Cultural Engineering Group Weblog

Services & Ressources en ingénierie culturelle

A propos de « Mainstream » / 1

Depuis la parution de « Mainstream » nous souhaitions à la fois témoigner du caractère majeur de cet ouvrage, souligner la qualité du travail fourni par Frédéric Martel tant sur le plan de l’analyse que sur le plan de la méthode, nous réjouir du caractère inédit de cette contribution et surtout insister sur l’urgence (en particulier en France) de s’engager non pas dans une énième ré-interrogation des politiques culturelles mais dans la prise en compte d’un propos qui décrit par le menu des enjeux et des évolutions qui s’opèrent dans le monde, dans les industries créatives et l’économie de la culture, propos qui donne des clés essentielles pour que ces secteurs et ces politiques puissent se régénérer.

Alors que nous préparions plusieurs posts sur ces questions, nous avons été rattrapés par l’actualité et surtout profondément scandalisés à la lecture de la « critique » du livre écrite par François Cusset et publiée dans le Nouvel Observateur le 6 mai dernier puis mise en ligne le lendemain. Celui-ci descend tout simplement en flammes l’ouvrage en question et développe un argumentaire qui ratisse large dans le monde de la pensée culturelle, des théories de la droite la plus conservatrice à celles des crypto marxistes, un argumentaire erroné et manipulateur qui induit le lecteur en erreur à chaque ligne et qui donne dans le registre de l’attaque personnelle.

Il nous était impossible de ne pas réagir et tout aussi impossible de ne pas diffuser la lettre adressée par Frédéric Martel à Claude Perdriel, Directeur de la publication du Nouvel Observateur.

Etant en contact avec lui et ayant eu vent de la chose, nous avons demandé à Frédéric Martel de nous autoriser à diffuser son droit de réponse au sein de notre groupe et auprès de nos lecteurs, ce qu’il nous a fait l’honneur et l’amitié d’accepter.

Aux lecteurs du Nouvel Observateur, aux personnes qui ont lu « Mainstream » et à nos lecteurs de juger par eux-mêmes.

______

Frédéric Martel

fredericmartel@yahoo.com

Paris, 7 juin 2010

M. Claude Perdriel

Directeur de la publication

Nouvel Observateur

10-12 place de la Bourse

75081 Paris cd. 02

Droit de réponse

Copie Maîtres J-P. Mignard

et S. Mabile, conseils de l’auteur

Monsieur le directeur de publication, Cher Claude Perdriel,

Le 6 mai dernier, le Nouvel Observateur a publié une critique de mon livre Mainstream. Cette critique, signée par un collaborateur extérieur, François Cusset, est intéressante pour ce qu’elle dit, et pour ce qu’elle ne dit pas. Un critique est libre de ses jugements, et même lorsque ceux-ci sont sévères, ils sont le reflet d’une liberté qu’il faut à tout prix préserver dès lors que sa critique obéit aux règles déontologiques minimales ; par exemple : la bonne foi, le respect des faits, le refus des règlements de comptes etc. En l’espèce, la critique du Nouvel Observateur me paraît malheureusement devoir appeler un droit de réponse.

Revenons sur l’article, puis sur son auteur, enfin sur les raisons qui ont rendu possible cet article. Ce faisant, cette affaire, certes secondaire, me semble significative de méthodes journalistiques graves qui ont cours aujourd’hui au Nouvel Observateur et laissent augurer du pire si le Nouvel Obs devait racheter Le Monde. C’est l’indépendance de la rédaction du Nouvel Obs et son objectivité qui sont ici en cause, ainsi qu’une conception honnête du journalisme. C’est donc une affaire qui dépasse largement le simple compte rendu d’un livre.

Dans sa critique uniquement à charge et systématiquement de mauvaise foi, François Cusset commet une série d’erreurs, amalgames, et fautes factuelles sur lesquelles je vais revenir.

Mais d’abord : pourquoi ce livre déplaît-il tellement à François Cusset ? Ce n’est pas véritablement pour son contenu, sa méthode d’enquête ou pour ses faits (Cusset n’a d’ailleurs pointé aucune erreur factuelle dans sa critique), mais pour des raisons politiques. C’est d’abord parce que ce livre déplace complètement les débats français sur les industries culturelles (que je préfère appeler « industries créatives ») et rend obsolète beaucoup de travaux critiques de l’extrême gauche sur la culture de masse. Ensuite, ce livre vient élargir la définition de la culture, qu’une certaine élite conservatrice de droite et, paradoxalement, l’extrême gauche ou certains critiques de cinéma, s’unissent pour garder étroite afin de protéger leur statut social et leur légitimité. N’en déplaisent à tous ceux-là, pour moi, le dynamisme du jeu vidéo, la créativité d’Internet et des séries télévisées, la musique pop et le cinéma américain font aussi partie de la culture. On ne doit pas systématiquement juger les pratiques culturelles, on doit sortir d’un certain catéchisme culturel qui entend exercer un contrôle culturel sur la culture. De plus, mon livre explique, justement, pourquoi les critiques de livres, de cinéma et de musique n’ont plus prise sur les goûts culturels des gens, aux Etats-Unis bien sûr (dans mon chapitre sur Pauline Kael, Tina Brown et Oprah Winfrey déjà largement commenté) mais aussi en France où la mort du critique culturel est proche.

C’est ensuite parce que je ne juge jamais de cette culture « mainstream » qui se situe entre l’art et le divertissement, comme on le fait si souvent en France, en dénonçant sa qualité, en conspuant sans le comprendre l’hégémonisme américain et en moquant la stupidité culturelle du peuple. Cela m’a toujours amusé, d’ailleurs, que l’extrême gauche déteste autant la culture de masse, elle qui prétend parler au peuple mais, paternaliste et condescendante, ne comprend pas le b.a.ba de ses pratiques culturelles. Il y a plus : François Cusset ne peut accepter, sans doute, que mon livre soit à ce point dépolitisé — choix que j’assume — sur un sujet qu’il s’obsède à politiser, comme le font d’ailleurs toujours la gauche radicale et la droite nationaliste — également ennemis de ce livre. Pour les uns comme pour les autres, en effet, si on ne dénonce pas les industries culturelles et la culture de masse, on est automatiquement disqualifié, façon Cusset, en « Tintin zélé du capitalisme culturel ». Le « mainstream » n’est pas un concept ; c’est un mot ; un mot polysémique et mon enquête tente de comprendre son fonctionnement. Enfin, la vision que je donne de la mondialisation culturelle, laquelle n’est en aucun cas idéologique (je parle du futur de la culture tel qu’il se dessine dans les pays émergents et via le numérique), mais le résultat d’une longue enquête de terrain, ne peut que heurter les sociologues de salon façon François Cusset. A contrario, c’est pour ces mêmes raisons que le livre est en cours de traduction dans sept pays, qu’il a été accueilli très favorablement par la presse étrangère (par exemple cette semaine dans Newsweek : http://www.newsweek.com/2010/06/04/winning-the-soft-power-war.html), qu’il est depuis deux mois dans les listes des meilleures ventes (dont celle du Nouvel Obs) et qu’il a été chroniqué sérieusement par une large partie des médias et des sites Internet français — sauf, notamment, le Nouvel Obs.

Voilà pour le cadre d’ensemble. Venons-en aux erreurs de faits de la critique de François Cusset dans l’Observateur.

- L’expression la plus significative de son article consiste à me reprocher de faire du « chantage au tour du monde exhaustif et aux 1.250 entretiens ». D’abord, je n’ai jamais prétendu faire un tour du monde « exhaustif » : j’ai conduit des entretiens dans 30 pays et leur liste figure sur le site de mon livre (www.fredericmartel.com). Ensuite, ce mot de « chantage » attaque le type de recherche que je fais, à savoir une enquête de terrain. Il est vrai que M. Cusset, idéologue gauchiste, préfère, lui, décrire le monde depuis son salon. C’est son droit. Mais qu’il ait un tel mépris pour l’enquête de terrain, grande tradition de la sociologie américaine des années 1960, par exemple, avec sa valorisation du temps passé à l’observation est consternant. Je ne fais pas de « chantage » : je travaille sur le terrain, interroge les acteurs, tente de comprendre les logiques des groupes, multiplie les interviews. On doit à M. Cusset un petit livre sur Dubaï à ce point fantasmagorique, et faux, qu’on doute qu’il y ait jamais mis les pieds. La théorie, c’est bien ; mais je reste persuadé que pour comprendre la mondialisation de la culture et des médias, il faut sortir de chez soi, et qu’un regard marxisant, surtout lorsqu’il s’est arrêté aux lectures de la « french theory » sur la culture, de l’école de Francfort sur les industries culturelles et de Gramsci sur le rôle des intellectuels, n’est plus pertinent. On ne fait pas seulement de la sociologie de terrain à coup de citations de Gilles Deleuze.

- Le critique signale ensuite que mon livre Mainstream contient « quelques portraits de seconde main » : cette formule est clairement trompeuse. L’ouvrage contient en effet une petite dizaine de portraits « de seconde main » (signalés d’ailleurs en tant que tel dans le corps du texte) sur plus d’une centaine de portraits de première main parmi plus de 1 250 interviews originales ! Cet exemple de tromperie est significatif. Il n’est pas digne d’un chercheur.

- Cette enquête « date » affirme encore François Cusset : cette formule est factuellement fausse. L’ouvrage a été rédigé à partir d’une enquête qui a duré cinq ans, comme cela est mentionné sur sa couverture, mais la plupart des interviews cités dans le livre datent en fait de 2008 ou 2009. Il suffit de lire les chapitres sur la Chine, l’Inde, le Brésil, les pays arabes etc. pour se rendre compte qu’ils évoquent des faits très récents. Et sauf à défendre les « quick books » et les enquêtes faites à toute vitesse, on ne peut pas reprocher à un livre de 470 pages de « dater » s’il repose sur une enquête essentiellement réalisée depuis moins de deux ans. Surtout, François Cusset sait très bien que tous les faits mentionnés dans le livre ont été systématiquement mis à jour jusqu’en janvier 2010. Il est donc faux de dire qu’il « date ».

- Prenons ensuite l’exemple d’Hollywood puisque François Cusset me reproche de ne « rien dire sur les liens historiques de Walt Disney avec le maccarthysme ». Il y a déjà un paradoxe à écrire, d’une part, que l’enquête « date », et me reprocher, d’autre part, de ne pas parler du maccarthysme (sujet qui constitue, au passage, toute une partie de mon précédent livre De la Culture en Amérique que François Cusset a lu). Ensuite, comment peut-on résumer plus de cinq chapitres consacrés à Hollywood aujourd’hui par une seule phrase critique et hors de propos relative aux années 1950 ? Je m’intéresse essentiellement au « nouvel hollywood », le plus contemporain, celui des années 1990 à 2010. Je montre comment les studios sont aujourd’hui des banques qui délèguent la production des films à des studios internes, à des « specialized units » et, au-delà, à des maisons « indépendantes » spécialisées. Personne, à ma connaissance, n’avait analysé cela en France en conduisant une enquête minutieuse à Los Angeles et en interviewant près d’une centaine de responsables de l’industrie du cinéma américaine. Les critiques de cinéma français ne connaissent guère cette nouvelle structuration, ce qui les empêche de comprendre que le cinéma des studios et celui des indépendants sont liés. Tout à leur wishful thinking, ils croient que les indépendants sont contre le système, alors qu’ils sont « le » système. Ainsi, par exemple du critique du cinéma du Monde, Thomas Sotinel, qui a écrit récemment que « les grands studios ont fermé leurs divisions indépendantes » : malheureusement pour lui, comme pour Cusset (qui l’a peut-être trop lu au lieu de lire mon livre), cela est faux. Parmi la dizaine de « specialized units » des studios, c’est principalement New Line Cinema et Warner Independent Pictures qui ont fermé (tous deux au sein de la Warner) mais la plupart des autres, comme Focus Features (Universal), Sony Pictures Classic (Sony), Pixar (Disney), Fox Searchlight Pictures (Newscorp), et pour une part Dreamworks (*) se portent bien. Mais il y a plus, et c’est cela le sujet du livre : je décris minutieusement, outre le rôle des syndicats et des agences de talents, la place essentielle aujourd’hui des maisons « indépendantes » qui ont des liens « préférentiels » avec les studios (dits « first look deals »), ce qui en fait des satellites des majors. C’est cela le coeur d’Hollywood aujourd’hui et je dénombre environ 150 unités de ce type en fonctionnement (voir la liste sur mon site et en note**). Tout cela, et des centaines d’autres informations inconnues en France sur le fonctionnement d’Hollywood, sont passées sous silence par François Cusset et résumées en une seule phrase critique sur le fait que je n’ai pas parlé des liens entre Walt Disney et le maccarthysme ! Le vieux truc ressassé depuis cinquante ans plutôt que des centaines d’éléments inédits en France.

- L’enquête, poursuit François Cusset, « manque presque entièrement les bouleversements induits par l’ère du Web 2.0 » : ce point est faux. De longs développements existent dans le livre sur le Web 2.0. Partout, la question numérique est traitée, et François Cusset sait très bien que je connais ces questions, pour être le fondateur du site nonfiction.fr qui rassemble 810 rédacteurs réunis en une communauté Web, et l’animateur d’une émission qui évoque chaque semaine ces sujets sur France Culture. Cusset a-t-il lu mon livre ? Ou préfère-t-il se tromper sur les « vérités de faits » en transformant des faits en opinions.

- Le livre serait un « manuel de management adressé à des magnats européens à la traîne » : les informations du livre sur les groupes médias des pays émergents, comme Reliance, Rotana, China Film, Shanghaï Media Group, SM Group, TV Globo, Televe, Televisa etc. sont la plupart du temps inédites et originales. C’est faute de s’intéresser à ces pays émergents que les Européens risquent d’être à la traîne, et ce livre vise justement à corriger ces lacunes.

- Je passerais encore sous silence, selon Cusset, les « logiques d’intégration par les formats et la fonction d’agenda qui seuls expliquent qu’Al Jazeera, la CNN islamique, soit plus CNN qu’islamique » : cette phrase est un pur mensonge. Il suffit de lire le chapitre que j’ai consacré à Al Jazeera pour se rendre compte que, précisément, je décris longuement ces formats et agendas. J’ai suivi les journalistes d’Al Jazeera dans une dizaine de pays (au Qatar bien sûr, mais aussi à Dubaï, Damas, Beyrouth, Le Caire, Riyad, Tunis, Ramallah, Paris, Londres, Bruxelles, et même jusqu’à Jakarta et Caracas) et les pages que je consacre à la chaîne montrent précisément ce que Cusset me reproche de ne pas montrer. Mais que sait-il lui-même d’Al Jazeera ? A-t-il simplement lu mon chapitre sur Al Jazeera pour écrire de telles âneries ? A-t-il interviewé un seul acteur d’Al Jazeera pour se permettre de faire de tels commentaires, alors que j’ai interrogé pendant des semaines des dizaines de journalistes de la chaîne ? A-t-il seulement regardé Al Jazeera pour être autant dans l’erreur ? Le lecteur qui lira mon chapitre sur Al Jazeera aura un résumé saisissant de ce que peut être une critique trompeuse et une attaque déloyale.

- François Cusset me reproche ensuite d’avoir oublié de traiter « les détournements [et] la floraison des contre-cultures, irréductibles à leur réappropriation par les majors », « les jeux de force sociaux de la culture » et « les résistances des multiples sous-cultures » : ces critiques sont infondées. Dans plusieurs chapitres du livre, comme celui sur les universités américaines, les critiques culturels, les studios « indépendants », la diversité, la Chine, l’Inde, les pays arabes, l’Amérique latine, mon livre parle précisément de cela, et constamment. François Cusset m’a-t-il seulement lu ? Il sait pertinemment que tous ces sujets sont au coeur de ma réflexion, de mes précédents livres et de mes recherches. Elles sont surtout omniprésentes dans Mainstream.

- François Cusset écrit ensuite : « Presque rien [dans mon livre] sur le mensonge idéologique de la diversité culturelle qui est synonyme chez Martel de contenus de niche différenciés » : cette phrase est factuellement fausse. Il y a dans mon livre, un chapitre entier consacré à cette question (le chapitre huit) et François Cusset sait très bien que je suis l’un des premiers à avoir analysé longuement cette question dans mes livres De la Culture en Amérique et Theater.

En définitive, toute la critique de François Cusset fait la démonstration qu’on peut écrire absolument n’importe quoi et fausser les faits dans un journal comme le Nouvel Observateur. On croirait lire un tract du Nouveau Parti Anticapitaliste ou une feuille ronéotypée d’une sous-section syndicale de SUD. Mais l’aveuglément idéologique, la mauvaise foi, le sectarisme, le mensonge même, disqualifient davantage l’auteur d’une critique qu’elles n’affectent un livre si injustement traité.

La question qui se pose alors est : comment se fait-il qu’une telle critique ait pu paraître dans le Nouvel Observateur ?

Le profil de l’auteur est une première réponse. François Cusset, que j’ai connu à New York, et qui a fait sa thèse à peu près au même moment que moi, est un idéologue d’extrême gauche. C’est un auteur qui pense « faux ». J’avais peu aimé son livre French Theory — un ouvrage qui appelait autant de réserves scientifiques que politiques — car il instrumentalisait les Etats-Unis dans le débat français ; j’ai détesté son ridicule Queer Critics et, je l’ai dit, son texte sur Dubaï. François Cusset est surtout l’auteur de La Décennie, Le grand cauchemar des années 1980 (La Découverte, 2006), un essai dans lequel j’ai pointé une centaine de fautes factuelles graves, des erreurs chronologiques et d’orthographe sur les noms propres (Laurent « Jaffrin », Robert « Abiracheid », Augustin « Giard » etc.), et des fautes historiques énormes, dont la plus belle, qui figure dans le livre page 33, lui a fait écrire que Valéry Giscard d’Estaing avait offert à Bokassa les fameux diamants (on sait, bien sûr, que c’est l’inverse !).

La Décennie est un ouvrage qui dénonce les « années 1980 », comme si on pouvait s’en prendre à une décennie, et en brosser un portrait uniquement noir pour la seule raison que la gauche de gouvernement y est arrivée au pouvoir. La thèse du livre est sotte et son argumentation délirante. A chaque ligne, l’auteur ment par omission, multiplie les amalgames et les anachronismes, et se trompe intellectuellement. L’ouvrage a le sérieux de l’essai d’Olivier Besancenot sur Che Guevara — et au fond François Cusset est à la vie intellectuelle, ce que Besancenot est à la vie politique. Si je parle moi de la culture « à la masse », il parle lui de la vie intellectuelle au fusil d’assaut de type AK-47. Toute la théorie du livre consiste à dénoncer la gauche et en particulier la seconde gauche (la CFDT, Pierre Rosanvallon, le RMI de Rocard, la revue Esprit, la revue Le Débat, le « tournant libéral de Libération » et les éditorialistes du Monde etc.). Face à quoi, Cusset vénère Noam Chomsky, Renaud Camus, le sous-commandant Marcos, Pierre Bourdieu, le syndicat Sud, Christophe Aguiton, les militants d’Attac, du DAL, d’AC ou d’Act Up. Pour Cusset, le chef d’entreprise est un équivalent moderne des dictateurs politiques (p. 295). Sa haine de Rocard, en particulier, est irrationnelle. Ses analyses puériles et critiques du syndicalisme CFDT et son apologie de SUD sont inconséquentes. A l’inverse, la montée du Front National, les déclarations de Jean-Marie Le Pen et de Robert Faurisson, et celles des penseurs de la « nouvelle droite » sont complètement marginalisées et semblent, à Cusset, bien moins dérangeantes que tous ces penseurs de la seconde gauche qu’il exècre — ce qui est très significatif dans un livre consacré aux années 1980.

Le plus piquant, c’est que La Décennie est un ouvrage essentiellement centré sur la destruction systématique du Nouvel Observateur, de son histoire, de ses liens avec la seconde gauche, et à une critique de ses journalistes. Ainsi, Jean Daniel, « éditorialiste infatué », selon Cusset, est ridiculisé dans le livre, Laurent Joffrin (à l’époque rédacteur en chef) a droit à un portrait assassin et Jacques Julliard fait l’objet d’attaques aussi basses que factuellement fausses. Pour Cusset, le Nouvel Obs est le symbole de l’affaissement intellectuel de la gauche et de son basculement dans l’idéologie réactionnaire.

Il y a plus : Denis Olivennes, alors P-DG de la FNAC, et aujourd’hui Président du directoire du Nouvel Observateur, est anéanti en quelques phrases : François Cusset lui reproche ses accointances avec la fondation Saint-Simon, suppôt supposé du capitalisme, son livre ultra-libéral co-écrit avec Nicolas Baverez et d’être, finalement, un « politiste libéral » (voir pages 71, 122, 157). Au fond, on peut lire La Décennie comme un pamphlet anti-Nouvel Obs, écrit, déjà, à coup de citations de Deleuze et Guattari.

François Cusset est de ceux qui confondent Jacques Delors et Louis Pauwells — tous les deux rangés à la même enseigne parmi les réactionnaires de droite. Cusset importe dans la vie des idées le mensonge, la violence et la mauvaise foi de la vie politique. Le sérieux des faits échappe à ce Chàvez de la critique littéraire, la complexité de la vie des idées l’embarrasse. Si on lui avait confié la critique du livre de Florence Aubenas, il l’aurait sans doute confondu avec un essai de Christine Boutin et l’aurait anéanti dans le Nouvel Obs.

Pourquoi, dans ces conditions, un tel auteur a-t-il pu publier un article dans les pages du Nouvel Observateur pour m’assassiner ? Il faut ici ajouter un élément central au débat et préciser que je suis aujourd’hui un des journalistes les plus critiques à l’égard de Denis Olivennes, nouveau patron du Nouvel Observateur. Avec d’autres, sur des milliers de blogs, nous avons dénoncé, alors même qu’il était encore P-DG de la FNAC, son projet de loi Hadopi, dont il est le principal artisan. Il ne s’agissait pas d’attaque de personne, mais bel et bien de critiques sévères sur le rapport Olivennes, ses erreurs, ses approximations, ses propositions obsolètes et inadaptées. Le débat très vif auquel la loi Hadopi a donné lieu au Parlement ; les critiques justifiées de la gauche contre un des textes emblématiques du sarkozysme ; et surtout la décision historique du Conseil Constitutionnel qui a anéanti le projet Olivennes, ont suscité de la part du futur patron du Nouvel Observateur, une animosité grandissante à mon égard. Lorsque ce dernier a interviewé, à l’été 2009, le président Sarkozy (« une » du Nouvel Observateur avec une dizaine de pages), en désavouant sa rédaction marginalisée pour l’occasion, le site que je dirige, nonfiction.fr, a vertement critiqué cette interview et notamment les questions d’Olivennes, et surtout l’ambiguïté qui planait dans sa relation de connivence avec Nicolas Sarkozy (à l’époque, on s’en souvient, son nom avait circulé pour être ministre de la Culture de Sarkozy ou président de France Télévisions, ce que plusieurs de ses questions reflétaient insidieusement). Enfin, nonfiction.fr a vivement critiqué, comme des dizaines d’autres sites et blogs, Denis Olivennes pour avoir qualifié publiquement Internet le 30 juin 2009 de : « tout à l’égout de la démocratie ».

Il n’est donc pas étonnant qu’à côté de la critique de mon livre par François Cusset, un petit encart rappelle opportunément que je dirige la rédaction du site nonfiction.fr et que j’anime l’émission « Masse Critique » sur France Culture : les deux autres lieux du crime anti-Olivennes sont épinglés dans ce règlement de compte évident. La ficelle est un peu grosse.

Pardon de personnaliser ici le sujet mais ce dernier point est également important : il y a quelques semaines, j’ai croisé par hasard Denis Olivennes dans un café et celui-ci m’a qualifié d’ « ennemi » en raison de mes critiques contre Hadopi et contre son interview pro-sarkozyste (Pierre Lescure avec qui j’étais dans ce café peut en témoigner) ; Olivennes m’a laissé entendre qu’il se vengerait. La critique de François Cusset en est une cinglante confirmation.

Le plus consternant de ces méthodes consternantes, c’est que plusieurs journalistes du Nouvel Observateur ont demandé à faire le compte-rendu de mon livre et plus d’une vingtaine l’ont eu ou demandé en service de presse. Peut-être que cette critique aurait été bonne, ou peut-être pas, c’est la vie normale d’une rédaction, mais au moins aurait-elle été probablement honnête. Par un jeu interne subtil, ces candidats ont visiblement été évincés au profit d’un « tueur à gages » extérieur, et qui n’écrit pas en principe pour le Nouvel Observateur, François Cusset, mandaté précisément pour me dégommer.

Denis Olivennes a-t-il lui-même commandé, encouragé, ou facilité l’article de François Cusset contre moi ? Je le crois, mais je n’ai pas la preuve matérielle qu’il ait pris une part directe au choix du « tueur à gage » (qu’il pouvait très bien ne pas connaître et dont il ignorait certainement qu’il fut un ennemi historique de son hebdomadaire). Un journaliste du Nouvel Observateur m’a dit cependant : « Si Olivennes n’a pas demandé cet article, il l’a au minimum encouragé ; et si ce n’est pas le cas, il doit immédiatement proposer un “débat de l’Obs” sur votre livre ou une interview pour corriger le tir ; sinon il confirmera ce que tout le monde pense : qu’il s’est arrangé avec [Jérôme] Garcin ou [Michel] Labro pour que vous soyiez flingué ».

J’ai eu une dizaine d’autres journalistes du Nouvel Observateur au téléphone qui, tous, étaient consternés par ces méthodes et par l’article. Une amie journaliste m’a dit : « Un tel article restera une tâche dans l’histoire du journal, c’est inadmissible ». Un autre : « Ce livre aurait mérité de faire l’objet d’un dossier dans le journal car c’est la première grande enquête sur la mondialisation de la culture et nous devrions être fier que ce soit un Français qui l’ait faite ; au lieu de quoi, on a un règlement de compte grossier et mesquin ». Une autre journaliste m’a dit (je la cite de mémoire) : « Nous vivons ici une véritable omerta. Olivennes a installé son bureau depuis cet automne dans la rédaction pour tenter de nous amadouer, mais nous ne sommes pas dupes : il veut nous contrôler. Il a utilisé par exemple les “Confidentiels” de l’Obs pour critiquer Mathieu Pigasse [patron des Inrockuptibles, également candidat au rachat du Monde] ; il a tapé d’une manière personnelle et inadmissible Benoît Hamon et Claude Bartolone, les lieutenants d’Aubry : tout ça augure mal des prochaines échéances politiques. Et si le Nouvel Observateur devait en plus racheter Le Monde, je souhaite bien du courage à la rédaction du Monde qui perdrait peut être plus au change avec Olivennes, et sa prétendue défense de l’indépendance de la presse, que de basculer dans les groupes Free, Lagardère ou Prisa ».

Toujours est-il que Jacques Julliard, directeur délégué du Nouvel Obs, a signé la fin de la récréation en réagissant immédiatement à l’attaque lâche de Cusset dans son éditorial du 12 mai : « Sous le titre Mainstream, Frédéric Martel a écrit un livre majeur, fondé sur une enquête approfondie au sujet de la culture de masse à travers le monde. Je m’apprêtais à en faire l’éloge quand j’ai trouvé dans Le Nouvel Obs de la semaine dernière une exécution sommaire du livre, d’une injustice évidente. J’invite nos lecteurs à en juger par eux-mêmes ».

Depuis l’arrivée de Denis Olivennes à la tête du Nouvel Observateur, ce genre de critique déloyale contre un livre de fond, résultat d’une enquête sérieuse, et que tout lecteur sincère trouverait honnête, marque un tournant. Mais l’histoire ne fait que commencer.

Proche du Nouvel Observateur, de ses idées, de son histoire que j’ai constamment accompagnée ou partagée depuis plus de vingt ans, je souhaiterais pouvoir vous rencontrer afin de trouver une issue positive à cette affaire.

Je vous prie de croire, Monsieur le directeur de publication, Cher Claude Perdriel, en l’expression de ma haute considération.

Frédéric Martel

> Animateur de l’émission « Masse Critique, le magazine des industries créatives et des médias » sur France Culture ; fondateur et rédacteur en chef du portail des livres et des idées, nonfiction.fr ; auteur de De la Culture en Amérique (Gallimard, 2006) et de Mainstream, Enquête sur cette culture qui plaît à tout le monde (Flammarion, 2010).

NOTES

(*) Racheté par Paramount en 2005 puis par Universal, le studio Dreamworks SKG (à ne pas confondre avec Dreamworks Animation de Jeffrey Katzenberg, resté indépendant) s’est rapproché de Disney en 2009 qui l’a financé, gère depuis son marketing et sa distribution (deal de 30 films sur cinq années). Cette distribution sera faite sous la bannière Touchstone Pictures. Dreamworks SKG a par ailleurs été renfloué lourdement par le groupe indien Reliance. De fait, Dreamworks SKG devient une sorte d’unité spécialisée « semi-indépendante » à la fois de Disney et de Reliance.

(**) Voici les 150 principales maisons « semi-indépendantes », rattachées aux studios, qui constituent aujourd’hui le coeur d’Hollywood (avec une astérisque, je mentionne les nouveaux deals 2009) :

- DISNEY : The Walt Becker Co. ; Boxing Cat Prods. ; Jerry Bruckheimer Films ; Martin Chase Prods. ; Gunn Films ; Hope Town Entertainment* ; ImageMovers ; Mario Iscovich Prod. ; Junction Entert. ; Mandeville Films ; Mayhem Pictures ; Millar/Group Ink. ; Monsterfoot ; Offspring Entert. ; Oops Doughnuts ; Panay Films ; POW ! Entertainemnt ; Scott Rudin Prods. ; Scott Sanders Prods. – MIRAMAX : Rocket Pictures. – WARNER BROS. : Beff Affleck/Matt Damon* ; Alcon ; Appian Way (Leonardo diCaprio) ; Big Kid ; Callahan Films ; Carousel Prods. ; Cruel and Unusual ; De Line ; Di Novi ; Robert & Susan Downey* ; Zac Efron* ; Gerber ; Green Hat Films ; Heyday ; Hollywood Gang* ; Johnny Depp Prod. ; Langley Park* ;  Legendary ; Lin Pictures ; Malpaso (Clint Eastwood) ; Polymorphic ; Revelations ; Silver ; Thunder Road ; Unique Features ; Village Roadshow ; Any & Larry Wachowski ; Weed Road ; Jerry Weintraub Prods. ; John Wells ; Wigram Prods. – PARAMOUNT : Bad Robot ; Broadway Video ; Di Bonaventura Pictures ; Robert Evans Co. ; Montecito Pictures ; Plan B. (Brad Pitt) ; Gary Sanchez Prods. ; Sikelia Prods. (Martin Scorsese). – FOX : Michael Aguilar ; Chernin Entertainment ; Donundrum ; Davis Entertainment ; The Firm ; Josephson ; Lightstorm (James Cameron) ; New Regency ; Point Road ; Red Hour Films ; Scott Free ; Seed Prods ; 21 Laps ; Alex Young. – FOX 2000 : Gil Netter ; Sunsept Entertainment. – FOX SEARCHLIGHT : Ad Hominem (Alexander Payne) ; Decibel (Danny Boyle). – SONY : Aardman Animations ; Apparatus ; Arad prods* ; Atlas Entertainment ; John Calley Prods. ; Escape Artists ; Ghost House Films (Sam Raimi) ; GK Films* [distribution uniquement] ; Gracie Films ; happy Madison ; Heartburn Entertainment ; Katalyst Films ; Kennedy.Marshall* ; Maguire Entertainment (Tobey Maguire) ; Laurence Mark Prods ; Michael De Luca ; Mosaic ; Original Films ; Out of the Blue Entertainment ; Overbook Entertainment (Will Smith) ; Red Wagon Entertainment ; Roth Films ; Smoke Ouse (George Clooney) ; Laura Ziskin Prods. – UNIVERSAL : Apatow Prods. ; Arroyo Films ; Capitvate Entertainment ; Dark Horse Entertainment ; Depth of Field ; Everyman Pictures ; Film 44 ; Illumination Entertainement ; Imagine Entertainment ; Mandalay Pictures ; Morgan Creek Prods. ; Necropia ; Marc Platt Prods. ; Pkaytone (Tom Hanks) ; Strike Entertainment ; Stuber Prods. ; Tribeca Films (Robert De Niro) ; Wild West Picture Show Prods ; Working Title Films – FOCUS FEATURES : Completion Films ; Neal Street Prods. ; Random House – UNIVERSAL PICTURES INTERNATIONAL : Bazelevs Production ; Cattleya ; Edko Films ; Liaison Films ; UFA Cinema. (toutes ces données, ainsi que des centaines d’autres tableaux statistiques figurent en prolongement de mon livre sur le site www.fredericmartel.com)

Filed under: Analyses, Evénements, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Outils, Politiques culturelles, Ressources , , , , , ,

L’économie lettone mise sur le cinéma

De plus en plus de metteurs en scène et de réalisateurs éminents envisagent de tourner des films en Lettonie. Ervins Labanovskis y voit une grande opportunité dans son blog pour le quotidien Diena : « Ce qui est décisif, ce n’est pas de savoir quelles stars arpenteront les trottoirs de Riga mais quels moyens l’industrie du film mondiale pourrait investir en Lettonie. Les coûts pour un film à grand budget atteignent rapidement plusieurs millions et nécessitent l’implication de milliers de personnes, ainsi qu’on le constate dans le générique des films. Si seulement une partie de ces dépenses allait à l’économie lettone et à Riga, le chômage pourrait diminuer sensiblement chez nous, ne serait-ce que de façon provisoire. … En ces temps de crise, de nouvelles solutions doivent être trouvées pour relancer l’économie et un fonds du film à Riga pourrait s’avérer un instrument approprié à long terme. »

Source : BPB

Filed under: Analyses, Expériences , , ,

La Lettonie a besoin de sa bibliothèque Internet

Les autorités lettones ont fermé la bibliothèque Internet du pays après que plusieurs maisons d’édition ont porté plainte à cause de violation des droits d’auteur. Linda Curika critique cela dans son blog pour le journal Politika : « Il ne s’agit pas du tout là des droits d’auteur. Les personnes qui ne sont pas retraités, écoliers ou étudiants ne se rendent pratiquement pas dans une bibliothèque classique que ce soit par paresse, par manque de temps, à cause des heures d’ouverture peu pratiques ou par manque de place de parking. Ils préfèrent acheter des livres plutôt que de se rendre à la bibliothèque. Mais cela coûte de l’argent et maintenant, en période de crise, on préfère lire les livres sur Internet, ce que les maisons d’édition considèrent comme une menace. Mais cela signifie-t-il pour autant que les droits d’auteur sont en danger ? La bibliothèque Internet est en outre, à plusieurs égards, plus efficace qu’une bibliothèque normale. En outre, les auteurs sont honorés pour toute consultation de leur œuvre, ce qui ne peut être que juste. Mais surtout, cette bibliothèque est également facile d’accès pour les handicapés, pour les personnes avec des intérêts spécifiques, les Lettons à l’étranger ou les mamans avec leurs bébés. »

Source : BpB

Filed under: Analyses, Politiques culturelles, Ressources , , , , , ,

La drôle d’ère d’Internet

Au début de l’année, Bono, le chanteur du groupe irlandais U2, s’est exprimé dans une tribune au New York Times contre le piratage de la musique et a déclaré que les contenus sur Internet pourraient très bien être contrôlés. Costi Rogazanu se penche sur ces déclarations dans le blog Voxpublica : « Je n’ai entendu nulle part que des taxes élevées aient été demandées aux producteurs de clés USB ou aux exploitants de réseaux pour renforcer les droits d’auteur. … Les seuls criminels sont les consommateurs. Que se passerait-il si j’étais quelqu’un de correct, qui ne télécharge pas de musique illégalement et qui respecte toutes les licences et toutes les règles ? Je m’auto-exclurais pratiquement de l’ensemble de la société, de ma propre génération. Je n’aurais pas de sujet de conversation avec mes amis. … Le monde d’Internet et de la technique a changé le monde réel. Celui-ci s’obstine toutefois à fonctionner selon d’anciennes règles. Qui en souffre ? Le consommateur moyen en Occident, les dissidents en Orient. Nous nous dirigeons vers une drôle d’époque. »

Source : BpB / Vox Republica

Filed under: Analyses , , , , ,

La taxe sur Google affaiblit les entreprises d’Internet

Le président français Nicolas Sarkozy veut taxer les recettes publicitaires des entreprises d’Internet. L’attaque s’adresse aux entreprises telles le groupe américain Google qui absorbent une grande partie du marché publicitaire français en ligne sans payer d’impôts en France. Une idée absurde, estime le journal économique Financial Times Deutschland : « En effet, il ignore complètement l’essence d’Internet, où les groupes ont leur siège principal aux Etats-Unis, leurs administrations en Irlande et leurs serveurs disséminés dans le monde entier. La commission ne sait même pas exactement comment la créance fiscale devra être calculée ni comment la recouvrer. Les groupes doivent s’en occuper eux-mêmes quel que soit le coût et l’ampleur que cela peut générer. Et cela uniquement dans le but de procurer à moyen terme à Sarkozy jusqu’à 20 millions d’euros de plus de fonds publics qui permettront de financer une campagne de communication contre les copies pirates ou des subventions douteuses pour des maisons d’édition de journaux. Finalement, une taxe de ce type ne sanctionne que les entreprises dans son pays qui préfèrent miser sur les innovations plutôt que sur les subventions. »

Source : BpB.

Filed under: Analyses, Politiques culturelles , , , ,

Avatar, le film le plus cher génère de la croissance

Le nouveau film Avatar du réalisateur James Cameron est le film le plus cher de tous les temps, avec des coûts de production de près de 350 millions d’euros. Le quotidien La Tribune souligne la façon dont l’innovation peut booster la croissance : « À Hollywood, que l’on disait en crise, cette certitude est ancrée dans les gènes. Et au moment où certains films bouclent difficilement leurs budgets, où les studios semblent hésiter sur leur stratégie face à Internet, sort sur nos écrans le film le plus cher de l’histoire. Un comble ! Non, de l’opportunisme et de la réactivité d’acteurs économiques, dont le seul objectif est d’attirer un maximum de clients (oh ! pardon, de spectateurs). … Surtout, ‘Avatar’ s’avère être un formidable accélérateur pour la diffusion du cinéma en relief. Les films 3D qui se multiplient depuis dix-huit mois n’ont été jusqu’ici vus en relief que par une petite minorité. Cette fois, plus d’une salle sur deux où le film est à l’affiche en France s’est équipée pour projeter en 3D. »

Source : BpB.

Filed under: Evénements, Expériences , , , ,

Les britanniques et les espagnols planchent sur l’innovation et la culture

La réunion inaugurale du XIIIème forum entre la Grande-Bretagne et l’Espagne qui s’est tenu récemment à Madrid fut présidée par les ministres de la culture espagnol et britannique et avait pour thème l’innovation et la créativité dans le monde culturel. Ce forum a servi à la prochaine présidence espagnole de l’Union Européenne de préparer une part importante de l’agenda européen, où le rôle joué par la culture dans l’économie, l’emploi, l’innovation, la compétitivité et la création est considérable.

Les experts britanniques et espagnols qui ont planché sur ces questions dans les quartiers de l’ambassade britannique à Madrid ont mis en œuvre un programme de travail des plus chargés, où l’innovation et l’action culturelle constituent même en temps de crise des leviers importants autant pour les industries dites « créatives » (télécommunications, mode, jeux, design, etc.), l’attractivité et le rayonnement des territoires, que pour le modèle de société à construire. Par ailleurs le poids stratégique de la langue anglaise et de la langue espagnole dans le monde étant considéré comme un atout majeur et une forte expérience accumulée, le vecteur économique et culturel que constituent les langues n’a pas non plus été occulté dans la travaux.

Le panel d’experts invités était impressionnant, mélangeant intellectuels, scientifiques, et entrepreneurs mais ce qui a surtout frappé les esprits c’est la détermination des deux pays à proposer des alternatives à la sempiternelle opposition entre les modèles idéologiques dominants qui se sont succédés les uns après les autres à la conduite de l’Europe. Le souci du citoyen européen et de la construction d’une société européenne hélas toujours hésitante ont prévalu et il faut s’en réjouir car cela augure peut-être d’une nouvelle étape importante pour la cohésion et la solidarité de l’Union, à l’heure où les questions d’identité et de nation prennent une part inquiétante dans les débats publics.

Filed under: Analyses, Evénements, Gouvernances, Politiques culturelles , , , , ,

France Télévisions partenaire du Louvre

Le Musée du Louvre et France Télévisions on signé un partenariat pour une période de quatre ans visant à « favoriser l’appropriation de l’art et de la culture par un large public ». L’objectif de ce partenariat vise notamment à mieux faire connaître la richesse de la programmation du musée et de promouvoir l’éducation culturelle et artistique sur les diverses antennes du groupe public. France Télévisions a également indiqué qu’il envisageait d’autres accords avec les grandes institutions culturelles françaises. Cet accord fonde de nombreux espoirs car il est le signe d’une tentative de réponse à une demande récurrente de la part des lieux culturels. Nous sommes encore loin de ce que la BBC propose depuis longtemps déjà mais ce pas supplémentaire de la télévision publique en direction de la culture permet à cette dernière de faire un pas supplémentaire et positif vers le grand public.

Filed under: Expériences, Politiques culturelles , , ,

L’accès aux offres culturelles laisse à désirer en France

CE-2009-5Dans une récente étude du DEPS, Olivier Donnat dresse un constat qui vient nourrir indirectement l’idée récurrente de l’échec du Ministère de la Culture et de la Communication en matière de démocratisation de l’accès à la culture : les personnes disposant de faibles revenus ne profitent pratiquement pas des offres culturelles en France. Le quotidien Le Monde en recherche la responsabilité du côté de l’Etat : « En matière d’accès à la culture, les résultats sont cinglants pour l’action de l’Etat … . La situation, en effet, a empiré par rapport aux enquêtes similaires de 1988 et 1997. Hormis le cinéma, l’art le plus démocratique, les gens modestes abandonnent toujours plus les pratiques et désertent les lieux culturels. Et la situation serait sans doute plus grave si l’Etat n’avait rien fait. … En fait, l’Etat ne s’est jamais vraiment donné les moyens de toucher les exclus de la culture. Ses actions envers les adultes sont sans cesse rognées. Et la sensibilisation des jeunes à l’école reste un serpent de mer. »

En fait, de quoi parle-t-on ? Les résultats de l’étude du DEPS soulignent l’ampleur des effets d’une décennie de mutations induites par l’essor de la culture numérique et de l’internet : montée en puissance de la culture d’écran, recul de la télévision et de la radio dans les jeunes générations, déclin persistant de la lecture de quotidiens et de livres et développement de la production de contenus.

Le journal Le Monde se trompe en pointant la révolution numérique pour faire une généralisation qui, alors que nous assistons en ce moment même au colloque du cinquantenaire du Ministère à l’Opéra Comique, est loin d’être aussi évidente.

Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement et apporterons notre témoignage sur ces trois journées de colloque mais en attendant, la synthèse de l’excellente étude d’Olivier Donnat est téléchargeable en cliquant ici.

Sources : BpB, Le Monde, Ministère de la Culture et de la Communication.

Filed under: Analyses, Ingénieries, Politiques culturelles, Ressources , , ,

Tutoriel Twitter pour les bibliothèques

twitterUn tutoriel Twitter avec une présentation spécifique de l’utilisation de cet outil de microblogging pour le monde des bibliothèques vient d’être mis en ligne. Ce tutoriel Twitter est signé Sophie Cornière, bibliothécaire à la Médiathèque de Rouen et a été initialement publié dans Bibliothèques, revue papier de l’ABF (Association des Bibliothécaires de France) dans son édition de juillet 2009 (n°45). Ce dossier consacré à l’outil de microblogging le plus utilisé dans le monde a la qualité d’être l’œuvre d’une praticienne au quotidien de Twitter (@sophiebib <http://twitter.com/sophiebib>) et auteur du blog Desperate Librarian Housewife.

Il est certainement de bonne augure que des professionnels du monde de la culture « classique » s’emparent des nouveaux outils numériques, particulièrement sur la toile, pour en extraire la meilleure part qui risquerait, sans eux, de ne pas naître.

À signaler également : la parution d’un Mini Guide pro pour Twitter, par la société ConseilsMarketing, téléchargeable gratuitement, ainsi qu’une étude sur l’utilisation de Twitter par les membres du gouvernement.

Source : ministère de la Culture et de la Communication

Contact : Sophie Cornière (http://twitter.com/sophiebibhttp://sophiebib.blogspot.com/ )

Filed under: Expériences, Ingénieries, Outils , , , ,

Cycle « Créativité et Territoires »

Lille1Créativité et innocation 2009La créativité est-elle en passe de devenir le nouveau dogme du développement des territoires ? C’est ce que laisse à penser le succès des approches de la « classe créative » et de la « ville créative », respectivement promues par un économiste américain et un sociologue britannique. Ils emboîtent ainsi le pas aux consultants en entreprises qui plaident pour une émulation de l’imagination au service de l’innovation. Le système capitaliste lui-même serait en phase de mutation, au croisement de l’économie de la connaissance et de l’économie de la culture. L’artiste devient l’archétype de ce travailleur flexible, motivé et inventif, que recherchent les entreprises innovantes et les industries dites créatives. Pour attirer ces créatifs porteurs d’espérance de développement économique, les villes misent sur leurs politiques culturelles et la régénération urbaine.

Point d’orgue de cet engouement, l’Union européenne fait de 2009 « l’année de l’innovation et de la créativité », dans une définition du développement qui dépasse la dimension économique et vise à atteindre des objectifs collectifs par la valorisation des aptitudes individuelles. Situation paradoxale qui fait de l’individu créatif, libre et non-conformiste, le dernier atout des entreprises et des territoires dans le jeu d’une mondialisation hyperconcurrentielle. Au risque de l’instrumentalisation de la créativité individuelle, de la marchandisation des valeurs culturelles, d’un nouvel élitisme social, d’une ville duale et d’un développement non durable des territoires.

L’Espace culture de l’université de Lille organise, dans le cadre des Rendez-vous d’Archimède, un cycle de débats intitulé Créativité et territoires, qui débutera le 13 octobre, à Lille.
La conférence introductive,

Une conférence introductive sera donnée par Bernard Stiegler, directeur du département du développement culturel au Centre Pompidou, le 13 octobre, à 18h30, dont voici l’abstract :

  • La société de la contribution Esquisse d’une critique de la creativ economy : au cours des dernières années, un nouveau modèle de développement économique territorial a été élaboré, venu des États-Unis, dont le chef de file est John Howkins. Dans un travail publié en 2001, il reprend le concept de cluster forgé par Michael Porter et l’applique – en le spécifiant – dans le domaine des industries et technologies culturelles pour caractériser ce qu’il appelle la creativ economy. En 2002, une théorie de la creativ class est promue par Richard Florida, qui pose qu’il faut la distinguer de la working class et l’attirer dans les zones de l’économie créative. On tentera de montrer que ces propositions posent mal une véritable question – à laquelle elles apportent des réponses erronées et qu’il faut combattre : au modèle de l’économie créative, il faut opposer celui d’une société de la contribution, qui ne sépare pas la prétendue creativ class d’un côté et la working class de l’autre, mais qui repense en revanche en profondeur le travail, et en le distinguant de l’emploi.

Trois autres conférences complèteront le cycle :

  • L’artiste, l’ingénieur et les nouvelles technologies, avec Alain Fleischer, directeur du Fresnoy, Studio national des arts contemporains, le 10 novembre ;
  • L’économie du marché de la créativité, avec Yann Moulier-Boutang, professeur de sciences économiques, université de technologie de Compiègne, le 24 novembre ;
  • Droit, création et art contemporain, avec Bernard Edelman, avocat, le 8 décembre.

Contact : Espace culture Université Lille 1, Cité Scientifique, 59650 Villeneuve d’Ascq – (03 20 43 69 09 - www.univ-lille1.fr/culture ). L’entrée est libre.

Filed under: Evénements , , , , ,

Grèce, l’urgence d’une loi sur le cinéma

Théo AngelopoulosPlus de 100 réalisateurs veulent boycotter le 50e festival international du film de Thessaloniki mi-novembre car le gouvernement grec refuse une nouvelle loi pour le secteur du cinéma. Le quotidien de gauche Ta Nea écrit à ce sujet : « Cette fois-ci, la révolution des cinéastes n’a rien à voir avec les problèmes du secteur mais avec les faiblesses, l’ignorance et l’incapacité de l’Etat de mettre en place une nouvelle loi sur le cinéma. Cela fait 22 ans que la même loi est en vigueur et ces dernières années il a sans cesse été question de la réformer. … Mais le Parlement ne s’en occupe pas. Une nouvelle loi permettrait au cinéma grec de devenir compétitif … et l’Etat grec pourrait faire des bénéfices plus importants. … On se demande pourquoi l’Etat grec ne s’intéresse pas à ce genre de choses. Il y a de nombreuses raisons. Mais cela vient surtout des cerveaux entartrés et bureaucratiques des ministres responsables qui ne peuvent pas voir le secteur du cinéma comme quelque chose de créatif et de compétitif. »

Source : BpB

Filed under: Analyses , , ,

GIS culture

Parmi les news savamment distillées par Capdigital via l’événement Futur en Seine (dont l’inauguration aura lieu le 29 mai prochain), notons la récente réunion qui s’est tenue au Ministère de la Culture et de la Communication pour le lancement d’un Groupement d’Intérêt Scientifique autour des sujets de la culture. Philippe Chantepie était évidemment aux commandes et à ses côtés siégeaient Pierre-Jean Benghozi, Françoise Benhamou et Alain Giffard.

Nouvelle preuve de la dynamique du DEPS à travers le méticuleux travail de Philippe Chantepie, le choix de traiter plus fortement les projets, études et collaborations entre les chercheurs et les entreprises. Ce champ d’investigation est vaste mais surtout stratégique, à l’heure où les industries créatives et culturelles sont en pleine mutation économique, technologique et professionnelle, entraînant dans leur sillage une partie du monde de la culture dans un mouvement d’accélération que nous n’avons pas connu depuis longtemps. A suivre de prêt.

Filed under: Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles , , , , ,

Digital Britain (suites)

Le parti conservateur de Grande-Bretagne met en place un groupe de travail sur les industries créatives. Jeremy Hunt, Secrétaire à la culture du cabinet fantôme, a déclaré que ce nouveau rapport irait au-delà du rapport Digital Britain du gouvernement, dont il a félicité l’analyse pointue mais critiqué le manque de mise en pratique. « Il existe une chance réelle pour nos industries créatives de sortir la Grande-Bretagne de la récession – mais seulement si le gouvernement fait suivre l’acte à la parole », dit Hunt. Le pays serait parmi les leaders dans les industries de la musique, du cinéma, des ludiciels et de la télévision – une position initiale unique pour faire de la Grande-Bretagne le centre créatif du monde.

Le groupe de travail, qui devra soumettre son rapport à l’automne, sera présidé par Greg Dyke, ancien directeur général de la BBC. Parmi les autres membres on compte Elisabeth Murdoch, ex-PDG de Sky TV, Charles Dunstone de Carphone Warehouse, Brent Hoberman, co-fondateur de Lastminute.com et Lucian Grainge, président et directeur général d’Universal Music Group International. Le groupe sera chargé d’étudier comment encourager l’investissement dans les contenus et les systèmes à large bande à l’ère numérique, mettre en place des médias locaux durables et garantir une main d’œuvre qualifiée.

Source: BBC News

Filed under: Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles , , ,

L’Europe a voté

Le Parlement européen a voté la semaine dernière en faveur d’une proposition de directive sur la prolongation du délai de protection des droits des artistes et des enregistrements sonores et pour la mise en place de mesures complémentaires pour les artistes dans le secteur musical.

La proposition étend la durée de protection des performances et enregistrements musicaux de 50 à 70 ans afin d’éviter que les artistes perdent leurs droits alors qu’ils sont toujours en vie et dépendent financièrement des recettes de leurs droits de propriété intellectuelle. De plus la proposition met en place un certain nombre de mesures pour renforcer la position des artistes dans les négociations avec les producteurs musicaux et pour favoriser une valorisation du travail des artistes et de leur contribution créative sur le marché de la musique.

L’Association of European Performers’ Organisations AEPO-ARTIS, qui représente 28 sociétés européennes de gestion des droits d’auteur et compte 350.000 membres (musiciens, chanteurs, danseurs, acteurs, etc.), salue le vote comme un signal fort et positif. Néanmoins l’AEPO-ARTIS estime que la proposition ne répond pas à tous les besoins des artistes européens. Elle demande de plus amples études et des propositions concrètes au niveau européen en particulier en ce qui concerne les droits des artistes du secteur audiovisuel et la reconnaissance du travail créatif des artistes dans l’environnement numérique.


Source: AEPO-ARTIS, Communiqué de presse, 23.04.2009 / OCPE

Filed under: Politiques culturelles , , , ,

Forum d’Avignon

Christine Albanel signe avec Nicolas Seydoux, président du conseil de surveillance de Gaumont et président de l’association « Forum d’Avignon, Culture, Médias, Économie », une convention triennale entre l’État et l’association en vue de l’organisation du prochain Forum d’Avignon.
Au service de la diversité culturelle. Le premier Forum d’Avignon a été organisé en 2008 dans le cadre de la Présidence française de l’Union européenne. Un des objectifs principaux de cette réunion annuelle est de montrer en quoi l’investissement culturel contribue non seulement à la protection de la diversité et à la défense des valeurs de civilisation mais également à la création de richesses pour les habitants et à une meilleure compréhension des valeurs d’un pays pour les visiteurs comme pour ceux qui le peuplent.
La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été adoptée le 20 octobre 2005 à l’UNESCO. La France avait joué alors avec le Canada un rôle essentiel dans son adoption.
Le 14 avril 2009, Christine Albanel signe avec Nicolas Seydoux, président du conseil de surveillance de Gaumont et président de l’association « Forum d’Avignon, Culture, Médias, Économie », une convention triennale entre l’État et l’association en vue de l’organisation du prochain Forum d’Avignon.
Le Forum 2008. Le premier Forum d’Avignon s’est tenu du 16 au 18 novembre 2008 sur le thème de « La culture, facteur de croissance économique ». Il a réunit 250 acteurs majeurs issus des secteurs de l’économie, de la culture et des médias, mais aussi des représentants des pouvoirs publics de différents pays. « J’entends offrir un espace unique de rencontres pour créer les synergies, les passerelles entre des secteurs qui ont peu d’occasions de se rencontrer et faire ainsi émerger de nouvelles formes ambitieuses de collaboration bénéfiques pour la croissance et pour la diversité culturelle », avait alors expliqué Christine Albanel.
La première journée du Forum d’Avignon 2008 était consacrée à « Culture et développement économique » : la culture, condition du développement économique durable, et la création, levier de croissance.
La séance plénière, ouverte par Christine Albanel, avait pour thème: « Culture, crise et progrès. »
La seconde journée avait, quant à elle, pour sujet : « Le numérique à l’aube de nouvelles valeurs ?».

Source : Ministère de la culture et de la communication.

Filed under: Analyses, Evénements, Politiques culturelles , , ,

Séminaire Paris Mix (actes)

Les actes du séminaire remarquable et remarqué de Paris Mix intitulé « Territoires métisses et innovants à la rencontre de la mondialisation : quel potentiel des industries culturelles pour l’attractivité internationale d’un territoire ? » viennent d’être mis en ligne.

Les suites de cette rencontre sont attendues avec beaucoup d’impatience et d’enthousiasme.

Filed under: Evénements, Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles, Ressources , , , , ,

Echec pour les droits d’auteur

La proposition de la présidence tchèque de prolonger le délai de protection des droits des artistes musiciens à 70 ans au lieu de 95 ans a été rejetée vendredi dernier au Conseil de l’UE. Voilà plus d’un an que la Commission européenne avait offert d’allonger la période de protection des droits d’auteur des musiciens et chanteurs de 50 à 95 ans. Selon les détracteurs une telle prolongation ne profiterait qu’à un très petit nombre de labels et aux pop stars approchant l’âge de la retraite ; l’industrie musicale dans son ensemble en serait affaiblie. Sur ce Prague avait avancé une proposition de compromis, une prolongation des droits d’auteur à 70 ans qui ne s’appliquerait qu’aux artistes dont les œuvres se trouveraient déjà sur le marché lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation.
Après ce premier échec au Conseil de l’UE les maisons de disques et les sociétés de gestion des droits d’auteur craignent que la réforme du droit d’auteur ne prenne un retard important. La Musicians Union, le syndicat des musiciens britanniques, a demandé à son gouvernement  d’agir pour aboutir à un accord avant la fin de l’actuelle présidence européenne. Autrement les négociations reprendraient probablement à zéro à la suite des élections du Parlement européen cet été. Le ministre britannique David Lammy en charge des droits de propriété intellectuelle ainsi que le ministre de la culture Andy Burnham veulent également s’assurer que la prolongation profite autant aux futurs titres de musique.

Source : Heise online.

Filed under: Politiques culturelles , , ,

Digital Britain

Avec un chiffre d’affaires annuel de plus de 52 milliards de livres, les industries digitales et de la communication font partie des moteurs de l’économie britannique.

Face à la crise économique et financière actuelle elles gagnent encore en importance. Dans l‘objectif de sécuriser la position de leader du pays en matière d’innovation, d’investissement et de qualité dans les secteurs de la communication et du digital, le gouvernement britannique a développé le plan d’action Digital Britain. Ce dernier est une initiative conjointe des Ministères de l’économie (BERR), de l’innovation et de l’éducation supérieure (DIUS) et de la culture et des médias (DCMS), sous la présidence de Stephen Carter, ministre de la technologie, de la communication et de la radiodiffusion.

Le rapport Carter rassemble des propositions d’action, pour le gouvernement comme pour l’économie, pour soutenir ces secteurs industriels cruciaux. Le Digital Britain interim report publié au mois de janvier propose entre autre la création d’une UK Digital Rights Agency. Cette dernière serait chargée de lutter contre le comportement illicite des consommateurs et d’encourager le développement de contenus digitaux légaux adaptés à la demande. Le 13 mars l’Intellectual Property Office a lancé le débat en publiant le papier de discussion Copyright in a digital world: What role for a Digital Rights Agency. Le document prévoit une institution financée par l’industrie, un mélange entre la Federation Against Copyright Theft (FACT), l’Advertising Standards Authority (ASA) et une géante société de gestion des droits d’auteur. Les propositions peuvent encore être soumises jusqu’au 30 mars. Le 26 mars le Centre for Intellectual Property Policy & Management (CIPPM) organisera un séminaire sur les propositions rassemblées. Parmi les conférenciers on note la participation de Prof. Ruth Towse (sur le sujet “economics of flat rates”), Peter Jenner du Music Managers’ Forum, Matthew Cope (IPO Senior Policy Advisor) et Jim Killock (PDG du groupe de consommateurs digitaux Open Rights). Participation au séminaire sur invitation.

Si vous souhaitez participer, veuillez contacter Emily Cieciura du CIPPM (ecieciura@bournemouth.ac.uk).

Le Digital Britain interim report se trouve [ ici ]

Le papier discussion de l’IPO se trouve [ ici ]

Plus d’informations sur le CIPPM [ ici ]

Source: Centre for Intellectual Property Policy & Management (CIPPM)

Filed under: Evénements, Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles , , ,

Les propositions de l’ASEF

La Fondation Europe-Asie (ASEF) et la Fédération internationale de conseils des arts et d’agences culturelles (IFACCA) ont publié aujourd’hui le rapport et les recommandations de politique développés à partir du Mini-sommet sur les nouveaux médias, la politique des arts et des pratiques artistiques, sommet qui s’est tenu à Singapour les 24-26 Juillet 2008, et se sont engagés à poursuivre l’action au cours de 2009.

Le Mini-sommet, organisé en partenariat avec ISEA2008 (International Symposium for Electronic Arts), a rassemblé 54 artistes, de chercheurs et de décideurs de 26 pays pour développer une vue d’ensemble des principales questions ayant une incidence sur les nouveaux médias, les pratiques artistiques et de créer un cadre politique assorti d’un plan d’action. 

Les recommandations comprennent également le dialogue qui a eu lieu au cours de la dernière décennie, entre les décideurs politiques, des artistes et des praticiens. Prenant en considération la diversité des réalités politiques qui existent aujourd’hui, le rapport prône  la recherche et l’action concrètes. L’une des principales recommandations est d’établir ou de soutenir une pratique des arts médiatiques transnationaux et de partager une plate-forme politique, de promouvoir et d’informer l’évolution de la pratique des arts médiatiques.

Illustré par des études de cas et des éléments chiffrés, le rapport comprend également les résultats d’une enquête menée dans le cadre de la préparation de l’événement. 

Quatre thèmes ont été abordés : 

  • l’intelligence ambiante, le web 2.0 basés sur la localisation des médias, 
  • la recherche créative, la conception itérative des cycles, la recherche universitaire et les communautés créatives, 
  • open source et les réseaux ouverts: le rôle des nouveaux médias indépendants de petits laboratoires, 
  • l’éducation aux médias, les médias, la société civile.

Filed under: Evénements, Expériences, Politiques culturelles , , , , ,