Cultural Engineering Group Weblog

Services & Ressources en ingénierie culturelle

50 ans d’art dans la ville, Vitry-sur-Seine

nlpondruel

Située aux portes de Paris, Vitry-sur-Seine, ville de 85 000 habitants, s’est engagée depuis le début des années 1960 dans une politique audacieuse de commande d’œuvres d’art en milieu urbain. La municipalité a fait preuve, en ce domaine, d’une constance, d’une continuité et d’une longévité exceptionnelle, en maintenant le cap d’une vision à long terme sur le rôle de l’art dans la cité, comme élément essentiel de son développement culturel, social et urbain.

L’ensemble de cette politique a porté ses fruits. La ville compte désormais quelques 130 réalisations offertes à la déambulation du promeneur et du citadin dans une grande variété d’espaces publics et collectifs. Cette collection d’art public est l’une des plus importantes en France. Plusieurs générations d’artistes y ont contribuées.

Outre un dossier très complet sur Art-public.com, rappelons également la publication de « L’art est dans la ville, Vitry-sur-Seine, 50 ans d’art contemporain », ouvrage produit par la ville de Vitry-sur-Seine, sous la direction de Catherine Viollet, conseillère aux arts plastiques, avec un texte introductif de Ann Hindry.

 artdanslaville

190 pages – 200 illustrations photographiques

Livre accompagné d’un DVD (film, 25mn) "Les artistes sont dans la ville"

 Fage Editions

ISBN 978 2 84975 2593

Prix : 24 €

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Neon Parallax

 

Neon Parallax est un projet d’art public ambitieux et singulier mené de 2006 à 2012 par les Fonds d’art contemporain de la Ville et du canton de Genève. Entre la prestigieuse rade du bout du lac et la populaire plaine de Plainpalais, le parallaxe s’appuie sur l’homologie des deux plans en losange et la transformation des messages publicitaires des enseignes qui illuminent la première en installations artistiques lumineuses sur les toitures des immeubles qui borde la seconde.
Conçu spécifiquement pour la plaine de Plainpalais à Genève, Neon Parallax réunit neuf installations d’artistes suisses et internationaux : Sylvie Fleury (C H), Jérôme Leuba (CH), Christian Jankowski (DE), Dominique Gonzalez-Foerster (FR), Sislej Xhafa (Kosovo), Nic Hess (CH), Ann Veronica Janssens (BE), Pierre Bismuth (FR), Christian Robert-Tissot (CH).
http://www.neonparallax.ch

Neon Parallax s’accompagne d’une publication illustrée, parue aux éditions Infolio, sur les différentes étapes de ce programme et sur l’art public aujourd’hui, en vue de prolonger une réflexion sur le lien entre l’artiste et son intervention dans l’espace public. Avec les contributions de : Ami Barak, Hervé-Armand Bechy, Christian Bernard, Diane Daval, Dessislava Dimova, Christophe Doswald, Michèle Freiburghaus, Simon Lamunière, Henri Maudet, Laura McLean-Ferris, Renaud Proch, Jacob Proctor, Michele Robecchi, Eric, Troncy, Pau Waelder.
Français/anglais
Neon Parallax est publié par Infolio Editions (Suisse)
Format : 165 x 250 mm – 240 pages – ISBN 978-2-88474-273-3

Pour plus d’informations :

http://www.infolio.ch

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L’art contemporain n’est pas du vandalisme

Des graffeurs anonymes ont transformé à Sofia les soldats d’un monument en l’honneur des victimes soviétiques en héros américains de la culture pop. Cette action est bien plus qu’une blague, elle pose la question de la relation entre pouvoir, art et histoire, analyse le chroniqueur Boïko Pentchev dans le blog A Europa desalinhada pour l’hebdomadaire Expresso : "Toute cette histoire autour du monument de l’armée soviétique montre bien qui nous dirige. Ce ne sont pas ceux qui sont au pouvoir, mais notre mentalité qui ne change pas. Et lorsqu’enfin quelque chose se passe, on nettoie le monument à trois heures du matin. Les peintres anonymes non pas seulement apporté de la couleur aux personnages gris du monument mais également sur le visage sombre du pouvoir. [Le ministre de la Culture et sculpteur célèbre] Vejdi Rachidov a qualifié la transformation des soldats soviétiques en héros de la culture pop américaine de ‘vandalisme’. Visiblement, l’art se limite pour le ministre à quelques statues de bronze dans le hall d’entrée d’une entreprise ou à des peintures accrochées simplement dans des bureaux et des banques. L’art contemporain devrait être comme l’art classique, mais fait par des artistes vivants."

Source : SMG

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MATHIS J. BOUT: ‘URBAN CULTURE IS THE NEW CREATIVE CLASS’

When you say ‘urban’, you say Rotterdam. And in this case we don’t just mean ‘urban’ in the literal way, but also as in ‘urban culture’. There’s no other city in the Netherlands where urban culture (in English better known as street culture) can prosper better than in Rotterdam. 

It was just a matter of time before the first urban expert stood up. Let us introduce to you: Mathis J. Bout. A young architect. His bureau URBMATH especially designs environments to facilitate the new creative class in Rotterdam. A group that has its roots in urban culture. To really get to know this new class, he submerged himself in the urban culture. His prediction for street culture in Rotterdam? “It all goes back to the essence.”

The term ‘urban’ has caused a lot of confusion in Rotterdam during the last years. One group associates ‘urban’ with a new creative class, derived from street culture. The other group sees urban culture as a destructive culture which is unfriendly to women and glorifies gangsters.
It’s obvious that Mathis J. Bout is part of the first group. In his opinion Rotterdam is thé urban culture city of the Netherlands and that offers the city a lot of chances. “Urban culture is the new creative class in Rotterdam. It’s the engine behind our city’s economy, so it should not be underestimated”

"Urban culture is the new creative class in Rotterdam. It’s the engine behind our city’s economy, so it should not be underestimated."

Urban culture is the culture of the young citizens, a culture that has its roots on the streets. In Rotterdam hip hop culture has been the most important inspiration for the kids on the streets. “It’s quite easy to explain why hip hop and Rotterdam go along so well. Rotterdam has the right state of mind. ‘No words, just action’ is what we say down here. And that is exactly what hip hop culture is about. It’s not a coincidence that in Bed-Stuy (Bedford-Stuyvesant, an area in Brooklyn; red.), where rappers like Mos Def en Notorious B.I.G. come from, they say ‘do or die’. It’s the same attitude as you see in Rotterdam.”

From underground and misunderstood, urban culture has turned more and more into an accepted new creative class. In Rotterdam local authorities even started an institute to stimulate this subculture. (whether this is going to work is a subject for another story…). Fact is that urban culture develops fast in Rotterdam. “I think we’re at a point where it’s all gonna turn 360: back to the essence. You can see it happening in hip hop music in Rotterdam already. The sound is more authentic again. You hear it in the use of rough beats and the message in the lyrics is becoming more important. Guys like Vieira and MuSiz are a good example.”

“I think the same thing is going to happen in street art. Street art came from graffiti. Graffiti started with writing down your name on the wall to let people know you exist. Later graffiti was used to proclaim a message. That used to be all in words, but at the moment street art becomes more and more illustrative. People use illustrations to tell their story instead of words. I think there’s gonna be a movement with people who choose to go back to the roots of graffiti.”

Though in street art Mathis also sees a new trend. Artists do not only use a wall and paint or stickers and pens anymore, they explore other ways of sending out their message. “I’ve already seen urban knitwear; Colourful knitwear around a pole. I wouldn’t be surprised if artist start exploring more and more new ways to tell their story.”

Innovative street art in Rotterdam

Mathis’ mission is to facilitate all these forms of urban culture with the right environment. In his point of view not the architect, but the user is the starting-point for designing buildings and environments. He’s ready to give Rotterdam and other cities what they need with his bureau URBMATH. The website www.urbmath.com is online soon.

Author: Ellen Mannens

Source : 2010LAB.tv

2010LAB.tv is a project of the ecce (european centre for creative economy), an institute of RUHR.

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Le nouveau Cadre d’intervention en art public de Montréal

 

Revolutions, Michel De Broin

En 2010, la Ville de Montréal a adopté un nouveau Cadre d’intervention en art public, renouvelant ainsi ses engagements en la matière avec notamment : l’adoption d’un règlement sur l’intégration des arts à l’architecture pour toute nouvelle construction municipale; l’intégration de l’art public dans les grands projets d’aménagement urbain sous la responsabilité municipale; la mise en place d’une stratégie afin de favoriser la réalisation d’installations temporaires sur le domaine public.

La vitalité de l’art public à Montréal est le résultat d’une collaboration continue entre le Bureau d’art public (Direction de la culture et du patrimoine) et ses partenaires. Dans cette ville en constante évolution, les artistes contribuent ainsi à façonner le paysage urbain en exprimant la créativité artistique de cette métropole francophone d’Amérique du Nord.

Ce dossier sur l’art dans l’espace public à Montréal est accessible gratuitement ici.

Oeuvres permanentes


Oeuvres temporaires

 

Source : Art-Public, premier portail europeen sur l’art public

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Public Art Dialogue Journal Launch

A new journal, Public Art Dialogue, welcomes new and experimental modes of inquiry and production. Most issues are theme-based, and each features both peer-reviewed articles and artists’ projects. Public Art Dialogue offers a forum for critical discourse and commentary about the practice of public art defined as broadly as possible to include: memorials, object art, murals, urban and landscape design projects, social interventions, performance art, and web-based work. Information about Public Art Dialogue, including future topics, submission guidelines and details on free online access during the month of February, is located online: http://www.tandf.co.uk/journals/rpad.

We are eager to hear from you with suggestions for future issues and, of course, submissions.

A "Journal Launch Reception" will be held on Friday, February 11, 2011 with co-editors, Cher Krause Knight and Harriet F. Senie, from 2-3 pm at the Routledge booth in the Book & Trade Fair Exhibition Hall of the College Art Association Annual Meeting in New York City. Please join us and introduce yourselves.

The journal is a benefit of membership in Public Art Dialogue (PAD) with members receiving the journal at a discounted rate. In addition to two issues of the journal per year at a discounted rate, member benefits include voting privileges at our annual business meeting; voluntary listing in the PAD membership directory; and participation in discussion forums and e-communication. Members also have the opportunity to participate in the Public Art Portfolio Reviews by established public art professionals.

These are available for graduate students, emerging artists, and established artists seeking guidance for careers in public art. PAD is eager to have its membership reflect the international scope of the journal’s editorial board.

 

To join PAD, please visit the organization’s website:

http://www.publicartdialogue.org/newsletter/

 

or contact membership coordinator: Juilee Decker

jdecker1@georgetowncollege.edu

 

Source : art-public.com, first european portal on public art.

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Peter FINK, light installation San Diego Coronado bridge

Artist Peter Fink wins international competition to transform the iconic 2.5 mile long San Diego Coronado bridge in California into an monumental interactive light sculpture using green renewable energy.

An international team led by London based artist Peter Fink (Form Associates) and lighting designer Mark Major (Speirs + Major) in association with Buro Happold in Los Angeles has been announced as the winner of the largest interactive green energy lighting project in North America. The San Diego-Coronado Bay Bridge, built in 1969 in the spectacular context of the bay, has become a symbol of the San Diego area – just as the Golden Gate and Bay Bridges are symbols for San Francisco. The San Diego bridge is characterised by its graceful 2.5 mile long curved deck supported by over 30 towers reaching a height of 200 feet over the navigation channel. The shipping channels are spanned by the world’s longest continuous three-span box girder measuring 1,880 feet.

The lighting project is a partnership between the Port of San Diego and the California Department of Transportation (Caltrans), which operates and maintains the bridge. After an extensive period of evaluation, the Port Commissioners and Caltrans embraced a selection panel’s recommendation to choose the Peter Fink and Mark Major led team ahead of two other finalists, the Bideau Company of Ballan-Mire, France and Ned Kahn/Patrick McInerney Associates in association with ARUP.

The wining concept envisages illuminating the bridge with programmable LED lighting in an energy neutral manner using electricity generated by wind turbines. The lighting concept is designed to celebrate the spectacular Bay location of San Diego, and emphasize the bridge as an important gateway with programmable changing coloured light which expresses the movement of energy across and under the bridge. The variable rate of traffic flow over the bridge will be expressed by parapet lighting programmatically reflecting the direction, speed and intensity of vehicle movements on the deck. The lighting of the navigation span will express the nautical gateway function of the bridge and will have the capability to respond to the movement of larger ships. A distinct secondary layer of lighting accentuating the bridge pillars will provide the sense of urban connection between the two shores and celebrate the strong ties across the water body linking the communities of San Diego and the City of Coronado.

Further information: FoRM Associates Ltd - 154 Narrow street London E14 8BP tel: 0044 + 207 5373654 email: fink@formassociates.eu

Source : Art public, premier portail europeen sur l’art public.

 

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Raoul MAREK, œuvres pour l’espace public

Les interventions de Raoul Marek sont basées sur l’interactivité, la participation du public, l’échange et le partage. Tout ce qui est susceptible de donner vie á l’œuvre et engendrer des nouvelles pratiques sociales et culturelles.

Dans cette perspective le contexte est le ferment même de sa création. A chaque lieu une réponse spécifique. Comme Marek le souligne lui-même : "chaque projet requiert une forme nouvelle et adaptée", pas un objet stéréotypé. Aucun moyen plastique, aucun outil visuel, n’est a priori exclu de sa démarche artistique qui s’inscrit dans une variété de lieux avec la même intensité et la même singularité. L’objectif poursuivi étant que l’œuvre y prenne place dans une rencontre unique et complice avec son environnement Ainsi en est-il de ses projets de commandes publiques à l´université de Berne en 1986 et à l’hôpital de Sierre (Suisse) en 1996, ou encore en France, à Oiron (1993) et au Lavoir de Phlin (2001). La perception étant par ailleurs une donnée importante que Raoul Marek entend dans une dimension très large, la mise en jeu de tous les sens, et témoigne d’un certain conditionnement lié au contexte et de la relativité des réalités culturelles. Mais, pour autant, ceci n’aboutit pas au constat stérile d’une réalité figée mais forme au contraire les bases d’une démarche ouverte à travers la construction de liens et de réseaux d’échanges qui est l’autre volet important de l’oeuvre de Raoul Marek, à l’exemple de son projet La Salle du Monde débutée à Oiron (France) en 1993. Cette œuvre qui s’est construite dans un processus de dialogues et de concertations avec les habitants est une invitation à partager un rituel en commun lequel se perpétue jusqu’à ce jour c’est à dire depuis plus de 18 ans.

150 habitants du village de Oiron participent à un banquet annuel utilisant un service de table personnalisé conçu spécialement à leur intention par Raoul Marek. Il comprend 150 assiettes en porcelaine décorées chacune à l’effigie d’un des habitants (esquisse de la silhouette du visage), autant de couverts et de verres portant leurs initiales et des serviettes avec l’empreinte de la main de chacun des convives.

Le reste de l’année, le service de table, sous forme de galerie de portraits, est remisé dans une salle du château de Oiron, devenu un lieu d’exposition, accessibles aux publics.

Un projet similaire quoique différent a été conduit par Raoul Marek dans la ville de Berne (Suisse) en 2004. Depuis, des liens se sont noués entre cette "communauté de hasard" et les habitants du village de Oiron. Ainsi l’oeuvre répond à une double démarche: former des liens entre les habitants mais aussi ouvrir ceux-ci à d’autres contacts extérieurs et échanger entre cultures différentes, dans l’idée de la continuité d’un réseau.

Cette démarche est aussi le fil conducteur d’un autre projet de réseau qui a débuté en France (Ecole Mallarmé, 2010) Pendant plusieurs mois Raoul Marek a élaboré ce projet avec des élèves de 10-12 ans, de quatre établissements scolaires de la région Ile-de-France. Il consiste à mettre en relation les élèves de ces établissements très différenciés autour d’un projet artistique.

Basée sur la thèse de Raoul Marek : le symbolisme de la couleur est propre à l’imaginaire de l’enfant mais varie aussi en fonction de l’appartenance culturelle, de l’âge, de la condition sociale et de la sensibilité propre de l’enfant; témoignant, par conséquent, à la fois de la culture de l’endroit et de la personnalité de chacun des individus.

Chaque élève réalise un tableau monochrome, avec la couleur de son choix, affirmant ainsi sa propre spécificité. Ce tableau est ensuite envoyé à un enfant d’un autre établissement. L’addition de ces tableaux reçus donne lieu dans chaque école à une composition collective. Basé sur le principe "donner et recevoir" se crée ainsi un réseau invitant chaque participant à la découverte de l’autre dans son individualité et sa spécificité culturelle. L’étape ultime de ce travail est la présentation artistique de tous les projets, fruit de ces échanges, en un lieu public, par exemple un centre d’art ou un musée qui devient alors le lieu de rencontre entre l’oeuvre, les enfants et les parents.

 

Raoul Marek est né en 1953 au Canada, de parents Tchèque et Suisse. Il a grandi en Suisse et partage aujourd’hui sa vie entre Berlin et Paris.

Du 11 décembre 2010 au 12 février 2011 aura lieu l’exposition: "Vivre ou mourir", une installation de Raoul Marek à la Galerieofmarseille (www.galerieofmarseille.com) – 8 rue du Chevalier Rozen – 13002 Marseille

Photo d’illustration : Round Table – Monument pour la Liberté et la Démocratie – proposition de Raoul Marek dans le cadre d’un concours à Berlin en 2009.

Plus d’information:

http://www.raoulmarek.net

Source : Art public, premier portail europeen sur l’art public.

 

 

 

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Place de l’art public : artistes, commanditaires et statut des œuvres

La proportion d’œuvres qui peuvent être considérées comme de l’art public est loin d’être négligeable. Si l’on envisage toutes les possibilités de mise en public des œuvres, depuis celles destinées à édifier les croyants, jusqu’à la pratique muséale, le ratio œuvres publiques/œuvres privées fait très clairement penser que la part des œuvres destinées à un cadre strictement privé n’est pas majoritaire. Il est probable que tout le monde passe chaque jour devant une œuvre dans l’espace public, qu’il s’agisse d’un monument commémoratif, de la statue d’un personnage historique ou encore d’un mur peint : toutes ces œuvres relèvent de la catégorie de l’art public. C’est-à-dire d’œuvres créées pour être installées dans un espace public et qui peuvent être vues par tous les passants, les voyageurs, les usagers, les citoyens qui s’y trouvent… Dans ce document, nous bornerons nos investigations aux œuvres mises à la disposition du public, c’est-à-dire qui peuvent être en contact avec le public, sans que ce dernier ne les recherche explicitement. Pour autant, le sujet demeure vaste, car cet art dans l’espace public est extrêmement divers, que l’on regarde les lieux où il se déploie, les conditions dans lesquelles il est rendu possible, les formes esthétiques qu’il prend et les propos qu’il tient.

La démarche GRAND LYON VISION CULTURE vise à accompagner la Communauté urbaine de Lyon dans sa réflexion culturelle, à savoir :

  • construire et partager une approche commune de la culture ; alors que celle-ci est de plus en plus présente dans tous les compartiments de la vie sociale ;
  • enrichir les projets actuels et futurs du Grand Lyon, notamment en matière d’événements d’agglomération ;
  • imaginer des modes de relation innovants du Grand Lyon avec les artistes dans le cadre de différentes politiques : urbanisme, participation citoyenne, développement économique, etc.

Dans quelle mesure les artistes peuvent-ils contribuer à une société de la connaissance et à la vitalité de la vie urbaine ? Comment les repérer et les solliciter ? Comment les associer à des dispositifs de politiques publiques ?

Cette démarche est scandée par des rencontres élus, experts-professionnels. Chaque rencontre est introduite par un document de cadrage semblable à celui-ci. Pierre-Alain Four nous fait le plaisir de nous transmettre ce matin le document de cadrage de la 7ème rencontre qui aura lieu le 19 novembre prochain.

Vous pouvez consulter et télécharger ce document dans notre box Ressources.

L’ensemble des documents relatifs à ce cycle destiné à préparer le Grand Lyon à intervenir dans le champ culturel se trouve sur le site millénaire 3 :

 

 

 

 

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art [espace] public

Proposé par le Master Projets culturels dans l’espace public (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), en partenariat avec la revue Stradda, le cycle de rencontres art [espace] public, (15 janvier – 2 avril) portant, cette année, sur la question : La création artistique en espace public est-elle politique ? se poursuit au mois de mars.

Le 5 mars, au WIP Villette (Paris 19ème), de 19h à 21h : Comment les genres traversent la rue ? En quoi nos manières d’occuper la rue, de marcher, de nous vêtir, d’interagir avec les autres constituent-elles des « performances de genre » ? Cette rencontre, autant conférence que performance, sera préparée dans le cadre d’un workhop de deux jours, conçu par la compagnie Sans Titre avec les étudiants du Master.

Le 12 mars, à la Sorbonne (Paris 5ème), de 19h à 21h : L’affaire du nuage vert. Comment provoquer une prise de conscience écologique et mettre en lumière la question environnementale ? Mars 2009 : le duo artistique HeHe répond en laissant échapper de l’incinérateur de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), un nuage vert. Cette expérience également réalisée à Helsinki (Finlande) en 2008 et élue « œuvre de l’année » par la Fondation d’art environnemental de Finlande avait été refusée par la ville de Saint-Ouen. Avec le collectif HeHe, des acteurs impliqués dans « l’affaire du nuage vert » et Guy Tortosa, critique d’art, seront soulevées des questions telles que : À qui appartient le ciel ? Quelles ont été les retombées de ce nuage vert poétique et politique ?

Le 13 mars, de 14h30 à 16h30 (le lieu sera précisé par courriel aux inscrits) : Marionnette tout terrain : quels enjeux ? Cette rencontre est organisée à l’occasion de la 3ème édition d’OMNIprésences – manifestation du Théâtre de la Marionnette à Paris proposant des spectacles dans des lieux inhabituels (bars, églises, maternités, universités..). En quoi ces projets donnent-ils au quotidien un sens nouveau ? Quelles multiples formes prennent ces rencontres atypiques entre un lieu, ses usagers et une équipe artistique ?

Le programme complet de ce cycle, ouvert à tous et gratuit, et le bulletin d’inscription sont en ligne. 
Contacts : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Master Projets culturels dans l’espace public (http://art-espace-public.c.la) ; Stradda (www.stradda.frwww.horslesmurs.fr).

Source : ministère de la Culture et de la Communication.

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Vancouver 2010 : programme de commandes publiques

En tant que ville d’accueil des Jeux olympiques d’hiver 2010 la ville de Vancouver (Canada) a lancé un ambitieux programme de commandes d’art public qui comprend des installations temporaires et des oeuvres permanentes lesquelles viennent magnifier des lieux ou des bâtiments emblématiques comme l’Hôtel de ville (photo), Stanley Park ou encore la Bibliothèque centrale.

Le programme d’art public de la ville de Vancouver pour les J.O. d’hiver 2010

Source : Art Public, premier portail européen sur l’art public

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The Artvertiser

One of our members from Rhizome sent us some information about one of the most exciting improved reality project of public art I have ever seen : The Artvertiser, a urban, hand-held Improved Reality project exploring on-site substitution of advertising content for the purposes of exhibiting art. Some of you might have seen it during Berlin Transmediale 2010 last week but I can’t resist the temptation to share this great project with our audience.

The project was initiated by Julian Oliver in February 2008 and is being developed in collaboration with Clara Boj, Diego Diaz and Damian Stewart.

The Artvertiser considers Puerta del Sol Madrid, Times Square New York, Shibuya Tokyo and other sites dense with advertisements as potential exhibition space. An instrument of conversion and reclamation, The Artvertiser takes imagery seen by millions and re-purposes it as a surface for the presentation of art.

The best description of their work is an excerpt from their website : "the Artvertiser software is trained to recognise individual advertisements, each of which become a virtual ‘canvas’ on which an artist can exhibit images or video when viewed through the hand-held device.

After training, where ever the advertisement appears, the chosen art will appear instead when viewed live through the hand-held device. It doesn’t matter whether the advertisement is on a building, in a magazine or on the side of a vehicle.

If an internet connection is present at the site, the substitution can be immediately documented and published in on line galleries such as Flickr and YouTube.

While offering itself as a new platform for public art, The Artvertiser seeks to highlight the contradiction of Public Space in the context of what can and cannot be written on the surface of our cities. Neither graffiti or Fine Art, The Artvertiser exploits the inevitable redistribution of these surfaces in media such as digital film and photography, providing an alternative memory of the city.

By leveraging the internet as a redistribution mechanism, The Artvertiser supposes that an urban site dense with proprietary imagery can be re-purposed as an exhibition space for art and archived as such in turn. Similarly, on-site exhibitions can be held whereby pedestrians are invited to use the looking device to view an exhibition on the buildings around them. Finally, non-live video can also be used. This enables artists to substitute advertisements in film and video with alternative content and redistribute those movies with friends or using their favourite peer to peer network.

The Artvertiser has received development funding from Intermediae and is being developed in Madrid and Valencia, Spain.

Progress

The software is stable and working well though is not yet ready for distribution. Currently it runs only on The Artvertiser’s own digital binoculars and netbooks/laptops with webcams. We’re still working on a port for Android.

The Artvertiser targets three classes of device:

Billboard Intercept Prototype:
A set of urban and weather-proof digital binoculars have been built. This device guarantees high-quality immersive advertisement substitution and is be more performant for AR applications than any hand-held device currently available; equipped with a high-quality wide-angle lens, fast CPU and GPU, powerful wireless adaptor, long battery life and plenty of solid state storage space.

Smartphones:
We are currently porting the software to Google’s Android OS, now used on many smartphones worldwide. Following this we will target the Nokia N900 (Maemo 5) and (perhaps) the iPhone. These devices will have support for video and photo substitution modes at low resolutions. We hope to have an Android port available soon.

Standard Camera phones:
The great bulk of the world’s camera phones run the Symbian OS. We are currently authoring a version of The Artvertiser to provide ‘single shot’ photo substitution. 

The Artvertiser is a free software project and will be released under the copyright terms of the General Public License v3.0 when completed. It is developed on the Linux platform.

Team

Project Lead: Julian Oliver

Computer Programming: Julian Oliver and Damian Stewart

Binoculars: Julian Oliver, Clara Boj and Diego Diaz

Julian Oliver, Damian Stewart, Clara Boj and Diego Diaz are experienced artists working in the vein of Augmented Reality, computer vision and computer graphics. Between them they share 30 years of practice across these areas, having worked with the technology in both research and fine-arts settings.

Their work has been exhibited in major museums and electronic art-festivals in Europe, Asia and North America and has received many awards and commissions".

Source : Rhizome and The Artvertiser.

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Spatial City : An Architecture of Idealism

"Spatial City: An Architecture of Idealism" est la première présentation des collections des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac) aux États-Unis. Associant l’ensemble des Frac, cette exposition circulera pendant toute l’année 2010 entre trois villes du Middle West : Milwaukee, Chicago et Détroit.

Elle a été conçue sur un principe de carte blanche confiée à Nicholas Frank, responsable des expositions au sein d’Inova (Institute of Visual Arts) à Milwaukee et commissaire général de Spatial City. Elle réunit un ensemble international et multi-générationnel d’artistes, en faisant la part belle à ceux vivant en France, avec une quarantaine d’oeuvres et une dizaine de programmations vidéos.

Artistes : Lida Abdul, Élisabeth Ballet, Yves Bélorgey, Berdaguer & Péjus, Katinka Bock, Monica Bonvicini, Jeff Carter, Maurizio Cattelan/Philippe Parreno, Jordi Colomer, François Dallegret, herman de vries, Peter Downsbrough, Philippe Durand, Jimmie Durham, Simon Faithfull, Cao Fei, Robert Filliou, Didier Fiuza Faustino, Élise Florenty, Yona Friedman, Dora García, Ben Hall, Séverine Hubard, Stefan Kern, Bertrand Lamarche, Vincent Lamouroux, Mark Leckey, Didier Marcel, François Morellet, Sarah Morris, Juan Muñoz, Stéphanie Nava, Philippe Ramette, Kristina Solomoukha, Tatiana Trouvé, Marie Voignier, Clemens von Wedemeyer, Stephen Wetzel, Raphaël Zarka.

Les trois étapes de Spatial City :

Conception de l’exposition et commissaire général : Nicholas Frank, curateur à Inova, Peck School of the Arts, University of Wisconsin, Milwaukee

Commissaires associés : Allison Peters Quinn, directrice des expositions au Hyde Park Art Center et Luis Croquer, directeur et curateur en chef du MOCAD

Commissaires associés pour les Frac : Eva González-Sancho (Frac Bourgogne) et Yannick Miloux (Frac Limousin)

Coordination générale et développement du projet : Marie-Cécile Burnichon, coordinatrice de Platform

Un catalogue restituant l’exposition et ses trois étapes sera publié en 2010. Édition bilingue anglais-français.

Initiés par le Service de coopération et d’action culturelle de Chicago, le projet Spatial City: An Architecture of Idealism et ses différentes étapes bénéficient du soutien de Culturesfrance, du ministère de la Culture et de la Communication / Direction Générale de la Création Artistique – Service des arts plastiques et du Service Culturel de l’Ambassade de France aux États-Unis.

Contact : CULTURESFRANCE (Corinne Henry) / PLATFORM (Marie-Cécile Burnichon)

Source : CULTURESFRANCE

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Smartcity

Smartcity, l’événement des nouveaux enjeux urbains, nouvelles formes artistiques, est un projet européen ainsi qu’un vaste programme de réflexion et de création conduit autour du concept de « ville intelligente ».
Artistes, chercheurs, architectes, penseurs, politiques, industriels, ingénieurs, militants sont conviés à imaginer des formes inédites d’appropriation de l’espace urbain et, ce faisant, à définir une vision alternative de la ville, qui (re)donne aux habitants une place centrale.
Smartcity donne lieu tout au long de l’année à des résidences artistiques, des workshops, des événements et des rencontres. 
Trois temps forts marqueront les deux prochaines journées. Le 27 janvier, de 15h à 18h, à la Maison des Arméniens, les Portes ouvertes des chantiers artistiques invitent le public à découvrir les actions engagées par les artistes et architectes résidents (Ulrich Fischer – Walking the Edit ; Adelin Schweitzer – Augmented Reality ; Antonin Fourneau – Oterp ; Zoom & Infraksound ; Studio 21bis ; Rebar Group ).
Le 28 janvier, à la Maison internationale, de 14h à 18h, une conférence internationale DO IT YOURSELF | Ville créative et collaborative, qui vise à mettre en perspective ces nouvelles pratiques artistiques et leur rôle dans la fabrication de la ville. L’entrée est libre sur réservation.
En fin de journée, une soirée pluridisciplinaire avec le finissage des chantiers découverts la veille, des projections et expérimentations de prototypes de projets et le Washing Machine Club de Christophe Goutes.
Vous pouvez suivre la préparation de cet événement sur le blog de Smartcity.
La Cité universitaire internationale de Paris se trouve au 17, boulevard Jourdan 14ème.

Contact : Smartcity (01 43 66 82 52 – smartcity@dedale.infowww.smartcity.fr )

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Raise The Cloud

Certains ou certaines d’entre vous ont peut-être vu dans un récent papier du journal Le Monde un diaporama montrant les visuels d’un projet pour le moins audacieux qu’une équipe d’architectes a dévoilé à Londres dans la perspective des JO de 2012. Ce projet est nommé « The Cloud » et a été présenté mi novembre parmi d’autres projets en lice et fait désormais partie des finalistes d’une compétition dont la ville de Londres est à l’initiative. Le projet a en apparence tout d’une folie comme Londres sait si souvent nous le réserver. Certes ce n’est pas le premier fait d’armes de LA global-city occidentale par excellence mais regardons d’un peu plus près en quoi ce projet n’a rien d’une folie et pourquoi.

A départ, le projet prévoit de construire une tour-spirale, par laquelle on pourra accéder, à pied ou à vélo, à un nuage de bulles transparentes et gonflables en ETFE (éthylène-tétrafluoréthylène), créant un espace en trois dimensions en plein ciel. Un nuage de lampes LED connecté au Web diffusera des informations et des images en temps réel. S’il est construit à proximité des sites olympiques, il permettra de suivre des les bulles les compétitions sportives des JO ainsi que de contempler la ville.

Ce « nuage » se veut un modèle d’économie d’énergie : un ascenseur transformant l’énergie cinétique en électricité lors de la descente des visiteurs, associé à l’énergie solaire collectée par des cellules photovoltaïques, permettra au bâtiment d’être autosuffisant énergétiquement. Un jeu subtil sur la transparence, une utilisation réduite de matériaux, un volume maximal rendu par les sphères suspendues ; le tout reposant sur des colonnes très fines, tenues par un câble et formant ainsi « nuage ».

Bref, sur le plan formel, The Cloud a tout pour déchaîner les passions et faire débat. Mais sur le fond, il est intéressant de regarder ce qui fait tout l’intérêt d’un tel projet à savoir, sa finalité, son usage. A l’origine du projet, Carlo Ratti, directeur du laboratoire SENSEable Cities (le groupe de recherche sur les nouvelles villes du MIT), évoque  « une nouvelle forme d’expression et d’expérience collectives, le symbole d’une nouvelle ère en train de voir le jour ». Cette expression collective érigée en monument (y compris au niveau de son équipe de conception puisqu’en plus du MIT, on participé au projet l’artiste argentin Thomas Saraceno, spécialiste des structures flottantes, l’ingénier allemand Jörg Schlaich, l’agence française de paysagisme Ter, ainsi que l’écrivain italien Umberto Eco) verra le jour quel que soit le résultat final du concours organisé par la ville. En effet, le projet n’attend pas de financements publics. Il compte sur les dons individuels et a même lancé un programme de microdonations via Facebook et Twitter.

La légèreté de la structure et sa simplicité de déploiement augure de nouveaux espaces publics où l’intelligence collective prend forme au cœur des usages sociétaux du moment.

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Pour un art au monde

L’excellente revue Archée et Eric Clémens* nous font l’amitié de nous autoriser à diffuser ses réflexions parues le mois dernier à partir du livre "L’expérience des lieux esthétiques" de Norbert Hillaire paru aux éditions de L’Harmattan en 2008. Après l’esthétique du passage et l’anesthésie moderne, l’oeuvre d’art devient-elle aujourd’hui multimodale ?

Suis-je le seul à me passionner pour l’art d’aujourd’hui sans pour autant échapper à la confusion des sentiments : attirance, répulsion, enthousiasme, découragement, indifférence, incompréhension, perplexité, etc., mais qui culmine dans le sentiment d’être débordé ? Et suis-je le seul à considérer que, pour me dépêtrer de cette confusion, la plupart des écrits sur l’art contemporain se trouvent pris entre la cartographie générale qui ne fait que décrire la multiplicité des productions actuelles et le décryptage particulier qui n’accède qu’à l’orientation partielle d’un mouvement ou même d’un seul artiste?

L’expérience des lieux esthétiques (1) de Norbert Hillaire, est, à cet égard, une exception. Le caractère exceptionnel de ces essais tient aux lignes de forces esthétiques qu’ils dégagent en révélant, me semble-t-il, la plupart des enjeux de l’art au XXIième siècle. Et qui, de plus, à partir de remises en jeu et de méditations reliant l’histoire et l’actualité dans une « hétérochronique vigilante du présent », nous permet d’échapper au relativisme nihiliste propre aux bavardages postmodernes.

Au départ, une double question qui encadre toutes les autres : celle du rapport de l’art aux nouvelles technologies et celle du lieu comme du temps, donc celle du monde, que les thématiques du désenchantement et de la déterritorialisation voudraient rendre caduques. Quels déplacements permettent d’y voir un peu plus clair ?


De l’esthétique du passage à l’anesthésie postmoderne : le port et la mode

Premier déplacement : de la destruction à la soustraction (concept emprunté à Badiou). Défaire la représentation qui occulte le réel passe certes par la déconstruction des conventions, mais qui, à se perpétuer sans fin, ne peut que s’épuiser. Et de fait, une bonne part de la production du XXième siècle s’y soustrait par une mise en jeu minimale qui marque l’écart irréductible du réel. De la mise en scène du poncif (les idées reçues autant que l’ « image-type » tel celle de Bovary chez Flaubert) au Pop art en passant bien sûr par le ready-made, une esthétique se fait jour moins de la banalité que de la répétition, à l’instar du modèle, du type, de l’objet à l’âge industriel. D’où le deuxième déplacement : de l’expérimentation et du nouveau vers l’enregistrement et la transmission. Walter Benjamin avait depuis longtemps indiqué cette voie qui substitue à l’idée du progrès celle du passage, de la transition, de la flânerie distraite qui attend la mort. Mais dans une telle perspective, y a-t-il un autre lieu que les « lieux communs » ?

Plus actuellement, si le monde prend de plus en plus la figure de la ville et surtout de la mégapole, c’est qu’en elle la vitesse et la lumière portent à l’incandescence la fascination pour l’âge industriel. Les illusions des Lumières – le panoptisme instantané – sont ainsi portées à leur comble avec la photographie, la vidéographie et le Net. L’enregistrement de l’éphémère – non sans paradoxe –confirme le devenir esthétique « du recyclage, du reste, du résidu » jusqu’à celle « de la disparition, de l’effacement ». Métaphore de cette transitivité, le port, toujours voué à l’incessante circulation marchande, apparaît ainsi comme « lieu emblématique de notre condition artistique postmoderne – qui après avoir épuisé la tradition du nouveau, postule comme principe le jeu infini des réappropriations, des recyclages et des relectures (un peu sur le modèle du DJ, dont l’œuvre se construit dans le mouvement du mixage et du sample d’un matériau musical ou sonore qui lui préexiste). » Et à ce lieu de pur transit du port semble correspondre le temps de pur transit de la mode où le monde moderne se sera épuisé dans le vide répétitif du monde postmoderne, un monde hors temps et sans lieux.

C’est sur ce point que Norbert Hillaire relance, repense le questionnement. Où en est la possibilité de faire œuvre au moment où le « tout visuel » menace l’image elle-même, le numérique immatériel effaçant la trace qui portait la différence entre le réel et la représentation ? Toute distance abolie, grâce aux technologies qui soutiennent la mondialisation, l’art s’est-il replié sur la manifestation et sa réception, sur l’action performante censée rétablir le leurre de la communication immédiate, sinon physique ?

Ce qui soulève la question du lieu de l’œuvre : où et quand l’œuvre a-t-elle encore lieu ? Pour y répondre, Hillaire repart du modèle de la « ville-panorama » lié à l’architecture fonctionnelle, avec son espace visible en surplomb, espace sans qualités axé sur le « principe de circulation et de changement perpétuels ». Face à cela, nombre d’artistes semblent privilégier une « présence autoréférentielle », souvent minimaliste, opposée à l’utopie de « l’esthétisation généralisée de l’environnement » – généralisée dans la stéréotypie . Mais, cette action locale opposée au réseau global suffit-elle pour résoudre la « crise du lien entre œuvre et lieu » ?

La sortie du musée suffit-elle et même est-elle efficace ? Comment l’œuvre d’art peut-elle encore se relier de façon distincte à l’espace réticulaire techno-urbanistique, un espace « saturé de signes et d’objets standardisés », y avoir lieu et temps, y introduire la médiation d’un monde transformable ? S’il ne s’agit plus de transmettre des objets (d’art), mais de créer des relations (communicationnelles), comment l’œuvre peut-elle intervenir de façon marquante ? L’opposition entre médiation et transmission n’est pas tenable : des « objets seconds » durables (photographies, ouvrages, DVD…) relaient et prolongent les performances éphémères… Mais, à nouveau, cela permet-il d’échapper à la délocalisation et à l’atemporalité de la « technologique » mondiale et globale ?

Du mur à l’écran, au vitrail et à l’estampe : l’œuvre multimodale

Une méditation sur l’art pariétal rend possible une avancée. Orner une paroi, peindre un mur convertissait l’espace en lieu, hors de toute fonction utilitaire et domestique, plus encore, il ouvrait l’avenir en faisant signes, des signes qui nous « parlent » encore, fût-ce énigmatiquement, aujourd’hui. Or, marquer aujourd’hui l’espace par des techniques comme celles du pochoir ou par des interventions délimitantes jusque dans les paysages prolonge cette tradition chez certains artistes qui reprennent cette constante de l’histoire de la peinture, la « libération des contraintes de l’architecture ». A l’espace fermé, l’art répond par la trace transfigurante.

Cependant, la modernité architecturale a voulu précisément abolir toute limite en substituant le verre, la transparence béante, au mur. Elle participe ainsi à l’établissement du monde-mégapole, trames et trajets horizontaux infinis qui remplacent la verticalité « du mur comme projet et projection », « du mur comme parole ». L’écran et ses images donnent-ils une nouvelle forme à ce mur ? Ou ne sont-ils qu’un prolongement de la prolifération télévisuelle de la réalité ? Une méditation du vitrail découvre à son tour une autre perspective : celle de l’invisible condition du visible. Car le vitrail introduit un temps en suspens qui redonne sens au lieu. Il est écran, mais écran qui ne masque pas le dehors tout en se tournant en dedans : il rend visible des figurations et des colorations en même temps que leur source invisible, la lumière qui les traverse. Dans l’art contemporain, il fait ainsi éclater cette manifestation d’un lieu présent au-delà de la représentation narrative traditionnelle.

Ce détour permet à Hillaire de dépasser les impasses du postmodernisme. Il témoigne, en effet, de ce que « la rupture du numérique et l’abstraction de l’espace – son immatérialisation dans les réseaux – ne signifie pas la fin des lieux « physiques » de l’art et de la culture, tels le musée, non plus que le déclin des techniques du visible appartenant à l’âge classique-moderne ». Contre toute apparence ?

D’une part, la saturation des informations et des images, l’interactivité immédiate entre producteurs et consommateurs et la propagation identique reproduite sans fin dans la médiasphère ou la sémiosphère – un monde de signes à la place du monde des vies – n’excluent-ils pas toute possibilité d’un événement ? D’autre part, en parallèle, le « devenir conceptuel de l’art », prisonnier d’une autoréflexivité et réduit à une essence vide (blancheur, silence, objet trouvé…), n’excluent-ils pas toute possibilité d’une œuvre ? L’abolition de la « distance représentative » n’a-t-elle pas précipité la prédite fin de l’art ? Le réseau technologique n ‘a-t-il pas remplacé les œuvres du monde de l’art par une « esthétique de la communication » sans monde que d’artifices ? La diversité même des productions artistiques qui prennent part et qui ne prennent pas part aux nouvelles technologies empêche de s’aligner sans plus sur les prédictions fatalistes que pareilles questions semblent dicter.

Les nouvelles technologies, en effet, ne se substituent pas « aux rapports entre l’art, l’artiste et ses outils » : elles les modifient en les sédimentant par de nouveaux supports et de nouveaux instruments. Une autre méditation originale permet à Hillaire d’ouvrir nos perspectives : elle rapproche la technique de l’estampe et celle de l’ordinateur. Outre la diffusion grâce au web, la numérisation des estampes permet de jouer sur ses formats. Autrement dit, dans ce cas, l’œuvre conquiert à la fois un nouvel espace public et de nouveaux modes d’appropriation. Risquant un parallèle avec les jeux d’hypertexte par rapport à la littérature, Hillaire y voit la confirmation des exigences d’Italo Calvino pour une création digne du troisième millénaire : « la légèreté, l’exactitude, la multiplicité, la rapidité, la visibilité »…

En somme, loin d’avoir disparus, l’œuvre et l’événement, le monde qu’ils proposent, ont accru leur possibilité. L’immédiat et l’éphémère, la manifestation et la relation interactive, la communication vont désormais de pair avec leurs relais l’objet et la trace, la représentation et l’interprétation, la transmission, Hillaire écrit : « On peut à ce sujet évoquer le concept d’œuvre multimodale, c’est-à-dire d’œuvres qui admettent plusieurs régimes croisés de visibilité dans l’espace et le temps… ». Quand la performance est prolongée par sa reproduction en maquettes, en films, en photographies et en sites Internet, elle permet, par l’enregistrement et la médiatisation, la création perpétuée de cet autre rapport au sensible et à l’insensible que l’espace et le temps de l’art ont toujours tenté.

Plus encore, « esthétiques du banal », « esthétiques du passage », « du recyclage, du reste et du résidu », si ces appellations renvoient à l’ « esthétisation généralisée de la réalité et de la marchandise », elles ne programment pas fatalement l’anéantissement des productions ainsi désignées. Parce qu’elles remontent loin en avant dans la modernité, parce qu’elles renvoient à des œuvres extrêmement diverses dans leur stratégie comme dans leurs actualisations, ces dernières peuvent s’appuyer sur les nouvelles techniques pour relever le défi du spectacle et du divertissement où l’art se serait enlisé. Si les lieux créés par l’art étaient de « mémoire », ils sont ou ils peuvent redevenir aussi « des lieux de vie ouverts sur le présent, le vivant et même le festif ».

Dépassement de l’impasse autoréférentielle ?

Mais cette mutation n’est évidemment pas linéaire. Un enjeu majeur s’y fait jour : la sortie de l’impasse autoréférentielle. L’autonomisation de l’art moderne jusqu’à la micro-auto-production postmoderne ont pu aboutir à l’autopoïèse formaliste et solipsiste. La production horizontale et réticulaire d’œuvres peut-elle favoriser un nouvel espace-temps d’expérimentation sociale et vivante, interactive et émergente – y donner lieu à un autre temps du monde (de l’art) ? La figure même de l’auteur tend sinon à y disparaître, en tout cas pas au sens mortifère d’une certaine modernité, mais à s’y trouver partagée. De même le musée, sous l’impact du numérique, devient un « musée virtuel et une mémoire dynamique de l’œuvre d’art ». Le solipsisme de l’autoréférence sera-t-il dès lors dépassé ou réduira-t-il définitivement le lieu et le temps de la création ?

Nul doute qu’aux yeux de Norbert Hillaire, dont le livre est émaillé de références concrètes à nombre d’œuvres contemporaines, l’issue de ce conflit dépend de notre capacité à tenir ensemble passé et futur, poïesis et aisthesis, production et réception, manifestation et transmission, finalement à maintenir l’adresse en travers de la production et du partage.

Paru en octobre 2009 sur Archée.qc.ca

Notes :

1 Norbert Hillaire, L’expérience des lieux esthétiques, Paris, L’Harmattan, 2008.

Notice :

Une version abrégée de ce texte sera publiée dans la revue Fusées (Auvers, France)

Références :

*Eric Clémens poursuit une double activité, de philosophie et de fiction, marquée par la passion des langages, artistiques comme littéraires.

Il a publié entre autres : côté philosophie, La fiction et l’apparaître (aux éditions Albin Michel, coll. Bibliothèque du Collège International de Philosophie, Paris, 1993) et Façons de voir (aux Presses Universitaires de Vincennes, coll. Esthétique/hors cadre, Paris, 1999) ; côté fiction, De r’tour (aux éditions TXT, Paris-Bruxelles, 1987) et une narration L’Anna (Montréal, 2003, éd. Le Quartanier).

Il a mené avec le peintre Claude Panier des entretiens parus sous le titre Prendre Corps (aux éditions Artgo, Bruxelles, 1992). Il a publié un choix des Écrits de Magritte avec une postface : Ceci n’est pas un Magritte, éditions Labor, coll. Espace Nord, Bruxelles, 1994. Il publie avec le peintre Joël Desbouiges un livre illustré Après Rembrandt, aux éditions Les Affinités, Paris, février 2007.

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Monument au Monde en Mutation

MMMLa galerie est un espace d’exposition intégré à une agence de conseil en environnement du bâti, l’agence Le Sommer Environnement, où l’expertise pointue de Michel Le Sommer et de son équipe est enrichie par un souci permanent de montrer comment d’autres disciplines et d’autres secteurs s’approprient les principes ou les techniques issus du HQE. Après une exposition sur le travail remarquable d’Ecosistema Urbano en février, Michel Le Sommer et son agence présentent depuis le 30 septembre un projet de Stefan Shankland en collaboration avec RaumLaborBerlin, réalisé dans le cadre du programme TRANS305, un prototype emblématique de la démarche HQAC – Haute Qualité Artistique et Culturelle (nous aurons l’occasion de revenir sur ce terme qui commence à faire son chemin) expérimenté sur le chantier de la ZAC du Plateau à Ivry-sur-Seine.

MMM (Monument au Monde en Mutation) est un projet multifacettes qui propose à travers une architecture en processus, une machine à transformer la matière usée, une plateforme pour pratiques artistiques intégrées aux chantiers urbains et une sculpture monumentale en mouvement. MMM sera installé début 2010 pour une durée de deux ans sur le chantier de la ZAC du Plateau, dans le cadre du programme TRANS305. 
Un projet à suivre sur www.trans305.org

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Royal de Luxe à Berlin

Royal de luxeLes personnages ont déjà été étrennés en juin à Nantes, la ville d’origine de la compagnie de théâtre de rue, sous le titre "La géante du Titanic et le scaphandrier". A Berlin toutefois, il s’agira d’une histoire différente. La "Petite géante" sera reçue le 2 octobre par le maire de Berlin en personne, Klaus Wowereit. A la recherche de son oncle, le "grand géant" qu’elle n’a pas vu depuis des années, elle parcourra ensuite le centre historique et touristique de la capitale, avec à la main un sac rempli de lettres. A la place des lettres retrouvées à bord du Titanic, ce sont des lettres postées de l’Est vers l’Ouest ou interceptées par la Stasi évoquant la séparation, les demandes d’émigration refusées qui ont été reproduites et qui seront portées par la petite géante.
Le samedi 3 octobre, jour anniversaire de la Réunification allemande et Fête nationale, la "petite géante" se rendra au célèbre "Checkpoint Charlie", tandis que son oncle le scaphandrier sera hissé hors des eaux de la rivière Spree. Oncle et nièce se retrouveront enfin, après des années de séparation, devant la Porte de Brandebourg.
Le spectacle s’achèvera le dimanche 4 par une grande parade festive des deux géants enfin réunis. A cette occasion, des dizaines de milliers de lettres censurées, symbolisant leurs années de séparation, seront "rendues à la population" au moyen de canons tirant sur la foule.

Source : Culturesfrance

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L’art contemporain, va-tout de l’événementiel des territoires ?

Nuit BlancheA quelques jours de la nouvelle édition de la Nuit Blanche parisienne, de nombreux articles paraissent pour mettre évidence à quel point les élus locaux misent sur l’art contemporain dans l’événementiel comme un élément stratégique au cœur de leur politique territoriale. Depuis quelques années, le développement de l’événementiel culturel et artistique s’est en effet fortement accéléré sur les territoires, permettant de mettre en place des démarches d’animation, de promotion et de valorisation qui ont a priori tout d’un pari gagnant-gagnant, que ce soit pour les élus, les administrés, les acteurs culturels et le territoire d’une manière globale (attractivité et rayonnement, économie, tourisme, qualité de vie, cohésion sociale, etc.).

Certes, il reste à en mesurer l’impact de manière sérieuse et dans la durée mais sur cette question précise de l’évaluation, il n’y a pas de consensus fort auprès des acteurs culturels (élus, techniciens et opérateurs), chacun revendiquant une spécificité qui requiert une approche dédiée. De nombreuses démarches intéressantes existent mais les derniers débats de la FNCC cet été en marge du festival d’Avignon témoignent du chemin qu’il reste à parcourir en la matière. La position qui semble la plus sage consiste à se focaliser sur l’observation plus que sur l’évaluation et à ne pas céder à la frénésie ambiante des indicateurs (nous aurons l’occasion d’y revenir dans une autre post).

En attendant, il faut se contenter de discours qui reflètent une certaine confusion des genres de la part des commanditaires eux-mêmes, de bilans chiffrés dont la viabilité quantitative et qualitative est encore relative (comme la presse l’a rappelé sur les chiffres des fréquentations, juste avant la rentrée) et de logiques de communication parfois peu lisibles.

A la longue, la question devient donc de plus en plus pressante : si le marketing et le « branding » territoriaux usent à souhaits de la formidable opportunité que l’évènementiel artistique et culturel constitue dans la concurrence que les villes se livrent entre elles, l’art contemporain est-il véritablement à son aise dans ce genre de manifestations et de quelle mission culturelle parle-t-on dans ces conditions ?

Si il est vrai que la Nuit Blanche parisienne a servi d’accélérateur du phénomène de l’art dans la ville et de son marketing territorial, il faut bien reconnaître que la même contradiction de fond perdure et s’intensifie au fil des éditions, incitant les autres villes à opter pour des approches qui visent à marquer leurs différences.

Le modèle en soi a tout pour séduire et faire des émules, même s’il n’a pas été pensé pour être reproduit à l’identique (quoi que). Chaque territoire est spécifique et le fait de décider d’une telle démarche dénote un certain niveau de maturité de la politique et de l’offre culturelle du dit territoire. Mais en définitive, lorsque nous analysons les prises de positions des uns et des autres, nous demeurons bien trop souvent à la merci de la sempiternelle opposition entre culture populaire et culture pointue, comme en témoignait tout récemment le journal Le Monde en rapportant les propos de Christophe Girard, élu à la culture de la Ville de Paris : celui-ci, en arguant du fait que « la Nuit Blanche, ce n’est pas une fête de la bière », s’offusque de certaines critiquent qui qualifient la Nuit Blanche de « Disney pour bobos ».

Ceci souligne à nouveau que la culture, traditionnellement ancrée en France dans une politique de l’offre, l’offre des « sachants », contient toujours, malgré d’importants efforts d’adaptation et de dynamisation, les mêmes tiraillements entre culture populaire et culture élitiste, entre démocratisation culturelle et politique culturelle, entre développement culturel et médiation culturelle.

Mais les lignes deviennent moins lisibles lorsque l’événementiel culturel et artistique dans l’espace public revêt une dimension festive. Cette dernière se substitue à la relation à l’art au profit de ce qui en définitive relève de l’animation culturelle, faute de thématique et de direction artistique fortes pour structurer un discours et un concept.

Dans ces conditions, la place nouvelle du public dans la création artistique ne fait-elle pas écho à la valeur centrale du client dans le monde économique contemporain ? Le client, l’usager, le visiteur ou le participant font aujourd’hui l’objet de toutes les attentions, au point qu’on pourrait même se demander si la loi de Say conserve toute sa pertinence : l’offre ne suffit pas toujours à créer la demande et en matière de culture le constat va déjà bien au-delà car malgré tous les efforts déployés pour mettre l’offre en adéquation avec la demande, c’est la nature même de l’offre qui est remise en question par la demande dans une opposition quasi dogmatique entre les tenants de l’offre et les tenants de la demande.

Alors on pense évidemment à une multitude de contre exemples, comme le très réussi et tout récent de Constellation à Metz ou le quasi parfait de Lille 2004 capitale européenne de la culture ou encore le très attendu Evento à Bordeaux mais on se rend bien compte qu’il n’y a rien d’éphémère et de purement festif dans ces opérations. L’une préfigure l’annexe du Centre Pompidou, l’autre se poursuit à travers Lille 3000 et témoigne d’une véritable démarche d’agenda 21 de la culture et le troisième redéploie la stratégie culturelle d’une ville.

Non, l’événement artistique et culturel festif et éphémère ne joue pas dans la même catégorie. L’objectif de politique culturelle qu’il peut être amené à sous-tendre (car ce n’est pas toujours le cas) est beaucoup plus light.

Le choix d’une approche pointue et exigeante ne rencontre de véritable réception que lorsque les conditions de cette réception sont créées ; certaines œuvres s’y prêtent intrinsèquement et développent un discours spécifique dans l’espace public festif, d’autres non. Cela vaut pour toute forme de monstration de l’art et cela passe par la construction d’un lien, d’une relation individuelle et/ou collective qui doit être vécue quel que soit le type de programmation. C’est dans cette préoccupation que le savoir-faire des acteurs culturels peut créer contribuer à la réussite d’une manifestation. Il faut voir dans le fait d’avoir choisi les deux commissaires artistiques de la Nuit Blanche parisienne à venir, Alexia Fabre et Franck Lamy (respectivement directrice du MAC/VAL et chargé des expositions temporaires du même établissement), une volonté de renforcer le professionnalisme de la manifestation par un retour au savoir-faire muséal pour le vitaliser au contact de l’espace public. Après tant d’années de critiques de la muséification de la capitale, ce choix semble apporter des garanties supplémentaires sur des conditions de monstration et de réception qui ont souvent fait défaut par le passé. Les deux commissaires ne cachent pas leur frustration du fait que Nuit Blanche ne dure qu’une nuit mais ils en conviennent eux-mêmes, ils faut "échapper au seul côté spectaculaire en travaillant sur des oeuvres qui montrent une polysémie, une richesse ; en optant pour des gestes qui puissent laisser des traces dans la mémoire des gens".

Ce dont il s’agit au fond, c’est de la maîtrise de ce qui distingue l’animation culturelle de la démocratisation de la culture. Si il n’est en effet pas certain que ces manifestations servent l’art contemporain, dans la mesure où le fossé entre celui-ci et le public ne s’est pas véritablement réduit et peut donner la fausse impression de se réduire par ces événements, il apparaît qu’elles sont en soi un formidable moyen de médiation si un minimum de conditions de réception est fourni. Si ce n’est pas le cas, il y a un risque de tomber dans les travers d’une démarche consumériste culturelle, où l’on parvient à donner un sentiment de culture qui ne peut véritablement s’épanouir que lorsqu’elle réussit à s’inscrire dans le cadre de vie citoyen en tant que pratique à part entière, ponctuelle ou régulière, ou bien comme une constellation au sens de Walter Benjamin.

Or, le rôle de l’art contemporain comme catalyseur et révélateur sociétal qui transcende le réel ou qui nous invite à le regarder et le cas échéant le vivre autrement, se trouve particulièrement diminué dans certaines programmations car celles-ci se contentent souvent de proposer d’arpenter l’espace public sous l’angle du festif, du spectaculaire, de l’anecdotique ou du sensationnel. Parfois même, ce sont des performances habituelles dans l’offre culturelle quotidienne d’une ville que nous retrouvons « magnifiées » par le caractère insolite du lieu ou d’une nuit, une forme de transfiguration de l’environnement ambiant qui en somme fait illusion. La question du message, du lien et de la trace laissés par ces manifestations est donc fondamentale et Jean Blaise, l’inventeur de la Nuit Blanche parisienne, a su tirer les leçons de cet aspect des choses à Nantes en se démarquant fortement et en insistant par exemple sur le caractère pérenne d’au moins la moitié des œuvres montrées, en intégrant et articulant les manifestations dans une logique de gouvernance culturelle du territoire, laissant ainsi une trace qui va au-delà d’un vague souvenir de parcours festif le temps d’une nuit aussi magique soit-elle. Peut-être qu’au fond le problème de la Nuit Blanche réside en son format, celui-ci ne laissant aucun signe persistant une fois la manifestation terminée. Une piste intéressante à explorer serait de remédier à cela par une visibilité amont du processus de production (nous nous faisons pas trop d’illusion tout de même) ou d’une montée en puissance progressive du dispositif de communication/séduction/médiation faisant de la date fatidique le paroxysme d’un désir de culture savamment entretenu et relayé par une partie de l’offre culturelle du territoire toute l’année. En attendant, la manifestation ne parvient pas à s’incarner et à exister en dehors de son propre format, alors qu’elle contient de nombreux ingrédients propices à un impact plus important sur le cadre de vie.

A cela s’ajoute le fait que le coût de ces manifestations fait parfois courir des risques supplémentaires à des acteurs culturels locaux dont la lutte quotidienne pour survivre est déjà suffisamment problématique, sans compter la désagréable impression d’être parfois relégué sur le banc de touche. Si l’événementiel est bien entendu et de plus en plus un atout considérable pour l’économie locale et nationale, comme le rappelait avant l’été le rapport du maire de Deauville Philippe Augier, en ce qui concerne la culture il convient de veiller à ce que l’événementiel « faire-valoir » ne se substitue pas l’action de terrain où l’offre est souvent historiquement structurée mais malmenée par la difficulté des collectivités et de l’Etat à mettre en adéquation sur le fond l’offre et la demande dans leurs politiques, par la concurrence entre les territoires, par les alternances politiques, par les évolutions des financements croisés, par la crise qui vient comprimer plus encore les moyens et les possibilités de partenariats.

On voit donc bien à quel point il est difficile et néanmoins capital de connecter un événement à la vie de son territoire (et non pas simplement au calendrier événementiel de celui-ci) pour parvenir à développer un aspect de la politique culturelle où la création contemporaine ne sert pas de légitimation ou de faire-valoir permettant de palier les faiblesses d’une gouvernance culturelle. Espérons dans tous les cas que la Nuit Blanche parisienne saura cette année incarner autre chose qu’une date, aussi exceptionnelle soit-elle, dans le calendrier des manifestations parisiennes.

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Loi sur le 1% artistique en Estonie

EstonieL’Estonie projette une loi selon laquelle lors de la construction de bâtiments publics, au moins un pour cent de la somme prévue pour la construction devra être consacré à l’art dans les bâtiments concernés. Le quotidien Postimees précise qu’une telle procédure existe dans de nombreux pays d’Europe occidentale : "C’est pourquoi nous devons justement prendre également en considération la critique qui règne dans ces pays. Une telle loi peut ainsi conduire à ce que, au lieu d’une augmentation de la valeur de l’art, l’obligation entraîne l’apparition de quelque chose de médiocre qui ne soit pas du tout adapté au lieu concret. … Si le projet aboutit à une loi, espérons que le public ne devra pas subir des débats aussi éprouvants que jusqu’à présent – les gens n’ont rien contre l’art mais contre la manière dont on procède à son égard". L’objectif de la loi est également de donner l’occasion à de jeunes artistes d’apparaître sous les feux des projecteurs et l’association des artistes devrait s’engager pour que la relève saisisse effectivement cette chance et participe à la compétition.

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