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A propos des « Creative cities » / 1

©Sookie

Depuis quelques années, on voit fleurir en France les termes de « Ville créative », de « Métropole créative » ou de « Région créative », où la culture joue un rôle tout particulier pour ces territoires. Ces termes (issus du terme anglais « creatvie cities ») trouvent leur source dans de nombreuses formes et théories, notamment celles de la gouvernance économique des territoires. Elles ont été remises au goût du jour par les livres de Richard Florida, ouvrages qui ont remporté un succès considérable auprès des écoles de sciences économiques et de sociologie, ouvrages qui ont aussi eu trop tendance à éclipser toutes les autres contributions du fait d’une « mode Florida ».

Mais en réalité de quoi parle-t-on ? A chaque fois qu’une étude (souvent anglo-saxonne) met en évidence que l’impact économique direct et indirect de la culture sur un territoire est très positif, elle est immédiatement reprise par nombre de politiques ou des acteurs territoriaux dans des discours ou des projets plus ou moins heureux alors qu’au même moment on trouve des contre-arguments qui font plus que pondérer la question.

Le problème restera entier en France tant qu’on n’établira pas des critères d’évaluation pertinents et tant qu’on considérera la culture comme une politique sectorielle. Sur ces deux questions, il y a une grande effervescence intellectuelle et des mouvements de fond qui sont désormais bien engagés, avec de nombreux exemples d’expériences et d’initiatives qui pourraient bien, dans un contexte de RGPP et de réforme des collectivités territoriales, faire hésiter plus d’un politique pour investir ou investir à nouveau dans la culture et la créativité alors qu’elles sont des clés de leur avenir.

Du champ de l’analyse au champ du marketing territorial, il n’y a qu’un pas lorsqu’on se situe dans une concurrence de plus en plus forte et qu’il faut trouver des concepts, des stratégies, des expérimentations qui permettent de se distinguer du lot. Or, comme pour la culture, personne n’est véritablement d’accord sur la définition à donner aux « Villes créatives », c’est en fonction de la spécificité du territoire, de ses objectifs et de sa prospective qu’on voit des initiatives se prendre et des stratégies se mettre en œuvre, initiatives et stratégies qui ont un impact majeur sur le rayonnement et l’attractivité de ces villes.

On trouve donc autant d’appropriations du terme que de situations locales et il nous est apparu utile de mettre en évidence les typologies et les enjeux d’abord sur le plan technique et affectif, pour ensuite décrire les pratiques du genre en France et ailleurs lors de prochains articles.

Quelques aspects « techniques »

Eléments de définition

Le terme « creative cities » vient de la sédimentation de plusieurs thèses depuis les années 60 qui traitent de la créativité en milieu urbain (de Jane Jacobs à Richard Florida en passant par Pier Luigi Sacco, pour résumer). Au départ il s’agissait de définir un modèle de planification urbaine centré sur la créativité et l’innovation. Depuis, l’approche s’est diversifiée et fortement élargie pour prendre des formes très différentes et donner lieu à une impressionnante palette de possibilités pour la gourvernance, la dynamique et l’attractivité territoriales.

Les « creative cities » sont multiples dans leurs formes et leurs organisations mais elles se distinguent toutes par une place centrale accordée à la culture, à la créativité ou à l’innovation, susceptibles de stimuler, contribuer et/ou piloter au développement de plusieurs secteurs d’activité (tourisme, recherche et enseignement, événementiel, développement économique, action sociale, etc.).

Les formes les plus connues sont de trois types :

  1. les « creatives cities » qui visent d’abord des enjeux économiques et des retombées par la culture ou la créativité, on parle les districts territoriaux (ou clusters, ou grappes) : terme désignant l’organisation d’une filière d’activité sur un territoire donné, filière qui doit « conduire » une part importante de la dynamique économique et de l’attractivité du territoire. Historiquement, ces districts étaient plutôt industriels (le textile et la chaussure en Italie, l’horlogerie dans la vallée de l’Arve, etc.), on parle aussi pour certains de Systèmes Productifs Locaux (SPL), puis sous l’effet conjoint de la révolution des industries culturelles (massification des moyens de création, production et diffusion) et de la mutation de l’économie vers le tertiaire, ils ont fortement pris d’assaut les domaines des industries dites « créatives », de l’innovation et des nouvelles technologies. Par exemple à Montréal, il existe une grappe des acteurs du numérique et des nouvelles technologies. L’exemple le plus connu étant bien entendu la Silicon Valley en Californie. En France aujourd’hui, on fait aussi l’amalgame avec les pôles de compétitivité, pour de bonnes et de mauvaises raisons d’ailleurs. Mais dans tous les cas, cette catégorie s’appuie sur des stratégies d’investissements relativement importants au niveau des équipements et des infrastructures.
  2. les « creative cities » qui ont une visée plus large, une politique d’amélioration de la qualité de vie, de l’image et/ou du rayonnement territorial  :  elles se fondent d’abord sur des stratégies qui visent à faire converger plusieurs secteurs vers des principes d’actions horizontaux (transversalité). Elles s’appuient fortement sur les logiques de marques ou de labels (au sens du marketing territorial). Elles sont en général assez prospectives (misent sur un plein impact à moyen terme) et sont très entraînantes pour les acteurs du territoire. Ces villes sont de plus en plus nombreuses et il faut bien reconnaître que chaque ville est son propre modèle, modèle qui relève d’une étude approfondie et stratégique de leurs forces, de leurs atouts, de leurs perspectives leur permettant de se différencier fortement. En général ces villes misent sur un ou deux fer(s) de lance pour fédérer le maximum d’acteurs et d’énergies et bénéficier des meilleures retombées possibles. Cela peut être notamment un événement, voire un très grand événement (jeux olympiques, un grand festival, etc.), qui amène des investissements en infrastructures et en services et leur permettent de se projeter dans l’avenir (Londres, Barcelone, Copenhague, Berlin, Venise, etc.), mais dans tous les cas, c’est la recherche d’une singularité et d’une pertinence (parfois d’une avant-garde) ou la culture et les arts peuvent jouer un rôle structurant pour une position de leadership. De nombreuses villes dans le monde rentrent dans cette catégorie, elles ont toutes un élément différenciant et surtout savent le mettre en avant.
  3. les « creatives cities » qui ont choisi de se constituer en réseau : il existe de nombreux réseaux de villes dans le monde qui possèdent en leur sein des « creatives cities » mais certains réseaux existent et sont totalement dédiés. Nous pensons notamment à l’Unesco qui a initié et parraine un projet de réseau de villes créatives, se focalisant sur l’excellence développée dans certaines villes dans un domaine artistique et/ou culturel spécifique (littérature, film, musique, arts traditionnels, design, arts médiatiques, gastronomie) et qui contribue à la qualité de vie, à l’économie locale et au développement social (en l’occurrence un réseau de 24 villes).

Il faut noter que les « creative cities » sont des concepts qui ont émergé et mûri en même temps que les « Global cities » ou les « Cities of opporunity » notamment et qui ensemble témoignent aujourd’hui de la grande concurrence que se mènent les territoires que ce soit au niveau de l’économie locale, de l’économie interrégionale et de l’économie mondiale. Chacune d’elle rivalise d’ingéniosité pour faire bonne figure au regard des indicateurs des grands palmarès internationaux, qui sont en soit des « notations » (comme dans le monde financier). Elles sont à la recherche des prix, des labels qui illustrent le mieux l’histoire, les valeurs, les spécificités et les principes qu’elles défendent et pour les plus aguerries, elles vont jusqu’à développer les logiques de type « agenda 21 de la culture » ou équivalent. Elles tentent d’être à la pointe de tout ce qui peut les valoriser et la culture et la créativité constituent des éléments de visibilité et de sens particulièrement avantageux.

Les « creative cities » utilisent donc la culture comme un élément structurant de l’aménagement de l’espace public et de la vie de l’espace public. Elles sont en train de muter. Les nouvelles formes que l’on voit apparaître sont encore expérimentales mais elles intègrent les concepts de « troisième lieu » ou de « living lab » par exemple.

Pour chacune d’elle, Il faut bien entendu trouver un modèle qui lui est propre. En France, il n’existe en effet que des territoires qui tentent de donner leur propre définition de la ville créative. Dans la plupart des cas, ce sont des métropoles ou des territoires en quête d’identité ou de renforcement de leur identité (Communautés d’agglomération ou intercommunalités plus ou moins récentes). Aussi construite leur vision peut parfois être, elle est en réalité assez peu structurée ou organisée, elle est fondée d’abord sur un discours et des objectifs fédérateurs que chacun s’approprie et auxquels chacun tente de contribuer le plus positivement possible. Le produit et les résultats sont alors récupérés et recyclés dans le discours initiateur et alimentent le capital attractif  du territoire.

Même si les coûts ne sont pas négligeables, il n’est pas nécessaire d’avoir la folie des grandeurs et d’endetter la collectivité sur 20 ans pour jouer dans cette catégorie ultra concurrentielle.  Tout est une affaire d’ambition et de terme (court, moyen, long) mais des choses simples sont possibles, le tout est préalablement de :

  1. bien connaître les atouts, les faiblesses et les perspectives de son territoire et des acteurs qui l’animent ;
  2. se doter d’une vision et définir une stratégie assortie d’un « schéma directeur » et/ou d’une feuille de route qui favorise une dynamique capable de fédérer et d’inciter des énergies à travailler ensemble.

Quelques aspects relavant du registre affectif

Il est également important de ne pas négliger les ressorts relevant de l’affectif sur lesquels ces villes tentent de s’appuyer. La perception que l’on a et les émotions que l’on ressent à vivre ou visiter une ville sont essentielles et contribuent très fortement à son aura.

  • Les « creative cities » portent une forte attention sur l’image, l’impression et la réaction qu’elles suscitent auprès des habitants et des touristes.
  • Elles misent beaucoup sur la première impression (les infrastructures d’accueil et de transport). C’est le cas de Liège, Bilbao, Singapour, Melbourne.
  • Elles misent beaucoup sur la triade « curiosité, exploration et découverte » (les circuits de visites possibles) où l’émerveillement est le maître-mot, comme c’est le cas notamment d’Istanbul, Bangkok, Séoul, Venise, Naples, Saint Petersbourg ou Stockholm.
  • Elles misent beaucoup sur un effet mémorable, frappant et puissant (les architectures, les événements, le patrimoine, etc.) comme Tokyo, Trinidad ou Rio.
  • Elles cherchent à créer des lieux où l’on peut se rencontrer, parler, échanger, interagir et jouer, elles veulent de l’interculturel.
  • Elles aiment à donner l’impression créative et imaginative qu’on peut tout y faire (qualité du cadre de vie, dynamique économique) et qu’il très facile de s’y plaire ou de s’y acclimater. Pour cela elles travaillent fortement les espaces publics : les espaces doivent devenir de lieux (des espaces incarnés) à l’échelle humaine, uniques et de qualité : the place to be, la ville où l’on peut tomber amoureux, etc.
  • Elle essaient de proposer l’environnement le plus positif possible au public, avec le moins de nuisances et le plus de sécurité possible, tout étant les plus « vibrantes » possibles.
  • Elles réfléchissent sur les temps, les usages, la mobilité, l’accessibilité et tout ce qui renforce leur pratique et leur convivialité.
  • Enfin, elles se focalisent sur les jeunes générations qui vont hériter un jour ou l’autre de ces espaces publics, de ce patrimoine, de ces infrastructures, etc.

Dans de nombreux cas aujourd’hui, elles font de ces caractéristiques des éléments de discours à l’attention du citoyen, de l’entrepreneur, de l’investisseur ou du touriste. Mais il est important de noter que :

  1. le discours et l’image ne suffisent pas (combien de labels se superposent de manière assez stérile aujourd’hui ?) ;
  2. si la question de la gouvernance se pose a priori ou a posteriori de la campagne de communication, du slogan, de la « marque » ou du projet électoral, elle est incontournable pour la soutenabilité et la durabilité de l’impact des actions pour le territoire et pour la capacité de ce dernier de capter et développer les conditions de son avenir.

Fin de la première partie.

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Politiques culturelles : singularités et positionnement de l’agglomération lyonnaise

Quatrième chapitre de notre série de publications issues des rencontres débats passionnants qui ont eu lieu au sein du Grand Lyon dans le cadre du cycle de rencontres « Grand Lyon Vision Culture » et dont son concepteur Pierre-Alain Four* nous fait l’honneur et l’amitié de nous autoriser la diffusion.

Ce quatrième déjeuner-débat se focalise sur la construction de la politique culturelle du territoire.

L’histoire locale de la genèse de la politique culturelle montre qu’elle est remarquablement dynamique depuis le milieu du XIXe siècle. Si elle a connu une baisse de régime dans la première moitié du XXe siècle, elle se caractérise par deux points : une capacité à importer et à insuffler un souffle propre aux arts vivants – théâtre et musique au XIXe siècle, danse à la fin du XXe siècle – mais une difficulté plus grande à valoriser les arts appliqués issus de son territoire. La relation entre art et industrie, qui constitue pourtant une spécificité endogène, n’a, jusqu’à une période très récente, pas été reconnue comme elle aurait pu l’être à Lyon, contrairement à l’attitude adoptée à Saint-Étienne.

La situation change, avec la montée en puissance d’événements hybrides comme la Fête des Lumières ou les Nuits Sonores. Par ailleurs, la ville a soutenu des montages institutionnels originaux via la Politique de la Ville ou la signature d’une Charte de coopération culturelle, a encouragé des expériences visant à modifier la relation du spectateur à l’œuvre, accueille des écoles de formation artistique de haut niveau…
Renouant ainsi avec une capacité à l’hybridation, qui est en quelque sorte la signature de ce territoire.

Pour consulter le rapport en ligne, cliquez ici. Vous pouvez également le télécharger dans notre box « Ressources ».

Pour consulter le chapitres précédents : chapitre 1chapitre 2, chapitre 3.

*Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), Pierre-Alain Four, a été chercheur associé au Pacte-CNRS (IEP de Grenoble) et est membre fondateur de l’Association pour la promotion et l’organisation de la recherche en sciences sociales (Aporss), puis de FRV100. Il a notamment travaillé sur les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), la vie intellectuelle en province et d’une manière générale sur de nombreuses questions culturelles et artistiques. Il a notamment analysé les relations entre artistes et amateurs, et la place des artistes insérés dans des dispositifs de politique publique éloignés de leur champ professionnel d’origine (politique de la ville par exemple). Il a aussi été chargé de cours à l’Université de Montpellier III, à l’école des Beaux-Arts de La Réunion, à l’université Lyon2, etc. Il est actuellement veilleur culture pour la DPSA où entre autre missions, il anime et conçoit le cycle Grand Lyon Vision Culture.

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Les chemins variés de l’émergence culturelle

Troisième chapitre de notre série de publications issues des rencontres débats passionnants qui ont eu lieu au sein du Grand Lyon dans le cadre du cycle de rencontres « Grand Lyon Vision Culture » et dont son concepteur Pierre-Alain Four* nous fait l’honneur et l’amitié de nous autoriser la diffusion. Cette fois-ci, il s’agit de la question ô combien complexe de l’émergence culturelle.

Le champ culturel est en perpétuel mouvement et a fait de l’émergence un de ses traits d’identité les plus caractéristiques. Mais plusieurs facteurs contribuent à rendre le repérage de l’émergence plus complexe qu’autrefois : les frontières du domaine culturel s’élargissent, le public change de place, les nouvelles technologies modifient le rapport à l’œuvre, alors que les disciplines identifiées continuent à se renouveler et à pratiquer l’émergence…

Aussi, la question de la nature du regard à porter devient-elle centrale, puisqu’il faut embrasser un panorama très large couvrant différentes pratiques qui ne sont pas encore admises dans le champ artistique, mais qui ne peuvent en être exclues, toutes sortes de technologies, toutes sortes d’attitudes…

Cette séance dédiée aux « Chemins variés de l’émergence culturelle : nouvelles disciplines, nouvelles pratiques », se propose de faire le point sur les jeunes pousses identifiées ou en passe de l’être, manière d’insister sur la nécessité d’en faire un repérage plus systématisé et mieux capitalisé.

Pour consulter le rapport en ligne, cliquez ici. Vous pouvez également le télécharger dans notre box « Ressources ».

Pour consulter le chapitres précédents : chapitre 1, chapitre 2.

*Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), Pierre-Alain Four, a été chercheur associé au Pacte-CNRS (IEP de Grenoble) et est membre fondateur de l’Association pour la promotion et l’organisation de la recherche en sciences sociales (Aporss), puis de FRV100. Il a notamment travaillé sur les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), la vie intellectuelle en province et d’une manière générale sur de nombreuses questions culturelles et artistiques. Il a notamment analysé les relations entre artistes et amateurs, et la place des artistes insérés dans des dispositifs de politique publique éloignés de leur champ professionnel d’origine (politique de la ville par exemple). Il a aussi été chargé de cours à l’Université de Montpellier III, à l’école des Beaux-Arts de La Réunion, à l’université Lyon2, etc. Il est actuellement veilleur culture pour la DPSA où entre autre missions, il anime et conçoit le cycle Grand Lyon Vision Culture.

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Le champ culturel est-il un univers en expansion ?

Nous inaugurons ce mois-ci une série de publications tout à fait passionnantes issues des rencontres débats qui ont eu lieu au sein du Grand Lyon dans le cadre du cycle de rencontres « Grand Lyon Vision Culture » et dont son concepteur Pierre-Alain Four* nous fait l’honneur et l’amitié de nous autoriser la diffusion. Voici donc le rapport du 1er déjeuner-débat d’un cycle mis en place pour aider le Grand Lyon à aborder le champ culturel.

Alors que la politique culturelle initiée par l’État dans les années 60 a largement contribué à définir le champ culturel, le paysage s’est profondément modifié depuis une trentaine d’années. En effet avec la montée en puissance des collectivités locales, ce sont de nouvelles politiques culturelles qui sont apparues recouvrant un périmètre différent de celui défini par l’intervention centrale.
Parallèlement, les pratiques des individus se sont elles aussi beaucoup diversifiées. Quant aux productions artistiques, sous l’influence de divers facteurs (immigration, nouvelles technologies, refondation de disciplines, etc.), elles se sont elles aussi beaucoup transformées. Ainsi le champ culturel apparaît-il en dissémination et en refondation constantes. De ce fait, il est malaisé à cerner, alors même qu’il occupe une place croissante dans nos sociétés.
Comment une grande agglomération peut-elle dès lors se situer dans ce contexte ?

Pour consulter le rapport en ligne, cliquez ici. Vous pouvez également le télécharger dans notre box « Ressources ».

Pour consulter le chapitre suivant, cliquez ici.

*Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), Pierre-Alain Four, a été chercheur associé au Pacte-CNRS (IEP de Grenoble) et est membre fondateur de l’Association pour la promotion et l’organisation de la recherche en sciences sociales (Aporss), puis de FRV100. Il a notamment travaillé sur les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), la vie intellectuelle en province et d’une manière générale sur de nombreuses questions culturelles et artistiques. Il a notamment analysé les relations entre artistes et amateurs, et la place des artistes insérés dans des dispositifs de politique publique éloignés de leur champ professionnel d’origine (politique de la ville par exemple). Il a aussi été chargé de cours à l’Université de Montpellier III, à l’école des Beaux-Arts de La Réunion, à l’université Lyon2, etc. Il est actuellement veilleur culture pour la DPSA où entre autre missions, il anime et conçoit le cycle Grand Lyon Vision Culture.

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L’économie lettone mise sur le cinéma

De plus en plus de metteurs en scène et de réalisateurs éminents envisagent de tourner des films en Lettonie. Ervins Labanovskis y voit une grande opportunité dans son blog pour le quotidien Diena : « Ce qui est décisif, ce n’est pas de savoir quelles stars arpenteront les trottoirs de Riga mais quels moyens l’industrie du film mondiale pourrait investir en Lettonie. Les coûts pour un film à grand budget atteignent rapidement plusieurs millions et nécessitent l’implication de milliers de personnes, ainsi qu’on le constate dans le générique des films. Si seulement une partie de ces dépenses allait à l’économie lettone et à Riga, le chômage pourrait diminuer sensiblement chez nous, ne serait-ce que de façon provisoire. … En ces temps de crise, de nouvelles solutions doivent être trouvées pour relancer l’économie et un fonds du film à Riga pourrait s’avérer un instrument approprié à long terme. »

Source : BPB

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Creating Cities : Culture, Space and Sustainability / 2

The conference “Creating Cities: Culture, Space, and Sustainability”, which took place from February 25th, 2010 to February 27th, 2010 at the Japan Center of the Ludwig Maximilians University of Munich, brought together a wide range of different topics and researchers working on the broader theme of cities and how they are understood today. The tension between the concept of “creative cities” and what it means to “create” cities had an interesting dynamic to it and enabled many lively discussions. The presentations were largely based on notions of the “creative city” [Landry, C.: The Creative City: A Toolkit for Urban Innovators. London: Earthscan Publications, 2004] and the “creative class” [Florida, R.: The Rise of the Creative Class: And How it’s Transforming Work, Leisure, Community and Everyday Life. New York, N.Y.: Basic Books, 2002], which have highly influenced the understanding of the city today. These concepts focus on the importance of culture, creativity, and the arts for urban development and have been widely used by urban planners and city officials. In order to enhance a city and bring economic development the presence and concentration of artists, scientists, musicians, bohemians, even gays becomes crucial. These groups help create a “quality of place”, as Florida explains.

Florida’s “gay index”, which describes a correlation between the number of gay men in a city and the amount of high tech job growth, has been criticized for being a too simplistic tool by Terry Nichols Clark, among others. He finds that the number of gay male households alone is fairly irrelevant when it comes to the high tech knowledge industry and that the gay impact falls in smaller metro areas [Clark, T.N.: Gays and Urban Development. In T.N. Clark (Ed.), The City as an Entertainment Machine. (pp. 221-229). Amsterdam: Elsevier, 2004]. Art and culture contribute to the general atmosphere of a city or a district, its street life, diversity, and other aspects. According to Landry and Florida this helps build a climate, which enables cities to label themselves as creative places and position themselves within the global competition for human resources.

I will focus here on a few talks that were particularly inspiring for me and brought new insights into my field of interest (the cultural perspectives of creative cities and (un)sustainability).

In her talk on “Projects of Creativity and Inclusion: The Challenges of Cultural Development in Mexico City” Ana Rosas  Mantecón from the Universidad Autónoma Metropolitana México presented several examples of projects in Mexico City that try to reach out to different groups within the city, especially those who are often forgotten. For example cleaning women, or prostitutes are introduced to cultural activities such as visiting museums. For Mantecón it is important to see how these projects broaden the notion of ‘the creative class’ by giving access to culture for a wider range of the population. She asserts that cultural rights are a main point of citizenship, making access to culture a social matter. This is in contrast to a more individual understanding of creativity as Florida defines it. Inclusion, participation, and interaction pose ways in which sustainability issues could be included in the creative city model.

Regarding a seemingly very different topic, Ute Lehrer from York University, Toronto analysed the growing number of condominiums in Toronto, calling them vertically networked suburbs [Lehrer, U. & Wieditz, T. (2009). Condominium Development and Gentrification. Canadian Planning and Policy 18(1), 82-103]. For her, the explosion of the number of high-rise condo buildings is a result of creative city policies and neoliberal tendencies in the city. Mostly private investment projects, condo buildings are still rising, despite the financial and real-estate crisis in Northern America. For Lehrer these projects are a way for investors to cash in on downtown areas by creating a built environment for the ultimate urban lifestyle. (The desire to live there is also created by the media, who hype life-style possibilities in condos.) These condos bring together culture, lifestyle and economic goals for the creative class (such as young professionals, empty nesters; parents, whose children have grown up and left home and well-off immigrants). For Lehrer, these condos are vertical suburbs (albeit located in city centers) as they are highly homogeneous internally (young professionals in one complex, empty nesters in another). This newly built gentrification also makes interaction with the outside mostly unnecessary as many amenities can be found within the condominiums. The result is a new urban social community, in which the entry-level for homeownership (including young people) is lower than in traditional suburbs. This makes the condos appealing for people who want to live in a cosmopolitan global environment. The effects this has on the surroundings and distinctive parts of neighborhoods, were illustrated by Lehrer with pictures from all around Toronto. An extended number of huge buildings designed by well-known architects that have no real relationship to what goes on around them are visible all around the city. For a creative city looking at sustainability, this type of development is highly problematic. These buildings tend to erase other characteristics of neighborhoods, increase the demand for surrounding infrastructures and push other groups out of the city.

Roger Keil’s (York University Toronto) talk on “Mobility in the In-Between City: Getting Stuck Between the Local and Global” brought insights into the situation in places surrounding the ‘creative’ city centers. These areas are mostly overlooked as if they are not part of the global city. They are suburbs in the sense that people live there, but at the same time they are also workplaces. Keil’s focus on the Toronto area and the maps he presented highlighted distinct borders between the downtown areas and these “in-between” cities. Such areas are important parts of the regional economy, but have nothing to do with an image of a global, creative city. They are often interchangeable in their appearance (Keil showed a very compelling photo of a gas station and convenience store complex, which could have been set anywhere in North America), but also have a heterogenic structure, made up of high-end houses and cheap housing. The demographics of the “in-between” cities are normally associated with those of the inner city, not of traditional suburbs, because they are highly diverse (even though certain groups stick to certain areas). For Keil, these places represent the backbone of daily living. They are areas of regular ‘passing through’, with constant “missingness” of one another. Keil therefore calls for a new political infrastructure to consider the real needs of residents and promote “meetingness,” New actors in politics and planning can loosen the hard boundaries of demographics, income, and politics and help overcome age-class-gender biases of the system. For Keil that “politization” of infrastructure is needed to show how the built environment affects peoples’ lives.

The closing talk from Klaus Kunzmann entitled “The Creative City Fever” gave an overview of the development of the term “creative city” and why it has become so popular today. The term functions as a plug-in concept, which can be applied almost everywhere and fits in many different contexts. For Kunzmann the concept is ‘sexier’ than issues such as social justice or sustainability since these are more difficult to implement. He gave several reasons why the concept has become broadly accepted and applied. Creativity itself is a term that implies positive characteristics and remains open to interpretation. Identification with the term is easy, making it useful for stakeholders, academics, and policy makers. The rise of the creative economy as a new area for policies and technologies also goes together with the concept of the creative city. Cultural flagships and the rediscovery of culture in the political agenda also help promote the city as a place for true creativity. Changing values and lifestyles, a cosmopolite knowledge society and the dominance of consumption all play into the locational preferences of the creative class. This also appeals to people who market cities and tourism to attract young, mobile visitors and compete with other cities on a global level. For Kunzmann there are winners in this development, such as larger cities, policy advisors and cultural institutions that are taken more seriously. But there are also losers, namely cultural pioneers, smaller cities, or residents in gentrified areas. Therefore Kunzmann, described a certain danger in the creative city paradigm which appears as innovative action, but actually often results in social polarization, deflecting attention from social and environmental issues. But, the concept can also offer possibilities to regard the importance of quality of life in a city, like the idea of the compact city (in which people want to return to live in city centers), or encourage creative action. There is the potential to integrate issues of sustainability into the concept of the creative city.

Julia Hahn, Lüneburg (D)

Source : Webmagazine de Cultura21, Sacha Kagan.

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Innovation, management et architecture

Sur une idée originale de Jean-François Vandenabeele et de Françoise Bronner, le Club des Directeurs de l’Innovation, le groupe Saphyr, AOS Studley et le Crédit Agricole Immobilier vous invitent à une première à Paris, « L’Architecture du Savoir » par l’Architecte et Professeur Dr Gunter Henn : « Les interrelations entre les modes organisationnels et l’architecture dans les processus d’innovation ». Le Dr Gunter Henn présentera ses recherches sur le rôle de l’architecture dans les processus d’innovation, la création de connaissances et la transmission des savoirs. Il illustrera comment les dimensions managériales, organisationnelles et spatiales interagissent dans les processus d’innovation et la performance de l’entreprise. Sa vision des interrelations entre architecture, modes organisationnels et management sera illustrée par des exemples concrets tirés de ses réalisations (entre autres Project House du centre de recherche et développement de BMW, mais aussi bâtiments pour Audi, Novartis, Bugatti, l’université du Qatar, la Manufacture de verre de Volkswagen, Ecopolis, Dubaï Crystal ou encore China Life). Très connu  à l’étranger, il intervient pour la première fois à Paris.


Le professeur Marc Giget, titulaire de la chaire innovation du CNAM, exposera en première partie ses recherches sur les lieux où se produit l’innovation à travers l’histoire et le monde. Y a-t-il des lieux, des « chaudrons magiques » où se produit l’innovation à travers le monde et l’Histoire ?  Telles sont les questions auxquelles il répondra. En quelque sorte « Où rêver, échanger et créer ensemble ? » !

Cette conférence reçoit également le concours de la Fabrique du Futur et des sociétés Ahrend, Bisley, Interstuhl et Johnson Controls.

Informations pratiques :

Mercredi 14 avril 2010 à partir de 18 h 15À l’auditorium du Crédit Agricole,
Campus Evergreen 50, boulevard Jean Jaurès à Montrouge.
Parking sur place (300 places) M 4 station Porte d’Orléans, M 13 station Chatillon Montrouge.
Renseignements & inscription: Françoise Bronner (06 82 49 37 01) ou par mail à info@visionlab-architekturexport.com.

Source : MPC

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Politiques publiques, culture et territoires : quels nouveaux enjeux ?

Le CLIDAC (Comité de Liaison des Associations des DAC) invite les Directeurs(trices) des Affaires Culturelles de France aux 2èmes Assises Nationales des DAC des collectivités territoriales à Toulouse les 6 et 7 mai prochains au centre de congrès Pierre Baudis. Le thème de cette édition est « Politiques publiques, culture et territoires : quels nouveaux enjeux ?« . Ces Assises seront consacrées aux mutations actuelles des politiques publiques de la culture et aux évolutions auxquelles sont confrontés les DAC et les partenaires à travers différents territoires : géographiques, politiques et virtuels.

Séances plénières et ateliers thématiques permettront d’élargir la réflexion aux représentants de l’Etat, des collectivités territoriales et plus largement aux représentants des associations professionnelles concernées par ces questions.

Organisation CLIDAC

Association des DAC des Grandes Villes et Agglomérations de France, Association nationale Culture et Départements, Association des DAC d’Ile-de-France, Club des Responsables des Affaires Culturelles des Villes et Intercommunalités d’Ile-de-France, Association des ADAC de Midi-Pyrénées, en partenariat avec l’Observatoire des politiques culturelles.

Programme complet & inscriptions

www.admp.asso.fr / www.observatoire-culture.net / www.asdac.fr / www.culturedepartements.org

Contact : contact@admp.asso.fr

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Istanbul fait partie de l’Europe

Istanbul est avec Essen et Pécs Capitale européenne de la culture 2010. Nedim Gürsel, écrivain turc habitant à Paris, saisit l’occasion pour rendre hommage à sa ville de naissance: « Istanbul est la capitale culturelle de l’Europe en 2010, ce qui pourrait paraître paradoxal pour la capitale des sultans ottomans, mais aussi pour la ville de Pierre Loti, le chantre d’Istanbul … qu’il voulait orientale. Istanbul a fait tant rêver les Européens à la fin du XIXe siècle en tant que porte de l’Orient ou la Sublime Porte, comme on l’appelait à l’époque, qu’il nous est difficile aujourd’hui de la concevoir en dehors de son mythe. Pourtant, à cheval entre les deux continents et reliant les deux rives du Bosphore, cette mégalopole de près de quinze millions d’habitants, qui ne cesse de s’étendre et de se développer, revendique sa place parmi les villes européennes. … Pour avoir visité presque toutes les capitales européennes je ne peux m’empêcher de penser à l’avenir d’une Europe qui laisserait Istanbul hors de ses frontières. »

Source : BpB.

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Pécs rivalise avec Budapest

La ville de Pécs, au sud de la Hongrie, vient de débuter son année de capitale européenne de la culture 2010, et cela ne fait que raviver un peu plus la rivalité existant entre Budapest et les villes de province, écrit le portail d’informations Hírszerző : « Les expériences des dernières semaines nous montrent que deux capitales, dont l’une culturelle, ne suffisent pas pour pouvoir se sentir vraiment européens. … Ces derniers jours, la contradiction entre Budapest et la province s’est de nouveau révélée dans toute son ampleur. … C’est une vieille histoire : celle de la rivalité mesquine entre les villes provinciales, comme Pécs, et Budapest, la capitale qui fait de l’ombre au reste du pays. … . Le couronnement de Pécs en 2005 en tant que capitale européenne de la culture avait justement pour but de montrer à l’Europe qu’il existe aussi, en dehors de Budapest, une vie culturelle passionnante et digne d’intérêt. Il reste à espérer que cela se vérifiera au cours de l’année de la capitale européenne de la culture. »

Source : BpB

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Smartcity

Smartcity, l’événement des nouveaux enjeux urbains, nouvelles formes artistiques, est un projet européen ainsi qu’un vaste programme de réflexion et de création conduit autour du concept de « ville intelligente ».
Artistes, chercheurs, architectes, penseurs, politiques, industriels, ingénieurs, militants sont conviés à imaginer des formes inédites d’appropriation de l’espace urbain et, ce faisant, à définir une vision alternative de la ville, qui (re)donne aux habitants une place centrale.
Smartcity donne lieu tout au long de l’année à des résidences artistiques, des workshops, des événements et des rencontres. 
Trois temps forts marqueront les deux prochaines journées. Le 27 janvier, de 15h à 18h, à la Maison des Arméniens, les Portes ouvertes des chantiers artistiques invitent le public à découvrir les actions engagées par les artistes et architectes résidents (Ulrich Fischer – Walking the Edit ; Adelin Schweitzer – Augmented Reality ; Antonin Fourneau – Oterp ; Zoom & Infraksound ; Studio 21bis ; Rebar Group ).
Le 28 janvier, à la Maison internationale, de 14h à 18h, une conférence internationale DO IT YOURSELF | Ville créative et collaborative, qui vise à mettre en perspective ces nouvelles pratiques artistiques et leur rôle dans la fabrication de la ville. L’entrée est libre sur réservation.
En fin de journée, une soirée pluridisciplinaire avec le finissage des chantiers découverts la veille, des projections et expérimentations de prototypes de projets et le Washing Machine Club de Christophe Goutes.
Vous pouvez suivre la préparation de cet événement sur le blog de Smartcity.
La Cité universitaire internationale de Paris se trouve au 17, boulevard Jourdan 14ème.

Contact : Smartcity (01 43 66 82 52 – smartcity@dedale.infowww.smartcity.fr )

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Marseille Provence 2013 : bientôt une marque ?

Dans le milieu effervescent du design, ruiz+company s’est récemment fait remarquer pour ces propositions de packaging de gammes de produits sériés et signés à l’attention des villes. Ces dernières, dont le marketing et les stratégies de différenciation sont de plus en plus abouties, cherchent à être reconnues immédiatement durablement pour leur identité, leur offre, leur imaginaire, leur authenticité et leur dynamique.

Elles tentent donc de marquer le conscient et l’inconscient individuels et collectifs par une marque claire, un message fort, des valeurs sûres, un signe et une image spécifiques, et pourquoi pas, comme c’est le cas dans les très grandes opérations médiatiques et populaires (on pense évidemment aux expositions universelles, aux grands événements sportifs comme les jeux olympiques), travaillent toutes une gamme de produits dérivés qui génèrent, au-delà de recettes substantielles, une adhésion à leur image de marque, une empathie naturelle pour leur offre en termes de qualité de vie, d’infrastructures, de services et d’activités, qui créent les conditions d’une meilleure durabilité des retombées dudit événement.

Les capitales européennes de la culture n’échappent pas à la règle, même si jusqu’à présent les tentatives ont été plutôt timides sur cette question. Marseille 2013 a en revanche déterminé il y a plus d’un an un cahier des charges pour mettre en œuvre tous les moyens d’adhésion à la manifestation. Mais certains s’inquiètent de ne rien voir venir jusqu’à présent car le temps presse, malgré un concours fin septembre 2009 pour le logo et la charte.  Il faut dire que la progressivité de la mobilisation et de la mise à disposition des moyens financiers ne facilite pas la réalisation des objectifs stratégiques qui eux nécessitent le travail le plus en amont possible. En général tout le monde commence à s’affoler 2 ans avant la date fatidique et le véritable branle-bas de combat n’est sonné que dans l’année qui la précède. C’est une mécanique complexe à mettre en œuvre, certes. Mais à la différence de la plupart des autres grands événements médiatiques, les moyens financiers n’arrivent en fait que très tardivement. Une coupe du monde ou un championnat d’Europe de football par exemple déclenche la libération de financements colossaux dès la désignation du pays hôte, dès la qualification des équipes, des la signature des droits télévisuels, etc.

Certains diront que la culture est loin, même dans le cadre d’une capitale européenne de la culture, de représenter un intérêt financier du niveau de celui d’un événement sportif.  Ceux-ci sont toutefois de moins en moins nombreux car on commence à mesurer les retombées directes et indirectes des opérations culturelles sur un territoire avec plus de précision. A ce titre, les chiffres de Lille 2004 et Liverpool 2008 sont assez éloquents et c’est probablement ce qui a contribué à un certain renouveau dans l’opération « capitales européennes de la culture », opération dont il convient de rappeler qu’il se chuchotait au début des années 2000 qu’elle serait abandonnée. Au fond tout arrive au bon moment comme dirait l’autre, mais dans le contexte de crise financière, économique et sociale des deux dernières années, il semble encore plus difficile de faire converger tous les moyens au bon moment.

Le caractère ultra diffus et ultra diversifié de la culture dans nos sociétés n’en facilite pas une médiatisation massive identique à celle que connaît le sport. Mais depuis Lille 2004 et Liverpool 2008, le retour d’expérience est beaucoup plus renseigné et outillé, ce qui laisse entrevoir que les difficultés rencontrées par Marseille 2013 sont plus d’ordre politique et organisationnel. Ces difficultés ont déjà pris des tournures de foire d’empoigne entre la Ville de Marseille et les autres collectivités (n’oublions pas que c’est Marseille Provence 2013 qui est capitale européenne de la culture) ce qui ne facilite ni le portage politique de l’opération, ni son financement, ni, par voie de conséquence, sa mise en œuvre et son management. Il est clair que c’est une capitale européenne de la culture qui nécessite un modèle de gouvernance que la Ville de Marseille n’a pas facilité en lançant un certain nombre d’appels d’offres en son propre nom depuis la victoire du scrutin.

En attendant que ces difficultés auxquelles nous sommes finalement hélas trop habitués en France se résolvent (c’est pour bientôt, car on approche de l’année n-2), la communication et le marketing de 2013 devraient se saisir de démarches comme celles de ruiz+compagny, car elles contribuent à un branding qui devrait être prêt depuis longtemps (n’oublions pas que le premier appel d’offres sur cette question remonte à fin 2008 et qu’il contenait tous les objectifs d’implication, de participation, de fierté et d’appartenance à l’événement nécessaires à la mise au point de la marque).

Sans stratégie et branding calés suffisamment en amont et au fil de sa mise en œuvre, la capitale européenne de la culture mais aussi la culture tout court ne poursuivront pas l’ascension populaire, médiatique et touristique dont elles ont besoin pour contribuer positivement et économiquement à l’avenir du territoire (les deux ne sont pas incompatibles mais ce n’est pas systématique, et cela doit rester ainsi car la culture n’est pas qu’une affaire de chiffres). En tout état de cause, le cercle vertueux à propos duquel nombreux s’époumonent a un prix et ce prix est d’abord celui du changement de nos approches de la gouvernance culturelle de nos territoires. C’est de ce point de vue que nous pouvons mesurer le chemin parcouru mais aussi le chemin qu’il reste à parcourir.

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Tallinn réduit le budget pour la capitale européenne de la culture

Ce que nous avions évoqué en février dernier se confirme. Le conseil municipal de la ville de Tallinn compte réduire de moitié, l’année prochaine, les fonds pour les préparatifs à la Capitale européenne de la culture 2011. Pour le portail d’information Delfi, c’est un scandale : « La ville de Tallinn et le gouvernement estonien jouent avec le feu en réduisant de manière aussi radicale le budget des organisateurs. On a l’impression que sur la colline de Toompea [siège du gouvernement] comme dans la ville basse [où se situe l'hôtel de ville], tout le monde ferme les yeux, et c’est bien triste. Le statut de Capitale européenne de la culture est une chance unique pour Tallinn et pour l’ensemble de l’Estonie. Si nous regardions juste un peu plus loin que le bout de notre nez, nous nous rendrions vite compte que le projet de capitale de la culture peut apporter des avantages directs et considérables. Même les prévisions prudentes avancent jusqu’à 200.000 touristes culturels en Estonie, et il est probable qu’ils seront encore plus nombreux – et il ne s’agit là pas seulement de bénéfice matériel ».

Source : BpB

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Raise The Cloud

Certains ou certaines d’entre vous ont peut-être vu dans un récent papier du journal Le Monde un diaporama montrant les visuels d’un projet pour le moins audacieux qu’une équipe d’architectes a dévoilé à Londres dans la perspective des JO de 2012. Ce projet est nommé « The Cloud » et a été présenté mi novembre parmi d’autres projets en lice et fait désormais partie des finalistes d’une compétition dont la ville de Londres est à l’initiative. Le projet a en apparence tout d’une folie comme Londres sait si souvent nous le réserver. Certes ce n’est pas le premier fait d’armes de LA global-city occidentale par excellence mais regardons d’un peu plus près en quoi ce projet n’a rien d’une folie et pourquoi.

A départ, le projet prévoit de construire une tour-spirale, par laquelle on pourra accéder, à pied ou à vélo, à un nuage de bulles transparentes et gonflables en ETFE (éthylène-tétrafluoréthylène), créant un espace en trois dimensions en plein ciel. Un nuage de lampes LED connecté au Web diffusera des informations et des images en temps réel. S’il est construit à proximité des sites olympiques, il permettra de suivre des les bulles les compétitions sportives des JO ainsi que de contempler la ville.

Ce « nuage » se veut un modèle d’économie d’énergie : un ascenseur transformant l’énergie cinétique en électricité lors de la descente des visiteurs, associé à l’énergie solaire collectée par des cellules photovoltaïques, permettra au bâtiment d’être autosuffisant énergétiquement. Un jeu subtil sur la transparence, une utilisation réduite de matériaux, un volume maximal rendu par les sphères suspendues ; le tout reposant sur des colonnes très fines, tenues par un câble et formant ainsi « nuage ».

Bref, sur le plan formel, The Cloud a tout pour déchaîner les passions et faire débat. Mais sur le fond, il est intéressant de regarder ce qui fait tout l’intérêt d’un tel projet à savoir, sa finalité, son usage. A l’origine du projet, Carlo Ratti, directeur du laboratoire SENSEable Cities (le groupe de recherche sur les nouvelles villes du MIT), évoque  « une nouvelle forme d’expression et d’expérience collectives, le symbole d’une nouvelle ère en train de voir le jour ». Cette expression collective érigée en monument (y compris au niveau de son équipe de conception puisqu’en plus du MIT, on participé au projet l’artiste argentin Thomas Saraceno, spécialiste des structures flottantes, l’ingénier allemand Jörg Schlaich, l’agence française de paysagisme Ter, ainsi que l’écrivain italien Umberto Eco) verra le jour quel que soit le résultat final du concours organisé par la ville. En effet, le projet n’attend pas de financements publics. Il compte sur les dons individuels et a même lancé un programme de microdonations via Facebook et Twitter.

La légèreté de la structure et sa simplicité de déploiement augure de nouveaux espaces publics où l’intelligence collective prend forme au cœur des usages sociétaux du moment.

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Dallas, la longue métamorphose

Depuis longtemps, la ville de Dallas désire être à tout prix une cité de classe mondiale. Or ceci nécessite un certain nombre de « pré-requis », tout particulièrement aux Etats-Unis où les contrastes entre les villes à fort rayonnement mettent la barre très haut pour les autres villes qui veulent entrer dans cette catégorie. Tant que vous n’avez pas la panoplie complète d’une destination américaine culturelle majeure (des gratte-ciels, une franchise à la NFL et de graves problèmes d’embouteillages… ), vous n’êtes qu’une « Palookaville », un espace qui se caractérise par sa vacuité, voire sa stupidité. C’est dire toute l’arrogance de la compétition entre les territoires aux USA.

Dallas figure parmi les villes qui n’ont pas jeté l’éponge pour autant, malgré une réputation difficile qui lui colle à la peau depuis toujours ou presque. Elle tente en effet depuis plusieurs années en mettre cohérence un ambitieux district artistique, grâce notamment à un ensemble de musées, théâtres et opéra conçus par les plus grandes stars de l’architecture mondiale. Tout récemment, la ville a fêté l’ouverture des deux dernières pièces manquantes à son puzzle stratégique : le théâtre Dee et Charles Wyly et l’opéra Margot et Bill Winspear. L’un est le fruit de la collaboration entre Rem Koolhaas et Joshua Prince-Ramus et le second est signé Norman Foster.

Si les bâtiments sont très dissemblables, chacun contribue à sa manière à brillamment compléter le dispositif que la ville cherche à mettre en place. Il aura fallu un peu plus de trente ans pour combler les manques de ce district des arts issue d’une idée un peu folle en 1977. Entendez par district un territoire « cluster », où toutes les compétences et les infrastructures sont réunies pour développer une industrie particulière, transversale à toute l’économie et la stratégie d’un territoire.

L’idée de ce district a en effet germé dans le plan stratégique de 1977 et a failli être immédiatement abandonnée lorsque la levée de fonds nécessaires à se mise en œuvre fut rejetée au moment de son vote. La première phase ne put être achevée qu’en 1984 avec le Dallas Museum of Art (conçu par Edward Larrabee Barnes). Il fallu ensuite plus de 5 ans supplémentaires pour voir débuter l’opération du Meyerson Symphony Center (création pour le moins radicale de I.M. Pei). Puis ce fut à nouveau la traversée du désert jusqu’en 2003 où fut inauguré l’extraordinaire (au sens propre du terme) Nasher Sculpture Center signé Renzo Piano.

Cette progression en longues étapes est malgré tout loin d’être un désavantage pour le développement de ce district d’un peu plus de 27 hectares assez fragmentés. Car on constate en l’occurrence que cela a permis d’éviter de produire un effet « palais » culturels figés dans leur temps, ce qui caractérise par exemple de manière frappante le Lincoln Center for the Performing Arts de New York.

Dallas a su assembler une grande diversité de bâtiments issus du meilleur de l’architecture des trente dernières années et peut se lancer dans la grande compétition de l’attractivité internationale des villes à fort rayonnement culturel. Cette catégorie des cités de premier plan atteint aujourd’hui un certain niveau de maturité un peu partout dans le monde, y compris dans les pays considérés comme émergents. C’est d’ailleurs là que le bât blesse pour les métropoles européennes : les stratégies les plus ambitieuses et les plus récentes trouvent leurs exemples les plus flagrants aux Emirats, en Chine, au Brésil, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord, ce qui n’est et ne sera pas non plus sans effet sur les flux touristiques.

Dallas entre donc dans la danse, forte de l’expérience accumulée dans le temps d’architectures spectaculaires et attractives par leur innovation formelle et technique. Elle se paie luxe d’un effet Guggenheim sans le Guggenheim en question, chose qui du point de vue purement touristique était encore impensable il y a peu de temps dans cette partie des Etats-Unis. La sagesse du plan stratégique de ce district des arts va plus loin que ce que l’on pourrait qualifier de politique centrée sur l’investissement puisque la ville a tout prévu, en allant jusqu’à faire appel à des techniques du marketing devenues plus fines (plus intuitives, mieux adaptées au fait culturel), à des compétences en la matière (les directeurs des différents sites mentionnées savent parfaitement leur rôle que leur établissement doit jouer dans la société d’aujourd’hui) qui contribuent massivement à l’effort de développement. Cette gestion des ressources permet de créer les conditions d’une politique touristique maîtrisée qui ne tardera pas à porter ses fruits et Dallas va sans aucun doute figurer parmi les prochaines villes américaines à sa tailler la part du lion dans la compétition effrénée des grandes villes culturelles dans le monde.

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De l’émergence des « espaces » culturels

GuyAtlanLe rapport de Guy Atlan (CESR) « Culture et territoire : les conditions d’émergence des ‘espaces’ culturels en Ile-de-France » paru en septembre dernier se propose d’explorer l’offre culturelle mise en œuvre par les structures intermédiaires se réclamant du spectacle vivant qu’initièrent des artistes professionnels en conduisant leurs expériences dans des friches industrielles ou commerciales ou des zones laissées à l’abandon. La perspective de ce travail est de chercher à replacer la question de la culture et de son partage avec les citoyens dans les territoires où ces expériences se déploient, à travers l’histoire de ces lieux, les aventures que véhiculent les projets élaborés, les innovations émergentes, les modes économiques associatifs retenus pour les conduire. Le rapport, essentiellement centré sur le secteur des lieux intermédiaires, ne cherche pas à dresser un tableau exhaustif des offres et des initiatives culturelles menées à l’échelon des territoires, que leur origine soit publique ou non, ni évidemment, à les opposer entre elles.

Le rapport complet et la synthèse sont désormais téléchargeables.

Source : Ministère de la Culture et de la Communication.

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Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

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New York : la soutenabilité des musées

MetNous évoquions récemment sur CEG la délicate problématique de la soutenabilité des musées en prenant le cas des musées de l’Ontario, dont la réussite actuelle est le fruit de longues années de gestion rigoureuse. La question de la gouvernance des politiques culturelles comme non déconnectée des autres domaines de la gestion de la vie économique de la ville de Toronto et plus largement de la province, est apparue comme exemplaire et a inspiré ces dernières années plusieurs institutions d’Amérique du Nord.

En revanche, si la résistance de certaines d’entre elles face à la crise financière est le signe de cette bonne gestion qui mérite d’être soulignée, l’ensemble des dernières analyses économiques de la conjoncture (majoritairement américaines, canadiennes,  britanniques et australiennes) voient l’impact de la crise financière toucher de plein fouet le secteur des institutions culturelles (les musées notamment) avec une ampleur qui laisse apparaître au grand jour des mauvaises pratiques de gestion où la spéculation financière a également exercé son pouvoir de fascination.

Qu’il s’agisse de la spécificité du système culturel des Etats-Unis où des politiques culturelles de tradition plus keynésiennes, la crise a mis un temps plus ou moins long pour toucher structurellement les institutions culturelles. L’exemple new-yorkais est riche d’enseignements et démontre que lorsque la culture s’intéresse de trop près au marché (et inversement) il y a de nouveaux risques à prendre en compte et qui peuvent menacer la pérennité des institutions.

Pour comprendre comment certaines institutions très prestigieuses de la ville de New York en sont arrivées là, il convient d’observer le contexte des derniers 12 mois.

Temple de la finance internationale, place forte du marché de l’art et métropole créative par excellence, New York est la ville classée n°1 dans le monde, juste devant Londres et Paris, pour son attractivité économique. Ce classement dévoilé par l’étude réalisée par PWC « Cities Opportunity: Business-Readiness Indicators for the 21st Century », n’est évidemment pas une surprise. C’est dans la manière dont New York a construit sa position dominante que s’explique l’impact catastrophique de la déconvenue qui touche désormais si violemment ses grandes institutions culturelles.

Bulle spéculative après bulle spéculative, tant que le système financier a marché, la richesse générée a notamment permis à New York de ravir le leadership du marché de l’art à Paris au milieu des années 1980. La majorité des acteurs de la ville ayant une mission culturelle en ont bénéficié. Mais depuis que la mécanique s’est grippée à force jouer avec les risques, ce qui apparaît est particulièrement éloquent lorsqu’on observe l’évolution et l’état des dotations culturelles de l’année 2008. La manière dont elles ont été gérées traduit la domination de la dimension financière dans l’économie des institutions culturelles.

Compte tenu du fait que l’objectif d’investissement fait à partir des dotations culturelles est de préserver le capital, on doit s’interroger sur les solutions existantes pour faire face à des baisses de 35%, en marge des actions irresponsables de certains investisseurs stigmatisés depuis l’affaire Bernard Madoff.

Une partie de la cause et de la réponse se trouve peut-être du côté des gestionnaires de portefeuilles contenant les fonds dits non marchands, comme Communfund qui a débuté son activité grâce à un premier fonds provenant de la Fondation Ford en 1969 et qui s’occupe aujourd’hui de centaines d’institutions non marchandes, avec 40 milliards de dollars d’encours à son compteur pour l’année 2007.

Le grand changement de ces dernières années se trouve dans le fait que les fonds des institutions gérés par Communfund ont été « encouragés » à chercher le retour sur investissement complet, avec leur capital et leurs dotations, au lieu de préserver leur capital et les revenus issus de ses dividendes par exemple.

Les spécialistes de chez Communfund expliquent en effet que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les principes du management de l’investissement provenant du non marchand étaient par définition non spéculatifs. Traditionnellement pétris de prudence, ces principes ont progressivement mais sûrement évolué : de stratégies d’évitement systématique des investissements à risque, nous sommes passés à des stratégies qui visent à contrebalancer un risque en le diluant dans d’autres de sorte que les effets s’annulent dans la globalité. A partir de ce moment-là, pour retirer les bénéfices issus d’investissements à long terme, il convenait de faire des investissements qui comportent un niveau de risque plus élevé.

C’est ainsi que les fonds issus de l’allocation des dotations de certaines grandes institutions culturelles new-yorkaises ont été déplacés vers des produits à plus forte volatilité, des titres étrangers, des placements dits « alternatifs » et même vers des produits appelés « toxiques » depuis la crise du crédit aux Etats-Unis.

Pendant la période dorée de cette finance dérégulée, ces stratégies se sont avérées extrêmement payantes et ont permis d’importantes augmentations de budgets pour les institutions culturelles, favorisant ainsi leur logique de développement et d’expansion.

Mais depuis l’apparition de la crise financière et économique, ces institutions sont touchées de plein fouet et font la preuve de leur grande vulnérabilité.

De la gestion historique prudentielle aux prises de risques de ces dernières années, on commence à comprendre que de très mauvaises habitudes ont été prises au fil du temps et les dégâts sont particulièrement visibles à New York.

Les analystes savaient depuis plusieurs mois que les fondations, les œuvres caritatives et les dotations des institutions culturelles de la ville allaient perdre de l’argent mais on découvre (ou on fait mine de découvrir) que les pertes atteignent entre 25 et 40%. Dans certains cas, on commence à comprendre que 85% de l’argent investi par ces acteurs s’est fait sur des placements qui ne correspondent à rien d’autre qu’un pari risqué.

Dans les toutes premières semaines de l’année 2009, les structures culturelles et artistiques ont commencé à annoncer les pertes de leurs dotations et les mesures qu’elles entendaient prendre pour tenter de maintenir l’équilibre budgétaire. Les rapports et les compte-rendu qui sont sortis les uns après les autres, semaine après semaine, ont permis de réaliser que l’équilibre du secteur des institutions culturelles était non seulement rompu mais que leur soutenabilité était en train de voler en éclats.

En février, l’annonce a été faite par James R. Houghton (président du conseil d’administration du Metropolitan Museum). Elle fut pour le moins renversante : une perte de 700 millions de dollars sur les 8 mois qui précédaient, une baisse de 25% de la dotation la ramenant sa valeur à 2,1 milliards de dollars. Compte tenu du fait que l’investissement représente 30% des sources abondant le budget de fonctionnement du musée, cette annonce a sérieusement amplifié les inquiétudes, d’autant  que la ville de New York a réduit sa participation de 1,7 millions et a informé le musée qu’une nouvelle baisse de 2,4 millions interviendrait sur la prochaine année fiscale.

Le musée a pris des mesures sans précédent pour essayer de maintenir la tête hors de l’eau en effectuant des coupes franches dans les postes de dépense, notamment en gelant sa politique de recrutement, en supprimant les emplois temporaires et les vacations et en limitant drastiquement les frais de déplacements.

En mars, les pertes estimées ont à nouveau augmenté de 100 millions et un plan de réduction de la masse salariale de 10% a été annoncé pour juillet, soit 250 emplois, ce qui correspond au premier plan de licenciement depuis la crise fiscale du début des années 1970.

En juin, les pertes avaient continué d’augmenter pour atteindre un tiers de la valeur de la dotation du musée. Une politique de rigueur a donc été instaurée pour les deux années fiscales à venir et son porte parole Harold Holzer a indiqué que même si la progression des pertes s’interrompait, la situation continuerait de s’aggraver sur 2011 du fait de la structuration pluriannuelle de la répartition des revenus (sur 20 trimestres).

Brooklyn museumCes mauvaises nouvelles ne concernent pas que le Met. Le 21 avril dernier, le directeur du Musée de Brooklyn a dévoilé une situation proportionnellement encore  plus dégradée : la dotation du musée a perdu 35% pour n’atteindre que péniblement les 65 millions. Depuis la fin de l’année fiscale 2008 du musée, la ville de New York a réduit son apport de 32%, ce qui constitue une perte de 2,31 millions. Les adhésions et les abonnements ont chuté de 20% dans les premiers mois de l’année 2009, ce qui constitue une décrue sans précédent. Les revenus annuels des deux plus importantes levées de fonds ont diminué de 35% début 2009. Les recettes des boutiques et du parking du musée se sont littéralement effondrées.

Pour tenter d’enrayer cette situation, les administrateurs du musée ont accepté de maintenir voire d’augmenter leur niveau de contribution financière. Mais cela ne se ferait pas à n’importe quel prix. Pendant ce temps-là, le musée a en effet gelé les embauches, réduit les déplacements des équipes, augmenté le tarif d’entrée adulte de 2$, donné une semaine de congés non payés pour les salariés cet été, des réductions de salaires ont été demandées et des mesures d’accompagnement au départ ont été proposées, une importante exposition prévue à l’automne a été annulée et le musée fermera en septembre une de ses trois galeries d’expositions temporaires.

Ces mesures prises par le Brooklyn Museum visent à limiter les dégâts mais par leur teneur on prend conscience du niveau de dégradation de la situation.

La vision du directeur du musée est d’autant plus au fait des challenges à venir qu’il est aussi président du Groupe des Institutions Culturelles, un comité qui rassemble 34 musées et lieux de consommation culturelle de New York (dont le Met, l’Académie de Musique de Brooklyn et le Musée Américain d’Histoire Naturelle). Tous les membres de ce comité sont situés sur des terrains détenus par la ville et reçoivent des fonds en échange de leur action et de leurs services culturels, d’où l’inquiétude des membres face à l’importance et la fréquence des baisses de financement de la ville.

Alors que de nombreuses organisations et institutions autrefois considérées comme des piliers de l’offre culturelle et des modèles de stabilité sont désormais dans un état de fragilité extrême, celles qui étaient déjà en difficulté lorsque la crise financière survint (parmi celles-ci, l’opéra de la ville, du Metropolitan opéra, du zoo du Bonx et la NAMSFA) pourraient bien devenir des souvenirs et des espoirs du passé.

Ce type de gestion est peu visible depuis la France. Notre regard demeure hélas trop ethno centré et ce notamment du fait de l’excellence historique de notre politique d’offre. La part du financement public dans notre système est proportionnellement nettement supérieure à celle que les Etats-Unis connaissent et de nombreux sociologues américains nous envient notre niveau de dépense culturelle publique par habitant.

Mais ne serait-il pas plus prudent d’observer plus en profondeur la situation new-yorkaise pour prévenir certains modes de gestion à l’heure où le partenariat public-privé s’installe comme la nouvelle norme dans nos politiques publiques ?

Il nous paraît vital et primordial de savoir de quelles règles de transparence nous disposons pour engager l’avenir de nos institutions culturelles à travers les réformes en cours et pour pouvoir en maîtriser les risques. Car si le discours ambiant prône plus de régulation, la tendance lourde engagée un peu partout est un réformisme purement adaptatif par rapport à l’évolution du système social et économique mondialisé.

Ces règles de transparence doivent désormais s’inscrire au même titre que les règles de performance dans la gouvernance des institutions et des politiques culturelles.

Ceci est d’autant plus urgent pour trois raisons :

  • l’Etat a engagé, notamment via la RGPP, une réforme qui à court terme fragilise le système et l’écosystème culturel tout en y préparant une partie à la compétitivité qui sera nécessaire pour les défis de demain ;
  • les collectivités territoriales et locales, dont la part dans le financement de la culture est considérable, ont un niveau d’endettement en forte augmentation alors qu’il était extrêmement faible en 2007 et nous avons déjà évoqué la « toxicité » et donc la grande sensibilité aux aléas de certains produits contractés ;
  • les indicateurs culturels ont commencé à se dérégler : la fréquentation touristique stagne, pour ne pas dire qu’elle baisse, les chiffres de fréquentation des manifestations et des équipements culturels sont pour le moins disparates et fluctuants, la consommation dans les industries culturelles baisse et de manière très préoccupante dans certains secteurs.

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Trafalgar Square ouvert à tous

trafalgarL’artiste Antony Gormley organise en ce moment une action au Trafalgar Square de Londres : chaque citoyen pourra s’exhiber durant une heure sur la célèbre ‘quatrième colonne’ vide. Katy Guest estime dans le quotidien The Independent que cette initiative dresse un portrait excellent de la Grande-Bretagne. « Le fait d’exposer ainsi en public des gens ordinaires doit nous amener à nous interroger sur notre identité nationale et notre propre image. Mais si on analyse ces ‘personnages sur leur socle’ courageux et transis de froid, on commence à regarder le reste de la foule avec d’autres yeux. Cet homme tout en jean avec sa boucle d’oreille en or et son cigare – c’était de l’art ? Le vigile corpulent, qui fait penser à une étude à la Edward Hopper en plein ennui urbain … doit être de l’art, lui. Mais art ou pas, le spectacle de douzaine de Londoniens dans leur cirés et avec leurs lunettes de soleil, regardant comment un sosie de Clare Balding [journaliste sportive britannique] tout en rose danse pendant une heure jusqu’au ridicule – c’est aussi un portrait de la Grande-Bretagne aussi bon que tous les autres de l’été 2009. »

La BBC a également déjà fait de nombreux reportages sur cette initiative mais, ce qui se sait moins c’est qu’elle témoigne d’un des aspects de la stratégie culturelle de la Ville de Londres : faire en sorte que les lieux et les espaces publics soient véritablement à tous les londoniens, ce qui a notamment permis aux communautés de Londres de s’approprier chacune pour un temps les espaces et les équipements publics de la ville. Toute l’année est rythmée ainsi par des expositions, des festivals, des performances, des rencontres, des marchés, etc. Rien d’étonnant donc à ce que la population se bouscule pour prendre toute sa part de l’action culturelle, y compris la plus éloignée de la culture. Les inscriptions pour réserver ce « moment » sur Trafalgar Square sont massives, de la performance artistique à la manifestation politique en passant par la célébration d’anniversaires et les concerts gratuits. Les inscriptions se poursuivent jusqu’en septembre et il y a fort à parier que l’opération ne cessera de croire en notoriété et viendra renforcer le bilan de la stratégie culturelle de la ville.

Il faut noter qu’à la demande du maire précédent, Jennette Arnold fut en tant qu’élue travailliste de la ville chargée de présider le comité qui a élaborer la stratégie culturelle de Londres et cette stratégie prévaut toujours aujourd’hui même après l’alternance politique de 2008. Elle sert de cadre et de support au développement des projets de la mandature actuelle, une belle leçon de gouvernance dont plus d’un maire devrait s’inspirer.

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Banlieues d’Europe

  • Inscrit dans la perspective des 16èmes rencontres, le prochain rendez-vous de Banlieues d’Europe aura lieu le 25 mai à 18h, dans ses locaux, autour de La ville invisible.


Il réunira deux acteurs qui mènent des projets à l’est de l’Europe : Silvia Cazacu, fondatrice et directrice de Banlieues d’Europ’Est (Bucarest, Roumanie) et Érick Gudimard, co-fondateur et directeur des Ateliers de l’Image (Marseille, France). 
Atelier de création sur la représentation des territoires à Marseille, La ville invisible a été créé par les Ateliers de l’Image en 2001. Il s’agit à travers la photo, le son ou la vidéo de proposer différentes manières d’être dans la ville. À l’origine de son existence, une expérience menée à Prague, il y a 15 ans. Les interventions, suivies d’échanges avec les participants, aborderont la question du Comment, face aux mutations urbaines, à l’ouest comme à l’est de l’Europe, peut-on avoir une approche diversifiée de la ville ?


L’entrée est libre mais le nombre de places étant limité, il est conseillé de réserver par courriel à : inscriptions.banlieuesdeurope@gmail.com ou par téléphone au : 04 72 60 97 80.
L’entrée se fait par le 2, rue d’Arménie, Lyon 3ème.
Ce rendez-vous sera également l’occasion de fêter l’ouverture du centre de ressources de Banlieues d’Europe.


Contact : Banlieues d’Europe, 271, rue Vendôme, 69003 Lyon (04 72 60 97 80 – banlieues.deurope@wanadoo.frwww.banlieues-europe.com )

 

Organisée en partenariat avec Banlieues d’Europ’Est, cette rencontre s’ouvrira, le 26 à 15h, par des interventions autour du thème Résistances et témoignages. Le thème de la journée du lendemain, De nouvelles dimensions culturelles, se déclinera en cinq débats : Nouveaux lieux, nouvelles démarches ; Nouveaux rapports à l’espace public ; Nouvelles approches des populations ; Résistances actuelles ; Échanges est-ouest et mobilité artistique.
L’inscription, gratuite, se fait par courriel avant le 15 juin : banlieues.deurope@wanadoo.fr

Contact : Banlieues d’Europe, 271, rue Vendôme, 69003 Lyon (04 72 60 97 80 – www.banlieues-europe.com )

Source : Ministère de la Culture et de la Communication.

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