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Services & Ressources en ingénierie culturelle

Régions créatives : patrimoine, création et tourisme

La chaire Arts, Culture et Management en Europe BEM-Bordeaux Management School organise le troisième International ACME Workshop. La chaire ACME poursuit ses workshops internationaux, réunissant chercheurs et professionnels, avec une série de trois rendez-vous thématiques sur les régions créatives en 2009, 2010 et 2011.
Les régions créatives sont caractérisées par une identité culturelle portée par des infrastructures sociales et économiques propres. Elles se développent sous différentes conditions structurelles, économiques, politiques, organisationnelles, sociales.
Dans chaque workshop, cette question de recherche sera abordée à chaque fois sous l’angle d’un thème particulier, pertinent pour l’Aquitaine. L’édition 2009 aborde le triptyque “Patrimoine, Création et Tourisme”, classique et toujours complexe.

THÈMES
Quels sont les rôles du patrimoine (matériel et immatériel), de la création et du tourisme, dans les stratégies de développement régional ? Comment ce triptyque construit-il l’identité des régions créatives ? Comment génère-t-il un processus de croissance ? Quels sont les différents modèles de régions créatives fondées sur ce triptyque ?
Quelles relations entre patrimoine et création, patrimoine et tourisme, création et tourisme dans les régions aujourd’hui ? Comment les interactions entre ces trois domaines d’activités, à la fois concurrents et complémentaires, contribuent-elles au développement des régions créatives ? Comment dépasser leurs antagonismes classiques et créer leur synergie ? Quel rôle les régions jouent-elles dans le processus de valorisation du patrimoine, de la création et du tourisme ? Quelles sont leurs politiques ? Quelles stratégies spécifiques, qui favorisent le développement de leur région, les organisations du patrimoine, de la création et du tourisme mettent-elles en oeuvre ? En quoi sont-elles nécessaires à une démarche de marketing territorial ?

Plus précisément :

  • Quel est le rôle du patrimoine matériel et immatériel dans le fonctionnement des clusters et districts créatifs ? Dans le développement de la création en général ?
  • Quel est le rôle de la création et plus largement des industries créatives dans la promotion du patrimoine des régions ?
  • Pourquoi le patrimoine peut-il être défini comme une industrie créative ? Comment est-il relié aux autres industries créatives ? La notion de “patrimoine du futur” a-t-elle un sens ?
  • Quelle place occupe le patrimoine dans les stratégies des acteurs publics et privés du tourisme ?
  • Quels sont les déterminants de l’offre et de la demande de tourisme patrimonial dans les régions créatives ?
  • Comment la création est-elle facteur de tourisme ?
  • Comment les créateurs et les acteurs du tourisme peuvent-ils davantage coopérer au sein d’un territoire ?
  • Comment les artistes et la population de ces régions créatives participent-ils à leur développement ?
  • Quelles sont les stratégies marketing permettant la synergie du patrimoine, de la création et du tourisme ?

Les workshops ACME sont des espaces de dialogue privilégié entre chercheurs et professionnels. Ils mêlent la communication d’expérience de différents acteurs du patrimoine, de la création et du tourisme avec des présentations de travaux scientifiques, issus de différentes disciplines en sciences sociales – sciences de gestion, économie, science politique, sociologie…
• En savoir plus : http://www.bem.edu/fr/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Dec…
• Document associé :Bulletin-inscription-workshop.pdf

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Dallas, la longue métamorphose

Depuis longtemps, la ville de Dallas désire être à tout prix une cité de classe mondiale. Or ceci nécessite un certain nombre de « pré-requis », tout particulièrement aux Etats-Unis où les contrastes entre les villes à fort rayonnement mettent la barre très haut pour les autres villes qui veulent entrer dans cette catégorie. Tant que vous n’avez pas la panoplie complète d’une destination américaine culturelle majeure (des gratte-ciels, une franchise à la NFL et de graves problèmes d’embouteillages… ), vous n’êtes qu’une « Palookaville », un espace qui se caractérise par sa vacuité, voire sa stupidité. C’est dire toute l’arrogance de la compétition entre les territoires aux USA.

Dallas figure parmi les villes qui n’ont pas jeté l’éponge pour autant, malgré une réputation difficile qui lui colle à la peau depuis toujours ou presque. Elle tente en effet depuis plusieurs années en mettre cohérence un ambitieux district artistique, grâce notamment à un ensemble de musées, théâtres et opéra conçus par les plus grandes stars de l’architecture mondiale. Tout récemment, la ville a fêté l’ouverture des deux dernières pièces manquantes à son puzzle stratégique : le théâtre Dee et Charles Wyly et l’opéra Margot et Bill Winspear. L’un est le fruit de la collaboration entre Rem Koolhaas et Joshua Prince-Ramus et le second est signé Norman Foster.

Si les bâtiments sont très dissemblables, chacun contribue à sa manière à brillamment compléter le dispositif que la ville cherche à mettre en place. Il aura fallu un peu plus de trente ans pour combler les manques de ce district des arts issue d’une idée un peu folle en 1977. Entendez par district un territoire « cluster », où toutes les compétences et les infrastructures sont réunies pour développer une industrie particulière, transversale à toute l’économie et la stratégie d’un territoire.

L’idée de ce district a en effet germé dans le plan stratégique de 1977 et a failli être immédiatement abandonnée lorsque la levée de fonds nécessaires à se mise en œuvre fut rejetée au moment de son vote. La première phase ne put être achevée qu’en 1984 avec le Dallas Museum of Art (conçu par Edward Larrabee Barnes). Il fallu ensuite plus de 5 ans supplémentaires pour voir débuter l’opération du Meyerson Symphony Center (création pour le moins radicale de I.M. Pei). Puis ce fut à nouveau la traversée du désert jusqu’en 2003 où fut inauguré l’extraordinaire (au sens propre du terme) Nasher Sculpture Center signé Renzo Piano.

Cette progression en longues étapes est malgré tout loin d’être un désavantage pour le développement de ce district d’un peu plus de 27 hectares assez fragmentés. Car on constate en l’occurrence que cela a permis d’éviter de produire un effet « palais » culturels figés dans leur temps, ce qui caractérise par exemple de manière frappante le Lincoln Center for the Performing Arts de New York.

Dallas a su assembler une grande diversité de bâtiments issus du meilleur de l’architecture des trente dernières années et peut se lancer dans la grande compétition de l’attractivité internationale des villes à fort rayonnement culturel. Cette catégorie des cités de premier plan atteint aujourd’hui un certain niveau de maturité un peu partout dans le monde, y compris dans les pays considérés comme émergents. C’est d’ailleurs là que le bât blesse pour les métropoles européennes : les stratégies les plus ambitieuses et les plus récentes trouvent leurs exemples les plus flagrants aux Emirats, en Chine, au Brésil, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord, ce qui n’est et ne sera pas non plus sans effet sur les flux touristiques.

Dallas entre donc dans la danse, forte de l’expérience accumulée dans le temps d’architectures spectaculaires et attractives par leur innovation formelle et technique. Elle se paie luxe d’un effet Guggenheim sans le Guggenheim en question, chose qui du point de vue purement touristique était encore impensable il y a peu de temps dans cette partie des Etats-Unis. La sagesse du plan stratégique de ce district des arts va plus loin que ce que l’on pourrait qualifier de politique centrée sur l’investissement puisque la ville a tout prévu, en allant jusqu’à faire appel à des techniques du marketing devenues plus fines (plus intuitives, mieux adaptées au fait culturel), à des compétences en la matière (les directeurs des différents sites mentionnées savent parfaitement leur rôle que leur établissement doit jouer dans la société d’aujourd’hui) qui contribuent massivement à l’effort de développement. Cette gestion des ressources permet de créer les conditions d’une politique touristique maîtrisée qui ne tardera pas à porter ses fruits et Dallas va sans aucun doute figurer parmi les prochaines villes américaines à sa tailler la part du lion dans la compétition effrénée des grandes villes culturelles dans le monde.

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Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

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La culture s’invite au Forum Innovation Tourisme

Tourisme innovationAprès le succès du premier Forum qui, en 2007, a posé les bases de l’innovation dans le tourisme, cette deuxième édition propose d’aller plus loin en mettant la culture, élément clef de l’attractivité des territoires, au centre des débats. Dans un monde qui se questionne et se redessine, y compris dans le tourisme – en termes d’offres et de pratiques – ce Forum analysera les dynamiques d’innovation portées par la culture, domaine qui a su opérer de profondes mutations en phase avec les valeurs nouvelles de la société.

Organisé du 23 au 24 novembre par Rhône-Alpes Tourisme au Centre des Congrès de Saint-Etienne, ce Forum s’adresse à tous les professionnels du tourisme et de la culture, opérateurs privés ou publics, techniciens, élus et décideurs des collectivités territoriales.

Quelques extraits du programme :

  • Voyage dans le futur : pour innover, intégrer les tendances et évolutions de notre société
  • La Culture s’invite au Forum et parle de ses innovations : casser les codes, oser rompre les habitudes, donner du sens et de la valeur…
  • Culture et Tourisme : les mariages réussis pour le développement des territoires et des entreprises

Créativité et innovation, analyse de success-stories, séances de travail et implication des participants seront encore les maîtres mots, tant sur le fond que sur la forme pour ce Forum à Saint Etienne, ville revisitée par la culture et le design.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Source : Innovation Tourisme.

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Villes et événements / 2

Lille2004En décembre 2008, nous relations la tenue d’une journée passionnante de l’AGF (Association de Géographes Français) consacrée à la thématique de « L’événementiel et les villes touristiques ». Nous vous informons désormais de la toute récente parution des actes de cette journée. Il  s’agit du numéro 3/2009 du BAGF (Bulletin de l’association).

Les commandes peuvent se faire par courrier électronique (assogeo@wanadoo.fr contact Madame Monique LEPRETTE) ou postal auprès de l’Association à l’adresse postale suivante :

AGF Association de Géographes Français / Institut de Géographie / A l’attention de Madame M. Leprette / 190, rue Saint-Jacques / 75 005 – Paris

Le prix au numéro est de 25 €, les frais de port ne sont pas facturés. Règlement par chèque à libeller à l’ordre de l’Association de Géographes Français.

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Visite culturelle et TIC

Atout FranceLes technologies de l’information et de la communication (TIC) ont envahi la vie quotidienne suscitant de nouvelles pratiques et des nouveaux modes de consommation. De nouveaux services deviennent ainsi des éléments d’attraction supplémentaire pour les sites culturels et touristiques en permettant d’accompagner les visiteurs dans la découverte d’un lieu que la visite soit libre ou accompagnée. Les TIC ont également permis de démultiplier les contacts entre l’offre culturelle et touristique par l’apparition d’offres conjuguant ces deux dimensions. L’accès aux destinations a été naturellement facilité (promotion, vente et réservations en ligne, accès à une offre plus vaste et lisible, fidélisation…) et l’offre a également évolué sans cesse en matière d’usages : sites Internet, GPS, espaces multimédia, dispositifs de visites virtuelles…

L’enjeu est considérable et offre des perspectives nouvelles pour chaque établissement. Jusqu’à présent, seuls quelques sites majeurs pouvaient espérer une audience internationale. A présent, plusieurs centaines de millions d’internautes se trouvent à portée de tous ceux qui sauront construire une vraie attractivité via le numérique. Ceci suppose néanmoins certaines conditions : communiquer dans la langue de ses interlocuteurs, répondre à leurs attentes culturelles mais aussi pratiques, respecter leur diversité avec pédagogie et empathie.

Dans ce contexte, comment innover en faisant les bons choix ? Comment créer de la valeur utile pour chacun des acteurs concernés : visiteur physique ou électronique, gestionnaire de site ou responsable territorial ? Quel retour sur investissement attendre ?

C’est pour répondre à ces interrogations qu’ATOUT FRANCE a réalisé avec ses partenaires, la Direction des musées de France (DMF), le Centre des monuments nationaux (CMN) et l’Agence Régionale de la Société de l’Information de Midi-Pyrénées (ARDESI), ce guide pratique. La présente étude établit un panorama mondial des exploitations actuelles des TIC par les établissements et sites culturels. Elle en dégage les pratiques les plus prometteuses, et souligne les perspectives les plus mobilisatrices.

Non seulement il devient possible de mieux attirer les publics traditionnels (local, national, et international), mais aussi de s’adresser à un éventail beaucoup plus large de visiteurs potentiels. Toutes les analyses de sites ont été conduites au cours de l’année 2008, les exemples choisis n’ont qu’un objectif constructif : mettre l’accent sur les bonnes pratiques et les facteurs de progression, en permettant à chacun de bâtir sa stratégie numérique à partir d’indicateurs pertinents.

Cet ouvrage vient de paraître et est en vente en version PDF au prix de 35 € TTC sur le site Internet www.odit-france.fr

En version papier au prix de 40 € TTC sur le site de la Documentation française

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Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

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Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

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Patrimoine culturel, désirs de territoires

patrimoineDu 25 au 27 février 2010, se tiendra à Nîmes un rencontre importante, la quatrième édition des Rendez-vous de Géographie culturel, Ethnologie et Etudes culturelles en Languedoc-Roussillon. Le thème de cette édition est on ne peut plus d’actualité : « Patrimoine culturel et désirs de territoires : vers quels développements ? » et la problématique est posée de la façon suivante :

Le patrimoine culturel rencontre aujourd’hui une diversité d’attentes concernant le développement des territoires : volontés de valoriser le patrimoine et désirs de territoires ouvrent sur des questions humaines, sociales, politiques, sur de nouvelles formes de contestation de l’économie de marché, sur des remises en question de notre rapport à l’environnement. La diversité des formes et des usages de la notion de patrimoine pose ainsi la question de son ambiguïté croissante, à l’heure où la notion de développement elle-même rencontre les problématiques de la durabilité et de la pluridisciplinarité. Ces évolutions font voir le patrimoine culturel de manière différente : elles invitent à interroger les dynamiques plurielles qui l’organisent, à comparer ses usages à l’échelle internationale, à étudier concrètement les revendications patrimoniales à l’échelle des différents territoires.

Les travaux sur le patrimoine culturel se sont multipliés depuis quelques années, alors même que l’usage de la notion s’étendait et qu’elle était appliquée à des réalités de plus en plus variées. Le champ de définition du patrimoine s’est en conséquence ouvert, conduisant les plus pragmatiques des analystes à défendre l’idée selon laquelle « est patrimoine ce qui est défini comme tel par un collectif d’acteurs sociaux donné ». Pourtant, en dépit même des nombreux efforts mis en œuvre pour penser le patrimoine culturel dans une perspective pluridisciplinaire, la division de l’espace académique français a conduit le plus souvent à penser le patrimoine au prisme des intérêts des différentes disciplines concernées par son analyse. En France, historiens (Nora, Choay, Poulot), sociologues (Micoud, Lamy), ethnologues (Fabre, Bromberger, Rautenberg), sociolinguistes (Blanchet), sémiologues (Davallon), géographes (Di Méo, Gravari-Barbas, Veschambre), économistes (Greffe) ont, chacun à leur manière, éclairé le patrimoine en fonction de leurs références et de leurs habitus disciplinaires respectifs. De cette manière, le patrimoine a été le plus souvent ramené à des grilles de compréhension conceptuelles qui ont permis de caractériser le fait patrimonial en fonction des différents concepts préalablement forgés au sein des disciplines académiques : le patrimoine se rapporte ainsi assez spontanément à des enjeux de mémoire et de manipulation du passé pour les historiens, à des jeux d’acteurs pour les sociologues, à des manières de construire des identités collectives ou aux problématiques de la transmission culturelle pour les ethnologues, à des processus de construction du sens pour les sémiologues, à des processus de valorisation sociaux ou discursifs pour les sociolinguistes, à des façons d’aménager  les territoires, à des modalités de l’action publique territoriale ou à des processus d’appropriation de l’espace pour les géographes, et à une source potentielle de profit et d’emplois pour les économistes.

Plus récemment et de façon plus transversale, les approches postmodernes de différentes disciplines ont développé à partir d’un positionnement proche des sémiologues des réflexions qui conduisent à mettre en relation les processus de patrimonialisation, la virtualisation du temps et le besoin de se situer par rapport à un éternel présent. Cette hypertrophie du champ des travaux liés au patrimoine rend plus que jamais nécessaire une réflexion qui associe la pensée théorique des disciplines académiques et la pensée opérationnelle des décideurs et des professionnels.

De plus, pour paraphraser le dicton populaire, chacun voit le patrimoine à sa porte, et le patrimoine devient ainsi de plus en plus souvent une sorte d’excuse intellectuelle pour faire fonctionner dans une perspective heuristique les concepts de base des différentes disciplines concernées par son analyse. Il est ainsi important de consolider la compréhension de la notion du patrimoine pour dire ce que fait vraiment le patrimoine sur le terrain et pourquoi la notion connaît tant de succès auprès de différentes catégories d’acteurs sociaux, en dépit même de ses détracteurs et des critiques formulées à son encontre. Comment, pourquoi, avec quels outils les acteurs se saisissent-ils du patrimoine ou agissent au nom du patrimoine pour en tirer un profit en termes de développement ? Comment ce qui est appelé, reconnu, revendiqué comme patrimoine est-il instrumentalisé à des fins de développement ?

Répondre à ces questions suppose d’interroger la notion de patrimoine culturel, devenue banale dans les politiques publiques. Il s’agira d’en souligner les ambiguïtés, d’évoquer et de comprendre ses succès et ses illusions, de questionner les conditions et le(s) moment(s) de son émergence dans différents champs (les politiques publiques, les sciences sociales), d’en répertorier les manifestations dans les pratiques sociales, afin de cerner le flou qui l’entoure.

Le thème de réflexion central du colloque concernera les évolutions et les développements possibles de la notion de patrimoine culturel : comment le patrimoine suscite-t-il de nouveaux débats sociaux et politiques sur différents territoires ? En quoi cristallise-t-il des désirs de changement en termes humains, ou concernant le rapport à l’économique, le rapport à l’environnement ? Pourquoi la référence au patrimoine reste-t-elle si efficace dans le discours public malgré les risques d’instrumentalisation et de standardisation, de réification du vivant, de passéisme ? Il s’agira ici de réexaminer les approches existantes du patrimoine culturel, dans une perspective à la fois critique et opérationnelle, dans la confrontation des points de vue des chercheurs et des professionnels du patrimoine.

Pour ce faire, le colloque entend se servir des outils de la géographie, de l’économie, de l’ethnologie, de l’analyse culturelle et de l’ensemble des disciplines intéressées à cette notion de patrimoine, en privilégiant l’idée pragmatique d’un patrimoine culturel constitué par l’ensemble des pratiques et des représentations d’un groupe humain donné. Dans cette perspective, il ne s’agit pas de faire correspondre le fait patrimonial aux exigences théoriques et conceptuelles préalables des disciplines universitaires, mais bien de montrer que les disciplines universitaires peuvent éclairer concrètement le réel afin de comprendre les mutations sociales et culturelles en cours. Le caractère interdisciplinaire du colloque permettra de tracer des perspectives qui dépassent les frontières et de proposer des balisages communs. Une partie importante du colloque pourra être consacrée à des études de cas concernant le patrimoine culturel dans différents pays. Les comparaisons s’intéresseront aux débats en cours concernant les manières de valoriser le patrimoine culturel, ainsi qu’aux terminologies et aux paradigmes utilisés pour désigner le patrimoine culturel à l’échelle de l’Europe ou au-delà (cultural heritage, beni culturale, Erbe, culturarv, politistikē klēronomia, dziedzictwo kulturowe, örökség, nasledstvo, etc.). Le colloque proposera aussi des regroupements thématiques, voire même autour d’objets communs, considérés comme patrimoniaux par les différents groupes culturels, sociaux ou autres (musiques, fêtes et festivals, rituels, pratiques physiques, expressions orales, arts et savoir-faire, architecture, techniques, cuisine, culture matérielle, etc.) et balisés par plusieurs communications d’horizons variés.

Des communications sont attendues de la part des chercheurs comme des acteurs du patrimoine, sous forme d’analyses qui problématiseront précisément la relation entre patrimoine culturel, désirs de territoires et modes de développement. Il s’agira de mieux comprendre comment le sens du patrimoine coïncide avec l’émergence de nouveaux espaces sociaux et répond aux impératifs collectifs contemporains de recherche de lien social, de bien-être et de tranquillité sociale. Il faudra caractériser les relations entre patrimoine culturel et gestion du vivant, de manière à saisir ce qui distingue les aspects matériels et immatériels du patrimoine culturel. De même, on pourra se demander comment la notion de développement durable se combine et/ou se surimpose progressivement à celle de patrimoine, comment s’opèrent les transitions de la « patrimonialisation » vers la « durabilité ».

A l’intérieur du thème général ainsi défini, seront privilégiées les propositions qui s’inscriront dans l’un ou l’autre des axes de questionnement suivants :

  1. La question économique : quels sont les indicateurs qui témoignent d’une évolution du patrimoine culturel et de son adaptation à de nouveaux paradigmes ?
  2. La question territoriale : en quoi les références au patrimoine servent-elles le « marketing des lieux », la gestion de l’espace et la construction de nouveaux espaces attractifs dans différentes régions du monde ? Comment se construisent les « patrimoines nomades » et les références imaginaires aux cultures d’origine chez les populations migrantes ?
  3. La question des identités : en quoi le patrimoine culturel favorise-t-il la construction d’identités collectives territorialisées ? Peut-on parler avec la patrimonialisation de risques de standardisation et de globalisation, ou au contraire d’aide au maintien de la diversité culturelle ? Le patrimoine est-il une garantie d’inviolabilité des biens culturels transmis ou une injonction au développement touristique ? En quoi l’assomption patrimoniale contemporaine participe-t-elle de la transformation de la vie quotidienne, de la redéfinition des cadres mentaux et de l’expérience des lieux ? Quels sont les liens entre patrimoine, construction des temporalités et vécu de l’expérience personnelle ?
  4. La question des pratiques : comment le patrimoine se construit-il au croisement des regards des experts et des acteurs sociaux engagés dans la réalisation de performances artistiques et culturelles de différentes natures ? Quelles sont les relations entre la construction d’images et de mondes virtuels, le réel et le patrimoine culturel ? Peut-on parler d’une abstraction croissante du patrimoine ? Tout est-il patrimonialisable ? Le patrimoine est-il devenu un double de la société ?

Comité scientifique :

Jean-Pierre Augustin, professeur de géographie, Bordeaux

Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique, Rennes

Jeremy Boissevain, professeur d’anthropologie sociale, Amsterdam

Jocelyne Bonnet-Carbonell, professeur d’ethnologie, Nîmes

Paul Claval, professeur de géographie, Paris

Jean Davallon, professeur de Sc. Info. Comm., Avignon

Isabelle Garat, maître de conférences en géographie, Nantes

Maria Gravari-Barbas, professeur de géographie, Angers

Xavier Greffe, professeur d’économie, Paris

Mickael Janoschka, chercheur au CSIC, Madrid

Deborah Kapchan, professeur, performance studies, New York University

Joël Lancelot, professeur de géochimie environnementale, Nîmes

Régis Keerle, maître de conférences en géographie, Rennes

Frédéric Leriche, maître de conférences en économie, Toulouse

André Micoud, directeur de recherche au CNRS, Saint-Etienne

Dorothy Noyes, assistant-professor, cultural studies, Ohio State University

Michel Rautenberg, professeur d’ethnologie, Saint-Etienne

Dominique Salini, professeur en arts, Corte

Elodie Valette, chercheur au CIRAD, Montpellier

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Dixième congrès de la WCTA

logoDu 13 au 15 novembre prochains se déroulera la 10ème conférence mondiale de la WCTA (World Cultural Tourisme Association) à Bangkok en Thaïlande. L’objectif de cet événement majeur est de fournir un espace de rencontre et d’échange pour l’ensemble des acteurs privés et publics concernés par ce secteur en pleine expansion, secteur qui a le mérite de faire considérablement bouger les lignes du Tourisme et de la Culture.

Cette conférence joue un rôle important dans la compréhension et la projection du tourisme culturel et de ses développements. CEG aura l’occasion de suivre les contributions et les débats et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

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AV Festival et Northumberland

AVLe festival AV, biennale internationale des arts électroniques, des arts visuels, de la musique et de l’image en mouvement, se prépare à produire une dixième édition particulièrement rayonnante, qui se tiendra dans le Nord-Est de l’Angleterre à Newcastle, Gateshead, Sunderland et Middlesbrough.

En mars 2010, toute la programmation tournera autour du thème de l’énergie, comme une force grâce à laquelle la vie est connectée, transformée, renouvellée et détruite. Rencontres, expositions, concerts, performances, projections, ateliers et débats se dérouleront des les lieux culturels les plus remarquables de la région.

Tout aussi remarquable, le partenariat intéressant noué entre le festival et Inspire Northumberland, une agence spécialisée dans l’intervention sur les projets de régénération et de développement urbains ayant pour vocation de favoriser la reconnexion des jeunes publics avec leur environnement et produisant des expériences de création contemporaine et de design.

Inspire Northumberland implique les artistes dès les phases de conception et de design des projets. Chacun des projets implique les citoyens dans le processus créatif, en priorisant le contact avec le public le plus éloigné de ce type d’expériences, public encore trop éloigné de la culture et des questions citoyennes depuis la crise industrielle des années 80.

De ce partenariat est notamment née l’idée d’une résidence au NaREC, le centre des énergies nouvelles et renouvelables, lieu d’excellence de la région pour les technologies et les énergies renouvelables basé à Blyth, port industriel qui a connu son heure de gloire et qui a vécu avec violence les années de déclin de son activité mais qui semble engager aujourd’hui un certain renouveau.

La résidence est conçue de sorte que puissent se conjuguer les nouvelles recherches et les idées porteuses de technologies et d’énergies renouvelables et durables du NaREC avec un processus artistique à vocation publique.

La région de Northumberland est dotée d’une patrimoine paysager d’une richesse exceptionnelle et a récemment fait les gros titres lorsque les images de ses magnifiques plages ont été utilisées « par erreur » pour une campagne de promotion de la province canadienne d’Alberta. Elle connaît également un regain d’intérêt dû à la mutation engagée de son économie jusqu’alors en souffrance. Newcastle en est bien entendu le fer de lance, véritable vitrine de l’innovation économique, urbaine, culturelle et sociale, mais c’est bien tout un territoire qui est en pleine évolution. L’Arts Council of England a notamment augmenté ses dotations en direction des acteurs culturels du territoire qui font le pari de ces types d’innovation.

Il y a fort à parier que la dixième édition du festival AV marquera un tournant pour la manifestation et pour le territoire, car il faut noter que les acteurs culturels présents ont un esprit de coopération qui a su favoriser une dynamique propice au regain d’attractivité du territoire.

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Flowersway

flowersway.logoTout récemment, un nouvel acteur est apparu sur le secteur du tourisme culturel, secteur où les TIC jouent un rôle de levier de développement de plus en plus incontournable. Orienté sur le plus beau des ressorts (« L’humanité du voyage »), Flowersway propose de partir à la découverte de nos territoires à travers des parcours inédits, le tout dédié et « brandé » comme autant de nouvelles façons de voyager. Ici tout est affaire de voyage, de création d’hospitalité et de rencontre.

Les marques et les institutions sont présentées selon des thématiques et selon leurs destinations et vu l’intelligence des formats de parcours/séjours proposés, il y a fort à parier que le site va non seulement se faire une place de choix dans les offres alternatives au tourisme un peu trop endormi sur ses lauriers mais va également s’imposer comme un opérateur et un partenaire de choix pour les institutions et les territoires.

Il manquait un nouveau média au tourisme, il manquait une nouvelle approche des territoires par la culture, il manquait une autre conception de la mise en tourisme et du marketing territorial. L’arrivée de Flowersway vient apporter une contribution importante pour l’avenir de ces secteurs, avec une offre dont l’attractivité va jusqu’à donner accès au site gratuitement à tous les professionnels et leur proposer des outils/widget seront à leurs dispositions dans la version 2 dès septembre.

Pour prendre plus précisément la mesure, voici un exemple pour les marques et fédérations sur des thématiques et un exemple pour les institutions sur leurs destinations. A noter également l’opération inaugurée tout récemment : Plein Soleil

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Pas de photos pour Tintin

L’interdiction de photographier est présomptueuse 

En juin, un musée ouvrira en l’honneur du plus célèbre dessinateur belge de bandes dessinées Hergé (‘Tintin’) dans sa ville natale de Louvain. Ce musée a été présenté lundi aux journalistes qui n’étaient cependant autorisés ni à photographier ni à filmer. Le quotidien Le Soir critique cette décision dans son éditorial : “C’est que l’intérêt pour les musées a crû, depuis plusieurs années. Dans une société où l’on n’a plus une notion claire du futur, on recherche son identité dans le passé et dans la production artistique, qui donne relief et fierté à notre présent. C’est aussi – surtout ? – que, depuis l’ouverture du Musée Guggenheim de Bilbao en 1997, les villes et les États se sont rendu compte que le musée n’était pas un luxe superfétatoire mais le fer de lance d’une relance touristique, c’est-à-dire économique. Au Musée Hergé, où les journalistes d’image furent bannis, on croit que les noms de Hergé et de Tintin … suffiront à attirer la foule des touristes culturels internationaux. C’est une posture présomptueuse. Dommage.”

Source : BpB

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Un guide à suivre

Events arts councilL’Art Council d’Irlande du Nord vient de lancer un guide événementiel en ligne d’une simplicité qui en est presque insultante lorsqu’on sait la complexité et le manque de lisibilité des outils que les institutions culturelles nationales emploient généralement.

C’est là toute la réussite de la démarche. L’outil permet à toute institution et à tout citoyen de soumettre en ligne un événement géo-indexé. Déjà en ligne, le site est sur le point d’être lancé officiellement via un vaste plan de promotion qui démontre qu’en Irlande on a parfaitement conscience que le tourisme est une ressource précieuse.

A destination du grand public, ce guide en ligne a été conçu pour faire la démonstration de la qualité et de la quantité de l’offre événementielle artistique du pays et pour encourage le public à y participer.

Chaque utilisateur peut cliquer sur le comté de son choix et obtient instantanément la liste des événements locaux accessibles.  La recherche peut bien entendu se faire en combinant plusieurs critères mais ce qui fait la performance de l’outil c’est qu’un clic suffit pour prendre connaissance de l’offre au niveau local comme au niveau national.

Comme cela sera probablement expliqué lors du tout prochain lancement de l’outil, il est clair que l’objectif revendiqué est triple :

  • une démarche constante d’amélioration du service au public pour que celui-ci puisse accéder à la culture et y contribuer,
  • booster la fréquentation des événements pour renforcer plus encore l’offre touristique nationale et locale,
  • encourager le tourisme culturel comme levier économique supplémentaire, capable de faire plus fortement fructifier les investissements et les financements dans les domaines culturels et artistiques.

En tout état de cause, il faut bien reconnaître qu’avec la démarche d’intégration de l’outil au sein des différentes stratégies touristiques, culturelles et territoriales du pays, c’est un pas supplémentaire vers la mutualisation utile, décomplexée de tout discours, concrête et opérationnelle. Prenons-en de la graine…

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Barcelona Creativa

Le tourisme créatif est une nouvelle tendance touristique qui se caractérise par la participation des visiteurs à des activités artistiques qui leur permettent de découvrir la culture locale grâce à l’expérimentation, l’apprentissage et dans certains cas d’exposer leur talent.

Pour promouvoir le tourisme créatif à Barcelone et ses environs, la plate-forme Barcelona Creativa propose une foultitude d’activités et d’initiatives accessibles à tous, permettant de découvrir la ville toujours postée à l’avant-garde et à l’affût des leviers de développement lui permettant d’être à la fois attractive et fondamentalement innovante.

Lors du séminaire de Paris Mix, que nous avons annoncé et suivi de près, Barcelone était représentée et nous était dévoilée sa toute nouvelle politiques d’usines de la création. Aujourd’hui avec Barcelona Creativa, c’est une offre particulièrement étoffée que la capitale de Catalogne propose. De quoi en inspirer plus d’un.

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Visiter grâce aux TIC

Journée technique d’ODIT France : les technologies de l’information et de la communication au service de la visite culturelle et touristique

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui ont envahi la vie quotidienne suscitant de nouvelles pratiques et des nouveaux modes de consommation transforment en profondeur les secteurs du tourisme et de la visite culturelle. Le contexte résultant des progrès techniques mais aussi des évolutions socioculturelles, géopolitiques, économiques est riche en opportunités mais aussi en risques nouveaux. Apparaissent des possibilités particulièrement prometteuses de valorisation du patrimoine culturel et naturel.

Les enjeux concernent directement les établissements culturels, les territoires, leur attractivité et plus généralement les différentes facettes de l’image de la France, le développement économique et humain du pays. La crise d’origine financière qui frappe le monde donne une actualité particulière à ces enjeux.

La journée technique du 5 mai permettra d’approfondir tous ces points en s’appuyant sur un travail approfondi qu’ODIT France a réalisé avec ses partenaires, la Direction des Musées de France (DMF), le Centre des Monuments Nationaux (CMN), et l’Agence Régionale de la Société de l’Information de Midi-Pyrénées (ARDESI), support de cette journée technique. Cette étude a en particulier permis de dégager dix indicateurs de la pertinence de l’exploitation des technologies numériques pour le déploiement d’une stratégie en trois temps. Cette stratégie aurait pour objet de renforcer et pérenniser l’attractivité tant des territoires que des établissements culturels et des autres acteurs désireux de participer à une action en partenariat.

Le premier temps correspond à la captation en ligne de l’intérêt du futur visiteur. Dès lors le public potentiel ne se limite pas à quelques centaines de millions de touristes privés ou professionnels mais à l’entourage des internautes du monde entier, déjà plus d’un milliard et demi de personnes. Dès cette étape, les établissements comme les territoires ont des possibilités inédites de communiquer, échanger, instruire, commercer à distance avec des visiteurs dits virtuels mais bien réels. Ces possibilités d’actions et transactions à distance peuvent prendre une importance critique si le contexte économique, politique ou les contraintes écologiques et/ou énergétiques limitent les déplacements physiques à grande distance.

Le deuxième temps est naturellement celui de la visite physique. La journée illustrera les pratiques et perspectives d’enrichissement de cette étape majeure grâce aux techniques numériques en faisant le point sur les meilleures pratiques mondiales.

Le troisième temps est celui de l’après visite : il s’agit de mieux profiter des techniques numériques  pour garder le contact avec les visiteurs tant virtuels que physiques, maintenir leur intérêt, approfondir contacts et échanges, amener ces visiteurs à se transformer en prescripteurs, ambassadeurs, et à revenir. Du point de vue touristique et économique, l’enjeu est de créer un « tourisme après le tourisme », un flux régulier de transactions. Du point de vue culturel, les établissements pérenniseront leur rôle et étendront dans l’espace et le temps leur influence.

Pour plus d’informations, cliquez ici

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A propos du tourisme culturel

tourisme culturelA signaler parmi les nouveautés prometteuses de l’ingénierie du tourisme culturel, une initiative rare dans ce domaine encore récent en France, initiative qui fait plus que bousculer nos habitudes sectorielles : le blog de l’agence Nouveau Tourisme Culturel.

Evelyne Lehalle, directrice de NTC, a fait partie des personnes de chez ODIT France qui ont « osé » l’été dernier l’excellent mais encore trop méconnu tourismeculturel.net.

Forte d’une trajectoire professionnelle pour le moins remarquée et remarquable dans l’administration de la culture et du tourisme, Evelyne Lehalle fait partie de ces personnes ressources qui savent construire des passerelles entre ces deux secteurs aux réflexes corporatistes encore bien présents.

Depuis son nouveau camp de base niçois, elle poursuit ses incursions dans ce nouveau territoire encore très peu structuré en France, tout en jetant comme à son habitude quelques bons et gros pavés dans la mare. Ce qui ne plaît évidemment pas à tout le monde (et c’est tant mieux), c’est qu’elle a choisi en totale articulation avec sa stratégie d’entreprise de décloisonner les domaines d’expertise du tourisme et de la culture. Il fallait de toute façon avoir été légitime des deux côtés du miroir pour le faire, ce qui est plus que son cas.

Ajoutons à cela le détournement du Ken de Barbie en archétype du touriste en situations aussi diverses que variées, il n’y a qu’un pas pour réactiver les névroses de l’homme civilisé chez certain(e)s.

Ce totem de Ken, pour poursuivre l’analogie freudienne, est là pour tout le contraire, vous l’aurez bien compris. Il n’y a aucun danger à se tourner vers lui, lui faire face et l’interroger sur les étendues méconnues et tant redoutées.

Quoi qu’on en dise, à bien y regarder de près, ce sont les fondations d’une ingénierie très prometteuse qu’elle contribue à établir.

Car si le tourisme culturel est encore marginal et a longtemps été méconsidéré en France, il constitue une préoccupation grandissante. Son impact sur les stratégies des territoires est considérable à l’étranger et le deviendra aussi en France, qu’on ne s’y trompe pas. Il faut bien agir car la concurrence se fait de plus en plus féroce, qu’elle soit globale ou locale. Il y a fort à parier que structurer le tourisme culturel à court terme comme une industrie avec son ensemble de métiers, allant de la sociologie au markéting opérationnel en passant par la gouvernance publique, pourrait constituer un vecteur de développement considérable, capable de renouveler de nombreuses filières et secteurs en quête de synergies.

Depuis plusieurs années on pouvait malgré tout sentir un frémissement mais il faut bien admettre que sans des initiatives comme celles qu’ODIT France a prises, dont certaines sous la houlette d’Evelyne Lehalle à l’époque, en tissant des liens avec le Ministère de la culture et de la communication, nous en serions toujours au stade protohistorique.

Les forces en présence ont souvent été considérées par nature peu conciliables, du moins en France où nous souffrons parfois encore d’autisme caractérisé lorsqu’il s’agit de travailler au niveau interministériel. La Culture considérant qu’elle à moins à gagner que le Tourisme dans ce mariage contre nature, le Tourisme considérant très longtemps que culture était inhérente à la valorisation touristique, ce sont au fond deux secteurs qui se sont simultanément ignorés et instrumentalisés. En effet, cela ne va pas de soi de collaborer quand tant de différences structurelles et stratégiques peinent à s’articuler et, malgré le guide « Tourisme et Culture, travailler ensemble » (auquel Evelyne Lehalle n’est pas étrangère évidemment puisqu’elle en est le co-auteur) qui établit les grands principes pour construire une démarche commune, nous sommes encore loin d’avoir franchi le Rubicon.

Quelques explorateurs comme NTC sont en train de cartographier et de poser les fondements du domaine.

Le fait est que l’offre culturelle constitue LA force majeure d’attractivité touristique (les chiffres sont massivement éloquents) et que les transferts de connaissance et les échanges de savoir-faire sur les meilleures pratiques constituent une évidence. Encore faut-il que cela s’intègre dans la vision de nos élus, ce qui n’est pas toujours le cas à un niveau individuel mais devient quasi inextricable dans la logique des financements croisés.

Ce sont en effet les collectivités territoriales qui détiennent les clés du développement. L’Etat, ses établissements et son administration déconcentrée sont là pour les y aider mais le « time to market » est n’est pas toujours au rendez-vous. Il faut donc évangéliser et évangéliser encore, créer des démarches et des plates-formes de réflexions et d’échange, étayer nos benchmarks et nos veilles, etc. Cela ne produit pas d’effets sans frictions car pour s’y piquer il faut s’y frotter.

Or on voit bien à quel point il est difficile, notamment dans les grandes métropoles (quel paradoxe !) de convaincre chacune des parties prenantes qu’un objectif supérieur et commun est préférable au maintien des cloisonnements des politiques sectorielles qui ne cherchent qu’à se conforter elles-mêmes.

Défaut de vision stratégique ? Défense d’intérêts particuliers ? Récurrence des tendances autocrates ? Maintien d’un modèle de gestion interne pour préserver une paix sociale ? Absence de vision dans la gouvernance face aux enjeux externes ? Autant de questions que le tourisme culturel peut amener à faire avancer, car, ne serait-ce que du point de vue de l’expérimentation, l’ingénierie naissante du tourisme culturel contient tous les ingrédients du changement que l’on retrouve dans les politiques intégrées. Il en va de même pour l’innovation (qu’elle soit sociale ou technologique d’ailleurs). Il ne s’agit plus de prospective mais de démarches opérationnelles redoutablement efficaces si chacun accepte et assume la part de responsabilité qu’il doit y prendre.

Prenons l’exemple de la mise en tourisme. Ce n’est pourtant pas un mot sale et imprononçable pour la culture mais qu’il est difficile de mettre en œuvre la mise en tourisme sur certains territoires ! Malgré des offres à la qualité et à l’exigence toujours plus élevées, les territoires maintiennent souvent les opérateurs concernés livrés à eux-mêmes.

Dans les théories de la gouvernance, maintenir un tel état de fait pour les OBNL conduit à augmenter la concurrence liée au niveau de la clientèle et des sources de financement. Très peu sont gagnants dans cette configuration, au contraire.

On voit bien par ailleurs que si les démarches de labellisation ont conduit à créer des cadres structurants, les labels peinent à conserver leur cohérence face à leur multiplication.

Les collectivités qui s’en tirent le mieux sont celles qui réussissent à créer leur propre « branding », déclinable opérationnellement auprès des acteurs et opérateurs du territoire, valorisable et exportable dans des logiques où marketing territorial et gouvernance parviennent conjointement à rejoindre les préoccupations de plusieurs politiques sectorielles.

Sur ce point, il est clair que les politiques événementielles vont subir (et/ou y participer, selon les cas) ce mouvement permettant un meilleur pilotage et une meilleure coordination des atouts d’un territoire.

La conséquence, et cela nous semble être plus que bénéfique et encourageant, c’est l’instrumentalisation de la communication par le politique et non pas le contraire.

Ce retour en force du politique, au bon sens du terme, survient en des temps contraints et inquiets mais il contient une dynamique dont il faut savoir se saisir, que l’on soit un « policy maker » ou « policy worker ».

Ce qui ne fait aucun doute, c’est que les activités, les attraits et les manifestations culturelles seront prisés par un segment de touristes de plus en plus large. La concurrence risque par contre d’être vive, les destinations se positionnant de plus en plus sur ce segment de marché et c’est en se penchant sur l’histoire du tourisme culturel que l’on peut y percevoir des pistes pour l’avenir mais aussi les actions présentes à conduire en France.

Depuis la fin des années 1990, les colloques, les séminaires et les écrits visant à mieux comprendre et à optimiser les liens qui unissent la culture et le tourisme se sont multipliés à l’échelle mondiale.

Cette multiplication s’accompagne de cas de spécialisation du tourisme culturel autour d’une dimension particulière : les musées, le patrimoine, l’art contemporain, les politiques culturelles, la créativité, les régions, etc.

Ce mouvement demeure conditionné par de nombreux facteurs conjoncturels tels que la mondialisation, la concurrence et l’obligation de différenciation pour les destinations, la segmentation accrue des clientèles touristiques et la sophistication des attentes, la recherche de nouvelles sources de revenus, la tendance au développement durable et à la protection de l’environnement.

Dans cette optique, le marché du tourisme culturel intéresse de plus en plus les intervenants des secteurs concernés.

L’intérêt touristique pour la culture n’est pas nouveau : il remonte en fait au début des années 1960.

Comme cela a été rappelé lors du colloque « Culture et Tourisme, au cœur de l’identité urbaine » qui s’est tenu en novembre 2008 à Montréal, c’est dès 1963 que s’affirme une première reconnaissance du tourisme culturel. En effet, cette année-là, le conseil économique et social des Nations Unies soutient que le tourisme culturel contribue de façon certaine « à la cause de l’amitié et de la compréhension entre les peuples ».

Dans la foulée, en novembre 1966, l’UNESCO atteste par résolution que le tourisme culturel favorise le renforcement de la paix.

En novembre 1976, lors du Séminaire international “tourisme et humanisme contemporain” de Bruxelles, est adoptée la première charte internationale du tourisme culturel.

La charte internationale du tourisme culturel maintient alors que c’est le respect du patrimoine mondial, culturel et naturel qui doit prévaloir sur toute autre considération, aussi justifiée soit-elle sur les plans social, politique ou économique. Cette charte a évolué depuis. Sa dernière version a été adoptée par l’ICOMOS en octobre 1999.

Le tourisme culturel, misant sur l’identité et l’authenticité des destinations, apparaît comme un élément de réponse aux tendances de la demande touristique et aux enjeux de l’industrie. Un nombre croissant de destinations compte sur les différentes formes d’expression de leur culture pour se différencier et attirer les clientèles mais leur potentiel est encoure sous-exploité.

Certes, le tourisme n’est pas une panacée et peut ne pas convenir à tous les attraits culturels. il n’en demeure pas moins que plusieurs organismes, institutions, manifestations et sites culturels ayant une potentialité touristique restent en marge de cette activité.

Il faut dire que les efforts de promotion touristique de la dimension culturelle se concentrent souvent sur les valeurs sûres — les musées, les festivals, les sites historiques. Mais on constate de fortes difficultés dès lors qu’il s’agit de très grandes opérations (multiplicité des interlocuteurs, diversité des sources de financement et des niveaux de décision) et d’opérations de taille beaucoup plus modeste.

Un nombre important d’organismes culturels pourraient aisément s’insérer davantage dans l’offre touristique, mais, faute de connaissances adéquates, de ressources, de moyens de promotion et de stratégies de communication, ils demeurent réticents ou éprouvent des difficultés à percer ce milieu.

Le tourisme et la culture évoluent pourtant sur un terrain commun, les préoccupations et les enjeux convergent.

Cette convergence des intérêts est de surcroît encouragée par la croissance soutenue du tourisme culturel à l’échelle mondiale. mais, en dépit d’un contexte des plus favorables à l’élargissement des liens de collaboration entre les deux milieux, de nombreux intervenants, souvent par simple méconnaissance, demeurent réticents à s’engager sur la voie du tourisme culturel principalement du fait que c’est un apport qualitatif – quantitatif diamétralement opposé qui les accorde.

Pour en arriver à une collaboration plus étroite entre le tourisme et la culture, des obstacles restent à surmonter. À cet effet, nombreux de part et d’autre sont ceux qui identifient, comme lors du  colloque « Culture et Tourisme, au cœur de l’identité urbaine »:

  • le manque de connaissances des besoins des secteurs respectifs de la culture et du tourisme ;
  • le peu de liens officiels et permanents entre les deux milieux ;
  • l’ambivalence des acteurs du secteur de la culture à l’égard du tourisme ;
  • l’insuffisance des ressources humaines et financières des organismes culturels ;
  • le manque de savoir-faire en marketing touristique des organismes culturels ;
  • l’absence, pour certaines destinations, d’une image de marque claire et précise facilitant, voire incitant, l’intégration de la culture à l’offre touristique.

Surmonter les obstacles et les appréhensions, se défaire des fausses perceptions et développer un langage commun, tels sont les éléments essentiels qui assurent le développement d’une vision partagée et l’élaboration de partenariats concrets.

Parmi les démarches les plus récentes, tel est le cas du travail remarquable fait par Wonderful Copenhagen pour structurer et animer les différentes filières dans l’accroissement de l’attractivité du territoire à partir d’une stratégie dite 360° de son offre événementielle. Cela décoiffe et renouvelle totalement le rapport au territoire, que l’on en fasse partie où que l’on y soit en touriste d’ailleurs. Nous avons eu l’occasion d’assister à une présentation très détaillée de cette offre lors du séminaire Paris-Mix le 31 mars dernier, (où nous avions fait venir la Ville de Londres par ailleurs), nous aurons l’occasion d’y revenir ce mois-ci sur C.E.G.

L’offre d’expériences culturelles authentiques, uniques et enrichissantes permettra assurément à certaines destinations de se distinguer des autres. une collaboration plus étendue, mais en même temps plus étroite entre les intervenants du tourisme et de la culture, de même que la structuration de réseaux permettant des actions concertées et innovatrices, constituent des atouts de taille.

C’est aussi cela l’effet incontournable et positif de la mondialisation que de rendre plus locale encore la compétition. Il y a tant à reconstruire, tant à repenser. Faites donc comme Ken le touriste !

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Cinéma africain

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est un des plus grands festivals africains de cinéma. Il se déroule tous les deux ans dans la capitale du Burkina Faso et rassemble pendant une semaine les professionnels du cinéma africain autour de compétitions cinématographiques, notamment dans les catégories long métrage fiction, court métrage fiction, documentaire et films de la diaspora.

L’objectif du festival est de favoriser la diffusion des œuvres du cinéma africain, de permettre les échanges entre professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et de contribuer à l’essor, au développement et à la sauvegarde du cinéma africain, en tant que moyen d’expression, d’éducation et de conscientisation. Ces biennales permettent aux professionnels du 7ème art africain de confronter leur savoir-faire dans un esprit de recherche d’excellence, afin de mieux positionner le cinéma africain sur l’échiquier international.

Depuis 1983 le Marché international du cinéma et de la télévision africain (MICA) est intégré au FESPACO. Ce dernier offre des possibilités de rencontres avec des acheteurs et des distributeurs professionnels d’Afrique et du monde entier.

La 21e édition du FESPACO se tient depuis le 28 février et jusqu’au 7 mars 2009 sous le thème : « Cinéma africain : tourisme et patrimoines culturels ». En décidant de se pencher sur ce thème, le festival veut amener les professionnels africains du cinéma à se servir de leur art pour promouvoir et valoriser les richesses touristiques et patrimoniales du continent africain.

En effet, le cinéma africain – et d’autres industries culturelles comme la musique – peut se révéler être un facteur de développement économique, et notamment un levier pour le développement d’un tourisme fondé sur le riche patrimoine culturel du continent.

Vient d’ailleurs de paraître la publication « Creative economy as a development strategy : a view of developing countries » [L’économie créative en tant que stratégie de développement : vue des pays en voie de développement], édité par Ana Carla Fonseca Reis et téléchargeable [ ici ]

Plus d’informations sur le FESPACO [ ici ]

Source : OCPE

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L’Acropole méprisée

L’Acropole a été fermée pour la cinquième fois en l’espace de deux semaines. La raison : les grèves des employés qui réclament un emploi à durée indéterminé et le paiement des salaires qui n’a toujours pas été effectué. Le quotidien Ta Nea critique l’attitude de la Grèce envers ses biens culturels. “Il est difficile de trouver dans le monde un pays qui … insulte son patrimoine culturel de manière aussi poussée et fréquente que ne le fait la Grèce. … Ce qui s’est passé ces dernières semaines dans l’un des monuments archéologiques les plus symboliques de la planète représente non seulement un mépris pour notre culture, mais aussi un coup dur pour notre industrie touristique. Et ce à un moment où l’économie repose ses plus grands espoirs sur le tourisme pour sortir de la crise.”

Source : BpB

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La dynamique coréenne

Le Ministère de la culture, des sports et du tourisme coréen vient de dévoiler un nouveau plan, en complément de celui annoncé en novembre dernier, pour étendre et accroître le soutien des activités culturelles auprès des plus défavorisés, pour relancer emploi culturel, l’emploi des les arts et l’emploi dans les industries créatives. Ce plan vient s’intégrer dans la politique mise en place dans le pays pour enrayer et conjurer les effets de la crise économique.

Très concrètement, il s’agit :

  • d’investir 135 milliards de Won (environ 70 millions d’euros) dans un programme d’activités démarrant dès le mois de mars et dont la vocation est de rentre plus opérante la valeur ajoutée du croisement entre culture, arts, sports et tourisme,
  • de fournir, dans le cadre de la politique de relance du pays des chèques culture à 350 000 personnes ainsi que la possibilité pour 600 000 personnes d’être abonnées à prix cassé dans les lieux de diffusion de la culture et des arts,
  • d’appliquer d’importantes réductions pour les étudiants et les enseignants sur les billets invendus,
  • de prolonger gratuitement les abonnements aux musées au pays jusqu’à l’année prochaine et de généraliser le principe de gratuité d’ici un an,
  • de consacrer l’équivalent de 85 millions d’euros supplémentaires pour la création de 18 000 emplois (9 508 dans la médiation culturelle, artistique et sportive, 1 481 dans le patrimoine et sa préservation, 5 048 dans l’apprentissage, 1 350 pour les artistes et 613 dans le tourisme culturel),
  • d’intégrer le projet « new deal pour les arts » (près de 4 millions d’euros) à cette politique en l’orientant vers la création d’opportunités professionnelles et créatives pour les artistes.

Mais le plan ne s’arrête pas en si bon chemin puisque :

  • le ministère a aussi décidé d’étendre sa politique de labellisation patrimoniale au quatre grands fleuves du pays (Han, Yougsan, Nakdong et Geum), en coopération avec le ministère de l’aménagement du territoire, des transports et des affaires maritimes, pour financer leur préservation et leur régénération,
  • 361 sites archéologiques ayant été identifiés dans les lits de ces fleuves, un peu plus de 25 millions d’euros seront consacrés au soutien de 51 projets de développement visant à promouvoir par le tourisme la préservation et la valorisation du patrimoine et des ressources culturelles au fil de ces quatre fleuves.

Ces efforts sans précédents vont au-delà du volontarisme affiché depuis novembre dernier par le ministère. L’ambition ici est de considérer que :

  • la culture joue un rôle structurant et fédérateur pour de nombreux secteurs,
  • la culture coordonne des actions conjointes et intègre des préoccupations qui ne sont pas directement issues de ses missions régaliennes,
  •  la culture est la première bénéficiaire lorsqu’elle s’ouvre au tourisme, à l’aménagement du territoire, à l’environnement, aux loisirs, et à tout autre domaine qui cherche à travers elle une opportunité de développement pérenne.

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