacité commune à évoluer par interaction mutuelle.” [1]

1 – Tel pourrait être l’enjeu d’avenir pour reconstruire la politique culturelle. Cette approche devrait être largement partagée puisque notre pays, toute force politique confondue, a applaudi à la signature depuis 2001 des accords internationaux sur  la diversité culturelle préparés par l’Unesco. La politique culturelle aurait dû ainsi remiser le vieux logiciel de la “démocratisation de la culture” pour le remplacer par le principe du “pluralisme culturel” fondé sur la reconnaissance des “droits culturels” des personnes [2].

Je tiens particulièrement à rappeler que les “droits culturels” s”appuient sur le principe universel de la  Déclaration  des droits de l’homme de 1948 dans son  article premier portant reconnaissance de l’égale dignité des êtres humains :  « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » A ce titre, nous dit la « Déclaration de Fribourg » sur les « droits culturels »: « Toute personne, aussi bien seule qu’en commun, a le droit  de choisir et de voir respecter son identité culturelle dans la diversité de ses modes d’expression ».

On retrouve cette perspective politique, dans le texte de l’agenda 21 de la culture qui, au  fond, plaide pour que le développement durable soit mis au service du respect des dignités culturelles des personnes et du Vivre ensemble.

2 – Pourtant cette universalité-là a déclenché une multitude de résistances. Beaucoup de commentateurs en France ont exprimé leurs réticences : pour eux, il s’agit d’un glissement vers une  définition anthropologique de la culture qui conduit au  relativisme culturel, lequel nourrit son enfant terrible : le communautarisme ! Le terme « identité culturelle  » fait naître  spontanément,  et sans égard pour la riche réflexion des théories de la reconnaissance, la crainte de la ruine de la “République”  !  Mais il n’est pas bon d’en rester à ces caricatures de la diversité culturelle et pour éviter les faux débats, je souhaite  préciser les conséquences du principe de la reconnaissance des droits culturels de la personne :

*) Première conséquence évidente : avec les droits culturels, la première responsabilité de la politique de la culture est de garantir le respect  de la dignité culturelle de la personne. De garantir, par conséquent, à chaque identité culturelle le respect du sens et de la valeur qu’elle donne à sa vie.  La politique culturelle ne peut plus se contenter d’être une machine  publique à produire des “des biens et services”  culturels. Elle ne doit pas rester enfermée dans une approche réduite à un secteur d’activité, d’une offre de marchandises, même de qualité, sur le marché public des loisirs. Elle doit résister à toute forme de réification de ses enjeux.

*) La seconde responsabilité est encore plus redoutable : si la politique culturelle respecte la personne dans sa dignité culturelle, en contrepartie, il est impératif que la personne ne porte pas elle-même atteinte aux autres dignités culturelles c’est-à-dire aux autres identités culturelles. C’est la condition  première pour l’avenir de l’Humanité : la « liberté des cultures »  ne peut  pas servir à justifier l’hostilité, le « mépris », l’« invisibilité », dirait Axel Honneth [3] des cultures des autres.

Voilà donc une politique de la diversité  culturelle dont la responsabilité fondamentale sera d’organiser la confrontation du sens et des valeurs des cultures des différents groupes de la Cité pour s’assurer que les identités culturelles ne soient pas génératrices de manifestations de haine, de mépris, d’irrespect pour les autres identités des personnes.

Or, il  faut bien admettre que peu de décideurs politiques français font référence aux “droits culturels” en ces temps de débat sur “l’identité nationale” . Il  reste donc entièrement à “les convaincre qu’il faut investir dans la diversité culturelle comme dimension essentielle du dialogue interculturel, parce qu’elle peut renouveler nos approches du développement durable, qu’elle est une garantie de l’exercice effectif des libertés et des droits de l’homme universellement reconnus, et qu’elle peut contribuer à  renforcer la cohésion sociale et la gouvernance démocratique.”[4] , comme vient de le répéter le “Second rapport mondial sur la diversité culturelle”.

Toutefois, dans le contexte français si sensible sur les questions d’identité culturelle, il ne me paraît guère opportun de placer le débat au niveau des principes d’universalité des droits culturels.  Pour envisager la  reconstruction de la politique culturelle, je préfère suggérer la réalisation au niveau des collectivités de quatre chantiers de “bonnes pratiques ” dont l’évaluation pourrait nourrir de plus saines discussions.

B – Quatre chantiers pour la  culture en débats

Les quatre chantiers concernent les étapes clés de la reconstruction de la politique culturelle : l’écoute des cultures, l’expérimentation artistique, les interactions et interconnexions des identités dans l’espace public, l’économie créative solidaire. Les “bonnes pratiques” que l’on observe déjà ici ou là sur le terrain permettent de mieux situer les grands enjeux culturels pour les territoires.

1 – Le chantier de l’écoute culturelle

Contrairement à la démocratisation de la culture, il s’agit ici d’être attentif à la culture de ceux qui ne croisent jamais la politique culturelle publique. A chaque niveau de l’espace public – dans la rue comme dans les institutions et les associations ouvertes sur la cité – il s’agit de “prendre soin” des dignités culturelles pour qu’elles trouvent leur place dans la vie collective. La politique culturelle au niveau territorial devrait alors encourager la mise en place progressive de dispositifs d’écoute des personnes, leur laissant le temps de formuler leurs “différences” culturelles  pour en faire des “diversités”.

De tels propos paraîtront étranges à ceux qui connaissent bien les institutions culturelles de notre pays, identifiées par leur dimension disciplinaire. Pourtant, la perspective de “prendre soin” des personnes est très concrète pour des musées aussi importants que ceux de Newcastle qui sont fréquentés par 1,5 million de personnes. Comment le directeur du musée présente -t-il  son activité ? Il  ne dit pas comme un directeur de musée en France : « mon musée possède une collection composée d’ « oeuvres » de grande valeur universelle ; chers publics, populations, touristes, venez voir nos expositions et venez rencontrer nos médiateurs qui vont vous montrer le bon chemin de la culture.»  Les musées de Newcastle se présentent autrement en disant  : «notre mission est de  permettre aux personnes et aux groupes de pouvoir mieux déterminer leur place dans le monde. Venez travailler avec vous, pour dire aux autres ce que vous avez à leur dire car nos compétences sont au service de la construction de votre identité culturelle. Nous ferons ensemble un parcours qui vous permettra d’être dans l’espace public acteurs de votre identité, d’être ainsi mieux reconnus par les autres et de mieux les respecter. » En anglais, ces musées se présentent ainsi à la société civile : “Most importantly, it is an organisation, literally, with a mission : To help people determine their place in the World and define their identities, so enhancing their self-respect and their respect for others.”

Cette conception de l’intervention culturelle publique ne se pense plus ni en terme de « consommateurs » apportant une contrepartie monétaire pour accéder à l’offre artistique,  ni en terme de  « public », « d’usager »  ou d’habitants,  bénéficiant à coût réduit du service des expositions du musée. Avec la figure de la dignité culturelle, l’enjeu public instaure entre les deux parties (le musée et le groupe de personnes) un engagement solide de réciprocité, qui prend concrètement la forme d’un document d’évaluation préalable où chacun décrit ses espoirs, objectifs et ressources apportés au projet co-construit ensemble ; un document qui vaut protocole d’accord d’éthique culturelle entre l’institution et les personnes.

Cet exemple illustre une “bonne pratique” de politique interculturelle :  l’enjeu du travail avec les professionnels est de contribuer à forger une culture commune à partir d’identités culturelles différentes. En pratique, l’équipe du musée travaille durant plusieurs mois avec des groupes de personnes  désireuses de dire aux autres ce qu’elles sont et, entre expositions, vidéos, soirées, débats, ces bonnes pratiques construisent la confrontation culturelle, avec la qualité technique apportée par l’équipe du musée et la volonté de reconnaissance apportée par le  groupe.[5] La culture  commune s’élabore à partir de cette  confrontation maîtrisée avec les autres identités culturelles.

Cette politique culturelle fait le pari que la reconnaissance des personnes réduit les  risques d’enfermement dans un culture communautaire particulière. Son credo est que les différences culturelles ne doivent pas demeurer masquées, confinées dans la vie privée et éloignées de la vie publique, (surtout quand elles prennent une dimension religieuse).  « Il est plus sain d’afficher ses différences et d’apprivoiser celles de l’Autre que de les occulter ou de les marginaliser, ce qui peut entraîner une fragmentation propice à la formation de stéréotypes et des fondamentalismes » [6]

Je conclus en faisant observer que nombre d’acteurs en France sont attentifs aux “populations” (plus qu’aux personnes ) et à leurs caractéristiques culturelles mais, le plus souvent, ces acteurs sont consignés dans le registre du “socio culturel”. Leur travail ne se lit pas à l’aune de l’universalité des droits culturels. C’est alors, à mon sens, de la responsabilité du politique que de leur redonner ce sens et cette visibilité collective dans la construction de la culture commune, à l’égal de l’exemple de Newcastle.

2 – Le chantier de  l’expérimentation artistique

Avec les droits culturels des personnes, l’action publique doit combattre toutes les formes de stéréotypes qui nourrissent les  « replis identitaires». La politique culturelle doit donc veiller à ce que l’espace public bruisse de nouveaux signes qui déplacent les significations, provoquent du débat, attisent des  aspirations inédites,  captent les identités culturelles et les amènent à se recomposer. Plutôt que de s’entêter à parler de soutien “à la création artistique” (qui se termine en production d’un produit culturel à destination de quelques réseaux de  clientèles particulières), la politique culturelle ferait mieux  d’encourager les “expérimentations artistiques” comme pratiques de liberté  qui nourrissent l’espace public de “nouveaux repères sensibles” dynamisant  les possibilités d’interactions entre les identités.

La politique culturelle de la diversité doit impérativement faire place aux “stratégies d’artistes qui se proposent de changer les repères de ce qui est visible et énonçable, de faire voir ce qui n’était pas vu, de faire voir autrement ce qui était trop aisément vu, de mettre en rapport  ce qui ne l’était pas dans le but de produire des ruptures dans le tissu sensible des perceptions et dans la dynamique des affects”, pour reprendre la  belle définition du travail de dissensus de l’artiste,  formulée par Jacques Rancière.  [7]

Dans un langage plus diplomatique fait pour ménager les compromis, le  “Second rapport  mondial sur la diversité culturelle” de l’Unesco donne aussi à ce chantier une importance primordiale :  “la diversité culturelle ne peut être préservée que si ses racines sont nourries en permanence par des réponses créatives apportées à un environnement en évolution rapide. En ce sens, la création artistique et toutes les formes d’innovation touchant à l’ensemble des activités humaines peuvent apparaître comme des sources d’imagination essentielles pour l’essor de la diversité culturelle. La créativité revêt ainsi une importance capitale pour la diversité culturelle, qui elle-même la favorise en retour.” [8]

C’est sans doute le chantier plus difficile à concrétiser actuellement car il prend  à revers les structures artistiques reconnues par la politique culturelle. Les élus le savent bien, l’acceptent souvent, le souhaitent plus rarement : ce qui fait culture de référence,  ce sont uniquement les oeuvres (toujours de qualité) choisies par les directeurs artistiques de ces structures.  Aucune discussion ne peut être légitime car elle mettrait en cause le principe de leur liberté de sélection des “oeuvres”. Alors qu’avec l’approche de l’expérimentation artistique, les équipes font leurs choix artistiques librement mais s’engagent au débat , à la confrontation avec les autres cultures. C’est cet engagement de faire société qui donne son sens politique d’intérêt général à l’expérimentation artistique et qui rappelle les grands moments des pionniers de la décentralisation théâtrale.

De ce point de vue, sans doute, faudrait-il que les élus soient plus attentifs localement aux équipes issues de ce que l’on appelle souvent à tort,   les “friches artistiques” et qui développent de telles “bonnes pratiques” d’expérimentation artistique, à l’exemple du réseau “Autre(s) parts”.

3 – Le chantier de la mise en oeuvre des interactions et interconnexions culturelles.

Les chantiers précédents de l’écoute culturelle et de l’expérimentation artistique n’ont de sens que s’ils débouchent sur des possibilités de se connecter à d’autres identités culturelles dans la cité,  élargie à tous les réseaux réels ou numériques auxquels elle est reliée. La “richesse” de cette politique culturelle naîtra des interactions qu’elle favorise.

Je reprendrais ici les propos éclairants de Patrice Meyer Bisch pour qui la “richesse culturelle” se comprend comme “une interaction entre les hommes, les communautés, les choses et leurs milieux, inscrivant et accumulant des  acquis, une multitude de connexions entre objets et  sujets. Ces connexions constituent au sens propre un capital culturel : un instrument de production et de création”. Alors qu’à l’inverse, “la pauvreté culturelle se reconnaît à la rareté des connexions avec leurs conséquences, les exclusions, les cloisonnements et l’incapacité de tisser des liens et donc de créer”.

Le travail des professionnels de l’art et de la culture consiste alors à favoriser les parcours des personnes dans ces réseaux de connexions culturelles.  Parcours qui ouvrent des opportunités pour construire sa personnalité,  être en interactions avec les autres, sans être réduit à l’état de spectateur anonyme d’une offre culturelle formatée. En quelque sorte, tracer un chemin vers l’émancipation, qui conduit au “brouillage de la frontière entre ceux qui agissent et ceux qui regardent, entre individus et membres du collectifs.” [9] pour reprendre les mots de Jacques Rancière.

On peut avoir des doutes sur l’avenir  d’une tel chantier d’interconnexions dont la dimension politique vise la construction du Vivre ensemble. On connaît tous le poids des découpages traditionnellement en vigueur dans la politique culturelle, soit par discipline artistique (arts plastiques, musiques,  théâtre, patrimoine bâti, etc..) ou par fonction (création, diffusion, formation, sensibilisation,   et..). On sait aussi que l’appel à la “transversalité” est souvent un leurre où chaque institution conserve son “quant à soi” et impose ses considérations techniques et disciplinaires aux instances politiques. Pour reconstruire la politique culturelle,  il conviendra donc de s’extraire de cette longue tradition française, ce qui ne pourra guère  se décréter.

Mais, si  l’on en juge par le chantier lancé à Quimper des évolutions sont certainement envisageables rapidement sur le terrain.

Concrètement la ville a souhaité s’investir dans un projet  culturel innovant sur l’espace urbain  “Max Jacob”,  composé d’un jardin des débuts du 20ème siècle entouré par un théâtre à l’italienne, un Gymnase et trois pavillons. Pour engager le projet, la ville a tenu à associer une dizaine de structures  culturelles très différentes en terme de champ artistique et culturel (théâtre, langue bretonne, musiques savantes, musiques bretonnes, musiques actuelles, art contemporain), en terme de fonction (formation,  animation, diffusion, création ), en terme de statuts juridiques ( associations, services municipaux, structures indépendantes, structures labelisées par le ministère de la culture…). Après la période de réflexion collective, la finalité du projet a été précisée en terme d’enjeux politiques partagés par tous les acteurs : ainsi, “le pôle Max jacob répond à la nécessité de concevoir les politiques publiques de la culture dans le cadre d’une démarche d’agenda 21 qui met au cœur des processus la participation des personnes et  les interactions entre les  cultures  comme sources d’émancipation et de développement du Vivre ensemble.”

L’innovation est triple :

i) l’enjeu politique n’est plus “la vraie culture  pour tous”, (et son catalogue  d’offres culturelles vendues dans l’année),  mais les interactions culturelles entre les personnes qui construisent le Vivre ensemble dans la ville.

ii) Les structures demeurent totalement libres de leurs choix artistiques et culturels et si elles participent au projet c’est qu’elles partagent toutes la même éthique au delà des différences de leurs disciplines et de leurs fonctions. Sur la base de cette finalité éthique commune,  elles coconstruisent la dynamique du projet de politique culturelle du Max Jacob. Un  protocole d’accord éthique a ainsi été élaboré ; il sert de référence pour apprécier si les actions répondent bien aux finalités collectives énoncées.[10]

iii) Le protocole affirme aussi que les acteurs signataires ont leur part de responsabilité à prendre dans la gouvernance du projet collectif . La  gouvernance est donc partagée au sens où les structures s’engagent à participer aux discussions sur la répartition des ressources et la sélection des projets répondant aux finalités du protocole d’accord éthique.[11]

Dans cette cohérence participative, la politique culturelle a vraiment une dimension “politique” pour la vie de la cité : plus que sur le potentiel de la vente du catalogue de spectacles et d’expositions qu’elle finance, son enjeu territorial est de construire une dynamique d’interconnexions culturelles entre les personnes.

Il y a dans ces modalités de travail entre une collectivité et des acteurs culturels des signes manifestes de changements qui méritent d’être observées pour nourrir le jour venu le débat politique sur le sens et la valeur de la politique de  la culture. En tout cas, on peut certainement fonder de solides espoirs sur la démarche engagée car elle se montre cohérente avec l’approche globale du développement durable du territoire dans le cadre de l’approche de l’agenda 21 et de son volet culturel. [12]

Chantier 4 : le  chantier de l’économie solidaire des projets culturels.

Je  voudrais aussi appeler l’attention sur la logique économique de ces projets qui relèvent  de l’écoute culturelle, de l’expérimentation artistique, de l’interaction entre les identités.  Dans ces projets, ce n’est plus l’offre de produits  culturels à consommer qui justifie la politique culturelle, c’est l’engagement des personnes dans une éthique commune du Vivre ensemble. Ici, les acteurs vendent moins des spectacles qu’ils ne cherchent à faire partager leur passion pour leur art ; les spectateurs sont moins des publics acheteurs de billets que des “amateurs” passionnés et fortement motivés, construisant par ces interconnexions leur identité  de personne. C’est pourquoi, dans une approche plus humaniste que libérale, il serait bon de considérer ces activités où les personnes investissent beaucoup de leur identité culturelle comme des “services à la personne”.

Là encore, pour la politique publique, ce qui importe c’est la relation d’interaction culturelle entre les personnes et non les caractéristiques techniques des  activités ( concert,  atelier, représentation théâtrale, livres, etc..). L’enjeu politique d’intérêt général se lit dans les exigences éthiques que la politique culturelle se donne. On pourrait ainsi illustrer cette relation de personnes à personnes en terme de “compagnonnage”, de “transmission de passions”, même de “fan”, pour faire comprendre que cet enthousiasme de la personne ne peut pas être réduit à un rapport marchand, l’un qui vend sa compétence artistique et l’autre qui l’achète,  alors que le  vécu des uns et des autres relève d’une relation de partage de mêmes  valeurs.

Ceux qui sont  attachés à une langue ou des formes culturelles puisant dans les “traditions” du territoire le comprennent parfaitement : la culture n’est pas seulement une offre et une demande de produits. Ainsi, il serait inacceptable de considérer que les fest noz, du moins beaucoup d’entre eux, sont de simples actes commerciaux où les organisateurs cherchent à capter le maximum de clientèle solvable. Ce type d’activités comme de multiples autres orchestrées par le milieu associatif [13] relève très souvent d’une volonté de partager des pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel.” Je ne fais que reprendre ici la définition que donne l’Unesco du “patrimoine culturel immatériel” (PCI). Ainsi, lorsque une activité  culturelle “procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine”, elle devrait ressortir d’une politique publique spécifique et non pas être considérée comme un produit régi par la loi de la concurrence sur les marchés. Question d’éthique de la vie collective et de relations entre les dignités culturelles.

Je me permets d’insister sur ce point particulier car tous les députés français, à l’unanimité, ont ratifié la loi autorisant le Président de la République a signer la convention de l’Unesco sur le Patrimoine culturel immatériel, Mais les pouvoirs publics ont depuis oublié totalement de renforcer le soutien à toutes ces associations qui contribuent à la valorisation du PCI,  donc à ces activités qui procurent “un sentiment d’identité et de continuité …”aux personnes du territoire !

Ainsi, dans notre démocratie, il devrait y avoir place pour une politique culturelle qui ne se résume ni à l’offre  des services culturels de l’Etat et des collectivités, ni à l’offre des industries culturelles, mais qui prendrait en compte une troisième voie : une autre économie de l’art et de la culture.

Cette perspective a été dessinée dans le manifeste de l’Ufisc qui regroupe des fédérations d’associations culturelles soucieuses de vivre dans une “économie plurielle”. [14] Ces acteurs  ne cherchent  pas le profit maximum de la vente des artistes, ne réclament pas non plus d’être intégralement financés par des subventions, estiment que les apports “bénévoles”  des personnes aux projets constituent un atout essentiel pour le Vivre Ensemble”.

L’enjeu culturel tend alors vers le développement d’une économie certes créative mais aussi solidaire qui met en avant une éthique partagée avec la collectivité. Comme l’indique le manifeste de l’UFISC : ” il s’agit d’inventer des dispositions juridiques  et fiscales pour que les initiatives citoyennes sans but lucratif ne soient plus systématiquement tiraillées entre les logiques marchandes et les logiques d’administration publique”.

Ainsi, à partir de “bonnes pratiques” conduites localement pour élaborer des  protocoles éthiques de l’intervention culturelle sur le territoire, organiser l’écoute culturelle des personnes, l’expérimentation artistique, le développement des interactions  et interconnexions entre les cultures, le soutien à l’économie créative solidaire, il sera sans doute possible d’engager la réflexion sur la reconstruction d’une politique culturelle soucieuse d’émancipation et de Vivre ensemble. Il y a là un enjeu essentiel qui concerne directement la définition du service culturel d’intérêt général au niveau européen. Pour l’instant, me semble -t-il, les réflexions sur le service économique d’intérêt général semblent ignorer la dimension éthique de cette politique culturelle construite sur la reconnaissance des droits culturels des personnes et du vivre ensemble.

C’est donc bien aux collectivités locales, dans le silence même du rapport Balladur de faire avancer de tels chantiers. C’est peut être,  espérons le, autour de ces bonnes pratiques que l’on pourrait préciser et concrétiser les récents propos du Parti socialiste  : ” Une conviction nous anime : la Culture a un rôle fondamentalement émancipateur, tant au plan individuel que collectif. L’économie et la société de demain reposeront au premier chef sur les capacités d’innovation, de connaissance, de création, de recherche. L’art et la culture constituent l’un des atouts décisifs de notre pays, à condition que l’on veuille bien leur redonner la priorité qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Il y a une multitude de femmes et d’hommes qui sont épris de Culture libre et vivante, des créateurs de toutes disciplines, venus d’horizons les plus divers, qui considèrent que l’art est d’abord un outil critique pour interroger le monde et interpeller nos certitudes.” [15]

Mais je pourrais avoir autant d’espoir en lisant les ambitions d’Europe écologie “ L’Ecologie Culturelle plutôt que le centralisme culturel. Par nature, la Culture est symbolique de ce changement fondamental. Au-delà des urgences, elle annonce et témoigne de l’indispensable changement de société.”

Mais ce n’est peut être qu’un espoir dont l’avenir se préfigure mal tant la conviction est répandue chez les acteurs de la politique culturelle publique que la “culture” n’est qu’un “secteur” d’activités avec des “professionnels” faits pour produire (créer)  et vendre (diffuser)  des biens et des services au prix ou en dessous du prix de marché !

Pour revenir à la première partie du texte, cliquez ici.


[1] Second rapport mondial sur la diversité culturelle”, sur le site de l’Unesco

[2] Consulter particulièrement la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels

[3] Axel Honneth « la société du mépris » editions La découverte, et « la réification » nrf essais2007.

[4] Voir le second rapport mondial sur la diversité culturelle octobre 2009 sur le site de l’Unesco

[5] Voir le site du Tyne and Wear Museums

[6] Voir le rapport Bouchard /Taylor sur le site http://www.accommodements.qc.ca/

[7] Voir Jacques Rancière : le paradoxe de l’art politique”  in “Le spectateur émancipé” page 72.

[8] Voir le ” second rapport mondial sur la diversité culturelle” page 20, résumé en français sur le site de l’Unesco :  http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=39891&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[9] Voir Jacques Rancière :” le spectateur émancipé”, la Fabrique,  page 22

[10] A titre d’illustration, le principe 3 du protocole éthique énonce  que les projets des acteurs quelles que soient  leurs activités disciplinaires doivent “Favoriser collectivement les formes d’interactions entre les cultures ainsi que la participation des personnes au projet Max Jacob, considérant que “participation” et “interactions” sont sources d’émancipation et conditions du renforcement de la citoyenneté culturelle.”

[11] Le protocole d’accord éthique indique par exemple que les structures s’engagent dans la gouvernance du pôle Max Jacob à organiser ” les débats et confrontations publics sur le sens et les valeurs culturels et artistiques. En cas d’absence de consensus au sein du dispositif de gouvernance un rapport sur les positions des protagonistes est remis à la municipalité de Quimper qui procède aux arbitrages relevant de sa responsabilité publique.”On remarquera  aussi que le dispositif de  gouvernance collective est “considéré comme “instance d’évaluation” du projet  Max Jacob. A ce titre, il établit le protocole d’évaluation partagée, après accord sur la pertinence des enjeux et méthodes avec les structures concernées. Le dispositif veille à respecter les principes évaluatifs proposés par la Société française d’évaluation.”

[12] Voir agenda 21 de la culture

[13] On n’oubliera pas qu’il ya plus de 204 800 associations culturelles en France avec 4,3 millions d’adhérents et une  moyenne de 14 bénévoles par association, sur tous les territoires ; plus de 20 millions de français sont concernés  (un tiers de la population). Voir rapport de la cofac : “Propositions des fédérations et associations  de culture et de communication face à une crise de sens de l’action culturelle publique”

[14] l’UFISC regroupe la fédération des arts de la rue, la fédération des lieux de musiques amplifiées, le syndicat national des arts vivants,  le syndicat du cirque de création, la fédération des scènes de jazz, le centre international pour le théâtre itinérant , le réseau Chaînon, Actes-if,  le syndicat des musiques actuelles, Zone franche …

[15] Appel du secrétariat national du Parti socialiste
à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire du Ministère de la Culture

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Les collectivités territoriales face aux grands enjeux culturels / 1

Première partie d’un texte inédit dont Jean-Michel Lucas nous fait l’amitié de nous autoriser la diffusion en guise de cadeau de fin d’année à nos lecteurs chaque mois plus nombreux. Comme à son habitude, il tranche dans le vif et n’épargne aucun camp. Quoi de mieux pour réveiller les consciences (les bonnes comme les mauvaises) dans la dangereuse torpeur ambiante ?

Pour juger sainement le présent, il faut se demander quel avenir il préfigure.

Pierre Mendes-France – La politique et la vérité.

Je pars du constat que la politique culturelle, des collectivités comme de l’Etat, a perdu beaucoup de sa force de conviction [1] et qu’il faut lui donner un nouveau souffle. Mais j’observe qu’elle est pour l’instant intouchable et j’en déduis qu’il est préférable d’ouvrir, d’abord sur le terrain local, des chantiers de “bonnes pratiques” pour nourrir le débat sur sa reconstruction.

I – Une fin de règne intouchable

A – Première observation : l’ambition civilisatrice initiale de la politique culturelle a été détournée en consommation culturelle pour un certain public.

1 – En terme quantitatif, la politique culturelle en France a donné de bons résultats, du moins en matière d’offres culturelles sur le territoire. Il y a effectivement plus de “clients” fréquentant des équipements culturels, eux mêmes de plus en plus nombreux. [2]

2 – Par contre, en terme de signification politique, la confusion est grande. Les élus continuent à justifier les interventions culturelles publiques par la nécessité  de « favoriser l’accès de tous à la culture » mais depuis que les statistiques sur les pratiques culturelles des français existent, la consommation des équipements est loin de concerner « tous les français » ; les « clients » sont globalement des « urbains » et des « diplômés ». Le message politique justifiant les dépenses culturelles par la nécessité de « réduire  les inégalités culturelles » ne convainc plus que ceux qui veulent y croire. [3]

3 – Pire surtout, 23% des français ont des pratiques culturelles qui ne croisent jamais les offres proposées par la politique culturelle et 29% n’ont qu’une fréquentation « exceptionnelle » des salles de spectacles et des lieux d’exposition. Comment les considérer ? Selon une tradition intellectuelle qui est parfaitement bien ancrée dans les partis de gauche, ces personnes sont présentées comme des « exclus de la culture », soumis aux manipulations de la culture de masse orchestrée par les multinationales. Ce sont des victimes sociales d’un « handicap culturel » qu’il faut guider vers la « vraie » culture. [4]

Mais, ce discours peut-il tenir longtemps en dehors du « cercle des initiés »? Les élus locaux savent bien que ces 53% de  français qui n’éprouvent aucun ou très peu d’intérêt pour l’offre de produits choisis par la politique culturelle sont des citoyens et des électeurs à part entière, totalement libres de leurs choix !

4 – Face à ces interrogations, la gauche culturelle a toujours répondu qu’il fallait renforcer le potentiel  d’intervention des institutions artistiques pour mieux soutenir  la « création » car l’offre d’œuvres de qualité est une condition de la civilisation et, par là, de la citoyenneté [5]. La politique publique de la culture se doit  par conséquent de garder la main sur la sélection des œuvres de référence (nomination des directeurs d’équipements, comités d’experts, opérations artistiques dans les quartiers, en milieu rural…). « Garder la main » signifie, en fait, contrôler aussi bien au niveau national qu’au niveau local, la désignation des responsables chargés de sélectionner les « bonnes » œuvres d’art, au mépris de toutes les règles de transparence que la gauche réclame en général pour les autres secteurs d’activité.

Cette position ne se discute pas. Elle est un dogme. Toute tentative de suggérer que plus de la moitié des français, dont les plus jeunes des nouvelles générations, pratiquant actifs des réseaux numériques, ont d’autres cultures que celles qui ont été sélectionnées par les spécialistes,  relève du « populisme ». Toute tentative de mettre en débat public les dispositifs confidentiels sinon secrets qui établissent les choix de la culture de référence relève de la « démagogie ».

La réflexion est aujourd’hui bloquée sur ce vieux logiciel du siècle dernier.

La première conséquence est que la discussion sur une autre politique culturelle est impossible : le propre du dogme est de savoir répondre à tout et, dans ce contexte très défensif du milieu artistique, [6] on ne peut que déconseiller toute initiative politique mettant en doute la pertinence du « soutien à la création pour renforcer l’accès à la culture » ! L’héritage des Lumières est intouchable, du moins dans les propos légitimants.

B-  Seconde observation : les mots de la politique culturelle ne servent plus aujourd’hui qu’à décorer un pragmatisme gestionnaire.

Chacun peut observer que, dans la pratique des élus comme du ministère, la politique culturelle ne s’embarrasse pourtant pas du dogme. Derrière le discours de façade sur la démocratisation de la culture, cela fait bien longtemps que le ministre comme les élus locaux sont devenus beaucoup plus pragmatiques. Les interventions culturelles publiques se contentent de gérer une offre de consommation culturelle.

Pour s’en convaincre, on peut prendre appui sur deux textes que connaissent bien les politiques : le projet annuel de performance (PAP) de la mission culture et le rapport du comité Balladur. Je ferai aussi référence aux politiques locales en faveur de « l’économie créative ».

1 – Les responsables de politiques culturelles et, en tout cas les députés et sénateurs, ont certainement lu le PAP 2010, par exemple le programme 131 relatif à la création artistique. Comme les années précédentes, ce document révèle aux parlementaires et aux citoyens que le ministère de la culture n’a plus que des préoccupations gestionnaires. Les lecteurs du PAP ont certainement fait cette observation : les indicateurs de la bonne performance portent sur le montant des recettes, les taux d’occupation des fauteuils, la circulation des spectacles…. [7] Plus étonnant encore l’Assemblée Nationale a accepté qu’un indicateur de performance porte sur la recette par place fixée à 48 euros pour 2010, comme le ferait n’importe quel producteur privé de spectacles ! Les indicateurs sont tous quantitatifs et calqués sur ceux d’une bonne gestion culturelle privée car la culture « coûte cher » au contribuable. Il faut donc attirer le client et les fameux publics de la culture deviennent de simples acheteurs /consommateurs qui doivent remplir les salles où sont présentés des  produits culturels un peu plus sophistiqués que ceux qui sont offerts sur le marché concurrentiel des loisirs.

Par contre, la valeur « artistique » ne fait l’objet d’aucun indicateur spécifique comme si cette évaluation de la « qualité » n’avait plus d’importance ou comme si elle devait être et rester ignorée des représentants des citoyens. L’hypocrisie est manifeste : dans le PAP, la politique culturelle de l’Etat évoque sa mission civilisatrice dans les trois premières lignes mais s’en moque bien ensuite, puisqu’elle la met totalement de coté. Dans le dur compromis entre la valeur d’intérêt général de la bonne gestion des fonds publics et la valeur d’intérêt général de l’art et de la culture, seul se bat sur le ring le comptable des deniers publics, les amateurs de sens ont disparu dans les coulisses en se plaignant en plus d’être mal traités !

2 – Le rapport du comité Balladur n’est pas plus concerné par la vocation citoyenne de la politique culturelle car, à bien le lire, il ne fait qu’entériner la dérive vers la gestion des offres publiques de produits culturels.

*) J’observe ainsi que dans le texte du rapport Balladur la valeur politique des interventions culturelles des collectivités n’apparaît nulle part. Aucune référence aux enjeux émancipateurs de la création artistique ou  de l’accès à la culture pour tous. Le seul enjeu évoqué par le comité est celui de la lourde gestion des charges de personnels et de  fonctionnement des bâtiments culturels [8]. Comme il faut bien assumer ces masses financières, le rapport maintient le principe des interventions croisées de toutes les collectivités pour soulager les villes et leurs dépenses de centralité essentiellement ! C’est dire que l’imbrication des responsabilités sera maintenue pour la culture alors que les objectifs du comité de Balladur étaient au contraire de clarifier la répartition des compétences entre les collectivités. La politique culturelle locale est sans importance stratégique pour la république décentralisée. Elle ne fait que coûter !

*) J’observe aussi que le rapport Balladur affirme clairement que la légitimité des collectivités tient à leur capacité à répondre aux  demandes de proximité de la population. « La société française a changé, elle éprouve des besoins nouveaux, des aspirations inédites, sa soif de proximité et de sécurité, son goût pour la démocratie locale sont justifiés par la globalisation du monde. Aussi est-il indispensable qu’un changement fondamental soit apporté au mode d’administration du territoire. C’est la condition d’un approfondissement de la démocratie locale et de l’amélioration des services rendus aux usagers des services publics, qui sont aussi des contribuables et, d’abord, des électeurs. »

Or, en matière culturelle, cet objectif de satisfaire les demandes des électeurs est contradictoire avec « l’accès à la culture pour tous » qui doit révéler, aux habitants, la culture de qualité qu’ils ne connaissent pas encore. Il ne s’agit surtout pas de sombrer dans les spectacles faciles et délassants.

Le rapport connaît cette contradiction mais au lieu d’en débattre ouvertement, il la recouvre d’un voile pudique : il nous dit ainsi que la culture est une affaire « délicate », [9] sans autre précision. Ce langage diplomatique signifie que la politique culturelle doit régler ses problèmes dans son coin. Chaque élu à la culture fera donc comme il voudra, plutôt comme il pourra sur son territoire, avec ses créateurs et ses électeurs. Avec le rapport Balladur, la liberté culturelle signe la fin de l’ambition civilisatrice de l’intervention  culturelle publique. Elle  officialise l’organisation d’offres  publiques de loisirs plus ou moins pointues en réponse aux besoins exprimés par chaque groupe de consommateurs/électeurs. « L’accès à la culture pour tous » se trouve alors travesti en « accès de tous à sa culture ».

3 – Je noterai enfin que depuis une vingtaine d’années, beaucoup de collectivités ont renforcé leurs interventions culturelles.  Derrière le discours convenu sur la « démocratisation culturelle », leur préoccupation a surtout été de contribuer à l’attractivité de leur territoire : l’investissement culturel devient « utile » parce qu’il participe à la création d’emplois, valorise l’image de la ville ou accroît la fréquentation touristique.

La vogue actuelle est au soutien à « l’économie créative » [10]. L’idée est  simple : il s’agit pour les collectivités de soutenir des équipes qui font preuve d’imagination et de créativité dans tous les domaines intellectuels et esthétiques, tout en essayant de convaincre le tissu industriel qu’il devrait investir dans ces  dynamiques imaginatives. Il n’y a que des avantages semble-t-il à cette politique : les artistes y gagnent parce qu’ils n’ont plus besoin de tendre la sébile auprès des subventionneurs publics ; les entreprises y gagnent aussi car elles innovent plus, et surtout mieux. Quant aux territoires, ils empochent les gains d’une attractivité plus forte que celle de leurs voisins. Cette approche qui ouvre le champ de la culture aux milieux économiques a d’indéniables qualités mais  elle confirme l’abandon des enjeux politiques pour la culture dans notre démocratie : les « créatifs » sont là pour vendre leur savoir faire sur le marché concurrentiel,  sans autre mission d’intérêt général. Ils sont là pour approvisionner le marché  en produits et services et si leur « art » n’est pas rentabilisé, ils devront rendre leur tablier quel que soit l’intérêt culturel et artistique de leur production.

Au fond, les collectivités se placent dans la redoutable compétition entre les territoires : chaque chef territorial, même en pleine forme démocratique, devra engager des dépenses de « recherche / développement » en innovation artistique et culturelle pour asseoir sa domination culturelle sur les  territoires voisins ! Bordeaux plus fort que Marseille !!! L’Europe créative ?? Plus forte que tous les autres territoires du reste du monde ? Curieux destin des « œuvres capitales de l’Humanité » et de la création artistique que de servir d’armes pour s’imposer par rapport aux territoires concurrents ; comme si les acteurs culturels étaient devenus des munitions pour conduire la guerre culturelle « de tous contre tous ». Il n’y a plus ici de politique culturelle mais une politique publique d’attractivité du territoire qui se nourrit du professionnalisme des acteurs d’un secteur économique comme un autre : le secteur  culturel.

Il est de ce point de vue dommageable que le rapport du Sénat sur « l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales » [11] confonde « politique culturelle » avec le financement d’acteurs culturels dont la seule légitimité consiste à être utiles à d’autres politiques publiques. Ainsi nous dit-on « la mission (du Sénat) est sensible à l’attachement des élus locaux, de tous niveaux de collectivités, à conserver une marge d’initiative et d’autonomie dans un domaine qui est un levier de cohésion sociale, d’expression d’une identité locale, d’attractivité, de rayonnement, de développement économique et touristique des territoires »  Beau slogan pour la culture : faut bien que ça serve à quelque chose ! La légitimité culturelle publique sera donc déterminée par les autres politiques publiques en fonction de l’utilité des acteurs sélectionnés en réponse aux appels d’offres, comme pour l’assainissement ; ça promet !

Ajoutons que dans ce rapport, la République ne semble pas avoir l’intention de fixer la moindre règle pour gérer ce grand fourre-tout au niveau local ; même pas des règles de méthode et encore moins d’exigences éthiques, un simple appel à la concertation entre territoires concurrents suffira !

L’ensemble de ces constats ne rassure pas sur la possibilité de redonner du sens à la politique culturelle. Il faut pourtant y parvenir car les enjeux culturels dépassent de loin les seules préoccupations utilitaires.

Fin de la première partie. Pour lire la seconde, cliquez ici.

[1] En ce qui concerne l’Etat, je partage intégralement le jugement du secrétariat à la culture du PS : « Le ministère de la Culture célèbre cette année son cinquantenaire. Triste anniversaire en réalité. Quiconque entre au contact de son administration est frappé par la démoralisation de ses agents, la paupérisation de ses moyens, son atonie et l’absence de tout projet politique global d’envergure, alors que c’est précisément son existence qui donnait sens et enthousiasme à ce ministère jadis audacieux, conquérant et dynamique. »

[2] En 1973, 88% des français n’avaient pas été au théâtre joué par des professionnels au cours de l’année,  ils ne sont plus que 81 % en 2008 ! 7 points de gagnés en 35 ans , mais  encore 81 points à conquérir avant le théâtre pour tous !

[3] Enquête 2009 sur les pratiques culturelles des français : 47 français sur 100 ayant un diplôme Bac plus 4, sont allés une fois au théâtre dans les douze derniers mois ; ils ne sont plus que 29 sur 100 pour ceux qui ont bac plus 2 ou 3… Par contre, sur 100 français n’ayant pas de diplôme, 9 seulement ont été au théâtre dans les douze derniers mois. En 1988, les chiffres étaient de 39 % pour les  diplômés du supérieur et de 7 % pour les sans diplôme. En 2009, pour 100 habitants de Paris intra muros, 56 d’entre eux sont allés au théâtre une fois au moins dans l’année, et pour 100 personnes résidant dans une ville de moins de 20 000 habitants,  ils ne sont que 12. En 1989, le chiffre est de 43 % pour les parisiens intra muros (13 points en moins) et 10 % pour les habitants des villes de moins de 20 000 habitants (2 % en moins). Les chiffres augmentent pour chaque catégorie mais les écarts entre les catégories se sont creusés !!

[4] Dans la récente enquête sur les pratiques culturelles des français, on peut lire que les personnes qui ne sont allés ni au cinéma ni dans une bibliothèque, n’ont assisté à aucune spectacle vivant et n’ont visité aucun lieu d’exposition ou de patrimoine, « pour la plupart d’entre eux cumulent tous les handicaps en matière d’accès à la culture.. » (page 8 des éléments de synthèse).

[5] Voir par exemple les interventions des députés de gauche à l’Assemblée Nationale lors d’un des rares débats (sans suite) sur la politique culturelle, le 4 décembre 2004 ; par exemple Jean Marc Ayrault : « C’était le rêve de Jean Vilar, de Malraux et, plus près de nous, de Jack Lang : mettre les arts a la portée de tous, y forger une conscience citoyenne. » ou Michel Françaix : « Gambetta disait : Il ne suffit pas de décréter des citoyens, il faut en faire. Pas de citoyen sans émancipation des servitudes de l’ignorance, sans commerce avec les œuvres de l’esprit. Pas de citoyen sans culture. »

[6] On comprend très bien cette attitude défensive si l’on prend en compte le traitement infligé aux salariés  intermittents de la culture.

[7] Exemples : nombre de fauteuils mis à la vente dans l’indicateur 1.2, recette moyenne par place offerte dans l’indicateur 2.1, rapport des charges fixes sur total des charges des établissement culturels dans l’indicateur 2.1, part de la masse salariale dans l’indicateur 2.2, nombre de clients dans l’indicateur 3.1, pourcentage de places vendues par rapport à la jauge dans l’indicateur 3.1, nombre de représentations (de ventes donc) par spectacle produit, etc.

[8] Par exemple, en référence aux enjeux de péréquations entre collectivités on peut lire « le tourisme et la culture, par exemple, trouveraient à l’échelon départemental un niveau de péréquation idoine, compte tenu de la taille des projets en cause et des moyens humains et financiers qu’ils nécessitent ».

[9] On lit plus précisément dans le rapport : « Pour ce qui concerne la culture, la diversité des missions en cause rend particulièrement délicat  l’attribution de cette compétence à un seul  niveau d’administration ».

[10] Voir  surtout  le  rapport  de  la  cnuced.

[11] RAPPORT D’INFORMATION fait  au nom de la mission temporaire sur l’organisation et l’évolution des collectivités territoriales  présidée par M. Belot, par M. Yves KRATTINGER et Mme Jacqueline GOURAULT, juin 2009.

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Networks – The Evolving Aspects of Culture in the 21st Century

Culturelink, le réseau des réseaux de recherche et de coopération pour le développement culturel nous fait l’amitié de nous autoriser à diffuser l’article présentant le rapport final de sa troisième conférence mondiale. Un bilan passionnant, en attendant la publication des actes.

The Third World Culturelink Conference was held in Zagreb from 13 to 15 November 2009, bringing together Culturelink Network’s members, researchers, artists, professionals, and many others who perceive networking as one of the most intriguing phenomenon of contemporary culture. It was attended by 130 participants from all continents, representing research organizations, national and international associations, foundations, cultural institutions and universities. The event marked the 20th anniversary of the Culturelink Network, that was established in 1989 by UNESCO and the Council of Europe. The Institute for International Relations (IMO) in Zagreb, Croatia has been the focal point of the Culturelink Network since its inception.

In an introductory video-address, the conference participants were greeted by Jean-Pierre Saez, Director of the Observatory for Cultural Policies, which also marked the 20th anniversary of its work and cooperation with Culturelink. The conference was opened by representatives of the UNESCO Office in Venice, the Council of Europe, the Ministry of Culture of the Republic of Croatia, the Institute for International Relations and the City Council of Zagreb, who all indicated the significance of the work of the Culturelink Network in the past twenty years. In the following two days, the Third World Culturelink Conference worked in four plenary sessions, aiming to investigate the role and relevance that cultural networks hold for cultural development in the 21st century. A retrospective overview of the cultural networks phenomena in the past 20 years was meant to provide grounds for debate on new perspectives of cultural networking. Special consideration was given to issues regarding the position of cultural networks within cultural policies structures, as well as to the effective usage of innovative ICT and networking applications that significantly developed the modes and scopes of activities of cultural networks.

The first plenary session entitled Twenty Years of Cultural Networking reflected on the successful history of the Culturelink Network in the context of the general development of networks during the past twenty years. Presentations in this session focused on general issues within the context of networking but also analyzed current trends and relevant practices through several case studies from Europe, Australia and the Asia-Pacific region. They highlighted the need to revisit the concept of establishment and initial development of cultural networks as well as the current status of networks, key agents, and dominant approaches and challenges. Firstly, the Culturelink Network was reviewed from the perspective of one of its founder organizations, UNESCO, indicating the high standards of the work of Culturelink and its value, especially in light of some actions that UNESCO could not be accounted for. Secondly, the work of Culturelink was put into historical perspective from its regional centre APRCCN in South Korea. It has been noted that in the future the Culturelink Network should reinforce its global strategies in close consultation with regional centres and thus create joint actions. The emphasis on the changing nature of cultural networks and the challenges that the future brings were put to the fore by some presentations – from the perspective of donors, other cultural networks, and from the point of view of independent researchers. The discussion in the first session concentrated on the issue of the (self)evaluation of networks and networking processes and their sustainability – generally agreeing that through the daily communication in networks it can be deciphered whether they are successful or not, the participants still highlighted difficulties for the evaluation process. One difficulty is the very character of the network – the openness of its structure creates obstacles: the nature of the network is to be in constant flux, and evaluation results depend on the point from which the evaluation is being undertaken. The question was raised whether an abundance of networks existed, and if the overlapping of some of their activities and projects could be minimized with external evaluation and/or better interconnectivity among cultural networks. Finally, the question of whether cultural networks were prepared for change and implications of the digital environment opened the space for the second session in the conference programme.

The second plenary session dealt with the Effects of ICT and Digital Culture on Networking Dynamics. Questions were raised concerning actual cultural practices and their efficacy in linking diverse cultural contexts, strategies of sustainable development, the technology which facilitates cultural interaction and the way it shapes cultural practices in a constantly changing landscape of digital communication. A range of different topics was presented: from blogs, artistic innovations, virtual museums, via the possibilities of using Web 2.0 and 3.0 and creating art in Web 2.0, to more theoretical questions concerning deterritorialization and hyper-territory. The effects of ICT were explored through different artistic examples which can sometimes be hard to finance and brand because of their specific nature. Art organizations are presently changing because new creators require increasingly specific skills and knowledge. The role of the author in the arts is changing and artistic goals are becoming more plural and interdisciplinary, requiring partnerships and open communication. Possibilities of private-public partnerships were explored through the example of a specific virtual museum. Further changes were registered in new communication tools, as we can observe the social colonization of the Internet and the population of the Web with different types of interaction. Participation in this new type of communication is becoming more active because people can exchange ideas more dynamically. Art in such a context bridges different types of artistic expressions, brings interconnectedness, cooperation, dialogue, and new types of meeting platforms. In this context, the rise of the ‘digital natives’ was highlighted, those immersed in a digital environment from an early age, having different perceptions of digital ecology and cultural development. A new space of flow and mobility which transcends spatial relations is rising. This is reflected in the concept of deterritoriality, in which cyber-space is replacing real space and creating a new type of hyper-territory, e.g. social networks as the new territory. The discussion that followed the presentations in the second session offered further interesting points and led to the implicit conclusion that new technologies present an ambivalent challenge – they can pose threats but also open up new possibilities. What is needed is adaptation to these changes, bridging the digital divide, working on education, and learning the language of the Internet. Ownership and regulation of the Internet were seen as another set of problems which bring with them control and the loss of privacy. However, what is crucial is the way we use technology and the new practices that are created. ICT allows us to communicate in a particular manner, whether in artistic creation, everyday communication or in doing business. The way, in which we make use of the technology and the new practices that are created, is crucial.

The second day of the Third World Culturelink Conference was opened by the third plenary session of the programme entitled Cultural Networks and Cultural Policy. The status of cultural networks in relation to national and trans-national policy making was questioned, as well as innovative practices and forms of cultural policy-making in the local and global contexts. This session highlighted the importance of the redefinition of cultural policies in the light of the convergence of culture, the digital environment and the overall global interconnectedness of economic, political and social changes. Key issues of the value of cultural networks were underlined through examples and experiences from Latin America, Africa and Asia, and their socio-cultural significance in these regions. It has been noted that the concept of ‘cultural network’ was adopted by the cultural sector very quickly, but many obstacles in this regard remain. Some of these obstacles are the instrumentalization of culture, the overregulation of the cultural field, and the proliferation of global ‘cultural/creative discourse industries’ that produce contradictory implications on the local level. The multiplication of programmes of various cultural networks and the problems of funding were again emphasized as some of the key problems of cultural networks in their day-to-day functioning. The discussion following the presentations showed that there is a lot of work to be done in regard to cultural policy and cultural networks: we have entered a new era of cultural policy-making – the old models are breaking down. Although the participants noted that substantial work was being done in transnational cultural policy on behalf of the Council of Europe, it was stressed that cultural networks were not even nearing the urgent tasks lying ahead of them under the new global economic and political conditions. An urgent need for cultural movements exists, which could voice the emerging problems of culture that reflect the new digital environment. Cultural networks have not yet reached maturity, it was suggested, and it is of outmost importance to work on the innovative forms of cultural policy-making in the local and global contexts.

The fourth plenary session was devoted to the Evolving Networking Culture. It highlighted the networking culture within its current context, and identified areas of shared concern, which generated discussions on crucial questions about the development of cultural networking and the possible future of cultural networks. The need to identify priority issues of common interest, and establish effective strategies that will lead to the next stage of development of cultural networks in a constantly changing technological, socio-economic and cultural environment, was also highlighted. The construction of networks in new environments was discussed, and a number of examples, including trade unions of different cultural groups were presented. Although efficient in connecting with diverse networks and cooperating with different regions, their influence on changing cultural policies remains limited because of difficulties in changing existing cultural paradigms. Mobility was seen as a resource with limited accessibility but with the possibility of creating new connections and sharing of resources. It promotes freedom of expression and creates a common and shared space. However it can also bring some problems. For example, although face-to-face interaction is optimal for cultural networking, the carbon-footprint of the mobility of cultural workers can pose serious environmental problems. Networks should therefore refresh their practices and create new ways of communicating with each other, or they will stagnate. They were also seen as informal living systems of education and models for finding different partners; members of networks need to destabilize themselves in order to surpass their own limits. Not only cultural workers, but also cultural goods, services, etc. are crossing different borders and are becoming more and more transnational, and therefore new types of policies are needed. There is a significant deficit and lack of information between different nations in existing cultural networks (e.g. Latin America). This seems to imply that people are less convinced and sure of their own actions as members of different networks. In the final discussion, calls for action were made in order to develop a social movement in the cultural field. Main agendas of possible action for such movement are as follows: trade in cultural goods and services, implications that the Internet has for culture, cultural development and poverty alleviation, and media concentration. In the wrap-up of this session, it has been concluded that there are many obstacles for the possibility of creating cultural movements.

The Third World Culturelink Conference was closed by Biserka Cvjetičanin, Director of the Culturelink Network, who thanked all Culturelink members and founders for their support during past twenty years. She also thanked all conference participants for their lively discussions during these two days, and underlined that the cultural diversity of the participants had contributed significantly to the richness of the debates through the different approaches to the discussed issues. The publication of the conference proceedings is planned for the next year. The Third World Culturelink Conference highlighted the important transformations of cultural networking that took place in the course of the past two decades: thus, Biserka Cvjetičanin concluded, we are moving from networking of cultures to networked cultures, which is a significant step that leads us to face new challenges. One such challenge might be the emergence of networked identities, the research into which could be the theme of the Fourth World Culturelink Conference to be held in 2012.

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De la fin de l’ère de la subvention / 1

Malgré l’importance des financements croisés en France, heureusement encore très présents aujourd’hui, nous sommes bien dans la fin de l’ère du 100% subvention, c’est une évidence, période où l’évaluation des politiques culturelles (nationales comme locales) et le partenariat avec le secteur privé ont longtemps été tabous. La question de l’utilisation de l’argent public et de sa performance a toujours été une préoccupation mais elle est devenue incontournable aujourd’hui, en prenant un caractère pour le moins tendu dans le contexte économique, idéologique et politique actuel. Les acteurs et les institutions culturelles y sont confrontés de plein fouet désormais. Pourtant, on ne peut pas dire que nous n’étions pas prévenus.

L’entrée dans l’ère de la fin du 100% subvention remonte à plus de 25 ans, sur une période où les changements sont intervenus par à-coups et non sans difficultés douloureuses. Mais il faut aussi savoir reconnaître que cela n’a pas eu que de mauvaises conséquences. On a en effet assisté depuis à une plus grande professionnalisation des acteurs que ce soit côté public (tous corps administratifs confondus) et para-public, comme côté privé, avec un accroissement du niveau de technicité des dossiers, avec l’arrivée progressive (depuis le tout début des années 90) de nouvelles typologies contractuelles dans le giron culturel, dont certaines sont soit inspirées du droit anglo-saxon, soit en réponse au droit anglo-saxon. L’harmonisation européenne et la transposition du droit à la concurrence ont également joué un rôle considérable, dont les effets positifs et négatifs on mis un moment à se faire sentir. La décentralisation culturelle aura servi de filtre, du moins jusqu’à un certain point.

Entre temps, l’importance du levier que constitue la culture pour les territoires, lui conférant aujourd’hui un rôle stratégique, a contribué l’augmentation de la concurrence entre les territoires eux-mêmes mais également entre les acteurs culturels ; ces derniers, plutôt peu coutumiers du fait et plutôt habitués à la coexistence, la coopération et la coopétition, ont été confrontés à des outils et à des logiques qui ont d’une certaine manière accompagné et favorisé cet accroissement de la concurrence et il a bien fallu s’adapter. Celle-ci accentue la pression sur les acteurs locaux et facilite l’arrivée de nouveaux acteurs qui eux sont généralement sur des stratégies d’opportunité (au bon sens comme au mauvais sens du terme). Les équilibres des territoires sont tout autant menacés par ce phénomène que par les différentes réformes qui se sont succédées dans notre culture administrative centralisatrice persistante.

En tout état de cause, celui qui est choisi comme prestataire ou opérateur culturel n’est plus uniquement celui qui est capable de remplir la mission mais est aussi celui qui permet de faire la différence. Nous verrons cet aspect prendre beaucoup plus d’importance encore dans le futur et les décalages que l’on constate déjà aujourd’hui (dans l’événementiel notamment) ont pour effet la crispation de tous (commanditaires et opérateurs) au regard des enjeux locaux et des risques encourus. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Plus de professionalisation et plus de concurrence, c’est ce que les pouvoirs publics ont progressivement initié et mis en œuvre tout en s’y adaptant eux-mêmes, car acteurs publics et para-publics sont tout autant confrontés à ce changement de paradigme : la gestion publique de la culture a évolué en profondeur au fil des différentes réformes (la RGPP et la réforme des collectivités territoriales issues du comité Balladur n’étant que les derniers chapitres en cours d’une longue histoire) ; impossible d’occulter l’avancement de ce processus, tant il constitue un principe de réalité plus que tangible aujourd’hui.

Ceci s’est également ressenti dans marchés publics. Même si une grande marge de manœuvre (créative) est toujours possible dans la définition des projets de commande et dans les moyens de passer commande (y compris en contournant les marchés publics), les cahiers des charges ont fortement muté au fil de l’évolution conjointe des procédures de passation de marché et de la complexification des projets, les deux requérant des ingénieries aujourd’hui très spécifiques pour répondre à des commandes toujours plus globales, du moins aux enjeux et conséquences plus globaux.

Désormais, choisir le bon opérateur correspond à des critères qualitatifs et quantitatifs de plus en plus poussés, dont les enjeux sont considérables pour les maîtrises d’ouvrages publiques, pour leurs partenaires et pour leur territoire.

Trois grandes conséquences majeures sont particulièrement prégnantes aujourd’hui :

  • pour le maître d’ouvrage et les commanditaires : mieux prendre en compte la demande à court terme et faire en sorte que le choix politique soit soutenable au-delà des jalons d’un mandat politique et quelle que soit l’alternance. C’est une augmentation forte de la difficulté et des risques pour maintenir et assurer la continuité de la mission de service public, dans un contexte concurrentiel qui confère au changement une part de risque parfois difficile à mettre en oeuvre et à assumer au regard de l’évolution de notre système (historiquement centré sur l’offre basculant assez rapidement vers une mise en adéquation avec la demande risquée et non sans contradictions) ;
  • pour le métier de consultant : intégrer les métiers de l’assistance à maîtrise d’ouvrage sur des temporalités différentes et développer plus encore la performance car le besoin d’accompagnement est grand et les budgets ne sont pas illimités ;
  • pour l’acteur culturel : l’équilibre devient de plus en plus difficile à tenir entre préservation qualitative de l’offre et logique de développement, a fortiori dans un contexte de redistribution des rôles entre les différentes tutelles où les acteurs locaux doivent faire face à la remise en question de leur savoir-faire par une concurrence qui fragilise la gestion locale de l’action cultuelle.

La mutation qui s’opère lentement mais sûrement n’est pas suffisamment documentée. Les luttes, à quelques exceptions près, n’affleurent à la surface qu’en épiphénomènes et ne mettent pas suffisamment en évidence ni en perspective la réalité des impacts et des changements sur le quotidien du travail des acteurs/opérateurs culturels. On semble découvrir aujourd’hui la menace que constitue le caractère uniforme et automatique de l’application de la RGPP sur un certain nombre de musées, de sites patrimoniaux, de services administratifs (en centrale comme en région). Pourtant la RGPP est dans la droite lignée de réformes qui remontent à plus de 8 ans. Disons-le clairement : c’est un aveu d’impuissance pour la culture. Cette RGPP aurait pu se construire autrement et pourrait se mettre en oeuvre autrement, en faisant notamment en sorte que chaque secteur puisse être pris en compte dans sa spécificité. Depuis que le ministère de la culture est pris dans des réformes qu’il subit plus qu’il n’initie, le besoin de points de repère se fait cruellement sentir. Les collectivités territoriales ont créé leur propre référentiel et dans la réforme issue du comité Balladur, la culture occupe une position pour le moins paradoxale alors que celle-ci se trouve par exemple prise en otage, suspendue aux résultats des tractations de la suppression de la clause de compétence générale. Là aussi le manque de points de repère occulte un débat plus que nécessaire : après la fin du 100% subvention, la question de l’avenir des financements croisés juqu’alors essentiels pour les acteurs culturels se pose parce leur écosystème est en pleine évolution. Là aussi la redistribution des cartes est en train de s’opérer et il serait risqué d’ignorer les changements profonds qui sont aujourd’hui en marche dans la gestion de  l’action culturelle.

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La réforme de la taxe professionnelle, suite …

Vincent Sallé* fait le point sur la réforme de la taxe professionnelle, suite à son précédent post d’octobre dernier. La suppression de la taxe professionnelle (environ 25 milliards) est maintenant largement engagée : les sénateurs viennent d’approuver le vote concernant les entreprises. Il reste à examiner début décembre 2009 la répartition des recettes compensatrices pour les collectivités territoriales. L’architecture retenue du nouvel impôt, la contribution économique territoriale (environ 17 milliards), comporte deux parts distinctes :

  • une cotisation locale d’activité intitulée « cotisation foncière des entreprises » (CFE) basée sur les valeurs locatives foncières du bâti des entreprises. Cette cotisation s’apparente à une taxe professionnelle payée sur l’immobilier ;
  • une cotisation complémentaire dénommée « cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises » (CVAE) calculée sur la valeur ajoutée selon un barème progressif. Il s’agit d’une nouveauté radicale, dans la mesure où aucun impôt local actuel n’est progressif.

Le barème de la CVAE voté par l’assemblée n’a pas fait l’objet de modification sur le fond par le Sénat :

  • pas d’assujettissement à la CVAE pour les entreprises dont le montant du chiffre d’affaires est inférieur à 500.000 euros,
  • de 0% à 0,50% pour les entreprises dont le CA est compris entre 500.000 euros et 3 millions d’euros,
  • de 0,50% à 1,40% pour les entreprises dont le CA est compris entre 3 et 10 millions d’euros,
  • de 1,40% à 1,50% pour les entreprises dont le CA est compris entre 10 et 50 millions d’euros,
  • de 1,50% pour les entreprises dont le CA est supérieur à 50.000.000 d’euros.

Pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 2 millions d’euros :

  • réduction de la CVAE à 250 euros si celle-ci est inférieure ou égale à 1.000 euros,
  • diminution de la CVAE de 1.000 euros lorsque son montant est supérieur à 1.250 euros.

Contre l’avis du gouvernement, les sénateurs ont voté le principe d’une contribution minimale de 250 euros afin d’accroître le nombre d’entreprises contributrices. En contrepartie, les professions libérales sous le régime des bénéfices non commerciaux employant moins de 5 salariés voient leurs charges allégées, en ramenant de 6% à 5,5% la part des recettes assises au calcul de la taxe des bénéfices non commerciaux.

Autre nouvelle disposition : la diminution du taux applicable aux recettes prises en compte dans les bases des titulaires de BNC (bénéfices non commerciaux), soit une baisse d’impôt de l’ordre de 60 millions d’euros. La fraction « recettes » est prise en compte à hauteur de 5,5% (6% actuellement).

Ces deux cotisations (sur la valeur ajoutée et sur le foncier) sont plafonnées à 3,5% de la valeur ajoutée. Ce taux est susceptible d’être encore mis en débat d’ici la fin de l’année, le taux initial fixé par le gouvernement étant de 3%. Il a été décidé que le plafonnement de la valeur ajoutée à 80% du chiffre d’affaires s’applique à l’ensemble des entreprises.

Le Sénat a également relevé de 100 millions la compensation prévue en 2010 pour éviter que les collectivités perdent en ressources fiscales (ressource désignée comme « compensation relais »).

Les règles de liens entre les taux sont assouplies, tout au moins pour l’exercice 2010. La hausse de taux de la  CFE pourra être l’année prochaine 1,25 supérieure à celle des impôts ménages, alors que le gouvernement souhaite une « reliason » des taux au plus vite.

Le dégrèvement sur la valeur locative des immobilisations industrielles est porté à 35% (contre 15% actuellement) pour les nouvelles immobilisations à compter de 2010 (contre 20% actuellement). Cette diminution est applicable à la seule CFE.

La question du mode de répartition de ces cotisations est encore en débat. Les sénateurs souhaitent que les recettes collectées soient centralisées au niveau national, puis réparties entre les communes en fonction de la valeur ajoutée des entreprises présentes sur leurs territoires selon un taux unique. Dans le schéma proposé, les collectivités disposeraient de ressources dépendant de la valeur ajoutée des entreprises présentes sur le territoire, mais non de leur taille.  La répartition de la CVAE serait la suivante : 25% pour les régions, 48,5% pour les départements et 26,5% pour les intercommunalités.

Ce dispositif permettrait un surcroit de recettes pour les collectivités bénéficiant de nouvelles entreprises sur leur territoire. Ce point est extrêmement structurant : la dynamique du produit fiscal est (en partie) sauvegardée.

Ces dispositions seront définitivement arrêtées par les sénateurs au plus tard fin décembre 2009.

*Vincent Sallé est consultant en finance. Il a occupé différents postes en entreprises, en tant qu’ingénieur d’études chez Suez, puis au sein du cabinet Ernst&Young comme directeur de mission senior secteur public. Ses quinze ans d’expérience professionnelle l’ont conduit pendant cinq ans à réaliser des missions de conseil auprès de plusieurs grands groupes, en France et en Europe. Il a ensuite accompagné près d’une centaine d’organisations publiques et privées en conseil opérationnel.  Il travaille sur des thématiques liées à la mise en œuvre de projets (études d’opportunité, analyses de faisabilité économique, analyse financière), à la définition de stratégies d’établissement (plan directeur, études de projet), à la réalisation de projets d’investissement immobiliers ou mobilier en montage complexe de type PPP (BEH, CP,…) ou de systèmes d’information (schémas directeur des SI, études de faisabilité, implémentation de solutions).

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Tallinn réduit le budget pour la capitale européenne de la culture

Ce que nous avions évoqué en février dernier se confirme. Le conseil municipal de la ville de Tallinn compte réduire de moitié, l’année prochaine, les fonds pour les préparatifs à la Capitale européenne de la culture 2011. Pour le portail d’information Delfi, c’est un scandale : “La ville de Tallinn et le gouvernement estonien jouent avec le feu en réduisant de manière aussi radicale le budget des organisateurs. On a l’impression que sur la colline de Toompea [siège du gouvernement] comme dans la ville basse [où se situe l'hôtel de ville], tout le monde ferme les yeux, et c’est bien triste. Le statut de Capitale européenne de la culture est une chance unique pour Tallinn et pour l’ensemble de l’Estonie. Si nous regardions juste un peu plus loin que le bout de notre nez, nous nous rendrions vite compte que le projet de capitale de la culture peut apporter des avantages directs et considérables. Même les prévisions prudentes avancent jusqu’à 200.000 touristes culturels en Estonie, et il est probable qu’ils seront encore plus nombreux – et il ne s’agit là pas seulement de bénéfice matériel”.

Source : BpB

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Régions créatives : patrimoine, création et tourisme

La chaire Arts, Culture et Management en Europe BEM-Bordeaux Management School organise le troisième International ACME Workshop. La chaire ACME poursuit ses workshops internationaux, réunissant chercheurs et professionnels, avec une série de trois rendez-vous thématiques sur les régions créatives en 2009, 2010 et 2011.
Les régions créatives sont caractérisées par une identité culturelle portée par des infrastructures sociales et économiques propres. Elles se développent sous différentes conditions structurelles, économiques, politiques, organisationnelles, sociales.
Dans chaque workshop, cette question de recherche sera abordée à chaque fois sous l’angle d’un thème particulier, pertinent pour l’Aquitaine. L’édition 2009 aborde le triptyque “Patrimoine, Création et Tourisme”, classique et toujours complexe.

THÈMES
Quels sont les rôles du patrimoine (matériel et immatériel), de la création et du tourisme, dans les stratégies de développement régional ? Comment ce triptyque construit-il l’identité des régions créatives ? Comment génère-t-il un processus de croissance ? Quels sont les différents modèles de régions créatives fondées sur ce triptyque ?
Quelles relations entre patrimoine et création, patrimoine et tourisme, création et tourisme dans les régions aujourd’hui ? Comment les interactions entre ces trois domaines d’activités, à la fois concurrents et complémentaires, contribuent-elles au développement des régions créatives ? Comment dépasser leurs antagonismes classiques et créer leur synergie ? Quel rôle les régions jouent-elles dans le processus de valorisation du patrimoine, de la création et du tourisme ? Quelles sont leurs politiques ? Quelles stratégies spécifiques, qui favorisent le développement de leur région, les organisations du patrimoine, de la création et du tourisme mettent-elles en oeuvre ? En quoi sont-elles nécessaires à une démarche de marketing territorial ?

Plus précisément :

  • Quel est le rôle du patrimoine matériel et immatériel dans le fonctionnement des clusters et districts créatifs ? Dans le développement de la création en général ?
  • Quel est le rôle de la création et plus largement des industries créatives dans la promotion du patrimoine des régions ?
  • Pourquoi le patrimoine peut-il être défini comme une industrie créative ? Comment est-il relié aux autres industries créatives ? La notion de “patrimoine du futur” a-t-elle un sens ?
  • Quelle place occupe le patrimoine dans les stratégies des acteurs publics et privés du tourisme ?
  • Quels sont les déterminants de l’offre et de la demande de tourisme patrimonial dans les régions créatives ?
  • Comment la création est-elle facteur de tourisme ?
  • Comment les créateurs et les acteurs du tourisme peuvent-ils davantage coopérer au sein d’un territoire ?
  • Comment les artistes et la population de ces régions créatives participent-ils à leur développement ?
  • Quelles sont les stratégies marketing permettant la synergie du patrimoine, de la création et du tourisme ?

Les workshops ACME sont des espaces de dialogue privilégié entre chercheurs et professionnels. Ils mêlent la communication d’expérience de différents acteurs du patrimoine, de la création et du tourisme avec des présentations de travaux scientifiques, issus de différentes disciplines en sciences sociales – sciences de gestion, économie, science politique, sociologie…
• En savoir plus : http://www.bem.edu/fr/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Dec…
• Document associé :Bulletin-inscription-workshop.pdf

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Raise The Cloud

Certains ou certaines d’entre vous ont peut-être vu dans un récent papier du journal Le Monde un diaporama montrant les visuels d’un projet pour le moins audacieux qu’une équipe d’architectes a dévoilé à Londres dans la perspective des JO de 2012. Ce projet est nommé « The Cloud » et a été présenté mi novembre parmi d’autres projets en lice et fait désormais partie des finalistes d’une compétition dont la ville de Londres est à l’initiative. Le projet a en apparence tout d’une folie comme Londres sait si souvent nous le réserver. Certes ce n’est pas le premier fait d’armes de LA global-city occidentale par excellence mais regardons d’un peu plus près en quoi ce projet n’a rien d’une folie et pourquoi.

A départ, le projet prévoit de construire une tour-spirale, par laquelle on pourra accéder, à pied ou à vélo, à un nuage de bulles transparentes et gonflables en ETFE (éthylène-tétrafluoréthylène), créant un espace en trois dimensions en plein ciel. Un nuage de lampes LED connecté au Web diffusera des informations et des images en temps réel. S’il est construit à proximité des sites olympiques, il permettra de suivre des les bulles les compétitions sportives des JO ainsi que de contempler la ville.

Ce « nuage » se veut un modèle d’économie d’énergie : un ascenseur transformant l’énergie cinétique en électricité lors de la descente des visiteurs, associé à l’énergie solaire collectée par des cellules photovoltaïques, permettra au bâtiment d’être autosuffisant énergétiquement. Un jeu subtil sur la transparence, une utilisation réduite de matériaux, un volume maximal rendu par les sphères suspendues ; le tout reposant sur des colonnes très fines, tenues par un câble et formant ainsi « nuage ».

Bref, sur le plan formel, The Cloud a tout pour déchaîner les passions et faire débat. Mais sur le fond, il est intéressant de regarder ce qui fait tout l’intérêt d’un tel projet à savoir, sa finalité, son usage. A l’origine du projet, Carlo Ratti, directeur du laboratoire SENSEable Cities (le groupe de recherche sur les nouvelles villes du MIT), évoque  « une nouvelle forme d’expression et d’expérience collectives, le symbole d’une nouvelle ère en train de voir le jour ». Cette expression collective érigée en monument (y compris au niveau de son équipe de conception puisqu’en plus du MIT, on participé au projet l’artiste argentin Thomas Saraceno, spécialiste des structures flottantes, l’ingénier allemand Jörg Schlaich, l’agence française de paysagisme Ter, ainsi que l’écrivain italien Umberto Eco) verra le jour quel que soit le résultat final du concours organisé par la ville. En effet, le projet n’attend pas de financements publics. Il compte sur les dons individuels et a même lancé un programme de microdonations via Facebook et Twitter.

La légèreté de la structure et sa simplicité de déploiement augure de nouveaux espaces publics où l’intelligence collective prend forme au cœur des usages sociétaux du moment.

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Un nouveau regard sur l’éducation artistique et culturelle

Comment prendre en compte les mutations des pratiques culturelles en matière d’éducation artistique et culturelle ? Et, notamment, comment tenir compte de l‘évolution massive de ces pratiques en direction du numérique (jeux vidéo, téléchargement de musique et de films, développement d’Internet) ? Telles sont les questions sur lesquelles se pencheront les différents intervenants du séminaire européen qui se tiendra à Berlin-Genshagen les 17 et 18 décembre prochains au siège de la fondation franco-allemande pour la culture. Avec, entre autres objectifs, la présentation par le groupe d’experts européens sur l’éducation artistique et culturelle mis en place le 21 mai 2008 par la Commission européenne, de plusieurs exemples de bonnes pratiques et projets en ce domaine.

Source : ministère de la Culture et de la Communication

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Les britanniques et les espagnols planchent sur l’innovation et la culture

La réunion inaugurale du XIIIème forum entre la Grande-Bretagne et l’Espagne qui s’est tenu récemment à Madrid fut présidée par les ministres de la culture espagnol et britannique et avait pour thème l’innovation et la créativité dans le monde culturel. Ce forum a servi à la prochaine présidence espagnole de l’Union Européenne de préparer une part importante de l’agenda européen, où le rôle joué par la culture dans l’économie, l’emploi, l’innovation, la compétitivité et la création est considérable.

Les experts britanniques et espagnols qui ont planché sur ces questions dans les quartiers de l’ambassade britannique à Madrid ont mis en œuvre un programme de travail des plus chargés, où l’innovation et l’action culturelle constituent même en temps de crise des leviers importants autant pour les industries dites « créatives » (télécommunications, mode, jeux, design, etc.), l’attractivité et le rayonnement des territoires, que pour le modèle de société à construire. Par ailleurs le poids stratégique de la langue anglaise et de la langue espagnole dans le monde étant considéré comme un atout majeur et une forte expérience accumulée, le vecteur économique et culturel que constituent les langues n’a pas non plus été occulté dans la travaux.

Le panel d’experts invités était impressionnant, mélangeant intellectuels, scientifiques, et entrepreneurs mais ce qui a surtout frappé les esprits c’est la détermination des deux pays à proposer des alternatives à la sempiternelle opposition entre les modèles idéologiques dominants qui se sont succédés les uns après les autres à la conduite de l’Europe. Le souci du citoyen européen et de la construction d’une société européenne hélas toujours hésitante ont prévalu et il faut s’en réjouir car cela augure peut-être d’une nouvelle étape importante pour la cohésion et la solidarité de l’Union, à l’heure où les questions d’identité et de nation prennent une part inquiétante dans les débats publics.

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Les cinéphiles polonais bravent la crise

Les Polonais continuent d’aller au cinéma et d’assister à des événements culturels malgré la crise économique mondiale. Le quotidien Dziennik Gazeta Prawna est satisfait de cette évolution : “La culture fait front face à la crise. Nous avons écrit récemment qu’en ce qui concerne les investissements culturels, nous n’avons pas assisté à un tel boum depuis des annés. D’autres bonnes nouvelles peuvent être annoncées aujourd’hui. Les prix en constante augmentation des places de cinéma n’effraient pas les Polonais. Ils ont ainsi déjà acheté 38 millions de tickets au cours de cette année. Si les pronostics du secteur s’avèrent justes, cette année constituera un record. … Chez nous aussi les concerts de stars du rock et du jazz ont affiché complet et ils sont pourtant assez chers. Le public apprécie les offres des entreprises du milieu cinématographique et des agences d’organisation de concerts.”

Source : BpB

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Transformer les usines en temples culturels

Deux personnes ont perdu la vie dans l’effondrement d’une ancienne usine à Sofia. Pour le quotidien Dnevnik, les bâtiments industriels vides devraient être utilisés à des fins culturelles plutôt que spéculatives : “L’expérience de nombreuses villes étrangères montre que les anciens entrepôts industriels peuvent être transformés en paysage urbain attrayant, en hébergeant des galeries, des espaces culturels ou des centres de loisirs. En Bulgarie cependant, il y a beaucoup trop de contre-exemples montrant que l’administration et les propriétaires se sont apparemment entendus pour laisser à l’abandon des bâtiments importants sur le plan culturel et historique, jusqu’à ce que ceux-ci s’effondrent et que le terrain soit libre. On commence maintenant, dans la plus pure tradition, à chercher le responsable.”

Source : BpB

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France Télévisions partenaire du Louvre

Le Musée du Louvre et France Télévisions on signé un partenariat pour une période de quatre ans visant à « favoriser l’appropriation de l’art et de la culture par un large public ». L’objectif de ce partenariat vise notamment à mieux faire connaître la richesse de la programmation du musée et de promouvoir l’éducation culturelle et artistique sur les diverses antennes du groupe public. France Télévisions a également indiqué qu’il envisageait d’autres accords avec les grandes institutions culturelles françaises. Cet accord fonde de nombreux espoirs car il est le signe d’une tentative de réponse à une demande récurrente de la part des lieux culturels. Nous sommes encore loin de ce que la BBC propose depuis longtemps déjà mais ce pas supplémentaire de la télévision publique en direction de la culture permet à cette dernière de faire un pas supplémentaire et positif vers le grand public.

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L’association des scènes nationales évolue

L’Association des scènes nationales a récemment modifié ses statuts afin de mieux défendre et valoriser l’ensemble de ses structures. Son ambition : devenir un véritable laboratoire d’idées, un outil d’échanges et de réflexions entre ces scènes pluridisciplinaires qui constituent un réseau unique en son genre, essentiel à la création ainsi qu’au développement des publics et des territoires.
 Les 70 scènes nationales sont dédiées à la rencontre de tous les arts du spectacle vivant, mais aussi, pour nombre d’entre elles, des arts visuels. Leur programmation reflète les principaux courants de la production actuelle mais aussi des approches artistiques plus singulières. Elles sont réparties sur l’ensemble des régions métropolitaines, ainsi qu’en Guadeloupe et Martinique, et situées en grande majorité dans des villes moyennes, au cœur d’agglomérations de 50 à 200 000 habitants où elles s’attachent à conjuguer des responsabilités artistique, publique et professionnelle. 
À travers l’association, elles souhaitent mieux échanger sur la diversité de leurs pratiques et partager leurs savoir-faire, et se donner les moyens d’avoir une réflexion collective sur des sujets qui les préoccupent et qui font leur quotidien, comme la question du territoire et du rapport au public, de la médiation, du rôle de conseil aux artistes et de leur accompagnement, des actions culturelles conçues avec d’autres structures plus petites de leur territoire… 
Les premiers groupes de travail devraient porter sur : le rapport au territoire, la place du cinéma dans leur champ d’action, et la mise en place d’une base de données co-gérée avec la mission pour les réseaux de diffusion pluridisciplinaires de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS / ministère de la Culture et de la Communication).
Le nouveau conseil d’administration est composé de neuf directeurs et de trois présidents de scènes nationales. Le bureau est présidé par Michel Orier, directeur de la MC2, scène nationale de Grenoble. Jean-Paul Jury, président du Lux, scène nationale de Valence, en est le vice-président.

Source : ministère de la Culture et de la Communication.

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