Cultural Engineering Group Weblog

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La place de la culture dans l’Europe de demain

Le 17 décembre 2009, l’ADCEI et ses partenaires du réseau Euromedinculture(s) ont remis à la Commission européenne les recommandations finales sur la place de la culture en Europe. Celles-ci sont issues de la consultation citoyenne qui a eu lieu en 2009 au cours de neuf forum régionaux. Ce projet, avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme L’Europe pour les citoyens, a rassemblé citoyens, professionnels de la culture et décideurs de différents payas, venus s’exprimer sur les défis majeurs de l’Agenda européen pour la Culture. Parallèlement, une questionnaire a été diffusé en grand nombre, puis analysé par des experts dans chaque pays participant. Cette démarche européenne s’est ouverte à la Méditerranée grâce au partenaire tunisien d’Euromedinculture(s) qui a traduit et diffusé le questionnaire en arabe et organiser un forum local. Un grand forum européen a permis, deux jours durant, à 1200 personnes réunies à Montpellier, de discuter sur la base des conclusions préliminaires proposées par les partenaires du projet. Plusieurs autres membres européens et méditerranéens du réseau ont également pu prendre part à ce grand débat public, grâce au soutien du Conseil régional Languedoc-Roussillon.

La place de la culture dans l’Europe de demain. Document de synthèse est le résultat de l’ensemble de ce processus. Il bénéficie d’une très large diffusion dans le but d’être utile aux institutions européennes, en donnant de la matière à leurs délibérations.

Source : ministère de la Culture et de la CommunicationEuromedinculture(s)

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New times new models

New times new models is a conference that will look at the role independent culture plays in the development of society, both on a global and a local level. The conference will focus on inventive, dynamic and sustainable models of governance of independent cultural centres and the relationship between these and public authorities. Over three days, it will provide a space for expert insights, for comparisons between Europe, East and West, and for the sharing of best practice in the area of cultural development.

Programme

Source : Réseau Culture 21

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Musées futurs, futur des musées / 2

FutureNous évoquions dans un post précédent le bilan plus qu’en demi-teinte de l’édition 2009 du SIMESITEM, édition qui proposait pour la première fois un forum international des musées dits « futurs ». Espérons que cette tentative d’évolution de la manifestation n’ait pas été un coup d’épée dans l’eau. Convaincus qu’il est pertinent de faire évoluer le SIMESITEM vers un salon plus international et plus attractif, ce nouveau format de l’événement n’a pas été selon nous à la hauteur de l’enjeu. On pressent d’ailleurs une démarche d’ajustement pour l’édition 2010 récemment annoncée.

Toujours est-il que malgré un intitulé ouvrant vers tous les imaginaires, le sujet de l’édition 2009 n’a été en fait que très partiellement abordé et de nombreuses questions n’ont pu être débattues.

Les musées français en particulier se sont appuyés pour se développer sur une triple tradition de la gestion de l’offre, de sa mise à niveau et de sa projection dans le futur. Un éternel débat entre membres du même club, alors que la démocratisation de la culture demeure un des principes toujours fondateurs mais à la peine et que le glissement sociétal et politique de « la culture pour tous » à « la culture pour chacun » est déjà bien opéré.

Lorsqu’on connaît ne serait-ce qu’un peu les débats que les études de fréquentation engendrent depuis bientôt trente ans, on est en droit de se demander jusqu’à quel point on peut faire preuve d’autisme. Surtout lorsqu’au sein de la profession, la veille sur les pratiques et les usages fait partie du quotidien et montre qu’il est possible de faire mieux, de se différencier et d’innover. Aujourd’hui cet autisme est devenu un luxe qu’aucun musée ne peut plus se payer, et de plus en plus de musées l’ont parfaitement compromis, aussi nostalgiques puissions-nous être de l’idéal malrucien.

La réalité est que de grandes inégalités existent entre les musées face à ces questions et qu’il est toujours aussi difficile de partager son expérience et sa vision avec d’autres. Même si cela a donné des résultats très différents d’un pays à l’autre, ce partage a toujours trouvé un cadre favorable, comme au Canada, aux Etats-Unis, en Italie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou tout récemment en Espagne.

Ces inégalités françaises n’ont pas permis jusqu’à présent de mettre suffisamment en commun les retours d’expérience et d’en tirer non pas des indicateurs de performance mais de vrais référentiels qualitatifs et quantitatifs, alors qu’il y a une profusion d’actions et une véritable débauche d’énergie. Aujourd’hui encore, chacun développe sa politique dans un environnement toujours plus concurrentiel et il est tout de même paradoxal que si peu de tendances lourdes parviennent à se dégager.

Alors on entendra dire assez souvent que chaque situation est particulière, que chaque statut ou mode de gestion ne permet pas forcément toutes les audaces, qu’il faut d’abord savoir se mettre en ordre de marche et surtout qu’il faut plus de moyens et que les tutelles doivent assumer leurs responsabilités. La réalité est effectivement faite quotidiennement de ces préoccupations-là et elles sont extrêmement lourdes car bien souvent vitales pour l’institution. Mais pourquoi ne pas prêter plus d’attention à un constat simple ? Tous les musées d’aujourd’hui qui ont une bonne fréquentation globale ont quelle que soit leur envergure  :

  • une bonne lisibilité de leur offre,
  • une programmation et un événementiel forts,
  • réussi à se doter des outils actuels de communication avec les publics, notamment via l’Internet, les TIC et le multimédia,
  • réussi leur politique touristique comme celle de proximité (même effort de segmentation, d’analyse des clientèles potentielles, profils, motivations, etc.).

Du coup, on perçoit immédiatement les inégalités entre les musées et le chemin qu’il leur reste à parcourir sur ces points. Pour y parvenir pleinement, les musées auront toujours plus besoin de leur territoire et de soutien politique. Aussi imparfaits les élus soient-ils, il y a longtemps qu’ils ont compris que leur territoire a besoin de la culture pour rayonner. On ne peut pas dire que l’inverse soit le constat dominant.

Savoir si les musées ont un futur rejoint LA question idoine, celle de leur soutenabilité (et non plus seulement celle de leur pérennisation) et il y a tant à faire dans ce domaine. En revanche, savoir quels sont parmi les musées futurs ceux qui ont effectivement pris en compte leur soutenabilité dans leur cœur de projet est une toute autre affaire. La soutenabilité repose sur la caractérisation d’objectifs qui ne peuvent être réalisés sans des stratégies capables de relever les défis actuels au-delà de la simple politique du rattrapage.

Ainsi, déconnecter la question des musées futurs de celle du futur des musées, c’est courir le risque d’accentuer les inégalités entre les musées, de perpétuer le cliché d’une prospective déconnectée du court terme et d’encourager les musées dans le statu quo, faute d’être en mesure de relever le défi. D’où un risque de produire des expériences non concluantes, pour ne pas dire des échecs, qui se doublent du risque d’entraîner tout un secteur dans de mauvaises directions faute d’avoir su partager son référentiel.

Les musées futurs ne sont pour le moment qu’une projection autiste du présent. Dans ces conditions, comment l’architecte peut-il se mettre au service du musée et que nous a dit le SIMESITEM en ayant choisi pour thème les musées futurs ? Hélas pas grand chose qu’on ne sache déjà.

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Monument au Monde en Mutation

MMMLa galerie est un espace d’exposition intégré à une agence de conseil en environnement du bâti, l’agence Le Sommer Environnement, où l’expertise pointue de Michel Le Sommer et de son équipe est enrichie par un souci permanent de montrer comment d’autres disciplines et d’autres secteurs s’approprient les principes ou les techniques issus du HQE. Après une exposition sur le travail remarquable d’Ecosistema Urbano en février, Michel Le Sommer et son agence présentent depuis le 30 septembre un projet de Stefan Shankland en collaboration avec RaumLaborBerlin, réalisé dans le cadre du programme TRANS305, un prototype emblématique de la démarche HQAC – Haute Qualité Artistique et Culturelle (nous aurons l’occasion de revenir sur ce terme qui commence à faire son chemin) expérimenté sur le chantier de la ZAC du Plateau à Ivry-sur-Seine.

MMM (Monument au Monde en Mutation) est un projet multifacettes qui propose à travers une architecture en processus, une machine à transformer la matière usée, une plateforme pour pratiques artistiques intégrées aux chantiers urbains et une sculpture monumentale en mouvement. MMM sera installé début 2010 pour une durée de deux ans sur le chantier de la ZAC du Plateau, dans le cadre du programme TRANS305. 
Un projet à suivre sur www.trans305.org

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Nouvelle dynamique espagnole

Ministerio-CulturaLe Conseil des ministres espagnol a approuvé le 31 juillet dernier un arrêté royal relatif à la création du Réseau des Musées en Espagne, une structure de coordination entre l’État et les musées publics et privés, de coopération entre les autorités publiques dans le domaine des musées et de promotion en vue de l’amélioration de l’efficacité et de l’efficience de tous les musées et les institutions qui y participent. Bien que la Loi sur le patrimoine historique espagnol se réfère au système espagnol des musées, le Réseau des Musées d’Espagne, des différentes administrations publiques et des institutions en charge des musées a pour principal objectif d’organiser la coopération pour améliorer les compétences nationales et internationales d’excellence en soutenant les meilleures pratiques des musées.

Il est important de noter que cet arrêté royal est le fruit d’une proposition conjointe des ministres de la Culture, de la Défense, du deuxième Vice-Ministre et Ministre de l’Economie et des Finances, de l’Intérieur, des Travaux publics, du Logement et de la Science et l’Innovation. 
A bien regarder la gouvernance de cette nouvelle structure, on rêverait de voir les musées faire l’objet d’une telle cohésion gouvernementale et interprofessionnelle en France.

L’arrêté royal crée en effet le Conseil des musées, organe administratif dédié à ce nouveau réseau, où siègent : les membres représentant les ministères du Tourisme, de l’Industrie, de la Culture, du Commerce et du Tourisme et un représentant de chacun des ministères et organismes de l’Administration générale de l’État auxquels les musées du réseau sont affiliés. La Fédération espagnole des municipalités et des provinces, en association avec des autorités locales ont également désigné un représentant et un autre a été désigné par les organisations rassemblant les personnes handicapées et leurs familles, accessibilité oblige. Un autre représentant désigné par le Secrétariat général de la politique sociale et de la consommation ainsi qu’au moins un représentant des musées ont également été intégrés dans le Conseil des musées.

Globalement, les fonctions du musée qui sont projetées par ce nouveau réseau sont définies par des critères généraux d’excellence, sur la base des lignes directrices émises par le Conseil international des musées (ICOM), ainsi que les déclarations et accords signés par l’Espagne sur les musées.

Pour chaque musée, le Conseil nomme un Comité technique d’évaluation interdisciplinaire, apte à décider de l’incorporation dans au réseau.

L’ensemble du dispositif vise à renforcer l’attractivité des musées espagnols mais aussi et surtout à améliorer leur intégration dans la récente stratégie de développement de l’attractivité du pays. Fascinant et tellement irritant. Fascinant de voir la dynamique collective et politique qui vient d’être démultipliée grâce à ce réseau espagnol. Irritant lorsqu’on songe aux difficultés connues de longue date entre la RMN et la DMF, difficultés exacerbées par la RGPP et dont on craint l’issue. Doublement irritant lorsqu’on songe à l’avantage concurrentiel considérable que les musées français possèdent depuis si longtemps, à la qualité de leur offre, à la richesse de leur patrimoine et de leurs collections, au dévouement, à l’opiniâtreté, l’inventivité et la débrouillardise de leurs équipes.

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New York : la soutenabilité des musées

MetNous évoquions récemment sur CEG la délicate problématique de la soutenabilité des musées en prenant le cas des musées de l’Ontario, dont la réussite actuelle est le fruit de longues années de gestion rigoureuse. La question de la gouvernance des politiques culturelles comme non déconnectée des autres domaines de la gestion de la vie économique de la ville de Toronto et plus largement de la province, est apparue comme exemplaire et a inspiré ces dernières années plusieurs institutions d’Amérique du Nord.

En revanche, si la résistance de certaines d’entre elles face à la crise financière est le signe de cette bonne gestion qui mérite d’être soulignée, l’ensemble des dernières analyses économiques de la conjoncture (majoritairement américaines, canadiennes,  britanniques et australiennes) voient l’impact de la crise financière toucher de plein fouet le secteur des institutions culturelles (les musées notamment) avec une ampleur qui laisse apparaître au grand jour des mauvaises pratiques de gestion où la spéculation financière a également exercé son pouvoir de fascination.

Qu’il s’agisse de la spécificité du système culturel des Etats-Unis où des politiques culturelles de tradition plus keynésiennes, la crise a mis un temps plus ou moins long pour toucher structurellement les institutions culturelles. L’exemple new-yorkais est riche d’enseignements et démontre que lorsque la culture s’intéresse de trop près au marché (et inversement) il y a de nouveaux risques à prendre en compte et qui peuvent menacer la pérennité des institutions.

Pour comprendre comment certaines institutions très prestigieuses de la ville de New York en sont arrivées là, il convient d’observer le contexte des derniers 12 mois.

Temple de la finance internationale, place forte du marché de l’art et métropole créative par excellence, New York est la ville classée n°1 dans le monde, juste devant Londres et Paris, pour son attractivité économique. Ce classement dévoilé par l’étude réalisée par PWC « Cities Opportunity: Business-Readiness Indicators for the 21st Century », n’est évidemment pas une surprise. C’est dans la manière dont New York a construit sa position dominante que s’explique l’impact catastrophique de la déconvenue qui touche désormais si violemment ses grandes institutions culturelles.

Bulle spéculative après bulle spéculative, tant que le système financier a marché, la richesse générée a notamment permis à New York de ravir le leadership du marché de l’art à Paris au milieu des années 1980. La majorité des acteurs de la ville ayant une mission culturelle en ont bénéficié. Mais depuis que la mécanique s’est grippée à force jouer avec les risques, ce qui apparaît est particulièrement éloquent lorsqu’on observe l’évolution et l’état des dotations culturelles de l’année 2008. La manière dont elles ont été gérées traduit la domination de la dimension financière dans l’économie des institutions culturelles.

Compte tenu du fait que l’objectif d’investissement fait à partir des dotations culturelles est de préserver le capital, on doit s’interroger sur les solutions existantes pour faire face à des baisses de 35%, en marge des actions irresponsables de certains investisseurs stigmatisés depuis l’affaire Bernard Madoff.

Une partie de la cause et de la réponse se trouve peut-être du côté des gestionnaires de portefeuilles contenant les fonds dits non marchands, comme Communfund qui a débuté son activité grâce à un premier fonds provenant de la Fondation Ford en 1969 et qui s’occupe aujourd’hui de centaines d’institutions non marchandes, avec 40 milliards de dollars d’encours à son compteur pour l’année 2007.

Le grand changement de ces dernières années se trouve dans le fait que les fonds des institutions gérés par Communfund ont été « encouragés » à chercher le retour sur investissement complet, avec leur capital et leurs dotations, au lieu de préserver leur capital et les revenus issus de ses dividendes par exemple.

Les spécialistes de chez Communfund expliquent en effet que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les principes du management de l’investissement provenant du non marchand étaient par définition non spéculatifs. Traditionnellement pétris de prudence, ces principes ont progressivement mais sûrement évolué : de stratégies d’évitement systématique des investissements à risque, nous sommes passés à des stratégies qui visent à contrebalancer un risque en le diluant dans d’autres de sorte que les effets s’annulent dans la globalité. A partir de ce moment-là, pour retirer les bénéfices issus d’investissements à long terme, il convenait de faire des investissements qui comportent un niveau de risque plus élevé.

C’est ainsi que les fonds issus de l’allocation des dotations de certaines grandes institutions culturelles new-yorkaises ont été déplacés vers des produits à plus forte volatilité, des titres étrangers, des placements dits « alternatifs » et même vers des produits appelés « toxiques » depuis la crise du crédit aux Etats-Unis.

Pendant la période dorée de cette finance dérégulée, ces stratégies se sont avérées extrêmement payantes et ont permis d’importantes augmentations de budgets pour les institutions culturelles, favorisant ainsi leur logique de développement et d’expansion.

Mais depuis l’apparition de la crise financière et économique, ces institutions sont touchées de plein fouet et font la preuve de leur grande vulnérabilité.

De la gestion historique prudentielle aux prises de risques de ces dernières années, on commence à comprendre que de très mauvaises habitudes ont été prises au fil du temps et les dégâts sont particulièrement visibles à New York.

Les analystes savaient depuis plusieurs mois que les fondations, les œuvres caritatives et les dotations des institutions culturelles de la ville allaient perdre de l’argent mais on découvre (ou on fait mine de découvrir) que les pertes atteignent entre 25 et 40%. Dans certains cas, on commence à comprendre que 85% de l’argent investi par ces acteurs s’est fait sur des placements qui ne correspondent à rien d’autre qu’un pari risqué.

Dans les toutes premières semaines de l’année 2009, les structures culturelles et artistiques ont commencé à annoncer les pertes de leurs dotations et les mesures qu’elles entendaient prendre pour tenter de maintenir l’équilibre budgétaire. Les rapports et les compte-rendu qui sont sortis les uns après les autres, semaine après semaine, ont permis de réaliser que l’équilibre du secteur des institutions culturelles était non seulement rompu mais que leur soutenabilité était en train de voler en éclats.

En février, l’annonce a été faite par James R. Houghton (président du conseil d’administration du Metropolitan Museum). Elle fut pour le moins renversante : une perte de 700 millions de dollars sur les 8 mois qui précédaient, une baisse de 25% de la dotation la ramenant sa valeur à 2,1 milliards de dollars. Compte tenu du fait que l’investissement représente 30% des sources abondant le budget de fonctionnement du musée, cette annonce a sérieusement amplifié les inquiétudes, d’autant  que la ville de New York a réduit sa participation de 1,7 millions et a informé le musée qu’une nouvelle baisse de 2,4 millions interviendrait sur la prochaine année fiscale.

Le musée a pris des mesures sans précédent pour essayer de maintenir la tête hors de l’eau en effectuant des coupes franches dans les postes de dépense, notamment en gelant sa politique de recrutement, en supprimant les emplois temporaires et les vacations et en limitant drastiquement les frais de déplacements.

En mars, les pertes estimées ont à nouveau augmenté de 100 millions et un plan de réduction de la masse salariale de 10% a été annoncé pour juillet, soit 250 emplois, ce qui correspond au premier plan de licenciement depuis la crise fiscale du début des années 1970.

En juin, les pertes avaient continué d’augmenter pour atteindre un tiers de la valeur de la dotation du musée. Une politique de rigueur a donc été instaurée pour les deux années fiscales à venir et son porte parole Harold Holzer a indiqué que même si la progression des pertes s’interrompait, la situation continuerait de s’aggraver sur 2011 du fait de la structuration pluriannuelle de la répartition des revenus (sur 20 trimestres).

Brooklyn museumCes mauvaises nouvelles ne concernent pas que le Met. Le 21 avril dernier, le directeur du Musée de Brooklyn a dévoilé une situation proportionnellement encore  plus dégradée : la dotation du musée a perdu 35% pour n’atteindre que péniblement les 65 millions. Depuis la fin de l’année fiscale 2008 du musée, la ville de New York a réduit son apport de 32%, ce qui constitue une perte de 2,31 millions. Les adhésions et les abonnements ont chuté de 20% dans les premiers mois de l’année 2009, ce qui constitue une décrue sans précédent. Les revenus annuels des deux plus importantes levées de fonds ont diminué de 35% début 2009. Les recettes des boutiques et du parking du musée se sont littéralement effondrées.

Pour tenter d’enrayer cette situation, les administrateurs du musée ont accepté de maintenir voire d’augmenter leur niveau de contribution financière. Mais cela ne se ferait pas à n’importe quel prix. Pendant ce temps-là, le musée a en effet gelé les embauches, réduit les déplacements des équipes, augmenté le tarif d’entrée adulte de 2$, donné une semaine de congés non payés pour les salariés cet été, des réductions de salaires ont été demandées et des mesures d’accompagnement au départ ont été proposées, une importante exposition prévue à l’automne a été annulée et le musée fermera en septembre une de ses trois galeries d’expositions temporaires.

Ces mesures prises par le Brooklyn Museum visent à limiter les dégâts mais par leur teneur on prend conscience du niveau de dégradation de la situation.

La vision du directeur du musée est d’autant plus au fait des challenges à venir qu’il est aussi président du Groupe des Institutions Culturelles, un comité qui rassemble 34 musées et lieux de consommation culturelle de New York (dont le Met, l’Académie de Musique de Brooklyn et le Musée Américain d’Histoire Naturelle). Tous les membres de ce comité sont situés sur des terrains détenus par la ville et reçoivent des fonds en échange de leur action et de leurs services culturels, d’où l’inquiétude des membres face à l’importance et la fréquence des baisses de financement de la ville.

Alors que de nombreuses organisations et institutions autrefois considérées comme des piliers de l’offre culturelle et des modèles de stabilité sont désormais dans un état de fragilité extrême, celles qui étaient déjà en difficulté lorsque la crise financière survint (parmi celles-ci, l’opéra de la ville, du Metropolitan opéra, du zoo du Bonx et la NAMSFA) pourraient bien devenir des souvenirs et des espoirs du passé.

Ce type de gestion est peu visible depuis la France. Notre regard demeure hélas trop ethno centré et ce notamment du fait de l’excellence historique de notre politique d’offre. La part du financement public dans notre système est proportionnellement nettement supérieure à celle que les Etats-Unis connaissent et de nombreux sociologues américains nous envient notre niveau de dépense culturelle publique par habitant.

Mais ne serait-il pas plus prudent d’observer plus en profondeur la situation new-yorkaise pour prévenir certains modes de gestion à l’heure où le partenariat public-privé s’installe comme la nouvelle norme dans nos politiques publiques ?

Il nous paraît vital et primordial de savoir de quelles règles de transparence nous disposons pour engager l’avenir de nos institutions culturelles à travers les réformes en cours et pour pouvoir en maîtriser les risques. Car si le discours ambiant prône plus de régulation, la tendance lourde engagée un peu partout est un réformisme purement adaptatif par rapport à l’évolution du système social et économique mondialisé.

Ces règles de transparence doivent désormais s’inscrire au même titre que les règles de performance dans la gouvernance des institutions et des politiques culturelles.

Ceci est d’autant plus urgent pour trois raisons :

  • l’Etat a engagé, notamment via la RGPP, une réforme qui à court terme fragilise le système et l’écosystème culturel tout en y préparant une partie à la compétitivité qui sera nécessaire pour les défis de demain ;
  • les collectivités territoriales et locales, dont la part dans le financement de la culture est considérable, ont un niveau d’endettement en forte augmentation alors qu’il était extrêmement faible en 2007 et nous avons déjà évoqué la « toxicité » et donc la grande sensibilité aux aléas de certains produits contractés ;
  • les indicateurs culturels ont commencé à se dérégler : la fréquentation touristique stagne, pour ne pas dire qu’elle baisse, les chiffres de fréquentation des manifestations et des équipements culturels sont pour le moins disparates et fluctuants, la consommation dans les industries culturelles baisse et de manière très préoccupante dans certains secteurs.

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Culture et développement durable II

AreneL’Arene (agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies) prépare une publication qui présentera les réalisations les plus inspirantes et innovantes en Ile-de-France et annonce son initiative de la manière suivante :

Tandis que le développement durable paraît impliquer un changement de civilisation, nous voyons le monde de la culture s’emparer de ses thématiques, de ses valeurs et de ses interrogations. Prenant acte de cette prise de conscience et de ce bouillonnement d’initiatives, l’Arene Ile-de-France a tenu ses Utopiades 2008/2009 sur les thèmes croisés de la culture et du développement durable.

L’Agence souhaite aujourd’hui, dans la continuité de ces débats, aller plus loin et explorer les expériences franciliennes se réclamant de ce croisement Culture / Développement durable, pour pouvoir faire école, permettre leur appropriation et susciter une dynamique d’initiatives au niveau régional. Et cela en recherchant – d’où qu’elles émanent, collectivités locales, scènes et institutions culturelles… – la plus grande diversité possible d’expériences : événements culturels éco-responsables, expériences artistiques s’inspirant du DD, agendas 21 pour la culture, etc.

Développement durable

A travers un bref questionnaire, l’Arene vous invite à nous signaler les acteurs et les expériences que vous avez identifiées et à faire connaître le cas échéant, celles que vous menez vous-même en ce domaine.

Un jury constitué autour de l’Arene étudiera les actions portées à sa connaissance, et instruira le dossier des plus significatives, afin que soient présentées dans le détail les plus novatrices et porteuses de sens.

Que vous soyez le porteur de projet ou l’organisme qui le soutient, faites-vous connaître en remplissant un bref questionnaire. Répondez d’ici le 15 septembre 2009.

Pour remplir le questionnaire en ligne. Cliquez ici.

Source : Arène Idf

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Ontario : la soutenabilité des musées

TorontoToronto connaît une nouvelle phase de développement remarquable dans sa dimension culturelle, cela a été assez documenté ces derniers mois. Tous ceux qui y sont allés dernièrement peuvent en témoigner : des projets de construction pour des institutions culturelles désormais achevés et des programmes d’action renouvelés et revitalisés constituent désormais un formidable maillage urbain qui permet à cette métropole stratégique de l’Amérique du Nord de se projeter dans l’avenir sans crainte des eaux troubles et mouvementées que l’économie mondiale traverse actuellement.

Le secteur culturel ultra présent à Toronto a été en effet totalement restructuré et les institutions culturelles sont parvenues à atteindre le cœur de la cité tout en soutennant fortement la voix et les aspirations des artistes, des scientifiques et des éducateurs. A cela s’ajoute le fait que les questions de l’accessibilité et de l’inclusion sociale sont devenues prioritaires ces dernières années et sont aujourd’hui de vrais standards qui renforcent l’image du changement de Toronto et du Canada.

L’ensemble des acteurs leaders du secteur sont devenus les apôtres de ce renouveau et ils sont l’objet de toutes les attentions dans un climat économique qui est devenu plus que menaçant pour la dynamique de communautés et activités qui sont en ce moment sous pression.

Unis, ils ont concentré leur temps, leur énergie et leurs ressources pour faire aboutir les projets, renforçant plus que jamais l’idée que les arts et la culture comptent et sont impactants.

Le gouvernement provincial de l’Ontario a fortement contribué à ce succès en mobilisant notamment un budget supplémentaire de 43 millions de dollars pour 6 institutions culturelles, comme cela a été annoncé il y a quelques semaines. Il convient de noter qu’il n’y a aucune juridiction nord américaine qui ait établi avec autant de clarté que la culture est en moteur de la prospérité et un symbole de son accomplissement.

Ce soutien de la province est un message clair en direction des métropoles du monde, témoignant que la culture peut faire plus qu’apporter sa contribution à la croissance et au développement économique et social. En effet, la plupart des instutions culturelles d’Amérique du Nord s’est engagée dans d’importantes manœuvres et sont en mesure de construire une plus forte durabilité et soutenabilité pour leurs infrastructures et pour leurs projets.

C’est notemment le cas de la Art Gallery of Ontario où la mise en œuvre de ces objectifs à conduit à une transformation dont le succès est sans précédent. La gestion rigoureuse et responsable de l’institution a permis de répondre de manière innovante aux défis d’aujourd’hui. Il s’agit bien d’une situation désormais acquise dans un environnement qui ne ressemble en rien à celui que la plupart des institutions culturelles ont pu expérimenter par le passé et ce, quel que soit le type de politique culturelle qui ait été mis en œuvre dans la grande majorité des pays.

Le bilan de l’Art Gallery of Ontario repose principalement sur un facteur externe et un facteur interne :

  • sur le plan externe, il s’agit de la relation de confiance établie avec le gouvernement provincial et avec les différents partenaires, basée sur le suivi précis d’indicateurs de performance. Le résultat se traduit dans la nature et l’évolution des financements perçus, c’est mathématique mais ce n’est pas le type de tendance que nous connaissons en France, même si les choses sont en train de changer.
  • sur le plan interne, les actions visant à accroître l’accès aux musées (en Amérique du Nord, le savoir-faire a encore de belles années d’avance sur nous) ont non seulement développé de meilleures pratiques (fréquentation, fidélisation, appropriation, diversification) mais ont surtout parachevé une transformation majeure où l’amélioration en profondeur de la programmation, l’investissement ciblé sur les vecteurs de revenus, le développement des recettes dites « annexes », l’implication du personnel dans la recherche d’innovation via la formation, les économies d’énergie et l’optimisation des dépenses des nouvelles opérations jusqu’à la génération des premiers revenus post-inaugurations, permettent à l’institution d’envisager le futur de manière structurée et renforcée.

Cette logique de développement soutenable permet de mettre en œuvre de manière beaucoup plus sécurisée les missions traditionnelles liées à la démocratisation culturelle comme celles qui consistent à approfondir la recherche de l’ouverture des musées aux publics de toute provenance et de toute condition mais aussi des missions plus spécifiques comme mieux soutenir les artistes par l’accompagnement à l’international.

Cette soutenabilité prise aux deux sens du terme crée un capital confiance considérable et a fait émerger une nouvelle capacité de programmer et de construire les audiences d’un musée.

Un autre aspect mérite de s’y attarder un instant. Ce que l’on appelle les « cost killers » à savoir le contrôle et la recherche de la réduction de dépenses en vue d’optimiser le fonctionnement général et son développement, n’ont pas été perçus comme une fatalité mais comme un moyen de financer des nouveaux projets. Cela peut paraître paradoxal mais comme dans le cas de l’Art Gallery of Ontario, l’efficience de l’organisation ayant atteind un certain niveau de maturité, toute économie permet d’abonder le financement de nouveaux projets. C’est une des surprenantes leçons de la crise : subir ou anticiper le rebond pour être au plus haut niveau.

Rien n’est gagné pour autant et tout ceci ne se fait pas sans difficultés mais il faut rappeler que ceci n’est pas le fruit du hasard. Les démarches de soutenabilité que nous venons d’évoquer sont celles qui ont été entreprises depuis plus de vingt ans dans la plupart des grandes institutions culturelles nord américaines et ce sont celles qui permettent à ces musées d’être en adéquation avec les évolutions de la demande, sans avoir nécessairement à singer les politiques qui sont uniquement orientées en fonction de la demande.

Tout ce travail que nous appelons parfois en France « remise en ordre de marche » a démarré plus tardivement pour nos musées, environ dix ans plus tard qu’en Amérique du Nord. Cela s’explique par le fait que l’organisation de notre politique culturelle engendre des cycles plus longs, comme les bibliothèques avec leur cycle de passage aux médiathèques sur une période de près de 30 ans. Celles-ci sont aujourd’hui en capacité d’envisager l’avenir, comme en témoigne le congrès de l’ABF qui s’est tenu le 13 juin dernier.

Les musées eux ont véritablement entrepris leur cycle de mutation au moment de la toute fin de la bulle Internet et ils commencent aujourd’hui à être en situation de créer les conditions nécessaires permettant d’être en phase avec une partie de la demande, en tout cas avec la partie la plus stable de la demande, celle qui est bien identifiée et étudiée depuis de longues années. Mais pour ce qui concerne les segments de la demande les plus évolutifs, le constat global est relativement mitigé et plutôt préocuppant dans la mesure où le musée n’est pas le lieu de l’anticipation des nouvelles pratiques culturelles par essence.

Pour les nouvelles générations par exemple, la culture n’a plus grand chose à voir avec les représentations traditionnelles de la consommation culturelle. Ceci devrait en théorie interpeller directement les politiques et les institutions nationales et locales de la culture. Mais à y regarder de plus près, les inégalités d’accès à l’offre culturelle demeurent très fortes et si, comme l’indiquent fort judicieusement Xavier Greffe et Sylvie Pflieger, nous comparons les premiers travaux de Pierre Bourdieu sur les inégalités face aux bien culturels entrepris au début de l’existence du ministère de la culture avec les travaux évoqués dans leur ouvrage en cherchant à vérifier les mêmes processus mais en se situant du côté de l’offre et non plus seulement de la demande, « on retrouve les mêmes résultats, alors que des décennies de politique culturelle sont passés par là ».

C’est pourquoi, vous recommander de suivre le débat d’Avignon d’aujourd’hui qui a été annoncé comme LE débat à ne pas manquer («Les impasses culturelles de la culture du résultat», une réflexion et un échange autour de l’Appel des Appels avec notamment Roland Gori, initiateur de l’Appel et Valérie de Saint-Do de Cassandre/Horschamp) prend un tout autre sens. Certaines luttes sont-elles encore d’actualité alors que d’autres doivent impérativement avoir lieu pour la soutenabilité des politiques culturelles ? Espérons qu’il en soit autrement et essayons surtout de voir comment les institutions culturelles d’ici et d’ailleurs (notamment les musées) se sont mis ou se mettent en ordre de marche.

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Sommet des collectivités locales

cop15Du 2 au 4 juin 2009 s’est tenu à Copenhague le sommet des collectivités locales sur le changement climatique qui a rassemblé environ 700 maires et représentants de collectivités territoriales du monde entier.

Ce sommet a  constitué un lieu  d’échange de bonnes pratiques énergétiques et climatiques entre les collectivités locales mais également un lieu de débat sur des sujets aussi variés que les énergies renouvelables, l’adaptation aux effets du changement climatique, la gestion des déchets ou encore les marchés publics verts.

Six élus français sont intervenus à cette occasion: Bertrand Delanoë, maire de Paris,  qui a prononcé le discours d’ouverture du sommet. Michel Delebarre, maire de Dunkerque et Vice-président du Comité des Régions s’est exprimé sur le « dialogue national-local » ; Pierre Schapira, adjoint au maire de Paris sur les « Gouvernements locaux et régionaux abordant ensemble le changement climatique » ; Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, sur le « Défi de Paris sur les énergies renouvelables » ; Andrée Buchmann, vice-présidente de la communauté urbaine de Strasbourg, sur les «Besoins pour l’expansion des réseaux de transport dans les grandes villes en relation avec un objectif de réduction des émissions » et Ronan Dantec, vice-président de la communauté urbaine Nantes Métropole sur les « Défis et opportunités pour les autorités locales dans la réduction des gaz à effet de serre».

De nombreux élus de villes et intercommunalités ont également participé à ce Sommet marquant une forte implication des collectivités locales françaises notamment : Damien Carême, maire de la ville de Grande Synthe, Bruno Charles, vice-président de la communauté urbaine du Grand Lyon, Catherine Cullen, conseillère déléguée de Lille Métropole, Laure Curvale, vice-présidente de la communauté urbaine Bordeaux Métropole, Vincent Feltesse, maire de Blanquefort et président de la communauté urbaine Bordeaux Métropole, Hubert Julien Laferièrre, vice-président de la communauté urbaine du Grand Lyon, Louis Le Pensec, maire de Mellac et président de l’AFCCRE, Jacques Rocca-Serra, adjoint au maire de Marseille, Philippe Tostain, adjoint au maire de Lille.

Ce Sommet a ainsi été l’occasion pour les collectivités territoriales de réaffirmer le rôle fondamental qu’elles jouent dans la lutte contre le changement climatique et leur volonté d’engager un dialogue avec les gouvernements nationaux. Elles souhaitent être impliquées dans le processus de négociations afin d’avoir une place réelle dans le futur accord mondial sur le climat  post-Kyoto. Elles ont ainsi lancé un appel aux parties prenantes qui seront présentes à la  15ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique, organisée en décembre prochain à Copenhague (COP15), dans lequel elles appellent à la reconnaissance de leur rôle face au défi du changement climatique.

Le sommet a ainsi marqué une étape importante de la feuille de route « de Bali à Copenhague » sur le climat pour les villes et gouvernements locaux. Les associations membres de la Maison européenne des pouvoirs locaux français encouragent la consultation et l’association des collectivités locales à ces négociations internationales. En effet, les collectivités locales sont des acteurs clés dans le domaine de la réduction des gaz à effet de serre et de la lutte contre le changement climatique par les politiques publiques qu’elles mettent en œuvre sur leur territoire.

Source : Carrefour local du Sénat

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