Cultural Engineering Group Weblog

Services & Ressources en ingénierie culturelle

Louvre-Lens, l’étude qui manquait !

La Chambre de Commerce et d’Industrie Artois a récemment lancé un appel d’offre important. Son objet, Mission d’étude dans le cadre d’un Contrat d’Etudes Prospectives (C.E.P.) « Tourisme » consécutif à l’implantation du Musée Louvre-Lens, est au cœur des préoccupations de bien des territoires qui parmi les leviers de leur développement, de leur rayonnement et de leur attractivité, ont misé ou souhaitent miser sur un équipement culturel majeur.

Mais en prenant connaissance du cahier des charges, c’est une étrange impression qui saisit le lecteur, un mélange troublant de soulagement et de stupeur.

En effet, on a d’abord des raisons de s’enthousiasmer car la description du contexte de cet appel d’offres commence par poser de façon évidente et attendue :

  • la volonté forte de décentralisation et de démocratisation culturelles de l’Etat comme un levier de développement du territoire de l’ex-bassin minier,
  • le franc succès qu’a été l’ouverture du Louvre-Lens dans ses retombées médiatiques, le niveau de sa fréquentation, le sentiment de fierté des Lensois,
  • le choix d’implantation de cette institution culturelle de renommée mondiale dans une zone où une réelle dynamique économique est enclenchée depuis une vingtaine d’années,
  • cette vitalité qui produit un effet particulièrement positif sur l’économie du bassin Lens-Hénin…

Très vite (dès le 4ème paragraphe), la présentation prend le soin de ne pas occulter d’autres aspects de la réalité locale : c’est le constat qu’une part importante de la population « est encore à l’écart du développement humain avec un chômage élevé et un manque de formation et de ressources », la grande précarité économique, la faiblesse du revenu net imposable moyen annuel par foyer fiscal.

C’est ensuite le pari qu’en renforçant la place de la culture dans l’économie locale en voulant faire du territoire autour du Louvre-Lens une destination touristique à part entière, les activités présentielles (non délocalisables) « ne pourront que croître ».

L’échelon local ne peut pas se priver d’une clientèle supplémentaire estimée à 700 000 personnes minimum par an. Tout en reconnaissant que l’offre de touristique d’agrément reste à développer, la CCI Artois considère à juste titre que le musée ne pourra radicalement changer la donne que « si et seulement si » les acteurs locaux parviennent à transformer les visiteurs du Louvre en découvreurs du territoire et à leur fournir les services correspondant à leurs attentes.

La présentation du contexte poursuit en expliquant que les institutions et équipements culturels et touristiques en mesure de fixer les publics du Louvre et de les retenir sur le territoire sont aujourd’hui plus adaptés à l’accueil de populations locales qu’à l’accueil de clientèles extérieures et que les commerçants, comme les prestataires de services publics et privés devront s’adapter aux demandes particulières des touristes s’ils veulent obtenir des retombées économiques de leur venue.

L’ampleur et le niveau des évolutions à envisager sont donc considérables mais ces évolutions sont à la hauteur du défi lancé il y a plus de dix ans maintenant.

Avec le récent classement de l’ex-bassin minier au patrimoine mondial de l’Unesco, tous les ingrédients sont réunis pour construire une nouvelle destination internationale d’agrément, en tout cas, cette volonté est clairement exprimée.

C’est là que les choses deviennent intéressantes car le cahier des charges évoque ensuite les tentatives de mise en ordre de marche des acteurs pour la construction d’un écosystème territorial qui soit en capacité de répondre à tous ces enjeux :

  • mobilisation des villes pour repenser et améliorer les espaces publics et commerciaux
  • plans de circulation, parkings, aires de déambulation
  • valorisation du patrimoine architectural
  • outils d’information, de sensibilisation et d’accueil des clientèles étrangères
  • regroupement des offices de tourisme et mise en place de toute l’ingénierie touristique nécessaire, sous la houlette de la Mission Louvre-Lens Tourisme
  • sollicitation de chercheurs de tendance et de designers de renommée internationale, de talentueux concepteurs d’événementiels, de spécialistes de l’@tourisme, de cabinets imaginatifs pour élaborer le concept de destination touristique…

On se dit, parfait, ils ont tout prévu.

Le texte se poursuit en expliquant que tout comme Le Louvre à Lens a choisi d’être le « Louvre autrement » pour innover et expérimenter de nouvelles pratiques en matière de diffusion culturelle, le territoire a souhaité initier un « tourisme autrement » en faisant des habitants ses principaux acteurs et en les mettant au cœur du développement, reconnaissant ainsi que l’appropriation par la population du Louvre et de la fréquentation touristique qu’il engendrera est la condition sine qua non pour réussir l’ancrage de ce grand équipement sur le territoire et pour que les habitants et les visiteurs s’enrichissent mutuellement.

Vers une vraie ingénierie touristique et de tourisme culturel ? il y a de quoi s’enthousiasmer.

Arrive ensuite l’énumération par le menu des études conduites ces dernières années et qui ont notamment traité des implications touristiques du projet du Louvre-Lens :

  • Le Louvre à Lens : Impacts et stratégies territoriales par ECODEV – 2006
  • Etude INSEE sur « Le Louvre à Lens : un défi culturel, sociétal, économique et urbain », collection Profils n°110 – septembre 2012
  • L’hébergement touristique dans l’Aire Métropolitaine de Lille Agence de développement et d’urbanisme de Lille Métropole -  Etat des lieux 2006
  • Etude de l’appropriation du projet Louvre-Lens par les habitants et visiteurs, Etude des publics potentiels du futur Louvre-Lens  par Public & Culture – 2006, mise à jour en 2012
  • Etude sur les pratiques culturelles et sur les comportements touristiques  des clientèles européennes et enquête sur leur perception du Bassin Minier par Ipsos – 2011
  • Etude sur les valeurs identitaires du Lensois  par Nicaya – 2011
  • Etude sur le positionnement touristique de la destination à créer par Trend Union-Studio Edelkoort – 2012
  • Etude INSEE sur « Le tourisme en Nord – Pas-de-Calais : un secteur porteur d’emplois », collection Profils n° 126

On se dit, tout est prêt.

Et c’est là qu’on ne comprend plus. Tout l’objet de cet appel d’offre de la CCI Artois vise à se soucier de ce qui semble avoir été jusqu’à présent laissé en friche. L’étude a pour objectif la recherche de l’adéquation entre qualifications de la population et l’adaptation aux nouveaux enjeux professionnels en place désormais.

Comment dans ces conditions imaginer donner corps à cette volonté de faire "autrement" si on ne s’en est pas vraiment soucié avant ?

La CCI Artois est courageuse. Enfin un acteur qui se pose dans son cahier des charges les questions qui auraient dû être déjà réglées depuis longtemps :

  • "Quel sera l’impact réel du Louvre sur le développement économique du territoire ?
  • Dans quelle mesure les habitants peuvent-ils y contribuer ?
  • Quelles pourraient être les évolutions du marché du travail imputables à l’implantation du Louvre-Lens, celles-ci pourraient-elles mettre en évidence l’émergence d’activités induites ?
  • Les formations dispensées actuellement sont-elles adaptées ?
  • Quels seraient les impacts sur les besoins en compétences ?"

Comment a-t-on pu en arriver là pour se poser si tardivement ces questions pourtant si essentielles ? Il n’est peut-être pas trop tard mais le constat est affligeant et donne hélas du grain à moudre à tous les populismes dénonçant le gaspillage de l’argent public, le mille-feuille admininistratif, la technostructure, les élus trop soucieux de leur propre mandat et l’Etat déconnecté et désengagé des territoires…

Alors que depuis des années on nous dit partout que la culture est un levier pour le développement territorial, qu’elle contribue à l’attractivité et au rayonnement des territoires, qu’elle n’est pas qu’un supplément d’âme, qu’elle fait du lien social, etc. on pourrait légitiment penser que des projets comme le Louvre-Lens permettent d’établir des principes d’action et d’organisation entre les acteurs, voire des modèles et/ou des modélisations pertinentes et surtout suffisamment efficaces pour se soucier de ces questions plus tôt.

Apparemment non.

Les CCI sont des acteurs qu’il ne faut pas que solliciter en bout de chaîne, au contraire. Elles participent d’un principe de réalité qui manque parfois à bien des projets, même les meilleurs.

Bon nombre de projets gagneraient à être pensés en amont avec les consulaires si on veut vraiment faire en sorte qu’investissements et équipements culturels soient aussi une réussite sur ces aspects. C’est d’ailleurs sur une partie de ces aspects que repose la soutenabilité de ces mêmes projets.

La culture n’est pas un secteur replié sur lui-même, elle est (et l’a toujours été) connectée à bien des domaines des activités humaines. Les cloisonnements sont aujourd’hui particulièrement préjudiciables, surtout lorsque le tourisme, le développement économique et l’emploi sont concernés. Il faut faire le pari que cette étude de la CCI Artois sera entendue avec attention et surtout suivie d’effets car, maintenant que le Louvre-Lens est ouvert, c’est une nouvelle ère qui commence. Reste à savoir si les conditions seront réunies pour un effet positif durable. Cette étude est clairement là pour dire qu’il est temps de s’en soucier, vraiment, car c’est un ingrédient essentiel pour la réussite du Louvre-Lens pour le territoire.

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Sibiu, le succès de "l’Avignon roumaine"

sibiuLa ville transylvaine de Sibiu organise à partir d’aujourd’hui la 20e édition de son festival de théâtre. Après ceux d’Edinburgh et d’Avignon, celui de Sibiu est devenu le 3e festival international de théâtre. Pour le quotidien libéral Adevărul, c’est la preuve qu’il vaut la peine d’investir dans la culture : "Comme toutes les villes roumaines, Sibiu possédait après 1989 une industrie de type Ceauşescu en pleine débandade, et le patrimoine culturel et historique avait été totalement négligé. La première idée que Sibiu a eu, c’est d’organiser un festival international de théâtre. … Si, en 1993, Sibiu était une ville morose et sans perspective, elle est aujourd’hui un véritable modèle de réussite. Elle est devenue Capitale européenne de la culture en 2007, des investissements ont été faits dans le tourisme et le patrimoine historique a été restauré. … Il y a dix ans, si nous avions investi dans la culture et l’éducation ne serait-ce que la moitié de l’argent qui a été alloué à des projets autoroutiers ratés, nous aurions aujourd’hui une vraie perspective de développement, un budget équilibré et beaucoup moins de scandales."

Source : BpB

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The Official Norwegian Report on cultural policy

DEP_symbolThe Official Norwegian Report on cultural policy (NOU 2013:4) was compiled by a committee appointed by the Government in spring 2011 to review Norwegian cultural policy since 2005. The committee presented its report, Cultural Policy 2014, on 4 March 2013. In the report the committee assessed the relevance of the national cultural policy objectives and reviewed and evaluated the policy measures and instruments implemented at the central and local government levels during the period since 2005. It also identified today’s most important cultural challenges and on this basis made proposals for a new cultural policy.

You can download this repot here.

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Journée mondiale de la diversité culturelle 2013 : un silence assourdissant et alarmant

Le 21 mai est la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, mais saviez-vous qu’elle a vraiment eu lieu mardi dernier ? Si vous avez regardé la plupart des médias nationaux ce jour-là, il fallait être devin.

Pire encore, si vous faites partie de la majorité des français qui regardent le journal télévisé : rien absolument rien.

On ne s’étonne hélas plus de voir les grands médias (y compris l’audiovisuel public) vouloir/devoir faire de l’audience et dire en même temps (études à l’appui) que ce qui est diffusé correspond à ce que les téléspectateurs veulent voir ou à ce dont on se doit de les informer.

Mais là, trop c’est trop. Petit florilège des journaux de 20h mardi dernier :

  • la météo, pas d’amélioration en vue avant quinze jours, il pleut, de l’eau, de l’eau qui déborde, de la grisaille, des températures inférieures à la normale, on remet le chauffage, on n’a pas vu ça depuis des années, l’été est en retard, il n’y a plus de saisons, etc.
  • la tornade dans l’Oklahoma, l’horreur climatique, sommes-nous exposés à ce type de catastrophe en France et nos habitations sont-elles bien protégées ? les dernières tornades en France, la plus destructrice, etc.
  • le mauvais temps en France a des conséquences sur de nombreux domaines d’activité, les récoltes sont compromises, les agriculteurs dépriment et certains vont mettre la clé sous la porte, le temps ne donne pas envie d’acheter des crudités, les conséquences de toutes ces pluies sur les prix sur les marchés et sur nos factures d’énergie, les professionnels du tourisme se désespèrent, on se rabat sur les centres de bronzage et de luminothérapie pour tenir le coup car sans soleil on déprime, tout cela ne va pas aider à faire baisser le chômage, cela en ajoute à la crise, etc.

Pléthore de sujets de ce type pendant les 20-25 premières minutes selon les chaînes, dans un journal qui dure entre 30 et 35 minutes.

On enlève les 5 dernières minutes réservées au festival de Cannes, au sport ou aux célébrités populaires et il reste 5 à 10 minutes pour parler de ce qui se passe par ailleurs en France et dans le monde. Quel luxe !

Alors comment imaginer qu’il ne reste ne serait-ce qu’une minute pour parler de la Journée mondiale de la diversité culturelle, des missions et des programmes de l’Unesco qui soutiennent et encouragent partout dans le monde et toute l’année des initiatives toutes plus utiles et nécessaires les unes que les autres ?

Comment imaginer que… :

  • en pleine période où la question de l’exception culturelle fait l’objet de toutes les tentatives de récupérations possibles dans le cadre de l’accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis ;
  • en plein débat parlementaire sur la tenue de cours en anglais dans les universités françaises qui ravive la querelle des anciens et des modernes ;
  • au moment où viennent d’être publiés les statistiques sur l’illettrisme et le rapport de la Cour des comptes sur l’état du système éducatif ;
  • au moment où les extrêmes (les partis ET les idées) n’ont jamais été aussi populaires depuis 25 ans,

…on puisse considérer en France qu’on peut désormais se dispenser de (re)dire aux téléspectateurs (même en 1 minute !), en s’arrêtant un instant sur cette Journée mondiale du 21 mai, que la diversité culturelle est l’héritage commun de l’humanité, que tous ceux qui œuvrent au quotidien et qui font de sa sauvegarde un impératif concret et éthique inséparable du respect de la dignité humaine méritent d’être mis à l’honneur, que nous devons approfondir nos réflexions et redoubler nos efforts pour que la diversité culturelle nous aide plus encore à mieux « vivre ensemble »…

… on puisse considérer qu’il n’est plus nécessaire que l’Unesco fasse appel aux Etats membres et à la société civile pour célébrer cette Journée en y associant le plus grand nombre pour mieux connaître et apprécier ce que nous devons aux autres cultures, et, à prendre la mesure de la diversité de leurs apports, de leur unicité, de leur complémentarité et de leur solidarité…

… on puisse se passer de rappeler que connaître et reconnaître nos différences, les respecter en ce qu’elles fondent notre propre identité, c’est donner la chance aux siècles qui s’annoncent de s’épanouir enfin hors des conflits identitaires de tous ordres…

…nous n’ayons plus besoin d’affirmer et de partager collectivement que la diversité culturelle est un droit humain fondamental et que lutter pour sa promotion c’est lutter contre les stéréotypes et les fondamentalismes …

 

Le comble du comble, c’est que ce jour est vraiment arrivé, c’était le 21 mai 2013. Mais rassurez-vous, ce n’est que de la télévision. La fiction dépasse largement la réalité ou bien est-ce l’inverse ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas oublié, qui auraient bien voulu ne pas oublier ou qui auraient voulu qu’on leur en parle un peu, vous pouvez si vous le souhaitez cliquer au moins iciici, ici, ici et ici.

Espérons que ce 21 mai 2013 ne soit qu’un rendez-vous manqué. Mais la situation financière très grave que connaît l’Unesco à l’approche de l’élection pour le poste de directeur/directrice général(e) nous invite d’autant plus à nous mobiliser pour qu’il y ait une Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement plus largement relayée en France le 21 mai 2014 mais aussi et plus dramatiquement : qu’il y ait une nouvelle Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement le 21 mai 2014, tout court.

Nous y reviendrons très prochainement sur CEG.

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Meeting on agenda 21 for culture

UCLG

The 10th meeting of the Committee on Culture of UCLG (United Cities and Local Governments) will take place in Lille, France on 27-29 June 2013. The main topics to be discussed in the meeting of the Committee on Culture of UCLG are:

  • Key presentations of cities engaged in the local implementation of Agenda 21 for Culture and the UCLG Declaration on culture as the fourth pillar of sustainable development.
  • Launch of the process to update Agenda 21 for culture in 2014: How do we evaluate the existing document? What contents should the new document have? What monitoring/support can we provide to cities? What training / capacity building / exchanges should we design and implement?
  • State of the art of work related to the Post-2015 Development Agenda and Habitat III (2016)
  • Report on the UNESCO conference on Culture: Key to Sustainable Development, Hangzhou, China, 14-17 May 2013
  • Launch of the World Award on Agenda 21 for culture
  • Preparation of UCLG’s World Congress in Rabat (1-4 October 2013)
  • Ideas for the programme for the new period 2014-2016
  • Technical visits to cultural projects in Lille

For more information please contact: coordination@agenda21culture.net.

Download the documents here.

Source : Culturelink.

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Printemps de Bourges : une cession qui pose questions

En complément du post publié récemment qui s’interrogeait sur l’avenir du Printemps de Bourges suite à l’annonce faite par son directeur Daniel Colling à propos de son souhait de céder le Printemps de Bourges, le dernier numéro de La Lettre du Spectacle apporte quelques compléments utiles et des réponses à certaines de nos interrogations :

  • Daniel Colling dément le prix de vente annoncé par le journal Le Monde de 3 millions d’euros et précise qu’il s’agit de céder l’ensemble des actifs
  • Il reconnaît que la valorisation de 3 millions d’euros a été constituée pour partie par les subventions publiques à hauteur de 33% du budget du festival
  • Pour cette raison, il indique avoir renoncé à négocier avec des société privées

Plus détails dans le n°318 de La Lettre du Spectacle, ici.

Ces précisions sont importantes pour la conduite des négociations mais, puisque il est envisagé l’éventualité d’un « consortium » public rassemblant la Ville de Bourges, la Communauté d’agglomération, le Département du Cher et la Région Centre pour reprendre le Festival, pourquoi ne pas en profiter pour régler également le problème faisant également l’objet d’une belle polémique, de la Maison de la culture de Bourges ?

Nous y reviendrons prochainement, à suivre donc.

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L’arrêt du centre Pompidou mobile, la fin d’une époque ?

Deux ans après son lancement, le centre Pompidou mobile annonce que l’aventure s’arrêtera après son passage à Aubagne, du 29 juin au 29 septembre. Avec l’exposition en cours au Havre (qui s’achève le 22 mai) et les précédentes à Chaumont, Cambrai, Boulogne-sur-Mer et Libourne, le centre Pompidou mobile aura ainsi visité six villes moyennes. L’étape nantaise se trouve donc de fait annulée.

Un financement insuffisant

Avec ses trois modules sous tentes de 200 m2, installés sur un terrain d’environ 1.000 m2, le centre Pompidou mobile présentait une quinzaine de chefs-d’œuvre de l’art moderne et contemporain, issus des collections du musée. Alain Seban, son président, n’a pas caché, dans une déclaration à l’AFP, les raisons de la fin de cette démarche : "Nous arrêtons l’expérience dans la mesure où la situation économique ne nous permet plus d’assurer le financement de l’itinérance du centre Pompidou." Il s’est fait plus précis en indiquant que "les mécènes qui avaient uni leurs efforts pour financer cette itinérance ne sont plus en mesure de continuer. Par ailleurs, nous ne bénéficions plus de l’aide initiale de 1,5 million d’euros dégagée par le ministère de la Culture pour permettre le lancement du projet". 
Si la moindre participation des mécènes peut sembler surprenante au regard de la santé des entreprises concernées – Groupe Galeries Lafayette, GDF Suez, Fondation Total… -, les difficultés budgétaires du ministère ne sont pas un secret. En septembre dernier, Alain Seban avait déjà laissé entendre qu’il devrait peut-être "sacrifier des expositions" en 2013. Le président du centre Pompidou n’a pas évoqué les collectivités hôtes, qui financent environ le tiers de l’opération, plus des frais annexes (aménagement du terrain, énergie, sécurité externe…). Mais ce coût ne semble pas avoir dissuadé les candidatures.

Mobilité versus annexes

Au-delà du contexte budgétaire, l’arrêt du centre Pompidou mobile pose aussi la question de la nature de l’opération. Celle-ci a certes ouvert la fréquentation des musées à un nouveau public : 18% des visiteurs n’étaient encore jamais allés dans un musée, alors que cette proportion n’est que de 2% parmi les visiteurs de Beaubourg. Même si son président estime que "cela a été un très grand succès", la fréquentation – 200.000 visiteurs sur cinq sites et près de deux ans (avec des interruptions entre les expositions) – apparaît toutefois relativement modeste. Du moins au regard d’une autre forme de décentralisation culturelle : celle des "annexes" des grands musées parisiens.
Le centre a d’ailleurs été le premier à en bénéficier avec le succès foudroyant de Pompidou-Metz, suivi de celui, plus récent, du Louvre-Lens (voir nos articles ci-contre), sans oublier la probable réussite du MuCEM. Il est vrai toutefois que les budgets – conséquents -, les contenus et la zone de chalandise – à dimension internationale – de ces "annexes" n’ont pas grand chose à voir avec les 2,5 millions d’euros du budget annuel du centre Pompidou mobile. D’autres "annexes" – comme Versailles-Arras ou l’IMA-Tourcoing – connaissent cependant des débuts nettement plus modestes (voir nos articles ci-contre). A l’inverse, d’autres projections de grands musées – comme les Ateliers nomades du Quai Branly, actuellement à Cergy-Pontoise jusqu’au 2 juin – semblent avoir trouvé leur rythme, même si elles ne sont pas à l’abri des contraintes budgétaires. Seule certitude : avec la crise économique et les restrictions budgétaires, c’est tout le modèle de l’économie des musées qui va devoir se réinventer.

Jean-Noël Escudié, Localtis, le quotidien en ligne des collectivités territoriales et de leurs patenaires.

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Creative Broward 2020 : a plan for cultural and economic development in Broward County

The Cultural+Planning Group has been selected by Broward County to craft a 10-year Community Cultural Plan that examines diversity connected to Creative Economy, Cultural Tourism and Public Art and Design, and provides a comprehensive needs assessment, vision, draft legislation, policy framework, recommendations, strategies, funding requirements, funding sources, evaluation instrument, and benchmarks.

The vision of the Creative Broward 2020 plan is integrating cultural and economic development throughout Broward County, and based on the understanding that culture is a local resource and an economic asset, the plan draws on the unique diversity of its residents in the upcoming decade.

Here is the final report: 


More information here.

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How to demonstrate the value of public investment in arts and culture

Photographie : Dan Chung

Photographie : Dan Chung

Supporting our role as an advocate for the value of arts and culture, Arts Council England has refreshed its advocacy toolkit for the sector. The new toolkit contains updated advice and guidance on how to raise awareness and demonstrate the value of public investment in arts and culture. This presentation can be shared and downloaded for use in your own presentations and meetings.

For more information visit www.artscouncil.org.uk/culturematters

Inside you will find: 
• a series key facts and statistics infographics on: investment; economy, employment and audience which can be shared in social media 
• advice on the government agenda and how to make our case effectively to local and national politicians to align with their broader objectives 
• advice on relationship building with MPs and media 
• advice on how organisations can create your own ‘public value’ web pages

To access the toolkit, see the Arts Council of England website or go directly to the publication on the slideshare website.

Source : Arts Council of England.

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London 2012 Cultural Olympiad Evaluation – Final Report

Led by the ICC’s Head of Research, Dr Beatriz Garcia, the report which examines the impact of the London 2012 Cultural Olympiad is now released.

Established as a four year, UK-wide programme, the 2012 Cultural Olympiad was the largest cultural programme of any Olympic and Paralympic Games with a geographical scale unmatched by any previous UK cultural festival. The finale of the Cultural Olympiad was the London 2012 Festival, a 12-week nationwide celebration running from 21 June – 9 September 2012, the largest UK-wide festival ever staged.

The Cultural Olympiad Evaluation was a 15 month programme of work led by Dr Beatriz Garcia. The research team involved ICC Research Associates Tamsin Cox of DHA Communications and consultant Kate Rodenhurst, University of Liverpool’s Dr Peter Campbell and Dr Philippa Hunter-Jones in analysing the impact of the largest cultural celebration in the history of the modern Olympic and Paralympic Movements. The team  captured the multiple impacts of cultural activity tand analysed how the Olympiad  met it’s aims and objectives and  explored how it made a difference to people, how communities were connected to London 2012 and how it  created defining national and international moments that shaped the upcoming and future story of the Olympic Games.

 The report is available for download here.

Source : University of Liverpool

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International conference on cultural diversity, civil society and international cultural cooperation

Culturelink / Institute for Development and International Relations and the Centre for Democracy and Law Miko Tripalo have the great pleasure of inviting you to the international conference on Cultural Diversity, Civil Society and International Cultural Cooperation, to be held on 3-4 June 2013 in Zagreb, Croatia.

The conference is organized jointly by Culturelink/IRMO and the Centre for Democracy and Law Miko Tripalo, in cooperation with the UNESCO Regional Bureau for Science and Culture in Europe (Venice). The aim of the conference is to analyze cultural diversity as the principal challenge of our time. The integration of cultural diversity into a wide framework of public policies, not only cultural ones, gives a new impetus to the international community in approaching its fundamental goals – peacebuilding and development, conflict prevention, democracy and human rights.

Cultural diversity is a source of creativity and innovation for development. UNESCO’s Convention on the Protection and Promotion of the Diversity of Cultural Expressions, which was adopted by the UNESCO General Conference in 2005, will be at the centre of the Conference programme. The Convention advocates changes in international cooperation which will contribute to the bridging of the development gap and to the reduction of dependency in the world through the establishment of development partnerships. The Convention aims to foster cultural interaction and dialogue, and to establish innovative approaches towards international cooperation.

The Conference will be structured in four thematic round tables:

  • 1. Integrating Cultural Diversity in Sustainable Development Policies;
  • 2. Promoting Cultural Policies;
  • 3. Strengthening the Diversity of Cultural Expressions;
  • 4. Promoting Mobility and Engaging Civil Society.

Today, many countries in the world have coalitions for cultural diversity representing professional cultural and artistic civil society organizations. The coalitions operate through institutions, advocating the importance of culture and the promotion of the diversity of cultural expressions, as formulated in UNESCO’s Convention, and having an eye on broader development issues. The Conference will also focus on the following question: Does civil society in Southeast European countries have an interest in the creation of coalitions for cultural diversity in the region?

The conference agenda will be posted on Culturelink’s website by 10 May 2013. For the programme and participation registration form please visit here.

Source : Culturelink.

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La Culture comme promesse d’une métropole citoyenne

31mai

Le 31 mai prochain, l’Association des directeurs des affaires culturelles d’Ile de France et la Fédération nationale des associations de directeurs des affaires culturelles (ASDAC et FNADAC) proposent une journée de conférence sur le thème : « La Culture comme promesse d’une métropole citoyenne », en partenariat avec la Communauté d’agglomération de Plaine Commune, le Ministère et ARCADI.

Cette journée de conférence préfigure les Assises Nationales des Directeurs des Affaires Culturelles qui se tiendront en mai 2014.

Elle a pour objet de croiser les regards des différents protagonistes de la réflexion sur la métropole,  élus, administrations territoriales, urbanistes, chercheurs et professionnels de la culture sur des questions peu débattues et essentielles :

  • Quelle intégration de la dimension culturelle dans le projet urbain ?
  • Quelle articulation avec les modèles économiques marchands, dans un domaine construit autour des notions d’émancipation du citoyen et porté par les droits culturels ?

Ces problématiques seront développées lors de 4 tables rondes :

  • Quelles modalités pour passer d’une approche culturelle « ville-centre / banlieues » à l’organisation d’une métropole multipolaire ?
  • Comment garantir l’équilibre entre développement urbain et « service public de la culture », entre droits culturels et ville créative ?
  • Quel écosystème inventer entre acteurs publics et acteurs privés de la culture ?
  • Comment État, élus et professionnels de la culture peuvent-ils défendre la notion de « service économique d’intérêt général » auprès des instances européennes ?

Pour vous inscrire, il vous suffit d’adresser un mail avec votre nom et vos coordonnées en cliquant ici.

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Pratiques culturelles à l’échelle locale

Dans le cadre du projet pluridisciplinaire Publics et Pratiques culturelles Marseille-Provence 2013, une première journée d’études, intitulée L’observation des pratiques culturelles à l’échelle locale : enjeux sociologiques, politiques et professionnels, aura lieu le 14 mars, de 14h à 18h, à Marseille (Bouches-du-Rhône). 


Ce projet collectif et pluridisciplinaire (sociologie, anthropologie, sciences politiques, sciences de l’information et de la communication…) propose un programme de recherche et des enquêtes de terrain originales sur la question des publics de la culture et des pratiques dites « culturelles » à l’occasion d’un événement comme MP2013. Il s’articule autour d’enquêtes de terrain, de journées d’études, d’un colloque international et de publications auxquels collaboreront des chercheurs étrangers, Canada, Grèce, Italie, etc. pour une mise en perspective européenne et internationale. Le projet a aussi vocation à associer professionnels et médiateurs(trices) culturels. 
La participation des habitants à la vie artistique et culturelle a fait l’objet de plusieurs études ces dernières années, à l’initiative notamment de l’Observatoire des politiques culturelles. Réalisées à l’échelle locale, elles renouvellent en partie l’analyse classique des pratiques culturelles qui est proposée, par exemple, dans les grandes enquêtes statistiques nationales. Jean-Pierre Saez, Directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, Pierre Le Quéau, sociologue, et Laurent Sterna, Directeur de la culture et du patrimoine, Région PACA, interviendront sur ce thème.

Il est conseillé de s’inscrire par courriel auprès de Sylvia Girel (sylvia.girel@univ-amu.fr), Vincent Guillon (vincent-guillon@hotmail.fr) ou Charlotte Nguyen (charlotte.nguyen@marseille-provence2013.fr ).

Le lieu définitif sera confirmé prochainement sur le site dédié.

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Quels nouveaux modèles économiques pour les arts et la culture ?

france_french_0Dans le cadre du projet EUROMEDINCULTURE(s) : partages et créations, l’ADCEI (Association pour le développement culturel européen et international) organise la 3ème édition de Arts forum sur le thème : Quels nouveaux modèles économiques pour les arts et la culture ? du 21 au 23 mars, à Toulon (Var).

La création artistique, les industries culturelles, les secteurs de l’innovation et de la connaissance représentent en Europe un chiffre d’affaires près de trois fois plus important que celui de l’industrie automobile. A l’échelle de la planète, ce qu’il est convenu d’appeler les industries créatives, couvrent 3,4% de l’ensemble des échanges mondiaux. Et, la marge de progression est énorme, puisque beaucoup de pays (notamment de l’autre rive de la Méditerranée) ne sont pas encore en mesure d’optimiser économiquement leurs capacités créatives. Il ne s’agit pas pour autant d’ignorer la fragilité d’un secteur, par ailleurs, très hétérogène. Entre le cinéma, la télévision, le multimédia, le livre, l’art contemporain, la musique et le spectacle vivant… les modes de production, de diffusion et de socialisation des œuvres sont fondamentalement différents. Cette diversité rend impossible une approche unifiée et globale du secteur. Mais par contre, elle permet de démultiplier les approches afin de dégager non pas un modèle hégémonique et unique, mais le meilleur compromis pour le développement de tous.
Les systèmes reposant uniquement sur l’argent public ont montré leur limite, mais, dans le même temps, la marchandisation grandissante de l’offre artistique a conduit à un appauvrissement de la création. Plus que jamais, il convient de mettre en perspective les différentes stratégies de production, de financement et de développement des arts. En France, en Europe et sur l’autre rive de la Méditerranée, comment les acteurs de la vie artistique et culturels génèrent-ils leur économie ? Comment répondre à la crise ?

Un programme détaillé est accessible au format pdf.

L’accès est gratuit, sur inscription préalable en ligne, dans la limite des places disponibles.

Contact : ADCEI/Réseau EUROMEDINCULTURE(s), 18, rue Jules Moulet, 13006 Marseille

(+33 4 91 33 67 27 ou 65 05 artsforum@euromedinculture.org )

Source : ministère de la Culture et de la Communication.

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Arts Council England joins forces with VisitEngland to boost cultural tourism

Moira Sinclair and James Berresford announce the partnership between Arts Council England and VisitEngland. Credit: Arts Council England.

Moira Sinclair and James Berresford announce the partnership between Arts Council England and VisitEngland. Credit: Arts Council England.

Arts Council England and the national tourist board, VisitEngland, have announced a new partnership to boost cultural tourism in England.

By working together to coordinate activity, Arts Council England and VisitEngland will grow the value of tourism by championing England’s cultural offer, stimulating local jobs and ensuring the sustainability of the cultural sector around the country.

The partnership statement sets out how Arts Council England and VisitEngland will work together. A key priority will be to encourage and support destinations that have real potential to grow and improve cultural tourism.

Arts Council Lottery funding of £3 million will be available to local culture and tourism partnerships. This fund, due to launch this summer, aims to encourage the development of arts and cultural experiences and targeted holiday packages for visitors that include cultural aspects as well as more traditional accommodation and transport elements.

Culture Secretary Maria Miller said:

‘Our country is renowned around the world as a top cultural tourist destination – with iconic heritage sites, museums and theatres; the industry has a strong role to play in our economic growth.

‘It makes sense that our cultural and tourist industries join forces, as in many cases they are two sides of the same coin. This new partnership between VisitEngland and Arts Council England will help local organisations give both tourism and cultural sectors a boost. I am keen to promote this kind of collaboration going forward.’

James Berresford, Chief Executive, VisitEngland said:

‘We are delighted to be working with Arts Council England.  An improved cultural offering in destinations around England will certainly help to boost domestic and international tourism, will stimulate local economies, and provide visitors with world class cultural experiences, ultimately strengthening England’s reputation as one of the greatest cultural destinations in the world.

‘VisitEngland’s marketing strategy fully supports the cultural sector through a variety of campaigns aimed at inspiring visitors to make the most of this country’s fantastic arts and music scene.  We believe in the value of cultural tourism and this partnership certainly demonstrates the legacy for tourism following a bonanza year of cultural in 2012.’

Alan Davey, Chief Executive, Arts Council England, said:

‘England’s world class arts and culture has long been a draw for visitors from all over the world as well as a great source of pride for its people. This partnership with Visit England will allow us to explore new ways, at both local and national levels, in which we can continue to draw potential visitors and audiences to these shores for the benefit of the sector, local communities and critically, to help grow the economy.’

Download the Partnership statement

Download the transcript of the partnership announcement

Listen to or download the podcast of the partnership announcement

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A new comparative table on public funding of culture

Compendium

In order to better reflect the effects (or not!) of the financial crisis for the cultural sector, the ERICarts Institute has developed developed a new comparative table on public funding of culture. The table will be constantly updated, based on more recent figures in national profiles.

Extracted mainly from the latest official statistics provided in many of the Compendium country profiles, data on public cultural expenditure per capita for 2000, 2005 and 2009-2011 as well as the latest ratios for culture budgets in GDP and in total public expenditure could be compiled.

Per capita figures serve mainly as a "horizontal" indicator for national trends in times of crisis, while the overall budget and GDP-shares can provide "vertical" – and relatively neutral – yardsticks for comparative assessments of the strength of public involvement in culture.

More information here.

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An interview with Androulla Vassilou : how to justify a 37% increase in the culture budget

The EU Commissioner for culture, Androulla Vassiliou, is making a bold move in asking for a 37% increase in the culture budget at a time of austerity across the continent. We interviewed her to hear why she has made such a strong case for putting culture at the heart of European policy.

She tells us how the Commission thinks regions should integrate culture into smart specialisation policies, the value of partnerships and the European Capitals of Culture programme, and takes on the idea of “autonomous art”.

Callum Lee: In some Member States economic and planning ministries are surprised by the EU demands to integrate culture in smart strategies in all policy fields. What actions are you planning to promote the new alliances of culture? Are they really threatening the old functions of economic and urban policies?

Androulla Vassilou: The cultural and creative sectors have significant spill-over effects to other economic sectors, such as skills development, urban regeneration or innovation. An example is the added value of design to products and services of traditional manufacturing industries. New alliances on culture are not aimed at "threatening" traditional economic policies, but at increasing potential for growth in our cities and regions.

In its communication, the Commission invites local and regional authorities to integrate the cultural and creative sectors into their smart specialisation strategies. It is crucial that the cultural community together with the national, regional and local authorities make the most of all opportunities available at EU level, in particular those of the Cohesion Policy Funds, to support strategic investment in culture.

The cultural and creative sectors have already made an important contribution to local and regional development and we will continue to build on that. We also know that culture can be crucial for urban development, as demonstrated by initiatives such as "European Capitals of Culture" and "Intercultural City programme".

The main responsibility for culture lies in the hands of Member States and sometimes in the hands of the regions. We also know that regions and cities – Marseille is a perfect illustration – invest heavily in culture. This is because of the intrinsic value of culture, but also because they see culture and cultural industries as drivers of socio-economic development and innovation.

Culture can also be a provider of high-quality and inspiring jobs, especially for young people. I hope that Member States, at all territorial levels, will make the most of the many opportunities offered by the instruments of the EU Cohesion Policy to support cultural investment.

I would like to highlight two initiatives that offer support at the European level. Firstly, in 2011 we supported the production of a policy handbook written by experts from Member States. This handbook outlines the strategic use of EU support programmes by the cultural and creative sectors. This will support national and regional innovation strategies for smart specialisation.

Secondly, we also established the smart specialisation platform (S³ Platform) in 2011. Through this platform Member States and regions can access professional advice for their strategies for smart specialisation in the context of the creative and cultural sectors.

In an article for The Guardian earlier this year (with Uffe Elbæk) you make a powerful point saying "artists and creative innovators need to realise their own potential and take back their authority. They need to once again step into the arena as the central players in society’s own story about itself." Could you tell us about anywhere you have seen this happening across Europe?

In the article published in The Guardian last February, I referred to the idea of real partnerships between the artistic communities, the creative industries and other sectors like education, business, production and research, but also our foreign policy and development work.

I believe that there is a lot to gain from partnerships between the artistic communities, cultural and creative enterprises and policy-makers. Building integrated strategies based on partnerships can increasing understanding, build trust between stakeholders and generate growth without big financial investments.

Across Europe, we see many regions and cities which build up such integrated strategies, considering culture as an essential asset for their economic competitiveness and attractiveness. Just look at the way European Capitals of Culture such as Lille, Liverpool or Essen have invested in culture to create jobs, heal their social fabric and transform their image.

The Communication on Culture (Promoting cultural and creative sectors for growth and jobs in the EU) got good reviews from policy analysts, although we were disappointed that it didn’t get more media coverage. What are you aiming to change with it?

I am convinced that this Communication, addressed to Member States and their regions, is a milestone for understanding the importance of the cultural and creative sectors for growth and jobs. Stakeholders and Member States have been very supportive and enthusiastic. I would also not underestimate the media interest for this initiative.

This communication aims to raise awareness and inspire all actors to focus on the five policy drivers, including developing skills; improving access to finance; promoting new business models and enlarging audiences; facilitating cooperation with other sectors and policies; and expanding international reach.

But it is also an invitation to the cultural community to make use of the wide range of EU programmes and instruments that can cover some of their needs in terms of capacity building, skills development or presence on foreign markets. There is no budget attached to the Communication – it is an overview of all policy initiatives and funding programmes that contribute to an EU strategy for the cultural and creative sectors.

At the same time, the Commission will support and complement Member State initiatives by promoting a modern regulatory environment. We will facilitate exchanges of good practices and peer learning across the EU. And we will mobilise a wide range of EU financial instruments focusing on the key policy drivers.

Creative Europe has some bold and innovative proposals – such as the new loan scheme – and the sector has reacted well to it. It’s part of a push you have talked about to integrate culture into the rest of the creative industries and into the wider economy. Not all culture institutions welcome the idea to leave the tradition of the "autonomous art" behind. Is Creative Europe a hidden revolution in our concept of culture?

Today’s world is characterised by the challenges of digitisation and globalisation and this makes it difficult to speak about "autonomous" art. Artists do not operate in a vacuum; instead they face market fragmentation, which is recognised as a major obstacle to creativity and innovation.

For the 2014-2020, the Commission has proposed an increase of 37% in the budget for the cultural and creative sectors. The new Creative Europe programme, which would encompass the current MEDIA and Culture Programmes, envisages a significant increase in funding for artists, cultural activities and European cinema. If adopted by the European Parliament and the Council of Ministers, the programme would allocate €1.8 billion for the sectors between 2014 and 2020.

300,000 artists and cultural professionals and their work would receive funding under Creative Europe which would enable them to reach new audiences and strengthen their capacity to work internationally. Thanks to the new programme, more than 5,500 books and other literary works would receive support for translation allowing readers to enjoy them in their mother tongue.

In addition to the traditional grant focused support, the Commission has also proposed a cultural and creative sector loan guarantee facility. Its objective is to facilitate access to bank credits for cultural and creative operators. It does this by providing guarantees to banks making loans to cultural and audiovisual projects, companies or organisations in these sectors. The mechanism proposed would include a scheme for the bankers to acquire the expertise for analysing risks associated with the sector. Thanks to the leverage effect, this instrument is expected to raise bank loans totalling €1 billion during its seven year operational period. This would plug an important part of the financial gap faced by cultural and creative operators (up to around 30%).

Source : LABKULTUR

Photo (Teaser): dottorpeni (Flickr)

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Culture et décentralisation : une réelle perspective de changement

Jean-Michel Lucas est sans aucun doute un des plus éloquents empêcheurs de tourner en rond. A peine l’annonce faite de la nomination de Sylvie Robert par Aurélie Filipetti pour conduire une mission pour renforcer les actions entre le ministère de la Culture et les collectivités, c’est avec une efficacité rare qu’il vient nous rappeler dans une tribune parue dans la Gazette des Communes qu’un changement d’approche de la décentralisation culturelle paraît désormais pouvoir être accepté.

Les enjeux culturels ont toujours été négligés dans les lois de décentralisation, notamment du fait de la pression des grandes organisations professionnelles du milieu artistique, soucieuses de conserver leurs relations privilégiées avec l’administration centrale du ministère de la culture.
Mais les temps changent et il est maintenant clair, pour tous, que les collectivités locales sont des acteurs publics majeurs de la politique culturelle, aussi bien en matière de financement que de conception de projets.

Un changement d’approche de la décentralisation culturelle paraît donc maintenant pouvoir être accepté.
Pour s’y engager, il me paraît possible de prendre appui sur les positions prises par toutes les collectivités regroupées dans la FNCC (Fédération nationale des collectivités pour la culture).

Lors des états généraux de la démocratie territoriale, la FNCC a fait des propositions au gouvernement qui me semblent porteuses d’innovations significatives pour la décentralisation culturelle.

Je retiens trois points novateurs de ce texte.

La FNCC considère qu’en matière culturelle, l’intérêt national ne peut pas se réduire aux positions du ministère chargé de la culture (et de ses réseaux professionnels nationaux). « L’intérêt national doit être nourri et assumé tant par le pouvoir national que par les collectivités territoriales, en dialogue attentif et respectueux avec la société civile dont ils sont les représentants. »
A bon droit, cette position vise à limiter la tentation permanente du ministère de la culture à conserver ses pouvoirs « régaliens » dans de nombreux domaines (même sans aucune législation spécifique !).

Pour la FNCC, chaque autorité publique doit pouvoir apporter sa contribution à l’enjeu culturel commun. En conséquence, il convient d’éviter d’attribuer des compétences exclusives à telle ou telle autorité publique. « Il n’y a pas de domaine, en matière de culture, dans lequel la compétence exclusive, que ce soit de l’Etat ou de telle ou telle collectivités, s’impose. Tous, cependant, ne pourraient que bénéficier d’un partenariat plus approfondi »

La FNCC insiste alors pour que soit « préservé la compétence générale pour la culture sans pour autant renoncer à des clarifications concertées ». Cette revendication avait été l’un des axes forts de l’opposition des élus et des professionnels à la loi de décembre 2010 qui a abouti à la rédaction insatisfaisante de l’article 73 où la culture est considérée comme un secteur d’activités.

Il est probable que le futur texte devra confirmer la reconnaissance de la compétence générale pour l’enjeu culturel territorial. Il devra aussi, comme le souhaite la FNCC, laisser ouverte la possibilité d’associer aisément la politique culturelle et d’autres politiques publiques locales, pour renforcer les actions transversales largement expérimentées par les collectivités.

Des clarifications par la loi - Ces positions de la FNCC doivent être prises au sérieux par rapport à la réalité de la vie culturelle française. Pour autant, elles peuvent soulever des problèmes qu’il revient à la loi de résoudre.
 En premier lieu, chaque collectivité a sa propre temporalité et élabore à son gré sa propre politique culturelle. Si chaque territoire reste indépendant dans la détermination de ses finalités et de ses actions culturelles, l’idée même d’une politique culturelle ayant une dimension nationale disparaît. La politique culturelle devient segmentée en une multitude de positions locales prises au nom de la compétence générale de chaque territoire.

On ne pourra pas, de même, éviter les effets des clientélismes locaux qui resteront toujours aussi dominants, compte tenu de la répartition sociale des bénéficiaires des équipements culturels publics !

De surcroît, chaque territoire ayant vocation à agir en faveur de son propre développement, le risque est grand que les acteurs culturels soient principalement soutenus au titre de leur apport à l’économie et à l’attractivité du territoire. Chaque territoire se positionnera en concurrence culturelle avec les autres, si aucune règle de solidarité n’est fixée. Il est difficile de penser que la loi de décentralisation puisse accorder des vertus à cette rude compétition entre collectivités pour développer des « territoires créatifs » qui ne feraient qu’accompagner la concurrence mondiale sur les marchés privés de l’économie créative.

La solution à ces problèmes ne s’impose pas d’emblée.
 L’argument de la FNCC, tourné vers le dialogue et le partenariat entre collectivités, est certes réaliste et à encourager, mais, les temporalités différentes des acteurs publics ne garantissent rien d’autre que des accords possibles, jamais nécessaires, entre collectivités.

De plus, faute d’une position unificatrice au niveau national définissant les critères d’intérêt général, ce sont les groupements professionnels et leurs réseaux qui assureront une certaine homogénéisation des interventions culturelles des collectivités à partir de critères d’intérêts essentiellement sectoriels.

Enfin, il paraît difficile de revenir en arrière en renforçant le pouvoir de contrôle et d’expertises des services du ministère de la culture pour la raison simple que les collectivités ont progressivement recruté des professionnels aux compétences similaires à celles des agents des Drac.

Intérêt local au sein de principes nationaux - La seule perspective de changement est ailleurs ; elle est clairement esquissée par la FNCC. Je la formulerai ainsi : la loi devra permettre à chaque collectivité de réaliser, librement, ce qui lui semble conforme à l’intérêt local, à la condition de respecter des principes communs à toutes les collectivités, au niveau national.

Les collectivités seraient ainsi « autonomes » dans la détermination des actions culturelles mais chacune devra veiller au respect des valeurs communes définies par la loi.

Il n’est pas difficile de déterminer ces valeurs partagées garantissant la cohérence de sens de la politique culturelle nationale, sans brider l’action locale des collectivités et de la société civile. Il suffit que la loi rappelle que la France a approuvé, unanimement, les termes de la « Déclaration universelle sur la diversité culturelle » à l’Unesco en 2001.

C’est la suggestion proposée par les élus à la culture eux-mêmes puisque le texte de la FNCC demande explicitement au gouvernement « d ‘inscrire de nouvelles missions pour les élus : la mise en oeuvre de la Charte de l’Unesco pour la diversité culturelle. » (L’expression la plus juste aurait dû être « la Déclaration Universelle sur la Diversité culturelle »).

Si cette suggestion était retenue, le texte de loi n’aurait qu’à viser dans ses attendus la Déclaration de 2001 et à préciser que les interventions culturelles des collectivités auront à respecter les principes énoncés par ce texte. Ainsi, chaque collectivité devra assurer que son programme d’actions en matière d’art et de culture contribuera à améliorer le vivre ensemble et à développer les capacités créatrices de chacun , dans le respect des droits de l’homme.

La formulation la plus simple serait de reprendre dans le texte de loi une partie des termes de la Déclaration de 2001 en indiquant, par exemple, que « les collectivités au titre de leur mission de développement culturel du territoire organisent librement leur politique culturelle pour « assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques », pour favoriser « les échanges culturels et l’épanouissement des capacités créatrices qui nourrissent la vie publique ».

En définitive, la FNCC incite le gouvernement à affirmer une approche globale (politique au sens propre) des enjeux culturels et artistiques locaux, et non plus une approche sectorielle limitée à l’offre de biens culturels et à leur réception par des publics.

Dans une société ouverte et soucieuse de proximité avec les citoyens, les politiques culturelles devraient ainsi mieux répondre à la nécessité de permettre aux cultures, dans leur diversité, de faire humanité ensemble, selon la définition de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels.

Ces exigences de sens pour la culture devront être associées à la nécessité de rendre la gouvernance des politiques culturelles plus partenariales entre les collectivités et avec les services de l’Etat.
Elles nécessiteront, de même, le développement de concertations ouvertes sur la politique culturelle (Le texte cite l’Agenda 21 de la culture). La FNCC appelle ainsi à promouvoir « la participation des citoyens dans les prises de décisions », ce qui est très nouveau pour les politiques culturelles françaises qui ont longtemps résisté à cet impératif.

Dans la mesure où les conventions Unesco sur la diversité culturelle prévoient toutes la mobilisation de la société civile, nous ne pouvons faire moins en France que ce que nous avons applaudi à l’Unesco, d’autant que les élus locaux de la FNCC réclament, eux-mêmes, ce renforcement nécessaire de la concertation démocratique pour mieux apprécier les enjeux culturels territoriaux.

Il est certain que nos engagements à l’Unesco sur la diversité culturelle peuvent faire débat s’ils étaient repris in extenso dans un texte législatif concernant la décentralisation. Toutefois, indiquer dans la loi de décentralisation, l’enjeu culturel de la diversité serait ouvrir une voie que les élus de la FNCC accueilleraient avec intérêt, pour que la politique culturelle puisse enfin relier les personnes pour un meilleur vivre ensemble dans la république décentralisée, à l’heure d’une mondialisation croissante.

Du même auteur sur cultural-engineering.com :

Président de Trempolino, docteur d’Etat ès sciences économiques et maître de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne dont il fut le vice-président de 1982 à 1986, Jean-Michel Lucas fut également conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang de 1990 à 1992, où il y impulsa notamment le programme « Cafés Musiques ». Nommé Directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine en 1992, il mit en place une politique culturelle d’État en étroit partenariat avec les collectivités locales, et avec comme préoccupation de valoriser la place de la culture dans les politiques de la ville et des territoires ruraux. Ce « militant de l’action culturelle », connu sous le pseudonyme de Doc Kasimir Bisou, a participé à plusieurs projets sur le devenir des politiques culturelles et sur les légitimités dans lesquelles elles s’inscrivent. En Bretagne comme en Aquitaine, il fut par ailleurs à l’origine de nombreuses réalisations concernant les musiques amplifiées (RAMA, festival d’Uzeste, Rencontres Trans Musicales de Rennes…).

Vous pouvez retrouver toutes ses contributions en cliquant ici et n’hésitez pas à réagir et à contribuer au débat !

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Une mission pour renforcer les actions entre ministère de la Culture et collectivités

Aurélie Filippetti a chargé Sylvie Robert, élue rennaise, d’une mission sur le renforcement des actions du ministère de la Culture avec les collectivités territoriales. Il s’agit d’une "mission de contact et de recueil d’avis auprès des élus". Sylvie Robert, vice-présidente de Rennes métropole déléguée à la culture et vice-présidente de la région Bretagne chargée de la jeunesse, a entamé sa mission le 6 novembre et remettra son rapport définitif en novembre 2013.
"L’Etat doit travailler avec les collectivités locales dans un nouveau système de partenariat basé sur un rapport de confiance", avait déclaré Aurélie Filippetti, le 8 juillet dernier, au Festival d’Avignon. Considérant que "l’Etat culturel a été très affaibli pendant les dernières années", la ministre de la Culture avait reconnu que "les collectivités ont pris l’espace laissé vacant" et, faisant référence à "l’entretien de notre réseau très dense de structures et de compagnies sur l’ensemble du territoire", elle avait estimé que l’"on peut être très heureux de cet héritage de la décentralisation culturelle".
Le lendemain, toujours en Avignon, onze associations d’élus* avaient présenté leur déclaration "Pour une république culturelle décentralisée". "Les collectivités entre elles et avec l’Etat doivent travailler dans une culture nouvelle du contrat, une culture de la négociation", avait notamment déclaré Philippe Laurent, président de la Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC), s’inscrivant dans la lignée du rapport Bouët de janvier 2011.

* Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC), Assemblée des départements de France (ADF), Association des maires de France (AMF), Association des régions de France (ARF), Association des maires de grandes villes (AMGVF), Assemblée des communautés de France (ADCF), Fédération des villes moyennes (FVM), Association des petites villes de France APVF), Association des maires ruraux de France (AMRF), Communautés urbaines de France (Acuf), Ville et Banlieue.

Source : Localtis, Valérie Liquet

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« L’avenir, c’est la co-construction des politiques culturelles »

Alors que la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti vient de présenter son budget 2013, le président de la Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC), Philippe Laurent, évoque les craintes des collectivités territoriales pour le financement du patrimoine et du spectacle vivant notamment. Il revient sur le rôle de l’Etat et des collectivités dans les politiques culturelles. Et évoque les enjeux de l’Acte III de la décentralisation.

Quelle est votre position sur le budget 2013 du ministère de la Culture ?

Philippe Laurent. La ministre a affirmé que l’Etat abandonnerait un certain nombre de projets pour que les moyens des directions régionales des affaires culturelles (DRAC) puissent être préservés. Autrement dit, pour maintenir les moyens d’intervention sur les territoires.

Mon sentiment est que l’on ne parviendra même pas à cela. Abandonner des projets qui, pour l’instant, n’ont pas coûté grand-chose, étant à l’état de projet, n’entraîne pas d’économie immédiate. Dans le même temps, le projet de grande salle philharmonique à Paris va coûter 380 millions d’euros d’investissement. Puis, presque 20 millions d’euros de fonctionnement.

Nos inquiétudes concernent surtout le patrimoine et le spectacle vivant. Des budgets diminuent fortement dans le patrimoine. Le crédit d’acquisition des œuvres des musées, par exemple, devrait être divisé par deux. Pour réaliser des économies, c’est commode, et indolore sur le moment. Mais, une fois que l’on franchit une marche, qu’il s’agisse d’accroître le budget ou, en l’occurrence, de le réduire, il est difficile de revenir en arrière.

Qu’en est-il du spectacle vivant ?

— P. Laurent. C’est le secteur le plus fragile. Le spectacle vivant n’est pas reproductible, comme le sont la musique ou la littérature. Il ne permet pas de gains de productivité, d’une certaine manière. Par conséquent, il y a un choix majeur à faire.

Soit on allège le budget dédié au réseau des scènes nationales, des scènes conventionnées, etc, construit depuis 30 ans sur le territoire par l’Etat et les collectivités.
C’est-à-dire que l’Etat déciderait par exemple de limiter ses subventions à 50 des 70 scènes nationales.

Soit il décide de réduire les financements à la création. Ce qui obligerait à réduire le nombre de spectacles, à les mutualiser et à les rentabiliser davantage.

Malheureusement, je crains que le choix se fasse sans être suffisamment exprimé et assumé par l’Etat et qu’en définitive cela créé des malentendus, non seulement avec le monde des artistes, mais aussi entre les collectivités territoriales et l’Etat.

Sur le partage budgétaire entre création et diffusion, que préconisez-vous ?

— P. Laurent. Il faut certainement intervenir sur les deux volets : la diffusion et la création. La FNCC penche pour favoriser le budget de la diffusion, plutôt que celui de la création. Cette position risque de nous couper des artistes, alors que le ministère, de son côté, a affiché le soutien à la création comme étant son rôle premier.

Le « lieu » est important en matière culturelle. C’est un facteur d’identification, un centre de ressources… Ma position est donc qu’il faut maintenir le réseau des lieux de diffusion en état de marche. S’il s’étiole, le jour où les finances iront mieux, il ne renaîtra pas de ses cendres. Et la création en pâtira aussi.

Les salles de ces réseaux – plus largement les écoles de musique, d’art, etc. – datent souvent des années 1970-80. Elles nécessitent beaucoup d’investissements de maintenance, ce qui pèse sur les budgets provenant des collectivités. Donc, quoi qu’il en soit, ces salles devront revoir leur organisation.

Malgré l’ampleur des politiques culturelles des collectivités, on a le sentiment que l’Etat reste le moteur de ces politiques…

— P. Laurent. Pendant longtemps, l’Etat n’a pas tenu compte des collectivités territoriales, qui, pourtant, ont fait beaucoup de choses. Il considérait avoir, seul, le savoir-faire pour définir les politiques publiques culturelles.  Aujourd’hui, on ne parle pas encore de « co-construction » des politiques publiques culturelles… Mais on y arrive. La ministre a tout intérêt à aller dans ce sens. L’avenir du ministère de la Culture est là. Sans un travail de co-construction avec les collectivités, il risque de s’isoler.

En même temps, les collectivités ont besoin de l’Etat. L’Etat soutient, labellise… et légitime ainsi l’action des élus qui ont besoin de convaincre de l’importance des politiques culturelles locales. Par ailleurs, sa présence sur le territoire assure un rôle d’impulsion et de péréquation indispensable. C’est pour cela que nous souhaitons le maintien des DRAC, quand certains prônent leur disparition.

La culture profite particulièrement de la clause générale de compétence et des financements croisés. Comment abordez-vous l’Acte III de la décentralisation ?

— P. Laurent. A partir du moment où vous êtes élus d’un territoire ou d’une institution, il est très difficile de s’interdire toute action dans le domaine de la culture, aussi fort en termes d’identité.

D’ailleurs, si nous avions des compétences limitées, segmentées, pourrions-nous continuer à nous considérer comme des collectivités ? Aurions-nous encore besoin d’élus au suffrage universel ? Nous ne serions finalement que les exécutants locaux d’une politique nationale. La clause générale de compétence doit donc être maintenue et accompagnée d’une véritable autonomie fiscale. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Il n’empêche que, naturellement, du fait de l’assèchement des ressources publiques, les collectivités cherchent à se répartir des compétences. La loi doit continuer de permettre ces pratiques volontaires.

Quant aux « financements croisés », nous préférons parler de « cofinancement ». Celui-ci n’implique pas une maîtrise d’ouvrage partagée et des doublons. Une commune, un département, etc .contrôle son propre projet et en assume les conséquences. C’est l’inverse du gaspillage.

Philippe Laurent, président de la FNCC, est maire de Sceaux (Hauts-de-Seine) et président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale

Propos recueillis par Marion Esquerré

Photo : © S. Gautier

 

Source : Le Courrier des Maires

Retrouvez l’intégralité de l’interview ici.

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