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How Museums Foster Cultural Understanding in Cities

Parts of the Los Angeles community: LACMA, The Broad, and The Getty. Photos from left: Flickr users Susan Broman, Melissa Delzio, and Photos by Clark, CC BY-NC 2.0 - See more at: http://blogs.getty.edu/iris/how-museums-foster-cultural-understanding-in-cities/#sthash.GBOVhfxx.dpuf

Parts of the Los Angeles community: LACMA, The Broad, and The Getty. Photos from left: Flickr users Susan Broman, Melissa Delzio, and Photos by Clark, CC BY-NC 2.0 

Museums make better cities, and more tolerant citizens 

Why have New York, Chicago, and Los Angeles remained such vital centers of trade and finance over the years, constantly reinventing themselves to meet the ever-changing needs of the world’s economy? In great part because they have always welcomed immigrants hungry for work and cultural freedom and, in the process, not always easily but ultimately successfully, have built a dynamic, multilingual, and cosmopolitan community open to all that the world has to offer. My wife and I lived in Chicago for seven years, from 2004 to 2011. We came to know it well and to feel a part of it quickly, easily. In its first century, it was one of the fastest-growing cities in the world, doubling every decade through most of the 19th century. By 1890, the city that had had only 30,000 residents at mid-century was the fifth largest city in the world, with large numbers of immigrants from Ireland, Italy, Germany, Poland, Sweden, and Mexico. Today its population is almost three million, with large numbers of immigrants from Bosnia, India, Nigeria, and Southeast Asia. Almost 30 percent of its population speaks a language other than English at home.  For the six-county area that comprises Greater Chicago, the five most common languages after English are Spanish, Polish, Arabic, Chinese, and Tagalog. What helps Chicago attract and integrate its ever more diverse population? Among other things, I would argue its cultural institutions.

James Cuno.

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This post originally appeared on Global Insight, the blog of the Chicago Council on Global Affairs. James Cuno speaks at the 2016 Chicago Forum on Global Cities, held June 1–3, 2016.

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Jeux Olympiques 2024, exposition universelle 2025 : un Paris au bon niveau ?

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L’hypothèse des JO 2024 ET de l’exposition universelle 2025 à Paris fait de plus en plus sens et il est difficile d’imaginer de perspective porteuse d’un meilleur avenir pour la petite décennie qui nous en sépare.

On le sait depuis peu, il n’est plus question de choisir l’une ou l’autre des manifestations, il faut obtenir les deux et grâce à la dynamique qu’elles peuvent créer, il faut faire en sorte que Paris se projette sur les 50 prochaines années, ce dont la ville a cruellement besoin.

Dans ces conditions, comment ne pas imaginer profiter de ce formidable « alignement de planètes » pour faire que Paris prenne un temps d’avance dans tous les domaines ? Facile à dire. Mais comment ne pas imaginer d’en profiter pour tourner le dos à des pratiques, des processus et des modèles organisationnels d’un autre siècle ?

Ce ne sont pas les chiffres vertigineux (23 milliards d’euros de retombées pour l’exposition universelle et faire au moins aussi bien que les 14,5 milliards d’euros des JO Londres) qui doivent motiver ce type d’initiative. Ils en sont la conséquence, le résultat, si l’immense volume de travail à accomplir est parfaitement pensé, organisé et réalisé.

Ces très grands événements sont des accélérateurs dans la valorisation des territoires qui engendrent des mutations profondes sur le cadre de vie et sur le vivre ensemble mais les bénéfices attendus peuvent s’avérer de dangereuses chimères après lesquelles nos politiques ont tendance à courir un peu trop vite, principalement parce que les modèles d’organisation et de gouvernance datent toujours du XXème siècle.

En effet, comme cela arrive bien trop souvent dans l’organisation de ces grandes manifestations, un temps précieux (plusieurs années) est perdu et n’est pas mis à profit pour mettre en œuvre une planification stratégique et opérationnelle bien plus pertinentes que celles qui sont généralement faites dans les 2 années qui précèdent l’événement où tout le monde se réveille en faisant mine que tout cela est parfaitement normal et sous contrôle.

Le risque se situe aussi dans ce que Jean-Jacques Gouguet et Jean-François BROCARD évoquent dans un article paru dans Futuribles en 2014 : « … l’accueil de grands événements sportifs ne contribue pas nécessairement à l’amélioration du bien-être des pays concernés. La décision d’accueil n’est pas toujours prise de façon démocratique, mais le plus souvent par les parties prenantes qui ont des intérêts dans l’événement ».

De la décision d’accueil jusqu’à la passation des marchés et au suivi de leur exécution, ce risque est permanent et là encore on ne parle jamais suffisamment du caractère vital de la clarté et de l’efficacité dans la planification stratégique et opérationnelle. C’est un modèle ultra performant qui doit être mis en place et les cultures organisationnelles d’un pays à l’autre contiennent un ADN bien différent.

En l’occurrence, que dit l’ADN de l’organisation à la française ? Il est vertical et autocrate. Plus il y a de complexité et d’enjeux, plus il y a de verticalité et d’autocratie ; elles s’ajoutent les unes aux autres ce qui multiplie les risques de dérapages en tout genre, de temps et d’argent perdus.

Quoi de mieux donc pour Paris que de prendre le taureau par les cornes en refusant de reproduire le modèle et les erreurs habituelles ?

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Culture, Front national et droits culturels

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Jean-Michel Lucas* nous offre une fois de plus une contribution majeure. Une réflexion sur la culture, les droits culturels et la politique culturelle qui passe au révélateur ce qui se trame dans le programme culturel du Front National.

  • à toutes celles et ceux qui auraient été tenté(e)s de croire, ne serait-ce qu’un instant, en la duperie profonde et dangereuse que constitue le Front National pour la démocratie et pour notre république, il est encore temps de retrouver la raison ;
  • à toutes celles et ceux qui combattent cette colonisation des esprits entreprise par le Front National depuis trop longtemps, il n’est pas trop tard ;
  • à toutes celles et ceux qui croient encore que la culture est le rempart ultime de ce qui fait humanité et civilisation contre l’ignorance, la barbarie et la terreur, il ne faut ni se résigner ni se réfugier dans le confort des certitudes et des petits salons ;

ce texte vient s’ajouter à la longue liste des raisons pour lesquelles il n’y a aucune excuse pour dire qu’« on ne savait pas ».

En voici l’introduction :

« La loi NOTRe (Juillet 2015) a rappelé que la politique culturelle devait faire référence aux droits culturels des personnes ( article 103).

Pourtant, on m’a rapporté qu’à plusieurs reprises des acteurs professionnels des arts avaient marqué leur opposition franche à cette perspective, sous prétexte que les droits culturels feraient le jeu du Front National.

Cet argument m’a troublé, d’autant que je ne l’ai jamais entendu lors des interventions publiques que je fais pour promouvoir les droits culturels.

De plus, nul ne l’a, pour l’instant, revendiqué par écrit. J’ai pris au départ cet argument pour une basse manœuvre de dénigrement, sans grand intérêt.

Mais il est arrivé que le Front National recueille les voix de près de 7 millions d’électeurs. Le FN occupe des positions fortes dans plusieurs régions et communes. Il fallait donc prendre au sérieux cette question de la relation possible entre le Front National et les droits culturels. »

Pour lire la suite, cliquez ici.

*Président de Trempolino, docteur d’Etat ès sciences économiques et maître de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne dont il fut le vice-président de 1982 à 1986, Jean-Michel Lucas fut également conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang de 1990 à 1992, où il y impulsa notamment le programme « Cafés Musiques ». Nommé Directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine en 1992, il mit en place une politique culturelle d’État en étroit partenariat avec les collectivités locales, et avec comme préoccupation de valoriser la place de la culture dans les politiques de la ville et des territoires ruraux. Ce « militant de l’action culturelle », connu sous le pseudonyme de Doc Kasimir Bisou, a participé à plusieurs projets sur le devenir des politiques culturelles et sur les légitimités dans lesquelles elles s’inscrivent. En Bretagne comme en Aquitaine, il fut par ailleurs à l’origine de nombreuses réalisations concernant les musiques amplifiées (RAMA, festival d’Uzeste, Rencontres Trans Musicales de Rennes…).

Du même auteur sur cultural-engineering.com :

Vous pouvez retrouver toutes ses contributions en cliquant ici et n’hésitez pas à réagir et à contribuer au débat !

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Premier panorama mondial de l’économie de la culture et de la création

Panorama

Avec des recettes d’un montant de 2 250 milliards de dollars, les secteurs culturels et créatifs représentent 3% du PIB mondial et emploient 29,5 millions de personnes (soit 1% de la population active mondiale).

Les secteurs culturels et créatifs (ICC) génèrent des revenus supérieurs à ceux des services de télécommunications au niveau mondial (2 250 milliards de dollars US contre 1 570 milliards de dollars US) et emploient plus de personnes que l’industrie automobile en Europe, au Japon et aux États-Unis réunis (29,5 millions contre 25 millions). Cette contribution majeure des secteurs culturels et créatifs à l’économie mondiale est l’objet d’une nouvelle étude réalisée par EY (auparavant Ernst & Young) et conjointement présentée ce jour par la Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (CISAC) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) au siège de l’UNESCO à Paris (France).

L’étude, première du genre au niveau mondial, conclut que pour bénéficier pleinement du potentiel économique des ICC, les créateurs doivent être équitablement rémunérés pour l’utilisation de leurs œuvres créatives, et ce afin qu’ils puissent continuer de contribuer à la culture et à l’économie. En ce qui concerne l’économie numérique plus particulièrement, les décideurs politiques doivent prêter attention à la question du transfert de la valeur qui favorise actuellement les intermédiaires techniques, afin de garantir que les auteurs et les secteurs culturels et créatifs soient rémunérés à leur juste valeur pour l’exploitation de leurs œuvres.

Pour la Directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova

Les secteurs culturels et créatifs sont un moteur essentiel des économies des pays développés et en développement. Ils font en effet partie des secteurs qui connaissent la croissance la plus rapide et influencent la création de valeur, la création d’emplois et les recettes d’exportation. Ils peuvent contribuer à garantir un avenir meilleur dans de nombreux pays à travers le monde”

Les œuvres créatives sont un moteur essentiel de l’économie numérique

En 2013, les œuvres créatives ont contribué à hauteur de 200 milliards de dollars aux ventes numériques mondiales, augmentant considérablement les ventes d’appareils numériques et la demande de services de télécommunications à haut débit. Les ventes de biens culturels numériques ont généré 65 milliards de dollars, et 21,7 milliards de revenus publicitaires, pour les médias en ligne et les sites de streaming gratuit.

Premier panorama mondial de l’économie de la culture et de la création

L’étude fournit des données uniques dressant le panorama d’un monde créatif multipolaire. Elle reflète la diversité que défend la Convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, et participe aux efforts de l’UNESCO au niveau mondial qui visent à fournir « plus de données et d’indicateurs pertinents sur le rôle de la culture dans le développement des sociétés »

Ce premier panorama mondial de l’économie de la culture et de la création montre que les créateurs du monde entier, dans tous les domaines artistiques, contribuent fortement à l’économie mondiale, tant en termes de revenus que d’emplois. Les créateurs doivent être en mesure de travailler dans un environnement qui protège leurs droits économiques et moraux afin de pouvoir poursuivre leur activité créative. Nous espérons que cette étude agira comme un révélateur pour les décideurs du monde entier : protéger les créateurs, c’est protéger l’économie. Nos secteurs culturels et créatifs contribuent à construire des économies durables, créent des emplois au niveau local, génèrent des revenus et des impôts, et permettent à des millions de personnes, en majorité des jeunes, de vivre de leur talent créatif”,

a souligné Jean-Michel Jarre, Président de la CISAC et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO.

L’économie de la culture et de la création en chiffres

Le panorama mondial réalisé par EY « La culture dans le monde – Premier panorama mondial de l’économie des secteurs culturels et créatifs » analyse 11 secteurs* (CCI) en Asie-Pacifique, en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique Latine, et en Afrique et au Moyen-Orient. Dans chaque région, les secteurs créatifs ont leurs propres forces.
Asie-Pacifique : 34 % des revenus des CCI au niveau mondial. 40 % des emplois avec la plus grande base de consommateurs et une classe moyenne en pleine expansion. Leader du jeu vidéo. Croissance rapide de l’industrie du livre et du cinéma.
Europe : 32 % des revenus des CCI au niveau mondial. 25 % des emplois. L’économie culturelle est ancrée dans l’histoire, soutenue par l’opinion publique, une population très instruite et une forte concentration de créateurs.
Amérique du Nord : 28 % des revenus des CCI au niveau mondial. 15 % des emplois. Forte influence internationale et leader dans les domaines du cinéma, de la télévision et du spectacle vivant.
Amérique Latine : 6% des revenus des CCI au niveau mondial. 16% des emplois. La télévision est reine. Les émissions de télévision d’Amérique Latine s’exportent dans le monde entier, de même que la musique et la danse.

Afrique et Moyen-Orient : 3 % des revenus des CCI au niveau mondial. 8 % des emplois. Opportunités dans la production de films, la télévision et la musique. L’économie informelle, par exemple les concerts de musique non officiels, représente une part significative de la scène culturelle et constitue un réservoir d’emplois.

  • Pour télécharger l’étude dans son intégralité (en anglais), cliquez ici.
  • Pour télécharger la synthèse (en français), cliquez ici.

* Publicité, architecture, livre, jeux vidéo, musique, cinéma, journaux/magazines, spectacle vivant, radio, télévision, arts visuels.

Contact Media
Cécile ROY – CISAC Director of Communications cecile.roy@cisac.org | +33 1 55 62 08 50

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Les équipements et les territoires donnent du sens au secteur MICE

MICE directions

Si les dernières années ont été difficiles et ont vu les comportements évoluer fortement, 2014 a été l’année du rétablissement du secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferencing, Exhibitions) dans la plupart des régions du monde alors qu’en France la demande a fait une rechute préoccupante (-5,2% par rapport à 2013). Le bilan attendu en France pour 2015 demeure donc un exercice sensible et on peut déjà acter qu’au regard des 10 dernières années, le secteur est devenu de moins en moins prévisible, ce qui rend la gestion et le développement des équipements de destination pour le moins délicat.

On peut noter le souci toujours plus grand de l’économie et de l’efficacité comme vecteur principal guidant les clients dans l’organisation de leur événement, mais les indicateurs des tendances du marché sont globalement encourageants pour 2015, montrant une progression au bénéfice de la plupart des destinations dans le monde.
Mais le secteur n’est pas aussi homogène qu’il n’y paraît, la réalité est beaucoup plus contrastée selon l’ouverture de la focale avec laquelle on observe certains acteurs du marché, et plus particulièrement en France pour les équipements accueillant ces événements.
Le positionnement et le niveau de rayonnement territorial de ces derniers, la polyvalence de leur activité et de leurs espaces, le niveau de leur programmation, l’état de leurs équipements, la dynamique de leur offre de service et de leur grille tarifaire, la synergie entre les acteurs de leur territoire, leur mode de gestion, … autant de facteurs extrêmement variables d’un équipement à l’autre, d’un territoire à l’autre. Une multitude de spécificités, de contextes et de situations qui rendent peu évident l’exploitation des données pour nourrir une analyse à un niveau macro économique.
Les centres de congrès, les palais des congrès et de spectacles, les halles d’exposition, etc. autant de typologies qui constituent un maillage territorial français qui, avec les équipements culturels, fait beaucoup d’envieux. Leur mode de gestion majoritairement et historiquement public est souvent critiqué et décrié, notamment depuis l’arrivée sur le marché de l’exploitation d’opérateurs privés, arrivée qui a coïncidé avec l’augmentation de la pression économique et financière sur les collectivités. Le mode de gestion publique est en réalité un véritable atout sur lequel il faudrait plus et mieux s’appuyer, chacun à son niveau, pour avoir un impact plus fort et des retombées toujours plus positives pour les territoires. Mais ces impacts et ces retombées sont très inégales d’un territoire à l’autre en fonction de 5 préalables :
  1. entretenir un écosystème territorial adapté au(x) bassin(s) de vie et d’activité,
  2. posséder les ingrédients essentiels à tout territoire dit de destination,
  3. avoir la capacité et la dynamique adéquates au sein même de l’équipement,
  4. savoir se projeter et évoluer en fonction d’objectifs stratégiques et opérationnels,
  5. piloter via un mode de gouvernance efficace et doté d’une vision à court terme et à moyen terme.
Ces 5 préalables doivent être parfaitement évalués et en ordre de marche, sans quoi c’est la foire aux illusions, avec son lot de désillusions lourd de conséquences, mais les évaluer et les (re)mettre en ordre de marche crée les conditions d’une adéquation entre offre et demande réussie et d’une plus grande soutenabilité, ce qui est plus que jamais indispensable aujourd’hui.
Si ces 5 préalables devenaient 5 critères d’analyse et d’aide à la décision (et le cas échéant de conduite du changement), les responsables et les décideurs présideraient plus aisément à la destinée de leur équipement et de leur territoire, sans se soucier outre mesure du sens des statistiques macro-économiques.

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La réponse de Jean-Michel Lucas à l’article de Michel Guerrin « On ne cultive que les riches »

Cher Monsieur Guerrin,

Vous m’avez écrit récemment qu’il était difficile de parler des droits culturels dans un quotidien comme « Le Monde ». Pourtant vous n’êtes pas passé loin dans votre article « On ne cultive que les riches » !

Car j’ai cru un moment que votre critique de la politique de « l’accès à la culture pour tous » vous amènerait à conclure qu’une question aussi mal résolue devait certainement être mal posée !

Pourtant, vous avez maintenu le dogme et seulement imaginé qu’il fallait changer la méthode de répartition des moyens publics, pour une plus grande « proximité ». Je dois avouer que ce fut longtemps ma conviction quand j’étais au cabinet de Lang en lançant les « cafés musiques » puis comme Drac à Bordeaux en sillonnant la campagne et les banlieues. Mais, c’était il y a plus de vingt ans ! Et il a bien fallu que je me rende compte de l’épaisseur du plafond de verre qui anéantit les meilleurs volontés de faire don de sa culture aux autres, au nom du service public culturel. Il a bien fallu, inévitablement, revenir à la question de départ : pourquoi penser que nos références culturelles font « œuvres capitales de l’humanité » comme on dit dans le décret Malraux constituant, encore et toujours, le ministère de la culture ? Pourquoi nos cultures devraient-elles être « bonnes » pour tout le reste de la Terre ? L’accès des « pauvres » à la culture des « riches » est -il un impératif pour les sauver de la barbarie et humaniser la planète ?

La réponse est évidemment négative : cette culture cultivée ne fait pas le bonheur ! Elle ne garantit ni le Bien -être des riches, ni celui des pauvres. Elle n’est pas une assurance vie qui apporterait, à coup sûr, liberté et dignité. « La culture », nommée par ceux qui ont le privilège d’en dire le nom, ne peut faire croire qu’elle est progrès vers une humanité plus juste !

Jean Vilar savait déjà que la culture nageait dans l’ambiguïté des sens :

La culture c’est d’abord une entraide, non pas une aumône. Nous savons aussi – du moins je vous en propose l’idée – que la culture n’est pas obligatoirement signe d’intelligence pas plus qu’elle n’est le blanc-seing de la fraternité ou des bons sentiments. Nous savons bien que culture n’est pas la meilleure médecine du bonheur, que la recherche et la connaissance ont été souvent, trop souvent, à l’origine des crimes collectifs ou du moins des inventions finalement meurtrières et qui, d’un coup désormais peuvent effacer les hommes et donc rendre dérisoire l’objet de nos débats. (Avignon///1964 )

Georges Steiner nous a d’ailleurs interdit toute illusion : « Façonner la sensibilité et l’intellect entraîne naturellement l’individu et, par conséquent, la société dans laquelle il s’insère, à adopter une conduite rationnelle et bénéfique. Qu’il revienne à l’éducation d’assurer le progrès moral et politique, tel était bien le dogme laïc : l’instruction publique par l’entremise des lycées, bibliothèques municipales et cours du soir se substituait aux illuminations intérieures, aux élans vers la perfection morale, jusque là sanctionnés, pour une poignée d’élus, par la religion. …. Là ou florissait la culture, la barbarie était par définition un cauchemar du passé »…. Mais,  » nous savons maintenant qu’il n’en était pas ainsi… Nous comprenons maintenant que les sommets de l’hystérie collective et de la sauvagerie peuvent aller de pair avec le maintien et même le renforcement des institutions, de l’appareil et de l’éthique de la haute culture. En d’autres termes, les bibliothèques, musées, théâtres universités et centres de recherche, qui perpétuent la vie des humanités et de la science, peuvent très bien prospérer à l’ombre des camps de concentration …. Nous savons aussi – et cette fois-ci les preuves sont solides, bien que la raison s’obstine à les ignorer – que des qualités évidentes de finesse littéraire et de sens esthétique peuvent voisiner chez le même individu, avec des attitudes barbares, délibérément sadiques. Des hommes comme Hans Franck, qui avait la haute main sur la « solution finale » en Europe de l’Est, étaient des connaisseurs exigeants, et parfois même de bons interprètes, de Bach et Mozart. On compte parmi les ronds de cuir de la torture ou de la chambre à gaz des admirateurs de Goethe ou des amoureux de Rilke./ »(Dans le Château de Barbe bleue » page 90). Le constat est sans appel. Le dogme de l’épanouissement des hommes par la rencontre avec les arts est une « fiction nécessaire » et ne saurait passer pour une vérité universelle, qui s’imposerait, partout et pour tous.

Et les luttes de décolonisation nous ont montré que la bonne culture était aussi une force à haut potentiel destructeur, comme l’ont rappelé les débats à l’Unesco sur la diversité culturelle ! Personne au « Monde » n’aurait donc lu depuis 1995 « Notre diversité créatrice  » de Peres de Cuellar ?

Et je ne cite même pas Bourdieu et la lame de fond de la Distinction !

En clair : vouloir que tous les êtres humains de tous les lieux et tous les temps accèdent, universellement, aux quelques références culturelles de quelques spécialistes de quelques disciplines de l’imaginaire est indécent. Les lecteurs du « Musée Imaginaire » de Malraux ne devraient jamais l’oublier. L’œuvre ne l’est pas en soi, elle est reconquête incertaine de chaque génération : « Le chef d’œuvre ne maintient pas un monologue souverain mais un invincible dialogue » (page 67).

Ainsi, affirmer la permanence de l’œuvre est un dogme dont vous auriez dû vous moquer. Comme Rabelais se riait des papistes de l’île des Papimanes réunis en banquet (délicieusement servi par des « jeunes filles de l’endroit » , « belles à croquer »,) faisant l’éloge des « saintes écritures » comme aujourd’hui on fait prière à « la culture » : « Extravagantes « angéliques », comme les pauvres âmes périraient sans vous, elles qui, ici-bas, errent dans les corps mortels en cette vallée de misère ! Hélas ! quand accordera-t-on aux humains ce don de grâce particulière qui leur ferait abandonner toutes les autres études et affaires, pour vous lire, vous entendre, vous connaître, vous mettre en œuvre et en pratique, vous incorporer, transformer en sang, et vous faire pénétrer au plus profond des ventricules de leurs cerveaux, dans les moelles internes de leurs os, dans les labyrinthes compliqués de leurs artères ? Oh, c’est alors que le monde sera heureux, ni plus tôt, ni autrement ! »

Il faudrait être plus modeste et accepter que le seul » accès » que la politique publique devrait défendre est celui de l’accès des personnes à plus d’autonomie, plus de liberté reconnue par les autres, pour plus de dignité dans la relation de leur identité culturelle avec la diversité des êtres du monde des vivants. Cette route vers plus d’autonomie (de liberté sociale dirait Axel Honneth) passera certainement par la rencontre avec les multiples œuvres des multiples artistes, mais ce parcours sera celui de la « personne » dans la singularité de sa sensibilité et de sa raison.

C’est peut -être ce que vous appelez « proximité » , mais, pour être valide, la proximité ne consiste pas à s’adresser à l’autre en niant sa culture, avec cette dose de mépris que la commisération pour les innocents laisse si souvent percevoir dans la démocratisation de la culture. Elle ne passe pas non plus par la multiplication des « épiceries culturelles » répondant aux besoins de ce que vous appelez « les populations » ( de consommateurs individuels, sans doute !) .

Il faut d’abord accepter la « personne » comme telle, comme être de liberté et de dignité, auquel nul ne peut voler le droit de dire sa valeur au monde ! Les droits humains fondamentaux – le droit culturel en est un – interdisent à quiconque de dire « nous » à la place du « je ». En revanche, le « nous » s’élabore en faisant « humanité ensemble », c’est à dire en ouvrant à chaque personne un maximum d’opportunités pour entrer en interaction avec les autres cultures et forger ainsi son autonomie. C’est l’antidote au repli identitaire, la réponse par la diversité culturelle que déteste tant le FN. C’est la fameuse sentence d’Edouard Glissant : « Je change par échanger avec l’autre, sans me perdre pourtant, ni me dénaturer ».(Philosophie de la relation , page 66/ voir aussi page 37 sur l’illusion de l’universalité des littératures).

Et que l’on ne dise pas que c’est trop abstrait, populiste ou difficile à pratiquer car c’est, par exemple la mission publique que les élus ont confié aux professionnels des musées de Newcastle : non pas délecter les consommateurs de bonnes œuvres, mais « permettre aux personnes de mieux se situer au monde, de renforcer leur identité propre, pour plus de respect pour elles-mêmes, plus de respect pour les autres « . Une proximité partant de la personne pour mieux répondre aux enjeux du développement des droits humains. Pas seulement un jeu de boutiquiers de la subvention !

Ce monde de la culture de la personne serait-il étranger au  » Monde » ? Quinze ans après la Déclaration universelle sur la diversité culturelle ? Je crains de devoir être affirmatif : aucun article, aucun débat ouvert sur la Déclaration (toujours confondue avec la Convention sur la diversité des expressions culturelles de 2005). Peut- être une forme de repli identitaire à la française, comme si c’était le moment pour un quotidien qui veut résister à la pensée clôturée sur elle-même et répondre à « l’insécurité culturelle » que le Figaro aime tant scénariser !!!.

Bien respectueusement à vous …

Jean Michel Lucas*

kasimir bisou sur facebook.

*Président de Trempolino, docteur d’Etat ès sciences économiques et maître de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne dont il fut le vice-président de 1982 à 1986, Jean-Michel Lucas fut également conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang de 1990 à 1992, où il y impulsa notamment le programme « Cafés Musiques ». Nommé Directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine en 1992, il mit en place une politique culturelle d’État en étroit partenariat avec les collectivités locales, et avec comme préoccupation de valoriser la place de la culture dans les politiques de la ville et des territoires ruraux. Ce « militant de l’action culturelle », connu sous le pseudonyme de Doc Kasimir Bisou, a participé à plusieurs projets sur le devenir des politiques culturelles et sur les légitimités dans lesquelles elles s’inscrivent. En Bretagne comme en Aquitaine, il fut par ailleurs à l’origine de nombreuses réalisations concernant les musiques amplifiées (RAMA, festival d’Uzeste, Rencontres Trans Musicales de Rennes…).

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Coopérer ou labelliser ? Telle est la question

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Coopérer ou labelliser ? Telle est la question, ou comment considérer un Contrat d’Objectifs et de Moyens comme un contrat d’engagements réciproques utiles aux enjeux du territoire ?

Etude de cas : le Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM) du Théâtre de l’Agora, Scène nationale d’Évry et de l’Essonne

Les séminaires de l’Institut de Coopération pour la Culture sont l’occasion d’explorer, de décrypter et d’analyser des projets. Avec les études de cas, nous nous appuyons sur des expériences concrètes pour alimenter nos réflexions à propos d’une question centrale : quelle action publique en faveur d’une culture humaniste ? Nous explorons un projet offrant la possibilité d’aborder un ensemble de facettes : artistique, culturelle, territoriale (y compris européenne), sociale, éducative, économique… Les thèmes centraux de l’Institut de Coopération pour la Culture s’articulent en 2014 et 2015 autour de la diversité culturelle, des singularités et du bien commun, des nouvelles modalités d’organisation et de gouvernance.

Voici la deuxième étude de cas consacrée à un établissement labellisé Scène nationale. Après Le Carreau de Forbach et de l’Est mosellan, nous nous sommes attachés à une exploration du Contrat d’Objectifs et de Moyens du Théâtre de l’Agora à Évry. Le travail réalisé avec le directeur, Christophe Blandin-Estournet, nous a permis de comprendre les difficultés à articuler la nécessaire formalisation d’un projet au plan politique et administratif et l’expérience vécue de ce même projet. Il y a comme une sorte de télescopage entre les réalités et enjeux d’un territoire, les tenants et aboutissants d’un projet artistique et culturel et les modalités de coopération entre les partenaires publics.

Au-delà des aspects administratifs que représente un Contrat d’Objectifs et de Moyens, ces situations impliquent des mutations de compétence et des évolutions de métier qui sont loin d’être minimes et faciles à intégrer dans les organisations actuelles.

Pour prendre connaissance de l’étude de cas dans son intégralité, cliquez ici.

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Aux Candidats Franciliens, élections régionales : adresse pour créer un observatoire citoyen des politiques culturelles

 « Adresse aux candidats Rédigée par un ensemble de citoyens passionnés, regroupés dans un espace de dialogue pour la création d’un observatoire des politiques culturelles franciliennes. Un conte populaire moral, politique et culturel sur une idée de Charles Perrault… … Ne vois-tu rien venir ? L’échéance électorale approche à grands pas. A ce jour, nous artistes, hommes et femmes des arts et de la culture, du haut de notre observatoire, inquiets du sort qui nous sera réservé ainsi qu’au public avec qui avons mission de travailer, jour après jour, ne voyons rien venir. Et pour paraphraser la célèbre réplique de sœur Anne de Barbe bleue, « nous ne voyons rien que le soleil des communicants qui poudroie, et l’herbe des médias qui verdoie ». Pas de programme culturel à l’horizon. Ce silence, cette absence, cet oubli apparent, inquiétant, laissent présager le pire. Ceux qui, par contrat républicain, vont se présenter à nos suffrages, ont semble-t-il, omis de se pencher sur le sort d’une part active et vivante de leur électorat et de lui proposer dans un dialogue espéré, des solutions concrètes en matière d’art et de culture à l’horizon de leur mandat. Serait-il donc question de nous enfermer dans une tour d’ivoire ? De nous laisser dévorer à petit feu par l’ogre du mercantilisme galopant et de la comptabilité sans âme sans tenir compte de nos cris et de la qualité de nos voix et de nos paroles ? Il n’est pas question pour nous d’attendre, sans mot dire et sans agir, la fatale échéance de ce silence qui corrobore le danger évident qui guette la culture au vu des orientations envisagées dans le cadre de la réforme territoriale et des baisses de dotations des collectivités qui se poursuivent. C’est pour cette raison que nous appelons artistes, publics, électeurs et élus à un dialogue constructif permanent sur ces questions qui nous paraissent avoir une valeur démocratique primordiale. Aux urnes Citoyens A l’heure où les régions, instances de gouvernance de la nation déléguées sur des territoires de la république, vont se doter d’une nouvelle présidence et d’une gestion renouvelée, il nous semble urgent de se poser cette question : Peut-on on construire et développer une république laïque basée sur les exigences de la liberté, de l’égalité et de la fraternité sans prendre en compte la nécessité première de développer, renforcer, soutenir une culture commune ? Peut-on construire une maison avec toute la diversité des matériaux qui la constituent sans prendre un soin particulier au ciment qui les lient. Compte-tenu du fait que dans une république laïque, ce qui relie n’est pas la religion (religare= lier, relier), mais une culture commune permettant un vivre ensemble malgré les différences sociales, économiques, philosophiques, coutumières, politiques et cultuelles, n’est-il pas de la plus haute importance de renforcer ce lien de la culture ? Nous, artistes et gens de culture, citoyens actifs au cœur de la république, affirmons avec force cette nécessité. Et cette conviction loin d’être le fruit d’une vision abstraite, s’inscrit de par nos expériences concrètes et notre savoir-faire, dans le constat fait tous les jours dans notre travail en relation avec le public dans sa diversité économique et sociale et dans ses différents quartiers. Metaphora mobilis Si un des axes centraux du développement d’une région s’inscrit dans le déploiement de ses transports intra et extrarégionaux, nous, artistes et gens de culture affirmons qu’aucun moyen de communication ne peut se faire de manière heureuse sans ce transport en commun que les grecs appelaient metaphora. La métaphore, domaine des arts et de la culture est bien ce véhicule d’imaginaire permettant le transport (au sens réel et spirituel) en commun. Il n’est d’ailleurs pas fortuit, voir l’actualité récente, que ceux qui en veulent à notre république et ses valeurs communes, sa culture, s’en prennent d’abord aux transports en commun. Res publica Vous, hommes politiques à qui nous nous adressons et à qui les électeurs vont confier leur mandat de parole et d’action, avez aussi la charge de la métaphore. C’est pourquoi en cette heure cruciale, nous ouvriers de l’image visuelle, auditive, mentale, sensible, nous rapprochons de vous afin que soit pris en compte, réellement, sincèrement, dans un langage et une action commune, ce besoin de culture et de création artistique qui est fondamentalement politique : il renforce et appartient à la chose publique (res publica). C’est en tant que citoyens, électeurs et porte-parole de nos publics que nous nous rapprochons de vous afin que dans vos propositions électorales soit prise en compte de manière concrète, constructive et efficiente, la part de l’art et de la culture. Elle ne doit pas être traitée de manière périphérique, mais de manière centrale. En ce sens, nous venons vers vous avec un ensemble de propositions liées à notre savoir-faire et notre expérience, susceptibles d’aider à l’établissement d’une politique culturelle inscrite de manière organique à votre politique globale. Nous avons bien compris que l’urgence de vos décisions s’inscrit dans la temporalité électorale. Mais l’art et la culture ont aussi leur temps, temps politique qui est aussi une part de la vie de la cité, s’inscrivant à la fois dans l’immédiat et le long terme. Il nous apparaît d’une absolue nécessité que le politique prenne en considération ce temps structurant et le considère dans sa dynamique propre et son autonomie. Un temps qui n’est pas celui de l’argent et des prises de pouvoir, mais qui a son utilité évidente dans la dimension de l’émancipation des individus et du progrès social. Ce temps spécifique qui fut au cœur de la réflexion des assises culturelles de 2004, a permis la mise en place par la Région du dispositif d’aide à la permanence artistique qui a un effet social, artistique et culturel structurant et durable, consacrant 87% de son budget à l’emploi. Dispositif novateur en matière de politique culturelle dont il nous apparaît de la plus haute importance de pérenniser l’esprit et d’en déployer les effets positifs tout en imaginant d’autres moyens de faire fructifier le champ culturel dans sa diversité pour le plus grand bien de tous, en employant à bon escient l’énergie propre du temps artistique. L’observatoire citoyen Du haut de cet observatoire culturel dont nous avons posé les premières pierres, nous cherchons à scruter au plus loin de l’horizon immédiat, au-delà du « soleil qui poudroie », afin de construire ensemble un chemin où l’art, la culture et la politique vont d’un même pas et dans le même sens : celui de l’émancipation et du bien-être citoyen. La construction de ce chemin, ouvert en multiples sentiers irriguant la région, a un coût, et il doit être une part non négligeable du budget global (bien supérieure aux 2,1% actuels) de ce vivre-ensemble régional, car il est bien le chemin de métaphore, celui du « transport en commun » qui renforce l’unité sociale, économique et politique d’une région et d’une nation. «La culture, c’est tout ce que l’homme a inventé pour rendre le monde vivable et la mort affrontable» Aimé Césaire Premier signataires : Barbara Bouley, Agnès Bourgeois, Gaelle Brynhole, Delphine Cammal, Samuel Churin, Mathilde Fischer, Alain Foix, Lancelot Hamelin Françoise Lepoix, Jacques-philippe Michel, Mirabelle Rousseau, Marie Stutz…Rébecca Dereims, Kastriot GJONI,
Chabot Clyde, Michel Simonot, Maud Morin, PARNY Francis, Marie
Collins, Joly Sable, GAYARD Fanny, Florence Cabaret, BERNHARDT
Claude,… Nous vous invitons à signer cette adresse et à la diffuser auprès de vos réseaux.Si vous souhaitez nous rejoindre, et participer à l’espace
de dialogue ou avoir plus d’informations sur les premières propositions avancées, contactez-nous : observatoire.citoyens.culture(at)gmail.com« 

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Regroupements coopératifs culturels et artistiques et dynamique des Pôles Territoriaux de Coopération Économique

Rapports et étudesAujourd’hui, une bonne dizaine de regroupements coopératifs, dont les membres développent d’abord des activités artistiques ou plus largement culturelles, se réfèrent à la dynamique des Pôles Territoriaux de Coopération Économique (PTCE). Il est donc intéressant d’évaluer, sur des cas concrets, la concordance entre les principes directeurs d’une démarche initiée par le Labo de l’Économie Sociale et Solidaire et les réalisations concrètes que l’on peut aujourd’hui observer. Dans cet esprit, le présent rapport d’étude, rédigé par Philippe Henry, approfondit la connaissance et la compréhension des PTCE culture et se situe dans le prolongement des travaux de recherche menés dès 2013 sur des PTCE de divers secteurs d’activité.

Pour consulter l’étude, cliquez ici.

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Cultural studies et économie politique de la communication

RES_192_L204« Les cultural studies, après leur éclosion au Royaume-Uni et leur diffusion à travers le monde dans le dernier quart du XXe siècle, ont tardé à être importées en France et surtout à être mobilisées en tant que telles dans les travaux français. […] En comparaison, l’économie politique de la communication (EPC) paraît beaucoup plus anciennement établie en France, plus exactement dans l’espace francophone.
Nous proposons ici d’envisager ces croisements possibles entre CS et EPC. Non pas pour simplement rendre compte de réflexions et d’expérimentations menées dans la littérature anglophone, dans ce qui serait un souci obsessionnel de « retard français » en la matière. Mais parce que nous sommes persuadés que ces deux traditions de recherche portant sur de mêmes objets, malgré leurs différences pour certaines difficilement dépassables, sont susceptibles de s’enrichir mutuellement et de contribuer plus globalement à la compréhension et à l’observation des pratiques médiatiques et culturelles. » 
Extrait de la présentation du dossier par Éric Maigret et Franck Rebillard.
La revue est accessible sur le site Cairn info.

Dossier coordonné par Éric Maigret et Franck Rebillard, Réseaux, n° 192, La Découverte, octobre 2015

 

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Élargir la participation à la vie culturelle : expériences françaises et étrangères

Etude OPCLes problématiques de l’accès et du rapport des populations à l’art et à la culture recoupent un ensemble de notions complexes aux sens multiples. Pour alimenter la réflexion des pouvoirs publics, France Stratégie a demandé à l’OPC de mener une étude sur l’identification et l’analyse d’initiatives réussies en matière de participation à la vie artistique et culturelle en France et à l’étranger. Cette étude a mis en exergue les dispositifs et les stratégies mobilisés dans une vingtaine d’initiatives pour alimenter en « bonnes pratiques » les politiques en matière de démocratisation de la culture à l’échelle des territoires.
L’étude 
et sa synthèse sont téléchargeables.
L’Observatoire 
propose également une infographie de cette étudeLe document offre un regard imagé et synthétique sur les 20 études de cas explorées par l’étude, il en résume les principaux constats, conclusions et recommandations.

Élargir la participation à la vie culturelle : expériences françaises et étrangères  (Lionel Arnaud, Vincent Guillon, Cécile Martin, avec les contributions de Charles Ambrosino, Jordi Baltà, Aurélie Guineberteau, Anne Gonon, Pierre Le Quéau, Per Mangset, Flaminia Paddeu, Nadège Pandraud, Samuel Périgois, Thomas Perrin, Jean-Pierre Saez, Mariette Sibertin-Blanc, Nur Yasemin Ural, Observatoire des politiques culturelles, hiver 2014).

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Investir en urgence dans des modèles économiques de la création artistique plus coopératifs et solidaires

ICC

Les séminaires de l’Institut de Coopération pour la Culture sont l’occasion d’explorer, de décrypter et d’analyser des projets. Avec les études de cas, nous pouvons nous appuyer sur des expériences concrètes pour alimenter nos réflexions sur une question centrale : quelle action publique en faveur d’une culture humaniste ? Nous explorons un projet offrant la possibilité d’aborder un ensemble de facettes : artistique, culturelle, territoriale (y compris européenne), sociale, éducative, économique… Les thèmes centraux de l’Institut de Coopération pour la Culture s’articulent en 2014 et 2015 autour de la diversité culturelle, des singularités et du bien commun, des nouvelles modalités d’organisation et de gouvernance.

Deux séminaires auront été consacrés au thème de l’économie, ou plutôt des économies des biens symboliques. Nous sommes cependant loin du compte ! Ce thème demande une maîtrise de nombreux concepts et oblige d’aller au-delà d’une vision simpliste (scolaire) de la « science économique ». Cette exploration de la socioéconomie des biens symboliques nous aura permis une première appropriation de ces problématiques trop souvent réservées à des experts1.

Par ce travail, nous aurons au moins compris l’importance de reconnecter le sens, les valeurs et l’économie en considérant que les problèmes financiers que connaît aujourd’hui le secteur culturel ne sont pas seulement liés à une restriction budgétaire. Prendre le temps d’explorer le thème des économies encastrées conduit à intégrer la notion de chaine globale de valeur qui ne peut en aucun cas se résumer à la seule gestion financière et comptable.

Pour lire l’intégralité de la septième contribution de l’Institut, cliquez ici.

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Partager l’art de Rembrandt

newspaper_feedDeux toiles de Rembrandt ont été à l’origine d’un désaccord entre la France et les Pays-Bas. Les Pays-Bas se disent prêts à racheter à la famille française Rothschild les ‘portraits de mariage’ pour un montant de 160 millions d’euros. Mais la France souhaiterait un achat conjoint des deux pays. Ce serait la meilleure solution, plaide également le quotidien de centre-gauche De Volkskrant : « L’attitude [de la ministre de la culture française Fleur Pellerin] a donné lieu à des malentendus et à la volonté d’acquisition des Pays-Bas. Aujourd’hui, il ne fait pas de doute qu’une propriété partagée des œuvres du peintre serait très intéressante pour la France, mais la pilule est difficile à avaler pour les Pays-Bas. Cette proposition serait néanmoins judicieuse, la ‘co-acquisition’ s’inscrivant notamment dans cette tendance des musées à échanger leurs œuvres. Mais au final, c’est également dans l’intérêt du pays : si la France retire le certificat d’exportation pour ces deux œuvres (le pire des scénarios envisageables), les Pays-Bas se retrouveront bredouilles. »

Source : BPB

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The new manager – possible approaches from the arts

FullSizeRender_RWhat is the importance of the manager in companies right now? Is the role of the manager the same as in the middle of 20Th century? So why is the prototype of the manager the same? Departing from “The Five Minds of a Manager” (2003) of Gosling and Mintzberg (the reflective mind-set; the analytical mind-set; the worldly mind-set; the collaborative mind-set and the action mind-set) we intend to construct an approach of where art dynamics can help shaping the new mind frame that managers need to act in the 21st century business context. Applying a workart (Barry and Meisiek: 2010) program can help enterprises, and the managing board, to shift from an Weberian (DiMaggio 2001) paradigm to the new economic model, focusing on the experience and promoting the creativity and innovation along the organization.

What does a workart program mean? It means a program that is a social, individual or community process that emerges from the friction between a set of previous knowledge and the acquisition of new knowledge through an art process, which, for its uniqueness and strangeness, has the ability to provoke conceptual breakthroughs, to form an art mind cognition, where managers can be as agile and creative as artists and as focused and practical as engineers.

How this can help managers to be more prepared to rule the 21st century company? After the mass production, the dot.coms and the web 3.0, we are in a world where selling products is not enough, it is needed to sell experiences, dreams and participation, the consumer has to feel the buying experience as a process where he is the centre and an active actor. This is what art has been doing since ever, bringing the experience close to the public and asking them to take part of the process, to let the passive attitude at the door.

Why are the five mind-sets important? Alongside the changes in the market, we had dramatic changes in the companies. The language of the arts has been taking over the business world, we never talked so much about labour agility, creativity, innovation, flexibility, symbolic capital and aesthetics design. These terms are spread in the organizations and impact every single person that interacts with the enterprises. The five mind-sets allow managers to take these changes into account, the complexity of the organization model, the consumer demands and the different markets specifications, and to act in a more proactive and informed way amplifying the success of the company to every stakeholder and allowing it to change and evolve.

A possible path is traced, not an easy or cloudless one, but an exciting and new one. At the same time, the developing of these intersections could have an impact in the ways business looks at arts and at the growth of the creative industries, with more resources being allocated to it while the benefits are more clear and spread around the other activities and, therefore, appropriated. More experiences are needed to see through the clouds and measure the real potential of this approach, since we are facing complex contexts and making bridges between fields that only recently have shown proximity and are willing to work together, but for uncertain times probably the best source of solution does not lie in typical management methods prescribed by consultants and applied by MBA graduates, but in the fields that enterprises emulate to conduct their organizations into a more dynamic and aesthetic way to operate.

Ricardo Moreira*.

*Ricardo Moreira is an economist, with an innovation masters (Porto University) and doing a business PhD (Barcelona University), specialization in organizations theory and human resources management, crossing arts and business that, for the last 10 years, have done management and consultant work for small to big cultural entities, private and public, and have designed and implemented a wide range of events and business creative programs. In the last 3 years he has co-ordinated 3 national studies for the Portuguese Government (Independent Arts and Cultural Heritage) and for the Portuguese contemporary dance network. Since 2007 he has been invited by the main Portuguese Universities to teach master classes on the subjects of arts management, cultural markets, intersections between arts and business, and creativity in the business context.

The entire article is in the process of journal publishing.

To know more about Ricardo Moreira, please click here. You can also contact him here.

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Prendre enfin en compte l’hétérogénéité culturelle et l’historicité des territoires dans la définition des politiques publiques

ICC

Les séminaires de l’Institut de Coopération pour la Culture sont l’occasion d’explorer, de décrypter et d’analyser des projets. Avec les études de cas, nous pouvons nous appuyer sur des expériences concrètes pour alimenter nos réflexions sur une question centrale : quelle action publique en faveur d’une culture humaniste ? Nous explorons un projet offrant la possibilité d’aborder un ensemble de facettes : artistique, culturelle, territoriale (y compris européenne), sociale, éducative, économique… Les thèmes centraux de l’Institut de Coopération pour la Culture s’articulent en 2014 et 2015 autour de la diversité culturelle, des singularités et du bien commun, des nouvelles modalités d’organisation et de gouvernance.

En introduction, une présentation synthétique de l’expérience du Carreau, Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan, apporte les principaux points de repère à partir desquels nous avons construit ce temps d’exploration.

Par la suite, Christophe BLANDIN-ESTOURNET, Thierry BLOUET, Philippe HENRY, Jean Claude POMPOUGNAC, Pascale de ROZARIO et Didier SALZGEBER nous livrent sur des registres différents leurs analyses. La richesse de ces contributions démontre qu’il est possible, malgré les contraintes d’agenda, de créer un espace collectif de réflexion et de mise en sens des expériences.

Enfin, le texte des membres de l’Institut mentionné en fin de document, ouvre sur une problématisation et sur les propositions utiles plus globalement à la gouvernance des équipements culturels et artistiques.

Parce qu’elle interroge une même expérience – ici, celle du Carreau – cette publication #6 engendre, à partir de sept contributions, de nouveaux éléments de la réalité de la Scène nationale et pourrait devenir un nouvel objet à étudier.

Pour lire l’intégralité de la sixième contribution de l’Institut, cliquez ici.

 

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Faire de l’action publique en faveur de la culture un levier de l’innovation sociale et politique

ICC

Passer du processus de mobilisation des usagers à une participation stratégique des citoyens.

Avec ce 8ème séminaire, l’Institut de Coopération pour la Culture poursuit l’exploration des problématiques autour des bibliothèques et médiathèques, en les considérant comme des équipements emblématiques des politiques culturelles publiques depuis plusieurs décennies. Ces lieux se sont résolument engagés dans un réexamen de leur place et de leur rôle dans l’espace public. Le numérique, dans toutes ses dimensions, a créé une situation relativement inédite obligeant les acteurs professionnels et politiques à réinterroger leurs pratiques.

Comme l’illustre le projet de la médiathèque de la Communauté de Communes entre Dore et Allier (Puy-de-Dôme), à Lezoux, la mise en place d’un processus collectif avec les futurs usagers de l’établissement ouvre de nouvelles perspectives dans la manière de penser la médiathèque de demain. La méthodologie utilisée et initiée par la 27e Région se situe en amont de la création effective de la médiathèque, et se propose d’apporter une vision générale de la médiathèque à partir des usages.

Le principe d’une résidence constitue au plan méthodologique l’élément central de cette démarche animée par une équipe pluridisciplinaire. L’analyse de cette expérience nous a conduit à poser un certain nombre de questions. Sur le processus proprement dit : en quoi l’exploration de ce projet est-elle différente des méthodes habituelles ? Le temps de résidence permet-il d’observer un déplacement du système d’acteurs ? Ce processus débouche-t-il sur de nouvelles modalités de décision politique et opérationnelle ? Cet investissement public très en amont de la construction effective de la médiathèque ouvre-t-il des perspectives nouvelles en termes d’ingénierie de coopération politique ? Sur la méthode : en quoi permet-elle effectivement d’envisager cet espace public d’une autre manière ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette expérience qui puissent être utiles à d’autres territoires et d’autres secteurs culturels ? C’est toute la question du transfert d’expérience et des conditions à réunir pour une généralisation de la méthode.

Pour lire l’intégralité de la cinquième contribution de l’Institut, cliquez ici.

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Capital of Culture : What is the impact of arts and cultural clustering on local productivity ?

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This is the summary of a paper that was included in a National Endowment for the Arts/Brookings Institution volume published last year. We just uplodaded it to the Nesta working paper series – you can download the paper here.

In recent years, academics and consultants have argued that the arts and cultural sector can boost productivity in other sectors of the local economy, through two main mechanisms.

  • By creating urban environments that attract professionals with high levels of human capital and their innovative, high-growth employers.
  • By supplying other parts of the local economy – in particular, commercial creative firms – with new ideas and skills that enhance innovation.

Although these arguments have justified policies for creative place making, urban branding, and public investments in signature buildings and dedicated cultural districts, the evidence base underpinning them is still sparse, and mostly confined to the US. Additionally, little is known about the relative importance of different mechanisms and types of cultural clustering (occupational or industrial) in boosting local productivity.
 
In Capital of Culture, we seek to address these gaps in the literature by building an econometric model exploring the impact of cultural clusters on the productivity of English cities. In doing this, we draw on a well-established body of literature on urban wage premiums and human capital externalities.

Our model tests the impact of cultural agglomeration on worker wages (which act as a proxy for productivity) at the city level. We use three measures of cultural clustering (cultural sector employment, cultural occupations and cultural institutions), constructed from official labour force and business registry survey data, and a unique dataset of almost 5,000 UK cultural institutions from Culture 24. We control for important individual and city level characteristics.

What are our findings?

There is evidence that skilled workers sacrifice higher wages to locate in areas with strong cultural clustering

Our findings confirm that there is a positive relationship between cultural clustering and average wages in English cities: English cities in the 90th percentile of cultural employment clustering have average hourly wages of £12.48, £1.11 higher than the average wage for cities in the 10th percentile. However, once we control for individual characteristics (particularly skills as proxied by an individual’s qualifications), the coefficients for two out of our three measures of cultural clustering in our wage equations (cultural employment and institutions) become significantly negative, while the cultural occupations coefficient becomes insignificant.

This ‘negative cultural urban wage premium’ is consistent with there being a compensating differential. In other words, workers may, other things equal, be willing to take a wage cut to reside in cities with relatively more cultural amenities, as these contribute to its quality of life – its ‘livability’, and ‘lovability’.

Creative cities seem to be more productive

We also use our econometric model to examine the relationship between worker wages and measures of creative clustering (focusing on employment and occupations in commercial creative industries as compared to the arts and culture). In this case, we find evidence of a positive wage premium in ‘creative cities’ even after controlling for individual skills – this is particularly the case for cities with strong creative occupational clustering. Although caution is advised in the interpretation of this finding given the obvious potential for reverse causality (affluent cities attract creative industries), it lends support to those who advocate targeting occupations instead of industies to support urban development.

The is evidence of innovation spillovers from cultural clusters into the commercial creative economy

Finally, we test the impact of cultural clustering on the wages of workers in the local ‘commercial’ creative industries, bearing in mind the literature’s emphasis on knowledge spillovers across related – rather than distant – industrial domains. Here, we find some evidence that creative workers in cities with high levels of cultural clustering enjoy a wage premium, which suggests that not-for-profit arts and cultural sectors may generate knowledge spillovers for the commercial creative economy. Once again, these results should be seen as indicative at best, as the causality could work in the opposite direction (a vibrant arts and cultural scene may emerge in places with more productive creative clusters).

Our conclusions 

The preliminary conclusion from our analysis is that, although English data support the view that there is a relationship between cultural clustering and urban development, that relationship appears to be subtler than is generally acknowledged. In particular, the economic impact of public investments in urban arts and cultural infrastructure may be manifest in improvements in the productivity (and wages) of creative professionals, and may not be associated with higher wages in the wider economy if cultural activities serve as a compensating differential.

Image credit: Handover of the European Capital of Culture from Liverpool to Vilnius and Linz via Eric The Fish at Flickr.

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Nesta calls for arts funding shake-up

Investment in R&D, venture funding, and crowdfunding are major missed opportunities for the arts sector, according to a new report.

Arts funders need to do more to support research and development (R&D) and bring the sector in line with the rest of the UK economy, according to a new report by Nesta. The research charity is calling on Arts Council England (ACE) to allocate at least 1% of its budget (£6m a year) towards R&D funding, to help organisations explore new operating models, audience engagement schemes, and ways of creating cultural value. The report predicts that this, along with a £10m a year pool for piloting venture funds, accelerators and supporting crowdfunding, could result in up to £72m in additional funding for the arts over three years.

Pointing out that the income profile of the UK’s main subsidised arts organisations – 40% funding, 50% earned income and 10% contributions – is little changed since the outset of the recession, the report claims that the arts funding system is no longer “adequate or sufficiently sustainable”. More needs to be done to “make public money work harder”, and capitalise on the arts’ ability to develop outputs with “substantial commercial potential” and engage investors “who want to combine financial, social and artistic impact”.

The UK spends 1% of its gross output on scientific and technological R&D and Nesta is calling on the arts sector to bring itself in line with this. Other recommendations include the establishment of an accelerator programme for the arts, to “develop the most promising ideas into new ventures”, and an impact fund, “to provide capital for the stage which comes after”. It also suggests that, in certain cases, public funding should be turned into investment, be it on a profit-share bases, or conversion into loans or equity, so that “some of the revenues can flow back into new grants”. To capitalise on the approximately £360m raised through crowdfunding in the UK last year, Nesta is calling on arts-funding bodies to pilot different models of matched–funded crowdfunding. However, it acknowledges that more research is needed in this area, to ensure adopted models do not unfairly favour particular groups, such as those with wealthy or technologically savvy networks.

In response to the report ACE Chief Executive Alan Davey pointed out that ACE is “already investing over £6m in R&D projects”, although this figure includes £5m given to the Digital R&D Fund, which is now closed. He added that ACE anticipates the launch of “a social investment programme to support arts activities which generate social impacts and outcomes” and is “exploring options for crowdfunding”, beyond its support for the National Funding Scheme.

The publication coincides with the launch of ACCELERATOR, a commission-free crowdfunding platform for creatives, run by IdeasTap. The charity will reward the “strongest” two projects – those that display “original ideas and strong pitches, backed up by a viable business model” – every month with a £500 grant.

By Frances Richens.

Source : Nesta.

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Le festival du film de Sarajevo, miroir aux alouettes

Le festival du film de Sarajevo a célébré son 20e anniversaire. Or le glamour et les paillettes ne sauraient faire oublier l’état préoccupant de la Bosnie-Herzégovine, déplore le quotidien Večernji List : « Le tapis rouge hédoniste du festival du film de Sarajevo n’est qu’une imposture colorée, totalement en contradiction avec la situation déplorable de la Bosnie depuis des décennies. … Tout cela donne l’impression qu’il existe un Etat viable en Bosnie-Herzégovine, ce qui est loin d’être le cas ! … On oublie que les principaux établissements culturels de Sarajevo n’ont même pas assez de fonds pour assurer leur survie, et ainsi, ne peuvent pas dévoiler leurs trésors aux touristes. Même dans le cadre du festival, le tapis rouge vole la vedette aux films en compétition. »

Source : BpB.

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Here’s what a wise arts policy might look like

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Arts Council England has just a tiny pot of money to distribute among arts organisations. The state needs to get a sense of perspective.

Yet again Arts Council England (ACE), which will this morning announce the new settlement for the organisations it backs, has struggled gamely to distribute a diminished pot of government funding in ways that are fair, wise and likely to help the arts world to flourish.

There will be (small) winners and (big) losers. Even the wisdom of Solomon could not satisfy everyone in the arts, not even those who truly deserve public funding.

The public political charade of behaving as if the size of the arts budget is a determinant of national prosperity has to stop. It is a lie; it is a diversion; it does more harm than good. A sensible arts policy is available and would benefit the nation and the economy rather than harm it. Its elements would go as follows …

A wise government, starting with a wise secretary of state for culture, would stop calling for the « arts to show evidence that they are value for money » and instead read any one of the dozen reports in recent years that prove that they are.

This is well-trodden ground. They could start with the letter to the Guardian in June 2013 from 20 economists from John Maynard Keynes’ Political Economy Club. They grossed up the sums attributable to the creative economy and tourism at 16% of the national economy and concluded: « These are the most obvious multiplier benefits of the arts to the economy. »

A wise government would not worry about a minimal part of the national budget. Total spending on the arts accounts for just 0.5% of government spending. Why does it attract such excessive scrutiny? The usual response is that the arts, « known » to be inefficient, self-indulgent and profligate, require intense questioning and supervision. Yet the evidence is that arts organisations run themselves and use their resources efficiently, effectively and for the wider benefit of society. They deliver the widely lauded « instrumental » benefits while never forgetting that only excellent art can do this. Cutting the tiniest parts of the national budget in ways guaranteed to do most damage across the nation is at best a displacement activity, at worst a diversion from the real issues of government.

Governments and ministers must widen their horizons and understanding of what the arts are. Too much focus is concentrated on a handful of prejudices around the major London institutions – the Royal Opera, British Museum, National Gallery and others – routinely castigated for being too rich, too expensive, too elite, too exclusive in their audiences. A priority for ministers must be to cast their understanding of the arts far more widely across the nation while giving up indulgence in cheap hits at the organisations on their Westminster doorstep.

These changes of approach and attitude aren’t costly and should be easy. The notion of « trust » in the arts underpins them and would benefit everyone. On this foundation, two policy changes can follow. First, ministers should admit and welcome that the « English » funding model based on the tripod of funding from box office, donors and the public purse is accountable, efficient and democratic. They must stop flirting with the myth that the « American » model of funding is in any way superior for the arts or society.

Second, ministers should ringfence the arts budget. If it is right for overseas aid, it is surely right for the arts at home. This is not just being « nice » to the « luvvies ». It would be to recognise and understand that the arts at their widest benefit people, places, ideas, curiosity and wellbeing. Nitpicking around the edges of a tiny budget is not an arts policy. It is bad politics too.

John Tusa, for The Guardian.

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