Cultural Engineering Group Weblog

Services & Ressources en ingénierie culturelle

Communicating Museum

Plus de 270 musées représentant 29 pays se sont rassemblés en juin dernier à Venise pour discuter des meilleures pratiques et des nouvelles perspectives de stratégie de communication.

La prochaine édition de Communicating Museum vient tout juste d’être dévoilée, elle se déroulera du 24 au 27 juin 2009 à Malaga en Espagne. Le thème général de cette année sera « Personal and Digital Networking: making the most of the connected world ». De nombreux enjeux seront traités, notamment :

  • que signifie travailler en réseau aujourd’hui ?
  • comment se connecter, comment connecter les institutions dans les réseaux numériques locaux et nationaux ?
  • comment identifier et utiliser les principales plate-formes socio-professionnelles ?

Pour plus d’informations, cliquez ici.

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Villes et événements

Lille2004Le 6 décembre dernier s’est tenu à l’Institut de Géographie de Paris un séminaire scientifique intitulé « l’événementiel et les villes touristiques », sous la coordination et la direction d’Edith Fagnoni (Maître de conférence – Université Paris 4, IUFM) et de Jérôme Lageiste (Maître de conférence – Université d’Artois).

Cette journée était fondée sur la question de l’événement comme valorisation de la ville, partant du constat que l’événementiel dans les politiques urbaines est un enjeu majeur de l’attractivité des territoires et devient un outil à part entière de leur développement.

En attendant la publication des actes de cette journée particulièrement dense, nous revenons sur quelques points et enseignements qui visent en cette période de crise à donner des perspectives, perspectives qui ont généralement tendance à s’effacer devant l’urgence et la gestion du court terme. En effet, si par définition l’événement relève de l’éphémère (même récurrent), son inscription dans les territoires dépend désormais d’une gestion qui ne peut être à court terme si l’on veut développer une offre culturelle et touristique qui soit non seulement structurante et durable mais également efficiente.

Si l’événementiel renvoie aujourd’hui de plus en plus à une compétition entre les villes, voire une concurrence, la recherche de l’inscription de ces événements dans la durée conduit à structurer autrement les stratégies urbaines et les politiques d’image des villes. La journée a témoigné très largement de ces aspects en s’appuyant sur des exemples de manifestations éphémères et pérennes pour tenter, à travers différentes approches catégorielles, de construire une réflexion sur les effets sociaux, spatiaux et temporels de la dynamique urbaine.

Nous avons souhaité revenir sur l’exemple de Montréal car cette métropole démontre depuis les années 60 qu’on peut conjuguer des préoccupations très différentes à partir d’une stratégie globale d’image à l’international qui fixe des objectifs et favorise une synergie d’acteurs essentiels à l’amélioration du cadre de vie de la ville.

Jusque dans les années 1960, Montréal était la plus importante ville canadienne. Mais avec la réorientation progressive de l’économie nationale vers les États-Unis et le déplacement du centre démographique canadien vers l’ouest, Toronto était mieux placée pour un développement rapide. Pour retrouver une dynamique de développement, il fallait concevoir un axe fort de valorisation et de promotion de manière à attirer l’investissement, imaginer des projets ambitieux et consensuels et aménager la ville pour qu’elle crée de meilleures conditions d’accueil, de croissance et de qualité de vie.

À ce titre, Montréal est un exemple frappant de volonté politique. Le maire de l’époque, Jean Drapeau, a effet eu un impact très fort sur la ville, en mettant en œuvre dès son élection un programme visant à développer l’image de Montréal comme ville internationale. Le pari était audacieux : faire de Montréal en 10 ans une ville qui compte parmi les grandes métropoles d’envergure internationale. En l’espace de 10 ans, le pari fut réussi, ce qui constitue un véritable tour de force. Et les événements y ont joué un rôle déterminant.

À partir du milieu des années 60, comme le rappelle dans son introduction Florence Smits (maître de conférence à l’Université Paul Verlaine de Metz), Montréal a fortement axé sa promotion touristique et son image sur les événements, qu’il s’agisse de manifestations de grande ampleur (Exposition Universelle 1967, Jeux Olympiques 1976) ou de festivals et événements ponctuels plus ou moins renommés (Grand Prix du Canada, FrancoFolies, Montréal en lumières, pour n’en citer que quelques-uns).

Cette double stratégie basée sur la conjugaison du tourisme et de l’événementiel s’est traduite par une évolution certaine du paysage urbain et de l’image de la ville, des retombées économiques fortes et une pratique urbaine qui utilise largement les espaces publics.

Les retombées sont inégales mais les enseignements de cette stratégie sont triples :

  • une image et une économie dynamisées, à travers une inscription forte sur la carte du monde en tant que ville ouverte, festive et accueillante, relayée par des initiatives fortes pour attirer les investisseurs étrangers,
  • un paysage urbain modifié (voir l’histoire des réaménagements de l’île Saint Hélène et l’île Notre Dame par exemple),
  • des espaces publics propices aux manifestations, intégrés dans une certaine pensée de la gestion de la ville, avec des pratiques urbaines uniques, donnant l’image d’une ville en fête soucieuse de permettre la cohabitation entre événements et vie quotidienne.

Hélas, cette période structurante de développement qui a débuté dans les années 60 donne des signes de fragilité. En effet, si le calendrier des événements de la ville est désormais très complet tout au long de l’année, son financement, son renouvellement et sa pérennisation ont un coût important qui ne peut être négligé et qui doit être pris en compte. Le grand prix du Canada n’aura pas lieu cette saison par exemple car la contribution de la ville est insuffisante de 30 millions de dollars environ (sur un coût total de 135 millions). La perte d’un événement de cette taille a des répercussions importantes en termes d’image et de présence de partenaires internationaux. Lorsque la politique d’image d’une ville s’appuie fortement sur des événements de cette dimension, elle en est fragilisée si elle ne parvient pas très vite à trouver de nouveaux moyens de capter les flux qui compenseront le manque à gagner. En termes d’image, une ville ne peut se permettre de régresser.

Paris par exemple a connu un accroissement considérable de sa notoriété et de son patrimoine urbanistique au fil des quelque 8 expositions universelles qu’elle a organisé en près d’un siècle (ville record en la matière). On peut également prendre deux exemples contradictoires pour Paris : l’effet de la coupe du monde 1998 et la non-obtention des jeux olympiques de 2012. On voit parfaitement que ces grands événements sont de formidables atouts et opportunités dont le revers de la médaille est constitué de périodes plus ou moins longues de perte d’attractivité qui nécessitent de nouvelles dynamiques d’investissement pour être atténuées et surmontées.

La perte d’attractivité de Montréal se mesure bien entendu au regard de la concurrence des autres grandes destinations de la planète. Cette concurrence est en effet plus sévère et s’élargit dans un espace qui est toujours plus mondialisé, avec un public de plus en plus exigeant et une certaine unicité proposée des produits et des offres.

Si aujourd’hui cette politique semble montrer les limites dont témoigne la perte d’attractivité de Montréal, ceci oblige les acteurs montréalais à repenser leur stratégie, notamment en termes de choix de programmation, de politiques d’accompagnement du développement et de politique d’aménagement, car le contexte évolue.

Faut-il créer et/ou accueillir de nouvelles formes d’événements d’envergure internationale pour relancer la dynamique ? Faut-il rénover voire repenser l’image de la ville ? Le maire actuel Géral Tremblay a par exemple mené des initiatives fortes dans le domaine de la coopération inter-métropoles (Paris figure parmi les grands axes de coopération).

La grande réussite de Montréal a reposé sur des investissements importants pour mener conjointement une stratégie d’influence et de rayonnement culturel de loisirs grand public avec une politique d’infrastructures et d’accompagnement des événements afférents.

La crise est là pour nous rappeler que sans investissement pour soutenir les infrastructures actuelles, celles qui sont en projet, l’activité sectorielle et les activités rassemblant certains secteurs porteurs (notamment les grappes économiques), les restrictions qui se mettent en place fragilisent bien des schémas.

Ces quatre dernières années, Montréal a su montrer sa capacité d’investissement dans des secteurs de pointe comme le multimédia, l’image, les TIC en agrégeant un cluster certes encore fragile mais parmi les tous premiers au monde. Les événements et les acteurs basés à Montréal dans ces domaines sont particulièrement actifs et il y a fort à parier que ce qui peut être réussi dans des domaines aussi pointus des industries créatives peut également s’appliquer à une plus grande échelle de public pour constituer de nouveaux produits touristiques d’appel.

Le niveau de maturité du Canada dans le domaine des partenariats public-privé permet par exemple d’envisager (dans un contexte de politique nationale et régionale certes très tendu) de nouveaux grands projets structurants (nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain article).

Une politique basée sur l’événementiel de renommée mondiale repose sur l’investissement des structures pour un impact touristique durable. En revanche, l’événementiel même à caractère régulier ne suffit pas à construire une image ni à faire une politique. Il y a donc des corrélations à établir pour construire des flux touristiques qui cohabitent parfaitement avec la qualité de vie dans la conception de la politique de la ville.

Il serait intéressant par exemple de comparer la conception et la mise en œuvre de Montréal en lumières ou de son Quartier des spectacles avec d’autres quartiers de grandes métropoles qui sont concernés par des grands événements réguliers. On verrait assez aisément que dans le premier cas il y a une tentative de créer un tissu territorial et un espace public intégrant des activités qui proposent entre autres de l’événementiel aboutissant à des quartiers mixtes particulièrement vivants, et dans le deuxième cas (prenons l’exemple de Paris avec Nuit Blanche ou Paris Plage) nous observons ce qu’Edith Fragnoni appelle un urbanisme d’image.

En France, de nombreux festivals sont confrontés à la difficulté de leur inscription pérenne dans leur territoire. De nouveaux projets parisiens, nantais, marseillais, lyonnais et bordelais en cours de conception sont toutefois en train de générer des espoirs importants dans la manière d’occuper et irriguer le territoire tout en participant à une offre culturelle et touristique qui peut s’intégrer dans le marketing d’image de ces villes. Nous en parlerons sur CEG dès la rentrée.

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Marketing culturel des villes

Le centre des médias maltais organise à Valeta du 8 au 12 avril 2009 une conférence internationale dédiée aux nouveaux opérateurs culturels et touristiques qui participent à l’image de marque des villes artistiques / métropoles créatives. 

Ces rencontres seront plus particulièrement dédiées à l’analyse des produits et services en développement dans les nouvelles formes de tourisme dans les villes qui possèdent un patrimoine artistique et culturel d’envergure internationale sans être pour autant considérées comme capitales artistiques. Il s’agit de la première initiative rassemblant des villes qui, pour des raisons économiques conjoncturelles ou structurelles notamment, n’ont pas encore exploité pleinement la valeur ajoutée de l’art, de la culture et des créateurs pour leur tourisme et le marketing de leur image de marque.

À noter que les citoyens et ressortissants des pays de l’Union Européenne peuvent solliciter via le programme Grundtvig III une aide à la prise en charge des frais de voyage, de séjour et d’inscription.

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Havana-Cultura

Havana-Cultura est un nouveau portail sur l’art cubain, une fenêtre ouverte sur une culture à l’état pur. Nous en avions brièvement parlé au début de l’éte mais voici un peu plus d’information parmi les parutions sur le net, histoire de réchauffer l’ambiance de cet automne glacial.

Lancé au printemps 2007, Havan Cultura est le portail délivrant le contenu mécénat du groupe Havana Club International SA (joint-venture franco-cubaine créée en 1993 entre la société cubaine Cuba Ron SA et le groupe français Pernod Ricard), visant à valoriser la culture contemporaine cubaine.

Dès la première visite, on note que la singularité de ce site ne va pas seulement tenir à la qualité et à l’originalité de son contenu. L’interface qui a été conçue propose et intègre les modes actuels des différents sites de médias sur Internet. La conception du site en full flash est d’ailleurs un atout remarquable pour mettre en valeur le contenu. L’impression d’être “à l’intérieur” du média affranchi l’Internaute du média en tant que tel. Cette belle réalisation a reçu le Cyber Grand Prix au festival de la publicité de Méribel.

En coulisses, c’est une équipe de production TV, des photographes, des journalistes et des experts en communication qui voyagent à Cuba à la recherche de sujets intéressants. Sur ce site, vous y découvrirez de jeunes musiciens, des sculpteurs, stylistes, écrivains et danseurs qui vivent à la Havane.

Dans une ambiance festive, le site Havana-cultura regorge d’informations sur l’art cubain. Ce site ovni a débarqué dans un Cuba où la culture si riche et intense est dans une situation chaotique et manque d’initiatives soutenues et encouragées par du partenariat. Loin des clichés habituels, ce portail régulièrement mis à jour valorise le Cuba qu’on a envie de découvrir, loin des sentiers battus, où la culture et la création y retrouvent leur place historique et fondatrice.

 

Le site est une initiative de la marque de distillerie Havana Club. Pour autant, la marque se fait très discrète et tout l’accent est mis sur la découverte de l’art cubain. Un parti pris intéressant quand on sait que la marque a mis un point d’honneur à proposer aux internautes une vision originale sur Cuba et plus particulièrement la Havane.

“Nous ne vendons rien directement sur ce site. Ils ont pour unique but de donner aux gens l’envie de découvrir la marque et Cuba”, signale François Renié, directeur de la communication de Havana Club International.

 

Havana-cultura.com a été construit en flash, technologie généralisée aujourd’hui mais qui n’optimise pas le référencement d’un site web. “Il a fallu mettre en place un procédé technique spécifique afin d’indexer les pages sur les moteurs via un système de calques”, indique Bertrand Hamelin, executive SEO (Search Engine Optimisation : référencement naturel) chez LSF Interactive. Un système composé de calques flash, accessibles par l’internaute, et de calques html pour que les moteurs en comprennent le contenu.

Aucune action promotionnelle n’a été élaborée pour le lancement du site Havana-cultura. En faisant appel dans un premier temps à la communauté cubaine anglophone, Havana Club a choisi le bouche-à-oreille. En collaboration avec BuzzParadise, Havana Club communique en ce moment avec les blogueurs d’Europe (France, Espagne, Italie, Allemagne) pour diffuser l’information à un plus large public. Aussi, leur ingénieuse stratégie de référencement leur permet d’attirer la moitié du trafic.

La démarche est suffisamment singulière pour qu’elle soit notée et remarquée. Maintenant, il s’agit de nous en dire plus sur le rôle et l’engagement du média Havana-cultura.com sur le terrain et dans la durée. Peut-on se saisir d’un tel outil pour contribuer à la vie culturelle d’un territoire a fortiori Cuba où l’expression culturelle est encore fortement “cadrée” ? Quelles sont l’audience et les profils d’utilisateurs ? Quels sont les premiers impacts depuis le lancement ? Comment le site peut-il aller plus loin dans le soutien et la valorisation de la création et de la culture cubaine contemporaine ? Cet outil préfigure-t-il de nouveaux types partenariats ? La marque Havana Club entend-elle développer son implication ? On aimerait en savoir plus… Du coup, nous allons poser nos questions. A suivre donc.

Source:  www.journaldunet.com 

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Culture business

“Le sponsoring est mort” a récemment déclaré Colin Tweedy de Arts & Business en Grande-Bretagne. A partir de cette déclarration qui vise à éveiller les consciences, le forum “Investissement privés et institutionnels dans l’art” qui s’est tenu les 20 et 21 novembre derniers à la Cité de l’architecture et du patrimoine, a posé et débattu des questions chaudes du moment : ls partenariats commerciaux ou de compétence ont-ils remplacé les opérations de mécénat jugées trop classiques et sans réelle valeur ajoutée ? Que sont devenues les relations gagnantes entre sponsors et institutions? Quelles sont les grandes orientations du sponsoring dans l’art en Europe aujourd’hui ?

Au programme de la manifestation :

  • 2 jours stimulants de discussions et de rencontrespour apprendre et échanger sur les meilleures pratiques internationales du sponsoring dans les arts
  • 25 intervenants experts du sponsoring international
  • 6 conférences plénières
  • 12 études de cas
  • plus 200 professionnels internationaux du sponsoringdans le monde des arts et des affaires.

Et parmi les sujets qui ont été traités :

  • Revitaliser ses stratégies de sponsoring
  • Créer des offres de sponsoring innovantes et à forte valeur ajoutée
  • Attirer de nouveaux sponsors à dimension internationale
  • Apprendre à cibler et démarcher de nouveaux prospects
  • Maximiser le retour sur investissement – ROI
  • Connaître le cadre juridique des politiques de mécénat en Europe

A suivre sur CEG, quelques réflexions et compléments en marge de la manifestation.

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Culturebox

La chaîne de télévision France 3 vient de lancer sur Internet un guide culturel en vidéo s’appuyant sur les reportages des soixante rédactions régionales ainsi que sur les programmes nationaux de la chaîne.

Baptisé «Culturebox», ce portail propose plus de mille vidéos regroupées par thèmes (expositions, rock, littérature…). Très simple d’utilisation, ce service est une belle innovation et exploite parfaitement la politique de proximité de la chaîne. Il permet par exemple aux internautes de s’informer sur les activités culturelles de leur région et de découvrir les artistes qui exposent ou jouent près de chez eux. 

Plus d’informations  [ ici ]

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Filière Création-Mode-Design

La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris vient de publier une étude sur la filière “Création-Mode-Design” à Paris et dans sa région. Par une approche économique, cette étude invite à une analyse de l’apport potentiel du design et de la création de mode à l’économie française et plus particulièrement à celle de sa région capitale.

Une première partie  présente le périmètre des activités de la mode et du design, dans leur
acception la plus actuelle. Une seconde partie est consacrée à l’impact de cette filière sur
l’ensemble du tissu économique et au positionnement de l’Ile-de-France dans ce domaine. L’étude se conclut sur la proposition de pistes d’actions propres à favoriser le dynamisme de la filière.

“La filière Création-Mode-Design en Ile-de-France : situation, perspectives et propositions” est en vente sur la boutique CCIP [ ici ]. Il est également possible d’acheter le format téléchargeable [ ici ]

Source et rédaction:  Alexandrine Ohlmann-Waucampt / ARIST

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Art et marketing

Art et marketing, stratégies de promotion et de diffusion de l’art / auteur : Rafael de Garay.

C’est un ouvrage original, nouveau, qui aborde de manière directe et professionnelle l’ensemble des questions de diffusion, présentation, vente des œuvres d’art et de défense de la création.
Art et marketing apporte des idées, des solutions, des retours d’expérience, croisant réflexions méthodologiques, témoignages et présentation des outils et moyens du marketing pour l’art.

L’ouvrage est disponible sur http://www.alapage.com et sur http://www.arsvivens.net .

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La fin du facteur Wow !

La branche automobile a fortement contribué à établir les architectures du logo [une architecture sans pareil] en Allemagne. A présent la construction iconique des stars de l’architecture pourrait bien être une des victimes collatérales de la crise financière, déclare Gerhard Matzig dans le Süddeutsche Zeitung. “Le problème du déclin du rendement, des peurs de l’avenir, de l’ambiance de crise et de la crise identitaire ne concerne pas uniquement BMW [le constructeur automobile fortement touché] qui s’est justement construit autour de son identité. … Cela vaut naturellement aussi pour toutes les autres secteurs – dans l’ordre exact où la crise économique agit comme une crise systémique. … Les architectes, en tant à la fois que producteurs naturels de représentations spatiales efficaces et d’alliés naturels non-fictionnels de l’économie réelle, se voient attribuer, dans cette ronde, le rôle de l’aspect symbolique. L’architecture des marques agit avec le système des signes et avec les moyens de la rhétorique : dans le futur, elle ne sera pas touchée uniquement par des moyens financiers manquants – mais aussi en tant que secteur de fourniture de la symbolique elle-même.”

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Publics et markéting culturel

Le Conseil des arts de l’Angleterre vient de publier de nouvelles recherches qui fournisent un nouvel aperçu de comment et pourquoi le public anglais se passionne pour les arts.

Cette étude, la plus complète à ce jour, analyse la façon dont l’art s’inscrit dans notre vie quotidienne. La recherche va bien entendu au-delà des statistiques des box-offices et définit une échelle de 13 critères de consommation et de pratique.
 
Ella Muers, directeur du marketing et du développement du Conseil des arts de l’Angleterre, dont le département publie cette recherche, a déclaré: “la segmentation des publics de cette façon est un marché reconnu comme outil de recherche, déjà utilisé par de nombreux organismes des arts. Ce qui différencie notre approche est qu’elle couvre tous les adultes anglais, et pas seulement une catégorie de public, qu’elle commence par les arts plutôt que d’autres caractéristiques sociales, et elle rassemble la fréquentation et la pratique des arts, dans et hors de la maison”. 
 
La recherche montre que la majorité de la population entre dans l’un des sept segments “modérément engagés”, mais même à l’intérieur de ces segments les intérêts et les motivations varient s’il s’agit du temps de loisirs ou non. Cela donne à penser qu’il y a beaucoup de potentiel pour accroître l’intérêt pour les arts, et qu’une approche «taille unique» ne fonctionnera pas. 

Dans cet esprit, le Conseil des arts va utiliser la recherche pour aider à planifier la conception et la réalisation d’une nouvelle campagne visant à encourager l’expérience et les plaisirs des arts au plus large éventail possible de personnes et ce dans toute l’Angleterre. 

Le Conseil espère également que les institutions artistiques, les autorités locales et les organismes travaillant dans le domaine des arts seront en mesure d’utiliser la recherche pour informer leur public et améliorer le développement des plans de marketing culturel.

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“Fresh out of the box”

“You change the exhibition” est une opération de promotion reprenant le concept de Musée 2.0 pour une exposition à venir au musée de Puke Ariki en Nouvelle-Zélande intitulée “Taranaki Culture – Fresh out of the Box” qui ouvrira le 1er mars 2009. Elle permet de susciter l’intérêt des visiteurs pour chaque objet de l’exposition et le projet se compose de deux parties : une partie en ligne, l’autre partie dans le musée. La première partie propose 15 objets présentés dans l’exposition dans des boîtes translucides et lumineuses éclairées sur un fond bleu. La lumière indique l’intérêt des visiteurs en ligne, du plus sombre au plus intense, en fonction de l’attention que est portée sur tel ou tel objet.

L’intérêt et l’attention des visiteurs sont aussi mesurés et présentés dans le musée et relaient ce qui se passe en ligne. Une manière originale de solliciter des parcours d’exposition imprévisibles mais aussi une manière de mesurer et d’élargir l’audience. Un cas de conscience pour les musées ?

Le site de l’exposition : http://www.youchangetheexhibition.co.cc

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Le sacré et le profane

Parmi les articles récents parus sur la planète blog à propos des problématiques marketing, « Les marques peuvent-elles être éternelles ?» a retenu notre attention. En effet, le propos développé interpelle au regard de ce qui est en train de se passer depuis quelques années dans l’univers des marques face aux enjeux culturels (au sens large). Nous profitons de la contribution fort intéressante du blog d’Olivier Billon, pour revenir à février dernier, où nous avions rencontré des responsables marketing de grands comptes dans le cadre d’un workshop sur le marketing culturel. En marge de cette rencontre, les discussions se sont portées sur la relation entre sport, industrie et culture (et plus particulièrement l’art et les technologies). Quelques semaines plus tard, on nous questionnait sur la relation entre sport et création numérique dans la perspective d’un important événement à venir pour le stade de France. Nous livrons ici une synthèse de ces réflexions augmentée de commentaires suscités par l’article d’Olivier Billon.

 

La décennie qui vient de s’écouler a vu s’intensifier et s’accélérer l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans notre vie quotidienne, c’est une banalité que de le dire. Aujourd’hui, il est difficile (mais parfois salutaire) de vivre dans un monde « déconnecté » et chaque semaine qui passe voit fleurir de nouvelles applications, services ou expérimentations qui offrent de nouvelles possibilités et ouvrent sans cesse de nouvelles perspectives d’avenir et de progrès (la fameuse triade de la nouveauté…).

Au-delà du discours technophile, le mouvement de fond qui s’est engagé a désormais atteint un niveau industriel et c’est à l’échelle des marchés internationaux que les choses se situent dorénavant.

Les loisirs, et tout particulièrement le domaine des sports, sont l’objet de développements riches et variés. Du simple jeu de simulation ou d’imitation aux applications logicielles complexes utilisées pour la préparation des sportifs professionnels, les nouvelles technologies ont pris une importance considérable.

L’intégration des loisirs est massive et évidente. En revanche, si la sphère du sport a connu une pénétration de marché massive, elle fut néanmoins plus discrète tout au moins au début, du fait de la force de la chaîne de valeurs éthiques et morales qui le régissent (osons encore l’espérer…).

Avec ce qu’on appelle l’accélération technologique, les technologies sont progressivement sorties du domaine relativement confidentiel de la « R&D » pour entrer dans la sphère de l’innovation, terme très à la mode aujourd’hui ayant une vocation publique plus accessible. Celle-ci touche à des disciplines et des ingénieries plus « molles » et favorise la convergence entre plusieurs domaines, création-industrie notamment.

Ainsi, le marketing et la communication peuvent plus aisément jouer le rôle de vecteur d’image, de sens et de valeurs pour les marques qui innovent dans leur secteur.

Les designers et les artistes sont les premiers acteurs des industries créatives qui sont concernés par ce phénomène et pour ne parler que du domaine sportif, ce qui était demeurait dans l’alcôve du secret des entraînements et de la préparation des athlètes est devenu massivement appropriable par le public consommateur-spectateur-citoyen. A noter que tout ceci est fortement relayé et impactant auprès du public du fait des préoccupations sociétales liées au bien-être, à l’hygiène de vie, à la santé et au développement durable. Les vêtements et les aliments dits « intelligents » en sont les fers de lance.

Toujours est-il que les loisirs et le sport sont aujourd’hui en pleine mutation via le bouleversement de l’innovation et de l’apport du design. Ceux-ci sont les deux bras armés d’un développement industriel qui correspond à des attentes universelles et immédiatement appropriables à une échelle de mass-market.

Les stratégies des marques de sport savent parfaitement jouer avec ces tendances et occupent de plus en plus l’imaginaire collectif et individuel (on parle de « personnalisation de l’environnement consommateur »). Pour aller plus loin dans cette logique qui tente de conjuguer profit et démocratisation culturelle, le storytelling des marques ne devient alors que la conséquence de mouvements industriels pensés très en amont par différentes synergies et dont le cas Nike+Apple (dévoilé à Apple Expo 2008) est un exemple significatif.

Apple et Nike travaillent en effet ensemble sur un certain nombre de produits depuis début 2006. Le premier produit issu de cette collaboration est un kit Nike+iPod Sport (http://www.apple.com/ipod/nike/) qui permet d’afficher en temps réel sur l’iPod nano, lors d’un jogging, le nombre de calories brûlées, la distance parcourue ainsi que la vitesse. L’utilisateur peut également être informé via ses écouteurs. Cet accessoire qui fait le lien entre l’iPod et les chaussures de l’équipementier vient d’être commercialisé au prix de 29 $.

Mais ce n’est pas tout, Nike et Apple, avec ce kit, veulent faire de l’iPod nano un coach. Une version à venir d’iTunes permet d’aller récupérer des données sur NikePlus.com afin de s’entraîner plus efficacement. Via le site de Nike et iTunes, il est possible d’avoir un bilan des différents entraînements, de comparer les performances à d’autres membres, d’écouter des pistes de lectures contenant les conseils de grands champions Nike (Lance Armstrong, Paula Radcliff, Steve Nash, Lindsay Davenport, Ronaldo, Vince Carter ou Alberto Salazar) pour travailler sa motivation, des musiques spécialement conçues pour rythmer la course et pousser l’athlète lambda à dépasser ses limites, etc.

Steve Jobs a déclaré vouloir amener la musique et le sport à un autre niveau. Ce mouvement est bel et bien en marche… A noter que tout récemment (mars 2008), Samsung et Adidas ont annoncé leur accord industriel pour le micoach qui sortira tout prochainement.

Pour assurer la promotion de ces collaborations, la stratégie n’est plus d’afficher du logo ni d’être présent. Il faut devenir acteur, entertainer et prescripteur. Les marques développent ainsi des opérations d’envergure publique qui ratissent large (dans le cas de Nike, du Nike Park aux défilés de mode), s’appuyant notamment sur des personnalités publiques incarnant des valeurs positives et diffusant simultanément les valeurs de la marque, facilitant de fait le gain de contrats d’envergure comme récemment dans la guerre qui sévit pour les maillots des équipes nationales. Elles combinent dans ces événements création-innovation-marketing pour générer des tendances lourdes qui vont dans le sens de la convergence en tant que phénomène générationnel et pénètrent le cadre de vie. En étant acteur, entertainer et prescripteur de ces tendances, les marques poursuivent leur développement industriel et stratégique en passant comme le dit justement Olivier Billion d’un marketing du produit à un marketing de l’expérience.

Mais au-delà de ce nouvel être au monde, c’est une quête de sens que les marques poursuivent ou tentent de pérenniser dans un monde à la stabilité pour le moins capricieuse. En temps de crise, nombreuses sont les marques qui reviennent sur les fondamentaux de leur chaîne de valeur et interrompent cette quête de sens. Le storyteller redevient un concepteur-rédacteur dans des agences (ou des groupes) qui ne jurent que par le 360°. Le monde devient de plus en plus paradoxal. Pour exister la marque doit désormais être auratique.

S’il est disproportionné de faire le parallèle avec la religion, les stratégies de communication sont curieusement comparables au fait religieux, au goût pour le sacré, en pleine crise de responsabilité sociétale. On est plus dans la crise morale en fait. Ces marques, tout comme le Vatican, prônent un retour aux vraies valeurs. La vie, la vraie comme dirait l’autre ou la messe en latin, à vous de choisir.

L’intimité de la relation à une marque joue sur les mêmes ressorts esthétiques que ceux présents dans l’attrait pour le sacré. On nage en plein Walter Benjamin et c’est loin d’être fini.

Au final, il y a un besoin gigantesque de supplément d’âme et ce sont les artistes, les architectes et les designers qui apportent aux marques de nouvelles perspectives d’avenir tout en conférant un caractère sacré à leur ADN (Apple en est sûrement l’exemple les plus remarqué), générant parfois des comportements proches de l’hystérie dans l’inconscient individuel et collectif. Pour revenir au sport comme exemple de certaines évolutions dans les stratégies des marques (Apple+Nike), celui-ci permet de développer une gamme de produits à forte valeur ajoutée, qu’ils soient issus d’un univers High-Tech ou artistique. Le sport étant universel, il peut sensibiliser tout le monde et pour rester dans la cour des grands, il ne s’agit plus de sponsoring. Si le sportbusiness a différentes facettes particulièrement génératrices de profits, il faut noter que plus que jamais c’est le consommateur qui est au coeur de la stratégie. Pour toucher et fidéliser ce dernier grâce à des valeurs (et non plus grâce à des logos présents), il convient d’activer des leviers culturels (au sens large du terme) pour capitaliser sur des cultures de masse et les renouveler. C’est un enjeu profond pour les métiers des industries créatives et les designers et les artistes y jouent un rôle prépondérant. Il y a fort à parier que les industries créatives vont de plus en plus jouer les sparing partner pour beaucoup d’autres industries plus traditionnelles dans leur transition vers leurs nouveaux développements et dans la perpétuation de leur valeur identitaire. Pour conclure et méditer sur cela, citons Agamben qui en développant une conception plus politique du concept de profane explique : “profaner, c’est restituer à l’usage commun ce qui a été séparé dans la sphère du sacré”.

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