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Pourquoi je suis de gauche et j’aime l’appel au secteur privé

Photo Michael Zumstein / Agence Vu

Un de nos membres a souhaité réagir à propos d’un commentaire déposé par un intermittent du spectacle sur lesinrocks.com, suite à un article qui faisait état de la mobilisation des professionnels de la culture à Avignon. Au regard du contexte actuel particulièrement tendu du secteur, l’auteur a choisi de publier son article anonymement afin de ne pas connoter le débat par la seule indication de son nom et de ses fonctions.

La réforme territoriale, le désengagement de l’Etat : des sous ! Des sous ! Et les sous de tous les français, s’il vous plait, car nous, nous  travaillons pour le Bien Public, dans l’Intérêt Général, on nous le doit, ce fric, et l’argent privé, celui des entreprises, ne fait que des trucs nuls, les pays qui ont un autre système que le notre sont aussi des nuls!

Les professionnels du spectacle ne sont pas unis, car entre l’intermittent qui répond sur le blog et le directeur de l’Opéra de Paris, il y a un océan, mais tous deux diront la même chose :

  • On veut être libre de nos choix  (de créer, de programmer, de mette en scène, etc…)
  • On veut aussi que nos « tutelles », qui le seront donc le moins possible, nous accordent le droit de la prise de risque, dans ces choix. Autant dire d’échec possible.

Cinquante ans que ce système existe, mis en place par l’Etat puis copié par les satellites ( Communes puis département et enfin les Régions, plus jeunes).

Constat au bout de 50 ans :

1 – Tout le monde cotise pour la culture, paye pour la culture, la résidence d’artiste, la prise de risque du  metteur en scène, mais le chômeur de Mende a juste une chance sur 100 millions de bénéficier d’un abonnement à l’Opéra.

2 – Un jeune sur deux dit ne pas vouloir aller dans un musée, et sait motiver son refus : parce qu’on s’y ennuie, parce que ce n’est pas bien, parce qu’il préfère autre chose…(cf étude J et Sport 2006).Et ce, malgré trente bonnes années de collaboration et d’efforts financiers entre la culture, les musées et l’éducation nationale.

3 – Les plus déshérités, par l’isolement, la pauvreté, le handicap, sont très loin de fréquenter régulièrement les grands festivals du pays, très loin aussi d’aller de temps en temps dans les musées, les CDN, ou d’étudier 3 ou 5 ans dans les écoles d’art (cf étude 2003).Les expériences pour les « attirer » deviennent d’ailleurs de plus en plus pathétiques, au vu des moyens consacrés par rapport au budget culturel global du secteur public .

Le système de culture publique, quasiment soviétique, qui ne repose que sur la foi de lendemains meilleurs, « Continuons ainsi, on finira bien par démocratiser, dit-on chaque jour pour faire patienter les cotisants…» est tout de même la Bible partagée de l’intermittent et du directeur de l’Opéra.

Et l’Amérique ?

N’a-t-elle pas de bons artistes ? De bons musées ? De bons cinéastes ? De bons écrivains ? Et le Royaume-Uni ? Sa production artistique est-elle nulle, mauvaise? Ses lieux cultuels sont –ils rasants, vides, insipides ? Eh bien non.

Aucun autre système culturel, dans le monde, n’est financé, comme en France, par l’ensemble des contribuables, (L’URSS autrefois ? ). Même si, dans ces pays les financements publics existent aussi, mais ne prennent pas la même forme (celle de subventions directes et souvent reconductibles). Simplement, les professionnels de la culture, ailleurs,  acceptent le jeu des acteurs «  Si j’ai de l’argent public je dois avoir une fréquentation optima ») ainsi que l’évaluation de leur travail.

Cette Culture que le monde entier nous envie !

En France,  nous avons une expression fétiche : « Cette Culture, mais aussi cette  Justice, Médecine, Université, Education nationale…, au choix) que le monde entier nous envie !»

Et  oui, évidemment, et on comprend pourquoi : nulle part ailleurs les professionnels ne sont aussi gâtés, petites corporations qui se tiennent les coudes à l’abri de l’Intérêt Général, leur parapluie préféré, et qui, au quotidien, ont droit à l’erreur, à prendre des risques, à revendiquer des tutelles les plus légères possibles, une fois l’argent et les moyens alloués, ou à échapper à l’évaluation, à considérer qu’une forte fréquentation est suspecte, à un régime spécial de chômage, ou  à imposer à 200 000 habitants leur thèse de troisième cycle sous forme d’expo temporaire, avec le vocabulaire qui va avec ! Thèse ou encore leur auteur-fétiche, leur petite passion perso, mais « C’est l’avenir qui jugera de ma valeur,  comme pour les Impressionnistes ! » Autre expression-paravent sacrée, avec celles du Bien Public et  de l’Intérêt Général, celle, plus romantique, de l’artiste maudit, le producteur maudit, etc.. .

Dans le milieu professionnel de la culture, on revendique le cool, mais on accepte mal le jugement du peuple (démagogie, populisme). C’est symptomatique, on fustige même ce qu’il mange, comme cette phobie anti Mac Do, la nourriture des plus pauvres d’entre-nous, pourtant. (Au passage : Mac Do a  remplacé le Coca Cola d’autrefois). Ou ce qu’il aime (Block busters du cinéma).

Les jugements qui comptent : comme on « enseigne » et on « fait découvrir » aux plus pauvres, on ne peut attendre d’eux un jugement.  Seul le jugement de ses pairs compte, avec qui on fait un match permanent du « Je suis meilleur que toi ! ». A la rigueur, on veut bien faire un deal en acceptant un compromis (un artiste, un producteur…) avec l’Etat, et l’un de ses chouchous imposés, car l’Etat reste le seul juge, prestigieux dans un CV, une conversation entre amis. L’Etat est le Garant de l’Intérêt Général, on y reviendra.  Mais pas plus….

Les entreprises ? Satan ! Les mécènes ? Tous des riches, donc des ripoux ! Exit donc le jugement du peuple, des plus pauvres et celui des entreprises… Nous sommes des professionnels, nous savons ce qui est bon pour vous, même si vous ne le savez pas, et basta ! La preuve ? Notre public habituel, les profs et, en général, toute la bonne petite bourgeoisie qui s’abonne dès l’ouverture de la saison  théâtrale,  nous suivent! Vous avez dit élitiste ?

Attendons ! Attendons, tout cela va porter ces fruits, cette profusion, tous ces moyens, ces conditions de travail super, cette liberté, ces subventions, cette absence d’évaluation qui pourrait devenir une sanction. La démocratisation va bien arriver un jour, non  ???

OK, mais SEULEMENT si on change ces pratiques corporatistes et si on réfléchit au lieu de réciter un catéchisme, si on redonne la parole aux élus, parce que ce sont eux, en démocratie, qui représentent les gens. Si on se contente de l’intérêt commun, sans invoquer l’Intérêt Général et la République, car le Pen est républicain et Sarkozy aussi. Fermons les parapluies et regardons le chantier.

Par où commencer, d’ailleurs ?

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Quelle peut être la place de l’artiste dans une société « du savoir » ?

Deuxième chapitre de notre série de publications issues des rencontres débats passionnants qui ont eu lieu au sein du Grand Lyon dans le cadre du cycle de rencontres « Grand Lyon Vision Culture » et dont son concepteur Pierre-Alain Four* nous fait l’honneur et l’amitié de nous autoriser la diffusion. Au programme cette fois-ci, la place de l’artiste dans une société « du savoir ».

Bien loin de la place spécifique et coupée du monde que lui assigne la vision Romantique, l’artiste est aujourd’hui un individu qui aborde dans son travail de création, toutes sortes de sujets, de thèmes, de questions, puisant dans un répertoire de savoirs et de connaissances extrêmement hétérogène. Par ailleurs, son identité et la nature de son activité se réfèrent aussi à de très nombreux registres : intellectuel, critique militant, découvreur, bricoleur créatif… 

L’artiste est aujourd’hui un acteur à même d’associer et de faire tourner concepts, idées et technologies nouvelles comme d’autres moins récentes. Cependant,
ses dispositions et facultés sont méconnues et, entre les représentations relatives à son activité et la réalité du travail de l’artiste, il y a souvent un monde.

Pour consulter le rapport en ligne, cliquez ici. Vous pouvez également le télécharger dans notre box « Ressources ».

Pour consulter le chapitre précédent, cliquez ici.

*Docteur en sciences politiques (IEP de Paris), Pierre-Alain Four, a été chercheur associé au Pacte-CNRS (IEP de Grenoble) et est membre fondateur de l’Association pour la promotion et l’organisation de la recherche en sciences sociales (Aporss), puis de FRV100. Il a notamment travaillé sur les Fonds régionaux d’art contemporain (Frac), la vie intellectuelle en province et d’une manière générale sur de nombreuses questions culturelles et artistiques. Il a notamment analysé les relations entre artistes et amateurs, et la place des artistes insérés dans des dispositifs de politique publique éloignés de leur champ professionnel d’origine (politique de la ville par exemple). Il a aussi été chargé de cours à l’Université de Montpellier III, à l’école des Beaux-Arts de La Réunion, à l’université Lyon2, etc. Il est actuellement veilleur culture pour la DPSA où entre autre missions, il anime et conçoit le cycle Grand Lyon Vision Culture.

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Médiation culturelle : l’enjeu de la gestion des ressources humaines

Au cours des 30 dernières années, les activités de médiation culturelle ont connu un essor continu dans l’ensemble des domaines artistiques et culturels, au sein des institutions et sur les territoires, notamment sous l’impulsion des politiques publiques de la culture, de la ville et de l’emploi. Pour autant, les activités de médiation ne constituent pas aujourd’hui un ensemble homogène ; le métier et les compétences, divers selon les établissements et les secteurs, restent peu reconnus.

Au moyen d’une méthode inédite qui se décline sous la forme de 6 configurations professionnelles, l’étude dresse un état des lieux actualisé des situations professionnelles rencontrées (contenus d’activité, statuts d’emploi, conditions d’accès et identités professionnelles) et identifie l’enjeu majeur que constitue la gestion des ressources humaines pour la professionnalisation des activités de médiation.

Over the last 30 years, work within cultural events promotion has been growing steadily in all cultural and artistic fields, within institutions and across regions, driven by public policies on cultural, civic and business life.

As such, cultural promotion now no longer covers a consistent range of activities; the profession and its related skills vary widely across institutions and sectors and with little recognition.

Using a completely new method which designates 6 separate professional categories, this study gives an up-to-date review of professional situations covered (activity, employment status, entry conditions and professional identity) and identifies the major issue of human resource management in the professionalisation of cultural promotion activities.

Source : DEPS, ministère de la Culture et de la Communication.

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Cinquième édition du festival Croisements

La France organise ce mois-ci en Chine son plus grand festival culturel dans le monde, a annoncé jeudi son ambassadeur à Pékin, évoquant les manifestations multidisciplinaires qui vont être présentées au public chinois pendant deux mois dans le cadre de « Croisements ». Cette 5e édition du festival Croisements doit être inaugurée le 15 avril pour se clore le 21 juin à Shanghai, lors de la Journée France qui tombera le jour de la Fête de la musique sur le site de l’exposition universelle dans la métropole de l’est de la Chine, a expliqué Hervé Ladsous. « Cette année ce sont 200 manifestations qui vont se dérouler dans 27 villes chinoises, contre 150 l’an dernier dans 21 villes », a expliqué M. Ladsous, « le festival Croisements est devenu le plus gros festival français dans le monde ». Le cinéma français sera représenté par 13 longs métrages et 12 courts métrages alors que la France tente d’élargir la diffusion de ses films sur l’immense marché chinois, encore peu ouvert. Des acteurs comme Vincent Perez et Josiane Balasko sont attendus en Chine pour la projection de « Demain dès l’aube » (Denis Dercourt) et « Le hérisson » (Mona Achache). Pour la première fois, les Rencontres d’Arles de la Photographie participeront à Croisements. Des expositions comme « Abysses », de Claire Nouvian, qui explore les grands fonds, seront présentées. Côté musique, le chanteur-compositeur de rock M, ou Matthieu Chedid, doit donner un concert le 21 juin à Shanghai, le jour où la France « fera une magnifique fête de la musique, la première à Shanghai », a dit M. Ladsous. Izia, fille de Jacques Higelin, chantera également en Chine. Pour la danse classique, trois grands ballets où se retrouvent danseurs et chorégraphes français et chinois seront sur scène. Les Chinois de Pékin, Shanghai ou Canton curieux de danse contemporaine pourront voir notamment « Blanche Neige » de la compagnie Angelin Preljocaj, ballet pour lequel les costumes sont signés du couturier Jean-Paul Gaultier. Des expositions de peinture figurent aussi au menu de Croisements, de même que des pièces de théâtre, des ateliers avec des écrivains français et des concerts de musique classique. « Il y en aura pour tous les goûts et tous les publics », a dit M. Ladsous, « c’est la richesse de la création artistique française que nous voulons montrer à tous les publics ». L’édition 2009 de Croisements avait été fréquentée par 250.000 Chinois, généralement des citadins aisés.

Source : AFP

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A propos du Conseil pour la Création Artistique

Le 19 février dernier, un article du journal Le Monde a particulièrement attiré notre attention. Intitulé « Faut-il accepter l’argent du conseil piloté par Marin Karmitz ? », l’article traitait principalement de deux questions : 1) du caractère éthique et moral du fait que certains bénéficiaires du soutien financier du CCA y siègent également, pointant ainsi leur position de juge et partie, position qui, dans le pays où le cumul des mandats est une « tradition républicaine », ne serait dans la culture ni une pratique courante, ni une pratique acceptable… ; 2) de la provenance des crédits mobilisés pour financer le CCA, crédits dont les détracteurs du CCA sont certains qu’ils ont été ponctionnés sur le budget du ministère de la Culture et de la Communication.

C’est dans sa réponse à la question sur la mobilisation budgétaire du ministère de la Culture et de la Communication, qu’une phrase de Marie Descourtieux, secrétaire générale du CCA, mérite que l’on s’interroge : « nous n’avons pas encore de personnalité juridique, donc l’enveloppe de 2010 transite par le budget de la culture. Mais c’est un crédit supplémentaire. »

Si sur le fléchage et la mobilisation du financement, la discussion est très vite expédiée par Marie Descourtieux (les fonds proviendraient en fait du Haut Commissariat à la Jeunesse), c’est sur la mention du caractère temporaire de l’absence de statut juridique du CCA qu’il convient effectivement de s’attarder en profondeur car c’est peut-être là que ce révèle pour la première fois la vraie vision politique de la réforme des politiques culturelles et de leur ministère, ministère qui fêtait il n’y a encore pas si longtemps son cinquantenaire dans l’apathie la plus totale.

C’est en effet en dehors de tout discours politique et idéologique que la réforme peut se décrypter, dans cette phrase de Marie Descourtieux qui est tout sauf anodine. En termes de pédagogie de la réforme, c’est plus que faible mais cela a surtout le très grand avantage d’éviter une confrontation directe sur le vrai sujet avec les professionnels de la culture des secteurs publics et privés, professionnels qui sont dans un état de préoccupation et de faiblesse jamais atteint jusqu’à présent.

Disons-le tout net, c’est un tournant qui est en train de s’opérer pour la politique culturelle à la française, tournant sur le plan de sa doctrine et de son esprit depuis la création du ministère, tournant stratégique et opérationnel qui compte tenu de la feuille de route fixée par la RGPP (et des conditions dans lesquelles celle-ci se met en oeuvre) mériterait que les véritables objectifs soient clairement expliqués et débattus.

On peut être d’accord ou pas sur le fait que c’est une part des prérogatives du ministère de la Culture et de la Communication qui sont données au CCA sur « simple » décision élyséenne (ce n’est évidemment pas aussi simple) mais personne n’a relevé que cette phrase de Marie Descourtieux contient toute la problématique : attribuer un statut juridique au CCA. Quel que soit ce statut, c’est donner au CCA une existence distincte de celle du ministère. Personne ne s’interroge aujourd’hui sur les conséquences et sur le sens d’une entité juridique distincte du ministère du la Culture et de la Communication qui bénéficierait de fonds qui ne sont pas inscrits dans la loi de programmation budgétaire de l’Etat.

Locomotive ou laboratoire de la création et de l’innovation culturelle en France ou pas, on peut voir l’émancipation du CCA sous l’angle franco-français où l’Elysée cherche à satelliser au plus près du pouvoir central des marges de manoeuvres signifiantes et significatives extraites des lourdeurs administratives des ministères ; mais on peut aussi voir que le CCA prend la tournure d’une entité juridique séparée d’une administration centrale, à la manière de l’Arts Council of England ou du National Endowment for the Arts aux Etats-Unis.

Comme rien ne filtre ou presque du CCA, le monde culturel est particulièrement à l’affût de ce qui s’y prépare, les syndicats allant par exemple jusqu’à dénoncer une « ministère de la culture bis » qui déposséderait à terme l’actuel ministère d’un certain nombre de ses missions régaliennes, une sorte de réforme déguisée pour contourner la difficulté du ministère à se réformer et pour à terme le faire disparaître. Il est clairement reproché au CCA d’être l’instrument d’une tentative d’inversion des rapports entre institution et professionnels du secteur, au profit de l’Elysée. Mais est-ce vraiment cela dont il s’agit au fond ? C’est tout à fait possible puisque ce qui est visible pour le moment n’est qu’instrumentalisation de l’institution par le politique. Or ni la rue de Valois, ni l’Elysée, ni Bercy, ni le CCA ne se sont vraiment expliqués sur la genèse d’une telle initiative, nous pensons évidemment à ce qui est malheureusement absent des discours et des communiqués de presse, c’est-à-dire à une pédagogie de la réforme du modèle, la proposition d’un projet sociétal qui ne se contente pas de dire que tout ce qu’on tente d’y faire est historique mais qui essaie de contribuer à ce que l’institution soit en phase avec la société.

Pourquoi cette pédagogie est-elle présente dans d’autres secteurs économiques et absente du secteur culturel ? Est-ce par peur du conflit, par mépris, par manque de compétence, par absence de vision politique ou parce que réformer la culture et l’institution culturelle est considéré comme impossible ? 
On peut toujours dire que réformer le secteur culturel est voué à l’échec comme l’expression d’une certaine fatalité bien connue mais le fait est que le sujet est ultra sensible car il touche au cœur du modèle sociétal français, modèle qui évolue à la marge avec son temps mais dans des temporalités différentes pour le citoyen, l’acteur culturel, l’institution ou le responsable politique. 
Sans un certain nombre d’explications, il est impossible (même avec la meilleure des bonnes volontés) de déceler le bien-fondé du CCA et du mouvement auquel il participe. On doit pour le moment se contenter de lire entre les lignes, dans un climat qui n’est pas propice au débat contradictoire.

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Un nouveau regard sur l’éducation artistique et culturelle

Comment prendre en compte les mutations des pratiques culturelles en matière d’éducation artistique et culturelle ? Et, notamment, comment tenir compte de l‘évolution massive de ces pratiques en direction du numérique (jeux vidéo, téléchargement de musique et de films, développement d’Internet) ? Telles sont les questions sur lesquelles se pencheront les différents intervenants du séminaire européen qui se tiendra à Berlin-Genshagen les 17 et 18 décembre prochains au siège de la fondation franco-allemande pour la culture. Avec, entre autres objectifs, la présentation par le groupe d’experts européens sur l’éducation artistique et culturelle mis en place le 21 mai 2008 par la Commission européenne, de plusieurs exemples de bonnes pratiques et projets en ce domaine.

Source : ministère de la Culture et de la Communication

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L’association des scènes nationales évolue

L’Association des scènes nationales a récemment modifié ses statuts afin de mieux défendre et valoriser l’ensemble de ses structures. Son ambition : devenir un véritable laboratoire d’idées, un outil d’échanges et de réflexions entre ces scènes pluridisciplinaires qui constituent un réseau unique en son genre, essentiel à la création ainsi qu’au développement des publics et des territoires.
 Les 70 scènes nationales sont dédiées à la rencontre de tous les arts du spectacle vivant, mais aussi, pour nombre d’entre elles, des arts visuels. Leur programmation reflète les principaux courants de la production actuelle mais aussi des approches artistiques plus singulières. Elles sont réparties sur l’ensemble des régions métropolitaines, ainsi qu’en Guadeloupe et Martinique, et situées en grande majorité dans des villes moyennes, au cœur d’agglomérations de 50 à 200 000 habitants où elles s’attachent à conjuguer des responsabilités artistique, publique et professionnelle. 
À travers l’association, elles souhaitent mieux échanger sur la diversité de leurs pratiques et partager leurs savoir-faire, et se donner les moyens d’avoir une réflexion collective sur des sujets qui les préoccupent et qui font leur quotidien, comme la question du territoire et du rapport au public, de la médiation, du rôle de conseil aux artistes et de leur accompagnement, des actions culturelles conçues avec d’autres structures plus petites de leur territoire… 
Les premiers groupes de travail devraient porter sur : le rapport au territoire, la place du cinéma dans leur champ d’action, et la mise en place d’une base de données co-gérée avec la mission pour les réseaux de diffusion pluridisciplinaires de la Direction de la musique, de la danse, du théâtre et des spectacles (DMDTS / ministère de la Culture et de la Communication).
Le nouveau conseil d’administration est composé de neuf directeurs et de trois présidents de scènes nationales. Le bureau est présidé par Michel Orier, directeur de la MC2, scène nationale de Grenoble. Jean-Paul Jury, président du Lux, scène nationale de Valence, en est le vice-président.

Source : ministère de la Culture et de la Communication.

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Le transfert des monuments vers les collectivités soumis au Parlement

Paru récemment dans le toujours aussi bien informé Journal des arts, un article sur l’adoption pour le moins discrète d’une modification dans le projet de loi de finances pour 2010 qui permet de se passer de l’avis du ministère de la Culture pour transférer les monuments historiques protégés appartenant à l’Etat aux collectivités locales qui en feront la demande. Cette modification de l’article 52 du projet de loi déclenche de vives réactions et les déclarations du ministre de la Culture n’ont pas convaincu, c’est le moins qu’on puisse dire.

C’est en effet un article ajouté en catimini au projet de loi de finances pour 2010, à la demande du Premier ministre, sur lequel Frédéric Mitterrand s’est bien gardé de communiquer. Lors de son audition à l’Assemblée nationale, le 3 novembre, le ministre de la Culture a pourtant pu constater que la méthode n’avait guère été appréciée. Plusieurs députés ont protesté contre ce désormais fameux article 52. Dans son rapport établi au nom de la commission des finances, le député Nicolas Perruchot (NC) a notamment déploré que « le gouvernement n’ait pas informé plus en amont le Parlement de son intention ». L’exposé des motifs de cet article est sans ambiguïté. Il vise à modifier « le régime relatif aux transferts du patrimoine de l’État et de ses établissements publics (et non plus du seul Centre des monuments nationaux) au profit d’une méthode ouverte : celle d’un appel généralisé et sans limite temporelle au volontariat des collectivités locales ». Le gouvernement, inspiré par une proposition de loi présentée en octobre 2008 par le sénateur Philippe Richert (UMP), entend donc passer à la vitesse supérieure pour décentraliser les monuments historiques, en supprimant les garde-fous posés par la loi du 13 août 2004. La possibilité de demande de transfert, limitée dans le temps, concernait alors 176 monuments figurant sur une liste établie par une commission réunie autour de l’historien René Rémond. Celle-ci excluait notamment le transfert de lieux de mémoire nationale ou d’anciens biens de la Couronne. 65 sites ont ainsi été dévolus, 56 conventions étant d’ores et déjà signées. Des chiffres insuffisants pour la Cour des comptes, qui juge « ce bilan décevant » dans un rapport consacré à la décentralisation. Cela alors qu’aucun bilan économique et qualitatif n’a encore été établi.

Pour accélérer la cadence, le nouveau texte prévoit que tous les monuments historiques protégés appartenant à l’État – entiers ou par partie, mais aussi des « objets » – seront désormais susceptibles d’être transférés à une collectivité locale. Le Musée du Louvre ou l’Arc de triomphe, mais aussi la cathédrale de Chartres pourraient faire l’objet d’une demande. Et dans la mouture actuelle du texte, seul le préfet est habilité à donner son accord, le texte initial ne prévoyant aucune consultation des services du ministère de la Culture. Interpellé sur ce sujet, Frédéric Mitterrand a joué les bons soldats : « Oui à la dévolution voulue par le gouvernement, oui à l’activation locale lorsqu’elle peut donner à ces monuments et à ces lieux une vie nouvelle pour le bien de tous. » Des arguments qui n’ont guère convaincu les députés présents. Plusieurs amendements au texte ont été déposés par la commission des affaires culturelles, dont l’un de suppression pure et simple de la part de Marcel Rogemont (SRC). Ils devaient être discutés lors du vote du budget en séance, le 12 novembre. « Au détour de la loi de finances, on change radicalement les données », déplore Marcel Rogemont qui réclame l’ouverture d’un vrai débat sur cet article, mais aussi une étude d’impact pour le Centre des monuments nationaux (CMN). Car il ne fait nul doute que les seuls monuments qui intéresseront les collectivités, déjà étranglées par les transferts et la réforme de la taxe professionnelle, sont les plus rentables. Isabelle Lemesle, présidente du CMN, s’inquiète, elle, pour l’avenir de son institution : « Le système de péréquation entre les monuments sur lequel repose le CMN, qui s’autofinance à 85 %, risque d’être mis en péril par cette nouvelle vague de décentralisation. Car, sur les 96 monuments que nous gérons, 6 sont bénéficiaires en fonctionnement et nous permettent d’ouvrir les autres au public. » Les conséquences économiques de l’opération sont peu évidentes. La première vague de décentralisation avait eu un coût significatif pour l’État, qui a dû compenser par une subvention la perte de recettes pour le CMN, mais aussi financer, souvent à hauteur de 50 %, les travaux menés sur ces monuments décentralisés. Marcel Rogemont y voit aussi un autre risque, pour les élus cette fois-ci : « Face à un monument appartenant à l’État qui serait en situation de péril, la population risque d’exiger des collectivités qu’elles en demandent le transfert pour en assurer la sauvegarde puisqu’elles en auront désormais le droit. » Autant de questions dont Matignon a tenté de faire l’économie.

Source : Le Journal des Arts, n°313, 13/11/09

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Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

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L’interview que (ne) nous a (pas) accordée Frédéric Mitterrand

DidierRyknerDidier Rykner de La Tribune de l’Art nous fait l’amitié de nous autoriser à diffuser dans son intégralité une interview un peu particulière de Frédéric Mitterrand. Il s’agit d’une interview qui n’a pas encore eu lieu mais qui a le mérite de poser des questions qui témoignent des préoccupations et des menaces qui pèsent aujourd’hui et plus que jamais sur le patrimoine, au moment où le tout récent ministre de la culture tente de retrouver un peu de sérénité après une rentrée pour le moins agitée, rentrée qui n’aura servi ni la politique culturelle, ni le ministère.

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Nous avons salué en son temps la nomination de Frédéric Mitterrand (voir brève du 23/6/09). Momus aussi, dont on connaît la dent dure et l’absence de compromission. Nous sommes d’ailleurs en complet accord avec l’éditorial que l’association vient de consacrer à ce sujet.
 Le ministre travaille beaucoup, comme en témoigne l’emploi du temps que son service de presse nous envoie toutes les semaines. On l’a cependant fort peu entendu sur le patrimoine et les musées. Depuis sa nomination, nous avons à plusieurs reprises cherché à l’interviewer. Il fallait attendre. Attendre la rentrée puisqu’il devait prendre connaissance des dossiers. Attendre la présentation du budget puisqu’il devait savoir de quels moyens il disposerait.
 Le budget est venu, un budget plutôt sérieux et où le patrimoine est mieux pris en compte que d’habitude. Mais l’interview, elle, est repoussée à une date non précisée. Pas pour l’instant nous est-il répondu. Nous ne sommes d’ailleurs pas seuls dans ce cas, tout entretien demandé par les grands médias, dès lors qu’il ne s’agit pas de généralités ou de la loi Hadopi est également systématiquement refusé. Or, nous avons beaucoup de questions pour le ministre tant les problèmes sont nombreux et urgents. S’il ne veut pas, pour le moment, s’exprimer, nous pouvons toujours les lui poser. Nous sommes à sa disposition pour publier ses réponses, le jour où il acceptera de s’exprimer devant les 6000 visiteurs quotidiens de La Tribune de l’Art.

Vous avez créé une commission chargée de se prononcer sur la suppression de l’avis conforme des ABF dans les ZPPAUP (voir article). Quelle est votre opinion à ce sujet ? Partagez-vous l’opinion du sénateur Yves Dauge, et de beaucoup d’observateurs et de parlementaires, que des intérêts particuliers avaient prévalu (il citait le cas de la ZPPAUP de Provins) ?

Les éoliennes se multiplient de manière anarchique dans le pays, menaçant de nombreux paysages et monuments historiques, jusqu’au Mont-Saint-Michel. Quelle est votre position sur ce sujet et que comptez-vous faire ?

Grâce au plan de relance, on se rapprochera en 2010 du budget minimum nécessaire pour la restauration des monuments historiques (400 millions d’euros). Qu’allez-vous faire pour pérenniser ces ressources avec lesquelles on a joué au yoyo depuis quelques années ? Où en est-on de l’idée d’un loto consacré au patrimoine, ou d’une taxe sur les jeux existants ?

L’Etat, dans une course désespérée à l’argent, se sépare de nombreux bâtiments classés ou inscrits monuments historiques. L’un des cas les plus graves et les plus emblématiques est l’Hôtel de la Marine (voir article) pour lequel il est prévu un bail emphytéotique et dont on ne sait pas ce que deviendra le mobilier qu’il renferme. Quelle est votre position à ce sujet ?

Beaucoup d’églises de petites communes ne sont plus entretenues et certaines sont menacées de démolition (voir article). Que comptez-vous faire pour aider le patrimoine non protégé ?

L’argent n’est pas tout : si certains chantiers menés par les monuments historiques sont de belles réussites (citons récemment la cour vitrée de l’Ecole des Beaux-Arts à laquelle nous allons consacrer un article), d’autres sont très critiquées par les historiens de l’art : rénovation trop poussée (château des ducs de Bretagne à Nantes), restitutions hasardeuses (Versailles), voire pire (Quartier Henri IV à Fontainebleau - voir article) . Quelle est votre position à ce sujet ? Les contrôles sont-ils suffisants ? Le ministère de la Culture ne devrait-il pas engager un grand débat à ce sujet ?

Pour l’Hôtel Lambert, la justice a tranché une première fois. Pourquoi le ministère de la Culture s’acharne-t-il alors qu’on se trouve assez proche d’une solution de compromis (voir éditorial) ? Y-a-t-il une honte à discuter avec les historiens de l’art et à négocier avec les associations de protection du patrimoine ? Ne peut-on sortir de ce dossier par le haut ?

Le Palais de la Porte Dorée va être affublé l’année prochaine d’une construction de Tadashi Kawamata qui va dénaturer sa façade et cacher une partie des sculptures d’Alfred Janniot (voir brève du 4/10/09). Pourtant, ce monument est entièrement classé. A quoi sert une telle protection, et à quoi sert la Commission nationale des monuments historiques lorsqu’elle autorise ce type de vandalisme ? Quelle est votre opinion à ce sujet, sachant que les promoteurs de ce projet ont fait croire qu’il était temporaire, alors qu’il était en réalité pérenne ?

La Tribune de l’Art a dénoncé une action de vandalisme d’une mairie (à Wintzenheim) sur un monument inscrit (la chapelle Herzog) et a démontré que les règlements n’avaient pas été respectés (voir article). Pourquoi le ministère de la Culture (via la DRAC) ne prend-il aucune sanction et ne porte-t-il pas plainte dans un cas comme celui-ci (voir article) ? Y-a-t-il une impunité des élus lorsqu’il ne respectent pas le patrimoine ?

La législation de l’affichage publicitaire à proximité des monuments historiques n’est pas respecté dans de très nombreuses villes, dont Paris ? Les préfets ferment les yeux. Comptez-vous agir pour faire simplement respecter la loi dans ce domaine ?

Plus globalement, trouvez-vous normal que les défenseurs du patrimoine aient le sentiment que le plus grand adversaire du patrimoine est l’Etat et les collectivités locales ? Soit directement, soit par laisser-faire ?

La Direction des Musées de France et la Direction du Patrimoine vont être regroupées en une seule direction, suite à la réorganisation du ministère dont vous n’êtes pas à l’origine, mais que vous avez approuvée. Comment comptez-vous donner de véritables moyens d’action à cette nouvelle Direction ?

L’Agence France-Muséums, chargée du Louvre Abou-Dhabi et composée de conservateurs français sous la direction du président du Musée du Louvre, achète des œuvres pour un musée étranger, parfois contre l’intérêt des musées français (tentative d’achat d’un tableau de Géricault qui pouvait intéresser le musée de Lyon - voir brève du 3/4/09, achat d’une fibule wisigothique que le Louvre avait longtemps souhaité acheter – voir brève du 8/6/09- …). Trouvez-vous cela normal ?

Le ministère de la Culture revendique un fragment du Jubé de la Cathédrale de Chartres appartenant à un antiquaire parisien (voir article). Cet objet avait disparu depuis la Révolution. Soit l’Etat perd et l’objet est définitivement perdu pour la France, soit l’Etat gagne, et l’on imagine les conséquences sur les pour les musées dont les collections se sont en partie constituées sur les confiscations révolutionnaires. Vous n’êtes pas responsable de cette action qui a été entamée avant votre arrivée. Quelle est votre position à ce sujet ? Ne serait-il pas plus prudent – et surtout plus juste – de retirer cette demande ?

Les musées de province ont un budget d’acquisition très réduit et les œuvres d’art importantes continuent à sortir de France. L’Etat ne pourrait-il pas être plus généreux envers ces musées de province ? Tous les chefs-d’œuvre doivent-ils finir dans les musées parisiens ?

Les procédures d’acquisition sont très longues et il n’est pas possible pour les musées d’acquérir rapidement une œuvre réapparue et passant aux enchères. Ne faudrait-il pas prévoir un fonds de roulement qui permettrait d’acheter rapidement pour les musées ?

La Tribune de l’Art a démontré, dans une longue enquête (voir article), que les dépôts des musées nationaux hors des musées, dans des bâtiments officiels, étaient illégaux et nombreux. Comment le ministère de la Culture peut-il accepter une telle situation. La loi n’est-elle valable que pour les particuliers ?

Propos (non) recueillis par Didier Rykner

© La Tribune de l’Art

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Musées futurs, futur des musées / 2

FutureNous évoquions dans un post précédent le bilan plus qu’en demi-teinte de l’édition 2009 du SIMESITEM, édition qui proposait pour la première fois un forum international des musées dits « futurs ». Espérons que cette tentative d’évolution de la manifestation n’ait pas été un coup d’épée dans l’eau. Convaincus qu’il est pertinent de faire évoluer le SIMESITEM vers un salon plus international et plus attractif, ce nouveau format de l’événement n’a pas été selon nous à la hauteur de l’enjeu. On pressent d’ailleurs une démarche d’ajustement pour l’édition 2010 récemment annoncée.

Toujours est-il que malgré un intitulé ouvrant vers tous les imaginaires, le sujet de l’édition 2009 n’a été en fait que très partiellement abordé et de nombreuses questions n’ont pu être débattues.

Les musées français en particulier se sont appuyés pour se développer sur une triple tradition de la gestion de l’offre, de sa mise à niveau et de sa projection dans le futur. Un éternel débat entre membres du même club, alors que la démocratisation de la culture demeure un des principes toujours fondateurs mais à la peine et que le glissement sociétal et politique de « la culture pour tous » à « la culture pour chacun » est déjà bien opéré.

Lorsqu’on connaît ne serait-ce qu’un peu les débats que les études de fréquentation engendrent depuis bientôt trente ans, on est en droit de se demander jusqu’à quel point on peut faire preuve d’autisme. Surtout lorsqu’au sein de la profession, la veille sur les pratiques et les usages fait partie du quotidien et montre qu’il est possible de faire mieux, de se différencier et d’innover. Aujourd’hui cet autisme est devenu un luxe qu’aucun musée ne peut plus se payer, et de plus en plus de musées l’ont parfaitement compromis, aussi nostalgiques puissions-nous être de l’idéal malrucien.

La réalité est que de grandes inégalités existent entre les musées face à ces questions et qu’il est toujours aussi difficile de partager son expérience et sa vision avec d’autres. Même si cela a donné des résultats très différents d’un pays à l’autre, ce partage a toujours trouvé un cadre favorable, comme au Canada, aux Etats-Unis, en Italie, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou tout récemment en Espagne.

Ces inégalités françaises n’ont pas permis jusqu’à présent de mettre suffisamment en commun les retours d’expérience et d’en tirer non pas des indicateurs de performance mais de vrais référentiels qualitatifs et quantitatifs, alors qu’il y a une profusion d’actions et une véritable débauche d’énergie. Aujourd’hui encore, chacun développe sa politique dans un environnement toujours plus concurrentiel et il est tout de même paradoxal que si peu de tendances lourdes parviennent à se dégager.

Alors on entendra dire assez souvent que chaque situation est particulière, que chaque statut ou mode de gestion ne permet pas forcément toutes les audaces, qu’il faut d’abord savoir se mettre en ordre de marche et surtout qu’il faut plus de moyens et que les tutelles doivent assumer leurs responsabilités. La réalité est effectivement faite quotidiennement de ces préoccupations-là et elles sont extrêmement lourdes car bien souvent vitales pour l’institution. Mais pourquoi ne pas prêter plus d’attention à un constat simple ? Tous les musées d’aujourd’hui qui ont une bonne fréquentation globale ont quelle que soit leur envergure  :

  • une bonne lisibilité de leur offre,
  • une programmation et un événementiel forts,
  • réussi à se doter des outils actuels de communication avec les publics, notamment via l’Internet, les TIC et le multimédia,
  • réussi leur politique touristique comme celle de proximité (même effort de segmentation, d’analyse des clientèles potentielles, profils, motivations, etc.).

Du coup, on perçoit immédiatement les inégalités entre les musées et le chemin qu’il leur reste à parcourir sur ces points. Pour y parvenir pleinement, les musées auront toujours plus besoin de leur territoire et de soutien politique. Aussi imparfaits les élus soient-ils, il y a longtemps qu’ils ont compris que leur territoire a besoin de la culture pour rayonner. On ne peut pas dire que l’inverse soit le constat dominant.

Savoir si les musées ont un futur rejoint LA question idoine, celle de leur soutenabilité (et non plus seulement celle de leur pérennisation) et il y a tant à faire dans ce domaine. En revanche, savoir quels sont parmi les musées futurs ceux qui ont effectivement pris en compte leur soutenabilité dans leur cœur de projet est une toute autre affaire. La soutenabilité repose sur la caractérisation d’objectifs qui ne peuvent être réalisés sans des stratégies capables de relever les défis actuels au-delà de la simple politique du rattrapage.

Ainsi, déconnecter la question des musées futurs de celle du futur des musées, c’est courir le risque d’accentuer les inégalités entre les musées, de perpétuer le cliché d’une prospective déconnectée du court terme et d’encourager les musées dans le statu quo, faute d’être en mesure de relever le défi. D’où un risque de produire des expériences non concluantes, pour ne pas dire des échecs, qui se doublent du risque d’entraîner tout un secteur dans de mauvaises directions faute d’avoir su partager son référentiel.

Les musées futurs ne sont pour le moment qu’une projection autiste du présent. Dans ces conditions, comment l’architecte peut-il se mettre au service du musée et que nous a dit le SIMESITEM en ayant choisi pour thème les musées futurs ? Hélas pas grand chose qu’on ne sache déjà.

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Propositions pour une stratégie du livre français à l’étranger

RapportLe présent rapport, réalisé par émet des propositions pour une action publique homogène en faveur de la diffusion du livre français à l’étranger et s’attache à établir un état des lieux, poser un diagnostic et élaborer des pistes d’action concrètes. Ces propositions doivent prendre en compte, d’une part, les problématiques de l’ensemble de la chaîne de diffusion du livre et de la création littéraire français à l’étranger (l’exportation et la diffusion physique du livre ; la traduction en langues étrangères et les traducteurs ; la présence des auteurs et éditeurs français à l’étranger ), d’autre part, les différentes zones géographiques, dans leur spécificité (le maintien de la présence du livre français dans la francophonie du nord et du sud ; le rayonnement du livre français et de la création littéraire française dans les pays non francophones, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’Amérique latine, de l’Asie ou des Etats-Unis).

Par POIVRE D’ARVOR Olivier et WAGNER Marc-André , FRANCE. Ministère de la culture et de la communication

Pour télécharger le rapport, cliquez ici.

Source : La Documentation Française.

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Entretien avec Jean-Michel Lucas

PFA l’occasion de ses Assises, la Plate-forme interrégionale d’échange et de coopération pour le développement culturel (association regroupant les associations culturelles régionales) a invité Jean-Michel Lucas dans le cadre d’un colloque intitulé “La nouvelle gouvernance des politiques culturelles : place et rôle des organismes régionaux”. L’entretien qui suit faisait partie des documents remis aux participants.

« Les politiques de la culture sont passées du principe de la démocratisation culturelle (en réalité une politique “élitiste” voulant faire partager à tous le “meilleur”) à celui du développement culturel. Le passage à l’objectif dit de la “diversité culturelle” – et, pour ma part, je préfère parler des “droits culturels des personnes” – ne se dessine toujours pas. Souvent d’ailleurs, le mot diversité est utilisé à faux, avec beaucoup de crainte, de rejet, presque de haine…

Comment mettre en œuvre ces droits culturels ?

Il suffirait que la politique culturelle revendique la mission politique de veiller aux conditions de possibilité d’une confrontation permanente du sens et des valeurs des identités culturelles des uns et des autres.

Quel impact sur la culture peut avoir la réforme Balladur ?

En lui-même, l’objectif de la réforme Balladur est légitime. Et puisque les territoires sont remis en question, il y a donc une certaine opportunité à tenter d’opérer aujourd’hui un recentrement des politiques liées aux enjeux culturels sur leur finalité proprement politique et pas seulement sur les enjeux sectoriels ceux des différentes disciplines artistiques. Malheureusement, le rapport Balladur reste silencieux sur l’enjeu numéro un de l’action publique liée à la culture : il ne définit pas ce que signifient les termes de “culture”, de “création” et de “patrimoine” de telle façon que les actions des décideurs puissent s’organiser de manière claire, au titre de l’intérêt général.

Avant, Malraux définissait la culture comme ce qu’il y a de meilleur dans le génie humain (après quoi, il faut savoir qui décide le “meilleur”…, et là les problèmes apparaissent !). Mais cela avait du sens, cela avait de l’allure ! Aujourd’hui, les politiques préfèrent plaider le rayonnement de la culture, l’attractivité du territoire, l’emploi, l’économie créative ; en somme, la “culture utile” plus que la culture comme nécessité visant à forger des récits communs, à donner sens et valeurs “ensemble” à chaque échelle de territoire. Pour retrouver une dimension spécifique à la politique de la culture, il faudrait penser différemment les enjeux, et choisir de reconnaître les droits culturels des personnes au sein de la société de liberté pour  mener une politique culturelle dont le sens politique serait l’émancipation. Et c’est une idée formidable pour les élus car elle conduit non pas au repli identitaire comme on le dit aussi souvent que bêtement, mais au contraire à la nécessité politique de favoriser les interactions culturelles entre les personnes ! C’est une idée qui porte à la fois des exigences de respect des personnes et de leur dignité, premier des droits de l’homme, mais tout autant l’impératif de confrontations des représentations du monde. Mais cette idée ne passe pas ! Dès lors, sans définition claire, chaque décideur agit comme il l’entend, dans son coin! Il n’y a plus d’universalité concevable de la place de la culture dans une société de liberté…

Il faudrait que nous nous réunissions pour dire ce qu’est l’universalité de la culture dans une société qui reconnaît la liberté des personnes. La Plate-forme interrégionale pourrait contribuer à ce travail de refondation du sens, et pas seulement des modes de gestion de l’administration culturelle. Cela étant, la réflexion sur le sens relève essentiellement du politique. Là, la FNCC a toute sa légitimité. Mais elle pourrait s’appuyer sur la Plate-forme, car les lieux de réflexion, de confrontation, de concertation ne sont pas si nombreux. Quoi qu’il en soit, on ne peut délibérer sur la pertinence de la clause de compétence générale sans ce travail préalable sur l’idée d’universalité de ce que doit être une politique culturelle.

On dit que la culture unifie alors qu’elle divise…

Ici, une solution philosophique et pratique se trouve dans le rapport canadien Bouchard/Taylor (un texte qui m’a beaucoup impressionné). Ce rapport évoque une société de liberté, qui prend en compte le fait que chacun a des “raisons profondes”, que personne ne peut dire que ces raisons ne sont pas bonnes, pas même un élu, tant que la personne n’outrepasse pas les droits de l’homme. Il y a nécessité de prendre ces raisons en considération, d’avoir du soin pour les autres et être attentifs à la manière dont ces personnes vivent leur rapport à la règle commune indispensable pour vivre ensemble.

Il faut donc s’appuyer sur le dialogue interculturel…

Je préfère le terme de confrontation des cultures à celui de dialogue des cultures. L’enjeu du politique est d’organiser cette confrontation pour nourrir les interactions culturelles et veiller à proposer les accommodements adaptés et négociés de la règle commune. La politique publique en régime de liberté prend les personnes comme elles sont, et soutient les dispositifs qui dans ‘‘l’espace public’’ nourrissent les confrontations. Cette idée ouvre de vastes espaces de légitimité à la politique culturelle ! Hélas, elle n’est pas entendue et on continue à considérer la culture comme un ensemble d’objets produits par des forces professionnelles (et un peu par des amateurs) appelées ‘‘secteur culturel’’, composées d’acteurs culturels et d’opérateurs culturels. Pour moi, c’est là une vision proprement antipolitique. Il suffirait de prendre au sérieux la Déclaration universelle sur la diversité de l’Unesco de 2001 ou la convention sur le Patrimoine immatériel de 2003 pour redonner du souffle aux interventions publiques culturelles.

L’avenir de la culture passe-t-il par les Régions ?

Il importe de savoir comment la Région peut instaurer un cadre de négociation propre à conduire les acteurs culturels dans des missions en accord avec les finalités que la République lui donne. Mais pour la mise en œuvre autonome de politiques légitimées par les droits culturels, je crois que les bons échelons sont ceux des communes et intercommunalités, car c’est à ce niveau de proximité qu’est possible une vision globale du quotidien qui vise la reconnaissance et lutte contre toutes les formes d’invisibilité des cultures des personnes.

En revanche – et ici s’inscrit l’idée de co-construction à laquelle je crois fortement –, la Région est bien placée pour forger les compromis nécessaires entre les différentes politiques publiques qui impactent, positivement ou négativement, les enjeux culturels. A mon sens, la Région est légitime pour le développement économique, les mises en réseau, les formations… et dans chacune de ces missions publiques les enjeux culturels sont significatifs. Il faut élaborer des cadres de négociations qui permettent ces compromis.

De ce point de vue, les  associations régionales feraient bien de prendre comme référentiel le texte de l’Agenda 21 de la culture qui, bien compris, offre une cadre de négociations pour des compromis intégrant les enjeux culturels dans la politique publique des territoires. Dans cette approche globale, reprendre le rôle d’une DRAC n’aurait pas grand sens pour l’avenir. L’enjeu est plutôt de savoir ce que les partis politiques voudront défendre comme rôle pour la culture aussi bien en France qu’en Europe. Tant qu’on en restera à une approche d’un secteur culturel, au fond comme un autre, il n’y aura guère de perspectives nouvelles autres que gestionnaires.

Que peuvent apporter ces Assises ?

Pour l’instant, si l’éducation, la défense ou la santé paraissent comme des missions évidentes de la responsabilité nationale ou européenne, pour la culture c’est encore le marais du grand silence !… Il faut profiter de la dynamique impulsée par le fait que les associations régionales sont contraintes de réfléchir – car leurs éléments fondateurs restent très éthérés – pour contribuer à dire que la culture c’est très important et pas seulement pour les acteurs culturels et leur public, mais pour ouvrir les voies de l’émancipation, via la reconnaissance des droits culturels. Après, chacun trouvera sa place dans les négociations sur les responsabilités et l’organisation. Surtout ne pas mettre la charrue avant les bœufs ou pire encore ignorer les bœufs, comme le fait maladroitement le rapport Balladur.

Propos recueillis par Vincent Rouillon

Entretien paru dans la Lettre d’Echanges (n°34 – 30 septembre 2009), revue électronique de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

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1ère Conférence Régionale du spectacle vivant

opéra de Lyon

Le Ministère de la Culture avait choisi Rhône-Alpes (et plus précisément l’Opéra de Lyon) pour lancer les « Conférences régionales du spectacle vivant », actées dans les conclusions des Entretiens de Valois en décembre 2008 (mais dont le principe avait déjà été avancé dans le Rapport Latarjet d’avril 2004, cf. page 157). Le choix de Rhône-Alpes n’est peut-être pas un hasard. La région a en effet été pionnière dans l’aventure de la décentralisation théâtrale et chorégraphique, et compte un nombre important d’institutions, de festivals mais aussi d’artistes (1 000 ensembles et Cies professionnelles, 12 000 intermittents, 3 600 permanents).

Prévue initialement début juillet en présence de Christine Albanel, cette instance de concertation entre l’ Etat, les collectivités territoriales et les professionnels avait été reportée au 10 septembre en raison du remaniement ministériel. Las ! Le Conseil de la création artistique (Marin Karmitz) remettait le même jour à Paris ses premières propositions au chef de l’Etat en présence du Ministre de la culture…Celui-ci avait donc boudé Lyon et chargé Georges-François Hirsch, le Directeur de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles (DMDTS), d’animer la réunion.

Mais l’annonce le matin même, par ce Conseil de la création, de financements pour des expérimentations très parisiennes, avant même que les Conférences régionales du spectacle vivant ne se soient mises au travail, a jeté un froid et occupé la scène. Ainsi Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes, a émis « de sérieuses réserves sur ces opérations ponctuelles et événementielles, toutes pilotées de la Capitale ». Pour lui, c’est « l’avènement du bling bling culturel ! ». Georges Képénékian, l’Adjoint à la culture de Lyon, a estimé qu’un Etat-partenaire et non plus seulement prescripteur supposait un climat de confiance : or comment comprendre qu’avant même ce « diagnostic partagé des forces et faiblesses de la région » à l’ordre du jour, on découvrait des décisions déjà prises par ce Conseil de la création artistique ? Jean-Paul Bady (Synavi) tout comme Bertrand Furic pour le SMA s’inquiétèrent du coût des opérations financées par ce Conseil au moment où le Ministère s’étiole. Jean-Paul Angot (Scène nationale de Chambéry) pour le Syndeac contesta le mode opératoire de ce Conseil dont son syndicat souhaite la dissolution. Jean-Claude Bérutti (Comédie de St Etienne), persuadé que nous vivons la fin d’une histoire, s’est dit attristé de ces « dix idées » qui occupent l’espace médiatique alors que « nous avons à passer une porte étroite ».

A l’issue du propos liminaire de Georges-François Hirsch, Alain Lombard, Directeur régional des affaires culturelles, proposa quelques objectifs :

  • Harmonisation de l’offre culturelle sur le territoire régional;
  • Rééquilibrage disciplinaire (fragilité de la danse et des musiques actuelles sur certains territoires);
  • Clarification des compétences et répartition des moyens financiers de la DRAC et des collectivités;
  • Réflexion sur les objectifs à mener ensemble.

Il proposa ensuite de faire vivre, d’octobre 2009 à juin 2010, des groupes de travail (quatre, puis finalement six à l’issue du débat). Ils porteront sur les thèmes suivants :

  1. un diagnostic partagé à partir d’études concrètes financées par l’Etat, qui pourraient être confiées à la NACRe ; le groupe de travail établira le cahier des charges de ces études.
  2. L’aménagement culturel du territoire et le renforcement des institutions labellisées;
  3. Le renforcement des partenariats internationaux (transfrontaliers);
  4. Les outils d’évaluation communs des politiques culturelles;
  5. Les équipes indépendantes et le soutien à l’émergence;
  6. L’égalité homme/femme dans le spectacle vivant.

Une nouvelle Conférence régionale du spectacle vivant se tiendra à l’automne 2010. A la fin de l’année 2010, le Conseil des collectivités pour le développement culturel serait ensuite saisi des propositions émanant des Conférences régionales du spectacle vivant.

Dans son intervention, Jean-Jack Queyranne rappela qu’en Rhône-Alpes il y avait une tradition de véritable coopération entre toutes les collectivités publiques, et que la Région y avait pris toute sa place en prenant un certain nombre de mesures (doublement de son budget culturel sur le mandat, signature avec l’Etat d’un Contrat d’objectifs emploi-formation, création du FIACRE, soutien accru aux 37 scènes régionales et festivals…), mais surtout en conduisant depuis 5 ans une expérience analogue à celle de cette Conférence régionale du spectacle vivant ! (concertation régionale en 2005 et réunion-bilan annuelle).

C’est un peu le paradoxe de cette histoire. L’Etat semble aujourd’hui vouloir reprendre le pilotage de ce secteur alors que la Région Rhône-Alpes a entre temps montré sa capacité à  jouer ce rôle de médiation entre les différents acteurs (collectivités et acteurs artistiques). C’est pourquoi Jean-Jack Queyranne, tout en souhaitant que le Ministère retrouve sa vocation initiale (garant du pluralisme de la création et de la diversité culturelle), a indiqué que les Régions seraient prêtes à assumer pleinement le rôle de chef de file pour la création artistique (animer le débat, organiser la coopération des institutions et la mise en œuvre des procédures). Peu favorable à une loi d’orientation (prônée par le Syndeac), il s’est montré en revanche favorable à l’élaboration d’une « Charte pour le spectacle vivant et la création artistique », à l’image de la charte pour l’environnement.

Un certain nombre d’élus, notamment de Conseils généraux (Olivier Peverelli pour l’Ardèche et Jean-Paul Rodet pour l’Ain) se sont inquiétés des menaces pesant, dans l’attente de la Réforme territoriale, sur les compétences culturelles des Départements et des Régions et la perte des financements conjoints, avec le risque de suppression de la clause de compétence générale mais aussi des moyens qu’ils leur resteront pour financer une politique culturelle (Olivier Peverelli a rappelé le rôle du Département comme relais en milieu rural en l’absence d’un réseau fort de villes moyennes).

De nombreux signes  nous font dire que le service public de la culture connaît une crise profonde et multiforme. Espérons malgré tout, à l’issue de cette première Conférence régionale du spectacle vivant qui a vu s’exprimer tous ceux qui le souhaitaient (parfois de façon âpre mais toujours dans le respect de l’écoute des autres), qu’au-delà des commissions, diagnostics partagés, dispositifs et procédures, c’est finalement une offre riche, diversifiée et équilibrée qui pourra continuer d’être proposée au plus grand public, grâce à la vivacité de nombreuses équipes de création.

François Deschamps

Source : Lettre d’info du Réseau Culture de Territorial n° 222 du 13/09/2009,

Pour consulter directement cet édito sur Territorial, cliquez ici.

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Elections UNESCO / 4

UNESCOParmi nos membres les plus actifs sur les questions relatives à l’Unesco et au scrutin à venir, John Daly a récemment relayé une sélection des déclarations de Farouk Hosni, ministre de la culture Egyptien et candidat au poste de directeur général de l’Unesco. La mobilisation des médias en général mais surtout des médias français est toujours aussi faible à propos de cette élection alors que les tractations vont bon train en coulisses. Toujours rien en France depuis la tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel. Pourtant, les déclarations de Monsieur Hosni font planer une menace que l’on n’aurait jamais pu imaginer au sein d’une organisation aussi importante que l’Unesco et elles hypothèquent sérieusement le rôle majeur de l’institution dans la gouvernance culturelle mondiale.

En tant que ministre de la Culture, Monsieur Hosni n’a cessé d’aller à l’encontre des principes fondateurs de l’Unesco en s’opposant à tout échange culturel avec Israël et en témoignant constamment et brutalement de son hostilité envers un pays qui est pourtant en paix avec l’Egypte depuis 1979. Dans ces conditions, quelles garanties peut-il apporter à la communauté internationale et à l’ensemble des délégations ? Parmi ces déclarations publiques, en anglais dans le texte pour ne pas les dénaturer, en voici donc une sélection :

  • « Normalization? I know quite a bit about you, you have abilities that I hold in high esteem. I follow and am kept abreast. Believe me, I don’t hate Israel and under no circumstances am I an anti-Semite. But cultural normalization? Not now. » 
Q: Why not?  « We have political ties and economic cooperation. In my view, cultural ties are our weapon to pressure Israel into doing more on the Palestinian issue. » (Interview with Smadar Peri, Yediot Ahronot, June 13, 2008)
  • « We cannot dance with them, sing together or watch a piece of theatre when there are bloody attacks every day against the Palestinian people in the West Bank and Gaza Strip. »(Interview with AFP, May 23, 2008)
  • « I would burn Israeli books myself if I found them in Egyptian libraries. » (May 10, 2008)
  • « They steal everything: musical heritage, cinema and even clothes and this is why they have to be treated with the same level of hate… » (Interview to Al-Wasat, London, June 13, 2001)
  • « My attitude towards normalization is known and so is my ministry’s attitude: we oppose all kinds of normalization… The Ministry of Culture is practically the only official body that has a declared attitude against normalization… » (Interview to Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • « How would a normalization of this kind be possible, with such a culture that hates the other and robs its culture? » (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, June 10, 2001)
  • « The Israeli culture is inhuman. It is an aggressive, racist and arrogant culture, based on robbing other people’s rights and the denial of such rights… » (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • « Israel never left any eternal heritage for the civilization, in any period of time… » (From his statement in the opening of the Arab specialists gathering for the protection of antiquities in Arab countries (Qatar News Agency, April 25, 2001).
  • « Israel is known in the international arena as a state that steals everything and attributes it to itself… » (Interview with Ruz al-Yousuf, April 21, 2001)
  • « …They (the Zionists) do not want to commit a cultural invasion, they want to rob our culture and heritage… » (Interview with the Lebanese As-Safir, December 7, 2000)
  • « The Israelis do not stop claiming that they built the pyramids, and this is why we need to stand firmly and respond courageously… even if it leads to a crisis because those pirates are committing a robbery… The Israelis want everything… » 
 »…This is the way the Israelis took Palestine… Now they use (this method) regarding the big pyramid. These are continuous projects – people come, steal your history and civilization. This proves that Israel has no history or civilization, since those who have history of their own do not need to rob the history of others … » « …Israel has many political goals… First of all, they steal your civilization and history. Second, they do not have any civilization, i.e. they do not have a country, and do not deserve a country. This is why they create a country by force… » (Interview with Ros al-Yusuf, May 5, 1997, « Israel is Robbing the Pyramids as it Robbed Palestine »)

Comment faire en sorte que la victoire qui lui semble acquise ne soit pas la chronique d’un désastre annoncé ? Quelles sont les enjeux, les alternatives, les mobilisations et les perspectives ? Nous aurons l’occasion de traiter de ces questions mais vous pouvez d’ores et déjà consulter les posts précédents en cliquant ici, ici et ici.

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos analyses, mais signalez-nous également toute information susceptible d’éclairer le sujet.

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La gratuité étendue

gratuitéLe 31 juillet 2009, Frédéric Mitterrand a annoncé l’extension de la gratuité des musées et des monuments nationaux à tous les jeunes qui résident dans l’Union Européenne, quelle que soit leur nationalité.

Extension de la gratuité des musées. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a demandé à l’ensemble des musées et monuments nationaux, d’étendre la gratuité à tous les jeunes, quelle que soit leur nationalité, dès lors qu’ils sont résidents de longue durée dans les pays de l’Union européenne. Cette décision bénéficie, notamment, aux jeunes originaires de pays non européens qui suivent leurs études dans les pays de l’Union. Depuis le 4 avril 2009, l’accès aux collections permanentes des musées et aux monuments nationaux est gratuit pour les jeunes âgés de moins de 26 ans ressortissants de l’un des 27 pays de l’Union européenne. On constate que la fréquentation des lieux concernés par les jeunes de 18 à 25 ans a augmenté de 15% en moyenne.
Fréquentation exemplaire. Les musées français sont les musées les plus fréquentés du monde. En 2008, ils ont reçus environ 52 millions de visiteurs. Les musées nationaux relevant du ministère de la Culture et de la Communication ont accueilli l’année dernière plus de 26 millions de visiteurs dont 30% ont bénéficié de mesures de gratuité.
Accès gratuit. Depuis le 4 avril 2009, les musées ouvrent leurs portes gratuitement aux jeunes de moins de 26 ans, faisant ainsi suite à une mesure annoncée par le Président de la République en janvier, et portée par le ministère de la Culture et de la Communication. Durant les six premiers mois de 2008, cette étape importante pour la démocratisation de notre vie culturelle avait connu une première expérimentation qui a révélé le succès de la gratuité auprès des jeunes de 18 à 25 ans. Cette mesure concerne aussi les enseignants du premier et de second degré de l’Education nationale.
Compensation pour les musées. Cette mesure de gratuité sera intégralement compensée selon un principe de stricte neutralité budgétaire. Tout en facilitant l’accès aux collections permanentes, la gratuité n’aura donc pas d’impact sur la capacité d’action des établissements. Pour 2009, la compensation sera versée dans le courant de l’année à chaque musée et monument par son ministère de tutelle. Elle sera inscrite en mesure nouvelle dans le projet de loi de finances pour l’année 2010 pour être pérennisée. La gratuité pour les enseignants en activité dans un établissement du premier et du second degré de l’éducation nationale et de l’enseignement privé sous contrat sera prise en charge par le ministère de l’éducation nationale.

Source : Ministère de la Culture et de la Communication

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Le patrimoine, victime du Grenelle ?

patrimoineC’est fait, depuis le 23 juillet, l’avis des Architectes des Bâtiments de France sur les permis de construire à l’intérieur des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysagé (Zppaup) n’est plus que consultatif. Comme nous le rappelait récemment Evelyne Lehalle, on ne peut qu’être circonspect face à la dilution des réformes relevant de la compétence du ministère de la culture et de la communication dans d’autres grands projets de réformes dont il est absent, pour ne pas dire qu’il semble écarté.

Cette mesure a été adoptée jeudi dans le cadre de la loi Grenelle 1. L’Assemblée Nationale et le Sénat, opposées depuis un moment sur le sujet, s’étaient finalement mis d’accord la veille en commission mixte paritaire. Cette mesure supprime l’obligation d’un avis « conforme » et va continuer de soulever le tollé dans les milieux du patrimoine comme c’est déjà le cas depuis son annonce.

La censure du texte pour un vice de forme par le Conseil constitutionnel le 12 février après un premier vote n’avait pas rassuré pour autant et l’accélération du rythme imposé par l’Elysée sur le travail de la session parlementaire a eu raison de tout débat construit et crédible sur cette question dont l’enjeu est considérable sur de nombreux plans. On peut d’ailleurs s’interroger sur la nature des débats qui ont permis de décider qui est plus à même qu’un ABF de juger de l’intérêt de détruire, de préserver, de maintenir, de réhabiliter et de revaloriser le patrimoine ? Rappelons que l’avis conforme est l’outil essentiel à la mission de l’architecte des bâtiments de France et le fondement de son autorité. Sans l’avis conforme, l’architecte des bâtiments de France n’est plus rien : c’est le seul moyen dont il dispose pour faire respecter ses prescriptions.

En janvier dernier Christine Albanel a déclarré qu’elle « prend acte » de la décision au moment du premier vote et a insisté sur le fait que « cette mesure ne doit pas s’analyser comme l’abandon d’une prérogative de l’Etat dans le domaine du patrimoine mais qu’elle correspond à la volonté de moderniser les procédures ». Difficile de l’analyser autrement malgré tout. On peut se demander pourquoi ce n’est pas le ministère de la culture qui donne son avis, qui propose des solutions et qui tranche (ou aide à trancher) lorsque c’est le plan de relance qui décide ? A situation exceptionnelle mesures exceptionnelles dira-t-on. Il n’y a qu’un pas pour considérer l’état d’exception… Relisons Agamben attentivement et interrogeons-nous en même temps sur la place du ministère de la culture dans notre République lorsqu’on envisage depuis le mois dernier un secrétariat d’Etat à la culture et un secrétariat d’Etat à la communication.

Rappelons que depuis 1983 près de 500 Zppaup ont été créées et qu’elles elles visent à protéger les villes et villages particulièrement riches sur le plan patrimonial contre les dérives en matière de construction. Les maires, les préfets mais aussi le BTP, ont donc désormais les mains libres car la conformité d’un avis signifiait que le maire est obligé de le respecter, à moins de le contester au niveau du Préfet de région. Après l’archéologie préventive, c’est donc un autre pan de la politique du patrimoine qui est fortement diminué.

Il n’est pas certain que le patrimoine sorte perdant au final mais c’est un changement de paradigme qui est en train de s’opérer. N’est-ce pas au fond l’objet de toute vraie réforme ?

Le patrimoine est notre locomotive touristique et notre fer de lance culturel, notre avantage concurrentiel dont le coût de sauvegarde, de réhabilitation et de maintient atteint des niveaux astronomiques. Les quelques 100 millions supplémentaires du plan du relance sont une goutte d’eau qui témoigne à peine de l’urgence de la situation.

Quelles garanties pratiques cet avis consultatif va-t-il apporter ? Faut-il attendre le décret pour s’interroger sur ses modalités d’application pour revoir les choses en profondeur avec les architectes des bâtiments de France mais aussi avec l’ensemble de la filière du patrimoine ? N’oublions pas non plus que ce passage de témoin aux collectivités est une des plus importantes actions liées à la décentralisation. C’est désormais la sagesse des maires qui sera encore un peu plus mise à l’épreuve.

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Clôture des Entretiens de Valois

logoMCCFrédéric Mitterrand a clos le jeudi 9 juillet dernier les Entretiens de Valois, hélas sans qu’un écho suffisant n’ait été donné à cette réunion. Il s’agissait de dresser un bilan des résultats obtenus sur toute la période où les Entretiens de Valois se sont déroulés, à savoir entre le 11 février 2008 et le 30 janvier 2009.

Suite aux réformes annoncées en Conseil des ministres le 18 février 2009, les Entretiens se sont poursuivis sous la forme de réunions du « comité des Entretiens » pour s’achever jeudi 9 juillet 2009.

Lors de la réunion de cette clôture, trois mesures importantes ont été annoncées :

  • un partenariat refondé avec les collectivités territoriales et les professionnels : des « Conférences du Spectacle vivant » vont être instituées de façon à ouvrir un espace de concertation sur les politiques publiques dans le domaine du spectacle vivant au niveau régional ;
  • une clarification de l’action de l’Etat à travers ses dispositifs de financement et ses réseaux : Tous les textes cadre précisant les missions et les engagements de chaque établissement labellisé ont été revus ;
  • une meilleure prise en compte des questions d’emploi et de formation : les actions de structuration et de professionnalisation vont se poursuivre.

Les prochains chantiers. L’ensemble des participants à la réunion du « comité des Entretiens » du 9 juillet se sont accordés sur la nécessité de pérenniser le procédé pour aborder notamment les chantiers suivants :

  • des instances régionales de régulation et de coordination qui fonctionnent ;
  • des engagements réciproques entres structures et collectivités publiques ;
  • des spectacles mieux diffusés ;
  • des crédits davantage consacrés à favoriser l’émergence des talents et l’épanouissement de la création ;
  • une approche européenne du secteur ;
  • une prise en compte volontariste des questions relatives à l’emploi et à la formation.

Reste à savoir désormais dans quelle mesure ceci peut être intégré dans le contexte actuel de mise en œuvre de la RGPP pour le ministère, car cela ne nous est pas expliqué.

Par ailleurs, pour faire un parallèle avec l’excellente analyse de Xavier Greffe et de Sylvie Pflieger récemment parue à la documentation française, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence des mesures qui visent transférer des compétences tout en maintenant l’omniprésence régalienne et normative du ministère alors que celui-ci procède à un recentrage budgétaire et stratégique sans précédent.

Il faudrait notamment s’interroger sur l’avenir de la fameuse sanctuarisation du spectacle vivant (sanctuarisation relative pour 2010 vu que la baisse des budgets accordés au spectacle vivant est d’au moins 35 millions d’euros) puisque d’un côté nous avons des professionnels qui veulent aller plus loin et de l’autre un ministère qui tente d’initier courageusement une meilleure articulation entre les différentes compétences en jeu à tous les échelons. Au final tout ceci pourrait bien aller dans le même sens mais attention au risque de parallélisme porteur de dissonance cognitive et quiproquos potentiels lourds de conséquences.

On peut enfin se demander si la consultation des différents échelons territoriaux à compétence culturelle (tout au moins leurs instances) n’aurait pas été un meilleur moyen de gagner du temps, notamment si on veut aborder sereinement la « clarification de l’action de l’Etat à travers ses dispositifs de financement et ses réseaux ». En effet, refonder le partenariat avec les collectivités territoriales et les professionnels avec des « Conférences du Spectacle vivant » à l’échelon régional peut sembler insuffisant pour aboutir rapidement à cette clarification. Mais dans cette affaire le ministère de ne pèche pas par excès de prudence, la méthode choisie a permis de désamorcer une situation très tendue et de préparer la phase suivante avec les collectivités. La Région étant l’échelon qui vise à jouer un rôle de coordination de plus en plus important, il est utile d’être au clair sur ce niveau avant d’entrer dans le détail des nombreuses problématiques liées au financements croisés. Espérons notamment que ceci soit débattu sur le fond lors du colloque « Culture, politique et politique culturelle » qui sera bientôt annoncé dans le cadre de l’année du cinquantenaire du ministère. En tout état de cause, espérons au moins que ce sera le moment pour enfin nous expliquer ce qui est véritablement en jeu, en cours et en devenir.

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Réunions d’experts à l’UNESCO

UNESCOFace aux enjeux du développement durable et de la paix, le nouveau cadre de politiques culturelles que l’UNESCO s’apprête à élaborer se caractérise par une double approche consistant d’une part à développer le secteur culturel proprement dit (c’est-à-dire le patrimoine, la créativité, les industries culturelles, les activités artisanales et le tourisme culturel), notamment en répondant aux besoins en matière de législation, de formation à l’administration culturelle, de médiation et de gestion des ressources culturelles, et d’autre part à faire en sorte que la culture ait la place qui lui revient dans toutes les politiques de développement, en particulier celles qui concernent l’éducation, les sciences, la communication, l’environnement et la cohésion sociale.

Ce cadre a pour but de proposer des concepts novateurs, des méthodes de planification et une infrastructure stratégique flexible afin de donner de nouvelles orientations dans le domaine de l’élaboration et de la programmation des politiques publiques au service du développement durable et de la compréhension mutuelle, fondées sur une prise en compte appropriée des principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, d’autant plus que ceux-ci sont maintenant inscrits dans un ensemble d’instruments normatifs internationalement reconnus dans le domaine de la culture.

Du 6 au 8 juillet dernier, plusieurs réunions se sont déroulées afin de croiser et valider les études commissionnées par l’UNESCO auprès d’une équipe d’experts internationaux sur les réponses des politiques publiques aux défis de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans le monde.

Les décideurs politiques et les collaborateurs du Secrétariat de l’UNESCO qui se sont activement impliqués sur ces thématiques ont confronté à cette occasion leurs points de vue à cette équipe. Nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement.

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Rapport de la MEC

assembléeUn rapport d’information a été déposé en application de l’article 145 du Règlement de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan en conclusion des travaux de la Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) sur le musée du Louvre.

Dès le 1er janvier 1993, le musée du Louvre devenait un établissement public administratif (EPA), initiant un processus qui implique une responsabilité accrue et une souplesse de gestion des ressources humaines. De ce fait, le présent rapport constate que le musée du Louvre est devenu un laboratoire d’expérimentation à l’avant-garde des réformes à venir. Ce rapport analyse les enjeux de financement du Louvre, son financement à l’heure de la crise économique et financière (question de la pertinence de la gratuité, incertitudes sur le niveau de fréquentation, le mécénat, le rendement du fonds de dotation), les relations avec la Réunion des musées nationaux (RMN). Il aborde la question de la décentralisation culturelle, nationale (Projet Louvre-Lens) et internationale (Louvre-Abou Dabi) et le prêt d’oeuvres d’art.

Pour consulter le rapport, cliquez ici.

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