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Culture et territoires 2030

Dans le cadre du séminaire national du 18 octobre dernier “Culture et média 2030 : quelles perspectives territoriales ?”, la FNCC a publié dans sa Lettre d’Echanges n°75 des réflexions et des contributions sur l’étude “Culture et Médias 2030” réalisée par le Département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture et de la Communication (DEPS). Nous publions ici le point de vue développé par Vincent Rouillon, rédacteur de la revue électronique de la FNCC.

Culture et Média 2030 identifie trois grandes mutations qui, chacune à sa manière mais aussi de façon conjuguée, déstabilisent le principe même d’une politique nationale de la culture. Pour autant, la vivacité de l’interrogation des chercheurs ne serait-elle pas en elle-même une manifestation de la légitimité d’une approche nationale des politiques de la culture, même si (et surtout si) leurs principales modalités sont territoriales ?

Déclin, débordement et désaffection de l’horizon national de la culture

Selon le DEPS, nos sociétés subissent trois grandes mutations : la globalisation, la mutation numérique et la modification des rapports entre l’individu et le groupe. Or, la globalisation (mondialisation des échanges et des centres de production) semble ouvrir un déclin de l’horizon national, la mutation numérique induit le débordement de cet horizon et la montée de l’individualisme ainsi que de ses corollaires communautaristes en signale une certaine désaffection. En somme, la production, la circulation et la fonction sociale de la culture ne feraient plus nation : elles ne participeraient plus (ou beaucoup moins) à l’identification d’un groupe d’individus partageant un certain nombre de valeurs sur un territoire commun et sous une gouvernance commune. Au contraire, elles instaureraient un monde fait de communautés éparses d’individus singuliers dominés par des forces économiques supra nationales insoucieuses de l’intérêt général. Rien là qui corresponde à l’autorité et à la compétence du ministère de la Culture, du moins tel qu’il s’est pensé jusqu’à présent.

Historiquement, notre ministère s’est donné comme mission principielle celle de la démocratisation culturelle. Un objectif que Malraux définissait ainsi : « Rendre accessibles au plus grand nombre les œuvres capitales de l’humanité, et d’abord de la France. » A quoi il ajoutait cette précision : le ‘‘plus grand nombre” évoqué ici est « le plus grand nombre possible de Français ». Le ministère porte ainsi, dès l’origine, une mission profondément nationale, et ce naturellement en lien avec une guerre qui avait violemment menacé l’unité, l’autonomie et l’existence même de la nation française.

C’est toute la force de la prospective du DEPS que de signaler au ministère dont il est pourtant l’un des organes le danger d’obsolescence qui, de ce point de vue, le guette dans les décennies à venir. Ce qui explique peut-être, par ailleurs, l’accueil circonspect qu’a reçu l’étude Culture et Médias 2030 au sein même du ministère et dans les structures dont il a la tutelle. Le déclin, le débordement et la désaffection de l’horizon national de la culture sont, de fait, des données tendancielles difficilement digérables pour un ministère ‘‘national’’ de la culture.

Territorialisation

Un autre enseignement de l’étude du DEPS concerne le rapport du ministère avec les territoires. En 50 ans, ce lien est passé de la centralisation à la déconcentration (les DRAC – on peut noter, de ce point de vue, que parmi les quatre scénarios chargés d’éclairer le ministère dans ses choix pour les prochaines décennies, trois entérinent leur disparition), puis à la décentralisation (avec en particulier les associations départementales et régionales).

Quelle pourrait être la quatrième phase ? Mis à part le premier scénario, appelé « l’exception continuée » (une sorte de statu quo évolutif du fonctionnement actuel des politiques culturelles nationales, sous le signe d’une décentralisation qui conserverait, voire renforcerait, le rôle centralisateur de l’Etat), les autres font entrevoir une évolution différente : la territorialisation.

En effet, si la globalisation renforce la concentration oligarchique de la production de biens culturels à un niveau international et donc impose une uniformisation planétaire de l’imaginaire, elle génèrera inévitablement des revendications de la différence et de la diversité qui, elles, fonctionneront à une échelle infra nationale. Ce qui implique notamment une validation des politiques de proximité dont les acteurs politiques majeurs sont les collectivités territoriales.

De même, la mutation numérique pourrait entraîner ce que l’étude appelle une « migration numérique » : « A partir de 2020, le tissu industriel se renouvelle de façon dynamique par les franges », via une multitude de projets associatifs et individuels disséminés sur le territoire. Certes, cette « démographie dynamique des entreprises culturelles » suppose un ensemble de règlementations (pour favoriser l’initiative de PME et TPE culturelles) que seul l’Etat est en mesure d’instaurer. Mais, par la force des choses, ce foisonnement opèrera de fait une ‘‘territorialisation” de la culture.

Enfin, la troisième mutation – celle de la montée de l’individualisme – se doublera d’une sorte d’individualisme collectif, c’est-à-dire de communautarisme (qui peut être associatif et/ou virtuel, ethnique, religieux, générationnel, ou opérant selon des convergences de centres d’intérêt politique, professionnel, etc.), dont une part sera d’ordre territorial.

Dès lors, l’appel récurrent à un approfondissement de la décentralisation (voir la Déclaration d’Avignon 2010 des associations d’élus) instaurant les conditions d’une réelle autonomie et reconnaissance des politiques culturelles territoriales et, réciproquement, conviant les pouvoirs locaux à prendre leurs décisions à l’aune nationale, semble étroitement correspondre aux grandes évolutions de notre société décrites par le DEPS.

Un Etat qui se pense lui-même

Bien entendu, l’étude du DEPS ne prétend pas deviner l’avenir. Elle se revendique même d’une prospective « exploratoire » et non « descriptive ». Elle envisage les décisions qui pourraient être prises et non une succession déterministe de données subies. C’est en cela qu’elle est politique et non scientifique.

Or cette prospective politique est celle d’un outil de recherche ministériel travaillant au bénéfice de son ministère et à celui de l’Etat. Pour ainsi dire, le déclin de l’horizon national et l’accroissement de la pertinence des échelons de proximité sont des perspectives décrites de l’intérieur, pour renforcer le rôle et la place de l’Etat dans la vie culturelle de notre société et non pour le mettre en péril ou prévoir son déclin. La question traitée est : quel peut être le rôle de l’Etat culturel dans un monde où l’horizon national est en déclin et où celui de la proximité semble promis à une pertinence accrue ?

L’un des éléments de réponse est peut-être celui-ci : de la même manière que l’actuelle crise économique exige le renforcement du rôle des Etats pour que s’édifie une gouvernance économique européenne fédérale dans laquelle leurs prérogatives seraient moindres, de même, les politiques culturelles nationales pourraient renforcer les conditions de leur territorialisation. Cette fonction d’accompagnement plus que de décision n’exprime pas un retrait de l’Etat mais, tout au contraire, le renforcement de ses fonctions de réglementation, d’incitation et d’encadrement de l’ensemble des acteurs culturels ainsi que de lui-même. Pour ainsi dire, seul l’Etat possède la légitimité et les compétences pour se penser lui-même, pour se recadrer, pour s’autolimiter au bénéfice d’une nation qui ne se définirait plus comme transcendant les particularités individuelles, communautaires et territoriales, mais comme organisant leur développement et leurs échanges artistiques et culturels.

Qui d’autre que le ministère de la Culture est en mesure d’assumer une telle fonction autorégulatrice ? La globalisation, par nature commerciale, ne peut penser au-delà de son intérêt propre. Les acteurs de la mutation numérique, eux non plus, ne sont pas en mesure d’exercer une pensée réflexive en vue d’un intérêt supérieur au leur. Pas plus que ne le peuvent les communautés et les individus par définition préoccupés d’eux-mêmes et non des autres communautés ou individus.

Quant aux collectivités, n’est-ce pas en lien avec l’Etat qu’elles ont aussi la légitimité de penser au-delà d’elles-mêmes, c’est-à-dire d’inclure l’intérêt local (communal, communautaire, départemental ou régional) dans le cadre d’un dessein plus vaste ? N’est-ce pas si elles sont ensemble, entre elles et avec l’Etat, que l’horizon national peut résister à son déclin, à son débordement et à sa désaffection ? Curieusement, l’inquiétude palpable générée par la lecture de Culture et Médias 2030 provoque, in fine, un optimisme dont on ne se sentait plus capable.

Vincent Rouillon

Rédacteur de la Fédération des collectivités territoriales pour la culture (FNCC)

Texte paru dans la Lettre d’Echanges n°75, revue électronique de la FNCC

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Retour sur le 1er Forum international de l’économie mauve

Le premier forum international pour l’économie mauve qui s’est tenu la semaine dernière à l’espace Pierre Cardin à Paris s’est achevé sur un succès porteur d’espoir. Nous y avons participé non sans une certaine excitation, notamment au regard des intentions affichées par le manifeste fondateur de ce concept dont nous nous étions fait l’écho il y a quelques semaines :

  • articulation vertueuse [entre culture et économie] qui ne se réduise pas à une pure instrumentalisation de la première et à une vaine stigmatisation de la seconde ;
  • reconnaissance et désormais construction d’une perspective où la culture est appréhendée et reconnue comme un écosystème hypersensible à l’action humaine, dont elle enregistre tous les impacts (directs et indirects) ;
  • œuvrer pour le durable contre le court terme, la création de valeur contre le gaspillage des ressources, la synergie contre le chacun-pour-soi, l’éthique contre l’irresponsabilité.

Autre raison de s’enthousiasmer : la qualité des interventions et des débats, dont on peut se réjouir qu’ils aient enfin à nouveau lieu à Paris car, il faut bien le dire, depuis les journées européennes de l’économie et de la culture en 2008 au Musée du Quai Branly, il ne s’est pas passé grand chose pour donner au public les clés de ce qui se joue lentement ici mais sûrement ailleurs dans la reconfiguration des territoires mondialisés de la diversité culturelle pensée comme un mode intégré d’action et de coopération, des industries créatives comme vecteur de rayonnement et de développement, de l’urgence de connecter et croiser plus fortement la culture avec les autres secteurs de l’activité humaine.

C’est en effet d’abord une affaire de contenu, au-delà du besoin de légitimer le concept de l’économie mauve par un corpus de pensée et la signature de grandes cautions publiques nationales et internationales. Il convient en effet de reconnaître que les contenus étaient au rendez-vous et que l’adhésion et l’engagement des intervenants créé un œcuménisme particulièrement fécond et prometteur qui va là aussi bien au-delà du simple syncrétisme de l’ère post-Florida, très à la mode aujourd’hui et que certains s’épuisent avec plus ou moins de bonheur à commenter ou recycler sans rien proposer.

Rien de cela ici, bien au contraire. C’est la reconnaissance de la nécessité de faire muter l’économie en lui donnant une couleur supplémentaire, comme ces dernières années avec l’économie verte, pour engager de nouvelles perspectives non pas de développement débridé, dérégulé ou dérèglementé, bien au contraire, mais d’action soutenable, d’action plus responsable, plus porteuse de sens, plus reconnaissante de notre capacité de créer, d’imaginer, d’innover et surtout de collaborer, de partager et d’habiter le monde.

Cette couleur, le mauve (créativité et imagination dans la symbolique des couleurs), viendrait donc se placer au centre du développement durable pris non plus comme un concept pour dire « la culture est le quatrième pilier du développement durable », une mode ou un cycle de marché mais comme une modalité d’action responsable sur l’ensemble des domaines qui participent et relèvent de notre écosystème. Et cette nouvelle modalité doit avoir ses propres outils et méthodes, une nouvelle ingénierie culturelle en quelque sorte.

A noter parmi les nombreuses interventions qui se sont succédées pendant 2 jours et demi, des témoignages qui se distinguent et montrent le chemin :

  • Cheikha Mai (ministre de la culture et de l’information du Bahrein), a permis de prendre pleinement conscience de ce que Frédéric Martel décrit dans « Mainstream » (la conquête des industries culturelles et notamment des médias en direction de publics qui partagent la même culture que les acteurs occidentaux négligent alors qu’elle constitue un immense marché).
  • Odile Quintin (ancienne directrice générale à la Commission Européenne) a souligné que sans  la prise en compte de la diversité culturelle les entreprises perdent en moyenne 10 points de compétitivité et que le poids gigantesque des industries créatives dans l’économie de l’Europe aujourd’hui doit inciter à aller plus loin dans la maison Europe pour favoriser partout des écosystèmes créatifs, innovants et dynamiques qui stimulent les territoires.
  • Bernard Ramanantsoa (directeur général d’HEC Paris), nous a rappelé que si nous vivons une crise économique, financière et sociale, elle coïncide avec une crise de la pensée, où la méconnaissance d’autrui, de sa culture, de ses traditions et de ses usages est alimentée par l’immédiateté de l’opinion toute faite et le déclin de la culture générale jusque dans l’enseignement supérieur.
  • Hubert Védrine (ancien ministre des affaires étrangères) a donné sa vision de l’urgence d’une Europe fédéraliste qui s’appuie sur la richesse culturelle et identitaire de chacun de ses membres pour exister face aux grandes puissances en devenir qui ont presque toutes un modèle fédéraliste avec plus d’états, plus de langues et des cultures et de croissance sur lesquelles il faudra non seulement compter mais probablement accepter la fin du modèle d’influence américain qu’elles commencent aujourd’hui à contester.
  • Caio de Carvalho (Président de Sao Paulo Turismo, ancien ministre et président de l’institut d’économie créative) a insisté sur le fait que le monde entier raffole de la beauté et de l’art de vivre de l’Europe mais que c’est grâce au numérique et aux industries créatives que le Brésil avance à très grande vitesse pour créer de nouveaux centres d’intérêt et de croissance où la culture et ses impacts directs et indirects sont considérés et évalués comme des points de croissance économique à part entière comme aucun pays d’Europe ne le fait aujourd’hui.
  • René Villemure (président de l’institut d’éthique du Québec) a développé l’idée que l’éthique et l’économie mauve ne seront jamais l’aboutissement logique de bonnes intentions.  Elles seront le résultat de réflexion et de proposition fondées sur le sens et sur des valeurs telles l’impartialité, le respect et la vigilance. Ces trois valeurs représentent un horizon moral souhaitable d’une mondialisation à visage humain.
  • Guillaume Kiossa (ancien conseil spécial de la présidence européenne française et président d’Europanova) a promu la nécessité  d’investir massivement dans des programmes qui visent à accueillir les talents du monde entier en Europe, comme les Etats-Unis l’ont fait chaque année depuis le début des années 1940 notamment pour accueillir les élites européennes qui fuyaient le nazisme, non seulement pour y découvrir la culture et les merveilles de l’Europe mais aussi pour ensuite y vivre et contribuer à renouveler le rayonnement et la dynamique en Europe.
  • Carlo Petrini (président-fondateur du mouvement Slow Food) défend comme toujours l’idée que le système actuel court à sa perte et qu’il faut le rebâtir sur les dynamiques locales authentiquement porteuses de culture, de savoirs et de respect entre les hommes, envers la nature et tout comme certaines villes se mettent à opter pour la philosophie « slow », ce sont les métropoles qui devraient restaurer le goût du mieux vivre au lieu de concentrer depuis toujours les gaspillages les plus criminels qui soient.
  • Daniel Maximin (commissaire de l’année française des Outre-mer) a insisté sur le fait que les peuples d’Outre-mer ont le respect de la terre au plus profond de leurs cultures et que si les territoires d’Outre-mer sont autant des paradis que des enfers qui nous fascinent et nous ont incité à les coloniser, le développement économique par l’exploitation des ressources naturelles et par le tourisme peuvent et doivent changer ici et maintenant radicalement d’optique et mieux s’appuyer sur la sagesse des ultra-marins.

A noter également la courageuse modération de Frédéric Martel qui a « osé » une fois de plus mener la vie dure à nos vieux réflexes franco-français qui nous font souvent dire que nous sommes les champions de la diversité culturelle alors qu’il n’en est rien. Ce qui est désormais une posture ou un discours d’apparence vis-à-vis de l’extérieur, qui rassure et donne bonne conscience teintée d’une certaine nostalgie pour notre impérialisme déchu qui ne dit pas son nom, ne résiste pas un instant à la réalité de la diversité culturelle issue des sociétés multiculturelles comme les Etats-Unis.

Face à l’urgence de refonder la manière dont la culture, les arts, l’innovation et la créativité pour soutenir un monde plus juste, la tâche est immense, vertigineuse et complexe car le temps n’est plus aux incantations. Même si bon nombre de nos élus et de nos gouvernants auront naturellement le réflexe de dire qu’ils font de l’économie mauve depuis des années sans jamais le dire, il faut bien reconnaître la nécessité de réviser le logiciel sociétal dont la gouvernance a été édifiée dans autre âge.

Au fond, ce qui est en cause ce situe à deux niveaux :

  • le modèle d’exploitation de la nature et des êtres humains pour pouvoir les exploiter toujours plus les êtres humains et la nature, la fuite en avant du développement privé de toute forme de responsabilité et de conscience de son impact,
  • les réticences de l’ordre établi face à la mutation des systèmes politiques et géopolitiques qui ont émergé et dont la coopération est aujourd’hui incontournable.

L’économie mauve cherche à mieux interagir avec la culture pour trouver les clés d’une croissance économique et d’un développement social conscient que nous vivons dans un monde limité (au sens où nos ressources ne sont pas illimitées). De là émerge une valeur ajoutée qui s’appuie sur la culture au cœur de la conception des biens matériels et immatériels et des services publics et privés.

A travers la recherche de la diversité et de l’enrichissement culturels, c’est un défi de sobriété qui est clairement proposé par l’économie mauve : replacer l’être humain au centre de notre écosystème grâce à sa dimension créative. La demande de culture toujours plus grande peut être un des supports structurels de cette économie porteuse de croissance qui pourrait faire coïncider la notion de richesse la sobriété d’un monde limité et l’humilité d’un écosystème conscient de son équilibre fragile.

La discussion et le mouvement sont désormais enclenchés avec les acteurs concernés pour trouver des solutions nouvelles.

Rendez-vous donc à Sao Paulo l’année prochaine pour poursuivre dans l’action ce que cette première édition du Forum international de l’économie mauve vient d’initier de la plus prometteuse des manières.

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L’économie mauve, par René Villemure

Ceci est le texte de l’allocution de René Villemure sur l’économie mauve, présentée le 11 octobre 2011 à l’Espace Pierre-Cardin à Paris dans le cadre du 1er Forum international sur l’économie mauve, événement pionnier et fondateur auquel nous participions et dont nous nous sommes déjà fait l’écho à plusieurs reprises.

Il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais, d’éthique sans réflexion.

Si cela va sans dire…cela ira encore mieux en le disant…

Bien que le sujet soit sur toutes les lèvres, on utilise l’éthique plus souvent qu’autrement afin de justifier des normes.  Au lieu d’inspirer, on tente de contrôler le comportement en surveillant en en punissant, ce qui ne constitue pas des gestes éthiques.  De fait, l’éthique est mal connue et mal comprise.

Considérant que la notoriété du sujet n’égale pas sa connaissance, j’aimerais vous présenter, en quelque minutes, ce qu’est réellement l’éthique, ce qu’elle n’est pas, puis, enfin de faire le lien avec les enjeux et les responsabilités de l’économie mauve.

Même si plusieurs abusent du terme « éthique » et si, en conséquence, celui-ci est de plus en plus « connu », posons la question : malgré sa notoriété, sait-on réellement ce qu’est l’éthique ou ne sommes-nous qu’en mesure d’en déplorer le manque ?

L’éthique, et c’est curieux, est l’un de ces sujets que tous semblent vouloir s’approprier sans pour autant en connaître le sens, en comprendre les exigences ou la portée.  Écoutons les conversations et nous pourrons entendre parler de l’éthique du football et même de l’éthique de ceux qui travaillent fort…  Tout dire sans rien dire…

Ainsi, et c’est incontestable, le sujet de l’éthique est connu mais, s’y arrête-t-on vraiment ? Je ne crois pas.

L’éthique n’a pas la vie facile, elle est souvent masquée par tout ce qui se prend pour elle… c’est la raison pour laquelle on entends plus souvent parler  de « codes d’éthique », c’est-à-dire d’impératifs à suivre absolument sous peine de sanctions.  Cette conception, fort populaire, est cependant réductrice. Elle réduit le « Bien Faire » à l’obéissance…

Ces codes maladroitement appelés « codes d’éthique » relèvent, au sens strict, de la déontologie, c’est-à-dire d’un « discours sur le devoir ».  La déontologie est une pratique normative qui se penche sur son passé, que l’on croit immuable, et qui, souvent, n’aime point son présent.  C’est la raison pour laquelle elle propose d’ajuster le comportement présent au passé jugé « idéal ».

En situation de décision, le déontologue tente patiemment de rapprocher rigoureusement la situation en présence du texte original afin de restituer à la situation actuelle la perfection du texte original sans nécessairement tenir compte du contexte ou de l’irrégularité de la situation.  La déontologie est une pratique patiente et mesurée de comparaison avec un texte figé…figé dans le passé, bien sur…

Enfin la déontologie, pour qui n’existent que les cas les plus fréquemment rencontrés, relève de la logique du « surveiller et punir », elle inspire par la crainte, elle définit ce qui est « mal », ce qui est interdit, elle recherche la faute par rapport à un texte fondateur jugé parfait.

L’éthique, de son côté, est une pratique évaluative fondée sur des valeurs en vue de l’atteinte d’une finalité jugée « bonne »; elle est plus soucieuse du « bien dans les circonstances » que de la conformité à une règle figée. L’éthique se soucie de la décision à prendre avec justesse, dans un contexte irrégulier, malgré l’incertitude et tout en considérant que le juste, en soi, est une cible fuyante.  « Que nous incombe-t-il donc de faire dans les circonstances » demande l’éthique.

L’éthique doit être comprise comme étant un exercice réflexif qui résulte d’une certaine prise de conscience collective, d’un désir de faire autrement, d’un ambition de faire « mieux » au niveau moral.  L’économie mauve parle ici « d’articulation vertueuse ».

L’éthique peut-être comparée à une œuvre d’art qui appartient à une époque ou à un peuple; une décision éthique appartiendra toujours à un contexte, à un moment spécifique dans l’espace et dans le temps.  Et tout comme dans le domaine de l’art où les « connaisseurs », nombreux, évaluent la technique, l’éthique a ses faux experts, tout aussi nombreux, qui rédigent des codes standardisés tout en n’ayant peu de souci pour l’éthique en soi, pour le sentiment artistique de l’éthique. On parle alors « d’éthique irresponsable ».

Lorsqu’on évoque l’éthique dans le cadre de l’économie mauve, il faut savoir que l’éthique est affaire de culture, tant celle d’une organisation, d’une société, d’un mouvement ou d’un peuple.  Elle doit s’appuyer sur des valeurs communes qui devront être claires, praticables et partagées; ces valeurs devront éclairer et éviter de recouvrir ce qui doit être fait par ce qui peut être dit.

L’éthique est affaire de culture et il faut rappeler qu’une culture ne se change pas, elle migre. Lentement.

La migration culturelle, la migration éthique, ou la migration vers une économie mauve est la prise en compte d’un désir de transformation qui permettra de faire le lien entre « pas d’éthique », l’éthique déontologique et l’éthique en soi; qui permettra de faire le lien entre « le durable et le court terme, la création de valeurs et le gaspillage, le collectif et l’individuel, l’éthique et l’irresponsabilité ».

Il faut influencer la culture vers une culture « éthique plus » (ou une culture plus mauve) parce qu’actuellement la culture de plusieurs organisation, sociétés mouvements ou peuples ne se démarque pas, ainsi, on ne la remarque pas… on n’en remarque que les manquements. Ce qui est déplorable.

Et ce sont ces mêmes manquements qui font que l’on ne parle d’éthique qu’en termes de conflits, de fraude ou d’abus.  Pas très inspirant, il faut l’avouer…

N’auriez-vous pas le goût que l’on fasse référence à l’éthique dans un contexte qui lui est propre plutôt qu’à titre de béquille destinée à surveiller et à punir ?  Bien Agir me semble plus inspirant que « ne pas mal faire ».

Cessons d’écouter les faiseurs de règles, les faiseurs d’images et les faiseurs tout court et réfléchissons sincèrement à l’éthique et aux valeurs; cessons de fonctionner par l’absurde en appelant « éthique » ce qui ne l’est pas.  Faisons un effort afin de mieux connaître ce qu’est l’éthique, l’appréciation éthique, le développement durable éthique, la RSE éthique, les choix éthiques… et l’économie mauve éthique…

La société de l’économie mauve exigera de ses acteurs qu’ils puissent évoluer dans un cadre plus large, qu’ils puissent élever leur regard et apprécier la complexité d’un monde en changement.  Le réflexe traditionnel d’automatisme dans les gestes de gestion ou de gouvernance perdra de sa pertinence. Dans le monde de l’Économie mauve, Voir autrement et penser autrement ne seront plus des alternatives, ce seront des nécessités.

Dans cet effort, plusieurs dangers nous guettent. Je ferai mention du principal danger, celui de la récupération de l’économie mauve par les opportunistes qui seront tentés d’en faire une « économie mauve pâle »… Une éthique de vitrine, une esthétique qui préférera le confort de Bien paraître aux exigences de Bien faire.  En matière d’éthique et d’économie mauve, la vigilance est de mise.

L’éthique et l’économie mauve ne seront jamais l’aboutissement logique de bonnes intentions.  Elles seront le résultat de réflexion et de proposition fondées sur le sens et sur des valeurs telles l’impartialité, le respect et la vigilance.

Ces trois valeurs représentent un horizon moral souhaitable d’une mondialisation à visage humain.


Les ingrédients mystères ? Le temps et la réflexion… ce que nous sommes à faire ici ce soir…

Nous sommes non ce que nous choisissons d’être une fois pour toutes mais ce que nous choisissons de faire à chaque instant

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Retrouvez sur Cultural Engineering Group les billets réflexifs de René Villemure, éthicien, conférencier, président fondateur de l’Institut québécois
d’éthique appliquée notamment aux domaines de l’innovation, de la culture et de la communication.

Billets réflexifs précédents publiés sur CEG :

Toutes les publications, les actualités et  les activités de René Villemure en cliquant ici.

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1er forum international de l’économie mauve | 1st International Forum of Purple Economy

(FR) Sous le patronage de l’UNESCO, de la Commission et du Parlement européen, Paris accueillera les 11, 12 et 13 octobre 2011 le 1er forum international de l’économie mauve, pendant culturel de l’économie verte  (www.economie-mauve.org).
Cet évènement réunira 400 décideurs des sphères publiques et privées du monde entier, avec pour objectifs :

  • La prise de conscience collective et la sensibilisation à l’importance de la dimension culturelle dans le développement de nos sociétés ;
  • La réalisation d’un état des lieux et le partage des expériences ;
  • L’échange et la confrontation autour des bonnes pratiques, la mise en lumière des acteurs et des innovations.

En vertu d’un partenariat, les membres du Cultural Engineering Group bénéficient d’une réduction de 25 % pour toute inscription enregistrée avant le mardi 4 octobre 2011 à 8 heures  (heure de Paris).
Pour recevoir le code partenariat, veuillez contacter info@diversum.net

(EN) Under the patronage of UNESCO, of the European Parliament and of the European Commission, on the 11th, 12th and 13th October 2011, Paris will host the world’s first international forum of purple economy, the cultural counterpart of the green economy (www.purple-economy.org).

This event will gather 400 leaders from the public and private sectors worldwide, aiming:

  • To raise collective awareness of the importance of cultural aspects for the development of our societies;
  • To carry out an inventory of the current situation, and encourage story-sharing;
  • To promote exchange and debate on best practice, and to showcase key players and innovative approaches.

Under a partnership, members of the Cultural Engineering Group receive a 25% discount for registrations recorded before Tuesday, October 4, 2011 at 8 am (Paris time).
To receive the partnership code, please contact info@diversum.net

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 5

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

5 The principles of complexity within an urban cultural system[i]

5.1 Urban cultural economy: spaces of transition

In the general literature about the creative city and urban regeneration there is always a strong element of change, a movement from the industrial to the post-industrial, flagship events or buildings designed to enable cities to turn grey pages of the past into bright futures. Nevertheless, very little attention is given to the phase of transition and the passage between the old and the new.  It can be argued that this is because there is in fact no such turning point, and the evolution of events and interaction in the urban cultural landscape evolves slowly, hardly ever experiencing a distinct turning point. In this respect, complexity theory uses very interesting terminology to describe how complex systems experience change. A system changes usually because some of the elements of the system create small changes that push the system “far-from-equilibrium”: “for a system to be innovative, creative, and changeable it must be driven far from equilibrium where it can make use of disorder, irregularity, and difference as essential elements in the process of change (Stacey, 1995, p.490). If we read the complex history of the decline of the industrial economy in our cities and the way in which certain cities have been developing within cultural and creative economies, it can be interpreted as the development of a new order coming from the existing conditions created by the system. Nevertheless, it is often the event, such as the European Capital of Culture or a specific investment, such as a new flagship museum, that is the main catalyst, and therefore the reason for the changes taking place. Many of the explanations and motivations for change are not sought for in the contexts of the way local actors experience transition or change, but instead change is somehow considered to be already there. Another interesting idiom found in complexity literature is the idea of “space of possibilities”. Again, none of the literature which looks at ‘creative cities’ and ‘urban regeneration’ consider the real spectrum of possibilities within an evolving urban context, and the majority of case studies presented in the literature are positive examples and good practice, which hardly take into consideration possibilities for a different development and the role of failure.

We are still in the post 2008 cultural capital bid, so it is a bit of time for reconsideration, reflection at the moment and I do not know how it will plan out, but I think it was good that we did not get 2008 in order to see what is the most sustainable, longer term cultural infrastructure and expectation for the region; we got a problematic balance in terms of the fact  that Culture 10 programme is much about big events and tourism development but what risks getting lost is some really good quality art programming and cutting edge in terms of the content. (Manager, Voluntary Sector Visual Art Organisation, Newcastle Upon Tyne)

 The exploration of the space of possibilities can be read at different levels. At the city level, it can be argued that different cities have seen in the support and development of culture economies and infrastructure the exploration of new possibilities and solutions for their competitiveness and development. This is true if we compare different urban strategies and strategic plans. It seems also quite important to understand to what extent the post-industrial decline, the crisis derived from it and its social implications have opened different spaces – from physical empty buildings to space for new organisations, such as regional development agencies or local trusts, to grow – for cities to think about their future.  This is explained by a local policy maker in the context of Newcastle-Gateshead referring to the political will of the council to bring about change in the city

the drive was very much from the public sector, particularly Gateshead Council, them to have the ambition and guts to say this is a region which has suffered for hundreds of years of decline, declining industry, mining, shipbuilding, high unemployment, not a lot going for itself, they have looked at alternative ways to reinvigorate the city (Public Sector Officer, Newcastle Upon Tyne)

But at the same time as we can consider the exploration of new possibilities at the city level, it seems to work at the individual level as well, where gaps and constraints result in different choices and innovative thinking

 I decided I did want to carry on being an artist […] I just realised that there was a very big gap in Newcastle for an artist run gallery, a project that came from an artist project so that became my focus […] it was quite strategic in terms of my own career as an artist because I felt quite invisible in the North East as an artist (Visual artists, Newcastle Upon Tyne)

Allen (1997) talks about “a collective, spatial response to changing conditions” (p.6). In this respect it is easy to recall that the growing importance of culture and cultural economies has been a social and spatial response to the decline of the traditional industry. Even spatially in the city context the old industrial warehouses have been the first spaces to be taken over by artists and new creative practitioners in order to develop their practice (Zukin, 1985). This has occurred in Newcastle-Gateshead in the areas of Grainger Town where derelict buildings have been converted into office space for media industries and in the Ouseburn Valley area where artists have clustered around an old warehouse building, 36 Lime Street. As a photographer suggests in the context of Newcastle-Gateshead

I think people underestimate the North East culture, I think it is very deep-rooted in various areas like the industry that used to be here in the area, things like shipyard and mining and I think the lack of that now has left a bit of a void and some of the art works have helped to fill in that gap (Photographer, Northumberland)

5.2 Non-linearity, feedback and adaptation and co-evolution

Although in the literature there is a strong pressure towards homologation and to see the cultural development of a city as a positive event in which there is wide consensus, in fact complex systems do not interact on the basis of consensus and cause-effect developments, but of non-linearity, which is often what can be seen in the cultural development of cities. The fact that interactions are not regulated from above but are depending of internal and external feed-back of the system, and its connectivity and adaptive capacity, implies that making predictive assumptions about outcomes and trends, can no longer be given for granted (Holland, 1995). It also means that “behaviour patterns can emerge without being intended and in fact often emerge contrary to intention, producing unexpected and counter intuitive outcomes” (Stacey, 1995, p. 480).

 There is often an assumption that public policy and investment act in a direct causal way, and have a straightforward effect on the matter addressed. On the contrary, listening to cultural agents, creative industries and agencies of the city there is great room for non-linear interaction, also influenced by processes of adaptation and feedback between agents. Even large investments such as the establishment of a new contemporary art gallery which could be addressed as an injection having direct impact on local cultural economies sometimes do not provide a direct connection with local artists or development of creative industries.

I think Baltic is kind of this great resource that we’ve got, but it’s not, it’s kind of not functioning regionally; artists aren’t trying a connection with Baltic, and Baltic’s not really helping artists in the region. (Director, commercial art gallery).

In the development of the Baltic, the contemporary art gallery in Gateshead, a specific focus has been on recognising the importance of building audiences and involving the local community in contemporary art. Nevertheless, as complexity theory suggests, microscopic interactions can result in new and different possible structure at the level of the whole. So if we look at the outreach and participation programme of a museum or a gallery, we could certainly argue that it could have a role in building an audience for arts events and for the art market – ultimately having an impact also on local artists. A possible non-linear effect of the system convergence towards arts and culture in the North East region through public investment and development of private commercial galleries can be seen in the impact of the Own Art scheme. The North East region of England accounted for 23%[ii] of the national sales of contemporary art supported by this scheme. One explanation for this concentration of sales is the stimulation of an art-buying market through the awareness of art created by the investment in this region. The growth in art sales can also function as positive feedback to the system as a whole. However, it is impossible to attribute this effect to one single element or incident, but it needs to be linked to a combination of many elements and their interaction: “nonlinear feedback system operates at the edge of instability, therefore, agents in that system cannot intend the long-term outcomes of their actions. Instead, those long-term outcomes emerge from the detailed interactions between the agents” (Stacey, 1995, p. 483).

The same non-linear effects can be seen in the growth of the creative industries sector in the region. Although it could be interpreted as an effect of the region’s investment in culture, it needs to be further conceptualised not in the attraction of talents and international companies[iii], but in the regional supportive environment and its grassroots cultural development. The non-linearity of the regeneration process has been described elsewhere: “these developments were underpinned not by economic imperatives, but by a will and determination on the part of local arts activists and politicians to provide the area with the cultural facilities that it deserved. It may well be the case that the cultural imperative is the crucial ingredient here” (Bailey et al., 2004, p. 61). The possibility to support and implement creative economies without a direct investment, but with indirect support from audiences and the market, through advocacy and participation is further presented by a designer:

from the public sector perspective I think that’s were they should be putting the main effort in educating people, helping people understand, highlighting, showcasing and that would do more for the design business than any grant that they give out, grants just increase the number of businesses while this would increase the number of contracts available and the industry would expand consequently (Designer, Newcastle Upon Tyne)

Part of the public strategy behind the development of the cultural infrastructure of Newcastle-Gateshead has been in the long-term embedded approach to culture and in the focus on participation and access. This kind of policy seems to respond to a need for the agents of the system to co-evolve, to change within a changing environment, and to reciprocally influence each other. The evolution of one domain or entity is partially dependent on the evolution of other related domains or entities (Kauffman 1993). It is not just simple adaptation; it is an evolution which changes the agents and changes the environment. This is suggested by the following description of the change which occurred in the cultural landscape of Newcastle-Gateshead “these developments succeeded precisely because the local people took ownership of them, not as exclusive symbols of wealth but as sources of local pride that regenerated a local source of identity as much as they did the local economy” (Bailey et al., 2004, p.61). The co-evolution is also suggested by the long-term implementation of the cultural investments which started in the early 90s to culminate in 2004 with the opening of The Sage Gateshead but which have been also implemented through Culture10, a 10-year support programme of festivals and events running until 2010.

you see places like The Sage Gateshead, people are making hard business decisions, obviously thinking that it is worth investing in it and they would not be doing it if there was not a market, it is fantastic for the city and the knock-on effect is that you get smaller people following, it is a sort of piggyback effect and hopefully it is gathering momentum (Director, Commercial art gallery).


[i] The use of complexity theory and its principles in the present article does not aim to provide a simplified overview on the long evolving literature on the subject, which the author herself is still investigating and exploring. Nevertheless, referring to this framework of analysis aims to introduce a new critical approach to the study of creative economies, which is better informed of the wider debate on the complexity of urban and economic interactions and avoid the temptation to established simple causal links between a city economic development and its cultural infrastructure.

[ii] Own Art is a loan scheme developed in UK by the Arts Council. It allows a 0% loan for buyers of contemporary art in different commercial galleries associated to the scheme. Almost a quarter of all loans (23%) were made by galleries in the North East region, with the highest percent of sell achieved in any other region.

[iii] This approach which is typical of large American cities studied by Florida is probably not part of a European perspective of the creative economy if we exclude few European capital cities (see Gibbon, 2005 and Nathan, 2005).

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*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

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Previous chapters :

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 1

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 2

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 3

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 4

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De retour d’Avignon

Ce qu’il y a de bien avec la campagne en vue de l’élection présidentielle de 2012, c’est qu’elle oblige les candidats à « parler culture ». Ce qui est plus embêtant, c’est qu’ils le font dans le cadre du festival d’Avignon. Deux inconvénients majeurs à cela.

Parler politique culturelle au festival d’Avignon, c’est aggraver un peu plus la confusion entre théâtre et culture, politique et spectacle. La chaleur avignonnaise est propice aux surenchères. Des 50% d’augmentation pour le budget de la culture annoncés par Martine Aubry au « prix unique pour toute la culture » proposé par Arnaud Montebourg, attention aux promesses sans lendemain, aux annonces sans fondement.

Dans sa tribune publiée par Le Monde du 27 juillet, Martine Aubry a prudemment précisé que cette augmentation se ferait sur la durée du quinquennat. Outre son caractère peu crédible étant donnée l’ampleur de la dette publique, la mesure paraît peu efficace en termes de redistribution et de justice sociale. Plus d’argent pour le ministère de la culture, c’est d’abord plus d’argent pour les grandes institutions parisiennes. Est -ce cela qui comblera les inégalités d’accès sur l’ensemble du territoire national ? Ne vaudrait-il pas mieux augmenter les capacités d’intervention des collectivités territoriales en leur transférant ces crédits ?

Le maire de Lille propose également des espaces souples et interactifs, des coopératives artistiques… L’idée séduit les artistes et les compagnies indépendantes privées de lieux de travail. Mais ne faudrait-il pas aussi ouvrir davantage nos théâtres et nos conservatoires qui restent fermés plus de 4 mois par an et notamment pendant les vacances scolaires ? Avons-nous besoin de plus de lieux ? Ne s’agit-il pas de rendre d’abord plus accessibles ceux qui existent déjà ?

S’il est bien nécessaire de consolider et de rendre plus juste l’intermittence, une politique culturelle doit être avant tout une politique de l’emploi. Ce que les professionnels attendent d’un gouvernement c’est qu’il soutienne l’activité, pas seulement qu’il garantisse le chômage ! Cela fait des années que l’on confond professionnels (de la culture), artistes, et intermittents du spectacle. Rappelons que de nombreux salariés du secteur ne sont pas des artistes, que tous les artistes ne sont pas intermittents (plasticiens, auteurs, compositeurs…), et que tous les intermittents ne sont pas des artistes ! (Les artistes ne représentent en réalité qu’un ¼ des 100.000 chômeurs indemnisés chaque année, les autres sont des techniciens).

Ce que demandent les artistes c’est une juste rémunération de leur travail, pas un « RSA culturel ». Les moyens consacrés au déficit de l’assurance-chômage du spectacle (1 milliard d’euros pour 100 000 bénéficiaires) seraient mieux utilisés à financer le travail artistique ou à soutenir un véritable statut de l’artiste. Rêvons un peu, et imaginons qu’un gouvernement de gauche mette autour d’une table les organismes qui contribuent aux droits des artistes (droits sociaux, droits d’auteurs et droits voisins, droits à la formation, etc…) pour inventer ensemble un statut d’artiste digne du 21e siècle ?

Le numérique est notre révolution culturelle nous dit Martine Aubry, et elle a mille fois raison. C’est pourquoi nous devons trouver les solutions qui permettent la libre circulation des œuvres sur la Toile, dans le respect des droits de leurs auteurs. Mais il faut bien comprendre quelles sont les conséquences de cette « révolution ». Avec Internet nous sommes progressivement passés d’une culture de la consommation à une culture de la contribution. Dès lors, concevoir l’éducation artistique comme une simple formation à la consommation culturelle, c’est ignorer l’aspiration des jeunes générations à être acteurs de la culture. L’essor des pratiques artistiques est le véritable marqueur d’une démocratie culturelle en action. Il ne s’agit plus seulement de permettre à nos enfants de se rendre 2 fois par an dans un musée, un atelier, au concert ou dans un lieu de spectacle, mais de leur donner accès à la pratique et aux langages artistiques. De faire et pas seulement de voir.

Si elles veulent être crédibles, les propositions des candidats à l’élection présidentielle devront prendre en compte les évolutions d’une économie culturelle, elle aussi mondialisée et dont les acteurs sont pour l’essentiel des opérateurs privés. Dès lors, proposer un prix unique pour toute la culture semble totalement décalé avec cette réalité, mais il est vrai qu’Arnaud Montebourg souhaite démondialiser l’économie. Les amateurs de séries TV devront même se passer de Derrick… !

Denis Declerck*

*Denis Declerck est directeur de l’action culturelle à la communauté d’agglomération d’Evry Centre Essonne. Avant cela, il a été directeur de théâtres à Vienne (1989-1992) puis à Béziers (1992 – 1999) avant de rejoindre le ministère de la culture : conseiller théâtre et action culturelle à la DRAC Nord Pas de Calais (1999 – 2004) puis inspecteur (2004 – 2009). Il a notamment été le coordonnateur et le rapporteur général des Entretiens de Valois. Denis Declerck est titulaire du Master 2 “Direction de projets culturels” délivré par l’Observatoire des Politiques Culturelles  et Sciences – Po Grenoble (1997).

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L’art néerlandais ne doit plus être soutenu

Sous la devise “une marche de la civilisation”, des manifestations auront lieu aujourd’hui lundi à La Haye contre les projets de coupes budgétaires planifiées d’environ 200 millions d’euros par an dans le budget néerlandais dédié à la culture. Mais l’effondrement de la civilisation n’est pas encore pour demain, critique le journal à sensation conservateur De Telegraaf : “Continuer à subventionner [la culture] avec insouciance serait irresponsable vis-à-vis des autres domaines dans lesquels il faut également faire des économies pour ramener les finances nationales à la normale. Il est évident que cela est douloureux et dans certains cas très dommageable. … Mais si le public est absent, l’art n’a alors de sens que pour l’artiste, et la perfusion financière de l’Etat paralyse l’artiste et le petit monde de l’art. … En outre, l’univers culturel n’est manifestement pas parvenu à faire clairement apparaître la valeur sociale de l’art. … Ceux qui s’exclament aujourd’hui que la civilisation néerlandaise disparaît sont aveuglés par leur passion. Ce n’est pas complètement faux mais cela montre également un manque de sens des réalités.”

Source : SMG.

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L’économie mauve, une nouvelle alliance entre culture et économie

Dans notre souci d’apporter des contributions et des regards nouveaux sur l’avenir de la culture et les politiques culturelles dans notre société, et dans le cas où vous auriez manqué sa diffusion sur lemonde.fr il y a quelques semaines, nous souhaitons (re)porter à votre attention le manifeste pour l’économie mauve. Ce texte propose une approche qui milite clairement pour faire de la culture le quatrième pilier du développement durable. Mais contrairement à de nombreux textes issus du secteur culturel, cette initiative propose un angle de vue totalement neuf à travers la notion d’empreinte culturelle. A méditer et sans aucun doute à débattre !

En ce début de XXIe siècle, le monde bouge, plus vite et plus fort que prévu, l’histoire se remet en marche. Les vieilles structures craquent, les équilibres anciens se rompent sous l’effet conjugué des mutations géopolitiques, démographiques, technologiques et des aspirations toujours renaissantes des peuples à la liberté et au bien-être. La richesse moyenne des nations progresse, même si persistent d’immenses poches de misère. L’éducation et la connaissance se diffusent, même si subsistent trop de zones déshéritées. On ne peut pas penser ce monde-là, qui émerge sous nos yeux, avec les seuls concepts d’hier. On ne peut pas y agir efficacement avec les seules méthodes de nos pères.

C’est à la lumière de ces bouleversements que la relation culture/économie doit être revisitée. La culture a cessé d’être un luxe de riches ou un divertissement d’oisifs. Elle irrigue tous les processus de production modernes. Elle comble le besoin de sens qui habite la communauté humaine. La culture telle que nous l’entendons, c’est à la fois un levier pour l’action et un écosystème vital. Elle constitue un outil sans pareil de déchiffrage d’un monde complexe et d’adaptation à un environnement volatil. Pas de vraie créativité, qu’elle soit artistique, économique voire politique, sans un vrai substrat culturel.

Elle est aussi un écosystème hypersensible à l’action humaine, dont elle enregistre tous les impacts. À l’ère technologique, cette activité foisonnante peut affecter les équilibres délicats qui font la richesse culturelle : unité et diversité, matériel et immatériel, patrimoine et création, avant-gardes et grand public.

Il est temps d’inventer, entre ces deux activités fondamentales que sont la culture et l’économie, une articulation vertueuse qui ne se réduise pas à une pure instrumentalisation de la première et à une vaine stigmatisation de la seconde.

Il est temps de proposer un discours de la méthode grâce auquel toutes les potentialités agissantes de la culture seront valorisées et toutes les valeurs humaines de l’économie seront privilégiées.

Il est temps de jouer le durable contre le court terme, la création de valeur contre le gaspillage des ressources, la synergie contre le chacun-pour-soi, l’éthique contre l’irresponsabilité.

C’est ce territoire en friche, celui d’une mondialisation à visage humain et enracinée, que se propose d’explorer l’économie mauve.

Mauve, couleur de la créativité et de l’imaginaire, dont les nuances signent le reflet d’une adaptation aux spécificités de chacun, pour autant qu’elles respectent les libertés fondamentales.

De chaque opération de l’homme découle une empreinte culturelle, c’est-à-dire un impact qui façonne l’environnement culturel.

L’économie mauve représente la part des activités humaines qui concourent à améliorer cette empreinte, afin de favoriser en toute chose la richesse et la diversité culturelles. Cette économie est transversale et, relevant surtout de l’immatériel, s’avère peu consommatrice de ressources naturelles.

Elle porte les germes d’une nouvelle croissance, liée à une meilleure adaptation des entreprises au marché et à une plus grande efficacité dans leur fonctionnement, par la compréhension des ressorts des gens pour lesquels et avec lesquels on travaille.

Parce que nous avons tous intérêt à valoriser ce potentiel économique, il convient d’organiser dès maintenant la révolution mauve.

Signataires

  • Jean-Jacques Aillagon, président de l’établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles
  • Bruno Bourg-Broc, président de la Fédération des maires de villes moyennes
  • Bernard Cerquiglini, recteur de l’Agence universitaire de la Francophonie
  • Gilles Ciment, directeur général de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image
  • José Luís Dicenta, secrétaire général de l’Union Latine
  • Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre
  • Mercedes Erra, présidente d’Euro RSCG Monde et directrice générale d’Havas
  • Pierre-Antoine Gailly, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris
  • Joëlle Garriaud-Maylam, sénateur membre de la Commission française pour l’UNESCO
  • Jérôme Gouadain, secrétaire général et fondateur de diversum
  • Claudie Haigneré, présidente d’Universcience (Cité des sciences et de l’industrie et Palais de la Découverte)
  • Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes
  • Jean Musitelli, ancien ambassadeur de France auprès de l’UNESCO
  • Alain Dominique Perrin, président de la Fondation Cartier pour l’art contemporain
  • Jean-Jack Queyranne, président de la région Rhône-Alpes
  • Odile Quintin, ancien directeur général à la Commission européenne
  • Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC Paris
  • Jean-François Rial, président-directeur général de Voyageurs du monde
  • Pierre Simon, président de Paris-Île-de-France Capitale Économique

Pour plus d’informations, cliquez ici.

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 4

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

3. The creative and cultural economy of the city as a complex system

The creative city model, as we have highlighted, has been used as an instrumental approach to developing cultural and creative economies in different urban contexts. Nevertheless, the limitations of this approach are clear in terms of sustainability, social inclusion and development of local grassroots cultural economies. It is important to see how support and cultural policy should therefore be developed without imposing strategies and characteristics which are extraneous to the local environment (Nathan, 2005), instead supporting and developing local assets and actors to enable them to build a sustainable cultural economy.

Much of the economic literature relating to creative industries and regional economic development mentions the importance of networks and co-location in order to build a vibrant economy (Coe, 2001; Coe, 2000; Gibson, 2003; Kong, 2005; Lange, 2005; Scott, 2004; Turok, 2003). The creative industries sector is comprised of small and medium size companies, and sole trading is typical. It is therefore easy to see how networking can have a role and an impact in the development of economic growth and support for the sector.

When investigating the potentials of the creative city, it is not useful to establish which kind of investment and assets are needed if we do not first understand how creative and cultural practitioners work, and what kind of agencies they require for their practices. It is important to investigate how culturepreneurs “act in order to build up networks, to arrange meetings, and to establish urban laboratories where new products can be tested and where experience and knowledge may be shared” (Lange, 2005, p.82).

Therefore, it is essential to look at the development of local creative and cultural economies, adopting a new approach. In this respect complexity theory can offer useful insight into the cultural dynamics of the city (Allen, 1997; Batty, 2005), particularly as it examines the importance of a bottom-up approach where the determinants of the cultural development of the city do not depend only on the political choices of the leaders, but on the complex network of relations which the cultural agents and practitioners of the city build and develop. In this respect, Florida’s (2002) study of the creative class  suggests an interesting correlation of the relationship between cultural factors and the development of creative economies, but the way in which these cultural factors can be implemented or stimulated has often been misinterpreted.

As many authors (Finch and Orillard, 2005; Mitleton-Kelly, 2006) point out, complexity theory is not a single unified theory, but has been developed through the study of complex systems in different contexts, such as biology, chemistry, computer simulation, mathematics and organisational science. Nevertheless, part of this corpus of study has focused on human systems, and suggests that complex social systems (such as an urban environment) share features with other complex systems, and are able to create new order and innovate. Complexity theory offers some useful suggestions regarding the principles which guide the evolution and development of complex systems, and how cultural factors and agents interact, respond and evolve in different ways in specific contexts. More recently, Martin and Sunley (2007) have investigated the potential and the challenges of using complexity theory in economic geography. The way in which the principles[i] developed within the context of complexity theory can be applied to the social and economic dynamics of a city or region has been questioned, and as suggested by Green (1999), even though we can have snapshots of the complexity of a system and its complex behaviour, it is more difficult to address its evolutionary nature.

Using the framework developed by Green (Green, 1999) the second part of the paper seeks to question how the cultural economy of a city needs be studied as a complex co-evolving system (CCES), meaning that creativity and the cultural aspects of the urban context do not just adapt to changes in the environment (such as a specific policy or a large investment) but they also influence and affect that specific context. “The process is not unilateral but reciprocal or co-evolutionary. CCES have a set of interrelated characteristics that influence each other and enable them to create new order” (Mitleton-Kelly, 2006, p. 225).  In order to understand in which terms the cultural development of a city should be analysed through the lens of a complexity approach, we draw upon the case study of Newcastle-Gateshead and interviews carried out with cultural and creative practitioners of the North East region of England[ii].

4. Methodology and case study

The results presented in the following section were gathered over two years of research carried out in Newcastle-Gateshead and the North East region of England between 2004 and 2006. The project included 136 interviews with local creative practitioners in the region and people working in the cultural sector not only in the private but also in the public and not for profit sector. The central focus of the research was on the importance of place and networks in the creative economy, using both qualitative interviews and social network analysis.

The context of Newcastle-Gateshead and the North East represent a somewhat challenging case study for research into the development of local creative and cultural industries. On one hand, the region’s growing attention towards this sector is part of a long-term regeneration commitment, and on the other, Newcastle-Gateshead, unlike many of the famous case studies addressed by the literature, missed the cultural summit and missed the opportunity to be European Capital of Culture 2008 in favour of Liverpool.

The region’s focus on cultural investment began in the early nineties when the region attracted the Year of Visual Arts in 1996. The ability of some regional actors (lead by Northern Arts, now the Arts Council North East) to attract large public investments to the region in order to revitalise the local economy and develop local participation in arts activities is widely acknowledged (Bailey et al., 2004). These investments enabled the creation of large publicly funded cultural infrastructures, not only in contemporary art (The Baltic) and music (The Sage Gateshead) but also in theatres (refurbishments of the Northern Stage, Theatre Royal and Live Theatre), crafts (National Glass Centre, expansion of the Shipley Gallery), literature (Seven Stories), dance (Dance City) and other important events. Nevertheless, the question of whether and to what extent public sector infrastructure has benefited and boosted the local creative economy is not a simple one to address. The region, and specifically Newcastle-Gateshead have definitely benefited from a new image as a ‘creative city’[iii], but local development followed different patterns when the Capital of Culture event was no longer to take place in the city and new motivation and reasons to keep the city’s commitment to its cultural investments needed to be found.

At the beginning of the 2000’s, the RDA, local authorities and support agencies started to look at the potential economic impact of the creative economy locally and regionally, with a strong commitment to the idea of ‘cultural quarters’ as a hub of the city. At the marketing and promotional level, a first formulation of the ‘cultural quarters’ map of the city was developed by Newcastle-Gateshead Initiative (NGI), the city destination agency. In this first presentation 5 cultural quarters[iv] where included: the Quayside, Grainger Town, the Haymarket, Chinatown and Jesmond. The interpretation of what a ‘cultural quarter’ is was based mainly on the consumption of culture either through the presence of large cultural institutions or trendy shops. In this classification, no mention was made of the Ouseburn Valley, the largest co-location of artists and creative practitioners in the area.  Since 2002-3, a second ‘cultural quarter’ strategy has been led by the University of Newcastle, which developed a new master plan and major refurbishment initiative for its cultural facilities, but also addresses the role of cultural production (specifically through the Culture Lab and the Northern Writer’s Centre).  Additionally, investments in the Ouseburn Valley as the cultural production heart of the city, on the opposite side of the shiny Quayside buildings, started taking place.

More recently, a wider focus has been developed, based not on clusters, but networks. Specifically, various networks and infrastructures have been put in place to address the needs of the various creative sub-sectors. Agencies like Codeworks (for media industries), Northern Film and Media (for the moving image sector) or New Writing North (for writers) and others have been in charge of developing schemes and training to boost the local creative economy.

In the following paragraphs, we use the material collected through interviews and ethnographic research to address how the cultural and creative development of a city should be read from a complexity perspective. In particular, within this complexity perspective, we try to present a system which interacts at a variety of levels and the different ways in which changes and structures are experienced and understood by people acting at different levels in the system, particularly practitioners and policy makers.


[i]  For an useful overview on the principles of complexity theory see Martin and Sunley (2007) p. 6.

[ii] The field work undertaken for the present research included 136 semi-structured interviews with people working in the creative and cultural industries (within the private and the public and not for profit sector) in the North-East region of England. Interviews took place between November 2005 and April 2006. Furthermore, social network analysis has been used to test the role of networks and infrastructures.

[iii] Newsweek Atlantic Edition on 2nd September 2002 wrote “Newcastle-Gateshead listed as one of the world’s eight most creative city”.

[iv] The information are present on-line and include a map of the city cultural quarters http://www.visitnewcastlegateshead.com/cultureQuarters.php#  (accessed on 5 January 2008)

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*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

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Previous chapters :

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 1

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 2

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 3

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 3

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

2.2 The contradiction of a global creative city and the importance of local assets

Although the concept of the creative city appears to be a very attractive and sophisticated policy instrument, few people have considered its global reach and local limits. As with many fuzzy concepts (Markusen, 2003) and global branding exercises (Jensen, 2005; Kearns and Philo, 1993), it can be seen as another globalised brand which has been accepted and adopted without critical debate or intervention. In particular, Europe has been very receptive to the concept (Florida and Tinagli, 2004), although previous research adopting a more embedded approach to the creative city (Bianchini and Landry, 1995; Landry, 2000) did not enjoy the same success. However, Montgomery (2005) points out that the creative cities listed by Florida (especially in the European analysis) often do not reflect the reality of the creative economy[i], and argues that “the only indicator that matters is the strength of a city’s creative economy, measured in the number of businesses and employees, and by the wealth they produce” (Montgomery, 2005, p. 339). As Gibbon (2005) suggests, even though Florida’s theory might be valid for the American context, this does not imply that a similar correlation can be found in British and European cities.

According to Bailey et al (2004), Florida’s creative class is far from promoting the kind of local culture and identity that is central to many successful urban regeneration projects. They argue that this paradigm promotes a globalised culture that can cause a location to become anonymous by virtue of its prescribed ‘diversity’: “the city allows you to modulate the experience: to choose the mix, to turn the intensity level up and down as desired and to have a hand in creating the experience rather than merely consuming it” (Florida, 2002, p. 232). On the contrary, successful urban regeneration projects are, according to the authors, those implying a strong involvement of the pre-existing community and local identity. In these terms, culturally based urban regeneration processes should not aim towards a multicultural and multi-identity town, offering the widest choice of cultural opportunities for the creative class. Instead, it should recover a sense of place, history and belonging. This vision is almost in antithesis with the decline of the identity and community links typical of Florida’s globalised city model. Furthermore, an unconditional and uncritical acceptance of this approach tends to underestimate the need for balance between the attraction of “foreign” talent and the development of local talent. In this respect, if the focus is the attraction of a highly mobile creative class, cities would have to continuously compete for the retention of those highly skilled people with other fast-growing creative metropolises. Furthermore, as some authors suggest with reference to the development of creative economies and creative clusters, the grassroots development of creative industries can provide a long-term view: “there is a growing awareness that the development of a viable indigenous sector is crucial to providing a long-term basis for employment in the industry.” (Coe, 2000, p. 392)

Moreover, this could lead to the possibility of many investments and projects attracting the creative class towards a city or town causing the progressive exclusion of local artists. This phenomenon could cause processes of gentrification and segregation, resulting in the formation of a dualistic development model. In particular, Zukin (1995; 1985), takes a critical standpoint with regard to urban regeneration processes based on culture. She claims that the goals of these interventions are mostly speculative and tend to involve arts and culture as a simple add-on, merely instrumental to raising the property value. In particular, Zukin reports the typical effect of the fast rise of the economic value of certain regenerated areas. This phenomenon can cause the artists who originally generated the attraction to be forced out of the regenerated area due to rising property values.

In their ideal of the creative city, many policy makers have forgotten to analyse the social problems and inequalities that are caused by excessive competition for the attraction of talent at the expense of the development of local communities (Brooks, 2000). Theoretically, there is no guarantee that investing in the attraction of “outside” talents produces better long term results than investing in the “empowerment” and consolidation of local talent. However, with an inward looking approach there is a risk of being trapped in defensive and self-comforting localism, rather than enhancing exchanges and interactions with other similar locations.

Bell and Jayne (2003) consider the role of design and design-led urban regeneration, and critically acknowledge that although some interesting case studies could be addressed, like the one regarding Barcelona or Glasgow, there is always a limit in practice. While there is often success in the re-imaging of the city and creation of levels of business involvement, and in terms of consumption, there is no evidence that the involvement of members of the community, or their view of the city or how design affects their life is being taken into consideration. In this respect, the potential in terms of social impact and social inclusion, often quoted as being one of the specific outcomes of these investments, is not so clear. The relation between creative economy and urban regeneration remains still an assumption that needs to be investigated further.

A careful reflection on the features of the promoters and beneficiaries of the “creative city” model is needed. It is suggested that “until we have a serious debate concerning values and ethics, the creative city will remain a comfortable ‘feel-good’ concept for consultants, policy makers and politicians rather than a serious agenda for radical change ” (Chatterton, 2000, p. 397). As Garcìa (2004) suggests, in the lessons to be learnt from past examples of culture-led urban-regeneration “the hype is surrounded by strong pressure among policy-makers and cultural practitioners to find the perfect model of action […] there are no straight answers, or clear models to follow “(Garcìa, 2004, p.322). From this perspective, cultural investments aiming at the promotion of creativity also have to meet a series of social needs and goals, such as the promotion of social inclusion, intercultural dialogue and the promotion of human and civil rights against economic and social exclusion (Donald and Morrow, 2003).

 

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*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

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Endnotes

[1] For example, Montgomery (2005) suggests how Leicester becomes the second most creative city in UK, just because too much weight is put on the fact that it has a large non-white population even if its creative economy is not developed more than other UK cities.

[2] For an useful overview on the principles of complexity theory see Martin and Sunley (2007) p. 6.

[3]  The field work undertaken for the present research included 136 semi-structured interviews with people working in the creative and cultural industries (within the private and the public and not for profit sector) in the North-East region of England. Interviews took place between November 2005 and April 2006. Furthermore, social network analysis has been used to test the role of networks and infrastructures.

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Inculte ministre italien de la Culture

A l’occasion de son passage au festival de Cannes, le nouveau ministre de la Culture italien Giancarlo Galan a critiqué les festivals de son propre pays. Cette attitude démontre le provincialisme italien, critique le quotidien libéral-conservateur Corriere della Sera : “Au lieu de transmettre l’idée d’unité à l’occasion du 150e anniversaire de l’Italie, nous continuons de nous montrer comme un peuple querelleur et provincial, incapable de regarder plus loin que le bout de son nez. Les ministres de la Culture ne doivent pas nécessairement être d’éminents intellectuels, des écrivains ou des historiens de l’art. Un politique cultivé serait déjà suffisant. Malheureusement, la culture se résume chez nous à l’art peu renommé de gouverner, où le gouvernement mêle clan, hypocrisie et chamailleries du plus bas niveau. … La culture est une question de caractère. Ce n’est ni une attitude, ni la lubie de celui à qui revient l’administration des biens culturels.”

Source : BpB

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Ne pas devenir une friche culturelle

Le gouvernement néerlandais veut réaliser des coupes drastiques dans le budget de la culture. Halbe Zijlstra, le secrétaire d’Etat responsable, entend ainsi instaurer le “système américain”, où la culture est principalement financée par des mécènes privés et les entreprises. Ce n’est rien que de la poudre aux yeux, estime Jorrit Dijkstra, compositeur et professeur d’université domicilié aux Etats-Unis, dans le quotidien nrc.next : “Il faut comprendre une chose : il n’y a pas de système américain. Il n’y a pas d’argent pour des formes musicales plus aventureuses que la pop mainstream ou la musique classique. On peut s’enrichir en faisant de la musique de film pour Hollywood ou si l’on joue de la guitare dans un groupe de heavy metal. Les mariages et les fêtes peuvent aussi être lucratifs. Seule une poignée de grandes villes connaissent une vie culturelle riche. L’espace central des Etats-Unis constitue une friche culturelle. Que penserait le secrétaire d’Etat si on lui disait qu’il doit exercer sa fonction gratuitement, en travaillant 36 heures par semaine comme vendeur de grand magasin pour la financer ? Tout cela n’est vraiment pas néerlandais.”

Source : BpB

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Plus d’autonomie aux grands établissements publics museaux et patrimoniaux…mais malgré tout des subventions croissantes et des recettes propres insuffisantes

Deux rapports de la cour des comptes, un sur les musées nationaux sur la période 2000-2010, l’autre sur le Centre des Monuments Nationaux pour le Sénat sur une période plus courte 2004-2009, éclairent d’un jour nouveau la problématique d’autonomie des grands établissements publics muséaux et patrimoniaux au regard des objectifs d’augmentation de leurs ressources propres. En effet, ces deux rapports montrent  que nonobstant l’autonomie laissée à ces structures, l’Etat n’a pas diminué au contraire le soutien, sous formes de subventions, dotations et personnels mis à disposition, à celles-ci.

Qu’on en juge sur la période 2000-2010 les musées nationaux ont vu les dépenses budgétaires de l’Etat (subventions de fonctionnement et d’investissement, crédits de personnel) augmenter de 58% de 334M€ à 528M€, soit bien plus que le budget du ministère de la culture qui n’a progressé que de 32% sur cette période. Si une partie de cette augmentation s’explique par un nouvel établissement (le quai Branly) très budgétivore (52M€ de subventions annuelles) et quatre musées rénovés, cela ne saurait expliquer la totalité de cette progression.

Les deux rapports mettent le doigt sur la problématique des personnels payés par l’Etat (Ministère de la Culture) et qui ne figurent pas dans le budget des opérateurs à la notable exception du Louvre, de Beaubourg et du quai Branly, qui rémunèrent tous leurs personnels. Pour des établissements comme Orsay, Versailles ou le Centre des Monuments Nationaux, ces personnels représentent respectivement 2/3, 70% et 36% des personnels travaillant pour ces établissements.

Ainsi, en réintégrant les personnels au prorata des emplois concernés dans les contributions de l’Etat à ces opérateurs, les taux d’autofinancement (c’est-à-dire le ratio des ressources propres sur les dépenses) baissent considérablement à Versailles, Orsay et au Centre des Monuments Nationaux.

  • A Versailles, le taux de subventions de 12% triple, menant à un taux d’autofinancement de seulement 60% à 2/3 (bien loin de la quasi-autonomie revendiquée par le président de l’établissement)
  • Orsay se retrouve dans la norme des musées avec un taux d’autofinancement d’un peu plus de 35% (et non plus 66%)
  • Le Centre des Monuments Nationaux dont le taux d’autofinancement sans prise en compte des personnels payés par l’Etat, s’est effondré de 92% à 77% en 3 ans de 2007 à 2009, se rapproche de la barre des 50% en intégrant les personnels rémunérés par l’Etat.

Parmi ceux qui intègrent leurs personnels en totalité, seuls le Louvre et les arts décoratifs tirent leur épingle du jeu avec pour le 1er 45% d’autofinancement (en forte progression sur la période, de moins de 30 % à 45 %), 42% pour le second, « les mauvais élèves de la classe » étant Beaubourg et le quai Branly avec respectivement 22% et 25% d’autofinancement, malgré des fréquentations élevées (respectivement 3,5 et 1,5 millions d’entrées en 2009).

Le rapport sur les musées reconnaît d’ailleurs que le taux d’autofinancement « cible » des musées nationaux déterminé par la LOLF fixé en 2003 à 43%, réajusté à ce même taux en 2008, est désormais fixé en baisse de 4 points à 39% pour 2011.

Comment expliquer dès lors que dans une conjoncture porteuse (augmentation de fréquentation, inflation de tarif générateur de ressources) ces établissements aient eu recours à plus de subventions, alors que le contraire aurait dû se passer ?

La réponse tient dans plusieurs facteurs :

  • Tout d’abord, l’inflation des personnels des Etablissements Publics Muséaux  avec plus de 1300 Equivalents Temps Plein supplémentaires sur 10 ans dus à 4 établissements publics (Le Louvre, Beaubourg, Quai Branly, Versailles) dont la moitié sur Le Louvre (674 emplois). Si ces emplois sont en partie justifiés par le déploiement de ces établissements, l’exemple du Louvre montre qu’une augmentation de 15 points du taux d’ouverture des salles (de 75% à 90%), soit 20% de progression, a généré une hausse des emplois correspondants de 37%, soit presque le double. L’Etat a donc bien fait d’appliquer la règle de non renouvellement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite à ces opérateurs nonobstant leur protestation.
  • En second lieu, l’augmentation des dépenses de fonctionnement qui, si elle est peu détaillée par le rapport sur les musées nationaux, est clairement pointée du doigt dans le cas du Centre des Monuments Nationaux, avec une augmentation des personnels du siège, qui prennent 3 points d’augmentation à plus de 25% du total, ainsi qu’une croissance considérable des dépenses de communication par rapport à 2007 en 2008-2009 (+60 % des rémunérations d’intermédiaires et honoraires soit + 0,3 M euros et surtout + 24 % des charges externes diverses soit + 1,4 M euros)
  • Enfin, l’Etat « se tirant une balle dans le pied » avec les nouvelles mesures de gratuité sur les 18-25 ans, qui ont nécessité de nouvelles subventions, diminuant ainsi les ressources propres, sans compter que les calculs de compensation de cette gratuité ont dégagé des sur-subventions évidemment non rétrocédées (cas du Centre des Monuments Nationaux avec 1M€ d’écart, 4M€ de subventions alors que la perte de recettes n’a été de fait que de 3M€)

Ainsi, au Louvre, les subventions et dotations de fonctionnement, comme le révèle l’annexe 2 du rapport, ont quasiment triplé de 2000 à 2010 de 43M€ à 115M€ et à Beaubourg, elles ont progressé de 10M€ de 69M€ à 79M€, quand, sur une période plus courte  (2006-2009),  les subventions du Centre des Monuments Nationaux augmentaient elles de 10M€ (passant de 8 à 18M€).

Dans une telle conjoncture, que les subventions de fonctionnement (hors personnel) de ces établissements soient amputés de 5% cette année est donc tout à fait légitime, les établissements devant trouver dans l’augmentation des ressources propres et pas seulement dans les recettes billetterie (c’est-à-dire les entrées), de nouvelles marges de manœuvre.

Le rapport, en agrégeant les résultats de la Réunion des Musées Nationaux qui gère les boutiques des grands établissements aux recettes des musées nationaux, dans un graphique page 54 ne fait que survoler la question des ressources commerciales hors billetterie et notamment boutique, dont on apprend qu’elles représentent 11% à 81M€ des ressources de fonctionnement  du système agrégé musées nationaux + Réunion des Musées Nationaux, les recettes propres des musées en représentant 23% à 178M€.

Or plutôt que comme dans un récent rapport (rapport Benhamou – Thesmar « valoriser le patrimoine culturel français ») mettre l’accent sur les hausses de tarif en arguant que les musées nationaux ne sont pas assez chers par rapport à la concurrence internationale et que leur clientèle étrangère « captive » absorberait cette hausse (18 euros au Louvre est évoqué dans ce rapport, contre un tarif actuel de 10 euros, générant 25 M euros de recettes), thèse que récuse à juste titre la cour des comptes, il vaudrait mieux améliorer la rentabilité des boutiques et des autres espaces commerciaux, où d’importantes marges de manœuvre subsistent.

On apprend ainsi dans le rapport du Sénat / Cour des Comptes sur le Centre des Monuments Nationaux que, malgré une belle progression du chiffre d’affaires commercial des 64 points de vente du Centre des Monuments Nationaux de 8,3M€ à 11,1M€ de 2004 à 2009, soit de 1€ par visiteur à 1,5€ par visiteur, 80% des points de vente sont déficitaires à coût complet ! Ce qui montre les possibilités d’accroissement de ressources, puisqu’on considère qu’un musée ou un monument « bien managé » peut aujourd’hui, à condition d’avoir les leviers sur les recettes commerciales (ce qui n’est pas le cas des musées nationaux avec la Réunion des Musées Nationaux) générer 50% de recettes propres en billetterie et l’autre moitié en boutique / restaurant.

Enfin en conclusion, et même si les investissements et c’est heureux sont de plus en plus financés par l’autofinancement des musées et surtout le mécénat, en complément des subventions d’investissement, on peut comme la cour des comptes se montrer inquiet de l’impact de plus de 700M€ de grands projets programmés dans les années à venir (contre 500M€ sur 2000-2010) sur le fonctionnement de ces établissements et, par voie de conséquence, sur l’augmentation des subventions de l’Etat aux musées.

Or, aucune simulation n’est donnée sur ce point, si ce n’est la certitude que « le MUCEM pourrait impacter le budget du Ministère de la Culture à partir de 2013 dans des proportions comparables à celles du musée du quai Branly, dans le milieu des années 2000 » ! On aurait souhaité un pilotage de l’Etat plus fort sur le système muséal, pour anticiper les années à venir, grief principal que relève la cour des comptes à plusieurs reprises dans ces deux rapports.

Jean-Michel Puydebat*

Du même auteur :

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*Jean-Michel Puydebat est directeur de PV2D, consultant spécialisé dans l’exploitation et le marketing des équipements touristico-culturels

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Radius of art : creative politicization of the public sphère / cultural potential forces for social transformation

S A V E – T H E – D A T E : 8th and 9th February 2012  - Heinrich Boell Foundation, Schumannstrasse 8, Berlin.

Experience from international artistic and cultural projects offers clear evidence of their relevance for the processes of democratization and the development of civil society.

  • Intervention and participation in »Art in the public sphere« projects’ leads to a creative politicization of the public sphere, thus catalyzing social processes of debate and democratization.
  • »Art for social transformation«: All too often neglected, the empowerment of children, youth and adults through international artistic and cultural projects provide an effective long-term means of achieving social and political emancipation, also in the context of fighting poverty and encouraging participation within civil society.
  • »New Alliances for Aesthetics and Sustainability« are needed in order to find innovative approaches that reach beyond the already existing decision-making and development structures.

The conference’s aim is to promote an exchange of views about different approaches and experiences with forms of international cultural cooperation and to formulate common targets for future collaboration. Hence the event makes a contribution to the international debate on the interaction of culture and development, with particular emphasis on the relevance of arts and culture for societal processes of democratization.

To this end, the participating cultural institutions, artists and other partners from the fields of art, culture and social sciences will present concrete examples of their work, both to evaluate the overall situation and to provide a basis for a vivid exchange. In addition, there will be introductory lectures on current theoretical discourse concerning the role and importance of art and culture in social development, enabling the structures of decisionmaking in cultural and development politics to be expanded and questioned. Participative procedures will be employed to pool and integrate the knowledge of conference participants and thereby deepen the exchange among individual networks.

The conference will conclude with a discussion about the kinds of structural reforms required in regard to the UNESCO Convention on Cultural Diversity, so that cultural development projects as well as controversial public art projects might receive the recognition they deserve within the sphere of international cooperation.

The conference is part of the EU / ALF-project »art-based research / research-based art«, held under the aegis of the Muthesius Academy of Fine Arts in Kiel and the Heinrich Boell Foundation Schleswig-Holstein, in partnership with Interface / University of Ulster (Belfast, UK), the International Academy of Art Palestine (Ramallah, Palestinian Territories), the Maumaus Escola de Artes Visuais (Lisbon, Portugal), 98 Weeks (Beirut, Libanon, 5533 (Istanbul, Turkey), Boell Foundation Berlin, Beirut and Ramallah, Goethe-Institute Beirut.

Contact: radius@boell-sh.de

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Les problèmes de Maribor pour 2012

Le metteur en scène slovène Tomaž Pandur a démissionné du poste de directeur du comité d’organisation de Maribor – capitale européenne de la culture 2012. Les doutes soulevés par certains médias quant à son double rôle d’organisateur et d’artiste dans le projet expliquent en partie son départ. Après avoir cédé la direction artistique du théâtre de Maribor en 1996, Pandur avait reçu là une seconde chance qu’il n’a pas su exploiter, estime le quotidien Delo : “Pandur aurait certainement apporté une touche plus cosmopolite au projet, mais dans le style de ses productions théâtrales, notamment au niveau extérieur, spectaculaire. Il n’y aurait quasiment pas eu – voire pas du tout – de contenus pertinents qui auraient signifié une transformation durable de l’évolution de la ville. Pandur a eu une seconde chance à Maribor et il l’a gâchée. S’il veut encore obtenir une troisième chance, il doit radicalement changer sa manière de travailler.

Source : BpB

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MATHIS J. BOUT: ‘URBAN CULTURE IS THE NEW CREATIVE CLASS’

When you say ‘urban’, you say Rotterdam. And in this case we don’t just mean ‘urban’ in the literal way, but also as in ‘urban culture’. There’s no other city in the Netherlands where urban culture (in English better known as street culture) can prosper better than in Rotterdam. 

It was just a matter of time before the first urban expert stood up. Let us introduce to you: Mathis J. Bout. A young architect. His bureau URBMATH especially designs environments to facilitate the new creative class in Rotterdam. A group that has its roots in urban culture. To really get to know this new class, he submerged himself in the urban culture. His prediction for street culture in Rotterdam? “It all goes back to the essence.”

The term ‘urban’ has caused a lot of confusion in Rotterdam during the last years. One group associates ‘urban’ with a new creative class, derived from street culture. The other group sees urban culture as a destructive culture which is unfriendly to women and glorifies gangsters.
It’s obvious that Mathis J. Bout is part of the first group. In his opinion Rotterdam is thé urban culture city of the Netherlands and that offers the city a lot of chances. “Urban culture is the new creative class in Rotterdam. It’s the engine behind our city’s economy, so it should not be underestimated”

“Urban culture is the new creative class in Rotterdam. It’s the engine behind our city’s economy, so it should not be underestimated.”

Urban culture is the culture of the young citizens, a culture that has its roots on the streets. In Rotterdam hip hop culture has been the most important inspiration for the kids on the streets. “It’s quite easy to explain why hip hop and Rotterdam go along so well. Rotterdam has the right state of mind. ‘No words, just action’ is what we say down here. And that is exactly what hip hop culture is about. It’s not a coincidence that in Bed-Stuy (Bedford-Stuyvesant, an area in Brooklyn; red.), where rappers like Mos Def en Notorious B.I.G. come from, they say ‘do or die’. It’s the same attitude as you see in Rotterdam.”

From underground and misunderstood, urban culture has turned more and more into an accepted new creative class. In Rotterdam local authorities even started an institute to stimulate this subculture. (whether this is going to work is a subject for another story…). Fact is that urban culture develops fast in Rotterdam. “I think we’re at a point where it’s all gonna turn 360: back to the essence. You can see it happening in hip hop music in Rotterdam already. The sound is more authentic again. You hear it in the use of rough beats and the message in the lyrics is becoming more important. Guys like Vieira and MuSiz are a good example.”

“I think the same thing is going to happen in street art. Street art came from graffiti. Graffiti started with writing down your name on the wall to let people know you exist. Later graffiti was used to proclaim a message. That used to be all in words, but at the moment street art becomes more and more illustrative. People use illustrations to tell their story instead of words. I think there’s gonna be a movement with people who choose to go back to the roots of graffiti.”

Though in street art Mathis also sees a new trend. Artists do not only use a wall and paint or stickers and pens anymore, they explore other ways of sending out their message. “I’ve already seen urban knitwear; Colourful knitwear around a pole. I wouldn’t be surprised if artist start exploring more and more new ways to tell their story.”

Innovative street art in Rotterdam

Mathis’ mission is to facilitate all these forms of urban culture with the right environment. In his point of view not the architect, but the user is the starting-point for designing buildings and environments. He’s ready to give Rotterdam and other cities what they need with his bureau URBMATH. The website www.urbmath.com is online soon.

Author: Ellen Mannens

Source : 2010LAB.tv

2010LAB.tv is a project of the ecce (european centre for creative economy), an institute of RUHR.

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Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 2

We are honoured and deligheted to publish Dr Roberta Comunian’s* last article engaging with the current research and debate about the creative city and the importance of cultural infrastructure in contemporary cities. It argues that much of the focus has been around the investment of cities in specific regeneration projects or flagship developments rather than addressing the nature of the infrastructures, networks and agents engaging in the city’s cultural development. The complexity theory and its associated principles can provide a new understanding of the connection between the urban space and the systems of local cultural production and consumption. Drawing on interviews with creative practitioners in the North East region of England, the paper argues that the cultural development of a city is a complex adaptive system. This finding has implication both for policy makers and academic research. It emphases the importance of micro-interactions and network between creative practitioners, the publicly supported cultural sector and the cultural infrastructure of the city.

 

2. Complexity thinking and the creative city

2.1. Complexity theory and its principles

While this paper cannot present a full account of CT, it attempts to explore how this theory might provide a new key for a deeper and more articulated understanding of the cultural dynamics that unfold in urban contexts. In order to do so a brief outline of the theory is provided and its main principles are introduced.

Secondly, the application of complexity to cultural economy is explored, in particular as related to creative industries and cultural production in previous research. Finally, methodological issues are addressed to explore the potential and limits of using CT in the creative city debate.

As many authors (Finch and Orillard, 2005; Mitleton-Kelly, 2006) point out, complexity theory (CT) is not a single unified theory, but has been developed through the study of complex systems in different fields, such as biology, computer science and organisational studies. The CT was first developed in scientific disciplines but has recently been adopted and integrated in the social sciences approaches (Byrne, 1998; Urry, 2003).

This new focus on human systems has suggested that complex social systems, such as cities or institutions, share features with other complex systems. CT offers some useful suggestions regarding the principles which guide the evolution and development of complex systems and how agents interact, respond and evolve in different environments. Nevertheless, it can be argued that its insights have not had wide adoption in social and economic geography although some seminal papers such as Thrift (1999) and more recently, Martin and Sunley (2007) have attempted to clarify its potential and challenges

Across different disciplines, a system can be considered ‗complex‘ when it displays the characteristics and specific principles outlined in Table 1. The key feature of the system must be that its elements interact in a non-linear way: it is not possible to forecast the behaviour and direction taken by the system as a whole by simply having knowledge of its components.

The first step to understand a complex system is identifying who are the agents interacting within it. These can be both human and non-human elements. This is particularly relevant to the cultural field as non-human elements such as a specific place, idea or cultural product can have powerful influences on a city‘s cultural development.

Complex systems are also open systems; therefore, external elements interacting with the cultural field must also be taken into consideration. Elements which might be marginal to the cultural development, such as the local environment and its economic development can have important influences on the system. Through CT we accept that there are no deterministic patterns that can be followed, this is one of the main criticism to the creative class theory.  The value of using CT lies in the possibility to understand the micro-dynamics of the system. This allows us to identify the emergence of structures and organisational forms that support and facilitate the connectivity and growth of the system will be addressed.

Another key aspect of CAS is their evolutionary nature; they develop through processes of trial-and-error, ―failures and successes are not primarily the signals of right or wrong policies but, rather, the by-pro duct of a natural learning process‖ (Lambooy, 2002, p. 1033).

Table 1:  Principles of CT and possible application in the cultural field (sources: Colliers (1998); Pavard and Dugdale (2000), Martin and Sunley (2007))

 

 

2.2. Complexity and the creative industries

As suggested, there are a variety of ways to read the development of cultural economies in cities as a CAS. To support this view, there are a series of other contributions, which are linked with the creative industries literature, which needs to be acknowledged. They also seem to integrate the complexity perspective at different scales: looking at interactions between creative industries within local clusters and, at the macro-level, in relation to the interaction between creative products and their global markets. The paper argues that these perspectives need to become part of the policy thinking also at an urban development level. The limits of the current debate, specifically in relation to the opposition between cultural production and cultural consumption, needs to be considered. When analysing creative industries production systems, the importance of patterns and dynamics of cultural consumption in the city is often overlooked. On the contrary, when cultural consumption (from the perspective of regeneration, image or participation) is studied, the system of local cultural production of that specific context is often ignored. [5]

At the micro-level (interaction among creative practitioners and local networks) there have been key contributions underlining the role of local intermediaries in facilitating interactions among local creative industries (Fleming, 2002), the importance of social dynamics in the interaction of creative industries (Kong, 2005) and the role of place as creating consensus among different agents (Julier, 2005). A large part of the literature relating to clusters and regional economic development suggests the importance of networks (Christopherson, 2002; Coe, 2000; Crewe, 1996; Ettlinger, 2003; Gordon and McCann, 2000; Grabher, 2002; Johns, 2006; Knox et al., 2005; Meusburger, 2000; Mossig, 2004; Neff, 2004; Sturgeon, 2003) and these arguments have been, on various occasions, interconnected with the urban cultural infrastructure through terms such as cultural quarters or cultural milieu.

At the meso-level (the urban development and its cultural dynamics) the contributions have been weaker in reference to identifying key structures and dynamics but the need to a better understanding of the interaction between consumption and production in the creative city as been acknowledged (Chapain and Comunian, 2009; Hall, 2000, 2004; Pratt, 2009).

At the macro-level (the markets dynamics in the creative economy) there has been a growing recognition of the specificities of the creative sector, particularly: its social contagion dynamics (Kretschmer et al., 1999); the thin boundaries between the creative, knowledge and information sectors (Cunningham, 2004); its evolutionary dynamics and the role of social network markets (Albertsen and Diken, 2004; Potts, 2007; Potts et al., 2008); the role of consumer and meanings creation (Hartley, 2004) and the breaking down of barriers between producer and consumer (Uricchio, 2004).

The nature of the creative industries, as described by the literature mentioned, seems to suggest a potential role for CT, without directly acknowledging or applying it.  In fact, while creative industries are embedded in closely linked local networks (Banks et al., 2000; Coe, 2000) they also are part of a global cultural production system (Scott, 2004). The interactions between public and private in the sector also implies a strong openness and instability (O’Connor, 2002). This is further accentuated by the bifurcated structure of the sector where few multinational corporation co-exist with a miriade of micro-enterprises, freelancers and sole-traders (Jeffcutt and Pratt, 2002). All these features inevitably add to the complexity of the sector and its relation with the urban context.

The understanding of micro-dynamics among creative industries and other agents at the local level is key in the understanding of the development of creative cities. This needs to be also integrated into the bigger picture of the creative economy and its global dynamics, although for space constrains this paper will only superficially consider this.

 

2.3. Methodological implications and limits

The application of CT encourages a stronger focus on process rather than outcomes. It does so by exploring the interaction among agents alongside the changes taking place in the context. We must consider what the manifestations of these interactions are and how they can be capture by the researcher. This is one of the most challenging aspects of CT. Most of the changes and interactions are hard to identify as they involve micro-interactions within the system.  It can be argued that this long-term complex perspective should be embedded in most of the academic research, but the reality is that the ‗short-term‘ policy (Jayne, 2005; Oakley, 2004, 2006) does not take into account this complexity perspective.

The application of CT allows for a variety of research methods, from qualitative approaches to mathematical modelling and network analysis. In this paper, the results from qualitative interviews and ethnographic materials from NewcastleGateshead are used to demonstrate the way in which the cultural development of the city behaves like a CAS. The findings imply an awareness of the agents of the complex network of interactions in the cultural economy of the city. The manifestations are very different across different sectors of the creative industries [6] as well as across public, private and not for profit sectors.

The way in which the principles of CT can be applied to the social and economic dynamics of a city has been questioned. Green (1999) argues that, although we can have snapshots of the complexity of a system and its behaviour, it is more difficult to address its evolutionary nature. This is a limitation which could not be overcome in this research, as it would require revisiting the context over time. Using the framework developed by Green (1999) the last part of the paper seeks to question how the cultural economy of a city needs be studied as a CAS, meaning that creativity and the cultural aspects of the urban context do not just adapt to changes in the environment (such as a specific policy or a large investment) but they also influence and affect that specific context.

The results presented in the following section were gathered over two years of research carried out in NewcastleGateshead and the North East region of England between 2004 and 2006. The project included 136 interviews and collection of social network analysis data with local creative/cultural professionals in both the private, public and not for profit sectors.

_____

[5] I acknowledge the suggestion of one of the referees in the necessity to point out this limit of the current debate.

[6] Although it would be interesting to explore these difference among creative industries sectors, for space limitation the paper will not aim to do this.

_____

*Dr. Roberta Comunian is Creative Industries Research Associate at the School of Arts, University of Kent. Prior to this, she was lecturer in Human Geography at the University of Southampton. She holds a European Doctorate title in Network Economy and Knowledge Management. She is interested in: relationship between public and private investments in the arts, art and cultural regeneration projects, cultural and creative industries, creativity and competitiveness. She has been visiting researcher at University of Newcastle investigating the relationship between creative industries, cultural policy and public supported art institutions. She has previously undertaken research on knowledge transfer and creative industries within an AHRC Impact Fellowship award at the University of Leeds.

 

Previous chapter :

Rethinking the creative city: the role of complexity, networks and interactions in the urban creative economy / 1

  • Introduction
  • 1 Definitions and limits of the ‘creative city’
  • 1.1 What is the ‘creative city’?
  • 1.2 Contradictions and limits of the creative city policy


 

 

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Maribor, capitale menacée de la culture

Maribor, la deuxième ville de Slovénie, sera la capitale européenne de la culture 2012. Le quotidien Delo critique la manière dont le maire de Maribor Franc Kangler et son équipe abordent le projet, et le faible avancement des projets de construction : “Plus que huit mois avant le début de l’année 2012, lorsque Maribor sera au centre de l’attention publique européenne, et il ne se passe toujours rien dans la ville. Le centre-ville, avec ses magasins fermés et quelques rues peu attrayantes, fait penser à tout sauf à une capitale de la culture. Kangler pourra difficilement convaincre les habitants de Maribor que la capitale Ljubljana est responsable de la pagaille en prévision. … S’il y a quelqu’un qui rend la vie difficile à Maribor, ce sont les personnes responsables et leur démarche confuse, leur manque de professionnalisme, leur prévisibilité et leur cupidité.”

Source : BpB

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Consultation Culture & Médias 2030

Culture & Médias 2030, prospective de politiques culturelles est un Rapport public. L’ouvrage sous forme papier peut être acheté sur le site de la Documentation Française.

Culture & Médias 2030, prospective de politiques culturelles forme un ensemble d’outils d’analyse (fiches des facteurs, diagnostic, scénarios, défis, enjeux) mis à disposition des acteurs et du public pour une mise en réflexion collective enrichie par une consultation publique du 8 avril au 8 juillet 2011.

Cet ensemble d’outils appelle une consultation ouverte aux acteurs culturels au sens le plus large : institutions publiques, collectivité, syndicats, organisations professionnelles, acteurs culturels, citoyens, etc. La consultation n’a pas pour objet de recueillir les préférences pour tel ou tel scénario, mais pour objectifs :

  • d’enrichir et de préciser les analyses relatives au diagnostic, aux facteurs ;
  • de mettre en discussion l’identification des défis et des enjeux ;
  • de préciser et compléter les enjeux notamment pour tenir compte des différences propres à chaque domaine culturel ou thème retenu ;
  • de proposer d’autres défis et enjeux, notamment à travers des exemples de bonnes pratiques ;
  • de rendre publiques la diversité des intérêts, points de vue, orientations, perceptions du devenir culturel et politiques culturelles à venir.

Les contributions sous forme de textes peuvent être transmises par voie électronique à l’adresse suivante : Ministère de la Culture et de la Communication
 Secrétariat général
 Département des Etudes, de la prospective et des statistiques (DEPS)
 Consultation à Culture&Médias 2030
, 182 rue Saint Honoré / 75001 Paris Cedex 01.

Elles peuvent également être transmises à l’adresse suivante : 
 culture&medias2030@culture.gouv.fr

Source : DEPS.

 

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Là où les autres passent, je m’arrête

Il faut faire du sentiment de soi la source de son style.

Même si plusieurs abusent du terme « éthique » et si, en conséquence, celui-ci est de plus en plus « connu », posons la question : Malgré sa notoriété, sait-on réellement ce qu’est l’éthique ou ne sommes-nous qu’en mesure d’en déplorer le manque ?

L’éthique, et c’est curieux, est l’un de ces sujets que tous semblent vouloir s’approprier sans pour autant en connaître le sens, en comprendre les exigences ou la portée. Écoutons les conversations et nous pourrons entendre parler de l’éthique du golf et même de l’éthique de celui qui travaille fort dans les coins. Tout dire sans rien dire…

Ainsi, et c’est incontestable, le sujet de l’éthique est connu mais, s’y arrête-t-on vraiment? Je ne crois pas.

L’éthique n’a pas la vie facile, elle est souvent masquée par tout ce qui se prend pour elle…

Ainsi, dans son sens le plus fréquemment rencontré, on utilise l’éthique pour justifier des normes, on parle alors de « codes d’éthique », c’est-à-dire d’impératifs à suivre absolument sous peine de sanctions. Cette conception, fort populaire, est cependant réductrice. Elle réduit le « Bien Faire » à l’obéissance…

Ces codes maladroitement appelés « codes d’éthique » relèvent, au sens strict, de la déontologie, c’est-à-dire d’un « discours sur le devoir ». La déontologie est une pratique normative qui se penche sur son passé, que l’on croit immuable, et qui, souvent, n’aime point son présent. C’est la raison pour laquelle elle propose d’ajuster le comportement présent au passé jugé « idéal ».

En situation de décision, le déontologue tente patiemment de rapprocher rigoureusement la situation en présence du texte original afin de restituer à la situation actuelle la perfection du texte original sans nécessairement tenir compte du contexte ou de l’irrégularité de la situation. La déontologie est une pratique patiente et mesurée de comparaison avec un texte figé.

Enfin la déontologie, pour qui n’existent que les cas les plus fréquemment rencontrés, relève de la logique du « surveiller et punir », elle inspire par la crainte, elle définit ce qui est « mal », ce qui est interdit, elle recherche la faute par rapport à un texte fondateur jugé parfait.

L’éthique, de son côté, est une pratique évaluative fondée sur des valeurs en vue de l’atteinte d’une finalité jugée « bonne »; elle est plus soucieuse du « bien dans les circonstances » que de la conformité à une règle figée. L’éthique se soucie de la décision à prendre avec justesse, dans un contexte irrégulier, malgré l’incertitude et tout en considérant que le juste, en soi, est une cible fuyante. « Que nous incombe-t-il donc de faire dans les circonstances » demande l’éthique.

L’éthique doit être comprise comme étant un exercice réflexif qui résulte d’une certaine prise de conscience collective, d’un désir de faire autrement, d’un ambition de faire « mieux » au niveau moral.

L’éthique peut-être comparée à une œuvre d’art qui appartient à une époque ou à un peuple; une décision éthique appartient à un contexte, à un moment spécifique dans l’espace et dans le temps. Et tout comme dans le domaine de l’art où les « connaisseurs », nombreux, évaluent la technique, l’éthique a ses faux experts, tout aussi nombreux, qui rédigent des codes standardisés tout en n’ayant peu de souci pour l’éthique en soi, pour le sentiment artistique de l’éthique.

* * *

L’éthique est affaire de culture, tant celle d’une organisation, d’une société ou celle d’un peuple. Elle doit s’appuyer sur des valeurs communes qui devront être claires et praticables; ces valeurs devront éclairer et éviter de recouvrir ce qui ce qui doit être fait par ce qui peut être dit.

L’éthique est affaire de culture et il faut rappeler qu’une culture ne se change pas, elle migre. Lentement.

La migration culturelle, la migration éthique, est la prise en compte d’un désir de transformation qui permettra de faire le lien entre « pas d’éthique », l’éthique déontologique et l’éthique en soi.

Il faut influencer la culture vers une culture « éthique plus » parce qu’actuellement la culture de plusieurs organisation, sociétés ou peuples ne se démarque pas, ainsi, on ne la remarque pas… on n’en remarque que les manquements. Ce qui est déplorable.

Et ce sont ces mêmes manquements qui font que l’on ne parle d’éthique qu’en termes de conflits, de fraude ou d’abus. Pas très inspirant, il faut l’avouer…

N’auriez-vous pas le goût que l’on fasse référence à l’éthique dans un contexte qui lui est propre plutôt qu’à titre de béquille destinée à surveiller et à punir? Bien Agir me semble plus inspirant que « ne pas mal faire ».

Cessons d’écouter les faiseurs de règles, les faiseurs d’images et les faiseurs tout court et réfléchissons sincèrement à l’éthique et aux valeurs; cessons de fonctionner par l’absurde en appelant « éthique » ce qui ne l’est pas. Faisons un effort afin de mieux connaître ce qu’est l’éthique, l’appréciation éthique, le développement durable éthique, la RSE éthique, les choix éthiques….

Au pouvoir du monde, je n’ai rien à opposer que moi-même.

 

Retrouvez sur Cultural Engineering Group les billets réflexifs de René Villemure, éthicien, conférencier, président fondateur de l’Institut québécois
d’éthique appliquée notamment aux domaines de l’innovation, de la culture et de la communication.

Billets réflexifs précédents publiés sur CEG :

Toutes les publications, les actualités et  les activités de René Villemure en cliquant ici.


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