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Maribor, capitale européenne renaissante

Maribor, la deuxième ville de Slovénie, est l’une des capitales européennes de la culture 2012. Malgré de nombreux retards et problèmes financiers dans les préparatifs pour 2012, le projet sera réussi dans son contenu, estime le quotidien de centre-gauche Delo : “Quoi qu’il en soit, les organisateurs sont parvenus grâce à leur talent d’improvisation à faire du projet de capitale européenne un ensemble solide et accompli. Maribor et les cinq villes slovènes partenaires connaîtront, sur le court terme du moins, une renaissance culturelle et artistique d’un an. Quelles que soient les circonstances, le programme est comparable à la majorité des capitales européennes de la culture précédentes, aussi bien sur le plan qualitatif que quantitatif. Sur le long terme, les difficultés qui ont émaillé les préparatifs pour 2012 seront toutefois visibles. Car dans aucune des six villes partenaires n’est encore née une institution culturelle significative.”

Source : BpB

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A propos de l’ARF et de sa manière de considérer les enjeux culturels !

L’Arf a décidé d’organiser ses premières Assises nationales des Régions consacrées aux questions de culture. Elles  se dérouleront à Lyon, le 25 janvier prochain (à partir de 14h) et le 26 janvier (jusqu’à 13h30). Elles donneront lieu à un vaste échange d’expériences et viseront à mettre en débat les questions de gouvernance territoriale et de recomposition des politiques culturelles à l’échelle régionale.

Il y a bien longtemps que l’on attendait une telle initiative, mais à bien regarder le programme, on ne peut pas ne pas s’étonner.

J’ose donc communiquer mon étonnement.

D’abord, étonnantes sont ces assises lyonnaises par le rideau de fumée des questions qu’elle pose : en un jour,  68 questions, enfilées comme des perles, prouvant ainsi que l’ARF n’en a pas résolu beaucoup auparavant, (malgré les changements de législation sur la décentralisation !!).

Admettons que ce soit le réveil de la belle au bois dormant. Mais alors, mauvaise surprise !

Car les régions ne se posent que les questions relatives à la vitalité du secteur culturel. La culture dans le programme est simplement réduite à un secteur d’activités  produisant des biens et des services culturels grâce aux professionnels. Comment organiser l’offre, avec de l’argent public et de l’argent privé ; comment faire connaître nos produits aux consommateurs actuels et futurs ? Comment ces offres (créatives) vont-elles  augmenter l’attractivité de chaque territoire, donc la compétition entre eux ! Exportation des produits, mobilité des producteurs (artistes),  emploi, diffusion des spectacles (ventes), valorisation du patrimoine et gouvernance de toutes ces richesses.Toute la panoplie de l’entrepreneur culturel public y est !!

Mais, au-delà, le vide : rien sur les “droits culturels”, rien sur la reconnaissance des identités culturelles des êtres en dignité sur chaque territoire (et entre les territoires), rien sur  les enjeux de confrontation des identités culturelles dans un monde de tensions. En somme, rien sur la créolisation du monde et le Vivre ensemble. Rien sur la solidarité, la démocratie, les  réciprocités nécessaires pour construire l’humanité par la diversité des cultures. En somme, une réflexion collective qui évite de s’interroger sur le sens et la valeur, disons sur les enjeux éthiques des interventions culturelles publiques pour parvenir à un meilleur développement humain.

Alors, pourquoi citer Vilar, il ne mérite pas ça, et Glissant encore moins, car le texte de justification des assises fait référence à un manifeste collectif signé par Edouard Glissant et par huit autres personnalités (Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver,  Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William) voir : http://www.afrik.com/article16280.html;

Car ces assises se présentent sans complexe comme : un “rendez-vous de « haute nécessité » comme le diraient nos amis d’Outre-mer.“.

On n’en croit pas ses yeux  quand on se rappelle ce qui est écrit dans le manifeste  de “ces amis d’Outre-mer”, cité en exergue. Lisons : “Alors que mettre dans ces “produits” de haute nécessité ? C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.”

Pourquoi l’ARF cite ce texte qui nous parle de “Dignité”, au sens des droits humains fondamentaux, alors que ces références sont  inconnues ou ignorées par les assises régionales !  Pour être cohérentes avec ce texte, ces premières assises auraient dû se mettre à distance de la logique consommatrice du secteur culturel (combien de publics, combien de touristes, quel chiffre d’affaire, comment gagner plus !). Quitte à voler des textes à Glissant, Chamoiseau et les autres, il aurait fallu avoir l’honnêteté de tout prendre…. , car le Manifeste  en dit long sur ses exigences politiques. Il est  à méditer pour les apprentis sorciers des citations :“Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens.

Ou encore,

“L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables “producteurs” – chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble.”

Ainsi, avant de faire référence à “nos amis d’Outre-mer”, il aurait fallu relire la critique et ne pas faire comme si elle  n’avait pas d’importance ! Et il aurait été rassurant que ces assises la comprenne : les régions auraient pu affirmer que la culture ne pouvait se limiter au stock des marchandises sur les rayons des épiceries culturelles, publiques ou privées, mais que l’enjeu culturel est  plutôt d’engager les interactions entre des personnes reconnues d’égale dignité et d’égale liberté (dont la liberté artistique), en vue de faire ensemble un peu mieux “humanité”. Mais sans doute, les rédacteurs ne connaissent-ils pas la Déclaration de Fribourg et pas plus la Convention Unesco sur le PCI -  patrimoine culturel immatériel  qui concerne pourtant aussi les régions – et, encore moins, les 7 premiers articles de la Déclaration universelle de 2001 de l’Unesco (l’usage qui est fait de “diversité  culturelle ” dans l’annonce du programme le montre assez clairement !).

Ces assises en restent, en fait, au programme d’un bricoleur pragmatique !  Avec “boite à outils”, mais pour quelles valeurs culturelles , pour quel sens de la politique culturelle ? Celle des droits culturels pour plus d’humanité ou celle de la directive “services” de l’Union européenne  pour  répondre aux attentes des consommateurs,  donc aux soucis d’émotion des abonnés à Télérama ? Refus du débat éthique, ces assises font peur à refuser l’essentiel de l’enjeu culturel : l’émancipation qui est pourtant le credo du texte cité en exergue : “Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. “

Là, je ne vois pas les présidents de régions et leurs services culturels  applaudir !

Bon courage quand même aux régions dans leur réflexion sur leur mission publique de faire culture ensemble , c’est-à-dire faire plus humanité en société de liberté ! ça viendra un jour ! Peut-être pour les secondes assises ? Mais quand le changement lucide viendra-t-il vraiment sur le front de la politique culturelle publique ?

Jean Michel Lucas et Doc Kasimir Bisou

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Culture et développement durable : il est temps d’organiser la palabre…

Quelle belle manière de finir 2011 et d’entrer en matière pour 2012 ! Il nous l’avait promis et il l’a fait : l’inénarrable Jean-Michel Lucas (alias Doc Kasimir Bisou) vient de publier via l’IRMA la version désormais achevée du texte dont nous faisions déjà état il y a plus d’un an sur le thème “culture et le développement durable”.

Cette contribution majeure pose les fondements d’une nouvelle action en matière culturelle et matière de politique culturelle mais bien entendu avant cela, comme l’indique l’IRMA dans sa présentation de l’ouvrage, l’auteur révèle les incohérences d’un secteur culturel qui se soumet aux lois du marché, et tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les écueils de la démocratisation de la culture et propose d’autres pistes de réflexion et de perspective politique sur la « volonté collective de déterminer les bonnes attitudes culturelles nécessaires pour construire un avenir commun à l’humanité durable ». Alors, la culture doit-elle contribuer au développement durable humain ou en être une condition ? Jean-Michel Lucas pousse son analyse jusqu’à proposer une nouvelle écriture de l’Agenda 21 de la culture qui assumerait des dispositifs de débats « libres, ouverts et documentés », en lien avec des dispositifs d’action publique notamment au niveau européen.Avec l’approfondissement de la crise économique, la « culture » a changé de rôle : elle est devenue espoir d’un futur meilleur, au point d’être considérée comme le quatrième pilier du développement durable pour l’Agenda 21. Certes, sous le chapeau des industries culturelles et créatives, l’illusion semble parfaite puisque la culture générerait plus de 600 milliards d’euros et représenterait 14 millions d’emplois dans l’union européenne. Mais, face à ce constat, Jean-Michel Lucas pointe la perte de sens de ce nouveau rôle attribué au secteur culturel. Après avoir analysée la place qui lui est accordée dans les textes fondateurs du développent durable humain (de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement de Rio en 1992 jusqu’à l’Agenda 21 de la culture), il montre l’impasse dans laquelle se trouvent actuellement les professionnels de la culture qui n’ont plus qu’une position de « fournisseurs de services » et troquent leur public fidèle contre de bons clients. L’auteur s’emploie à démontrer qu’une autre perspective politique, ouverte initialement par Jon Hawkes, est nécessaire et possible ; elle prend acte des accords internationaux sur la diversité culturelle et affirme la primauté des enjeux de reconnaissance de la dignité des personnes dans leur identité culturelle toujours mouvante. La culture, dans l’esprit de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, n’est plus un chiffre d’affaires de champions nationaux, mais une éthique, pour faire ensemble société, ou mieux encore, faire humanité commune et durable. L’auteur préconise de réécrire, en ce sens, l’Agenda 21 en estimant qu’il est vraiment temps d’organiser la palabre !

L’auteur, Jean Michel Lucas, universitaire, est engagé de longue date dans l’action culturelle et particulièrement la valorisation des musiques actuelles. Il a occupé des fonctions de responsabilité dans l’administration culturelle (Drac et conseiller de Jack Lang). Ses travaux de recherche portent sur la critique des politiques culturelles et, sous le pseudonyme du Doc Kasimir Bisou, il plaide pour la prise en compte des enjeux éthiques dans la conduite des politiques de la culture.

Nous attendons avec impatience la version anglaise car cela ne fait aucun doute que ce texte va faire le tour de la planète.

Références de l’ouvrage : 

Titre “Culture et développement durable. Il est temps d’organiser la palabre…” • Éditeur : Irma, collection ®evolutic • Édition : Janvier 2012 • Format : 15 x 20 cm • Pagination : 128 pages •

Pour plus d’informations et commander l’ouvrage, cliquez ici.

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“Happy Hours” : une étude de référence

Conformément à sa mission d’observation du livre et de l’écrit en Île-de-France, le MOTif a consulté, à l’automne 2009, les réseaux départementaux de lecture publique d’Île-de-France. C’est dans ce cadre que ceux-ci ont émis le souhait que soit réalisée une étude concernant l’impact des horaires d’ouverture sur les usages et fréquentations en bibliothèque, sujet qui constitue un véritable enjeu pour la modernisation de nos équipements territoriaux de lecture publique.

Beaucoup de collectivités font en effet le difficile constat que leurs bilbiothèques et médiathèques ne touchent pas suffisamment toutes les catégories des populations de leur territoire et qu’il est difficile de permettre à tous d’être accueillis compte tenu des rythmes de vie et de leurs évolutions ces vingt dernières années. La problématique des horaires est d’actualité parce qu’elle fait aussi l’objet de nombreuses réflexions politiques et professionnelles sur les thèmes de la lecture publique et des temps de vie. Les quatorze « Propositions de Frédéric Mitterrand pour le développement de la lecture » (mars 2010), dont la troisième concerne l’extension des horaires d’ouverture « pour les 50 bibliothèques municipales les plus importantes », les ont prolongées ou relancées en relayant l’idée d’une nécessaire modernisation : « Alors que le public de la culture est de plus en plus sensible à l’adaptation des équipements aux rythmes de vie et aux nouveaux usages, l’évolution de l’amplitude horaire est un sujet majeur. » Le rapport de M. Georges Perrin, avait pu lui aussi, en 2008, attirer l’attention sur la question, notamment en comparant les volumes horaires moyens français et européens, et proposer des solutions.

Il est donc nécessaire d’avoir des enquêtes et études de référence sur l’articulation des profils des fréquentants et des usages en fonction des horaires d’ouverture des bibliothèques-médiathèques territoriales car plusieurs tendances à la polyvalence et à la mixité des activités se développent, comme celle qualifiée de “troisième lieu” par exemple.

L’étude est téléchargeable sur le site du MOTif et dans notre box ressources.

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Scots-Chinese cultural agreement

A Memorandum of Understanding on Culture between China and Scotland has been signed today, committing the governments in Beijing and Edinburgh to supporting greater exchange and collaboration across the arts, creative industries, heritage and national collections – one of three major cultural agreements sealing links between the two nations.

First Minister Alex Salmond signed the MoU along with China’s Minister of Culture Mr Cai Wu at a ceremony in Beijing.

The intergovernmental MoU commits to closer ties across four key areas: cultural collaboration; best practice; educational outreach; and networking opportunities. It follows discussions between the First Minister and His Excellency Cai Wu on July 9 2010 in Beijing on the opportunities for building on the already significant cultural exchanges and ties between China and Scotland.

Immediately following the MoU signing, the First Minister then witnessed the signing of a Memorandum of Understanding, between Edinburgh International Festival and the China International Culture Association to further expand artistic dialogue. This was signed by Jonathan Mills, Edinburgh International Festival Director.

In the same ceremony at China’s Ministry of Culture, a formal agreement was also signed between Historic Scotland and the State Administration of Cultural Heritage to incorporate into the ‘Scottish 10′ digital mapping project, the Eastern Qing Tombs, east of Beijing in the Hebei Province – which Mr Salmond visited yesterday (Sunday).

Examples of Sino-Scots cultural exchange in recent years include performances by both the National Ballet of China and Shanghai Peking Opera Troupe at this year’s Edinburgh International Festival, a 2009 tour in China by Scottish Ballet and collaborations between the National Museum of Scotland and both the National Geological Museum of China and the Chinese Aviation Museum. Last week a nine-person delegation of museum directors from China were in Scotland to view some of most popular museums, including the Kelvingrove Art Gallery and Museum in Glasgow and the National Museum of Scotland in Edinburgh.

In October Mr Salmond opened the Confucius Institute at the University of Glasgow, a partnership with Nankai University supported by the Chinese Ministry of Education’s Office for Chinese Language (Hanban) to build on long-standing research collaborations between the two universities and promote greater understanding of Chinese society and culture.

At a reception held this evening to celebrate the new MoU on Culture, Scottish Opera and nearly 50 students from Beijing No 4 School performed ‘Tale o’ Tam’, an opera based on Robert Burns’ epic poem, Tam O’Shanter. Scottish Opera, which also performed at the Beijing Caledonian Society St Andrew’s Day Ball on Saturday, have been rehearsing with the school pupils for the last week. This follows a similar Scottish Opera outreach workshop and performance in September, with the English Schools Foundation, of Bizet’s Carmen, at Hong Kong Academy for Performing Arts.

The First Minister said: “Since I met Mr Cai last year, the opportunities for increasing the scope and level of cultural exchanges between our two nations have multiplied. Across a wide range of cultural and heritage activities, doors are swinging open, enabling people in both countries to discover more about our respective cultures. These links add value to educational, scientific and business activities that can bring lasting benefits to Scotland and to China. Just hours after my visit yesterday to the famous Eastern Qing Tombs that will be digitally documented by our pioneering ‘Scottish Ten’ heritage project, China’s wonderful gift of two Giant Pandas arrived at Edinburgh Zoo as part of a collaborative effort to safeguard the future of these endangered creatures.

“Such examples of cultural exchange help to enhance mutual understanding between countries, creating an atmosphere of respect, trust and celebration. That is why I am pleased to welcome not only the new inter-governmental MoU between Scotland and China, but the two other partnerships agreed today. Taken together, these underline the rich, varied and blossoming cultural dialogue and understanding between our two nations.”

Jonathan Mills, Edinburgh International Festival Director, commented: “Having introduced Festival audiences in Edinburgh to the stunning, astonishing and articulate performances of the National Ballet of China and the Shanghai Peking Opera Troupe in Festival 2011, we wish to maintain artistic links with China and deepen our relationship with this incredibly rich, diverse and profoundly important culture.”

Scottish Opera’s General Director Alex Reedijk added; “Our work with No. 4 School this week is a great illustration of the cultural collaboration our countries aspire to. We’ve been able to share our best practice in arts education, built up over 40 years, and have been impressed by the pupils’ commitment to achieving so much in such a short period of time. It’s also wonderful to have the opportunity while we are in China to showcase young Scottish talent as an inspirational example of where arts education can lead.”

The Memorandum of Understanding between the Scottish Government and the Ministry of Culture of the People’s Republic of China covers all performing and visual arts, museums and collections, literature, publishing, film, crafts, built heritage and creative industries.

Last week, the First Minister declared that Scotland’s cultural heritage had undergone a “renaissance” following the opening of four newly-refurbished national cultural institutions – the National Museum of Scotland and the Scottish National Portrait Gallery in Edinburgh, Stirling Castle’s Royal Palace and the Robert Burns Birthplace Museum in Ayrshire – and a major new Museum of Transport & Travel in Glasgow, all within twelve months.

The agreement signed today between Historic Scotland and the State Administration of Cultural Heritage will see the Eastern Qing Tombs, which mark the final resting place of some of China’s best known emperors, digitally documented under the ‘Scottish 10′ project which will see all five UNESCO World Heritage Sites in Scotland and five international sites captured in 3-dimensional detail using cutting-edge laser scanning technology. These records can be used to monitor structural changes and provide source material for remote access and educational programmes.

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Eventful Cities: cultural management and urban regeneration

We are pleased to announce that the book Eventful Cities: Cultural Management and Urban Regeneration has now been acquired by Routledge Publishers. To mark this event they are offering a 20% discount, which is available via the code on the attached flyer. The book can be ordered via the Internet on the link below.

Processes of globalization, economic restructuring and urban redevelopment have placed events at the centre of strategies for change in cities. Events offer the potential to achieve economic, social, cultural and environmental outcomes within broader urban development strategies.This volume:

  • analyzes the process of cultural event development, management and marketing and links these processes to their wider cultural, social and economic context
  • provides a unique blend of practical and academic analysis, with a selection of major events and festivals in cities where ‘eventfulness’ has been an important element of development strategy
  • examines the reasons why different stakeholders should collaborate, as well as the reasons why cities succeed or fail to develop events and become eventful.

Eventful Cities evaluates theoretical perspectives and links theory and practice through case studies of cities and events across the world. Critical success factors are identified which can help to guide cities and regions to develop event strategies. This book is essential reading for any undergraduate or graduate student and all practitioners and policy-makers involved in event management, cultural management, arts administration, urban studies, cultural studies and tourism.

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C comme culture

Le n°43 de la Revue socialiste (revue de réflexion du Parti socialiste) paru pour le 3ème trimestre 2011 comprenait un dossier intitulé Abécédaire de la France (A comme argent par Jacques Julliard…). Denis Declerck* a été chargé de la notice C comme culture et il nous fait une fois de plus l’amitié de publier ses réflexions sur CEG.

En France, la culture est politique avant d’être un rapport individuel au monde symbolique. Difficile de parler de « culture » sans évoquer notre politique culturelle, ses réussites et ses échecs. Alors que les dépenses culturelles des ménages n’ont cessé d’augmenter depuis 20 ans pour atteindre 34 milliards d’euros en 2009, nous continuons à déplorer l’échec présumé de la démocratisation de la culture ou l’insuffisance des moyens qui lui sont consacrés. Qu’en est-il en réalité ? Où en sommes-nous en matière de culture ? Quels peuvent être les principaux enjeux culturels de la décennie qui vient de s’ouvrir ?

Constatons tout d’abord que la culture est de plus en plus souvent absente du débat et des programmes politiques, à droite comme à gauche.  Et demandons-nous : pourquoi ? 

A la fin des années 1970 la culture restait un territoire à conquérir pour la gauche. Porteur de valeurs de liberté (d’expression, de création), d’égalité (d’accès à ses vertus émancipatrices), de fraternité (tolérance et respect de la culture de l’autre), porté par une dynamique sociale issue des milieux culturels eux-mêmes, mais aussi d’enseignants, de travailleurs sociaux, de militants syndicaux…, l’accès à la culture était synonyme de liberté individuelle et de mieux vivre ensemble. Le combat pour la culture se voulait progressiste et mobilisateur, on pouvait même gagner des élections grâce à lui. Ce fût le cas des municipales de 1977 et de 1983 qui virent de nombreux militants culturels devenir maires, et des présidentielles de 1981.

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Parallèlement au développement de l’emploi culturel (430.000 emplois, 2% de la population active en France selon le recensement de 1999), les professionnels ont progressivement adopté une position défensive vis à vis des consommateurs, des militants et des élus. On l’avait connue innovante et généreuse, voici la culture conservatrice et corporatiste. Après le triste épisode d’Hadopi, qui peut encore croire le contraire ? Ce renversement brouille du même coup la perception des valeurs associées à la culture. Ses métiers n’attirent plus les jeunes diplômés, rares sont les élus qui en font encore leur cheval de bataille et, malgré des dispositions fiscales très favorables, le monde économique s’en détourne de façon spectaculaire (de 2008 à 2010, les sommes consacrées au mécénat culturel sont passées de 975 à 380M€ et ne représentent plus que 19 % du mécénat contre 39 % en 2008 selon l’enquête ADMICAL – CSA de 2010).

Que s’est-il passé ?

Non seulement la culture ne fait plus gagner la gauche aux élections mais elle peut même les lui faire perdre. La « gauche culturelle » est l’une des responsables de la dispersion des voix de gauche au 1er tour de l’élection présidentielle de 2002. Puis vînt l’été 2003 et son cortège de festivals annulés. Le carrosse est devenu citrouille, et les artistes des travailleurs ou des patrons comme les autres voire « pires », car plus précaires ou plus exploiteurs. Les professionnels de la culture se désintéressent de la politique, comme d’autres pans du corps social, les élus prennent leurs distances avec un milieu de râleurs patentés disposant d’un fort pouvoir de nuisance.

 Pour nombre d’élus de gauche, le bilan de Jack Lang est indépassable. Ceux qui, comme Catherine Trautman, se sont risqués au changement de paradigmes (mise en valeur de l’action culturelle, désacralisation de la figure du « créateur) ont subi les foudres des professionnels du spectacle et s’en sont allés. Jean-Jacques Aillagon puis Renaud Donnedieu de Vabres, impuissants face à la crise ouverte par la réforme du régime de l’intermittence, Christine Albanel, incapable de trouver une issue aux Entretiens de Valois sont également tombés sous les coups du monde du spectacle. L’actuel ministre de la culture, bien que sous tutelle de l’Elysée et flanqué pendant deux ans d’un Conseil de la Création Artistique, ne s’en sort pas mieux que les autres.

Alors que faire ?

Peut-on ré – enchanter le rapport entre artistes et politiques ? C’est très improbable, mais il est possible de jeter les bases d’une nouvelle alliance entre art, culture et société. Est-il envisageable de recréer un rapport sain entre les milieux culturels et les élus de gauche, les uns se comportant de façon moins corporatiste, les autres cherchant à comprendre au lieu de compatir ? Sans doute, à condition qu’ils acceptent de confronter leurs objectifs respectifs et de se livrer à un examen précis des conditions économiques et sociales de leur réalisation.

C’est moins romantique, mais c’est plus simple à comprendre pour un citoyen en général et un élu en particulier.

En 2012, la gauche devra relever trois défis majeurs

En premier lieu, car c’est la base de toute politique émancipatrice qui vise à la fois la construction de la personne et celle de la citoyenneté, il s’agit d’offrir un accès généralisé à une véritable éducation artistique et culturelle, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie.

Pour y parvenir, l’école et les mouvements d’éducation populaire devront être mobilisés autour de cet objectif, tout comme l’audio-visuel public ainsi qu’un « service public de la culture à domicile » qui reste à créer au plus vite (sur ce sujet voir l’article d’Olivier Donnat « En finir (vraiment) avec la démocratisation de la culture » in OWNI).

Il faut également garantir l’expression de la diversité culturelle dans l’espace public physique ou numérique. L’espace symbolique national doit continuer à porter les valeurs universelles de la République mais il doit également refléter la diversité ethnique, religieuse ou culturelle qui fait le quotidien de nos villes et de nos quartiers. Nos établissements culturels subventionnés sont trop timides sur ce point, se réfugiant le plus souvent derrière un universalisme de façade. Les industries culturelles paraissent plus audacieuses, mais elles se bornent le plus souvent à une approche « marketing » qui ne saurait suffire à saisir toute la complexité du réel. Au final, les contenus présentés dans les lieux culturels ou via le numérique rendent assez mal compte de la diversité et du métissage de notre espace national.

Il convient enfin de permettre aux filières de production et de diffusion artistiques de trouver leur équilibre économique, en cohérence avec la réglementation européenne. Pas de démocratie culturelle sans pluralisme des contenus produits et diffusés. Prenant acte que la culture est désormais un véritable monde économique et social (environ 50 milliards d’euros, plus de 3% du PIB), la gauche doit passer d’une logique de subvention à une logique de régulation et d’incitation.

Pour relever ces défis, nous aurons besoin d’une organisation beaucoup plus décentralisée, sans se passer pour autant d’une vision et d’une impulsion nationales.

L’Etat est le mieux placé pour piloter la stratégie et réguler le secteur. En transférant progressivement ses moyens d’action aux Régions ou agences spécialisées dans l’accompagnement des filières artistiques et culturelles (sur le modèle du CNC ou du CNL), il leur permettra d’agir au plus près des réalités des acteurs. L’échelon local, essentiel pour la cohésion sociale, sera pleinement opérationnel pour développer l’éducation artistique et les pratiques en amateur, ou pour favoriser l’expression de la diversité culturelle dans l’espace public. Ainsi réorganisée, l’action de la République retrouverait un peu de cohérence et de lisibilité. Le citoyen – contribuable y verrait plus clair. Le professionnel saurait de nouveau à quoi il sert. L’élu redeviendrait garant de l’intérêt général. Chacun essayant de saisir la complexité d’un monde en perpétuelle mutation.

Denis Declerck

Du même auteur :

*Denis Declerck est directeur de l’action culturelle à la communauté d’agglomération d’Evry Centre Essonne. Avant cela, il a été directeur de théâtres à Vienne (1989-1992) puis à Béziers (1992 – 1999) avant de rejoindre le ministère de la culture : conseiller théâtre et action culturelle à la DRAC Nord Pas de Calais (1999 – 2004) puis inspecteur (2004 – 2009). Il a notamment été le coordonnateur et le rapporteur général des Entretiens de Valois. Denis Declerck est titulaire du Master 2 “Direction de projets culturels” délivré par l’Observatoire des Politiques Culturelles  et Sciences – Po Grenoble (1997).

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Services publics locaux : la révision bat son plein

L’Etat français, le Parlement européen et les acteurs locaux regrettent que des contraintes supplémentaires complexifient souvent la réforme du financement des services publics qui se veut pourtant simplificatrice. Certes, le régime “de minimis” s’avère plus souple, mais les aides supérieures à 15 millions d’euros seront davantage contrôlées.

La Commission européenne a fait connaître ses intentions le 16 septembre. Depuis, les prises de position se multiplient sur la réforme des aides publiques aux services d’intérêt économique général, acception large qui recouvre aussi bien le transport aérien que la petite enfance.
Très imprégnée par le respect de la concurrence, la conception européenne des services publics locaux évolue à la faveur de la crise et de l’expiration, cette année, des règles adoptées en 2005.

Services culturels

Bruxelles a fait bouger les lignes, en acceptant d’élargir à de nombreux services sociaux les règles de financement simplifiées jusqu’ici réservées aux hôpitaux et au logement aidé. Mais de l’avis de nombreux observateurs, la révision européenne reste insuffisante. La France aimerait par exemple que les services culturels bénéficient des mêmes souplesses que les services sociaux, exemptés par la réforme des contraintes de seuils au-delà desquels l’aide publique doit être notifiée à Bruxelles.
Dans le rapport de l’Allemand Peter Simon (S&D), adopté la semaine dernière par la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, les élus s’inquiètent des contraintes supplémentaires que l’exécutif européen fait peser sur les collectivités locales. La Commission a ajouté dans ses propositions toute une série de critères “pouvant se révéler nécessaires pour garantir que le développement des échanges n’est pas affecté”.
Parmi eux, le fait par exemple d’éviter qu’un mandat (acte par lequel une collectivité définit les services rendus) ne “regroupe une série de missions” et fasse “l’objet de mandats distincts”. La Commission l’explique par la volonté de préserver “la possibilité pour les autres prestataires de services de faire jouer la concurrence sur ce marché”. Les parlementaires, de leur côté, estiment que ces nouvelles conditions sont sources “d’incertitude juridique”.

Habitants et chiffre d’affaires

D’autres points font débat. La Commission européenne propose par exemple de relever le seuil des aides de faible montant (dites “de minimis”), en-deçà duquel les prestataires de services et les collectivités sont libérées des contraintes européennes. Mais elle y intègre des conditions liées au chiffre d’affaires de l’entreprise (5 millions d’euros sur 2 ans) et à la taille de la commune (10.000 habitants maximum). “Si un tel critère devait s’appliquer, la réforme irait à l’encontre de la simplification recherchée et très peu de collectivités françaises bénéficieraient de l’assouplissement annoncé des règles”, déduit la Maison européenne des pouvoirs locaux français, dans un contexte où beaucoup de petites communes françaises se regroupent pour mutualiser les SIEG.
Raisonnement identique sur la notion de chiffre d’affaires, jugée restrictive au regard de l’activité des entreprises : “Certains opérateurs ayant une dimension nationale peuvent très bien intervenir sur des activités de niveau local”, poursuit l’organisation.
Un point de vue partagé par le gouvernement français, qui souhaite faire sauter les deux verrous introduits par la Commission, sans toutefois encourager le relèvement du plafond des aides de minimis. La Maison européenne des pouvoirs locaux, comme le Comité des Régions plaident pour une augmentation drastique à 800.000 euros par an. La Commission propose 150.000 euros. La France, de son côté, penche davantage pour une limite de 450.000 euros, mais répartie sur trois ans, afin d’apporter la souplesse nécessaire à une compensation éventuelle des dépenses d’une année à l’autre.

“Incompréhension profonde”

D’autres limites introduites par Bruxelles sont contestées. Les aides supérieures à 15 millions d’euros devraient par exemple être notifiées auprès de la Commission qui jugera de leur légalité. Auparavant, le seuil était deux fois plus élevé. “Les associations tiennent à exprimer leur incompréhension profonde”, écrit la Maison européenne des pouvoirs locaux. Cette mesure, “difficilement applicable”, générera de “nombreux problèmes administratifs”, anticipe l’organisation.
Pour la Commission, ce regain de prudence est dicté par le développement de certains secteurs importants pour le marché intérieur, à l’instar des services à l’environnement. Avant d’appliquer de nouveaux seuils, une étude d’impact s’impose, estime Paris.
Si l’état d’esprit de la Commission européenne a changé, la culture de la méfiance ne s’est pas complètement évaporée des propositions. Bruxelles propose certes un système plus souple, où les Etats surveilleraient les surplus éventuels d’aides (“surcompensation”) tous les trois ans, renonçant au rythme annuel inadapté aujourd’hui en vigueur. Mais elle ne fait pas le distinguo entre les différents services d’intérêt général : “Les entreprises commerciales ne fonctionnent pas comme les entreprises sociales, qui ne peuvent pas réutiliser les aides publiques pour faire du business”, résume Laurent Ghekiere, représentant de l’Union sociale pour l’habitat à Bruxelles. Les modalités de contrôle devraient donc être adaptées en fonction du service rendu. Dans le domaine du logement social, vérifier que le résultat d’exploitation a bien été réinvesti dans le service public pourrait suffire, selon l’USH.
Rompant avec la logique du tout public, les parlementaires européens rebondissent sur les propositions récentes de la Commission et introduisent une innovation dans leur texte. Selon eux, les emprunts obligataires (project bonds), constitués d’apports publics largement complétés par le secteur privé, pourraient être un “vecteur majeur de développement des services d’intérêt général”.

Source : Localtis

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WORLDCP, the global compendium, launched

WorldCP, a new international database of cultural policies, was launched in Melbourne on 3 October 2011 by IFACCA, the International Federation of Arts Councils and Culture Agencies. WorldCP will be a new central, web-based and continuously updated database of country-specific profiles of cultural policies, modelled on the Council of Europe/ERICarts Compendium of Cultural Policies and Trends in Europe. The prototype WorldCP website www.worldcp.org, currently operating for demonstration purposes, holds profiles of 12 countries on five continents (Africa, Australia, Europe, North America and Asia).

WorldCP is an important and indispensable project, which could provide the world community with many answers concerning identity, diversity and intercultural communication in our time.

Source : Culturelink

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Quelle gouvernance culturelle pour la ville-monde ?

L’Observatoire des politiques culturelles (OPC), avec le concours de Culture et Développement et du Musée dauphinois (Conseil général de l’Isère), organise les Premières Rencontres Augustin Girard – René Rizzardo sur le thème Coopération internationale et diversité culturelle : quelle gouvernance culturelle pour la ville-monde ? les 1er et 2 décembre, à Grenoble (Isère).

Ces rencontres proposent une réflexion prospective sur l’articulation entre problématiques culturelles, enjeux de société et enjeux de politiques publiques dans un contexte mondialisé. Ce premier rendez-vous traitera des dynamiques de coopération et des enjeux de diversité culturelle, à travers notamment les échanges artistiques et culturels Nord(s)/Sud(s). 
Comment (re)penser à travers ces processus de coopération les enjeux multiculturels de demain ? En quoi la reconnaissance de compétences et de droits culturels représente-t-elle un facteur de cohésion et de paix sociale du local au mondial ? 
La manifestation mettra l’accent sur ce que les relations entre la France, l’Europe et le monde produisent sur les territoires impliqués en termes de représentation des cultures et dans la construction des identités culturelles en jeu. Loin de toute approche compassionnelle, les relations aux arts et aux cultures non occidentaux et notamment africains seront explorées à cette occasion. 
Il sera question d’éducation à la diversité comme facilitateur de rencontre et de respect mutuel. Le débat portera également sur la manière dont les politiques publiques se saisissent de ce questionnement à travers la métropole contemporaine. Quelle gouvernance culturelle dans la ville-monde faut-il inventer qui compose le local avec le mondial ? Quel rôle les politiques territoriales ont-elles dans les échanges culturels internationaux ?
Ces premières Rencontres consacreront également un temps de témoignages autour d’Augustin Girard et de René Rizzardo dont les parcours et travaux ont largement nourri les réflexions sur ces problématiques.
Un avant-programme du colloque est téléchargeable. 
Le bulletin d’inscription téléchargeable est à faxer ou envoyer par courrier à l’OPC. 
Contact : Observatoire des politiques culturelles, 1, rue du Vieux Temple – 38000 Grenoble (+33 (0)4 76 44 33 26 – fax : 04 76 44 95 00 – contact@observatoire-culture.net )

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / Final

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

6. Conclusions: rethinking the creative city

How can complexity theory help us rethink the structures and potential of the concept of the creative city? First, complexity interaction imposes a new way of looking at how local contexts and the cultural agents and actors of the city interact. It suggests that in order to evaluate or research the creative city, a multi-level approach must be kept in mind, to allow consideration of how different actors and institutions interact in the city.  The literature suggests that the creative industries have been characterised as “having a ‘hive mentality’, informally networked ‘scenes’ which can operate very effectively in some ways. But in others the very informality can be problematic in terms of policy development” (O’Connor, 2002, p.28). Much of the regeneration literature and policy action towards the creative city have been focussed on formal investments, large cultural flagship projects, and image. On the contrary, networks seem to be central to the delivery of a better and more sustainable support system which answers the needs of creative industries. However it also important not to limit support to the mainstream, established networks. and also support the more hidden or transient ones, as these can provide the vital first steps into the sector. For example, in the North East, along with supporting established organisation like New Writing North it is important to support smaller local networks of writers or people interested in literature, as in the case of the The Blue Room [i], where interaction occurs on a wider social level without implying any strong commitment.

Culture North East (2001) states in the Regional Cultural Strategy for the North East of England “the regional cultural strategy calls for agencies supporting the sector to be entrepreneurial and opportunistic in their approach, to help create an environment where there is serious investment in innovation and risk taking at the grass roots level, which supports a continuum from cultural activity to commercial activity and retains talent in the region” (p.27). The opposition between large capital investments in the region and support for local networks can become a challenge. Sometimes it possible to see that public money is more easily directed towards large institutions or infrastructures while networks represent a soft infrastructure which is difficult to define and to invest in.

This paper has attempted to use complexity theory to highlight some of the dynamics in the creative economy of a city against a common tendency towards reductionism, where the creative economy discourse is used as a mathematical formula which can be applied to all contexts and times. The arguments presented suggest that we should consider the creative and cultural factor as constitutive and grounded in the urban context rather than simply instrumentally additive to other urban discourses of economic growth.  Also, Ormerod (1998) argues the need for a less mechanistic approach to the study of economic phenomena: “Economies and societies are not machines. They are more like living organisms. Individuals do not act in isolation, but affect each other in complex ways” (Ormerod, 1998: x). As Landry (2000) recognises “successful cities seem to have some things in common – visionary individuals, creative organisations and a political culture sharing a clarity of purpose. They seemed to follow a determined, not a deterministic path”  (Landry, 2000, p.3).

New understandings of the dynamics of the creative economy need to be implemented. This new approach must bridge the gap between the top-down approach of policy making and investment in the cultural infrastructure of a city, with a grounded understanding of the emergent structures arising from actors and agencies interacting in the sector. As Green (2001) underlines the challenging aspect  of complexity theory when applied to social systems is that instead of seeing how a social system changes as being a function of how it is, it clearly acknowledges that how it changes – even those small little changes at the grassroots level – affects how it is, and how it subsequently change again. This should be the new challenge for researchers wanting to investigate the role of culture in urban environments.


[i] The Blue Room is a project supported by the Arts Council North East with the aim to “encourage new women – and men – writers to read their work, and promoting new audiences for live poetry and prose”  (from the website www.blueroom.org.uk) and consists of a serial of monthly informal events taking place in a local pub / venue.

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*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

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Previous chapters :

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 1

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 2

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 3

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 4

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 5

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 6

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A propos de la présentation de l’étude “Culture & Médias 2030″ / 1

Nous participions le 25 octobre dernier à la Préfecture de région Ile-de-France à la présentation de l’exercice de prospective à long terme « Culture & Médias 2030 » auquel le secrétariat général du ministère de la Culture et de la Communication s’est livré via son département des études, de la prospective et des statistiques (DEPS).

Compte tenu de l’ampleur et de l’importance du sujet et pour plus de lisibilité et de clarté, nous proposons une  série d’articles suscitée par cette présentation.

Commençons par rendre compte de cette étude, car pour toutes celles et ceux qui voudraient consulter l’étude Culture & Médias 2030, elle est sensée être accessible en ligne ici, tel qu’indiqué sur le site du ministère et dans tous les supports de communication (« Le rapport public interactif en ligne, accompagné d’une analyse des 33 facteurs d’évolution sous forme de fiches, offre la possibilité de recueillir les contributions des acteurs de la culture »). Hélas, aucun accès au contenu de l’étude n’est possible à cette adresse. Une « problème technique » à résoudre rapidement.

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Dans l’auditorium de l’ancien siège de la Banque Populaire où se trouve la Préfecture dans le XVème arrondissement de Paris, c’est une matinée à géométrie variable qui s’est déroulée, géométrie variable au regard de la densité du sujet et des différents niveaux d’intervention. Après l’ouverture bien pesée de Daniel Canepa, préfet de la région Ile-de-France et préfet de Paris, c’est Muriel Genthon (directrice régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France) qui a introduit le programme de la matinée pour passer ensuite la parole à Philippe Chantepie (chargé de la stratégie auprès du Secrétaire général du ministère de la Culture et de la Communication) qui a présenté la démarche et les scénarios de prospective de l’étude et auquel a succédé Pierre Oudart (chargé du Grand Paris à la DRAC Ile-de-France) pour une intervention sur les équipements culturels passés au crible de la prospective.

Il faut bien commencer par reconnaître que cette étude « Culture & Médias 2030 » est majeure et elle ne peut laisser indifférent, notamment parce qu’elle dresse avec une grande acuité un diagnostic fondé sur trois mutations majeures :

  • la France n’échappe pas à la globalisation de la culture et des loisirs : la France saura-t-elle préserver son modèle d’action publique culturelle encore très souvent regardé dans le monde comme une singularité, une exception ? Quelles stratégies de soutien aux industries culturelles françaises  dans un contexte de polarisation financière, stratégique et juridique des marchés mondiaux de droits et des techniques ? Face aux effets de la globalisation sur les migration, face à la diversité culturelle qui en découle dans la société et aux réactions qu’elle suscite – de l’ouverture au repli, de l’acculturation à des phénomènes de multi-appartenances, faudra-t-il redéfinir les registres de légitimation de la politique culturelle, ses priorités et ses moyens ?
  • Mondiale, la révolution numérique est pluridimensionnelle : opportunité, vraie ou fausse, d’accès aux contenus culturels, ou risque pour l’économie industrielle de la culture et la propriété intellectuelle, quelles seront les effets de la mutations numérique sur l’économie culturelle, en particulier les emplois, les modes d’organisation, de valorisation, de rémunération, de financement de la création ? Quels nouveaux équilibres à construire dans les régulations ? Comment orienter durablement l’avenir des réseaux, assurer la permanence des modèles économiques culturels ou leur profonde transformation ? Comment assurer le positionnement des industries culturelles françaises face à la montée des acteurs mondiaux, quelles stratégies nationales et/ou européennes développer ?
  • Les impacts des transformations sociales sont majeurs autant qu’incertains : commet notamment prendre en compte dans la politique culturelle la nature générationnelle des évolutions des pratiques et des rapports à la culture ? Comment agir contre la potentielle dissociation entre les pratiques relevant des « conservatoires » de pratiques culturelle et de la création et celles relevant des pratiques sociales, individuelles, communautaires, dont le contenu et le caractère culturels vont en s’amenuisant ?

Quatre scénarii de prospective des politiques culturelles se fondent sur ce diagnostic et sont développés à partir d’une trentaine de facteurs classés selon sept catégories (contexte international, contexte national, jeux d’acteurs publics de la culture, usages et pratiques culturelles, offres culturelles et leurs économies, financement et régulation, valeurs et représentation) :

  • scénario 1  « l’exception continuée » : notre modèle de politique culturelle perdure, en particulier les logiques qui ont donné naissance à une « exception culturelle française ». Les modalités  et les contenus de la politique culturelle française sont appelés à évoluer pour parvenir à maintenir un cadre d’objectifs identiques depuis plusieurs décennies. L’inertie des politiques culturelles ou leur non-renouvellement ne sont pas à l’ordre du jour. Des stratégies de choix délibérés et assumés, parfois des renoncements, voire des sacrifices sont nécessaires.
  • scénario 2  « le marché culturel » : les grandes mutations économiques, géopolitiques et techniques conduisent à marginaliser l’importance de la politique culturelle française et à banaliser les ressorts de la vie culturelle. La place du ministère de la Culture et de la Communication s’affaisse au profit d’un renouvellement mais surtout d’un renforcement des acteurs économiques de la culture.
  • scénario 3  « l’impératif créatif » : l’Union européenne lance un projet renouvelé de croissance durable articulant économie, culture, cohésion sociale et environnement afin de lutter contre une tendance au déclin relatif. La France adhère à la démarche qui voit dans la culture un facteur de créativité au service de la croissance dans une économie dynamique et durable de l’immatériel. Réorganisées, les institutions publiques de la politique culturelle cherchent à s’engager dans cette nouvelle croissance dans une stratégie d’industrialisation de la culture modifiant modes d’intervention et de régulation.
  • scénario 4  « culture d’identités » : alors que quelques valeurs partagées en Europe persistent, l’Etat se concentre sur certains fleurons d’une « culture française » et les collectivités territoriales, dans une logique fédéraliste, œuvrent à une vitalité culturelle « sociale » et communautaire, ancrée dans la vie des populations, selon une stricte segmentation.

Ces scénarii permettent de dégager clairement les défis, les enjeux et les stratégies auxquels les politiques culturelles auront à se confronter :

  • l’empreinte culturelle de la France (le terme est emprunté à la mouvance de l’économie mauve mais n’est pas traité de la même manière),
  • les articulations entre l’offre et la demande,
  • les transformations de l’Etat.

Transversaux aux politiques de la culture et de la communication, ces enjeux doivent notamment être déclinés de manière sectorielle (création, patrimoine, industries culturelles et médias, cinéma, etc.) et obligent à aller plus loin dans le débat et l’enrichissement pour mieux approcher les tendances et les spécificités des secteurs, des expressions, des métiers, des différents acteurs de la culture.

De ces enjeux, c’est un véritable programme de travail pour affiner ces scénarii qui s’engage, à travers un dialogue avec les acteurs culturels et les collectivités (la FNCC a déjà commencé à contribuer le 18 octobre dernier), mais également qui met à leur disposition la grille de lecture que cette étude permet pour penser les orientations futures de leur action.

Enfin, nous y reviendrons en détail, l’exercice prospectif est aussi conçu comme une démarche structurante pour envisager la future feuille de route du ministère de la Culture et de la Communication et ses services déconcentrés, feuille de route pensée au-delà des orientations gouvernementales issues des alternances politiques, quelles qu’elles soient, nous assure-t-on.

Ce programme de travail se décline de la façon suivante :

Empreinte culturelle de la France

  • fonder une géostratégie culturelle
  • reconnaître les actifs immatériels culturels comme un enjeu stratégique à long terme
  • renforcer l’Europe de la culture et des médias comme relais et plate-forme

De nouvelles articulations entre offre et demande

  • proposer des politiques d’offre en phase avec les mutations de la demande
  • assurer la présence d’un espace public numérique culturel
  • mettre en synergie des politiques culturelles et industrielles
  • garantir le financement durable de l’écosystème culturel
  • renouveler l’action culturelle
  • réinventer et relancer les politiques des publics
  • étendre l’éducation artistique et culturelle tout au long de la vie
  • favoriser les nouveaux espaces-temps de rencontres culturelles

Les transformations de l’Etat

  • réguler dans l’environnement numérique
  • inventer la régulation du « travail artistique »
  • imaginer la régulation des nouveaux territoires des patrimoines
  • partager l’animation culturelle des territoires
  • renforcer l’interministérialité sur des axes stratégiques
  • devenir un Etat culturel médiateur et intermédiaire
  • renforcer la fonction d’expertise
  • réinventer l’Etat financeur de la culture
  • penser la complexité, organiser l’expérimentation, susciter l’innovation

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Code éthique de la Ville de Montréal

C’est sans tambour ni trompette que la Ville de Montréal adoptera discrètement lundi prochain la nouvelle mouture de son code d’éthique et de conduite à l’intention des membres du conseil.

C’est dans le sillage de la loi 109 sur l’éthique et la déontologie dans le milieu municipal, qui oblige les municipalités à adopter ou à réviser leur code d’éthique, que la ville de Montréal a choisi de suivre la lettre de la loi et a procédé à quelques améliorations à son code précédent adopté en 2009.
Il est étonnant que la Ville de Montréal, qui ne cesse de clamer haut et fort son caractère unique, qui tente de convaincre qu’elle est une métropole de la culture et qui rabâche constamment sa volonté d’innovation se soit simplement satisfaite d’un code qui n’a d’éthique que le nom, qui est tout à fait semblable aux autres codes des autres municipalités québécoises, qui ne reflète en rien sa culture propre et qui n’innove pas.  À sa lecture, le code d’éthique de la Ville de Montréal pourrait tout aussi bien être celui de n’importe quelle municipalité.
De plus le code proposé, fort en interdictions de toutes sortes, réduit l’éthique à l’obéissance tout en négligeant que celle-ci a comme ambition de « Bien faire » et dépasse largement le seuil de « ne pas mal faire ».  Certes, on y mentionne bien quelques valeurs en introduction mais force est de constater que celles-ci sont traitées comme des lieux communs sans aucune précision et qu’elles n’influencent en rien les nombreuses interdictions du code.  Il importe de savoir que l’éthique est une recherche et un questionnement sans cesse reconduits, qui se résument au fond à cette simple question : « Quoi faire pour bien faire ? » - quand le code, coupant court au questionnement, donne plutôt une réponse : « Vous devez (faire ceci) » ; « Vous ne devez pas (faire cela) ».
L’éthique est affaire de culture et il faut rappeler qu’une culture ne se change pas seulement par la publication d’un code.  L’éthique a comme tâche de favoriser l’éclosion d’une culture qui inspirera les élus, pas de les infantiliser.

Actuellement, la culture éthique de la Ville de Montréal ne se démarque pas, ainsi, on ne la remarque pas… on n’en remarque que les manquements. Ce sont d’ailleurs ces mêmes manquements qui font que l’on ne parle d’éthique qu’en termes de conflits, d’allégations de fraudes ou d’abus.

Dans son état actuel, le code d’éthique de la Ville de Montréal lui permettra d’affirmer qu’elle a bien suivi les recommandations imposées par la loi 109.  Mais, soyons honnêtes, ce n’est pas en se satisfaisant de simplement  « suivre » qu’une ville peut grandir.

L’éthique sans les valeurs, c’est de la pub…

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Retrouvez sur Cultural Engineering Group les billets réflexifs de René Villemure, éthicien, conférencier, président fondateur de l’Institut québécois
d’éthique appliquée notamment aux domaines de l’innovation, de la culture et de la communication.

Billets réflexifs précédents publiés sur CEG :

Toutes les publications, les actualités et  les activités de René Villemure en cliquant ici.

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 6

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

5.3 Connectivity, interdependence and self-organisation.

A complex system is characterized by interaction and inter-connectivity of the agents of the system and between the system as a whole and its environment. The level of interaction generates the complexity. If one looks at the culture offered by a city, it is easy to see how different organisations build partnerships and collaborate on events and projects. The private and public sectors often come together, and the connectivity in the contemporary art and cultural scene arises from the overlapping and exchange between different art forms. One element that is perceived as a key factor for the development of this connectivity in the context of Newcastle-Gateshead has been the joint bid for the Capital of Culture title. Although the title was eventually awarded to Liverpool, the process behind the joint bid started to build dialogue between different organisations, and fostered a new ability to work together. Matarasso (2000) stresses the importance of the bidding process itself, specifically referring to Newcastle-Gateshead. It promoted the debate on the importance of culture; it encouraged the networking of cultural institutions, created partnerships and common goals and provided a strong experience in terms of acquiring competences for cultural planning and management which is long-lasting legacy in the urban context.

In the first 18 months I was here we worked in shared public projects with almost every cultural organisation in the city it was a very deliberate policy, we also opened the building to creative people, young people in the region, people who had no real access to other venues […] the first people were not filmmakers but DJs, poets, people working at the fringe of this medium (Director, Public Cultural Organisation, Newcastle Upon Tyne)

But the connectivity and interdependence runs not only at the macro-level of agencies and institutions, but also at the micro-level in the creation of networks between creative and cultural practitioners (see paragraph 5.5). Responding to emergent properties or to particular innovative and enabling contexts, a complex cultural system can experience self-organisation. In the context of cultural and creative practitioners, self-organisation seems to be a common trend. In particular through collectives of artists, voluntary run spaces and galleries, but also through networks which are run organically and developed from the grassroots by artists (see paragraph 5.5)

 

5.4 Emergent properties, qualities, patterns or structures.

One of the complexity aspects which also characterized the creative and cultural infrastructure of the city, is the emergence of specific structure that regulate and inform the environment.

These emerging structures can be identified with creative clusters (Pratt, 2004) and the development of organic and institutional networks to support and govern the cultural actors and their agencies.

The fast growth of the sector as a whole can be seen as an emergence pattern: “The North East has grown faster than any other region except Scotland, but from a lower base than any other region” (CURDS, 2001, p.23). As Allen (1997) suggests these emerging structures are not determined uniquely by the context and its parameters, but are also dependent on timing and specific external intervention. This is where the public cultural policy seems to play a role in the complex development of a creative economy (Hesmondhalgh, 2005; Pratt, 2005). Nevertheless, this intervention can only provide non-linear impacts on the context. As Allen (1997) suggests in terms of the traditional beliefs in planning, the concept of what policy can or should do needs to be completely revisited.

Feedback is one central element of all the aspects and dynamics of a system. It can be read both as positive or negative feedback mechanisms that regulate the stability of the system. If we look at the cultural infrastructure of an urban context, there are many feedback mechanisms at various levels. For certain elements and commercial aspects the market represents feedback regulating production and consumption. In the cultural economy feedback is also provided by a variety of gatekeepers (Caves, 2000) and mediators (Albertsen and Diken, 2003) which regulate the access to the production facilities, even though the new technologies seem to have weakened the strength of formal gatekeepers providing direct access to audiences and markets.

There are a number of institutional organisations which provide feedback on the creative economy, and public policy and public funding appear to be a strong reinforcement

I felt the big thing we were getting from the Arts Council for the gallery business was their experience of similar ventures, it was almost like a vote of confidence, if they were willing to invest some funding it meant that we are heading down the right track, you never really know, it was reassuring to hear that (Commercial Art Gallery, Northumberland)

Nevertheless, peer-to-peer support and review seem to also be an important structure for the development of innovation. “The learning and innovation capacity of CI businesses depends to a high degree on the wider learning and innovation capacity of these surrounding networks” (O’Connor, 2002, p.9).

5.5  Networks as emergent properties or frameworks for public policy

A large part of the literature relating to clusters and regional economic development suggests the importance of networks (Christopherson, 2002; Coe, 2000; Crewe, 1996; Ettlinger, 2003; Gordon and McCann, 2000; Grabher, 2002; Johns, 2006; Knox et al., 2005; Meusburger, 2000; Mossig, 2004; Neff, 2004; Sturgeon, 2003) and these arguments have been, on various occasions, interconnected with the urban cultural infrastructure through terms such as cultural quarters or cultural milieu. Although in the economic argument networks are important mainly in terms of inter-firm trade, the creative industries seem to rely on networks for other aspects as well. The network structure in the creative and cultural industries seems to provide access to the market, but also to support the exchange of ideas and social interaction that is instrumental to the development of their work. Artists and craft makers rely on the network as a market building strategy and as a marketing strategy in itself. One example, in the context of the North East, is Designed and Made, which promotes designers and makers in the region and helps them to establish a brand and a way to promote their work and their practice.

I think it is really important for the North East to show that this kind of work exists in the region, that there is work here which is pushing the boundaries, and unless you have something like Designed & Made, other regions, and the rest of the UK and the world won’t know about the North East and what is going on here (Designer and Maker, Newcastle Upon Tyne)

Another example is Network Artists. Artists use the network to promote their practice and through the open studios Art Tour project they even get direct access to the market to sell their work. Cohesion, the glass artists’ network started by the local authority of Sunderland, has a specific focus on promoting the market for glass art and does so by specifically investing in exhibitions and the participation of artists in art fairs.

Networks are emergent structures which function in terms of support for creative practitioners. Another useful dimension of the network is the support that people get out of it. On one hand it may be moral and psychological support, which as suggested by a jewellery maker, is often a response to the isolated work of the artists / makers.

On the personal level it was really good for me because I was new to the region and I did not know many people so I found it quite a life-line because it got me involved with the artistic community and it made me feel part of something […] I think it is really important because as an artist/designer people work on their own and feeling quite isolated, it makes you feel there is other people out there that you can share experiences with, you get ideas bouncing ideas to people, it just helps” (Designer and Maker, Newcastle Upon Tyne)

Creative industries hardly identify themselves with the mainstream business support offered by local agencies. On the contrary, they believe that the best people to provide support or business advice are the people who work in the same sector or have experience in their field; therefore the peer–to-peer support through formal and informal networks seem to be a means to create the personal support infrastructure which a creative practitioner needs.

The most important thing is mixing with other people, you can make do without all the services provided and business advice but the most valuable information comes from other people doing the same things as you who are a year or two years further down the line and can remember how it is like to be in your position but they worked through those problems and they can advise you on how to do things (Jewellery Designer and Maker, Newcastle Upon Tyne)

Creative industries tend to rely on different types of networks. Although they would attend events and be within the network of specific formal organisations, they also have a smaller network of peers with which they talk more often and from whom they would seek advice.

It seems that sometimes formal networks are considered useful but impersonal and too structured; they are more like professional development organisations than actual networks. As Kauffman (1993) suggests in reference to biological systems “ecosystems are not totally connected. Typically each species interacts with a subset of the total numbers of other species; hence the system has some extended web structure” (Kauffman 1993, p.255). One element which seems central is the social dimension of the network and the type of bond and experience that holds people together. In this respect, it is often the case that within large formal networks people form smaller and closer social networks.  “Connectivity between individuals or groups is not a constant or uniform relationship, but varies over time, and with the diversity, density, intensity and quality of interactions between human agents” (Mitleton-Kelly, 2003, p.6). As an artist who started a network in the Newcastle area suggested:

I thought the network would grow and become more established, but it remained quite organic and it is made by how much people want to interact with it. It is very organic, in this sense because, as a living organism, sometime it is very active and lots of things go on, some other times it is more quite and slow but this is how it should be because it is organic and it follows the will of people to interact with it (Visual artists network manager)

The emergence of organic networks alongside institutional ones presents some critical challenges. In fact, institutional networks seem to force the social networking, while in the organic networks the social aspects are spontaneous. Furthermore, as an artist suggests, organic networks seem to respond more directly to the need of the people involved in the sector, 

Yes it is very important, because it is artist-led we are making it what we need, we know what we need and we are making it that, coming from us it is going to be more relevant than if it was coming from people in the public sector, who have the best intentions but they do not work in the sector and they do not exactly what we need (Glass artist, Newcastle Upon Tyne)

Although networking is often considered part of business practice, people working in the creative industries do not always perceive the need to network as part of their business development. The traditional idea of networking is often considered conventional, and frequently implies mixing with people from very different contexts or business sectors, thus making it seem irrelevant. Conversely, the social dimension, and the trust relationship which can be built (Banks et al., 2000) are perceived as very important for the person and their work. Therefore, networking often takes place informally and as part of normal social interactions, such as sharing common spaces, meeting down at the pub etc.

it was a voluntary organisation, it was founded by two writers and had come from grassroots level, we used to have a meeting once a month, we would have a speaker in and then go down to the pub, it was fantastic, then when Northern Arts decided to have a new full-time officer, a professional came in […] it seems to me that everything now is so much more formal rather than informal, that kind of social network disappeared (Freelance scriptwriter, Newcastle Upon Tyne)

As suggested by O’Connor (2002) “these networks are underpinned by infrastructures of knowledge and expertise which do have formal, institutional dimensions, but equally are embedded in more amorphous social and cultural infrastructures – described as ‘soft infrastructure’, or ‘critical infrastructure’, or ‘creative infrastructure’. These last terms concern those informal networks, those place specific cultural propensities, those ‘structures of feeling’ which are very difficult to grasp, let alone strategically direct, but which nonetheless are crucial to the urban regional ‘innovative milieu’” (p.27).

 

5.6 Networks and support to the creative economy: new planning for the creative city

Considering the general use of the local networks of local creative industries it could be argued that supporting different networks and communicating through them could provide an effective structure for support. In fact, if we think about the development of some formal and informal networks in the North East, it seems clear that public policy and funding have considered them a strategic way to support and sustain the sector.

Some examples of this would be the Cohesion glass artists network, started by the Sunderland City Council, Designed and Made, started organically by a group of artists and makers and than supported by public funding from the Arts Council of England North East, the Aurora Project (a development network for arts and crafts) supported by Northumberland County Council and European Regional Development Funding, and New Writing North, which started organically, and was then institutionalised and supported by the Arts Council North East, and has become the writing development agency for the North East of England. The public sector sees these networks as a useful support infrastructure for a number of reasons. First, it allows the public sector to delivery information and support to different people by supporting one organisation. It is an efficient way to spread relevant information, organise meetings and seminars and involve the larger sector. Secondly, it creates a critical mass for people coming from the outside and looking for information or deciding whether to start up in a specific sector. It presents the region as a place where creative people are sharing knowledge and are supporting each other. Lastly, it makes public investments more sustainable: instead of investing in one single person the sector can present its investment as sustaining the whole sector. It is an efficient and effective way to promote the regional creative industries to the outside, presenting strength and the potential for further development. However this public support has also caused some undesirable side effects. On one hand it makes the network much more institutionalised and bureaucratic. In fact, if we consider how much interaction, support and participation come from social networks, turning them into public support organisation to deliver specific outcomes can be risky, and can change the nature and quality of the network itself. Another problem is the thinking that the network encompasses the whole sector and all of its actors. Because there is a network of artists or designers, the public sector tends to invest in the network and support it. The risk is that people who do not want to take part in the network, or simply do not fall into the remit of a specific network feel like outsiders, cut off from the possibility of further interaction.

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*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

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Previous chapters :

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 1

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 2

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 3

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 4

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 5

 

 

 

 

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Culture et territoires 2030

Dans le cadre du séminaire national du 18 octobre dernier “Culture et média 2030 : quelles perspectives territoriales ?”, la FNCC a publié dans sa Lettre d’Echanges n°75 des réflexions et des contributions sur l’étude “Culture et Médias 2030” réalisée par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication (DEPS). Nous publions ici le point de vue développé par Vincent Rouillon, rédacteur de la revue électronique de la FNCC.

Culture et Média 2030 identifie trois grandes mutations qui, chacune à sa manière mais aussi de façon conjuguée, déstabilisent le principe même d’une politique nationale de la culture. Pour autant, la vivacité de l’interrogation des chercheurs ne serait-elle pas en elle-même une manifestation de la légitimité d’une approche nationale des politiques de la culture, même si (et surtout si) leurs principales modalités sont territoriales ?

Déclin, débordement et désaffection de l’horizon national de la culture

Selon le DEPS, nos sociétés subissent trois grandes mutations : la globalisation, la mutation numérique et la modification des rapports entre l’individu et le groupe. Or, la globalisation (mondialisation des échanges et des centres de production) semble ouvrir un déclin de l’horizon national, la mutation numérique induit le débordement de cet horizon et la montée de l’individualisme ainsi que de ses corollaires communautaristes en signale une certaine désaffection. En somme, la production, la circulation et la fonction sociale de la culture ne feraient plus nation : elles ne participeraient plus (ou beaucoup moins) à l’identification d’un groupe d’individus partageant un certain nombre de valeurs sur un territoire commun et sous une gouvernance commune. Au contraire, elles instaureraient un monde fait de communautés éparses d’individus singuliers dominés par des forces économiques supra nationales insoucieuses de l’intérêt général. Rien là qui corresponde à l’autorité et à la compétence du ministère de la Culture, du moins tel qu’il s’est pensé jusqu’à présent.

Historiquement, notre ministère s’est donné comme mission principielle celle de la démocratisation culturelle. Un objectif que Malraux définissait ainsi : « Rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France. » A quoi il ajoutait cette précision : le ‘‘plus grand nombre” évoqué ici est « le plus grand nombre possible de Français ». Le ministère porte ainsi, dès l’origine, une mission profondément nationale, et ce naturellement en lien avec une guerre qui avait violemment menacé l’unité, l’autonomie et l’existence même de la nation française.

C’est toute la force de la prospective du DEPS que de signaler au ministère dont il est pourtant l’un des organes le danger d’obsolescence qui, de ce point de vue, le guette dans les décennies à venir. Ce qui explique peut-être, par ailleurs, l’accueil circonspect qu’a reçu l’étude Culture et Médias 2030 au sein même du ministère et dans les structures dont il a la tutelle. Le déclin, le débordement et la désaffection de l’horizon national de la culture sont, de fait, des données tendancielles difficilement digérables pour un ministère ‘‘national’’ de la culture.

Territorialisation

Un autre enseignement de l’étude du DEPS concerne le rapport du ministère avec les territoires. En 50 ans, ce lien est passé de la centralisation à la déconcentration (les DRAC – on peut noter, de ce point de vue, que parmi les quatre scénarios chargés d’éclairer le ministère dans ses choix pour les prochaines décennies, trois entérinent leur disparition), puis à la décentralisation (avec en particulier les associations départementales et régionales).

Quelle pourrait être la quatrième phase ? Mis à part le premier scénario, appelé « l’exception continuée » (une sorte de statu quo évolutif du fonctionnement actuel des politiques culturelles nationales, sous le signe d’une décentralisation qui conserverait, voire renforcerait, le rôle centralisateur de l’Etat), les autres font entrevoir une évolution différente : la territorialisation.

En effet, si la globalisation renforce la concentration oligarchique de la production de biens culturels à un niveau international et donc impose une uniformisation planétaire de l’imaginaire, elle génèrera inévitablement des revendications de la différence et de la diversité qui, elles, fonctionneront à une échelle infra nationale. Ce qui implique notamment une validation des politiques de proximité dont les acteurs politiques majeurs sont les collectivités territoriales.

De même, la mutation numérique pourrait entraîner ce que l’étude appelle une « migration numérique » : « A partir de 2020, le tissu industriel se renouvelle de façon dynamique par les franges », via une multitude de projets associatifs et individuels disséminés sur le territoire. Certes, cette « démographie dynamique des entreprises culturelles » suppose un ensemble de règlementations (pour favoriser l’initiative de PME et TPE culturelles) que seul l’Etat est en mesure d’instaurer. Mais, par la force des choses, ce foisonnement opèrera de fait une ‘‘territorialisation” de la culture.

Enfin, la troisième mutation – celle de la montée de l’individualisme – se doublera d’une sorte d’individualisme collectif, c’est-à-dire de communautarisme (qui peut être associatif et/ou virtuel, ethnique, religieux, générationnel, ou opérant selon des convergences de centres d’intérêt politique, professionnel, etc.), dont une part sera d’ordre territorial.

Dès lors, l’appel récurrent à un approfondissement de la décentralisation (voir la Déclaration d’Avignon 2010 des associations d’élus) instaurant les conditions d’une réelle autonomie et reconnaissance des politiques culturelles territoriales et, réciproquement, conviant les pouvoirs locaux à prendre leurs décisions à l’aune nationale, semble étroitement correspondre aux grandes évolutions de notre société décrites par le DEPS.

Un Etat qui se pense lui-même

Bien entendu, l’étude du DEPS ne prétend pas deviner l’avenir. Elle se revendique même d’une prospective « exploratoire » et non « descriptive ». Elle envisage les décisions qui pourraient être prises et non une succession déterministe de données subies. C’est en cela qu’elle est politique et non scientifique.

Or cette prospective politique est celle d’un outil de recherche ministériel travaillant au bénéfice de son ministère et à celui de l’Etat. Pour ainsi dire, le déclin de l’horizon national et l’accroissement de la pertinence des échelons de proximité sont des perspectives décrites de l’intérieur, pour renforcer le rôle et la place de l’Etat dans la vie culturelle de notre société et non pour le mettre en péril ou prévoir son déclin. La question traitée est : quel peut être le rôle de l’Etat culturel dans un monde où l’horizon national est en déclin et où celui de la proximité semble promis à une pertinence accrue ?

L’un des éléments de réponse est peut-être celui-ci : de la même manière que l’actuelle crise économique exige le renforcement du rôle des Etats pour que s’édifie une gouvernance économique européenne fédérale dans laquelle leurs prérogatives seraient moindres, de même, les politiques culturelles nationales pourraient renforcer les conditions de leur territorialisation. Cette fonction d’accompagnement plus que de décision n’exprime pas un retrait de l’Etat mais, tout au contraire, le renforcement de ses fonctions de réglementation, d’incitation et d’encadrement de l’ensemble des acteurs culturels ainsi que de lui-même. Pour ainsi dire, seul l’Etat possède la légitimité et les compétences pour se penser lui-même, pour se recadrer, pour s’autolimiter au bénéfice d’une nation qui ne se définirait plus comme transcendant les particularités individuelles, communautaires et territoriales, mais comme organisant leur développement et leurs échanges artistiques et culturels.

Qui d’autre que le ministère de la Culture est en mesure d’assumer une telle fonction autorégulatrice ? La globalisation, par nature commerciale, ne peut penser au-delà de son intérêt propre. Les acteurs de la mutation numérique, eux non plus, ne sont pas en mesure d’exercer une pensée réflexive en vue d’un intérêt supérieur au leur. Pas plus que ne le peuvent les communautés et les individus par définition préoccupés d’eux-mêmes et non des autres communautés ou individus.

Quant aux collectivités, n’est-ce pas en lien avec l’Etat qu’elles ont aussi la légitimité de penser au-delà d’elles-mêmes, c’est-à-dire d’inclure l’intérêt local (communal, communautaire, départemental ou régional) dans le cadre d’un dessein plus vaste ? N’est-ce pas si elles sont ensemble, entre elles et avec l’Etat, que l’horizon national peut résister à son déclin, à son débordement et à sa désaffection ? Curieusement, l’inquiétude palpable générée par la lecture de Culture et Médias 2030 provoque, in fine, un optimisme dont on ne se sentait plus capable.

Vincent Rouillon

Rédacteur de la Fédération des collectivités territoriales pour la culture (FNCC)

Texte paru dans la Lettre d’Echanges n°75, revue électronique de la FNCC

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Retour sur le 1er Forum international de l’économie mauve

Le premier forum international pour l’économie mauve qui s’est tenu la semaine dernière à l’espace Pierre Cardin à Paris s’est achevé sur un succès porteur d’espoir. Nous y avons participé non sans une certaine excitation, notamment au regard des intentions affichées par le manifeste fondateur de ce concept dont nous nous étions fait l’écho il y a quelques semaines :

  • articulation vertueuse [entre culture et économie] qui ne se réduise pas à une pure instrumentalisation de la première et à une vaine stigmatisation de la seconde ;
  • reconnaissance et désormais construction d’une perspective où la culture est appréhendée et reconnue comme un écosystème hypersensible à l’action humaine, dont elle enregistre tous les impacts (directs et indirects) ;
  • œuvrer pour le durable contre le court terme, la création de valeur contre le gaspillage des ressources, la synergie contre le chacun-pour-soi, l’éthique contre l’irresponsabilité.

Autre raison de s’enthousiasmer : la qualité des interventions et des débats, dont on peut se réjouir qu’ils aient enfin à nouveau lieu à Paris car, il faut bien le dire, depuis les journées européennes de l’économie et de la culture en 2008 au Musée du Quai Branly, il ne s’est pas passé grand chose pour donner au public les clés de ce qui se joue lentement ici mais sûrement ailleurs dans la reconfiguration des territoires mondialisés de la diversité culturelle pensée comme un mode intégré d’action et de coopération, des industries créatives comme vecteur de rayonnement et de développement, de l’urgence de connecter et croiser plus fortement la culture avec les autres secteurs de l’activité humaine.

C’est en effet d’abord une affaire de contenu, au-delà du besoin de légitimer le concept de l’économie mauve par un corpus de pensée et la signature de grandes cautions publiques nationales et internationales. Il convient en effet de reconnaître que les contenus étaient au rendez-vous et que l’adhésion et l’engagement des intervenants créé un œcuménisme particulièrement fécond et prometteur qui va là aussi bien au-delà du simple syncrétisme de l’ère post-Florida, très à la mode aujourd’hui et que certains s’épuisent avec plus ou moins de bonheur à commenter ou recycler sans rien proposer.

Rien de cela ici, bien au contraire. C’est la reconnaissance de la nécessité de faire muter l’économie en lui donnant une couleur supplémentaire, comme ces dernières années avec l’économie verte, pour engager de nouvelles perspectives non pas de développement débridé, dérégulé ou dérèglementé, bien au contraire, mais d’action soutenable, d’action plus responsable, plus porteuse de sens, plus reconnaissante de notre capacité de créer, d’imaginer, d’innover et surtout de collaborer, de partager et d’habiter le monde.

Cette couleur, le mauve (créativité et imagination dans la symbolique des couleurs), viendrait donc se placer au centre du développement durable pris non plus comme un concept pour dire « la culture est le quatrième pilier du développement durable », une mode ou un cycle de marché mais comme une modalité d’action responsable sur l’ensemble des domaines qui participent et relèvent de notre écosystème. Et cette nouvelle modalité doit avoir ses propres outils et méthodes, une nouvelle ingénierie culturelle en quelque sorte.

A noter parmi les nombreuses interventions qui se sont succédées pendant 2 jours et demi, des témoignages qui se distinguent et montrent le chemin :

  • Cheikha Mai (ministre de la culture et de l’information du Bahrein), a permis de prendre pleinement conscience de ce que Frédéric Martel décrit dans « Mainstream » (la conquête des industries culturelles et notamment des médias en direction de publics qui partagent la même culture que les acteurs occidentaux négligent alors qu’elle constitue un immense marché).
  • Odile Quintin (ancienne directrice générale à la Commission Européenne) a souligné que sans  la prise en compte de la diversité culturelle les entreprises perdent en moyenne 10 points de compétitivité et que le poids gigantesque des industries créatives dans l’économie de l’Europe aujourd’hui doit inciter à aller plus loin dans la maison Europe pour favoriser partout des écosystèmes créatifs, innovants et dynamiques qui stimulent les territoires.
  • Bernard Ramanantsoa (directeur général d’HEC Paris), nous a rappelé que si nous vivons une crise économique, financière et sociale, elle coïncide avec une crise de la pensée, où la méconnaissance d’autrui, de sa culture, de ses traditions et de ses usages est alimentée par l’immédiateté de l’opinion toute faite et le déclin de la culture générale jusque dans l’enseignement supérieur.
  • Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères) a donné sa vision de l’urgence d’une Europe fédéraliste qui s’appuie sur la richesse culturelle et identitaire de chacun de ses membres pour exister face aux grandes puissances en devenir qui ont presque toutes un modèle fédéraliste avec plus d’états, plus de langues et des cultures et de croissance sur lesquelles il faudra non seulement compter mais probablement accepter la fin du modèle d’influence américain qu’elles commencent aujourd’hui à contester.
  • Caio de Carvalho (Président de Sao Paulo Turismo, ancien ministre et président de l’institut d’économie créative) a insisté sur le fait que le monde entier raffole de la beauté et de l’art de vivre de l’Europe mais que c’est grâce au numérique et aux industries créatives que le Brésil avance à très grande vitesse pour créer de nouveaux centres d’intérêt et de croissance où la culture et ses impacts directs et indirects sont considérés et évalués comme des points de croissance économique à part entière comme aucun pays d’Europe ne le fait aujourd’hui.
  • René Villemure (président de l’institut d’éthique du Québec) a développé l’idée que l’éthique et l’économie mauve ne seront jamais l’aboutissement logique de bonnes intentions.  Elles seront le résultat de réflexion et de proposition fondées sur le sens et sur des valeurs telles l’impartialité, le respect et la vigilance. Ces trois valeurs représentent un horizon moral souhaitable d’une mondialisation à visage humain.
  • Guillaume Kiossa (ancien conseil spécial de la présidence européenne française et président d’Europanova) a promu la nécessité  d’investir massivement dans des programmes qui visent à accueillir les talents du monde entier en Europe, comme les Etats-Unis l’ont fait chaque année depuis le début des années 1940 notamment pour accueillir les élites européennes qui fuyaient le nazisme, non seulement pour y découvrir la culture et les merveilles de l’Europe mais aussi pour ensuite y vivre et contribuer à renouveler le rayonnement et la dynamique en Europe.
  • Carlo Petrini (président-fondateur du mouvement Slow Food) défend comme toujours l’idée que le système actuel court à sa perte et qu’il faut le rebâtir sur les dynamiques locales authentiquement porteuses de culture, de savoirs et de respect entre les hommes, envers la nature et tout comme certaines villes se mettent à opter pour la philosophie « slow », ce sont les métropoles qui devraient restaurer le goût du mieux vivre au lieu de concentrer depuis toujours les gaspillages les plus criminels qui soient.
  • Daniel Maximin (commissaire de l’année française des Outre-mer) a insisté sur le fait que les peuples d’Outre-mer ont le respect de la terre au plus profond de leurs cultures et que si les territoires d’Outre-mer sont autant des paradis que des enfers qui nous fascinent et nous ont incité à les coloniser, le développement économique par l’exploitation des ressources naturelles et par le tourisme peuvent et doivent changer ici et maintenant radicalement d’optique et mieux s’appuyer sur la sagesse des ultra-marins.

A noter également la courageuse modération de Frédéric Martel qui a « osé » une fois de plus mener la vie dure à nos vieux réflexes franco-français qui nous font souvent dire que nous sommes les champions de la diversité culturelle alors qu’il n’en est rien. Ce qui est désormais une posture ou un discours d’apparence vis-à-vis de l’extérieur, qui rassure et donne bonne conscience teintée d’une certaine nostalgie pour notre impérialisme déchu qui ne dit pas son nom, ne résiste pas un instant à la réalité de la diversité culturelle issue des sociétés multiculturelles comme les Etats-Unis.

Face à l’urgence de refonder la manière dont la culture, les arts, l’innovation et la créativité pour soutenir un monde plus juste, la tâche est immense, vertigineuse et complexe car le temps n’est plus aux incantations. Même si bon nombre de nos élus et de nos gouvernants auront naturellement le réflexe de dire qu’ils font de l’économie mauve depuis des années sans jamais le dire, il faut bien reconnaître la nécessité de réviser le logiciel sociétal dont la gouvernance a été édifiée dans autre âge.

Au fond, ce qui est en cause ce situe à deux niveaux :

  • le modèle d’exploitation de la nature et des êtres humains pour pouvoir les exploiter toujours plus les êtres humains et la nature, la fuite en avant du développement privé de toute forme de responsabilité et de conscience de son impact,
  • les réticences de l’ordre établi face à la mutation des systèmes politiques et géopolitiques qui ont émergé et dont la coopération est aujourd’hui incontournable.

L’économie mauve cherche à mieux interagir avec la culture pour trouver les clés d’une croissance économique et d’un développement social conscient que nous vivons dans un monde limité (au sens où nos ressources ne sont pas illimitées). De là émerge une valeur ajoutée qui s’appuie sur la culture au cœur de la conception des biens matériels et immatériels et des services publics et privés.

A travers la recherche de la diversité et de l’enrichissement culturels, c’est un défi de sobriété qui est clairement proposé par l’économie mauve : replacer l’être humain au centre de notre écosystème grâce à sa dimension créative. La demande de culture toujours plus grande peut être un des supports structurels de cette économie porteuse de croissance qui pourrait faire coïncider la notion de richesse la sobriété d’un monde limité et l’humilité d’un écosystème conscient de son équilibre fragile.

La discussion et le mouvement sont désormais enclenchés avec les acteurs concernés pour trouver des solutions nouvelles.

Rendez-vous donc à Sao Paulo l’année prochaine pour poursuivre dans l’action ce que cette première édition du Forum international de l’économie mauve vient d’initier de la plus prometteuse des manières.

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Refonte des règles de marchés publics : adoption du rapport Rühle

Le rapport de Heide Rühle (Verts, All) a été adopté à l’unanimité en commission marché intérieur/protection des consommateurs du Parlement européen.

Le rapport vient en réponse au livre vert de la Commission européenne sur la modernisation des règles de marché public. Les députés européens sont d’accord pour une clarification et un assouplissement du cadre actuel. De même, ils invitent la Commission à combler les lacunes du dispositif actuel mais ils ne souhaitent pas un bouleversement de la législation existante. Les propositions du rapport sont les suivantes:

  • champ d’application : la coopération public/public et les concessions ne sont clairement pas concernées par la révision des directives marchés publics
  • sélection des offres : le critère du prix le plus bas devrait être remplacé par l’offre économiquement la plus avantageuse, avec la prise en compte, par exemple, du cycle de vie du produit, des externalités positives ou négatives
  • mode de passation : la procédure négociée avec publication préalable d’un avis de marché devrait être considérée comme la procédure ordinaire. L’acceptation systématique des offres alternatives (fondamentales pour promouvoir l’innovation) et les possibilités limitées de rectification d’éventuelles omissions dans les offres devraient être rendues obligatoires. Des centres d’excellence au sein des structures nationales, chargés de favoriser la formation des pouvoirs adjudicateurs et des acteurs du marché devraient être créés
  • Instauration d’un passeport européen pour les marchés publics comprenant un certain nombre d’informations nécessaires pour chaque type de réponse aux marchés publics et permettant ensuite d’alléger la charge administrative des entreprises lors des soumissions ultérieures
Source : MEPLF

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Amendement du relèvement du seuil des marchés publics à 15 000 euros adopté

Mardi 11 octobre dans l’après-midi, l’Assemblée Nationale a examiné la proposition de loi de Jean-Luc Warsmann relative à la simplification du droit et à l’allégement des démarches administratives. Lors de l’examen de ce texte, la commission des lois a adopté 257 amendements qui couvrent des domaines très divers, et notamment le relèvement à 15.000 euros (au lieu de 4.000 euros aujourd’hui) du seuil à compter duquel les marchés publics doivent faire l’objet d’une procédure formalisée de publicité et de mise en concurrence.

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L’économie mauve, par René Villemure

Ceci est le texte de l’allocution de René Villemure sur l’économie mauve, présentée le 11 octobre 2011 à l’Espace Pierre-Cardin à Paris dans le cadre du 1er Forum international sur l’économie mauve, événement pionnier et fondateur auquel nous participions et dont nous nous sommes déjà fait l’écho à plusieurs reprises.

Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais, d’éthique sans réflexion.

Si cela va sans dire…cela ira encore mieux en le disant…

Bien que le sujet soit sur toutes les lèvres, on utilise l’éthique plus souvent qu’autrement afin de justifier des normes.  Au lieu d’inspirer, on tente de contrôler le comportement en surveillant en en punissant, ce qui ne constitue pas des gestes éthiques.  De fait, l’éthique est mal connue et mal comprise.

Considérant que la notoriété du sujet n’égale pas sa connaissance, j’aimerais vous présenter, en quelque minutes, ce qu’est réellement l’éthique, ce qu’elle n’est pas, puis, enfin de faire le lien avec les enjeux et les responsabilités de l’économie mauve.

Même si plusieurs abusent du terme « éthique » et si, en conséquence, celui-ci est de plus en plus « connu », posons la question : malgré sa notoriété, sait-on réellement ce qu’est l’éthique ou ne sommes-nous qu’en mesure d’en déplorer le manque ?

L’éthique, et c’est curieux, est l’un de ces sujets que tous semblent vouloir s’approprier sans pour autant en connaître le sens, en comprendre les exigences ou la portée.  Écoutons les conversations et nous pourrons entendre parler de l’éthique du football et même de l’éthique de ceux qui travaillent fort…  Tout dire sans rien dire…

Ainsi, et c’est incontestable, le sujet de l’éthique est connu mais, s’y arrête-t-on vraiment ? Je ne crois pas.

L’éthique n’a pas la vie facile, elle est souvent masquée par tout ce qui se prend pour elle… c’est la raison pour laquelle on entends plus souvent parler  de « codes d’éthique », c’est-à-dire d’impératifs à suivre absolument sous peine de sanctions.  Cette conception, fort populaire, est cependant réductrice. Elle réduit le « Bien Faire » à l’obéissance…

Ces codes maladroitement appelés « codes d’éthique » relèvent, au sens strict, de la déontologie, c’est-à-dire d’un « discours sur le devoir ».  La déontologie est une pratique normative qui se penche sur son passé, que l’on croit immuable, et qui, souvent, n’aime point son présent.  C’est la raison pour laquelle elle propose d’ajuster le comportement présent au passé jugé « idéal ».

En situation de décision, le déontologue tente patiemment de rapprocher rigoureusement la situation en présence du texte original afin de restituer à la situation actuelle la perfection du texte original sans nécessairement tenir compte du contexte ou de l’irrégularité de la situation.  La déontologie est une pratique patiente et mesurée de comparaison avec un texte figé…figé dans le passé, bien sur…

Enfin la déontologie, pour qui n’existent que les cas les plus fréquemment rencontrés, relève de la logique du « surveiller et punir », elle inspire par la crainte, elle définit ce qui est « mal », ce qui est interdit, elle recherche la faute par rapport à un texte fondateur jugé parfait.

L’éthique, de son côté, est une pratique évaluative fondée sur des valeurs en vue de l’atteinte d’une finalité jugée « bonne »; elle est plus soucieuse du « bien dans les circonstances » que de la conformité à une règle figée. L’éthique se soucie de la décision à prendre avec justesse, dans un contexte irrégulier, malgré l’incertitude et tout en considérant que le juste, en soi, est une cible fuyante.  « Que nous incombe-t-il donc de faire dans les circonstances » demande l’éthique.

L’éthique doit être comprise comme étant un exercice réflexif qui résulte d’une certaine prise de conscience collective, d’un désir de faire autrement, d’un ambition de faire « mieux » au niveau moral.  L’économie mauve parle ici « d’articulation vertueuse ».

L’éthique peut-être comparée à une œuvre d’art qui appartient à une époque ou à un peuple; une décision éthique appartiendra toujours à un contexte, à un moment spécifique dans l’espace et dans le temps.  Et tout comme dans le domaine de l’art où les « connaisseurs », nombreux, évaluent la technique, l’éthique a ses faux experts, tout aussi nombreux, qui rédigent des codes standardisés tout en n’ayant peu de souci pour l’éthique en soi, pour le sentiment artistique de l’éthique. On parle alors « d’éthique irresponsable ».

Lorsqu’on évoque l’éthique dans le cadre de l’économie mauve, il faut savoir que l’éthique est affaire de culture, tant celle d’une organisation, d’une société, d’un mouvement ou d’un peuple.  Elle doit s’appuyer sur des valeurs communes qui devront être claires, praticables et partagées; ces valeurs devront éclairer et éviter de recouvrir ce qui doit être fait par ce qui peut être dit.

L’éthique est affaire de culture et il faut rappeler qu’une culture ne se change pas, elle migre. Lentement.

La migration culturelle, la migration éthique, ou la migration vers une économie mauve est la prise en compte d’un désir de transformation qui permettra de faire le lien entre « pas d’éthique », l’éthique déontologique et l’éthique en soi; qui permettra de faire le lien entre « le durable et le court terme, la création de valeurs et le gaspillage, le collectif et l’individuel, l’éthique et l’irresponsabilité ».

Il faut influencer la culture vers une culture « éthique plus » (ou une culture plus mauve) parce qu’actuellement la culture de plusieurs organisation, sociétés mouvements ou peuples ne se démarque pas, ainsi, on ne la remarque pas… on n’en remarque que les manquements. Ce qui est déplorable.

Et ce sont ces mêmes manquements qui font que l’on ne parle d’éthique qu’en termes de conflits, de fraude ou d’abus.  Pas très inspirant, il faut l’avouer…

N’auriez-vous pas le goût que l’on fasse référence à l’éthique dans un contexte qui lui est propre plutôt qu’à titre de béquille destinée à surveiller et à punir ?  Bien Agir me semble plus inspirant que « ne pas mal faire ».

Cessons d’écouter les faiseurs de règles, les faiseurs d’images et les faiseurs tout court et réfléchissons sincèrement à l’éthique et aux valeurs; cessons de fonctionner par l’absurde en appelant « éthique » ce qui ne l’est pas.  Faisons un effort afin de mieux connaître ce qu’est l’éthique, l’appréciation éthique, le développement durable éthique, la RSE éthique, les choix éthiques… et l’économie mauve éthique…

La société de l’économie mauve exigera de ses acteurs qu’ils puissent évoluer dans un cadre plus large, qu’ils puissent élever leur regard et apprécier la complexité d’un monde en changement.  Le réflexe traditionnel d’automatisme dans les gestes de gestion ou de gouvernance perdra de sa pertinence. Dans le monde de l’Économie mauve, Voir autrement et penser autrement ne seront plus des alternatives, ce seront des nécessités.

Dans cet effort, plusieurs dangers nous guettent. Je ferai mention du principal danger, celui de la récupération de l’économie mauve par les opportunistes qui seront tentés d’en faire une « économie mauve pâle »… Une éthique de vitrine, une esthétique qui préférera le confort de Bien paraître aux exigences de Bien faire.  En matière d’éthique et d’économie mauve, la vigilance est de mise.

L’éthique et l’économie mauve ne seront jamais l’aboutissement logique de bonnes intentions.  Elles seront le résultat de réflexion et de proposition fondées sur le sens et sur des valeurs telles l’impartialité, le respect et la vigilance.

Ces trois valeurs représentent un horizon moral souhaitable d’une mondialisation à visage humain.


Les ingrédients mystères ? Le temps et la réflexion… ce que nous sommes à faire ici ce soir…

Nous sommes non ce que nous choisissons d’être une fois pour toutes mais ce que nous choisissons de faire à chaque instant

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Retrouvez sur Cultural Engineering Group les billets réflexifs de René Villemure, éthicien, conférencier, président fondateur de l’Institut québécois
d’éthique appliquée notamment aux domaines de l’innovation, de la culture et de la communication.

Billets réflexifs précédents publiés sur CEG :

Toutes les publications, les actualités et  les activités de René Villemure en cliquant ici.

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1er forum international de l’économie mauve | 1st International Forum of Purple Economy

(FR) Sous le patronage de l’UNESCO, de la Commission et du Parlement européen, Paris accueillera les 11, 12 et 13 octobre 2011 le 1er forum international de l’économie mauve, pendant culturel de l’économie verte  (www.economie-mauve.org).
Cet évènement réunira 400 décideurs des sphères publiques et privées du monde entier, avec pour objectifs :

  • La prise de conscience collective et la sensibilisation à l’importance de la dimension culturelle dans le développement de nos sociétés ;
  • La réalisation d’un état des lieux et le partage des expériences ;
  • L’échange et la confrontation autour des bonnes pratiques, la mise en lumière des acteurs et des innovations.

En vertu d’un partenariat, les membres du Cultural Engineering Group bénéficient d’une réduction de 25 % pour toute inscription enregistrée avant le mardi 4 octobre 2011 à 8 heures  (heure de Paris).
Pour recevoir le code partenariat, veuillez contacter info@diversum.net

(EN) Under the patronage of UNESCO, of the European Parliament and of the European Commission, on the 11th, 12th and 13th October 2011, Paris will host the world’s first international forum of purple economy, the cultural counterpart of the green economy (www.purple-economy.org).

This event will gather 400 leaders from the public and private sectors worldwide, aiming:

  • To raise collective awareness of the importance of cultural aspects for the development of our societies;
  • To carry out an inventory of the current situation, and encourage story-sharing;
  • To promote exchange and debate on best practice, and to showcase key players and innovative approaches.

Under a partnership, members of the Cultural Engineering Group receive a 25% discount for registrations recorded before Tuesday, October 4, 2011 at 8 am (Paris time).
To receive the partnership code, please contact info@diversum.net

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