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La richesse culturelle de la Bulgarie reste cachée

La plupart des touristes viennent en Bulgarie pour lézarder sur la plage et boire à outrance de l’alcool bon marché, critique le quotidien Standart qui demande que l’on montre plus d’intérêt pour les trésors culturels du pays : “Nous montrons toujours notre mauvais côté, le bon reste dans l’ombre. Nous avons sept sites classés par l’UNESCO. Nous avons la culture thrace qui est plus ancienne que la Grèce antique. Nous avons le plus vieil or d’Europe à la nécropole de Varna, des cités romaines, des châteaux du Moyen-Age et des monastères. … Tout cela reste, à quelques exceptions près, caché du monde. Cela ne permettrait pas seulement de faire apparaître la Bulgarie sous un nouveau jour, cela lui permettrait également de retirer les bénéfices d’un tourisme culturel. … La mer et les bars sont bien beaux mais il est temps aussi d’attirer des touristes exigeants. Nous sommes déjà assurés de voir ceux de troisième zone.”

Source : BpB

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A propos des “Creative cities” / 1

 

©Sookie

Depuis quelques années, on voit fleurir en France les termes de « Ville créative », de « Métropole créative » ou de « Région créative », où la culture joue un rôle tout particulier pour ces territoires. Ces termes (issus du terme anglais « creatvie cities ») trouvent leur source dans de nombreuses formes et théories, notamment celles de la gouvernance économique des territoires. Elles ont été remises au goût du jour par les livres de Richard Florida, ouvrages qui ont remporté un succès considérable auprès des écoles de sciences économiques et de sociologie, ouvrages qui ont aussi eu trop tendance à éclipser toutes les autres contributions du fait d’une « mode Florida ».

Mais en réalité de quoi parle-t-on ? A chaque fois qu’une étude (souvent anglo-saxonne) met en évidence que l’impact économique direct et indirect de la culture sur un territoire est très positif, elle est immédiatement reprise par nombre de politiques ou des acteurs territoriaux dans des discours ou des projets plus ou moins heureux alors qu’au même moment on trouve des contre-arguments qui font plus que pondérer la question.

Le problème restera entier en France tant qu’on n’établira pas des critères d’évaluation pertinents et tant qu’on considérera la culture comme une politique sectorielle. Sur ces deux questions, il y a une grande effervescence intellectuelle et des mouvements de fond qui sont désormais bien engagés, avec de nombreux exemples d’expériences et d’initiatives qui pourraient bien, dans un contexte de RGPP et de réforme des collectivités territoriales, faire hésiter plus d’un politique pour investir ou investir à nouveau dans la culture et la créativité alors qu’elles sont des clés de leur avenir.

Du champ de l’analyse au champ du marketing territorial, il n’y a qu’un pas lorsqu’on se situe dans une concurrence de plus en plus forte et qu’il faut trouver des concepts, des stratégies, des expérimentations qui permettent de se distinguer du lot. Or, comme pour la culture, personne n’est véritablement d’accord sur la définition à donner aux « Villes créatives », c’est en fonction de la spécificité du territoire, de ses objectifs et de sa prospective qu’on voit des initiatives se prendre et des stratégies se mettre en œuvre, initiatives et stratégies qui ont un impact majeur sur le rayonnement et l’attractivité de ces villes.

On trouve donc autant d’appropriations du terme que de situations locales et il nous est apparu utile de mettre en évidence les typologies et les enjeux d’abord sur le plan technique et affectif, pour ensuite décrire les pratiques du genre en France et ailleurs lors de prochains articles.

Quelques aspects “techniques”

Eléments de définition

Le terme “creative cities” vient de la sédimentation de plusieurs thèses depuis les années 60 qui traitent de la créativité en milieu urbain (de Jane Jacobs à Richard Florida en passant par Pier Luigi Sacco, pour résumer). Au départ il s’agissait de définir un modèle de planification urbaine centré sur la créativité et l’innovation. Depuis, l’approche s’est diversifiée et fortement élargie pour prendre des formes très différentes et donner lieu à une impressionnante palette de possibilités pour la gourvernance, la dynamique et l’attractivité territoriales.

Les “creative cities” sont multiples dans leurs formes et leurs organisations mais elles se distinguent toutes par une place centrale accordée à la culture, à la créativité ou à l’innovation, susceptibles de stimuler, contribuer et/ou piloter au développement de plusieurs secteurs d’activité (tourisme, recherche et enseignement, événementiel, développement économique, action sociale, etc.).

Les formes les plus connues sont de trois types :

  1. les “creatives cities” qui visent d’abord des enjeux économiques et des retombées par la culture ou la créativité, on parle les districts territoriaux (ou clusters, ou grappes) : terme désignant l’organisation d’une filière d’activité sur un territoire donné, filière qui doit “conduire” une part importante de la dynamique économique et de l’attractivité du territoire. Historiquement, ces districts étaient plutôt industriels (le textile et la chaussure en Italie, l’horlogerie dans la vallée de l’Arve, etc.), on parle aussi pour certains de Systèmes Productifs Locaux (SPL), puis sous l’effet conjoint de la révolution des industries culturelles (massification des moyens de création, production et diffusion) et de la mutation de l’économie vers le tertiaire, ils ont fortement pris d’assaut les domaines des industries dites “créatives”, de l’innovation et des nouvelles technologies. Par exemple à Montréal, il existe une grappe des acteurs du numérique et des nouvelles technologies. L’exemple le plus connu étant bien entendu la Silicon Valley en Californie. En France aujourd’hui, on fait aussi l’amalgame avec les pôles de compétitivité, pour de bonnes et de mauvaises raisons d’ailleurs. Mais dans tous les cas, cette catégorie s’appuie sur des stratégies d’investissements relativement importants au niveau des équipements et des infrastructures.
  2. les “creative cities” qui ont une visée plus large, une politique d’amélioration de la qualité de vie, de l’image et/ou du rayonnement territorial  :  elles se fondent d’abord sur des stratégies qui visent à faire converger plusieurs secteurs vers des principes d’actions horizontaux (transversalité). Elles s’appuient fortement sur les logiques de marques ou de labels (au sens du marketing territorial). Elles sont en général assez prospectives (misent sur un plein impact à moyen terme) et sont très entraînantes pour les acteurs du territoire. Ces villes sont de plus en plus nombreuses et il faut bien reconnaître que chaque ville est son propre modèle, modèle qui relève d’une étude approfondie et stratégique de leurs forces, de leurs atouts, de leurs perspectives leur permettant de se différencier fortement. En général ces villes misent sur un ou deux fer(s) de lance pour fédérer le maximum d’acteurs et d’énergies et bénéficier des meilleures retombées possibles. Cela peut être notamment un événement, voire un très grand événement (jeux olympiques, un grand festival, etc.), qui amène des investissements en infrastructures et en services et leur permettent de se projeter dans l’avenir (Londres, Barcelone, Copenhague, Berlin, Venise, etc.), mais dans tous les cas, c’est la recherche d’une singularité et d’une pertinence (parfois d’une avant-garde) ou la culture et les arts peuvent jouer un rôle structurant pour une position de leadership. De nombreuses villes dans le monde rentrent dans cette catégorie, elles ont toutes un élément différenciant et surtout savent le mettre en avant.
  3. les “creatives cities” qui ont choisi de se constituer en réseau : il existe de nombreux réseaux de villes dans le monde qui possèdent en leur sein des “creatives cities” mais certains réseaux existent et sont totalement dédiés. Nous pensons notamment à l’Unesco qui a initié et parraine un projet de réseau de villes créatives, se focalisant sur l’excellence développée dans certaines villes dans un domaine artistique et/ou culturel spécifique (littérature, film, musique, arts traditionnels, design, arts médiatiques, gastronomie) et qui contribue à la qualité de vie, à l’économie locale et au développement social (en l’occurrence un réseau de 24 villes).

Il faut noter que les “creative cities” sont des concepts qui ont émergé et mûri en même temps que les “Global cities” ou les “Cities of opporunity” notamment et qui ensemble témoignent aujourd’hui de la grande concurrence que se mènent les territoires que ce soit au niveau de l’économie locale, de l’économie interrégionale et de l’économie mondiale. Chacune d’elle rivalise d’ingéniosité pour faire bonne figure au regard des indicateurs des grands palmarès internationaux, qui sont en soit des “notations” (comme dans le monde financier). Elles sont à la recherche des prix, des labels qui illustrent le mieux l’histoire, les valeurs, les spécificités et les principes qu’elles défendent et pour les plus aguerries, elles vont jusqu’à développer les logiques de type « agenda 21 de la culture » ou équivalent. Elles tentent d’être à la pointe de tout ce qui peut les valoriser et la culture et la créativité constituent des éléments de visibilité et de sens particulièrement avantageux.

Les “creative cities” utilisent donc la culture comme un élément structurant de l’aménagement de l’espace public et de la vie de l’espace public. Elles sont en train de muter. Les nouvelles formes que l’on voit apparaître sont encore expérimentales mais elles intègrent les concepts de “troisième lieu” ou de “living lab” par exemple.

Pour chacune d’elle, Il faut bien entendu trouver un modèle qui lui est propre. En France, il n’existe en effet que des territoires qui tentent de donner leur propre définition de la ville créative. Dans la plupart des cas, ce sont des métropoles ou des territoires en quête d’identité ou de renforcement de leur identité (Communautés d’agglomération ou intercommunalités plus ou moins récentes). Aussi construite leur vision peut parfois être, elle est en réalité assez peu structurée ou organisée, elle est fondée d’abord sur un discours et des objectifs fédérateurs que chacun s’approprie et auxquels chacun tente de contribuer le plus positivement possible. Le produit et les résultats sont alors récupérés et recyclés dans le discours initiateur et alimentent le capital attractif  du territoire.

Même si les coûts ne sont pas négligeables, il n’est pas nécessaire d’avoir la folie des grandeurs et d’endetter la collectivité sur 20 ans pour jouer dans cette catégorie ultra concurrentielle.  Tout est une affaire d’ambition et de terme (court, moyen, long) mais des choses simples sont possibles, le tout est préalablement de :

  1. bien connaître les atouts, les faiblesses et les perspectives de son territoire et des acteurs qui l’animent ;
  2. se doter d’une vision et définir une stratégie assortie d’un “schéma directeur” et/ou d’une feuille de route qui favorise une dynamique capable de fédérer et d’inciter des énergies à travailler ensemble.

 

Quelques aspects relavant du registre affectif

Il est également important de ne pas négliger les ressorts relevant de l’affectif sur lesquels ces villes tentent de s’appuyer. La perception que l’on a et les émotions que l’on ressent à vivre ou visiter une ville sont essentielles et contribuent très fortement à son aura.

  • Les “creative cities” portent une forte attention sur l’image, l’impression et la réaction qu’elles suscitent auprès des habitants et des touristes.
  • Elles misent beaucoup sur la première impression (les infrastructures d’accueil et de transport). C’est le cas de Liège, Bilbao, Singapour, Melbourne.
  • Elles misent beaucoup sur la triade “curiosité, exploration et découverte” (les circuits de visites possibles) où l’émerveillement est le maître-mot, comme c’est le cas notamment d’Istanbul, Bangkok, Séoul, Venise, Naples, Saint Petersbourg ou Stockholm.
  • Elles misent beaucoup sur un effet mémorable, frappant et puissant (les architectures, les événements, le patrimoine, etc.) comme Tokyo, Trinidad ou Rio.
  • Elles cherchent à créer des lieux où l’on peut se rencontrer, parler, échanger, interagir et jouer, elles veulent de l’interculturel.
  • Elles aiment à donner l’impression créative et imaginative qu’on peut tout y faire (qualité du cadre de vie, dynamique économique) et qu’il très facile de s’y plaire ou de s’y acclimater. Pour cela elles travaillent fortement les espaces publics : les espaces doivent devenir de lieux (des espaces incarnés) à l’échelle humaine, uniques et de qualité : the place to be, la ville où l’on peut tomber amoureux, etc.
  • Elle essaient de proposer l’environnement le plus positif possible au public, avec le moins de nuisances et le plus de sécurité possible, tout étant les plus “vibrantes” possibles.
  • Elles réfléchissent sur les temps, les usages, la mobilité, l’accessibilité et tout ce qui renforce leur pratique et leur convivialité.
  • Enfin, elles se focalisent sur les jeunes générations qui vont hériter un jour ou l’autre de ces espaces publics, de ce patrimoine, de ces infrastructures, etc.

Dans de nombreux cas aujourd’hui, elles font de ces caractéristiques des éléments de discours à l’attention du citoyen, de l’entrepreneur, de l’investisseur ou du touriste. Mais il est important de noter que :

  1. le discours et l’image ne suffisent pas (combien de labels se superposent de manière assez stérile aujourd’hui ?) ;
  2. si la question de la gouvernance se pose a priori ou a posteriori de la campagne de communication, du slogan, de la « marque » ou du projet électoral, elle est incontournable pour la soutenabilité et la durabilité de l’impact des actions pour le territoire et pour la capacité de ce dernier de capter et développer les conditions de son avenir.

 

Fin de la première partie.

Philippe Gimet.

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1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference

This conference is jointly organised by:

We are pleased to announce the 1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference, which will take place in Lisbon, Portugal from 10 to 12 September 2010. The Conference builds on previous events organised by the Centre for Tourism and Cultural Change at Leeds Metropolitan University (www.tourism-culture.com) and will mark the establishment of the Tourism-Contact-Culture Research Network as an international group of university researchers interested in critical tourism research. It will also bring a long established tradition in tourism anthropology research at the Portuguese Network Centre for Anthropological Research, CRIA (www.cria.org.pt) to a wider international audience. The conference is to become an annual series hosted by members of the Tourism-Contact-Culture Research Network or by the annual conferences of professional academic associations.

As tourism research spreads into the social sciences, the aim of this series is to bring together social scientists studying tourism and related social phenomena from different disciplinary perspectives. We wish to discuss and ‘test’ the theoretical premises of foundational texts in tourism studies and to develop ongoing critique and new ideas. We welcome papers both from established academics re-assessing their work in the light of current theoretical developments in the social sciences and from an emergent generation of academics presenting their research outputs. Tourism and Seductions of Difference, the theme of the 2010 Conference in Lisbon, Portugal addresses key issues and theoretical perspectives which have left their mark on tourism research over recent years.

Tourism and Seductions of Difference

The idea of ‘difference’ appears to be one of the central ontological premises of tourism. Tourists travel to, and through, spaces ‘different’ from those they inhabit most of the time. They voluntarily expose their bodies to different environments; they may ingest different foods, live in a different temporality, and meet different people. Many authors have studied how such differences are socially construed, how people and places are experienced and brought into being through the perceptive realms of the journey, but also through the political agendas of stakeholders acting within the field of tourism and cultural policy. The cultural history of tourism indicates that tourists are somehow ‘seduced’ by specific places or types of places – forests, mountains, rivers, churches and religious shrines, stately homes and palaces, ancient monuments, ruins, waterfalls, seashores, countrysides, islands, cities, etc. Some psychologists, for instance, have observed how some places – such as Florence, Jerusalem, or Paris – trigger quasi-Stendhalian epiphanies among certain tourists who often do not seem to share more than a common nationality. Who, or what are they seduced by? What constitutes this arousal? How do tourists learn what to be seduced by? How is the tourist experience and the temptation to travel culturally framed? How are places and tourist attractions assembled to entice tourists?

The political economy of seduction in tourism is often part of the processes that support the formation and symbolic configuration of specific social and temporal separations. Seen by some commentators as a socially organised transgression of social and spatial boundaries, tourism appears to question the ontology of differences. By doing so, it seems to contribute to the bringing-into-being and reaffirmation, but also to the readjustment, of moral orders underlying various boundaries, differences, separations and related concepts of self. Tourism has played and continues to play an important role in the formation and maintenance of nationalisms, gender and social classes, but also in struggles for the recognition of ethnic or indigenous identities, and the legitimisation of cultural specificities of regions or people. It is being formed and performed within different contact zones marked by forms of mutual seduction. In many cases, primeval tourist attractions have become socially reproduced and cultivated as markers of social identity within ‘destinations’. Semantically re-embedded in the lingo of heritage, these attractions have frequently helped to shape and legitimate new forms of local, ethnic or national identity within ‘destination’ societies. Tourists are often actively lured here into admiring sets of attractions whose underlying moral order embodies claims to specific forms of identity and political power within such societies. How do the various contact zones of tourism – hospitality spaces, living rooms, city centres, heritage sites, museums, gardens and landscapes etc. – allow such claims to be formed and performed? Which are the mediators of such claims? What is the allure and political magic of tourism within these contexts?

Seduction is no isolated act but always has some form of consequence and usually demands compensation. In the same vein, touristic consumption is not free, and in different senses implies forms of expected reciprocity. What are the moral obligations of those who lure tourists to a symbolic death by singing a siren song? How are tourists resuscitated, and how do they buy their freedom? What are the threats and consequences of seducing tourists? What happens when tourists seduce? How does tourism seduce all sorts of people and who rejects seduction? What kinds of society result from tourism?

Themes

Along with studies on methodological issues in tourism research, we welcome papers that address issues related to the theme of the conference. Indicative topics of interest include:

  • Ontologies of seduction: boundaries, differences, separations, times, others
  • Formations of seduction: social assemblages, contact cultures, attractions
  • Fields of seduction: gender, houses, heritages, nations, territories, classes
  • Mediums of seduction: texts, bodies, arts, architectures, foods and natures
  • Techniques of seduction: performance, flirtation, enticement, friendship, magic,  concealment
  • Emotions of seduction: temptations, transgressions, ingestions, emancipations
  • Threats of seduction: spoliation, contamination, exclusion, death, degradation
  • Politics of seduction: hospitality, containment, kinship, power
  • Moralities of seduction: obligations, reciprocity, co-habitation
  • Consequences of seduction: mobilities, cosmopolitanisms, world society

Academic Committee

  • David Picard and Maria Cardeira (CRIA/FCSH-Dept of Anthropology, Universidade Nova de Lisboa, Portugal)
  • Simone Abram and Mike Robinson (Centre for Tourism and Cultural Change (CTCC), Leeds Metropolitan University, UK)
  • Saskia Cousin (research group Tourisme: Recherches-Institutions-Pratiques, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) in Paris, France )
  • Nelson Graburn and Maki Tanaka (Tourism Studies Working Group (TSWG), University of California at Berkeley, USA)
  • Noel B. Salazar (Cultural Mobilities Research (CuMoRe), University of Leuven, Belgium)
  • Mathis Stocks (Centre de Recherche Interdisciplinaire sur le Tourisme, Institut Universitaire Kurt Bösch, Sion, Switzerland)
  • Pamila Gupta (Anthropology-Wits Institute for Social and Economic Research(WISER), University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa)
  • Naomi Leite (Dept of Anthropology, University of Toronto, Canada)
  • Camila del Marmol (research group Patrimonialization of Nature and Culture, University of Barcelona, Catalonia, Spain)
  • Ramona Lenz (Institute of Cultural Anthropology and European Ethnology, Goethe University Frankfurt, Germany)
  • Chiara Cipollari (Dept of Anthropology, University of Perugia, Italy
  • Sanja Kalapos Gasparac (Institute of Ethnology and Folklore Research, Zagreb, Croatia)
  • Britt Kramvig (Northern Research Institute (Norut), Tromsø, Norway)
  • Ester Võsu (Institute for Cultural Research and Fine Arts, University of Tartu, Estonia)
  • Margaret Hard (University of Las Palmas de Gran Canaria, Spain)
  • Michael A. Di Giovine (Dept of Anthropology, University of Chicago, USA)
  • Kenneth Little (Dept of Anthropology, York University at Toronto, Canada)

Call for papers

During the conference, paper presenters will be given 20 minutes with an additional Q&A time of 10 minutes (TBC). To propose a paper, please send a 250 word abstract including title and full contact details to tourismcontactculture@gmail.com. The Call for Papers for this event will initially be open until 20 March 2010. Late abstracts may be considered.

Registration

Registrations will be open from the end of March 2010. Registration forms can soon be downloaded at www.tourism-culture.comand at .www.cria.org.pt

Funding and Sponsorship

The conference is based on a cover-cost basis. Registration fees have not been fixed and their amount shall depend on the outcomes of different funding bids. The conference will not pay for travel and accommodation costs. Special rates for students and early registrations shall be available. Further details will soon be available.

Contact

Dr David Picard

CRIA/FCSH-Universidade Nova de Lisboa, Lisbon

CTCC, Leeds Metropolitan University, Leeds, UK

Conference contact email: tourismcontactculture@gmail.com

Url associée : http://www.tourism-culture.com/pop_up/forthcoming_conference…

Source : rezotour.com

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Pourquoi je suis de gauche et j’aime l’appel au secteur privé

Photo Michael Zumstein / Agence Vu

Un de nos membres a souhaité réagir à propos d’un commentaire déposé par un intermittent du spectacle sur lesinrocks.com, suite à un article qui faisait état de la mobilisation des professionnels de la culture à Avignon. Au regard du contexte actuel particulièrement tendu du secteur, l’auteur a choisi de publier son article anonymement afin de ne pas connoter le débat par la seule indication de son nom et de ses fonctions.

La réforme territoriale, le désengagement de l’Etat : des sous ! Des sous ! Et les sous de tous les français, s’il vous plait, car nous, nous  travaillons pour le Bien Public, dans l’Intérêt Général, on nous le doit, ce fric, et l’argent privé, celui des entreprises, ne fait que des trucs nuls, les pays qui ont un autre système que le notre sont aussi des nuls!

Les professionnels du spectacle ne sont pas unis, car entre l’intermittent qui répond sur le blog et le directeur de l’Opéra de Paris, il y a un océan, mais tous deux diront la même chose :

  • On veut être libre de nos choix  (de créer, de programmer, de mette en scène, etc…)
  • On veut aussi que nos « tutelles », qui le seront donc le moins possible, nous accordent le droit de la prise de risque, dans ces choix. Autant dire d’échec possible.

Cinquante ans que ce système existe, mis en place par l’Etat puis copié par les satellites ( Communes puis département et enfin les Régions, plus jeunes).

Constat au bout de 50 ans :

1 – Tout le monde cotise pour la culture, paye pour la culture, la résidence d’artiste, la prise de risque du  metteur en scène, mais le chômeur de Mende a juste une chance sur 100 millions de bénéficier d’un abonnement à l’Opéra.

2 – Un jeune sur deux dit ne pas vouloir aller dans un musée, et sait motiver son refus : parce qu’on s’y ennuie, parce que ce n’est pas bien, parce qu’il préfère autre chose…(cf étude J et Sport 2006).Et ce, malgré trente bonnes années de collaboration et d’efforts financiers entre la culture, les musées et l’éducation nationale.

3 – Les plus déshérités, par l’isolement, la pauvreté, le handicap, sont très loin de fréquenter régulièrement les grands festivals du pays, très loin aussi d’aller de temps en temps dans les musées, les CDN, ou d’étudier 3 ou 5 ans dans les écoles d’art (cf étude 2003).Les expériences pour les « attirer » deviennent d’ailleurs de plus en plus pathétiques, au vu des moyens consacrés par rapport au budget culturel global du secteur public .

Le système de culture publique, quasiment soviétique, qui ne repose que sur la foi de lendemains meilleurs, « Continuons ainsi, on finira bien par démocratiser, dit-on chaque jour pour faire patienter les cotisants…» est tout de même la Bible partagée de l’intermittent et du directeur de l’Opéra.

Et l’Amérique ?

N’a-t-elle pas de bons artistes ? De bons musées ? De bons cinéastes ? De bons écrivains ? Et le Royaume-Uni ? Sa production artistique est-elle nulle, mauvaise? Ses lieux cultuels sont –ils rasants, vides, insipides ? Eh bien non.

Aucun autre système culturel, dans le monde, n’est financé, comme en France, par l’ensemble des contribuables, (L’URSS autrefois ? ). Même si, dans ces pays les financements publics existent aussi, mais ne prennent pas la même forme (celle de subventions directes et souvent reconductibles). Simplement, les professionnels de la culture, ailleurs,  acceptent le jeu des acteurs «  Si j’ai de l’argent public je dois avoir une fréquentation optima ») ainsi que l’évaluation de leur travail.

Cette Culture que le monde entier nous envie !

En France,  nous avons une expression fétiche : « Cette Culture, mais aussi cette  Justice, Médecine, Université, Education nationale…, au choix) que le monde entier nous envie !»

Et  oui, évidemment, et on comprend pourquoi : nulle part ailleurs les professionnels ne sont aussi gâtés, petites corporations qui se tiennent les coudes à l’abri de l’Intérêt Général, leur parapluie préféré, et qui, au quotidien, ont droit à l’erreur, à prendre des risques, à revendiquer des tutelles les plus légères possibles, une fois l’argent et les moyens alloués, ou à échapper à l’évaluation, à considérer qu’une forte fréquentation est suspecte, à un régime spécial de chômage, ou  à imposer à 200 000 habitants leur thèse de troisième cycle sous forme d’expo temporaire, avec le vocabulaire qui va avec ! Thèse ou encore leur auteur-fétiche, leur petite passion perso, mais « C’est l’avenir qui jugera de ma valeur,  comme pour les Impressionnistes ! » Autre expression-paravent sacrée, avec celles du Bien Public et  de l’Intérêt Général, celle, plus romantique, de l’artiste maudit, le producteur maudit, etc.. .

Dans le milieu professionnel de la culture, on revendique le cool, mais on accepte mal le jugement du peuple (démagogie, populisme). C’est symptomatique, on fustige même ce qu’il mange, comme cette phobie anti Mac Do, la nourriture des plus pauvres d’entre-nous, pourtant. (Au passage : Mac Do a  remplacé le Coca Cola d’autrefois). Ou ce qu’il aime (Block busters du cinéma).

Les jugements qui comptent : comme on « enseigne » et on « fait découvrir » aux plus pauvres, on ne peut attendre d’eux un jugement.  Seul le jugement de ses pairs compte, avec qui on fait un match permanent du « Je suis meilleur que toi ! ». A la rigueur, on veut bien faire un deal en acceptant un compromis (un artiste, un producteur…) avec l’Etat, et l’un de ses chouchous imposés, car l’Etat reste le seul juge, prestigieux dans un CV, une conversation entre amis. L’Etat est le Garant de l’Intérêt Général, on y reviendra.  Mais pas plus….

Les entreprises ? Satan ! Les mécènes ? Tous des riches, donc des ripoux ! Exit donc le jugement du peuple, des plus pauvres et celui des entreprises… Nous sommes des professionnels, nous savons ce qui est bon pour vous, même si vous ne le savez pas, et basta ! La preuve ? Notre public habituel, les profs et, en général, toute la bonne petite bourgeoisie qui s’abonne dès l’ouverture de la saison  théâtrale,  nous suivent! Vous avez dit élitiste ?

Attendons ! Attendons, tout cela va porter ces fruits, cette profusion, tous ces moyens, ces conditions de travail super, cette liberté, ces subventions, cette absence d’évaluation qui pourrait devenir une sanction. La démocratisation va bien arriver un jour, non  ???

OK, mais SEULEMENT si on change ces pratiques corporatistes et si on réfléchit au lieu de réciter un catéchisme, si on redonne la parole aux élus, parce que ce sont eux, en démocratie, qui représentent les gens. Si on se contente de l’intérêt commun, sans invoquer l’Intérêt Général et la République, car le Pen est républicain et Sarkozy aussi. Fermons les parapluies et regardons le chantier.

Par où commencer, d’ailleurs ?

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Les règles tuent les festivals en Flandre

En Flandre, la saison des festivals de musique a commencé. Près de 300 manifestations vont attirer des centaines de milliers de visiteurs. Pourtant, les règlements menacent de mettre à mal les festivals, déplore le quotidien De Standaard : “Toute la dynamique socioculturelle est née de l’amour de la musique de quelques organisateurs amateurs à la fin des années 70 et se base encore souvent, malgré un public croissant et la professionnalisation, sur les mêmes principes : les festivals réunissent les hommes. … Assurément, les organisateurs de festival ont pris auparavant, souvent à cause de leur seule naïveté, des risques irresponsables pour la sécurité, la santé et la protection de l’environnement. Mais nous ne pouvons nous souvenir de grandes tragédies dans les 30 dernières années. Les choses étaient certes improvisées mais l’ambiance était bonne. Les grands festivals ont les moyens de mettre en place du personnel pour satisfaire les règlements, les petits festivals non. Le petit organisateur qui organise un festival souvent pendant son temps libre se transforme en comptable. Cela tue la joie.”

Source : BpB

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Synergie art et économie : la martingale de la créativité

Sixième chapitre de notre série de publications issues des rencontres débats passionnants qui ont eu lieu au sein du Grand Lyon dans le cadre du cycle de rencontres « Grand Lyon Vision Culture » et dont son concepteur Pierre-Alain Four* nous fait l’honneur et l’amitié de nous autoriser la diffusion. Le document se consacre à l’élargissement des définitions de l’art et de la culture à travers la notion de «créativité » qui permet une synergie entre art et économie qui bouleverse nos conceptions traditionnelles. Dans quelle mesure les artistes peuvent-ils contribuer à une société de la connaissance et à la vitalité de la vie urbaine ? Comment les repérer et les solliciter ? Comment les associer à des dispositifs de politiques publiques ?

Pour consulter le document en ligne, cliquez ici. Vous pouvez également le télécharger dans notre box « Ressources ».

Pour consulter le chapitres précédents : chapitre 1chapitre 2chapitre 3chapitre 4, chapitre 5

*Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), Pierre-Alain Four, a été chercheur associé au Pacte-CNRS (IEP de Grenoble) et est membre fondateur de l’Association pour la promotion et l’organisation de la recherche en sciences sociales (Aporss), puis de FRV100. Il a notamment travaillé sur les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), la vie intellectuelle en province et d’une manière générale sur de nombreuses questions culturelles et artistiques. Il a notamment analysé les relations entre artistes et amateurs, et la place des artistes insérés dans des dispositifs de politique publique éloignés de leur champ professionnel d’origine (politique de la ville par exemple). Il a aussi été chargé de cours à l’Université de Montpellier III, à l’école des Beaux-Arts de La Réunion, à l’université Lyon2, etc. Il est actuellement veilleur culture pour la DPSA où entre autre missions, il anime et conçoit le cycle Grand Lyon Vision Culture.

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