Cultural Engineering Group Weblog

Services & Ressources en ingénierie culturelle

ADP : La démocratisation culturelle comme argument marketing

Culture et Communication

Nouvel article passionnant d’Aude Mathey sur son excellent Culture et Communication. Elle revient sur l’expérience menée dans le hall M du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où est ouvert depuis le 15 janvier dernier un « Espace Musées ». C’est avec plaisir que nous relayons cet article.

 ____

Vous l’avez probablement déjà remarqué, soit parce que vous êtes un(e) habitué(e) de Roissy-Charles-de-Gaulle ou tout simplement parce que vous l’avez vu dans la presse, Aéroports de Paris (ci-après ADP) a ouvert un « Espace Musées » dans le hall M (de la « mode ») du terminal 2E  le 15 janvier dernier.

L’Espace Musées, initié par Francis Briest, co-président de la maison de vente Artcurial entouré d’ADP bien sûr mais aussi de Serge Lemoine, ancien président du Musée d’Orsay (qui assure la direction artistique de toutes les expositions), Nelson Wilmotte, du cabinet Nelson Wilmotte Architectes (qui a conçu l’architecture du lieu avec l’assistance de l’agence Wilmotte & Associés), a pour vocation de présenter au public au départ ou en transit au Terminal 2E deux expositions par an avec des fonds provenant des musées parisiens.

Cet espace en fait pas suite à un besoin de loisirs particulier exprimé par les passagers selon Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, mais symbolise la touche finale de la transformation de l’espace commercial du terminal. En effet, il y a 2-3 ans, afin de pouvoir raconter une histoire autour de Paris, les espaces commerciaux et de restauration devaient adopter la même forme, la même ambiance. L’Espace Musées, écrin de 250 m², a donc pour but, au milieu de restaurants et de boutiques de luxe, de créer une expérience originale pour un public qui n’aurait pas forcément l’habitude des musées, souligne Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin.

UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ?

L’Espace Musées, pour sa première exposition, accueille plusieurs oeuvres du musée Rodin, des plus emblématiques au plus méconnues sur le thème des « Ailes de la Gloire ». Les prochaines expositions qui auront lieu tous les 6 mois proviendront de collections aussi bien publiques que privées, mais auront toutes pour trait commun de faire référence à la thématique du voyage et de l’humain ainsi que de pouvoir faire appel à des thèmes universels ou qui, en tout cas, puissent être compris par différentes cultures ajoute Anne de Turenne, chef de projet à l’Espace Musées. Le terminal 2E est en effet un lieu de destination et de départ de longs courriers. La programmation dans tous les cas doit être validée conjointement avec le musée, même si l’intégralité des frais et de la gestion de l’exposition est prise en charge par le fonds de dotation de l’espace (nous n’avons pas réussi à en connaître le budget).

En ce qui concerne la médiation, puisque le public est extrêmement diversifié, l’Espace Musées a souhaité privilégier une borne interactive et des cartels. Une application, au risque d’être trop isolante et donc empêchant les voyageurs de pouvoir suivre les annonces sur leurs vols, n’est pour l’instant pas envisagée. Il ne fat en effet ne pas oublier que nous restons dans un aéroport.

Ce projet, quoique innovant, n’est pourtant pas unique. L’aéroport d’Amsterdam-Schipol a lui aussi son annexe du Rijksmuseum. L’expérience y certes différente puisque seul un musée est concerné, mais il serait intéressant de voir le développement de ce type d’offre sur d’autres aéroports similaires dans de grandes villes à fort potentiel culturel.

L’adhésion d’ADP à ce projet, au-delà de la « mission d’accessibilité et de diffusion de la culture artistique française » comme le dit si bien Augustin de Romanet, président-directeur général d’Aéroports de Paris, s’est également et surtout faite grâce à la valeur ajoutée qu’apporte ce type de projet dans un campagne stratégique et de positionnement.

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE, ARGUMENT MARKETING ?

Ainsi que le soulignait plus haut Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, l’espace Musées est venu apporter la dernière touche à une stratégie de storytelling bien pensée.

Qu’est-ce que le storytelling, tout simplement « raconter des histoires ». Non pas raconter des mensonges, mais apporter un fil conducteur dans le cadre d’une stratégie marketing, mais également dans la rédaction de contenus de médiation ou tout simplement bien sûr dans l’écriture d’un roman. Le storytelling a été adopté depuis plusieurs années déjà par les professionnels du marketing. Il est en effet plus facile de positionner une marque et de faire comprendre son positionnement grâce à l’adoption d’un fil rouge clair, cohérent et répétitif dans les supports de communication.

Aéroports de Paris a tout intérêt à ce que les voyageurs fréquentent assidûment ses aéroports, qu’ils les privilégient plutôt que les gares de train (pour arriver à la même destination lorsque le choix est possible) ou transiter par l’un d’entre eux plutôt que dans un autre aéroport avant d’arriver à sa destination finale. «Soixante-et-un millions de passagers transitent chaque année à Paris-Charles-de Gaulle. Or, confort et réputation d’un aéroport conditionnent le choix de la correspondance. Nous voulons faire préférer Roissy», martèle Pascal Bourgue, directeur Marketing d’ADP. Il est donc important qu’ADP donne envie aux voyageurs de revenir et leur laisser une « bonne impression » selon Jérôme Landras. L’enjeu est important et le fil rouge qui doit être développé est stratégique. C’est ainsi que des travaux ont été développés dans le hall M (comme « Mode ») afin de donner une harmonie à chacune des boutiques et des espaces de restaurations. La plupart d’entre eux sont des commerces de luxe ou haut-de-gamme, ce qui correspond parfaitement à l’image de la France que peut se forger un touriste étranger, mais également au public auquel ADP s’adresse (puisque le terminal 2E propose des vols majoritairement longs-courriers, le pouvoir d’achat de ses voyageurs est donc plus important que pour les autres terminaux). Au-delà de la mode et de la gastronomie, ADP se devait de faire connaître la culture française, via un succédané, une sélection des meilleures oeuvres de musées parisiens. C’est ainsi que les 250 m² de l’Espace Musées, lieu de culture accessible gratuitement, devient le point d’orgue de cette expérience. Jérôme Landras a ainsi remarqué, lors de l’ouverture de l’espace, que les premiers visiteurs étaient ravis et bluffés de découvrir un lieu d’exposition. Le but aura donc été atteint.

Cependant, drainer des voyageurs toujours de plus en plus nombreux ne serait pas le seul but de l’Espace Musées. Bien qu’aucun partenariat n’ait été noué avec le Ministère de la culture et de la communication (peut-être que l’Espace Musées veut préserver son indépendance vis-à-vis d’une grande institution ?), l’enjeu est grand pour les musées sont les oeuvres sont exposées. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le public fréquentant le terminal 2E a un pouvoir d’achat important, et provient des Amériques, de l’Asie et de l’Afrique. Bref, des zones géographiques dans lesquelles résident un bassin très important d’amoureux de la culture française et potentiellement mécènes. Anne de Turenne ne nous l’a confirmé qu’à demi-mot. Bien que le fonds de dotation bénéficie aujourd’hui de fonds propres (dont on ne sait toujours pas le montant) et d’aucun soutien extérieur, que ce soit de l’Etat ou d’un partenaire privé, il ne ferme pour autant pas la porte à de potentiels mécènes. Cette question doit pour autant être envisagée avec les musées dont les œuvres sont exposées. Peut-être leur en ai-je donné l’idée ? Ils viennent de créer une rubrique « Soutenir le musée »…

Le prochain musée partenaire de l’Espace Musées n’est pas encore communiqué. Mais des informations circuleraient sur une présentation des œuvres du musée Maillo. Plus d’informations à venir au printemps.

Gageons que cela fonctionnera. L’inverse serait fort dommage dans ce lieu particulièrement cosmopolite. À terme, l’Espace Musées espère accueillir 500.000 visiteurs par an.

Le dossier de presse ici.

Pour lire l’article dans son version originale, cliquez ici.

Classé dans:Analyses, Evénements, Expériences, , , , , , ,

Paris a des progrès à faire pour garder son rang

Même si ce type de classement est toujours sujet à caution méthodologique, les résultats de la dernière enquête du site international TripAdvisor.com, présentée le 13 décembre, devraient faire réfléchir tous les responsables du tourisme parisien. Ces résultats sont en effet particulièrement mauvais pour ce qui demeure la première destination touristique mondiale.
Le site international TripAdvisor, qui recueille les avis, conseils et photos de tous les voyageurs, a en effet dépouillé et analysé les avis et les commentaires de 75.000 de ses utilisateurs. Objectif : établir un classement des 40 principales villes touristiques du monde les plus appréciées des touristes. Les villes ont été notées et classées sur la base de neuf critères touchant principalement à la qualité de l’accueil et à l’impression immédiate laissée aux visiteurs : l’amabilité des habitants, celle des chauffeurs de taxis, les meilleurs services de taxis, la propreté des rues, la facilité à se promener, la qualité des transports publics, le rapport qualité-prix, le meilleur "shopping" et les villes les plus sûres.
Personne ne s’étonnera du mauvais classement des taxis parisiens en termes d’amabilité (30e sur 40). Petite consolation toutefois pour ces derniers : l’amabilité des Parisiens est encore plus mal notée que la leur, puisqu’elle figure au 33e rang sur 40 !… Et une petite consolation pour les Parisiens : leurs vieux rivaux londoniens sont 39e… Les résultats parisiens sont médiocres également sur le rapport qualité-prix (31e), sur l’offre de taxis (29e), sur la propreté des rues (24e) et sur la sécurité (22e). Les seuls classements honorables concernent les transports en commun (10e), la facilité à de promener (11e) et le shopping (11e). Si TripAdvisor n’établit pas de classement général, il ressort très clairement que la ville préférée des touristes internationaux est Tokyo, qui occupe cinq fois le premier rang sur les neuf critères étudiés. Ainsi que l’exprime sobrement le communiqué de TripAdvisor France, "malgré sa réputation de Ville Lumière, Paris a encore beaucoup à faire pour séduire les voyageurs du monde entier et faire un sans-faute sur certains des aspects pour lesquels ils ont le plus d’exigence".
On pourrait certes contester certains aspects du classement (quel rapport entre Paris et Punta Cana ou Charm el-Cheikh ?) et se dire que la capitale s’en sortirait mieux si l’enquête avait également pris en compte la richesse du patrimoine et l’offre de culture et de loisirs. Mais il reste que la médiocrité de l’accueil des touristes est désormais un fait établi par de multiples enquêtes. Plusieurs rapports officiels se sont d’ailleurs penchés sur la question. Une charte "Qualité de l’accueil en France : une ambition partagée" a même été signée entre l’Etat et les acteurs du tourisme en mars 2011, avec huit engagements déclinés en 24 "actions opérationnelles" (voir nos articles ci-contre du 2 mars et du 1er décembre 2011). Le moins qu’on puisse dire, au vu de l’étude de TripAdvisor, est que les résultats laissent encore à désirer..

Jean-Noël Escudié

Source : Localtis

Classé dans:Analyses, , , ,

First international conference on creative tourism

Ci-dessous l’invitation à participer à la première conférence internationale autour du Tourisme Créatif, organisée à Barcelone par le Creative Tourism Network et Fusic, la Fondation Societat i Cultura.

Dear colleagues and friends,

We would be very delighted to welcome you at the occasion of the International Conference on Creative Tourism, that will take place in Barcelona, on the next December, 9th and 10th.

This  meeting will bring together researchers, urban planners, policy designers, artists, cultural activists and tourist professionals to assess the benefits of international collaboration in the rapidly developing field of creative tourism.

The conference will offer the opportunity to learn further about creative tourism, thanks to the lecture given by Professor Greg Richards, one of the originators of the concept, as well as to discover a wide range of case studies of projects and urban strategies related to this new trend.

call for papers and a call for projects and cities application are still opened.

We wait for your active participation! (Places are limited)

Further information at: www.creativetourismnetwork.org

Best regards,

Caroline Couret,
Program manager

Classé dans:Evénements, , , , ,

La richesse culturelle de la Bulgarie reste cachée

La plupart des touristes viennent en Bulgarie pour lézarder sur la plage et boire à outrance de l’alcool bon marché, critique le quotidien Standart qui demande que l’on montre plus d’intérêt pour les trésors culturels du pays : “Nous montrons toujours notre mauvais côté, le bon reste dans l’ombre. Nous avons sept sites classés par l’UNESCO. Nous avons la culture thrace qui est plus ancienne que la Grèce antique. Nous avons le plus vieil or d’Europe à la nécropole de Varna, des cités romaines, des châteaux du Moyen-Age et des monastères. … Tout cela reste, à quelques exceptions près, caché du monde. Cela ne permettrait pas seulement de faire apparaître la Bulgarie sous un nouveau jour, cela lui permettrait également de retirer les bénéfices d’un tourisme culturel. … La mer et les bars sont bien beaux mais il est temps aussi d’attirer des touristes exigeants. Nous sommes déjà assurés de voir ceux de troisième zone.”

Source : BpB

Classé dans:Analyses, , , ,

1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference

This conference is jointly organised by:

We are pleased to announce the 1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference, which will take place in Lisbon, Portugal from 10 to 12 September 2010. The Conference builds on previous events organised by the Centre for Tourism and Cultural Change at Leeds Metropolitan University (www.tourism-culture.com) and will mark the establishment of the Tourism-Contact-Culture Research Network as an international group of university researchers interested in critical tourism research. It will also bring a long established tradition in tourism anthropology research at the Portuguese Network Centre for Anthropological Research, CRIA (www.cria.org.pt) to a wider international audience. The conference is to become an annual series hosted by members of the Tourism-Contact-Culture Research Network or by the annual conferences of professional academic associations.

As tourism research spreads into the social sciences, the aim of this series is to bring together social scientists studying tourism and related social phenomena from different disciplinary perspectives. We wish to discuss and ‘test’ the theoretical premises of foundational texts in tourism studies and to develop ongoing critique and new ideas. We welcome papers both from established academics re-assessing their work in the light of current theoretical developments in the social sciences and from an emergent generation of academics presenting their research outputs. Tourism and Seductions of Difference, the theme of the 2010 Conference in Lisbon, Portugal addresses key issues and theoretical perspectives which have left their mark on tourism research over recent years.

Tourism and Seductions of Difference

The idea of ‘difference’ appears to be one of the central ontological premises of tourism. Tourists travel to, and through, spaces ‘different’ from those they inhabit most of the time. They voluntarily expose their bodies to different environments; they may ingest different foods, live in a different temporality, and meet different people. Many authors have studied how such differences are socially construed, how people and places are experienced and brought into being through the perceptive realms of the journey, but also through the political agendas of stakeholders acting within the field of tourism and cultural policy. The cultural history of tourism indicates that tourists are somehow ‘seduced’ by specific places or types of places – forests, mountains, rivers, churches and religious shrines, stately homes and palaces, ancient monuments, ruins, waterfalls, seashores, countrysides, islands, cities, etc. Some psychologists, for instance, have observed how some places – such as Florence, Jerusalem, or Paris – trigger quasi-Stendhalian epiphanies among certain tourists who often do not seem to share more than a common nationality. Who, or what are they seduced by? What constitutes this arousal? How do tourists learn what to be seduced by? How is the tourist experience and the temptation to travel culturally framed? How are places and tourist attractions assembled to entice tourists?

The political economy of seduction in tourism is often part of the processes that support the formation and symbolic configuration of specific social and temporal separations. Seen by some commentators as a socially organised transgression of social and spatial boundaries, tourism appears to question the ontology of differences. By doing so, it seems to contribute to the bringing-into-being and reaffirmation, but also to the readjustment, of moral orders underlying various boundaries, differences, separations and related concepts of self. Tourism has played and continues to play an important role in the formation and maintenance of nationalisms, gender and social classes, but also in struggles for the recognition of ethnic or indigenous identities, and the legitimisation of cultural specificities of regions or people. It is being formed and performed within different contact zones marked by forms of mutual seduction. In many cases, primeval tourist attractions have become socially reproduced and cultivated as markers of social identity within ‘destinations’. Semantically re-embedded in the lingo of heritage, these attractions have frequently helped to shape and legitimate new forms of local, ethnic or national identity within ‘destination’ societies. Tourists are often actively lured here into admiring sets of attractions whose underlying moral order embodies claims to specific forms of identity and political power within such societies. How do the various contact zones of tourism – hospitality spaces, living rooms, city centres, heritage sites, museums, gardens and landscapes etc. – allow such claims to be formed and performed? Which are the mediators of such claims? What is the allure and political magic of tourism within these contexts?

Seduction is no isolated act but always has some form of consequence and usually demands compensation. In the same vein, touristic consumption is not free, and in different senses implies forms of expected reciprocity. What are the moral obligations of those who lure tourists to a symbolic death by singing a siren song? How are tourists resuscitated, and how do they buy their freedom? What are the threats and consequences of seducing tourists? What happens when tourists seduce? How does tourism seduce all sorts of people and who rejects seduction? What kinds of society result from tourism?

Themes

Along with studies on methodological issues in tourism research, we welcome papers that address issues related to the theme of the conference. Indicative topics of interest include:

  • Ontologies of seduction: boundaries, differences, separations, times, others
  • Formations of seduction: social assemblages, contact cultures, attractions
  • Fields of seduction: gender, houses, heritages, nations, territories, classes
  • Mediums of seduction: texts, bodies, arts, architectures, foods and natures
  • Techniques of seduction: performance, flirtation, enticement, friendship, magic,  concealment
  • Emotions of seduction: temptations, transgressions, ingestions, emancipations
  • Threats of seduction: spoliation, contamination, exclusion, death, degradation
  • Politics of seduction: hospitality, containment, kinship, power
  • Moralities of seduction: obligations, reciprocity, co-habitation
  • Consequences of seduction: mobilities, cosmopolitanisms, world society

Academic Committee

  • David Picard and Maria Cardeira (CRIA/FCSH-Dept of Anthropology, Universidade Nova de Lisboa, Portugal)
  • Simone Abram and Mike Robinson (Centre for Tourism and Cultural Change (CTCC), Leeds Metropolitan University, UK)
  • Saskia Cousin (research group Tourisme: Recherches-Institutions-Pratiques, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) in Paris, France )
  • Nelson Graburn and Maki Tanaka (Tourism Studies Working Group (TSWG), University of California at Berkeley, USA)
  • Noel B. Salazar (Cultural Mobilities Research (CuMoRe), University of Leuven, Belgium)
  • Mathis Stocks (Centre de Recherche Interdisciplinaire sur le Tourisme, Institut Universitaire Kurt Bösch, Sion, Switzerland)
  • Pamila Gupta (Anthropology-Wits Institute for Social and Economic Research(WISER), University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa)
  • Naomi Leite (Dept of Anthropology, University of Toronto, Canada)
  • Camila del Marmol (research group Patrimonialization of Nature and Culture, University of Barcelona, Catalonia, Spain)
  • Ramona Lenz (Institute of Cultural Anthropology and European Ethnology, Goethe University Frankfurt, Germany)
  • Chiara Cipollari (Dept of Anthropology, University of Perugia, Italy
  • Sanja Kalapos Gasparac (Institute of Ethnology and Folklore Research, Zagreb, Croatia)
  • Britt Kramvig (Northern Research Institute (Norut), Tromsø, Norway)
  • Ester Võsu (Institute for Cultural Research and Fine Arts, University of Tartu, Estonia)
  • Margaret Hard (University of Las Palmas de Gran Canaria, Spain)
  • Michael A. Di Giovine (Dept of Anthropology, University of Chicago, USA)
  • Kenneth Little (Dept of Anthropology, York University at Toronto, Canada)

Call for papers

During the conference, paper presenters will be given 20 minutes with an additional Q&A time of 10 minutes (TBC). To propose a paper, please send a 250 word abstract including title and full contact details to tourismcontactculture@gmail.com. The Call for Papers for this event will initially be open until 20 March 2010. Late abstracts may be considered.

Registration

Registrations will be open from the end of March 2010. Registration forms can soon be downloaded at www.tourism-culture.comand at .www.cria.org.pt

Funding and Sponsorship

The conference is based on a cover-cost basis. Registration fees have not been fixed and their amount shall depend on the outcomes of different funding bids. The conference will not pay for travel and accommodation costs. Special rates for students and early registrations shall be available. Further details will soon be available.

Contact

Dr David Picard

CRIA/FCSH-Universidade Nova de Lisboa, Lisbon

CTCC, Leeds Metropolitan University, Leeds, UK

Conference contact email: tourismcontactculture@gmail.com

Url associée : http://www.tourism-culture.com/pop_up/forthcoming_conference…

Source : rezotour.com

Classé dans:Evénements, Gouvernances, Ingénieries, Outils, Politiques culturelles, , , ,

La semaine du tourisme britannique met le Mur d’Hadrien à l’honneur

Le mur d’Hadrien, la fortification qui marquait, dans l’actuelle Grande-Bretagne, la frontière nord de l’empire romain, a été illuminé sur toute sa longueur samedi par des torches portées par 500 volontaires.

Tout au long du mur qui sur 135 km traverse l’Angleterre, de Wallsend au nord-est à Bowess-sur-Solway au nord-ouest, 500 torches ont été allumées pendant 30 minutes tous les 250 mètres alors que la nuit tombait pour former une ligne de lumière sur le sentier qui court le long du mur.

Cette célébration aura nécessité la collaboration des 120 propriétaires des terrains traversés par le mur (même si ces terres appartiennent en définitive à la Reine) et la participation de milliers de volontaires dont certains venaient du Canada et d’Australie.

L’événement entendait marquer la semaine du tourisme britannique et le 1.600ème anniversaire de la fin de l’empire romain en Grande-Bretagne, en 410 après JC.

Cette célébration fut sans aucun doute chargée d’émotion car outre le fait que les anglais (en particulier les habitants du nord du pays) sont très attachés au mur, elle fut immortalisée par les milliers de touristes présents. Nombreux sont celles et ceux qui ont dû regretter que cette illumination ne dure que 30 minutes mais l’événement a toutefois été filmé depuis un hélicoptère qui a survolé tout le parcours. Cette semaine du tourisme britannique ne pouvait pas mieux marquer les esprits avec une telle opération.

Le mur, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, avait été construit en 122 après JC sur ordre de l’empereur romain Hadrien, pour marquer la frontière nord de l’empire. C’est le monument de l’Antiquité le plus grand de l’Europe du nord.

Classé dans:Evénements, Expériences, , ,

La Corée du Sud veut être dans le top 10 mondial de la culture

Le minitre de la culture sud coréen Yu In-chon a fortement marqué les esprits lors de son discours des vœux pour 2010, en affirmant que son ministère allait désormais travailler d’arrache-pied pour le développement de l’industrie du tourisme. « Visit Korea 2010-2012 » est le slogan de la campagne qui vient d’être lancée et qui vise à faire de la Corée du Sud un des 10 pays les plus développés sur le plan culturel au monde.

Cette campagne a pour objectif de valoriser et promouvoir, grâce à la création de nouveaux sites, de nouvelles destinations et de nouveaux événements culturels dans l’année qui vient, de manière à « attirer les amis du monde entier » a déclarré le ministre.

Avec l’accueil du prochain sommet du G20, les nouveaux musées nationaux, les galeries et les centres d’arts seront les vitrines de l’histoire et de la culture sud coréenne et le ministre veut profiter de l’opportunité de novembre prochain pour considérablement améliorer de l’image du pays et renforcer son attractivité touristique. Pour ce faire, la campagne « Visit Korea 2010-2012 » s’articulera autour de trois thématiques (2010 : "City and Style", 2011 :"Nature and People", 2012 :"Blue Ocean"). Chaque année s’appuiera notamment sur des événements d’ambition internationale autour des thèmes de la gastronomie, de l’éducation, du sport, de la culture :

  • 2010 est l’année de Séoul capitale mondiale du design, où la culture populaire sud-est asiatique, le tourisme urbain, la culture et la mode (secteurs en pleine explosion là-bas) seront à l’honneur ;
  • 2011 sera l’année pendant laquelle les championnats du monde d’athlétisme se dérouleront à Daegu et l’accent sera mis sur le tourisme vert ;
  • 2012 sera l’année de l’exposition internationale de Yeosu, année pendant laquelle les projecteurs seront braqués sur les technologies de l’information et de la communication, le tourisme maritime et balnéaire.

Au cours de chaque année, de nombreux événements seront organisés et rien que les trois événements mentionnés ci-dessous visent à eux seuls 8,5 millions de visiteurs étrangers. Il convient de noter que selon un rapport publié début janvier par la KTO (Korea Tourism Organization), 7,8 millions d’étrangers ont visité le pays, dont 56% de Japonais et de Chinois, ceci permet de mesurer l’ambition visée par le ministre.

Or cet objectif n’a rien une vue de l’esprit et n’a rien non plus d’un pari totalement fou puisque le ministère de la culture (qui a également le tourisme et le sport dans son portefeuille) poursuit la mise en œuvre d’une stratégie sans précédent pour le pays depuis près de trois ans, stratégie que nous avons évoquée à plusieurs reprises (notamment ici et ). Cette stratégie vise à trouver la bonne adéquation entre infrastructures et événéments, à mettre en ordre de marche les professionnels des secteurs de la culture et du tourisme (non sans une certaine autorité d’ailleurs) et à placer au rang de priorité nationale le rayonnement culturel du pays dans sa zone régionale mais aussi au niveau mondial. Il est vrai que la notion de culture a toujours été abordée de manière très spécifique en Corée du Sud, mise très en avant et au service de laquelle chacun se doit de contribuer.

Le tourisme culturel est pris très au sérieux par le gouvernement, et on mesure le poids des investissements réalisés lorsque la KTO évalue l’impulsion économique de cette politique à près de 2 points de PIB sur les deux dernières années. A l’échelle géographique et démographique du pays et dans le contexte économique, ceci constitue un effort considérable et sans équivalent.

Pour plus d’informations, visitez le site officiel du tourisme sud coréen.

Classé dans:Analyses, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Politiques culturelles, , , , , ,

Régions créatives : patrimoine, création et tourisme

La chaire Arts, Culture et Management en Europe BEM-Bordeaux Management School organise le troisième International ACME Workshop. La chaire ACME poursuit ses workshops internationaux, réunissant chercheurs et professionnels, avec une série de trois rendez-vous thématiques sur les régions créatives en 2009, 2010 et 2011.
Les régions créatives sont caractérisées par une identité culturelle portée par des infrastructures sociales et économiques propres. Elles se développent sous différentes conditions structurelles, économiques, politiques, organisationnelles, sociales.
Dans chaque workshop, cette question de recherche sera abordée à chaque fois sous l’angle d’un thème particulier, pertinent pour l’Aquitaine. L’édition 2009 aborde le triptyque "Patrimoine, Création et Tourisme", classique et toujours complexe.

THÈMES
Quels sont les rôles du patrimoine (matériel et immatériel), de la création et du tourisme, dans les stratégies de développement régional ? Comment ce triptyque construit-il l’identité des régions créatives ? Comment génère-t-il un processus de croissance ? Quels sont les différents modèles de régions créatives fondées sur ce triptyque ?
Quelles relations entre patrimoine et création, patrimoine et tourisme, création et tourisme dans les régions aujourd’hui ? Comment les interactions entre ces trois domaines d’activités, à la fois concurrents et complémentaires, contribuent-elles au développement des régions créatives ? Comment dépasser leurs antagonismes classiques et créer leur synergie ? Quel rôle les régions jouent-elles dans le processus de valorisation du patrimoine, de la création et du tourisme ? Quelles sont leurs politiques ? Quelles stratégies spécifiques, qui favorisent le développement de leur région, les organisations du patrimoine, de la création et du tourisme mettent-elles en oeuvre ? En quoi sont-elles nécessaires à une démarche de marketing territorial ?

Plus précisément :

  • Quel est le rôle du patrimoine matériel et immatériel dans le fonctionnement des clusters et districts créatifs ? Dans le développement de la création en général ?
  • Quel est le rôle de la création et plus largement des industries créatives dans la promotion du patrimoine des régions ?
  • Pourquoi le patrimoine peut-il être défini comme une industrie créative ? Comment est-il relié aux autres industries créatives ? La notion de "patrimoine du futur" a-t-elle un sens ?
  • Quelle place occupe le patrimoine dans les stratégies des acteurs publics et privés du tourisme ?
  • Quels sont les déterminants de l’offre et de la demande de tourisme patrimonial dans les régions créatives ?
  • Comment la création est-elle facteur de tourisme ?
  • Comment les créateurs et les acteurs du tourisme peuvent-ils davantage coopérer au sein d’un territoire ?
  • Comment les artistes et la population de ces régions créatives participent-ils à leur développement ?
  • Quelles sont les stratégies marketing permettant la synergie du patrimoine, de la création et du tourisme ?

Les workshops ACME sont des espaces de dialogue privilégié entre chercheurs et professionnels. Ils mêlent la communication d’expérience de différents acteurs du patrimoine, de la création et du tourisme avec des présentations de travaux scientifiques, issus de différentes disciplines en sciences sociales – sciences de gestion, économie, science politique, sociologie…
• En savoir plus : http://www.bem.edu/fr/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Dec…
• Document associé :Bulletin-inscription-workshop.pdf

Classé dans:Evénements, Expériences, Gouvernances, , , , , ,

Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

Classé dans:Ingénieries, Outils, Politiques culturelles, , , , , , ,

La culture s’invite au Forum Innovation Tourisme

Tourisme innovationAprès le succès du premier Forum qui, en 2007, a posé les bases de l’innovation dans le tourisme, cette deuxième édition propose d’aller plus loin en mettant la culture, élément clef de l’attractivité des territoires, au centre des débats. Dans un monde qui se questionne et se redessine, y compris dans le tourisme – en termes d’offres et de pratiques – ce Forum analysera les dynamiques d’innovation portées par la culture, domaine qui a su opérer de profondes mutations en phase avec les valeurs nouvelles de la société.

Organisé du 23 au 24 novembre par Rhône-Alpes Tourisme au Centre des Congrès de Saint-Etienne, ce Forum s’adresse à tous les professionnels du tourisme et de la culture, opérateurs privés ou publics, techniciens, élus et décideurs des collectivités territoriales.

Quelques extraits du programme :

  • Voyage dans le futur : pour innover, intégrer les tendances et évolutions de notre société
  • La Culture s’invite au Forum et parle de ses innovations : casser les codes, oser rompre les habitudes, donner du sens et de la valeur…
  • Culture et Tourisme : les mariages réussis pour le développement des territoires et des entreprises

Créativité et innovation, analyse de success-stories, séances de travail et implication des participants seront encore les maîtres mots, tant sur le fond que sur la forme pour ce Forum à Saint Etienne, ville revisitée par la culture et le design.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Source : Innovation Tourisme.

Classé dans:Evénements, , , , ,

Villes et événements / 2

Lille2004En décembre 2008, nous relations la tenue d’une journée passionnante de l’AGF (Association de Géographes Français) consacrée à la thématique de « L’événementiel et les villes touristiques ». Nous vous informons désormais de la toute récente parution des actes de cette journée. Il  s’agit du numéro 3/2009 du BAGF (Bulletin de l’association).

Les commandes peuvent se faire par courrier électronique (assogeo@wanadoo.fr contact Madame Monique LEPRETTE) ou postal auprès de l’Association à l’adresse postale suivante :

AGF Association de Géographes Français / Institut de Géographie / A l’attention de Madame M. Leprette / 190, rue Saint-Jacques / 75 005 – Paris

Le prix au numéro est de 25 €, les frais de port ne sont pas facturés. Règlement par chèque à libeller à l’ordre de l’Association de Géographes Français.

Classé dans:Ressources, , , , , ,

Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

Classé dans:Analyses, Gouvernances, Politiques culturelles, , , , , , , , ,

Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

Classé dans:Analyses, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Politiques culturelles, , , , , , ,

Atout France, opérateur unique du tourisme

Atout FranceLe projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques, adopté par l’Assemblée nationale le 8 juillet, vient compléter les missions d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France, née du rapprochement entre Odit France et Maison de la France et mise en place en mai 2009.

Cet opérateur unique de l’Etat doit permettre la mise en œuvre d’une politique publique du tourisme plus coordonnée et plus efficace, notamment pour mieux promouvoir à l’étranger la France comme destination de tourisme. Suite à l’adoption de la loi du 8 juillet, l’agence exercera en outre des missions d’intérêt général dans le domaine du classement hôtelier et de la tenue du registre des opérateurs de voyages.

La création d’Atout France s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a déjà donné lieu à la fusion de la direction du tourisme au sein de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) au ministère de l’économie.

Le projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques est destiné à moderniser durablement le secteur du tourisme en mettant en œuvre des réformes structurelles pour permettre au secteur d’accélérer son développement.

Le communiqué du 8 juillet sur le site du ministère de l’économie.

Le communiqué de création d’Atout France (19 mai 2009)

Source : site de la RGPP.

N’hésitez pas à commenter cette information car, les spécialistes du secteur le savent (voir ici), les aspects législatifs qui viennent d’être mis en place modifient fortement la donne et constituent une étape stratégique pour la suite, notamment pour la marque France. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans un post dédié à cette question, dès la rentrée.

Classé dans:Gouvernances, Ingénieries, , , ,

Flowersway

flowersway.logoTout récemment, un nouvel acteur est apparu sur le secteur du tourisme culturel, secteur où les TIC jouent un rôle de levier de développement de plus en plus incontournable. Orienté sur le plus beau des ressorts (« L’humanité du voyage »), Flowersway propose de partir à la découverte de nos territoires à travers des parcours inédits, le tout dédié et « brandé » comme autant de nouvelles façons de voyager. Ici tout est affaire de voyage, de création d’hospitalité et de rencontre.

Les marques et les institutions sont présentées selon des thématiques et selon leurs destinations et vu l’intelligence des formats de parcours/séjours proposés, il y a fort à parier que le site va non seulement se faire une place de choix dans les offres alternatives au tourisme un peu trop endormi sur ses lauriers mais va également s’imposer comme un opérateur et un partenaire de choix pour les institutions et les territoires.

Il manquait un nouveau média au tourisme, il manquait une nouvelle approche des territoires par la culture, il manquait une autre conception de la mise en tourisme et du marketing territorial. L’arrivée de Flowersway vient apporter une contribution importante pour l’avenir de ces secteurs, avec une offre dont l’attractivité va jusqu’à donner accès au site gratuitement à tous les professionnels et leur proposer des outils/widget seront à leurs dispositions dans la version 2 dès septembre.

Pour prendre plus précisément la mesure, voici un exemple pour les marques et fédérations sur des thématiques et un exemple pour les institutions sur leurs destinations. A noter également l’opération inaugurée tout récemment : Plein Soleil

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Classé dans:Expériences, Outils, , , , , , ,

Un guide à suivre

Events arts councilL’Art Council d’Irlande du Nord vient de lancer un guide événementiel en ligne d’une simplicité qui en est presque insultante lorsqu’on sait la complexité et le manque de lisibilité des outils que les institutions culturelles nationales emploient généralement.

C’est là toute la réussite de la démarche. L’outil permet à toute institution et à tout citoyen de soumettre en ligne un événement géo-indexé. Déjà en ligne, le site est sur le point d’être lancé officiellement via un vaste plan de promotion qui démontre qu’en Irlande on a parfaitement conscience que le tourisme est une ressource précieuse.

A destination du grand public, ce guide en ligne a été conçu pour faire la démonstration de la qualité et de la quantité de l’offre événementielle artistique du pays et pour encourage le public à y participer.

Chaque utilisateur peut cliquer sur le comté de son choix et obtient instantanément la liste des événements locaux accessibles.  La recherche peut bien entendu se faire en combinant plusieurs critères mais ce qui fait la performance de l’outil c’est qu’un clic suffit pour prendre connaissance de l’offre au niveau local comme au niveau national.

Comme cela sera probablement expliqué lors du tout prochain lancement de l’outil, il est clair que l’objectif revendiqué est triple :

  • une démarche constante d’amélioration du service au public pour que celui-ci puisse accéder à la culture et y contribuer,
  • booster la fréquentation des événements pour renforcer plus encore l’offre touristique nationale et locale,
  • encourager le tourisme culturel comme levier économique supplémentaire, capable de faire plus fortement fructifier les investissements et les financements dans les domaines culturels et artistiques.

En tout état de cause, il faut bien reconnaître qu’avec la démarche d’intégration de l’outil au sein des différentes stratégies touristiques, culturelles et territoriales du pays, c’est un pas supplémentaire vers la mutualisation utile, décomplexée de tout discours, concrête et opérationnelle. Prenons-en de la graine…

Classé dans:Expériences, Politiques culturelles, Ressources, , , , , , ,

Visiter grâce aux TIC

Journée technique d’ODIT France : les technologies de l’information et de la communication au service de la visite culturelle et touristique

Les technologies de l’information et de la communication (TIC) qui ont envahi la vie quotidienne suscitant de nouvelles pratiques et des nouveaux modes de consommation transforment en profondeur les secteurs du tourisme et de la visite culturelle. Le contexte résultant des progrès techniques mais aussi des évolutions socioculturelles, géopolitiques, économiques est riche en opportunités mais aussi en risques nouveaux. Apparaissent des possibilités particulièrement prometteuses de valorisation du patrimoine culturel et naturel.

Les enjeux concernent directement les établissements culturels, les territoires, leur attractivité et plus généralement les différentes facettes de l’image de la France, le développement économique et humain du pays. La crise d’origine financière qui frappe le monde donne une actualité particulière à ces enjeux.

La journée technique du 5 mai permettra d’approfondir tous ces points en s’appuyant sur un travail approfondi qu’ODIT France a réalisé avec ses partenaires, la Direction des Musées de France (DMF), le Centre des Monuments Nationaux (CMN), et l’Agence Régionale de la Société de l’Information de Midi-Pyrénées (ARDESI), support de cette journée technique. Cette étude a en particulier permis de dégager dix indicateurs de la pertinence de l’exploitation des technologies numériques pour le déploiement d’une stratégie en trois temps. Cette stratégie aurait pour objet de renforcer et pérenniser l’attractivité tant des territoires que des établissements culturels et des autres acteurs désireux de participer à une action en partenariat.

Le premier temps correspond à la captation en ligne de l’intérêt du futur visiteur. Dès lors le public potentiel ne se limite pas à quelques centaines de millions de touristes privés ou professionnels mais à l’entourage des internautes du monde entier, déjà plus d’un milliard et demi de personnes. Dès cette étape, les établissements comme les territoires ont des possibilités inédites de communiquer, échanger, instruire, commercer à distance avec des visiteurs dits virtuels mais bien réels. Ces possibilités d’actions et transactions à distance peuvent prendre une importance critique si le contexte économique, politique ou les contraintes écologiques et/ou énergétiques limitent les déplacements physiques à grande distance.

Le deuxième temps est naturellement celui de la visite physique. La journée illustrera les pratiques et perspectives d’enrichissement de cette étape majeure grâce aux techniques numériques en faisant le point sur les meilleures pratiques mondiales.

Le troisième temps est celui de l’après visite : il s’agit de mieux profiter des techniques numériques  pour garder le contact avec les visiteurs tant virtuels que physiques, maintenir leur intérêt, approfondir contacts et échanges, amener ces visiteurs à se transformer en prescripteurs, ambassadeurs, et à revenir. Du point de vue touristique et économique, l’enjeu est de créer un « tourisme après le tourisme », un flux régulier de transactions. Du point de vue culturel, les établissements pérenniseront leur rôle et étendront dans l’espace et le temps leur influence.

Pour plus d’informations, cliquez ici

Classé dans:Evénements, Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles, , , ,

A propos du tourisme culturel

tourisme culturelA signaler parmi les nouveautés prometteuses de l’ingénierie du tourisme culturel, une initiative rare dans ce domaine encore récent en France, initiative qui fait plus que bousculer nos habitudes sectorielles : le blog de l’agence Nouveau Tourisme Culturel.

Evelyne Lehalle, directrice de NTC, a fait partie des personnes de chez ODIT France qui ont « osé » l’été dernier l’excellent mais encore trop méconnu tourismeculturel.net.

Forte d’une trajectoire professionnelle pour le moins remarquée et remarquable dans l’administration de la culture et du tourisme, Evelyne Lehalle fait partie de ces personnes ressources qui savent construire des passerelles entre ces deux secteurs aux réflexes corporatistes encore bien présents.

Depuis son nouveau camp de base niçois, elle poursuit ses incursions dans ce nouveau territoire encore très peu structuré en France, tout en jetant comme à son habitude quelques bons et gros pavés dans la mare. Ce qui ne plaît évidemment pas à tout le monde (et c’est tant mieux), c’est qu’elle a choisi en totale articulation avec sa stratégie d’entreprise de décloisonner les domaines d’expertise du tourisme et de la culture. Il fallait de toute façon avoir été légitime des deux côtés du miroir pour le faire, ce qui est plus que son cas.

Ajoutons à cela le détournement du Ken de Barbie en archétype du touriste en situations aussi diverses que variées, il n’y a qu’un pas pour réactiver les névroses de l’homme civilisé chez certain(e)s.

Ce totem de Ken, pour poursuivre l’analogie freudienne, est là pour tout le contraire, vous l’aurez bien compris. Il n’y a aucun danger à se tourner vers lui, lui faire face et l’interroger sur les étendues méconnues et tant redoutées.

Quoi qu’on en dise, à bien y regarder de près, ce sont les fondations d’une ingénierie très prometteuse qu’elle contribue à établir.

Car si le tourisme culturel est encore marginal et a longtemps été méconsidéré en France, il constitue une préoccupation grandissante. Son impact sur les stratégies des territoires est considérable à l’étranger et le deviendra aussi en France, qu’on ne s’y trompe pas. Il faut bien agir car la concurrence se fait de plus en plus féroce, qu’elle soit globale ou locale. Il y a fort à parier que structurer le tourisme culturel à court terme comme une industrie avec son ensemble de métiers, allant de la sociologie au markéting opérationnel en passant par la gouvernance publique, pourrait constituer un vecteur de développement considérable, capable de renouveler de nombreuses filières et secteurs en quête de synergies.

Depuis plusieurs années on pouvait malgré tout sentir un frémissement mais il faut bien admettre que sans des initiatives comme celles qu’ODIT France a prises, dont certaines sous la houlette d’Evelyne Lehalle à l’époque, en tissant des liens avec le Ministère de la culture et de la communication, nous en serions toujours au stade protohistorique.

Les forces en présence ont souvent été considérées par nature peu conciliables, du moins en France où nous souffrons parfois encore d’autisme caractérisé lorsqu’il s’agit de travailler au niveau interministériel. La Culture considérant qu’elle à moins à gagner que le Tourisme dans ce mariage contre nature, le Tourisme considérant très longtemps que culture était inhérente à la valorisation touristique, ce sont au fond deux secteurs qui se sont simultanément ignorés et instrumentalisés. En effet, cela ne va pas de soi de collaborer quand tant de différences structurelles et stratégiques peinent à s’articuler et, malgré le guide « Tourisme et Culture, travailler ensemble » (auquel Evelyne Lehalle n’est pas étrangère évidemment puisqu’elle en est le co-auteur) qui établit les grands principes pour construire une démarche commune, nous sommes encore loin d’avoir franchi le Rubicon.

Quelques explorateurs comme NTC sont en train de cartographier et de poser les fondements du domaine.

Le fait est que l’offre culturelle constitue LA force majeure d’attractivité touristique (les chiffres sont massivement éloquents) et que les transferts de connaissance et les échanges de savoir-faire sur les meilleures pratiques constituent une évidence. Encore faut-il que cela s’intègre dans la vision de nos élus, ce qui n’est pas toujours le cas à un niveau individuel mais devient quasi inextricable dans la logique des financements croisés.

Ce sont en effet les collectivités territoriales qui détiennent les clés du développement. L’Etat, ses établissements et son administration déconcentrée sont là pour les y aider mais le « time to market » est n’est pas toujours au rendez-vous. Il faut donc évangéliser et évangéliser encore, créer des démarches et des plates-formes de réflexions et d’échange, étayer nos benchmarks et nos veilles, etc. Cela ne produit pas d’effets sans frictions car pour s’y piquer il faut s’y frotter.

Or on voit bien à quel point il est difficile, notamment dans les grandes métropoles (quel paradoxe !) de convaincre chacune des parties prenantes qu’un objectif supérieur et commun est préférable au maintien des cloisonnements des politiques sectorielles qui ne cherchent qu’à se conforter elles-mêmes.

Défaut de vision stratégique ? Défense d’intérêts particuliers ? Récurrence des tendances autocrates ? Maintien d’un modèle de gestion interne pour préserver une paix sociale ? Absence de vision dans la gouvernance face aux enjeux externes ? Autant de questions que le tourisme culturel peut amener à faire avancer, car, ne serait-ce que du point de vue de l’expérimentation, l’ingénierie naissante du tourisme culturel contient tous les ingrédients du changement que l’on retrouve dans les politiques intégrées. Il en va de même pour l’innovation (qu’elle soit sociale ou technologique d’ailleurs). Il ne s’agit plus de prospective mais de démarches opérationnelles redoutablement efficaces si chacun accepte et assume la part de responsabilité qu’il doit y prendre.

Prenons l’exemple de la mise en tourisme. Ce n’est pourtant pas un mot sale et imprononçable pour la culture mais qu’il est difficile de mettre en œuvre la mise en tourisme sur certains territoires ! Malgré des offres à la qualité et à l’exigence toujours plus élevées, les territoires maintiennent souvent les opérateurs concernés livrés à eux-mêmes.

Dans les théories de la gouvernance, maintenir un tel état de fait pour les OBNL conduit à augmenter la concurrence liée au niveau de la clientèle et des sources de financement. Très peu sont gagnants dans cette configuration, au contraire.

On voit bien par ailleurs que si les démarches de labellisation ont conduit à créer des cadres structurants, les labels peinent à conserver leur cohérence face à leur multiplication.

Les collectivités qui s’en tirent le mieux sont celles qui réussissent à créer leur propre « branding », déclinable opérationnellement auprès des acteurs et opérateurs du territoire, valorisable et exportable dans des logiques où marketing territorial et gouvernance parviennent conjointement à rejoindre les préoccupations de plusieurs politiques sectorielles.

Sur ce point, il est clair que les politiques événementielles vont subir (et/ou y participer, selon les cas) ce mouvement permettant un meilleur pilotage et une meilleure coordination des atouts d’un territoire.

La conséquence, et cela nous semble être plus que bénéfique et encourageant, c’est l’instrumentalisation de la communication par le politique et non pas le contraire.

Ce retour en force du politique, au bon sens du terme, survient en des temps contraints et inquiets mais il contient une dynamique dont il faut savoir se saisir, que l’on soit un « policy maker » ou « policy worker ».

Ce qui ne fait aucun doute, c’est que les activités, les attraits et les manifestations culturelles seront prisés par un segment de touristes de plus en plus large. La concurrence risque par contre d’être vive, les destinations se positionnant de plus en plus sur ce segment de marché et c’est en se penchant sur l’histoire du tourisme culturel que l’on peut y percevoir des pistes pour l’avenir mais aussi les actions présentes à conduire en France.

Depuis la fin des années 1990, les colloques, les séminaires et les écrits visant à mieux comprendre et à optimiser les liens qui unissent la culture et le tourisme se sont multipliés à l’échelle mondiale.

Cette multiplication s’accompagne de cas de spécialisation du tourisme culturel autour d’une dimension particulière : les musées, le patrimoine, l’art contemporain, les politiques culturelles, la créativité, les régions, etc.

Ce mouvement demeure conditionné par de nombreux facteurs conjoncturels tels que la mondialisation, la concurrence et l’obligation de différenciation pour les destinations, la segmentation accrue des clientèles touristiques et la sophistication des attentes, la recherche de nouvelles sources de revenus, la tendance au développement durable et à la protection de l’environnement.

Dans cette optique, le marché du tourisme culturel intéresse de plus en plus les intervenants des secteurs concernés.

L’intérêt touristique pour la culture n’est pas nouveau : il remonte en fait au début des années 1960.

Comme cela a été rappelé lors du colloque « Culture et Tourisme, au cœur de l’identité urbaine » qui s’est tenu en novembre 2008 à Montréal, c’est dès 1963 que s’affirme une première reconnaissance du tourisme culturel. En effet, cette année-là, le conseil économique et social des Nations Unies soutient que le tourisme culturel contribue de façon certaine « à la cause de l’amitié et de la compréhension entre les peuples ».

Dans la foulée, en novembre 1966, l’UNESCO atteste par résolution que le tourisme culturel favorise le renforcement de la paix.

En novembre 1976, lors du Séminaire international "tourisme et humanisme contemporain" de Bruxelles, est adoptée la première charte internationale du tourisme culturel.

La charte internationale du tourisme culturel maintient alors que c’est le respect du patrimoine mondial, culturel et naturel qui doit prévaloir sur toute autre considération, aussi justifiée soit-elle sur les plans social, politique ou économique. Cette charte a évolué depuis. Sa dernière version a été adoptée par l’ICOMOS en octobre 1999.

Le tourisme culturel, misant sur l’identité et l’authenticité des destinations, apparaît comme un élément de réponse aux tendances de la demande touristique et aux enjeux de l’industrie. Un nombre croissant de destinations compte sur les différentes formes d’expression de leur culture pour se différencier et attirer les clientèles mais leur potentiel est encoure sous-exploité.

Certes, le tourisme n’est pas une panacée et peut ne pas convenir à tous les attraits culturels. il n’en demeure pas moins que plusieurs organismes, institutions, manifestations et sites culturels ayant une potentialité touristique restent en marge de cette activité.

Il faut dire que les efforts de promotion touristique de la dimension culturelle se concentrent souvent sur les valeurs sûres — les musées, les festivals, les sites historiques. Mais on constate de fortes difficultés dès lors qu’il s’agit de très grandes opérations (multiplicité des interlocuteurs, diversité des sources de financement et des niveaux de décision) et d’opérations de taille beaucoup plus modeste.

Un nombre important d’organismes culturels pourraient aisément s’insérer davantage dans l’offre touristique, mais, faute de connaissances adéquates, de ressources, de moyens de promotion et de stratégies de communication, ils demeurent réticents ou éprouvent des difficultés à percer ce milieu.

Le tourisme et la culture évoluent pourtant sur un terrain commun, les préoccupations et les enjeux convergent.

Cette convergence des intérêts est de surcroît encouragée par la croissance soutenue du tourisme culturel à l’échelle mondiale. mais, en dépit d’un contexte des plus favorables à l’élargissement des liens de collaboration entre les deux milieux, de nombreux intervenants, souvent par simple méconnaissance, demeurent réticents à s’engager sur la voie du tourisme culturel principalement du fait que c’est un apport qualitatif – quantitatif diamétralement opposé qui les accorde.

Pour en arriver à une collaboration plus étroite entre le tourisme et la culture, des obstacles restent à surmonter. À cet effet, nombreux de part et d’autre sont ceux qui identifient, comme lors du  colloque « Culture et Tourisme, au cœur de l’identité urbaine »:

  • le manque de connaissances des besoins des secteurs respectifs de la culture et du tourisme ;
  • le peu de liens officiels et permanents entre les deux milieux ;
  • l’ambivalence des acteurs du secteur de la culture à l’égard du tourisme ;
  • l’insuffisance des ressources humaines et financières des organismes culturels ;
  • le manque de savoir-faire en marketing touristique des organismes culturels ;
  • l’absence, pour certaines destinations, d’une image de marque claire et précise facilitant, voire incitant, l’intégration de la culture à l’offre touristique.

Surmonter les obstacles et les appréhensions, se défaire des fausses perceptions et développer un langage commun, tels sont les éléments essentiels qui assurent le développement d’une vision partagée et l’élaboration de partenariats concrets.

Parmi les démarches les plus récentes, tel est le cas du travail remarquable fait par Wonderful Copenhagen pour structurer et animer les différentes filières dans l’accroissement de l’attractivité du territoire à partir d’une stratégie dite 360° de son offre événementielle. Cela décoiffe et renouvelle totalement le rapport au territoire, que l’on en fasse partie où que l’on y soit en touriste d’ailleurs. Nous avons eu l’occasion d’assister à une présentation très détaillée de cette offre lors du séminaire Paris-Mix le 31 mars dernier, (où nous avions fait venir la Ville de Londres par ailleurs), nous aurons l’occasion d’y revenir ce mois-ci sur C.E.G.

L’offre d’expériences culturelles authentiques, uniques et enrichissantes permettra assurément à certaines destinations de se distinguer des autres. une collaboration plus étendue, mais en même temps plus étroite entre les intervenants du tourisme et de la culture, de même que la structuration de réseaux permettant des actions concertées et innovatrices, constituent des atouts de taille.

C’est aussi cela l’effet incontournable et positif de la mondialisation que de rendre plus locale encore la compétition. Il y a tant à reconstruire, tant à repenser. Faites donc comme Ken le touriste !

Classé dans:Analyses, Ingénieries, Politiques culturelles, , , ,

L’Acropole méprisée

L’Acropole a été fermée pour la cinquième fois en l’espace de deux semaines. La raison : les grèves des employés qui réclament un emploi à durée indéterminé et le paiement des salaires qui n’a toujours pas été effectué. Le quotidien Ta Nea critique l’attitude de la Grèce envers ses biens culturels. "Il est difficile de trouver dans le monde un pays qui … insulte son patrimoine culturel de manière aussi poussée et fréquente que ne le fait la Grèce. … Ce qui s’est passé ces dernières semaines dans l’un des monuments archéologiques les plus symboliques de la planète représente non seulement un mépris pour notre culture, mais aussi un coup dur pour notre industrie touristique. Et ce à un moment où l’économie repose ses plus grands espoirs sur le tourisme pour sortir de la crise."

Source : BpB

Classé dans:Analyses, Evénements, Expériences, , , ,

Villes et événements

Lille2004Le 6 décembre dernier s’est tenu à l’Institut de Géographie de Paris un séminaire scientifique intitulé « l’événementiel et les villes touristiques », sous la coordination et la direction d’Edith Fagnoni (Maître de conférence – Université Paris 4, IUFM) et de Jérôme Lageiste (Maître de conférence – Université d’Artois).

Cette journée était fondée sur la question de l’événement comme valorisation de la ville, partant du constat que l’événementiel dans les politiques urbaines est un enjeu majeur de l’attractivité des territoires et devient un outil à part entière de leur développement.

En attendant la publication des actes de cette journée particulièrement dense, nous revenons sur quelques points et enseignements qui visent en cette période de crise à donner des perspectives, perspectives qui ont généralement tendance à s’effacer devant l’urgence et la gestion du court terme. En effet, si par définition l’événement relève de l’éphémère (même récurrent), son inscription dans les territoires dépend désormais d’une gestion qui ne peut être à court terme si l’on veut développer une offre culturelle et touristique qui soit non seulement structurante et durable mais également efficiente.

Si l’événementiel renvoie aujourd’hui de plus en plus à une compétition entre les villes, voire une concurrence, la recherche de l’inscription de ces événements dans la durée conduit à structurer autrement les stratégies urbaines et les politiques d’image des villes. La journée a témoigné très largement de ces aspects en s’appuyant sur des exemples de manifestations éphémères et pérennes pour tenter, à travers différentes approches catégorielles, de construire une réflexion sur les effets sociaux, spatiaux et temporels de la dynamique urbaine.

Nous avons souhaité revenir sur l’exemple de Montréal car cette métropole démontre depuis les années 60 qu’on peut conjuguer des préoccupations très différentes à partir d’une stratégie globale d’image à l’international qui fixe des objectifs et favorise une synergie d’acteurs essentiels à l’amélioration du cadre de vie de la ville.

Jusque dans les années 1960, Montréal était la plus importante ville canadienne. Mais avec la réorientation progressive de l’économie nationale vers les États-Unis et le déplacement du centre démographique canadien vers l’ouest, Toronto était mieux placée pour un développement rapide. Pour retrouver une dynamique de développement, il fallait concevoir un axe fort de valorisation et de promotion de manière à attirer l’investissement, imaginer des projets ambitieux et consensuels et aménager la ville pour qu’elle crée de meilleures conditions d’accueil, de croissance et de qualité de vie.

À ce titre, Montréal est un exemple frappant de volonté politique. Le maire de l’époque, Jean Drapeau, a effet eu un impact très fort sur la ville, en mettant en œuvre dès son élection un programme visant à développer l’image de Montréal comme ville internationale. Le pari était audacieux : faire de Montréal en 10 ans une ville qui compte parmi les grandes métropoles d’envergure internationale. En l’espace de 10 ans, le pari fut réussi, ce qui constitue un véritable tour de force. Et les événements y ont joué un rôle déterminant.

À partir du milieu des années 60, comme le rappelle dans son introduction Florence Smits (maître de conférence à l’Université Paul Verlaine de Metz), Montréal a fortement axé sa promotion touristique et son image sur les événements, qu’il s’agisse de manifestations de grande ampleur (Exposition Universelle 1967, Jeux Olympiques 1976) ou de festivals et événements ponctuels plus ou moins renommés (Grand Prix du Canada, FrancoFolies, Montréal en lumières, pour n’en citer que quelques-uns).

Cette double stratégie basée sur la conjugaison du tourisme et de l’événementiel s’est traduite par une évolution certaine du paysage urbain et de l’image de la ville, des retombées économiques fortes et une pratique urbaine qui utilise largement les espaces publics.

Les retombées sont inégales mais les enseignements de cette stratégie sont triples :

  • une image et une économie dynamisées, à travers une inscription forte sur la carte du monde en tant que ville ouverte, festive et accueillante, relayée par des initiatives fortes pour attirer les investisseurs étrangers,
  • un paysage urbain modifié (voir l’histoire des réaménagements de l’île Saint Hélène et l’île Notre Dame par exemple),
  • des espaces publics propices aux manifestations, intégrés dans une certaine pensée de la gestion de la ville, avec des pratiques urbaines uniques, donnant l’image d’une ville en fête soucieuse de permettre la cohabitation entre événements et vie quotidienne.

Hélas, cette période structurante de développement qui a débuté dans les années 60 donne des signes de fragilité. En effet, si le calendrier des événements de la ville est désormais très complet tout au long de l’année, son financement, son renouvellement et sa pérennisation ont un coût important qui ne peut être négligé et qui doit être pris en compte. Le grand prix du Canada n’aura pas lieu cette saison par exemple car la contribution de la ville est insuffisante de 30 millions de dollars environ (sur un coût total de 135 millions). La perte d’un événement de cette taille a des répercussions importantes en termes d’image et de présence de partenaires internationaux. Lorsque la politique d’image d’une ville s’appuie fortement sur des événements de cette dimension, elle en est fragilisée si elle ne parvient pas très vite à trouver de nouveaux moyens de capter les flux qui compenseront le manque à gagner. En termes d’image, une ville ne peut se permettre de régresser.

Paris par exemple a connu un accroissement considérable de sa notoriété et de son patrimoine urbanistique au fil des quelque 8 expositions universelles qu’elle a organisé en près d’un siècle (ville record en la matière). On peut également prendre deux exemples contradictoires pour Paris : l’effet de la coupe du monde 1998 et la non-obtention des jeux olympiques de 2012. On voit parfaitement que ces grands événements sont de formidables atouts et opportunités dont le revers de la médaille est constitué de périodes plus ou moins longues de perte d’attractivité qui nécessitent de nouvelles dynamiques d’investissement pour être atténuées et surmontées.

La perte d’attractivité de Montréal se mesure bien entendu au regard de la concurrence des autres grandes destinations de la planète. Cette concurrence est en effet plus sévère et s’élargit dans un espace qui est toujours plus mondialisé, avec un public de plus en plus exigeant et une certaine unicité proposée des produits et des offres.

Si aujourd’hui cette politique semble montrer les limites dont témoigne la perte d’attractivité de Montréal, ceci oblige les acteurs montréalais à repenser leur stratégie, notamment en termes de choix de programmation, de politiques d’accompagnement du développement et de politique d’aménagement, car le contexte évolue.

Faut-il créer et/ou accueillir de nouvelles formes d’événements d’envergure internationale pour relancer la dynamique ? Faut-il rénover voire repenser l’image de la ville ? Le maire actuel Géral Tremblay a par exemple mené des initiatives fortes dans le domaine de la coopération inter-métropoles (Paris figure parmi les grands axes de coopération).

La grande réussite de Montréal a reposé sur des investissements importants pour mener conjointement une stratégie d’influence et de rayonnement culturel de loisirs grand public avec une politique d’infrastructures et d’accompagnement des événements afférents.

La crise est là pour nous rappeler que sans investissement pour soutenir les infrastructures actuelles, celles qui sont en projet, l’activité sectorielle et les activités rassemblant certains secteurs porteurs (notamment les grappes économiques), les restrictions qui se mettent en place fragilisent bien des schémas.

Ces quatre dernières années, Montréal a su montrer sa capacité d’investissement dans des secteurs de pointe comme le multimédia, l’image, les TIC en agrégeant un cluster certes encore fragile mais parmi les tous premiers au monde. Les événements et les acteurs basés à Montréal dans ces domaines sont particulièrement actifs et il y a fort à parier que ce qui peut être réussi dans des domaines aussi pointus des industries créatives peut également s’appliquer à une plus grande échelle de public pour constituer de nouveaux produits touristiques d’appel.

Le niveau de maturité du Canada dans le domaine des partenariats public-privé permet par exemple d’envisager (dans un contexte de politique nationale et régionale certes très tendu) de nouveaux grands projets structurants (nous aurons l’occasion d’en parler dans un prochain article).

Une politique basée sur l’événementiel de renommée mondiale repose sur l’investissement des structures pour un impact touristique durable. En revanche, l’événementiel même à caractère régulier ne suffit pas à construire une image ni à faire une politique. Il y a donc des corrélations à établir pour construire des flux touristiques qui cohabitent parfaitement avec la qualité de vie dans la conception de la politique de la ville.

Il serait intéressant par exemple de comparer la conception et la mise en œuvre de Montréal en lumières ou de son Quartier des spectacles avec d’autres quartiers de grandes métropoles qui sont concernés par des grands événements réguliers. On verrait assez aisément que dans le premier cas il y a une tentative de créer un tissu territorial et un espace public intégrant des activités qui proposent entre autres de l’événementiel aboutissant à des quartiers mixtes particulièrement vivants, et dans le deuxième cas (prenons l’exemple de Paris avec Nuit Blanche ou Paris Plage) nous observons ce qu’Edith Fragnoni appelle un urbanisme d’image.

En France, de nombreux festivals sont confrontés à la difficulté de leur inscription pérenne dans leur territoire. De nouveaux projets parisiens, nantais, marseillais, lyonnais et bordelais en cours de conception sont toutefois en train de générer des espoirs importants dans la manière d’occuper et irriguer le territoire tout en participant à une offre culturelle et touristique qui peut s’intégrer dans le marketing d’image de ces villes. Nous en parlerons sur CEG dès la rentrée.

Classé dans:Analyses, Evénements, Expériences, Ingénieries, Politiques culturelles, , , , ,

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 191 followers

%d bloggers like this: