Cultural Engineering Group

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ADP : La démocratisation culturelle comme argument marketing

Culture et Communication

Nouvel article passionnant d’Aude Mathey sur son excellent Culture et Communication. Elle revient sur l’expérience menée dans le hall M du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où est ouvert depuis le 15 janvier dernier un « Espace Musées ». C’est avec plaisir que nous relayons cet article.

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Vous l’avez probablement déjà remarqué, soit parce que vous êtes un(e) habitué(e) de Roissy-Charles-de-Gaulle ou tout simplement parce que vous l’avez vu dans la presse, Aéroports de Paris (ci-après ADP) a ouvert un « Espace Musées » dans le hall M (de la « mode ») du terminal 2E  le 15 janvier dernier.

L’Espace Musées, initié par Francis Briest, co-président de la maison de vente Artcurial entouré d’ADP bien sûr mais aussi de Serge Lemoine, ancien président du Musée d’Orsay (qui assure la direction artistique de toutes les expositions), Nelson Wilmotte, du cabinet Nelson Wilmotte Architectes (qui a conçu l’architecture du lieu avec l’assistance de l’agence Wilmotte & Associés), a pour vocation de présenter au public au départ ou en transit au Terminal 2E deux expositions par an avec des fonds provenant des musées parisiens.

Cet espace en fait pas suite à un besoin de loisirs particulier exprimé par les passagers selon Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, mais symbolise la touche finale de la transformation de l’espace commercial du terminal. En effet, il y a 2-3 ans, afin de pouvoir raconter une histoire autour de Paris, les espaces commerciaux et de restauration devaient adopter la même forme, la même ambiance. L’Espace Musées, écrin de 250 m², a donc pour but, au milieu de restaurants et de boutiques de luxe, de créer une expérience originale pour un public qui n’aurait pas forcément l’habitude des musées, souligne Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin.

UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ?

L’Espace Musées, pour sa première exposition, accueille plusieurs oeuvres du musée Rodin, des plus emblématiques au plus méconnues sur le thème des « Ailes de la Gloire ». Les prochaines expositions qui auront lieu tous les 6 mois proviendront de collections aussi bien publiques que privées, mais auront toutes pour trait commun de faire référence à la thématique du voyage et de l’humain ainsi que de pouvoir faire appel à des thèmes universels ou qui, en tout cas, puissent être compris par différentes cultures ajoute Anne de Turenne, chef de projet à l’Espace Musées. Le terminal 2E est en effet un lieu de destination et de départ de longs courriers. La programmation dans tous les cas doit être validée conjointement avec le musée, même si l’intégralité des frais et de la gestion de l’exposition est prise en charge par le fonds de dotation de l’espace (nous n’avons pas réussi à en connaître le budget).

En ce qui concerne la médiation, puisque le public est extrêmement diversifié, l’Espace Musées a souhaité privilégier une borne interactive et des cartels. Une application, au risque d’être trop isolante et donc empêchant les voyageurs de pouvoir suivre les annonces sur leurs vols, n’est pour l’instant pas envisagée. Il ne fat en effet ne pas oublier que nous restons dans un aéroport.

Ce projet, quoique innovant, n’est pourtant pas unique. L’aéroport d’Amsterdam-Schipol a lui aussi son annexe du Rijksmuseum. L’expérience y certes différente puisque seul un musée est concerné, mais il serait intéressant de voir le développement de ce type d’offre sur d’autres aéroports similaires dans de grandes villes à fort potentiel culturel.

L’adhésion d’ADP à ce projet, au-delà de la « mission d’accessibilité et de diffusion de la culture artistique française » comme le dit si bien Augustin de Romanet, président-directeur général d’Aéroports de Paris, s’est également et surtout faite grâce à la valeur ajoutée qu’apporte ce type de projet dans un campagne stratégique et de positionnement.

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE, ARGUMENT MARKETING ?

Ainsi que le soulignait plus haut Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, l’espace Musées est venu apporter la dernière touche à une stratégie de storytelling bien pensée.

Qu’est-ce que le storytelling, tout simplement « raconter des histoires ». Non pas raconter des mensonges, mais apporter un fil conducteur dans le cadre d’une stratégie marketing, mais également dans la rédaction de contenus de médiation ou tout simplement bien sûr dans l’écriture d’un roman. Le storytelling a été adopté depuis plusieurs années déjà par les professionnels du marketing. Il est en effet plus facile de positionner une marque et de faire comprendre son positionnement grâce à l’adoption d’un fil rouge clair, cohérent et répétitif dans les supports de communication.

Aéroports de Paris a tout intérêt à ce que les voyageurs fréquentent assidûment ses aéroports, qu’ils les privilégient plutôt que les gares de train (pour arriver à la même destination lorsque le choix est possible) ou transiter par l’un d’entre eux plutôt que dans un autre aéroport avant d’arriver à sa destination finale. «Soixante-et-un millions de passagers transitent chaque année à Paris-Charles-de Gaulle. Or, confort et réputation d’un aéroport conditionnent le choix de la correspondance. Nous voulons faire préférer Roissy», martèle Pascal Bourgue, directeur Marketing d’ADP. Il est donc important qu’ADP donne envie aux voyageurs de revenir et leur laisser une « bonne impression » selon Jérôme Landras. L’enjeu est important et le fil rouge qui doit être développé est stratégique. C’est ainsi que des travaux ont été développés dans le hall M (comme « Mode ») afin de donner une harmonie à chacune des boutiques et des espaces de restaurations. La plupart d’entre eux sont des commerces de luxe ou haut-de-gamme, ce qui correspond parfaitement à l’image de la France que peut se forger un touriste étranger, mais également au public auquel ADP s’adresse (puisque le terminal 2E propose des vols majoritairement longs-courriers, le pouvoir d’achat de ses voyageurs est donc plus important que pour les autres terminaux). Au-delà de la mode et de la gastronomie, ADP se devait de faire connaître la culture française, via un succédané, une sélection des meilleures oeuvres de musées parisiens. C’est ainsi que les 250 m² de l’Espace Musées, lieu de culture accessible gratuitement, devient le point d’orgue de cette expérience. Jérôme Landras a ainsi remarqué, lors de l’ouverture de l’espace, que les premiers visiteurs étaient ravis et bluffés de découvrir un lieu d’exposition. Le but aura donc été atteint.

Cependant, drainer des voyageurs toujours de plus en plus nombreux ne serait pas le seul but de l’Espace Musées. Bien qu’aucun partenariat n’ait été noué avec le Ministère de la culture et de la communication (peut-être que l’Espace Musées veut préserver son indépendance vis-à-vis d’une grande institution ?), l’enjeu est grand pour les musées sont les oeuvres sont exposées. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le public fréquentant le terminal 2E a un pouvoir d’achat important, et provient des Amériques, de l’Asie et de l’Afrique. Bref, des zones géographiques dans lesquelles résident un bassin très important d’amoureux de la culture française et potentiellement mécènes. Anne de Turenne ne nous l’a confirmé qu’à demi-mot. Bien que le fonds de dotation bénéficie aujourd’hui de fonds propres (dont on ne sait toujours pas le montant) et d’aucun soutien extérieur, que ce soit de l’Etat ou d’un partenaire privé, il ne ferme pour autant pas la porte à de potentiels mécènes. Cette question doit pour autant être envisagée avec les musées dont les œuvres sont exposées. Peut-être leur en ai-je donné l’idée ? Ils viennent de créer une rubrique « Soutenir le musée »…

Le prochain musée partenaire de l’Espace Musées n’est pas encore communiqué. Mais des informations circuleraient sur une présentation des œuvres du musée Maillo. Plus d’informations à venir au printemps.

Gageons que cela fonctionnera. L’inverse serait fort dommage dans ce lieu particulièrement cosmopolite. À terme, l’Espace Musées espère accueillir 500.000 visiteurs par an.

Le dossier de presse ici.

Pour lire l’article dans son version originale, cliquez ici.

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Arts Council England joins forces with VisitEngland to boost cultural tourism

Moira Sinclair and James Berresford announce the partnership between Arts Council England and VisitEngland. Credit: Arts Council England.

Moira Sinclair and James Berresford announce the partnership between Arts Council England and VisitEngland. Credit: Arts Council England.

Arts Council England and the national tourist board, VisitEngland, have announced a new partnership to boost cultural tourism in England.

By working together to coordinate activity, Arts Council England and VisitEngland will grow the value of tourism by championing England’s cultural offer, stimulating local jobs and ensuring the sustainability of the cultural sector around the country.

The partnership statement sets out how Arts Council England and VisitEngland will work together. A key priority will be to encourage and support destinations that have real potential to grow and improve cultural tourism.

Arts Council Lottery funding of £3 million will be available to local culture and tourism partnerships. This fund, due to launch this summer, aims to encourage the development of arts and cultural experiences and targeted holiday packages for visitors that include cultural aspects as well as more traditional accommodation and transport elements.

Culture Secretary Maria Miller said:

‘Our country is renowned around the world as a top cultural tourist destination – with iconic heritage sites, museums and theatres; the industry has a strong role to play in our economic growth.

‘It makes sense that our cultural and tourist industries join forces, as in many cases they are two sides of the same coin. This new partnership between VisitEngland and Arts Council England will help local organisations give both tourism and cultural sectors a boost. I am keen to promote this kind of collaboration going forward.’

James Berresford, Chief Executive, VisitEngland said:

‘We are delighted to be working with Arts Council England.  An improved cultural offering in destinations around England will certainly help to boost domestic and international tourism, will stimulate local economies, and provide visitors with world class cultural experiences, ultimately strengthening England’s reputation as one of the greatest cultural destinations in the world.

‘VisitEngland’s marketing strategy fully supports the cultural sector through a variety of campaigns aimed at inspiring visitors to make the most of this country’s fantastic arts and music scene.  We believe in the value of cultural tourism and this partnership certainly demonstrates the legacy for tourism following a bonanza year of cultural in 2012.’

Alan Davey, Chief Executive, Arts Council England, said:

‘England’s world class arts and culture has long been a draw for visitors from all over the world as well as a great source of pride for its people. This partnership with Visit England will allow us to explore new ways, at both local and national levels, in which we can continue to draw potential visitors and audiences to these shores for the benefit of the sector, local communities and critically, to help grow the economy.’

Download the Partnership statement

Download the transcript of the partnership announcement

Listen to or download the podcast of the partnership announcement

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Musées, villes et tourisme

L’Équipe Interdisciplinaire de REcherche Sur le Tourisme (EIREST), l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne et la Chaire UNESCO Culture, Tourisme, Développement organisent un colloque sur le thème Nouveaux musées, nouvelles ères urbaines, nouvelles mobilités touristiques, les 20 et 21 janvier 2011, à la Société de Géographie, à Paris.

Depuis une trentaine d’années, la transformation des musées est accentuée par le phénomène de la métropolisation : la ville produit des musées et du tourisme, mais réciproquement, le musée et le tourisme produisent de la ville. L’objectif de ces rencontres est d’étudier cette relation complexe entre musée, tourismes, et villes, selon les « modèles » de musées, les contextes, et les époques. Ce colloque portera sur les liens entre grands musées et tourisme, les mutations des musées, du point de vue de leur rénovation, de leur impact territorial, de leur prise en compte du tourisme, des mutations muséologiques et des nouvelles pratiques touristiques qui y sont associées. Cinq axes majeurs structureront les ateliers mis en place : L’articulation mutations urbaines, musées et tourisme ; Le Musée et ses échelles d’inscription, entre icône urbaine et moteur de développement territorial ; L’évolution de la pratique touristique, renvoyant à l’horizon hypermoderne de la mixité des pratiques et la combinaison des différences ; Le touriste au musée ; Le tourisme, une dimension cachée du musée ? La présentation du colloque, le programme et la fiche d’inscription sont en ligne.

Contact : Maria Gravari-Barbas, Édith Fagnoni, Eirest, Centre Albert Châtelet, 6, rue Jean Calvin, 75005 Paris (maria.gravari-barbas@wanadoo.fr ; e.fagnoni@wanadoo.fr)

Source : ministère de la Culture et de la Communication.

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Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

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Visite culturelle et TIC

Atout FranceLes technologies de l’information et de la communication (TIC) ont envahi la vie quotidienne suscitant de nouvelles pratiques et des nouveaux modes de consommation. De nouveaux services deviennent ainsi des éléments d’attraction supplémentaire pour les sites culturels et touristiques en permettant d’accompagner les visiteurs dans la découverte d’un lieu que la visite soit libre ou accompagnée. Les TIC ont également permis de démultiplier les contacts entre l’offre culturelle et touristique par l’apparition d’offres conjuguant ces deux dimensions. L’accès aux destinations a été naturellement facilité (promotion, vente et réservations en ligne, accès à une offre plus vaste et lisible, fidélisation…) et l’offre a également évolué sans cesse en matière d’usages : sites Internet, GPS, espaces multimédia, dispositifs de visites virtuelles…

L’enjeu est considérable et offre des perspectives nouvelles pour chaque établissement. Jusqu’à présent, seuls quelques sites majeurs pouvaient espérer une audience internationale. A présent, plusieurs centaines de millions d’internautes se trouvent à portée de tous ceux qui sauront construire une vraie attractivité via le numérique. Ceci suppose néanmoins certaines conditions : communiquer dans la langue de ses interlocuteurs, répondre à leurs attentes culturelles mais aussi pratiques, respecter leur diversité avec pédagogie et empathie.

Dans ce contexte, comment innover en faisant les bons choix ? Comment créer de la valeur utile pour chacun des acteurs concernés : visiteur physique ou électronique, gestionnaire de site ou responsable territorial ? Quel retour sur investissement attendre ?

C’est pour répondre à ces interrogations qu’ATOUT FRANCE a réalisé avec ses partenaires, la Direction des musées de France (DMF), le Centre des monuments nationaux (CMN) et l’Agence Régionale de la Société de l’Information de Midi-Pyrénées (ARDESI), ce guide pratique. La présente étude établit un panorama mondial des exploitations actuelles des TIC par les établissements et sites culturels. Elle en dégage les pratiques les plus prometteuses, et souligne les perspectives les plus mobilisatrices.

Non seulement il devient possible de mieux attirer les publics traditionnels (local, national, et international), mais aussi de s’adresser à un éventail beaucoup plus large de visiteurs potentiels. Toutes les analyses de sites ont été conduites au cours de l’année 2008, les exemples choisis n’ont qu’un objectif constructif : mettre l’accent sur les bonnes pratiques et les facteurs de progression, en permettant à chacun de bâtir sa stratégie numérique à partir d’indicateurs pertinents.

Cet ouvrage vient de paraître et est en vente en version PDF au prix de 35 € TTC sur le site Internet www.odit-france.fr

En version papier au prix de 40 € TTC sur le site de la Documentation française

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Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

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Atout France, opérateur unique du tourisme

Atout FranceLe projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques, adopté par l’Assemblée nationale le 8 juillet, vient compléter les missions d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France, née du rapprochement entre Odit France et Maison de la France et mise en place en mai 2009.

Cet opérateur unique de l’Etat doit permettre la mise en œuvre d’une politique publique du tourisme plus coordonnée et plus efficace, notamment pour mieux promouvoir à l’étranger la France comme destination de tourisme. Suite à l’adoption de la loi du 8 juillet, l’agence exercera en outre des missions d’intérêt général dans le domaine du classement hôtelier et de la tenue du registre des opérateurs de voyages.

La création d’Atout France s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a déjà donné lieu à la fusion de la direction du tourisme au sein de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) au ministère de l’économie.

Le projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques est destiné à moderniser durablement le secteur du tourisme en mettant en œuvre des réformes structurelles pour permettre au secteur d’accélérer son développement.

Le communiqué du 8 juillet sur le site du ministère de l’économie.

Le communiqué de création d’Atout France (19 mai 2009)

Source : site de la RGPP.

N’hésitez pas à commenter cette information car, les spécialistes du secteur le savent (voir ici), les aspects législatifs qui viennent d’être mis en place modifient fortement la donne et constituent une étape stratégique pour la suite, notamment pour la marque France. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans un post dédié à cette question, dès la rentrée.

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Flowersway

flowersway.logoTout récemment, un nouvel acteur est apparu sur le secteur du tourisme culturel, secteur où les TIC jouent un rôle de levier de développement de plus en plus incontournable. Orienté sur le plus beau des ressorts (« L’humanité du voyage »), Flowersway propose de partir à la découverte de nos territoires à travers des parcours inédits, le tout dédié et « brandé » comme autant de nouvelles façons de voyager. Ici tout est affaire de voyage, de création d’hospitalité et de rencontre.

Les marques et les institutions sont présentées selon des thématiques et selon leurs destinations et vu l’intelligence des formats de parcours/séjours proposés, il y a fort à parier que le site va non seulement se faire une place de choix dans les offres alternatives au tourisme un peu trop endormi sur ses lauriers mais va également s’imposer comme un opérateur et un partenaire de choix pour les institutions et les territoires.

Il manquait un nouveau média au tourisme, il manquait une nouvelle approche des territoires par la culture, il manquait une autre conception de la mise en tourisme et du marketing territorial. L’arrivée de Flowersway vient apporter une contribution importante pour l’avenir de ces secteurs, avec une offre dont l’attractivité va jusqu’à donner accès au site gratuitement à tous les professionnels et leur proposer des outils/widget seront à leurs dispositions dans la version 2 dès septembre.

Pour prendre plus précisément la mesure, voici un exemple pour les marques et fédérations sur des thématiques et un exemple pour les institutions sur leurs destinations. A noter également l’opération inaugurée tout récemment : Plein Soleil

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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Barcelona Creativa

Le tourisme créatif est une nouvelle tendance touristique qui se caractérise par la participation des visiteurs à des activités artistiques qui leur permettent de découvrir la culture locale grâce à l’expérimentation, l’apprentissage et dans certains cas d’exposer leur talent.

Pour promouvoir le tourisme créatif à Barcelone et ses environs, la plate-forme Barcelona Creativa propose une foultitude d’activités et d’initiatives accessibles à tous, permettant de découvrir la ville toujours postée à l’avant-garde et à l’affût des leviers de développement lui permettant d’être à la fois attractive et fondamentalement innovante.

Lors du séminaire de Paris Mix, que nous avons annoncé et suivi de près, Barcelone était représentée et nous était dévoilée sa toute nouvelle politiques d’usines de la création. Aujourd’hui avec Barcelona Creativa, c’est une offre particulièrement étoffée que la capitale de Catalogne propose. De quoi en inspirer plus d’un.

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Marketing culturel des villes

Le centre des médias maltais organise à Valeta du 8 au 12 avril 2009 une conférence internationale dédiée aux nouveaux opérateurs culturels et touristiques qui participent à l’image de marque des villes artistiques / métropoles créatives. 

Ces rencontres seront plus particulièrement dédiées à l’analyse des produits et services en développement dans les nouvelles formes de tourisme dans les villes qui possèdent un patrimoine artistique et culturel d’envergure internationale sans être pour autant considérées comme capitales artistiques. Il s’agit de la première initiative rassemblant des villes qui, pour des raisons économiques conjoncturelles ou structurelles notamment, n’ont pas encore exploité pleinement la valeur ajoutée de l’art, de la culture et des créateurs pour leur tourisme et le marketing de leur image de marque.

À noter que les citoyens et ressortissants des pays de l’Union Européenne peuvent solliciter via le programme Grundtvig III une aide à la prise en charge des frais de voyage, de séjour et d’inscription.

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Retour sur Transit City

Transit CityLe 28 novembre dernier au Pavillon de l’Arsenal à Paris, le think-tank Transit City a tenu son atelier-débat. Rendez-vous régulier des réflexions prospectives sur la ville et les modes de vie animé par François Bellanger, cette matinée avait pour intitulé « Et cela ressemblera à quoi le voyage dans 25 ans ? ».

Si la question incite à la rêverie et au souvenir de nos grands mythes du voyage dont notre histoire et nos imaginaires regorgent, le programme affichait dès son annonce que la réalité de l’évolution de nos pratiques du voyage et de la manière dont transporteurs et voyageurs appréhendent ses modalités qui connaissent des bouleversements considérables qui touchent de nombreux secteurs de nos activités économiques. Bouleversements dont les signaux liés à l’intensification des flux industriels, commerciaux et civils (pour ne pas dire leur massification) impactent la préparation, la vente, la gestion, la vie et le sens du voyage, quel que soit le maillon de la chaîne sur lequel on se situe ; le tout sur fond de la contrainte toujours plus préoccupante de la raréfaction des ressources énergétiques et des changements environnementaux.

Il y a des changements de paradigmes culturels, il y a des évolutions aux enjeux devenus considérables, il y a un renouvellement des imaginaires, tout un monde qui nous appelle et nous implique individuellement et collectivement. Le transport et le voyage en seront-ils toujours des vecteurs aussi importants dans 25 ans ?

En empêcheur de tourner en rond rompu à l’exercice, François Bellanger bouscule nos schémas de pensée et nos certitudes avec un soin méticuleux, tout comme il le fait auprès de grands comptes publics et privés depuis plusieurs années. L’exercice est volontairement provocateur et réveille les consciences avec une clarté rare de nos jours. Rares en effet sont ceux qui parviennent à décloisonner autant, quels que soient les domaines professionnels représentés dans l’audience. Il réussit non seulement à créer des ruptures dans la pensée corporatiste et sectorielle mais il le fait dans une jubilation qui se partage et s’échange. Le bombardement totalement prémédité et assumé des faits, des chiffres, des images et des mots est particulièrement savoureux et pose immédiatement le décor.

Pour l’avoir déjà vu à l’œuvre par le passé, l’attente était donc teintée par la curiosité de découvrir ce qu’il nous réservait cette fois-ci.

Une fois de plus le dépaysement fut total et les intervenants invités ont parfaitement joué le jeu, en se livrant à un débat hors de toute langue de bois. Des expertises, des retours d’expérience et des visions livrées sans frein, interagissant entre elles et donnant des clés de lecture très enrichissantes. Immanquablement, on en sort avec la conscience que quelque chose a changé, que quelque chose change, que quelque chose peut changer et qu’on possède désormais certaines clés de ce changement.

Après l’introduction de François Bellanger, le débat était lancé et en voici en substance les grandes lignes.

Les intervenants :

  • Philippe JARRY (responsable du Market Development – Future Programs d’Airbus)
  • Daniel SALLIER (responsable du Pôle Trafic et Données Aéronautiques d’Aéroport de Paris)
  • Yves CROZET, chercheur au Laboratoire d’économie des transports (LET)
  • Claude VILLERS, (grand reporter et grand voyageur, et grand connaisseur des trains et des paquebots)

Faisant un retour fort éclairant sur l’histoire du design des avions, Philippe Jarry explique que la forme de nos avions actuels ne changera vraisemblablement pas tant que l’on restera en deçà de huit cents à mille passagers mais que pour des raison de masse et de volume (1 passager = 1 tonne), nous atteignons la limite physique du modèle. Au-delà, le modèle établi par la forme « en oiseau » n’est plus viable même s’il on avait la maîtrise de l’énergie. Cela amène de faco à repenser le modèle par tous les angles d’attaque possibles. D’abord comment améliorer la desserte du modèle actuel pour arriver à mieux le gérer (de la conception, à l’optimisation, en passant la logistique interne et externe), ensuite en reconnaissant que si nos déplacements continuent à se développer de manière plus massivement démocratisée à l’échelle planétaire, le problème énergétique se pose de manière criante, sur un plan autant stratégique, économique et géopolitique. En effet pour l’industrie aéronautique le problème se pose en des termes aussi simples que : l’énergie devant être disponible partout et selon le même standard, il n’y a pour le moment aucune alternative viable à la même échelle. En conséquence de quoi, même avec le retour à l’hélice qui semble de plus en plus probable (même s’il se heurte à un blocage culturel par rapport au réacteur), il faut s’attendre et se préparer dans tous les cas de figure à une révolution basée sur des choix qui seront drastiques quoi qu’il arrive, d’autant que les aéroports ne voient pas le changement venir d’après lui. Ils ont eux aussi à opérer leur propre révolution car c’est la survie de l’économie de l’ensemble qui en dépend.

Toujours sur la question énergétique et plus particulièrement du pétrole, arrive en ligne de mire le problème politique du monopole de la voiture sur nos économies et nos sociétés (voir absolument sur ce sujet l’excellent « The end of surburbia », de Gregory Greene, que nous évoquions cet été). En France mais comme quasiment partout dans le monde, une majorité écrasante de nos déplacements se fait en voiture. C’est une conséquence profonde des choix faits au XXème siècle. Ces choix ont largement structuré nos économies, nos industries, nos sociétés et par voie de conséquence nos emplois et donc l’équilibre même de nos modèles de société. Il faudra plus que du courage politique pour opérer au changement qui consiste soit à modifier notre industrie automobile sur la base d’une autre source d’énergie, soit à développer les modes alternatifs transport de manière plus radicale qu’aujourd’hui. Même si les initiatives se font de plus en plus nombreuses et sont visibles, on est encore à la préhistoire de ce changement.

Côté aéronautique, un scénario possible déjà étudié est d’abandonner là où cela est possible les vols domestiques et développer plus fortement le train. Mais attention à l’eurocentrisme car par exemple, cela est beaucoup moins envisageable aux Etats-Unis pour les raisons que tout le monde connaît (échelle géographique et répartition de la concentration des populations entre côtés Est et Ouest, état du réseau ferroviaire, etc.). Cela semble envisageable en Europe du fait du réseau ferré déjà présent irrigant le continent et du fait des politiques infrastructurelles présentes. Air France et la Lufthansa on déjà envisagé la suppression des vols intérieurs mais le développement du low cost ces cinq dernières années est venu troubler et modifier la donne. La question est d’arriver au moment à partir duquel le modèle actuel atteindra sa limite supportable. Nous n’en semblons plus très loin.

La transition avec Danniel Sallier, qui s’exprimait à titre personnel, était parfaite en abordant les limites de l’adéquation actuelle entre avions et aéroports, de leur capacité d’absorption des flux et au final la question de la gestion du temps et plus particulièrement de la durée qui nécessite une logistique monumentale, dont le voyageur lambda n’en perçoit qu’une infime part. Il explique d’abord que l’aéronautique du XXème siècle est basée sur le modèle Pullmann, réservé à une élite totalement prise en charge par le système et l’infrastructure de transport. Aujourd’hui, le modèle de la prise en charge ne s’applique plus qu’à l’élite mais à tous, démocratisation oblige. Le problème posé aux aéroports est donc aujourd’hui plus que tout autre sujet le traitement des bagages. Pour illustrer son propos, il précise que le terminal bagages de l’aéroport Charles de Gaulle 2E représente un volume égal à celui de Notre Dame de Paris. À l’échelle d’un aéroport complet, cette question tourne au cauchemar. Le problème est évidemment lié à la taille et à la fréquence des avions. Sur la taille, la difficulté repose sur les avions de petite taille et sur le problème de la rigidité des avions au sol toutes tailles confondues. Des matériaux plus souples sont progressivement introduits dans la conception des avions et de nouveaux matériaux devraient permettre d’améliorer cette question mais pour le moment le problème reste entier. 60% du trafic de l’aéroport CDG relève des vols de moyenne distance et de courte distance. Cela suffit à comprendre qu’il est nécessaire de reconsidérer le traitement de la chaîne « passager » dans son ensemble.

Les problématiques des demandes futures qui se posent désormais sont les suivantes :

  • la réalité géographique de notre planète est très différente d’un point à l’autre. La plupart des transports en Europe est endossable sur terre. Cette réalité ne peut être extrapolée au reste du monde. L’eurocentrisme est le pire ennemi. Nous ne revenons pas sur point car Daniel Sallier l’a largement expliqué pendant l’intervention précédente.
  • Les forces centripètes et centrifuges en présence. Dans le préambule de la déclaration constituante de l’OACI en 1944 (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), on trouve l’affirmation de la nécessaire acceptation et connaissance de l’autre, et l’avion est présenté comme « une condition nécessaire pour l’avenir des sociétés humaines et de la paix ». Aujourd’hui, on a beaucoup plus tendance à percevoir l’autre comme un danger, l’avion est surtout appréhendé comme un vecteur de propagation des épidémies, le temps passé au contrôle de police et de douane dans les aéroports est plus long à la sortie d’un territoire qu’à son entrée. On peut sérieusement se demander si l’on ne va pas vers une scission entre les populations et les géographies, vers de nouvelles ségrégations, vers les lois d’airain.
  • Le problème de la démocratie et de la richesse à travers la loi de Schäffer (1km parcouru par personne = 1 point de PIB). 75% de nos déplacements se font en voiture (cela dit toute l’importance que le pétrole revêt pour l’avenir de l’aéronautique) mais l’industrie automobile est entrée dans un rendement décroissant précisément à cause de sa démocratisation. Ce phénomène a également débuté pour les avions. Il est probable que l’avion sera sanctuarisé et que le train sera fortement subventionné en Europe, car le modèle d’aménagement du territoire est celui du « Hub and Spoke » (moyeux et rayons), mais quid du reste du monde ?

Yves CROZET est revenu sur les points évoqués mais a surtout insisté sur la problématique de la conception architecturale des aéroports, conception qui n’est ni adaptée aux voyageurs, ni à la vie de ceux qui y travaillent, ni à la gestion des flux, s’étonnant qu’il y a ait aussi peu de réflexions menées sur les aéroports alors que dans d’autres domaines, les architectes sont beaucoup plus prolixes.

Le moment d’émotion de la matinée fut bien évidemment l’intervention de Claude VILLERS. Il avait fait quelques incursions dans le débat mais François Bellanger a su ménager son temps de parole pour la fin. Il n’y avait plus qu’à fermer les yeux et se lancer porter par cette voix si familière et chaleureuse qui a fait rêver sur les ondes depuis si longtemps. Claude Villers est avant tout un amoureux des trains et des paquebots mais il est revenu sur la question de la dimension donnée à l’avion, notamment dans la déclaration de l’OACI, en expliquant qu’au fond ce n’est pas l’avion qui fait la paix mais le voyage, même si le voyage n’est pas sans risque. Les trains eux font l’unité d’un pays.

Le voyage c’est le renouveau permanent des imaginaires à l’intérieur desquels ce n’est pas le temps mais la durée qui donne de l’épaisseur à la vie. Il faut préserver cette vie du voyage, le voyage à vivre, car à cette vie s’associe un plaisir et donc un désir. Le voyage est effectivement tout cela et c’est avant tout cela. Au fil des minutes, Claude Villers égraina ses destinations préférées, les trains qui lui sont chers pour finalement nous sensibiliser à l’idée que pour garantir et gérer le débit optimal quel que soit le moyen de transport, il faut partir de l’unité de base la plus lente et non de la plus rapide. Cet autre regard permet de mieux comprendre à quel point la destination est devenue l’objectif du transport de masse mais pas celui du voyage même démocratisé.

La rencontre s’est achevée en prenant rendez-vous pour la suivante qui aura lieu le 23 janvier prochain et qui aura pour thème « Vers de nouvelles relations ville/mer ? »

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Salon du patrimoine culturel

Ce salon vient de fermer ses portes à Paris. Rappelons que les thèmes abordés cette année portaient sur « patrimoine et mécénat » et « patrimoine et tourisme culturel ». A cette occasion, l’association des journalistes du patrimoine a réalisé un blog. On y trouve des interviews faites sur place, par exemple : Julien Anfruns, le nouveau directeur de l’ICOM ; Christine Albanel, Ministre de la culture ; Yves Ravailler, nouveau directeur du Château de Lunéville (en reconstruction par le Conseil général de Meurthe-et-Moselle) ; Catherine Bonnin-Barriot, pour le nouveau Musée Robert-Barriot (artiste émailleur et plasticien), qui ouvrira fin janvier à Vence ; Hervé Novelli, secrétaire d’Etat aux PME, artisanat, commerce et tourisme, etc.

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L’ingénierie touristique au service des collectivités locales

Alors que le tourisme représente un enjeu toujours plus fort en termes d’emploi et de mise en valeur des territoires, plus que jamais, l’ingénierie touristique doit devenir une manière raisonnée et organisée de valider et de mettre en oeuvre la volonté des collectivités et de leurs partenaires en réduisant la prise de risques et en construisant des partenariats publics/privés efficients.


Au sommaire de cette étude plubliée par ODIT France :

– Quel processus pour le montage et le financement de projets en co-production public/privé ?


– Du bon recours aux cabinets conseil


– Un appel d’offres : combien cela coûte-t-il ?


– Quand parfois certains appels d’offres en déshérence


- Comment évaluer l’offre d’un cabinet conseil ?


- Collectivités et projets touristiques : panorama juridique des outils contractuels

– 
Interview de Jean-Michel Grard, président du Géfil, (syndicat professionnel des cabinets d’ingénierie loisirs culture tourisme).

 

Source : ODIT France

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