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Un Ping Pong artistique entre la France et l’Angleterre en 2010

La Cellule, réseau de professionnels de l’organisation du spectacle qui dirige et accompagne des projets culturels en France et en Europe, lance une opération peu banale qui mérite un coup de projecteur. Créé et piloté par Le Muscle et La Cellule, le PING PONG PROJECT est un projet européen qui a pour objectif de favoriser les échanges artistiques internationaux dans le domaine de la création dans l’espace public. Il s’agit de conseiller en amont les directeurs de festival internationaux dans le cadre de leur recherche de programmation puis de mettre en place des partenariats avec d’autres festivals  créant ainsi les condition d’un PING PONG artistique. Les directions de festival ont la maîtrise des propositions d’échanges entre eux. Parallèlement, les artistes sélectionnés sont accompagnés dans la conduite de leurs projets et s’organisent in situ avec les festivals des espaces de convivialité et des temps de rencontres professionnelles.

In fine, il s’agit de stimuler les échanges de pratiques, développer et animer de nouveaux réseaux à l’international auprès des structures culturelles et des institutions, de s’interroger sur la mobilité des artistes et les soutenir dans leur démarche de diffusion et de mettre en scène de nouveaux territoires en allant à la rencontre de nouveaux publics.

Initié en 2009 au festival TAC de Valladolid, le PING PONG PROJECT prend toute sa dimension en 2010 avec le festival Cratère/Surfaces à Alès et le Stockton International Riverside Festival à Stockton-on-Tees (UK).

L’ambition et la particularité de ce projet européen : organiser des Ping Pong artistiques sur l’ensemble du territoire à partir d’une ingénierie de projet où un accompagnement spécifique est réalisé et un suivi des retombées est transmis à chaque équipe artistique en promotion.

Les festivals d’Alès (Cratère/Surfaces) et de Stockton-on-Tees (Stockton International Riverside Festival) se lancent dans ce premier Ping Pong à travers l’Europe en 2010 et ce sont les directeurs des structures respectives qui en parlent le mieux :

  • “Cratère/Surfaces à Alès attend beaucoup d’une confrontation pacifique avec Stockton et ses artistes. Le jeu gagnant restera celui de l’innovation, du point de vue original, de la création. A ce jeu, point de perdant. Nos festivals en seront plus alertes…” (Denis Lafaurie, directeur du Cratère).
  • “La collaboration Ping Pong entre le SIRF et Cratère/Surfaces donnera aux artistes français et anglais impliqués l’opportunité de découvrir de nouveaux publics, et de nouvelles perspectives. Pour le public, c’est un instantané de deux cultures, exposé dans la rue”. (Frank Wilson, artistic director).

Conrètement, Ils accueilleront chacun 5 compagnies de l’autre pays dans leur programmation :

Compagnies Ping Pong à Alès : Cratère/Surfaces (Du 1er au 3 juillet) :

Le festival international de création en espace public “Cratère/Surfaces” a été créé en 1999 par Le Cratère, Scène nationale d’Alès. Cratère/Surfaces fait le choix de mettre en avant la création artistique dans l’espace public.

Compagnies Ping Pong à Stockton : Stockton International Riverside Festival (du 28 juillet au 1er aout) :

Le “Stockton International Riverside Festival” a été créé en 1988. 23 ans après, c’est un festival d’arts en espace public d’envergure internationale. Il est aujourd’hui organisé par la ville de Stockton-on-Tees, sous la direction de Frank Wilson.

Nous ne manquerons pas de vous tenir au courant du déroulement et du bilan de cette opération d’une rare pertinence.

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Repenser la médiation, l’exemple de la Smithsonian Institution / 1

Aurélie Henry*, nous propose une série inédite en trois parties sur la médiation dans les musées. La première sur l’importance de la mission pour soutenir l’offre de médiation et les deux suivantes sur les détails de l’offre de médiation en examinant d’abord la médiation humaine puis la médiation mobile et technologique (application iPhone, Smartphone, guides multimédia, tables multitouch, etc.)

La visite d’un musée est une expérience esthétique intime entre le visiteur et les œuvres,  un enrichissement personnel au contact des objets.  Mais elle peut parfois être frustrante. Le musée sans médiation ressemble à un buffet sans couverts : certains audacieux vont manger à pleines mains mais la plupart ne vont pas oser y goûter et vont être frustrés devant tant de plats appétissants hors de leur portée.
Les outils de médiation doivent fournir les couverts : les informations nécessaires à une expérience agréable et enrichissante.

La médiation doit évoluer, les visites guidées, les ateliers et audioguides instaurent une relation verticale entre l’institution et ses visiteurs. Ces formats doivent maintenant répondre aux attentes de publics avides de relations horizontales et décentralisées, en devenant plus souples et plus participatifs. Internet, les réseaux sociaux et l’offre multimédia permettent de créer et d’entretenir une relation différente avec les publics. L’utilisation de ces outils doit être au service d’une politique articulée autour d’objectifs clairement définis par l’institution. Cette méthode a déjà porté ses fruits et la plupart des musées américains ont une mission précise et accessible à tous.

Répondre à ces attentes représente un défi pour les musées. Le manque de temps, de moyens ou de personnels qualifiés sont des obstacles et c’est souvent l’offre de médiation dans son ensemble qu’il faut repenser. Il ne s’agit pas de tout changer : certaines initiatives, comme les visites contées ou les ateliers en famille sont excellentes, mais leur agrégation ne constitue pas une offre de médiation cohérente.

Il est donc nécessaire de réfléchir plus largement à l’expérience du visiteur en commençant en amont : préparation de la visite grâce au site Internet du musée, réservation en ligne, déplacement jusqu’au musée ; mais aussi en aval, en trouvant des moyens de prolonger le contact après que la visiteur a quitté le musée.

Une connaissance intime de ses publics permet au médiateur de développer une offre cohérente et adaptée à son institution. Du site Internet au guide multimédia, en passant par les bornes d’information et la signalétique, la billetterie et la boutique : et si nous regardions nos musées à travers les yeux de nos visiteurs ?

Pour cela, les institutions américaines et notamment les musées de la Smithsonian Institution répondent d’abord aux questions suivantes :

  • Qui sommes nous ?
  • Quelle est notre mission ?
  • Quel est le message que l’on veut que chaque visiteur retienne après sa visite du musée et/ou de notre site Internet ?

Les réponses à ces questions simples ne sont pas toujours évidentes. Elles constituent cependant la base du travail et doivent ensuite être traduite en objectifs. A chaque nouveau projet l’équipe de développement se réfère à la mission et avant de finaliser toute décision financière, les administrateurs de la Smithsonian Institution demandent comment le projet s’inscrit dans la mission de l’institution. Le médiateur peut alors s’y appuyer pour créer une offre de médiation complète et offrir aux publics un choix de visites, ateliers et guides multimédia adaptés. Chacun de ces éléments sera, pour reprendre la métaphore du buffet, le couteau ou l’assiette nécessaire à une expérience satisfaisante dans nos institutions.

Aurélie Henry est consultante en médiation culturelle. Elle a été chef de projet à la Smithsonian Institution pendant quatre ans. Après des études en histoire, histoire des arts et un DESS en Gestion des équipements touristiques et culturels, elle a travaillé pour une agence d’ingénierie culturelle à Paris, avant d’aller s’installer aux Etats-Unis. Au sein du service des publics du Smithsonian National Postal Museum, elle piloté des projets web et multimédia garantissant la qualité de l’accueil des visiteurs.

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