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Propositions pour une stratégie du livre français à l’étranger

RapportLe présent rapport, réalisé par émet des propositions pour une action publique homogène en faveur de la diffusion du livre français à l’étranger et s’attache à établir un état des lieux, poser un diagnostic et élaborer des pistes d’action concrètes. Ces propositions doivent prendre en compte, d’une part, les problématiques de l’ensemble de la chaîne de diffusion du livre et de la création littéraire français à l’étranger (l’exportation et la diffusion physique du livre ; la traduction en langues étrangères et les traducteurs ; la présence des auteurs et éditeurs français à l’étranger ), d’autre part, les différentes zones géographiques, dans leur spécificité (le maintien de la présence du livre français dans la francophonie du nord et du sud ; le rayonnement du livre français et de la création littéraire française dans les pays non francophones, qu’il s’agisse de l’Europe, de l’Amérique latine, de l’Asie ou des Etats-Unis).

Par POIVRE D’ARVOR Olivier et WAGNER Marc-André , FRANCE. Ministère de la culture et de la communication

Pour télécharger le rapport, cliquez ici.

Source : La Documentation Française.

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Entretien avec Jean-Michel Lucas

PFA l’occasion de ses Assises, la Plate-forme interrégionale d’échange et de coopération pour le développement culturel (association regroupant les associations culturelles régionales) a invité Jean-Michel Lucas dans le cadre d’un colloque intitulé “La nouvelle gouvernance des politiques culturelles : place et rôle des organismes régionaux”. L’entretien qui suit faisait partie des documents remis aux participants.

« Les politiques de la culture sont passées du principe de la démocratisation culturelle (en réalité une politique “élitiste” voulant faire partager à tous le “meilleur”) à celui du développement culturel. Le passage à l’objectif dit de la “diversité culturelle” – et, pour ma part, je préfère parler des “droits culturels des personnes” – ne se dessine toujours pas. Souvent d’ailleurs, le mot diversité est utilisé à faux, avec beaucoup de crainte, de rejet, presque de haine…

Comment mettre en œuvre ces droits culturels ?

Il suffirait que la politique culturelle revendique la mission politique de veiller aux conditions de possibilité d’une confrontation permanente du sens et des valeurs des identités culturelles des uns et des autres.

Quel impact sur la culture peut avoir la réforme Balladur ?

En lui-même, l’objectif de la réforme Balladur est légitime. Et puisque les territoires sont remis en question, il y a donc une certaine opportunité à tenter d’opérer aujourd’hui un recentrement des politiques liées aux enjeux culturels sur leur finalité proprement politique et pas seulement sur les enjeux sectoriels ceux des différentes disciplines artistiques. Malheureusement, le rapport Balladur reste silencieux sur l’enjeu numéro un de l’action publique liée à la culture : il ne définit pas ce que signifient les termes de “culture”, de “création” et de “patrimoine” de telle façon que les actions des décideurs puissent s’organiser de manière claire, au titre de l’intérêt général.

Avant, Malraux définissait la culture comme ce qu’il y a de meilleur dans le génie humain (après quoi, il faut savoir qui décide le “meilleur”…, et là les problèmes apparaissent !). Mais cela avait du sens, cela avait de l’allure ! Aujourd’hui, les politiques préfèrent plaider le rayonnement de la culture, l’attractivité du territoire, l’emploi, l’économie créative ; en somme, la “culture utile” plus que la culture comme nécessité visant à forger des récits communs, à donner sens et valeurs “ensemble” à chaque échelle de territoire. Pour retrouver une dimension spécifique à la politique de la culture, il faudrait penser différemment les enjeux, et choisir de reconnaître les droits culturels des personnes au sein de la société de liberté pour  mener une politique culturelle dont le sens politique serait l’émancipation. Et c’est une idée formidable pour les élus car elle conduit non pas au repli identitaire comme on le dit aussi souvent que bêtement, mais au contraire à la nécessité politique de favoriser les interactions culturelles entre les personnes ! C’est une idée qui porte à la fois des exigences de respect des personnes et de leur dignité, premier des droits de l’homme, mais tout autant l’impératif de confrontations des représentations du monde. Mais cette idée ne passe pas ! Dès lors, sans définition claire, chaque décideur agit comme il l’entend, dans son coin! Il n’y a plus d’universalité concevable de la place de la culture dans une société de liberté…

Il faudrait que nous nous réunissions pour dire ce qu’est l’universalité de la culture dans une société qui reconnaît la liberté des personnes. La Plate-forme interrégionale pourrait contribuer à ce travail de refondation du sens, et pas seulement des modes de gestion de l’administration culturelle. Cela étant, la réflexion sur le sens relève essentiellement du politique. Là, la FNCC a toute sa légitimité. Mais elle pourrait s’appuyer sur la Plate-forme, car les lieux de réflexion, de confrontation, de concertation ne sont pas si nombreux. Quoi qu’il en soit, on ne peut délibérer sur la pertinence de la clause de compétence générale sans ce travail préalable sur l’idée d’universalité de ce que doit être une politique culturelle.

On dit que la culture unifie alors qu’elle divise…

Ici, une solution philosophique et pratique se trouve dans le rapport canadien Bouchard/Taylor (un texte qui m’a beaucoup impressionné). Ce rapport évoque une société de liberté, qui prend en compte le fait que chacun a des “raisons profondes”, que personne ne peut dire que ces raisons ne sont pas bonnes, pas même un élu, tant que la personne n’outrepasse pas les droits de l’homme. Il y a nécessité de prendre ces raisons en considération, d’avoir du soin pour les autres et être attentifs à la manière dont ces personnes vivent leur rapport à la règle commune indispensable pour vivre ensemble.

Il faut donc s’appuyer sur le dialogue interculturel…

Je préfère le terme de confrontation des cultures à celui de dialogue des cultures. L’enjeu du politique est d’organiser cette confrontation pour nourrir les interactions culturelles et veiller à proposer les accommodements adaptés et négociés de la règle commune. La politique publique en régime de liberté prend les personnes comme elles sont, et soutient les dispositifs qui dans ‘‘l’espace public’’ nourrissent les confrontations. Cette idée ouvre de vastes espaces de légitimité à la politique culturelle ! Hélas, elle n’est pas entendue et on continue à considérer la culture comme un ensemble d’objets produits par des forces professionnelles (et un peu par des amateurs) appelées ‘‘secteur culturel’’, composées d’acteurs culturels et d’opérateurs culturels. Pour moi, c’est là une vision proprement antipolitique. Il suffirait de prendre au sérieux la Déclaration universelle sur la diversité de l’Unesco de 2001 ou la convention sur le Patrimoine immatériel de 2003 pour redonner du souffle aux interventions publiques culturelles.

L’avenir de la culture passe-t-il par les Régions ?

Il importe de savoir comment la Région peut instaurer un cadre de négociation propre à conduire les acteurs culturels dans des missions en accord avec les finalités que la République lui donne. Mais pour la mise en œuvre autonome de politiques légitimées par les droits culturels, je crois que les bons échelons sont ceux des communes et intercommunalités, car c’est à ce niveau de proximité qu’est possible une vision globale du quotidien qui vise la reconnaissance et lutte contre toutes les formes d’invisibilité des cultures des personnes.

En revanche – et ici s’inscrit l’idée de co-construction à laquelle je crois fortement –, la Région est bien placée pour forger les compromis nécessaires entre les différentes politiques publiques qui impactent, positivement ou négativement, les enjeux culturels. A mon sens, la Région est légitime pour le développement économique, les mises en réseau, les formations… et dans chacune de ces missions publiques les enjeux culturels sont significatifs. Il faut élaborer des cadres de négociations qui permettent ces compromis.

De ce point de vue, les  associations régionales feraient bien de prendre comme référentiel le texte de l’Agenda 21 de la culture qui, bien compris, offre une cadre de négociations pour des compromis intégrant les enjeux culturels dans la politique publique des territoires. Dans cette approche globale, reprendre le rôle d’une DRAC n’aurait pas grand sens pour l’avenir. L’enjeu est plutôt de savoir ce que les partis politiques voudront défendre comme rôle pour la culture aussi bien en France qu’en Europe. Tant qu’on en restera à une approche d’un secteur culturel, au fond comme un autre, il n’y aura guère de perspectives nouvelles autres que gestionnaires.

Que peuvent apporter ces Assises ?

Pour l’instant, si l’éducation, la défense ou la santé paraissent comme des missions évidentes de la responsabilité nationale ou européenne, pour la culture c’est encore le marais du grand silence !… Il faut profiter de la dynamique impulsée par le fait que les associations régionales sont contraintes de réfléchir – car leurs éléments fondateurs restent très éthérés – pour contribuer à dire que la culture c’est très important et pas seulement pour les acteurs culturels et leur public, mais pour ouvrir les voies de l’émancipation, via la reconnaissance des droits culturels. Après, chacun trouvera sa place dans les négociations sur les responsabilités et l’organisation. Surtout ne pas mettre la charrue avant les bœufs ou pire encore ignorer les bœufs, comme le fait maladroitement le rapport Balladur.

Propos recueillis par Vincent Rouillon

Entretien paru dans la Lettre d’Echanges (n°34 – 30 septembre 2009), revue électronique de la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture.

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1ère Conférence Régionale du spectacle vivant

opéra de Lyon

Le Ministère de la Culture avait choisi Rhône-Alpes (et plus précisément l’Opéra de Lyon) pour lancer les « Conférences régionales du spectacle vivant », actées dans les conclusions des Entretiens de Valois en décembre 2008 (mais dont le principe avait déjà été avancé dans le Rapport Latarjet d’avril 2004, cf. page 157). Le choix de Rhône-Alpes n’est peut-être pas un hasard. La région a en effet été pionnière dans l’aventure de la décentralisation théâtrale et chorégraphique, et compte un nombre important d’institutions, de festivals mais aussi d’artistes (1 000 ensembles et Cies professionnelles, 12 000 intermittents, 3 600 permanents).

Prévue initialement début juillet en présence de Christine Albanel, cette instance de concertation entre l’ Etat, les collectivités territoriales et les professionnels avait été reportée au 10 septembre en raison du remaniement ministériel. Las ! Le Conseil de la création artistique (Marin Karmitz) remettait le même jour à Paris ses premières propositions au chef de l’Etat en présence du Ministre de la culture…Celui-ci avait donc boudé Lyon et chargé Georges-François Hirsch, le Directeur de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles (DMDTS), d’animer la réunion.

Mais l’annonce le matin même, par ce Conseil de la création, de financements pour des expérimentations très parisiennes, avant même que les Conférences régionales du spectacle vivant ne se soient mises au travail, a jeté un froid et occupé la scène. Ainsi Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes, a émis « de sérieuses réserves sur ces opérations ponctuelles et événementielles, toutes pilotées de la Capitale ». Pour lui, c’est « l’avènement du bling bling culturel ! ». Georges Képénékian, l’Adjoint à la culture de Lyon, a estimé qu’un Etat-partenaire et non plus seulement prescripteur supposait un climat de confiance : or comment comprendre qu’avant même ce « diagnostic partagé des forces et faiblesses de la région » à l’ordre du jour, on découvrait des décisions déjà prises par ce Conseil de la création artistique ? Jean-Paul Bady (Synavi) tout comme Bertrand Furic pour le SMA s’inquiétèrent du coût des opérations financées par ce Conseil au moment où le Ministère s’étiole. Jean-Paul Angot (Scène nationale de Chambéry) pour le Syndeac contesta le mode opératoire de ce Conseil dont son syndicat souhaite la dissolution. Jean-Claude Bérutti (Comédie de St Etienne), persuadé que nous vivons la fin d’une histoire, s’est dit attristé de ces « dix idées » qui occupent l’espace médiatique alors que « nous avons à passer une porte étroite ».

A l’issue du propos liminaire de Georges-François Hirsch, Alain Lombard, Directeur régional des affaires culturelles, proposa quelques objectifs :

  • Harmonisation de l’offre culturelle sur le territoire régional;
  • Rééquilibrage disciplinaire (fragilité de la danse et des musiques actuelles sur certains territoires);
  • Clarification des compétences et répartition des moyens financiers de la DRAC et des collectivités;
  • Réflexion sur les objectifs à mener ensemble.

Il proposa ensuite de faire vivre, d’octobre 2009 à juin 2010, des groupes de travail (quatre, puis finalement six à l’issue du débat). Ils porteront sur les thèmes suivants :

  1. un diagnostic partagé à partir d’études concrètes financées par l’Etat, qui pourraient être confiées à la NACRe ; le groupe de travail établira le cahier des charges de ces études.
  2. L’aménagement culturel du territoire et le renforcement des institutions labellisées;
  3. Le renforcement des partenariats internationaux (transfrontaliers);
  4. Les outils d’évaluation communs des politiques culturelles;
  5. Les équipes indépendantes et le soutien à l’émergence;
  6. L’égalité homme/femme dans le spectacle vivant.

Une nouvelle Conférence régionale du spectacle vivant se tiendra à l’automne 2010. A la fin de l’année 2010, le Conseil des collectivités pour le développement culturel serait ensuite saisi des propositions émanant des Conférences régionales du spectacle vivant.

Dans son intervention, Jean-Jack Queyranne rappela qu’en Rhône-Alpes il y avait une tradition de véritable coopération entre toutes les collectivités publiques, et que la Région y avait pris toute sa place en prenant un certain nombre de mesures (doublement de son budget culturel sur le mandat, signature avec l’Etat d’un Contrat d’objectifs emploi-formation, création du FIACRE, soutien accru aux 37 scènes régionales et festivals…), mais surtout en conduisant depuis 5 ans une expérience analogue à celle de cette Conférence régionale du spectacle vivant ! (concertation régionale en 2005 et réunion-bilan annuelle).

C’est un peu le paradoxe de cette histoire. L’Etat semble aujourd’hui vouloir reprendre le pilotage de ce secteur alors que la Région Rhône-Alpes a entre temps montré sa capacité à  jouer ce rôle de médiation entre les différents acteurs (collectivités et acteurs artistiques). C’est pourquoi Jean-Jack Queyranne, tout en souhaitant que le Ministère retrouve sa vocation initiale (garant du pluralisme de la création et de la diversité culturelle), a indiqué que les Régions seraient prêtes à assumer pleinement le rôle de chef de file pour la création artistique (animer le débat, organiser la coopération des institutions et la mise en œuvre des procédures). Peu favorable à une loi d’orientation (prônée par le Syndeac), il s’est montré en revanche favorable à l’élaboration d’une « Charte pour le spectacle vivant et la création artistique », à l’image de la charte pour l’environnement.

Un certain nombre d’élus, notamment de Conseils généraux (Olivier Peverelli pour l’Ardèche et Jean-Paul Rodet pour l’Ain) se sont inquiétés des menaces pesant, dans l’attente de la Réforme territoriale, sur les compétences culturelles des Départements et des Régions et la perte des financements conjoints, avec le risque de suppression de la clause de compétence générale mais aussi des moyens qu’ils leur resteront pour financer une politique culturelle (Olivier Peverelli a rappelé le rôle du Département comme relais en milieu rural en l’absence d’un réseau fort de villes moyennes).

De nombreux signes  nous font dire que le service public de la culture connaît une crise profonde et multiforme. Espérons malgré tout, à l’issue de cette première Conférence régionale du spectacle vivant qui a vu s’exprimer tous ceux qui le souhaitaient (parfois de façon âpre mais toujours dans le respect de l’écoute des autres), qu’au-delà des commissions, diagnostics partagés, dispositifs et procédures, c’est finalement une offre riche, diversifiée et équilibrée qui pourra continuer d’être proposée au plus grand public, grâce à la vivacité de nombreuses équipes de création.

François Deschamps

Source : Lettre d’info du Réseau Culture de Territorial n° 222 du 13/09/2009,

Pour consulter directement cet édito sur Territorial, cliquez ici.

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Elections UNESCO / 4

UNESCOParmi nos membres les plus actifs sur les questions relatives à l’Unesco et au scrutin à venir, John Daly a récemment relayé une sélection des déclarations de Farouk Hosni, ministre de la culture Egyptien et candidat au poste de directeur général de l’Unesco. La mobilisation des médias en général mais surtout des médias français est toujours aussi faible à propos de cette élection alors que les tractations vont bon train en coulisses. Toujours rien en France depuis la tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel. Pourtant, les déclarations de Monsieur Hosni font planer une menace que l’on n’aurait jamais pu imaginer au sein d’une organisation aussi importante que l’Unesco et elles hypothèquent sérieusement le rôle majeur de l’institution dans la gouvernance culturelle mondiale.

En tant que ministre de la Culture, Monsieur Hosni n’a cessé d’aller à l’encontre des principes fondateurs de l’Unesco en s’opposant à tout échange culturel avec Israël et en témoignant constamment et brutalement de son hostilité envers un pays qui est pourtant en paix avec l’Egypte depuis 1979. Dans ces conditions, quelles garanties peut-il apporter à la communauté internationale et à l’ensemble des délégations ? Parmi ces déclarations publiques, en anglais dans le texte pour ne pas les dénaturer, en voici donc une sélection :

  • "Normalization? I know quite a bit about you, you have abilities that I hold in high esteem. I follow and am kept abreast. Believe me, I don’t hate Israel and under no circumstances am I an anti-Semite. But cultural normalization? Not now." 
Q: Why not?  "We have political ties and economic cooperation. In my view, cultural ties are our weapon to pressure Israel into doing more on the Palestinian issue." (Interview with Smadar Peri, Yediot Ahronot, June 13, 2008)
  • "We cannot dance with them, sing together or watch a piece of theatre when there are bloody attacks every day against the Palestinian people in the West Bank and Gaza Strip."(Interview with AFP, May 23, 2008)
  • "I would burn Israeli books myself if I found them in Egyptian libraries." (May 10, 2008)
  • "They steal everything: musical heritage, cinema and even clothes and this is why they have to be treated with the same level of hate…" (Interview to Al-Wasat, London, June 13, 2001)
  • "My attitude towards normalization is known and so is my ministry’s attitude: we oppose all kinds of normalization… The Ministry of Culture is practically the only official body that has a declared attitude against normalization…" (Interview to Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • "How would a normalization of this kind be possible, with such a culture that hates the other and robs its culture?" (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, June 10, 2001)
  • "The Israeli culture is inhuman. It is an aggressive, racist and arrogant culture, based on robbing other people’s rights and the denial of such rights…" (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • "Israel never left any eternal heritage for the civilization, in any period of time…" (From his statement in the opening of the Arab specialists gathering for the protection of antiquities in Arab countries (Qatar News Agency, April 25, 2001).
  • "Israel is known in the international arena as a state that steals everything and attributes it to itself…" (Interview with Ruz al-Yousuf, April 21, 2001)
  • "…They (the Zionists) do not want to commit a cultural invasion, they want to rob our culture and heritage…" (Interview with the Lebanese As-Safir, December 7, 2000)
  • "The Israelis do not stop claiming that they built the pyramids, and this is why we need to stand firmly and respond courageously… even if it leads to a crisis because those pirates are committing a robbery… The Israelis want everything…" 
"…This is the way the Israelis took Palestine… Now they use (this method) regarding the big pyramid. These are continuous projects – people come, steal your history and civilization. This proves that Israel has no history or civilization, since those who have history of their own do not need to rob the history of others …" "…Israel has many political goals… First of all, they steal your civilization and history. Second, they do not have any civilization, i.e. they do not have a country, and do not deserve a country. This is why they create a country by force…" (Interview with Ros al-Yusuf, May 5, 1997, "Israel is Robbing the Pyramids as it Robbed Palestine")

Comment faire en sorte que la victoire qui lui semble acquise ne soit pas la chronique d’un désastre annoncé ? Quelles sont les enjeux, les alternatives, les mobilisations et les perspectives ? Nous aurons l’occasion de traiter de ces questions mais vous pouvez d’ores et déjà consulter les posts précédents en cliquant ici, ici et ici.

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos analyses, mais signalez-nous également toute information susceptible d’éclairer le sujet.

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La gratuité étendue

gratuitéLe 31 juillet 2009, Frédéric Mitterrand a annoncé l’extension de la gratuité des musées et des monuments nationaux à tous les jeunes qui résident dans l’Union Européenne, quelle que soit leur nationalité.

Extension de la gratuité des musées. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a demandé à l’ensemble des musées et monuments nationaux, d’étendre la gratuité à tous les jeunes, quelle que soit leur nationalité, dès lors qu’ils sont résidents de longue durée dans les pays de l’Union européenne. Cette décision bénéficie, notamment, aux jeunes originaires de pays non européens qui suivent leurs études dans les pays de l’Union. Depuis le 4 avril 2009, l’accès aux collections permanentes des musées et aux monuments nationaux est gratuit pour les jeunes âgés de moins de 26 ans ressortissants de l’un des 27 pays de l’Union européenne. On constate que la fréquentation des lieux concernés par les jeunes de 18 à 25 ans a augmenté de 15% en moyenne.
Fréquentation exemplaire. Les musées français sont les musées les plus fréquentés du monde. En 2008, ils ont reçus environ 52 millions de visiteurs. Les musées nationaux relevant du ministère de la Culture et de la Communication ont accueilli l’année dernière plus de 26 millions de visiteurs dont 30% ont bénéficié de mesures de gratuité.
Accès gratuit. Depuis le 4 avril 2009, les musées ouvrent leurs portes gratuitement aux jeunes de moins de 26 ans, faisant ainsi suite à une mesure annoncée par le Président de la République en janvier, et portée par le ministère de la Culture et de la Communication. Durant les six premiers mois de 2008, cette étape importante pour la démocratisation de notre vie culturelle avait connu une première expérimentation qui a révélé le succès de la gratuité auprès des jeunes de 18 à 25 ans. Cette mesure concerne aussi les enseignants du premier et de second degré de l’Education nationale.
Compensation pour les musées. Cette mesure de gratuité sera intégralement compensée selon un principe de stricte neutralité budgétaire. Tout en facilitant l’accès aux collections permanentes, la gratuité n’aura donc pas d’impact sur la capacité d’action des établissements. Pour 2009, la compensation sera versée dans le courant de l’année à chaque musée et monument par son ministère de tutelle. Elle sera inscrite en mesure nouvelle dans le projet de loi de finances pour l’année 2010 pour être pérennisée. La gratuité pour les enseignants en activité dans un établissement du premier et du second degré de l’éducation nationale et de l’enseignement privé sous contrat sera prise en charge par le ministère de l’éducation nationale.

Source : Ministère de la Culture et de la Communication

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Le patrimoine, victime du Grenelle ?

patrimoineC’est fait, depuis le 23 juillet, l’avis des Architectes des Bâtiments de France sur les permis de construire à l’intérieur des zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysagé (Zppaup) n’est plus que consultatif. Comme nous le rappelait récemment Evelyne Lehalle, on ne peut qu’être circonspect face à la dilution des réformes relevant de la compétence du ministère de la culture et de la communication dans d’autres grands projets de réformes dont il est absent, pour ne pas dire qu’il semble écarté.

Cette mesure a été adoptée jeudi dans le cadre de la loi Grenelle 1. L’Assemblée Nationale et le Sénat, opposées depuis un moment sur le sujet, s’étaient finalement mis d’accord la veille en commission mixte paritaire. Cette mesure supprime l’obligation d’un avis "conforme" et va continuer de soulever le tollé dans les milieux du patrimoine comme c’est déjà le cas depuis son annonce.

La censure du texte pour un vice de forme par le Conseil constitutionnel le 12 février après un premier vote n’avait pas rassuré pour autant et l’accélération du rythme imposé par l’Elysée sur le travail de la session parlementaire a eu raison de tout débat construit et crédible sur cette question dont l’enjeu est considérable sur de nombreux plans. On peut d’ailleurs s’interroger sur la nature des débats qui ont permis de décider qui est plus à même qu’un ABF de juger de l’intérêt de détruire, de préserver, de maintenir, de réhabiliter et de revaloriser le patrimoine ? Rappelons que l’avis conforme est l’outil essentiel à la mission de l’architecte des bâtiments de France et le fondement de son autorité. Sans l’avis conforme, l’architecte des bâtiments de France n’est plus rien : c’est le seul moyen dont il dispose pour faire respecter ses prescriptions.

En janvier dernier Christine Albanel a déclarré qu’elle "prend acte" de la décision au moment du premier vote et a insisté sur le fait que "cette mesure ne doit pas s’analyser comme l’abandon d’une prérogative de l’Etat dans le domaine du patrimoine mais qu’elle correspond à la volonté de moderniser les procédures". Difficile de l’analyser autrement malgré tout. On peut se demander pourquoi ce n’est pas le ministère de la culture qui donne son avis, qui propose des solutions et qui tranche (ou aide à trancher) lorsque c’est le plan de relance qui décide ? A situation exceptionnelle mesures exceptionnelles dira-t-on. Il n’y a qu’un pas pour considérer l’état d’exception… Relisons Agamben attentivement et interrogeons-nous en même temps sur la place du ministère de la culture dans notre République lorsqu’on envisage depuis le mois dernier un secrétariat d’Etat à la culture et un secrétariat d’Etat à la communication.

Rappelons que depuis 1983 près de 500 Zppaup ont été créées et qu’elles elles visent à protéger les villes et villages particulièrement riches sur le plan patrimonial contre les dérives en matière de construction. Les maires, les préfets mais aussi le BTP, ont donc désormais les mains libres car la conformité d’un avis signifiait que le maire est obligé de le respecter, à moins de le contester au niveau du Préfet de région. Après l’archéologie préventive, c’est donc un autre pan de la politique du patrimoine qui est fortement diminué.

Il n’est pas certain que le patrimoine sorte perdant au final mais c’est un changement de paradigme qui est en train de s’opérer. N’est-ce pas au fond l’objet de toute vraie réforme ?

Le patrimoine est notre locomotive touristique et notre fer de lance culturel, notre avantage concurrentiel dont le coût de sauvegarde, de réhabilitation et de maintient atteint des niveaux astronomiques. Les quelques 100 millions supplémentaires du plan du relance sont une goutte d’eau qui témoigne à peine de l’urgence de la situation.

Quelles garanties pratiques cet avis consultatif va-t-il apporter ? Faut-il attendre le décret pour s’interroger sur ses modalités d’application pour revoir les choses en profondeur avec les architectes des bâtiments de France mais aussi avec l’ensemble de la filière du patrimoine ? N’oublions pas non plus que ce passage de témoin aux collectivités est une des plus importantes actions liées à la décentralisation. C’est désormais la sagesse des maires qui sera encore un peu plus mise à l’épreuve.

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Clôture des Entretiens de Valois

logoMCCFrédéric Mitterrand a clos le jeudi 9 juillet dernier les Entretiens de Valois, hélas sans qu’un écho suffisant n’ait été donné à cette réunion. Il s’agissait de dresser un bilan des résultats obtenus sur toute la période où les Entretiens de Valois se sont déroulés, à savoir entre le 11 février 2008 et le 30 janvier 2009.

Suite aux réformes annoncées en Conseil des ministres le 18 février 2009, les Entretiens se sont poursuivis sous la forme de réunions du « comité des Entretiens » pour s’achever jeudi 9 juillet 2009.

Lors de la réunion de cette clôture, trois mesures importantes ont été annoncées :

  • un partenariat refondé avec les collectivités territoriales et les professionnels : des « Conférences du Spectacle vivant » vont être instituées de façon à ouvrir un espace de concertation sur les politiques publiques dans le domaine du spectacle vivant au niveau régional ;
  • une clarification de l’action de l’Etat à travers ses dispositifs de financement et ses réseaux : Tous les textes cadre précisant les missions et les engagements de chaque établissement labellisé ont été revus ;
  • une meilleure prise en compte des questions d’emploi et de formation : les actions de structuration et de professionnalisation vont se poursuivre.

Les prochains chantiers. L’ensemble des participants à la réunion du « comité des Entretiens » du 9 juillet se sont accordés sur la nécessité de pérenniser le procédé pour aborder notamment les chantiers suivants :

  • des instances régionales de régulation et de coordination qui fonctionnent ;
  • des engagements réciproques entres structures et collectivités publiques ;
  • des spectacles mieux diffusés ;
  • des crédits davantage consacrés à favoriser l’émergence des talents et l’épanouissement de la création ;
  • une approche européenne du secteur ;
  • une prise en compte volontariste des questions relatives à l’emploi et à la formation.

Reste à savoir désormais dans quelle mesure ceci peut être intégré dans le contexte actuel de mise en œuvre de la RGPP pour le ministère, car cela ne nous est pas expliqué.

Par ailleurs, pour faire un parallèle avec l’excellente analyse de Xavier Greffe et de Sylvie Pflieger récemment parue à la documentation française, on peut légitimement s’interroger sur la pertinence des mesures qui visent transférer des compétences tout en maintenant l’omniprésence régalienne et normative du ministère alors que celui-ci procède à un recentrage budgétaire et stratégique sans précédent.

Il faudrait notamment s’interroger sur l’avenir de la fameuse sanctuarisation du spectacle vivant (sanctuarisation relative pour 2010 vu que la baisse des budgets accordés au spectacle vivant est d’au moins 35 millions d’euros) puisque d’un côté nous avons des professionnels qui veulent aller plus loin et de l’autre un ministère qui tente d’initier courageusement une meilleure articulation entre les différentes compétences en jeu à tous les échelons. Au final tout ceci pourrait bien aller dans le même sens mais attention au risque de parallélisme porteur de dissonance cognitive et quiproquos potentiels lourds de conséquences.

On peut enfin se demander si la consultation des différents échelons territoriaux à compétence culturelle (tout au moins leurs instances) n’aurait pas été un meilleur moyen de gagner du temps, notamment si on veut aborder sereinement la « clarification de l’action de l’Etat à travers ses dispositifs de financement et ses réseaux ». En effet, refonder le partenariat avec les collectivités territoriales et les professionnels avec des « Conférences du Spectacle vivant » à l’échelon régional peut sembler insuffisant pour aboutir rapidement à cette clarification. Mais dans cette affaire le ministère de ne pèche pas par excès de prudence, la méthode choisie a permis de désamorcer une situation très tendue et de préparer la phase suivante avec les collectivités. La Région étant l’échelon qui vise à jouer un rôle de coordination de plus en plus important, il est utile d’être au clair sur ce niveau avant d’entrer dans le détail des nombreuses problématiques liées au financements croisés. Espérons notamment que ceci soit débattu sur le fond lors du colloque "Culture, politique et politique culturelle" qui sera bientôt annoncé dans le cadre de l’année du cinquantenaire du ministère. En tout état de cause, espérons au moins que ce sera le moment pour enfin nous expliquer ce qui est véritablement en jeu, en cours et en devenir.

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Réunions d’experts à l’UNESCO

UNESCOFace aux enjeux du développement durable et de la paix, le nouveau cadre de politiques culturelles que l’UNESCO s’apprête à élaborer se caractérise par une double approche consistant d’une part à développer le secteur culturel proprement dit (c’est-à-dire le patrimoine, la créativité, les industries culturelles, les activités artisanales et le tourisme culturel), notamment en répondant aux besoins en matière de législation, de formation à l’administration culturelle, de médiation et de gestion des ressources culturelles, et d’autre part à faire en sorte que la culture ait la place qui lui revient dans toutes les politiques de développement, en particulier celles qui concernent l’éducation, les sciences, la communication, l’environnement et la cohésion sociale.

Ce cadre a pour but de proposer des concepts novateurs, des méthodes de planification et une infrastructure stratégique flexible afin de donner de nouvelles orientations dans le domaine de l’élaboration et de la programmation des politiques publiques au service du développement durable et de la compréhension mutuelle, fondées sur une prise en compte appropriée des principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, d’autant plus que ceux-ci sont maintenant inscrits dans un ensemble d’instruments normatifs internationalement reconnus dans le domaine de la culture.

Du 6 au 8 juillet dernier, plusieurs réunions se sont déroulées afin de croiser et valider les études commissionnées par l’UNESCO auprès d’une équipe d’experts internationaux sur les réponses des politiques publiques aux défis de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans le monde.

Les décideurs politiques et les collaborateurs du Secrétariat de l’UNESCO qui se sont activement impliqués sur ces thématiques ont confronté à cette occasion leurs points de vue à cette équipe. Nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement.

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Rapport de la MEC

assembléeUn rapport d’information a été déposé en application de l’article 145 du Règlement de la Commission des finances, de l’économie générale et du plan en conclusion des travaux de la Mission d’évaluation et de contrôle (MEC) sur le musée du Louvre.

Dès le 1er janvier 1993, le musée du Louvre devenait un établissement public administratif (EPA), initiant un processus qui implique une responsabilité accrue et une souplesse de gestion des ressources humaines. De ce fait, le présent rapport constate que le musée du Louvre est devenu un laboratoire d’expérimentation à l’avant-garde des réformes à venir. Ce rapport analyse les enjeux de financement du Louvre, son financement à l’heure de la crise économique et financière (question de la pertinence de la gratuité, incertitudes sur le niveau de fréquentation, le mécénat, le rendement du fonds de dotation), les relations avec la Réunion des musées nationaux (RMN). Il aborde la question de la décentralisation culturelle, nationale (Projet Louvre-Lens) et internationale (Louvre-Abou Dabi) et le prêt d’oeuvres d’art.

Pour consulter le rapport, cliquez ici.

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Elections UNESCO / 2 : more than just culture, but less than just politics

DEUTSCHER KulturRAT

Parue dans le numéro de Juillet/Août 2009 de la revue « politik und kultur », le journal du Deutscher Kulturrat (Fédération des associations culturelles en Allemagne), Andreas Westerwinter nous livre avec précision et clarté une synthèse de la situation relative aux prochaines élections de l’UNESCO.

Cette première diffusion de ce texte en France dans sa version anglaise, fait le point sur une situation qui, comme nous l’indiquions récemment, n’a hélas toujours pas réussi à massivement mobiliser ni les médias, ni l’opinion de notre pays.

L’importance de ce qui se joue ici n’autorise pourtant aucun détour du regard car, comme le titre de l’article l’indique : s’il ne s’agit de rien de plus que de culture, ce n’est rien de moins que de la politique.

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UNESCO – more than just culture, but less than just politics.

The UN Specialized Agency for Education, Science and Culture elects its new Director-General in autumn 2009. The official deadline for nominations ended on 31 May 2009 with nine official candidates proposed by Member States. Four of whom are women. It is thus possible that UNESCO will for the first time in history have a woman as Director-General. “Just about time”, some repeat quietly. Just as it is time to give someone from Eastern Europe or the Arab world a chance add others, mainly interested parties from these regions of the world.

Discussions flared up recently, when several French intellectuals protested that the next chief of the World Cultural Organisation should not be an anti-Semite. Rarely has the slightly stuffy World Cultural (and Education, and Science, etc, etc, etc) agency excited such attention in the German and international press. Whereas in Germany the debate took place on the cultural parts of the press, it reached immediately the political and opinion pages in other countries.

Diplomats in Paris (and other main and secondary UN capitals) have been talking up a storm for months about what might happen if the incredible were to happen, namely to elect a politically controversial candidate.

The Member States’ interests in UNESCO are as varied as there are members (193). And it is not just about culture, science, and education, since UNESCO is part of the larger UN family where Realpolitik and deceptive diplomacy are often at loggerheads. A fool who were to think of the world culture organization as a place of cultural actors. In reality it is just like anywhere else a place to exert power, even though it is often more difficult to count the legions or to provide evidence for the power plays.

UNESCO’s work is subtle and often quite invisible due to it’s bureaucratic nature, and thus of little use to journalists. Nothing is newsworthy about heritage experts spending years banging their heads collectively and universally, trying to figure out how to protect historic cultural landscapes. Unless of course these experts decide to put Dresden on the “in danger” list. UNESCO battled unsuccessfully for decades to install tsunami warning systems in the world’s oceans, yet it only reaches the press when it turned out these system were still not deployed due to lack of funding in 2006 in the Indian Ocean. Quiet work in educational policies is only recognized in donor countries outside the expert circles, when a Western country asks UNESCO for a condemnation of perceived regression in the Afghan educational policies for girls and young women – an initiative that was recently attempted, but quickly undercut through politico-diplomatic counter-pressure.

In these areas of World Heritage, educational policy or scientific cooperation, UNESCO does not only bring together experts around the table, but also diplomats. It happens easily that a country might propose a “deal” in order to save one site or another (from entering the danger list). Or one deals with purely political discussion before a backdrop of “World Heritage”, as happens frequently in the Middle East. Here lies one of the problems with Farouk Hosni’s candidature. But also some of the others.

What happened ? By now all international newspapers have reported on the longtime Egyptian Minister, who “misspoke”. Counter interviews have since been published and it seems as if the discussion about the UNESCO DG elections have now developed into a kind of clash of civilizations between East and West (for or against Israel). For several months now one can hear from Arab and especially Egyptian sources that a refusal of Hosni bid to become DG would not only be an affront against the Arab world, but it would also be seen a signal from the West not to be refusing Dialog with the Middle East.

The candidature by the current Austrian EU External Relation Commissioner, Benita Ferrero-Waldner , rendered public only a few days before the deadline, has added additional oil to the fire. Mean voices from acute observers in Paris have commented that the only idea the West seems to have come up with to counter the supposed Arab book burner was to present an Austrian (soon to be ex-) Commissioner who enjoyed a cozy coalition government with the rightwing and xenophobic Jörg Haider in Vienna. Images of Turks in siege of Vienna are mobilized that could only damage UNESCO in every sense. The Austrian press is not making things easier for the candidate. It is reported almost every day that the ÖVP (Austrian Conservative Party) just likes to “promote” Ms Ferrero-Waldner away from Brussels to clear the way for a new Austrian Commissioner since Mr Barroso did not give her the next post she had eyed for some time. Local Vienna human resource tactics are now mixed in with world politics, which will not make electoral decision making any easier.

What happens next? In September 2009 the 58 members of the UNESCO Executive Board will interview all candidates behind closed doors. Before that date, all candidates are invited to submit a 2000 word vision document presenting some ideas for a UNESCO of the future. Then all candidates will be discussed in private session and secret ballot elections are then called. It is common practice in the UN that electoral promises negotiated between countries and vote swaps for different posts in the UN determine the vote casting in the first round. Given arrangements such as “If you vote for me at UNESCO, I will vote for you at the World Trade Organisation”, the qualifications of the different candidates are frequently of secondary consideration.

"Geopolitical considerations" often enter front stage when it comes to elections in the UN, as the Brazilian foreign minister Amorim explained when he had to defend his country’s support for the Egyptian candidate instead of a Brazilian one. Similar points were made in the French press when former French Culture Minister Jack Lang, characterized Farouk Hosni as the best candidate. Just as frequently as it is underlined now by the Egyptian side that the candidate from Cairo has the support from President Sarkozy, the spokesperson for the Quai d’Orsay denies any such support. It is also stressed that the French-Egyptian agreements might go back to the nomination of Dominique Strauss-Kahn at the Head of the International Monetary Fund, where briefly afterwards Boutros Boutros Ghali’s nephew and current Egyptian minister of finance was elected to a leadership position. Other voices advance that French concerns about the future of the Union for the Mediterranean (vice-chair in Hosni Mubarak), had already signaled two years ago vague support by France for Farouk Hosni. This is now being read as a formal wedding announcement by Egypt. Wherever the truth may lie, there are endless possibilities to swap votes. A situation to let US campaign managers for Presidential elections go pale with envy. And in case the French should not stand up to their promises, the Egyptians will most likely ask the restitution of the obelisk on the Place de la Concorde in Paris, as the Italians have just so brilliantly demonstrated in the case of Aksum (with a lot of quiet UNESCO diplomacy)….

If in the first round a candidate obtains 30 votes, he or she is elected. Yet since this is most unlikely, another three rounds of elections are foreseen where each candidate can withdraw or stay quite confidently in the race no matter how many countries they have mobilized. And this is where things become exciting: It is now time to negotiate the transfer of votes and possibly another post for the candidate who withdraws. It is only in the fifths round that the two best placed candidates are pitched directly against each other in order to allow for an unambiguous nomination to the UNESCO General Conference in October 2009. Here all 193 countries can either confirm the nomination or ask Executive Board to present a new candidate within 48 hours in case the candidate does not obtain the necessary majority. A few countries have already made their intention known that they would never support a nomination for Hosni by the General Conference.

Who stays put? Who should act? Who will probably not move? All this turns into a good game of poker where strong nerves, the right feeling, a dose of charm and strong pressure from capitals will be needed in order to impose oneself in the end. Cynics say all this is salon diplomacy, but in reality it is an important opportunity to get the UN out of yet another cul-de-sac.

So what is all this fuss about and what’s at stake? The election of a politically controversial candidate would block UNESCO for years to come. Many of the reforms implemented with much insistence by the current DG Matsuura would be lost at once. But not only could a politically controversial candidate be dangerous for UNESCO. It would take any inexperienced manager several months to clear through UNESCO’s bureaucratic jungle and it highly unlikely that a candidate without international experience will understand the internal power games for new posts or old programmes when too many insiders will offer their advice to show the new Director-General the way.

Who are the candidates and what do they have to offer?

Farouk Hosni has been minister of culture in Egypt for over two decades. He presents himself a long list of achievements he claims to have reached. Critics recall though that some of the important cultural projects he was supposed to realize with UNESCO support – such as the Great Museum of Egyptian Civilisation – have been delayed for many years and will not see the light of the day any time soon. Affairs of corruption in his ministry have kept the press busy without surprising anyone. Apart from political concerns, questions are raised whether Hosni as UNESCO chief would be able to administer an annual budget of almost 500 million.

Hosni himself identifies Benita Ferrero Walder as his strongest competitor. Observers say, this does not happen without the hope to turn a possible habsburgo-arabic clash of cultures in his favour. In addition, voices in Vienna describe the candidature as local folklore and personnel politics. But finally the Austrian needs to face a deadly counterargument in any UN election: her Electoral Group 1, i.e. Western Europe and North America has already fielded too many Director-Generals in the past and should be more modest. A number of Arab colleagues in Paris underline not without a knowing smile that a former UN Chief of Protocol in New York should know better about these unwritten rules in the UN.

Further voices pipe in questioning the candidate’s motivation and qualification. Concerns among informed diplomatic circles in Brussels point out that the lofty title of EU External Affairs Commissioner is really a bit self-promoting when it is really some kind of Super-Chief of Protocol of the European Commission: The Spaniard Xavier Solanas makes the actual foreign policy decisions, the development money lies with the Belgian Louis Michel, trade policies were made by the Brit Peter Mandelsohn, and all other important issues were dealt with by the boss Manuel Barroso himself. In all this there was not much left that could qualify the Austrian junior commissioner for UNESCO. And she also made herself not too much liked when she obstinately tried to sanction the EU sanction against her country during the ÖVP-Haider Koalition as then Foreign Minister.

Besides the Arab Group, Electoral Group 2 also reminds everyone that they have never had a Director-General. Here are two female candidates who want to present themselves as inside experts on UNESCO matters. The Bulgarian Irina Bovova is Ambassador to France and to UNESCO. As a career diplomat and briefly foreign minister she brings experience as well as political support to her bid. The latter fact is also being criticized by some: Voices in Bulgaria and in the West characterize her frequently as a member of the communist nomenclatura (Studies in Moscow in the 1970s, father as member of Communist Party Central Committee). Close ties to the current government in Sofia are also raise concerns as Bulgaria is frequently criticized by Brussels for lack of transparency when dealing with EU funds. (Her brother Filipp served as Chief of Staff to the Prime Minister after having been advisor to the President). Ms Bokova is however widely acknowledged as an experienced diplomat who can talk to all interested parties in situations of conflict.

Also from a new EU Member State is Ina Marciulionyte. A political generation younger than her Bulgarian competitor, current Lithuanian Ambassador to UNESCO was very active in the independence and democracy movement of her country in the late 1980s and early 1990s. As a journalist and Director of the Open Society Institute in Vilnius she represents the new Eastern European politics since 1989, which put her in charge of UNESCO issues when serving as vice-minister for culture. Since being appointed to Paris, she was Chair of the UNESCO World Heritage Committee – just like the current Director-General – and is currently one of the Vice-Chairs of the UNESCO Executive Board. Some of her critics say she is too young to be DG, to which the candidate answers not without a touch of humor that she’s only a year younger than President Obama and does not even ask for nuclear weapons. Sources inside UNESCO describe her as the most qualified candidate from a technical perspective and also as a very hard working ambassador, who has intervened in many difficult situations.

The Russian deputy foreign minister Alexander Yakovenko came as a last minute surprise candidate. A career diplomat who knows the UN business for many years, he has attended UNESCO meetings regularly over the years. There is no detailed election programme presented by Moscow’s probably most senior multilateral diplomat, but Western countries have been concerned in recent years about Russian proposals to include UNESCO work in the area of energy policies. The West is not particularly keen on opening yet another UN forum where Russia could possibly put pressure on such delicate issues. It is also rumored openly that Russia was simply upset because Bulgaria and Egypt both claimed to have Russian support for their candidates. Those who would not want to hear a diplomatic no, would have to recognize quite practically that Russia does not support any of the other candidates.

Latin America also puts forward a woman: The Ecuadorian Ivonne Baki. Former Minister and Ambassador in Washington, of Lebanese origin, she is seen by some as the West’s answer to Farouk Hosni. Little is known about Ms Baki. She will be President of the Andean Parliament until fall 2009. Voices in Latin America but also in Washington are getting louder questioning her involvement in possible business deals. Others simply ask what management qualities the candidate would bring in the areas of science, culture and education, other than being a passionate painter herself.

Two African candidates have entered the race, apparently in order to stop Hosni from claiming unanimous African support for his bid. Sospeter Mohongo (Tanzania) is a geologist and currently regional director of the science umbrella organization ICSU. NouréiniTidjani-Serpos (Benin) is UNESCO Assistant Director-General for Africa. Both are expected to withdraw after the first round once it has been avoided for Hosni to pass. It is equally not Africa’s “turn” to present a Director-General.

A courageous candidate, Mohamed Bejaoui (nominated by Cambodia) stays in the race despite reportedly having received threats against his life. “It’s a matter of personal honor to participate in these elections”, says the man who learnt in the 1930s Hölderlin thanks to an Alsatian school master in a colonial lycée. Former Algerian foreign minister and President of the International Court of Justice in the Hague, Bejaoui, is also seen as one of those candidates, who is mainly in the race to set up obstacles to Farouk Hosni. But nobody would say this publicly.

Things will remain interesting in Paris.

Andreas Westerwinter

Former UK Deputy Permanent Delegate to UNESCO 2006-2009

L’article dans sa version allemande est téléchargeable ici.

Nous proposerons prochainement une version française de ce texte.

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