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Mesures Extraordinaires

Une nouvelle exposition d’art contemporain a débuté le 1er mai dernier et risque de faire fureur dans la région de Northumberland (Nord-Est de l’Angleterre) à Belsay Hall, tout près de Newcastle. « Extraordinary Measures », confiée à 7 artistes et architectes majeurs, parmi lesquels l’artiste internationalement reconnu  Ron Mueck, un des chefs de files du street art Slinkachu et un des anciens Young British Artists Mat Collishaw.

L’exposition place des pièces qui se jouent des échelles, notamment des miniatures, dans des situations où elles sont mises en rapport avec le site patrimonial, paysager et touristique exceptionnel de Belsay Hall, ses pièces, son château, ses jardins. Le décalage d’échelle permet d’opter pour un autre point de vue, de remettre au goût du jour la tension qui se crée dans notre rapport au monde, un rapport qui a tendance à croître dans la démesure de l’époque moderne, rapport qui à travers cette exposition nous replace à notre juste mesure.

Un remarquable mini film de promotion a été réalisé à cette occasion, vous pouvez le découvrir en cliquant ici.

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La semaine du tourisme britannique met le Mur d’Hadrien à l’honneur

Le mur d’Hadrien, la fortification qui marquait, dans l’actuelle Grande-Bretagne, la frontière nord de l’empire romain, a été illuminé sur toute sa longueur samedi par des torches portées par 500 volontaires.

Tout au long du mur qui sur 135 km traverse l’Angleterre, de Wallsend au nord-est à Bowess-sur-Solway au nord-ouest, 500 torches ont été allumées pendant 30 minutes tous les 250 mètres alors que la nuit tombait pour former une ligne de lumière sur le sentier qui court le long du mur.

Cette célébration aura nécessité la collaboration des 120 propriétaires des terrains traversés par le mur (même si ces terres appartiennent en définitive à la Reine) et la participation de milliers de volontaires dont certains venaient du Canada et d’Australie.

L’événement entendait marquer la semaine du tourisme britannique et le 1.600ème anniversaire de la fin de l’empire romain en Grande-Bretagne, en 410 après JC.

Cette célébration fut sans aucun doute chargée d’émotion car outre le fait que les anglais (en particulier les habitants du nord du pays) sont très attachés au mur, elle fut immortalisée par les milliers de touristes présents. Nombreux sont celles et ceux qui ont dû regretter que cette illumination ne dure que 30 minutes mais l’événement a toutefois été filmé depuis un hélicoptère qui a survolé tout le parcours. Cette semaine du tourisme britannique ne pouvait pas mieux marquer les esprits avec une telle opération.

Le mur, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, avait été construit en 122 après JC sur ordre de l’empereur romain Hadrien, pour marquer la frontière nord de l’empire. C’est le monument de l’Antiquité le plus grand de l’Europe du nord.

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Istanbul fait partie de l’Europe

Istanbul est avec Essen et Pécs Capitale européenne de la culture 2010. Nedim Gürsel, écrivain turc habitant à Paris, saisit l’occasion pour rendre hommage à sa ville de naissance: « Istanbul est la capitale culturelle de l’Europe en 2010, ce qui pourrait paraître paradoxal pour la capitale des sultans ottomans, mais aussi pour la ville de Pierre Loti, le chantre d’Istanbul … qu’il voulait orientale. Istanbul a fait tant rêver les Européens à la fin du XIXe siècle en tant que porte de l’Orient ou la Sublime Porte, comme on l’appelait à l’époque, qu’il nous est difficile aujourd’hui de la concevoir en dehors de son mythe. Pourtant, à cheval entre les deux continents et reliant les deux rives du Bosphore, cette mégalopole de près de quinze millions d’habitants, qui ne cesse de s’étendre et de se développer, revendique sa place parmi les villes européennes. … Pour avoir visité presque toutes les capitales européennes je ne peux m’empêcher de penser à l’avenir d’une Europe qui laisserait Istanbul hors de ses frontières. »

Source : BpB.

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La Corée du Sud veut être dans le top 10 mondial de la culture

Le minitre de la culture sud coréen Yu In-chon a fortement marqué les esprits lors de son discours des vœux pour 2010, en affirmant que son ministère allait désormais travailler d’arrache-pied pour le développement de l’industrie du tourisme. « Visit Korea 2010-2012 » est le slogan de la campagne qui vient d’être lancée et qui vise à faire de la Corée du Sud un des 10 pays les plus développés sur le plan culturel au monde.

Cette campagne a pour objectif de valoriser et promouvoir, grâce à la création de nouveaux sites, de nouvelles destinations et de nouveaux événements culturels dans l’année qui vient, de manière à « attirer les amis du monde entier » a déclarré le ministre.

Avec l’accueil du prochain sommet du G20, les nouveaux musées nationaux, les galeries et les centres d’arts seront les vitrines de l’histoire et de la culture sud coréenne et le ministre veut profiter de l’opportunité de novembre prochain pour considérablement améliorer de l’image du pays et renforcer son attractivité touristique. Pour ce faire, la campagne « Visit Korea 2010-2012 » s’articulera autour de trois thématiques (2010 : « City and Style », 2011 : »Nature and People », 2012 : »Blue Ocean »). Chaque année s’appuiera notamment sur des événements d’ambition internationale autour des thèmes de la gastronomie, de l’éducation, du sport, de la culture :

  • 2010 est l’année de Séoul capitale mondiale du design, où la culture populaire sud-est asiatique, le tourisme urbain, la culture et la mode (secteurs en pleine explosion là-bas) seront à l’honneur ;
  • 2011 sera l’année pendant laquelle les championnats du monde d’athlétisme se dérouleront à Daegu et l’accent sera mis sur le tourisme vert ;
  • 2012 sera l’année de l’exposition internationale de Yeosu, année pendant laquelle les projecteurs seront braqués sur les technologies de l’information et de la communication, le tourisme maritime et balnéaire.

Au cours de chaque année, de nombreux événements seront organisés et rien que les trois événements mentionnés ci-dessous visent à eux seuls 8,5 millions de visiteurs étrangers. Il convient de noter que selon un rapport publié début janvier par la KTO (Korea Tourism Organization), 7,8 millions d’étrangers ont visité le pays, dont 56% de Japonais et de Chinois, ceci permet de mesurer l’ambition visée par le ministre.

Or cet objectif n’a rien une vue de l’esprit et n’a rien non plus d’un pari totalement fou puisque le ministère de la culture (qui a également le tourisme et le sport dans son portefeuille) poursuit la mise en œuvre d’une stratégie sans précédent pour le pays depuis près de trois ans, stratégie que nous avons évoquée à plusieurs reprises (notamment ici et ). Cette stratégie vise à trouver la bonne adéquation entre infrastructures et événéments, à mettre en ordre de marche les professionnels des secteurs de la culture et du tourisme (non sans une certaine autorité d’ailleurs) et à placer au rang de priorité nationale le rayonnement culturel du pays dans sa zone régionale mais aussi au niveau mondial. Il est vrai que la notion de culture a toujours été abordée de manière très spécifique en Corée du Sud, mise très en avant et au service de laquelle chacun se doit de contribuer.

Le tourisme culturel est pris très au sérieux par le gouvernement, et on mesure le poids des investissements réalisés lorsque la KTO évalue l’impulsion économique de cette politique à près de 2 points de PIB sur les deux dernières années. A l’échelle géographique et démographique du pays et dans le contexte économique, ceci constitue un effort considérable et sans équivalent.

Pour plus d’informations, visitez le site officiel du tourisme sud coréen.

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Pécs rivalise avec Budapest

La ville de Pécs, au sud de la Hongrie, vient de débuter son année de capitale européenne de la culture 2010, et cela ne fait que raviver un peu plus la rivalité existant entre Budapest et les villes de province, écrit le portail d’informations Hírszerző : « Les expériences des dernières semaines nous montrent que deux capitales, dont l’une culturelle, ne suffisent pas pour pouvoir se sentir vraiment européens. … Ces derniers jours, la contradiction entre Budapest et la province s’est de nouveau révélée dans toute son ampleur. … C’est une vieille histoire : celle de la rivalité mesquine entre les villes provinciales, comme Pécs, et Budapest, la capitale qui fait de l’ombre au reste du pays. … . Le couronnement de Pécs en 2005 en tant que capitale européenne de la culture avait justement pour but de montrer à l’Europe qu’il existe aussi, en dehors de Budapest, une vie culturelle passionnante et digne d’intérêt. Il reste à espérer que cela se vérifiera au cours de l’année de la capitale européenne de la culture. »

Source : BpB

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Marseille Provence 2013 : bientôt une marque ?

Dans le milieu effervescent du design, ruiz+company s’est récemment fait remarquer pour ces propositions de packaging de gammes de produits sériés et signés à l’attention des villes. Ces dernières, dont le marketing et les stratégies de différenciation sont de plus en plus abouties, cherchent à être reconnues immédiatement durablement pour leur identité, leur offre, leur imaginaire, leur authenticité et leur dynamique.

Elles tentent donc de marquer le conscient et l’inconscient individuels et collectifs par une marque claire, un message fort, des valeurs sûres, un signe et une image spécifiques, et pourquoi pas, comme c’est le cas dans les très grandes opérations médiatiques et populaires (on pense évidemment aux expositions universelles, aux grands événements sportifs comme les jeux olympiques), travaillent toutes une gamme de produits dérivés qui génèrent, au-delà de recettes substantielles, une adhésion à leur image de marque, une empathie naturelle pour leur offre en termes de qualité de vie, d’infrastructures, de services et d’activités, qui créent les conditions d’une meilleure durabilité des retombées dudit événement.

Les capitales européennes de la culture n’échappent pas à la règle, même si jusqu’à présent les tentatives ont été plutôt timides sur cette question. Marseille 2013 a en revanche déterminé il y a plus d’un an un cahier des charges pour mettre en œuvre tous les moyens d’adhésion à la manifestation. Mais certains s’inquiètent de ne rien voir venir jusqu’à présent car le temps presse, malgré un concours fin septembre 2009 pour le logo et la charte.  Il faut dire que la progressivité de la mobilisation et de la mise à disposition des moyens financiers ne facilite pas la réalisation des objectifs stratégiques qui eux nécessitent le travail le plus en amont possible. En général tout le monde commence à s’affoler 2 ans avant la date fatidique et le véritable branle-bas de combat n’est sonné que dans l’année qui la précède. C’est une mécanique complexe à mettre en œuvre, certes. Mais à la différence de la plupart des autres grands événements médiatiques, les moyens financiers n’arrivent en fait que très tardivement. Une coupe du monde ou un championnat d’Europe de football par exemple déclenche la libération de financements colossaux dès la désignation du pays hôte, dès la qualification des équipes, des la signature des droits télévisuels, etc.

Certains diront que la culture est loin, même dans le cadre d’une capitale européenne de la culture, de représenter un intérêt financier du niveau de celui d’un événement sportif.  Ceux-ci sont toutefois de moins en moins nombreux car on commence à mesurer les retombées directes et indirectes des opérations culturelles sur un territoire avec plus de précision. A ce titre, les chiffres de Lille 2004 et Liverpool 2008 sont assez éloquents et c’est probablement ce qui a contribué à un certain renouveau dans l’opération « capitales européennes de la culture », opération dont il convient de rappeler qu’il se chuchotait au début des années 2000 qu’elle serait abandonnée. Au fond tout arrive au bon moment comme dirait l’autre, mais dans le contexte de crise financière, économique et sociale des deux dernières années, il semble encore plus difficile de faire converger tous les moyens au bon moment.

Le caractère ultra diffus et ultra diversifié de la culture dans nos sociétés n’en facilite pas une médiatisation massive identique à celle que connaît le sport. Mais depuis Lille 2004 et Liverpool 2008, le retour d’expérience est beaucoup plus renseigné et outillé, ce qui laisse entrevoir que les difficultés rencontrées par Marseille 2013 sont plus d’ordre politique et organisationnel. Ces difficultés ont déjà pris des tournures de foire d’empoigne entre la Ville de Marseille et les autres collectivités (n’oublions pas que c’est Marseille Provence 2013 qui est capitale européenne de la culture) ce qui ne facilite ni le portage politique de l’opération, ni son financement, ni, par voie de conséquence, sa mise en œuvre et son management. Il est clair que c’est une capitale européenne de la culture qui nécessite un modèle de gouvernance que la Ville de Marseille n’a pas facilité en lançant un certain nombre d’appels d’offres en son propre nom depuis la victoire du scrutin.

En attendant que ces difficultés auxquelles nous sommes finalement hélas trop habitués en France se résolvent (c’est pour bientôt, car on approche de l’année n-2), la communication et le marketing de 2013 devraient se saisir de démarches comme celles de ruiz+compagny, car elles contribuent à un branding qui devrait être prêt depuis longtemps (n’oublions pas que le premier appel d’offres sur cette question remonte à fin 2008 et qu’il contenait tous les objectifs d’implication, de participation, de fierté et d’appartenance à l’événement nécessaires à la mise au point de la marque).

Sans stratégie et branding calés suffisamment en amont et au fil de sa mise en œuvre, la capitale européenne de la culture mais aussi la culture tout court ne poursuivront pas l’ascension populaire, médiatique et touristique dont elles ont besoin pour contribuer positivement et économiquement à l’avenir du territoire (les deux ne sont pas incompatibles mais ce n’est pas systématique, et cela doit rester ainsi car la culture n’est pas qu’une affaire de chiffres). En tout état de cause, le cercle vertueux à propos duquel nombreux s’époumonent a un prix et ce prix est d’abord celui du changement de nos approches de la gouvernance culturelle de nos territoires. C’est de ce point de vue que nous pouvons mesurer le chemin parcouru mais aussi le chemin qu’il reste à parcourir.

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Le Languedoc-Roussillon aura son musée de la romanité

La région Languedoc-Roussillon, en accord avec la ville de Narbonne et la Drac, programme la création d’un «musée de la romanité» dans la principale ville du littoral audois. Première colonie romaine en Gaule, fondée en 118 avant J.-C. sous le nom de Narbo Martius, Narbonne fut la capitale de la Gaule Narbonnaise. La préfiguration du futur établissement public culturel et commercial (EPCC) démarre : la région fait réaliser jusqu’en juin 2010 par l’Amicale Laïque un inventaire des collections archéologiques de Narbonne (éléments lapidaires et collections du Clos de la Lombarde). Parallèlement, elle a signé le 8 janvier 2010 un partenariat avec la Drac et le CNRS pour réaliser de 2010 à 2013 des fouilles subaquatiques des ports antiques de Narbonne. Ces fouilles représentent un budget de 2,65 millions d’euros (1,65 million de l’État et 1 million de la région).

Pour définir les collections et le projet scientifique et culturel du futur musée, un conservateur général vient d’être recruté par la région au sein de son service patrimoine. Ambroise Lassalle, ancien conservateur de la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême, ex-directeur du musée des Antiquités de Rouen, prendra ses fonctions en mars 2010. Au premier semestre 2010, la région Languedoc-Roussillon lancera les études de programmation architecturale du musée de la romanité. L’architecte sera choisi en 2012 et la première pierre posée en 2013. Le musée devrait ouvrir en 2014. Selon la région, les musées archéologiques d’Agde, de Nîmes et de Lattes réfléchissent de leur côté à des projets d’extension et de modernisation, en lien avec la création du nouveau musée de Narbonne.

Source : la Gazette des Communes.

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Tallinn réduit le budget pour la capitale européenne de la culture

Ce que nous avions évoqué en février dernier se confirme. Le conseil municipal de la ville de Tallinn compte réduire de moitié, l’année prochaine, les fonds pour les préparatifs à la Capitale européenne de la culture 2011. Pour le portail d’information Delfi, c’est un scandale : « La ville de Tallinn et le gouvernement estonien jouent avec le feu en réduisant de manière aussi radicale le budget des organisateurs. On a l’impression que sur la colline de Toompea [siège du gouvernement] comme dans la ville basse [où se situe l’hôtel de ville], tout le monde ferme les yeux, et c’est bien triste. Le statut de Capitale européenne de la culture est une chance unique pour Tallinn et pour l’ensemble de l’Estonie. Si nous regardions juste un peu plus loin que le bout de notre nez, nous nous rendrions vite compte que le projet de capitale de la culture peut apporter des avantages directs et considérables. Même les prévisions prudentes avancent jusqu’à 200.000 touristes culturels en Estonie, et il est probable qu’ils seront encore plus nombreux – et il ne s’agit là pas seulement de bénéfice matériel ».

Source : BpB

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Régions créatives : patrimoine, création et tourisme

La chaire Arts, Culture et Management en Europe BEM-Bordeaux Management School organise le troisième International ACME Workshop. La chaire ACME poursuit ses workshops internationaux, réunissant chercheurs et professionnels, avec une série de trois rendez-vous thématiques sur les régions créatives en 2009, 2010 et 2011.
Les régions créatives sont caractérisées par une identité culturelle portée par des infrastructures sociales et économiques propres. Elles se développent sous différentes conditions structurelles, économiques, politiques, organisationnelles, sociales.
Dans chaque workshop, cette question de recherche sera abordée à chaque fois sous l’angle d’un thème particulier, pertinent pour l’Aquitaine. L’édition 2009 aborde le triptyque « Patrimoine, Création et Tourisme », classique et toujours complexe.

THÈMES
Quels sont les rôles du patrimoine (matériel et immatériel), de la création et du tourisme, dans les stratégies de développement régional ? Comment ce triptyque construit-il l’identité des régions créatives ? Comment génère-t-il un processus de croissance ? Quels sont les différents modèles de régions créatives fondées sur ce triptyque ?
Quelles relations entre patrimoine et création, patrimoine et tourisme, création et tourisme dans les régions aujourd’hui ? Comment les interactions entre ces trois domaines d’activités, à la fois concurrents et complémentaires, contribuent-elles au développement des régions créatives ? Comment dépasser leurs antagonismes classiques et créer leur synergie ? Quel rôle les régions jouent-elles dans le processus de valorisation du patrimoine, de la création et du tourisme ? Quelles sont leurs politiques ? Quelles stratégies spécifiques, qui favorisent le développement de leur région, les organisations du patrimoine, de la création et du tourisme mettent-elles en oeuvre ? En quoi sont-elles nécessaires à une démarche de marketing territorial ?

Plus précisément :

  • Quel est le rôle du patrimoine matériel et immatériel dans le fonctionnement des clusters et districts créatifs ? Dans le développement de la création en général ?
  • Quel est le rôle de la création et plus largement des industries créatives dans la promotion du patrimoine des régions ?
  • Pourquoi le patrimoine peut-il être défini comme une industrie créative ? Comment est-il relié aux autres industries créatives ? La notion de « patrimoine du futur » a-t-elle un sens ?
  • Quelle place occupe le patrimoine dans les stratégies des acteurs publics et privés du tourisme ?
  • Quels sont les déterminants de l’offre et de la demande de tourisme patrimonial dans les régions créatives ?
  • Comment la création est-elle facteur de tourisme ?
  • Comment les créateurs et les acteurs du tourisme peuvent-ils davantage coopérer au sein d’un territoire ?
  • Comment les artistes et la population de ces régions créatives participent-ils à leur développement ?
  • Quelles sont les stratégies marketing permettant la synergie du patrimoine, de la création et du tourisme ?

Les workshops ACME sont des espaces de dialogue privilégié entre chercheurs et professionnels. Ils mêlent la communication d’expérience de différents acteurs du patrimoine, de la création et du tourisme avec des présentations de travaux scientifiques, issus de différentes disciplines en sciences sociales – sciences de gestion, économie, science politique, sociologie…
• En savoir plus : http://www.bem.edu/fr/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Dec…
• Document associé :Bulletin-inscription-workshop.pdf

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Dallas, la longue métamorphose

Depuis longtemps, la ville de Dallas désire être à tout prix une cité de classe mondiale. Or ceci nécessite un certain nombre de « pré-requis », tout particulièrement aux Etats-Unis où les contrastes entre les villes à fort rayonnement mettent la barre très haut pour les autres villes qui veulent entrer dans cette catégorie. Tant que vous n’avez pas la panoplie complète d’une destination américaine culturelle majeure (des gratte-ciels, une franchise à la NFL et de graves problèmes d’embouteillages… ), vous n’êtes qu’une « Palookaville », un espace qui se caractérise par sa vacuité, voire sa stupidité. C’est dire toute l’arrogance de la compétition entre les territoires aux USA.

Dallas figure parmi les villes qui n’ont pas jeté l’éponge pour autant, malgré une réputation difficile qui lui colle à la peau depuis toujours ou presque. Elle tente en effet depuis plusieurs années en mettre cohérence un ambitieux district artistique, grâce notamment à un ensemble de musées, théâtres et opéra conçus par les plus grandes stars de l’architecture mondiale. Tout récemment, la ville a fêté l’ouverture des deux dernières pièces manquantes à son puzzle stratégique : le théâtre Dee et Charles Wyly et l’opéra Margot et Bill Winspear. L’un est le fruit de la collaboration entre Rem Koolhaas et Joshua Prince-Ramus et le second est signé Norman Foster.

Si les bâtiments sont très dissemblables, chacun contribue à sa manière à brillamment compléter le dispositif que la ville cherche à mettre en place. Il aura fallu un peu plus de trente ans pour combler les manques de ce district des arts issue d’une idée un peu folle en 1977. Entendez par district un territoire « cluster », où toutes les compétences et les infrastructures sont réunies pour développer une industrie particulière, transversale à toute l’économie et la stratégie d’un territoire.

L’idée de ce district a en effet germé dans le plan stratégique de 1977 et a failli être immédiatement abandonnée lorsque la levée de fonds nécessaires à se mise en œuvre fut rejetée au moment de son vote. La première phase ne put être achevée qu’en 1984 avec le Dallas Museum of Art (conçu par Edward Larrabee Barnes). Il fallu ensuite plus de 5 ans supplémentaires pour voir débuter l’opération du Meyerson Symphony Center (création pour le moins radicale de I.M. Pei). Puis ce fut à nouveau la traversée du désert jusqu’en 2003 où fut inauguré l’extraordinaire (au sens propre du terme) Nasher Sculpture Center signé Renzo Piano.

Cette progression en longues étapes est malgré tout loin d’être un désavantage pour le développement de ce district d’un peu plus de 27 hectares assez fragmentés. Car on constate en l’occurrence que cela a permis d’éviter de produire un effet « palais » culturels figés dans leur temps, ce qui caractérise par exemple de manière frappante le Lincoln Center for the Performing Arts de New York.

Dallas a su assembler une grande diversité de bâtiments issus du meilleur de l’architecture des trente dernières années et peut se lancer dans la grande compétition de l’attractivité internationale des villes à fort rayonnement culturel. Cette catégorie des cités de premier plan atteint aujourd’hui un certain niveau de maturité un peu partout dans le monde, y compris dans les pays considérés comme émergents. C’est d’ailleurs là que le bât blesse pour les métropoles européennes : les stratégies les plus ambitieuses et les plus récentes trouvent leurs exemples les plus flagrants aux Emirats, en Chine, au Brésil, en Asie du Sud-Est et en Amérique du Nord, ce qui n’est et ne sera pas non plus sans effet sur les flux touristiques.

Dallas entre donc dans la danse, forte de l’expérience accumulée dans le temps d’architectures spectaculaires et attractives par leur innovation formelle et technique. Elle se paie luxe d’un effet Guggenheim sans le Guggenheim en question, chose qui du point de vue purement touristique était encore impensable il y a peu de temps dans cette partie des Etats-Unis. La sagesse du plan stratégique de ce district des arts va plus loin que ce que l’on pourrait qualifier de politique centrée sur l’investissement puisque la ville a tout prévu, en allant jusqu’à faire appel à des techniques du marketing devenues plus fines (plus intuitives, mieux adaptées au fait culturel), à des compétences en la matière (les directeurs des différents sites mentionnées savent parfaitement leur rôle que leur établissement doit jouer dans la société d’aujourd’hui) qui contribuent massivement à l’effort de développement. Cette gestion des ressources permet de créer les conditions d’une politique touristique maîtrisée qui ne tardera pas à porter ses fruits et Dallas va sans aucun doute figurer parmi les prochaines villes américaines à sa tailler la part du lion dans la compétition effrénée des grandes villes culturelles dans le monde.

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Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

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La culture s’invite au Forum Innovation Tourisme

Tourisme innovationAprès le succès du premier Forum qui, en 2007, a posé les bases de l’innovation dans le tourisme, cette deuxième édition propose d’aller plus loin en mettant la culture, élément clef de l’attractivité des territoires, au centre des débats. Dans un monde qui se questionne et se redessine, y compris dans le tourisme – en termes d’offres et de pratiques – ce Forum analysera les dynamiques d’innovation portées par la culture, domaine qui a su opérer de profondes mutations en phase avec les valeurs nouvelles de la société.

Organisé du 23 au 24 novembre par Rhône-Alpes Tourisme au Centre des Congrès de Saint-Etienne, ce Forum s’adresse à tous les professionnels du tourisme et de la culture, opérateurs privés ou publics, techniciens, élus et décideurs des collectivités territoriales.

Quelques extraits du programme :

  • Voyage dans le futur : pour innover, intégrer les tendances et évolutions de notre société
  • La Culture s’invite au Forum et parle de ses innovations : casser les codes, oser rompre les habitudes, donner du sens et de la valeur…
  • Culture et Tourisme : les mariages réussis pour le développement des territoires et des entreprises

Créativité et innovation, analyse de success-stories, séances de travail et implication des participants seront encore les maîtres mots, tant sur le fond que sur la forme pour ce Forum à Saint Etienne, ville revisitée par la culture et le design.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Source : Innovation Tourisme.

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Villes et événements / 2

Lille2004En décembre 2008, nous relations la tenue d’une journée passionnante de l’AGF (Association de Géographes Français) consacrée à la thématique de « L’événementiel et les villes touristiques ». Nous vous informons désormais de la toute récente parution des actes de cette journée. Il  s’agit du numéro 3/2009 du BAGF (Bulletin de l’association).

Les commandes peuvent se faire par courrier électronique (assogeo@wanadoo.fr contact Madame Monique LEPRETTE) ou postal auprès de l’Association à l’adresse postale suivante :

AGF Association de Géographes Français / Institut de Géographie / A l’attention de Madame M. Leprette / 190, rue Saint-Jacques / 75 005 – Paris

Le prix au numéro est de 25 €, les frais de port ne sont pas facturés. Règlement par chèque à libeller à l’ordre de l’Association de Géographes Français.

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Visite culturelle et TIC

Atout FranceLes technologies de l’information et de la communication (TIC) ont envahi la vie quotidienne suscitant de nouvelles pratiques et des nouveaux modes de consommation. De nouveaux services deviennent ainsi des éléments d’attraction supplémentaire pour les sites culturels et touristiques en permettant d’accompagner les visiteurs dans la découverte d’un lieu que la visite soit libre ou accompagnée. Les TIC ont également permis de démultiplier les contacts entre l’offre culturelle et touristique par l’apparition d’offres conjuguant ces deux dimensions. L’accès aux destinations a été naturellement facilité (promotion, vente et réservations en ligne, accès à une offre plus vaste et lisible, fidélisation…) et l’offre a également évolué sans cesse en matière d’usages : sites Internet, GPS, espaces multimédia, dispositifs de visites virtuelles…

L’enjeu est considérable et offre des perspectives nouvelles pour chaque établissement. Jusqu’à présent, seuls quelques sites majeurs pouvaient espérer une audience internationale. A présent, plusieurs centaines de millions d’internautes se trouvent à portée de tous ceux qui sauront construire une vraie attractivité via le numérique. Ceci suppose néanmoins certaines conditions : communiquer dans la langue de ses interlocuteurs, répondre à leurs attentes culturelles mais aussi pratiques, respecter leur diversité avec pédagogie et empathie.

Dans ce contexte, comment innover en faisant les bons choix ? Comment créer de la valeur utile pour chacun des acteurs concernés : visiteur physique ou électronique, gestionnaire de site ou responsable territorial ? Quel retour sur investissement attendre ?

C’est pour répondre à ces interrogations qu’ATOUT FRANCE a réalisé avec ses partenaires, la Direction des musées de France (DMF), le Centre des monuments nationaux (CMN) et l’Agence Régionale de la Société de l’Information de Midi-Pyrénées (ARDESI), ce guide pratique. La présente étude établit un panorama mondial des exploitations actuelles des TIC par les établissements et sites culturels. Elle en dégage les pratiques les plus prometteuses, et souligne les perspectives les plus mobilisatrices.

Non seulement il devient possible de mieux attirer les publics traditionnels (local, national, et international), mais aussi de s’adresser à un éventail beaucoup plus large de visiteurs potentiels. Toutes les analyses de sites ont été conduites au cours de l’année 2008, les exemples choisis n’ont qu’un objectif constructif : mettre l’accent sur les bonnes pratiques et les facteurs de progression, en permettant à chacun de bâtir sa stratégie numérique à partir d’indicateurs pertinents.

Cet ouvrage vient de paraître et est en vente en version PDF au prix de 35 € TTC sur le site Internet www.odit-france.fr

En version papier au prix de 40 € TTC sur le site de la Documentation française

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Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

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Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

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Patrimoine culturel, désirs de territoires

patrimoineDu 25 au 27 février 2010, se tiendra à Nîmes un rencontre importante, la quatrième édition des Rendez-vous de Géographie culturel, Ethnologie et Etudes culturelles en Languedoc-Roussillon. Le thème de cette édition est on ne peut plus d’actualité : « Patrimoine culturel et désirs de territoires : vers quels développements ? » et la problématique est posée de la façon suivante :

Le patrimoine culturel rencontre aujourd’hui une diversité d’attentes concernant le développement des territoires : volontés de valoriser le patrimoine et désirs de territoires ouvrent sur des questions humaines, sociales, politiques, sur de nouvelles formes de contestation de l’économie de marché, sur des remises en question de notre rapport à l’environnement. La diversité des formes et des usages de la notion de patrimoine pose ainsi la question de son ambiguïté croissante, à l’heure où la notion de développement elle-même rencontre les problématiques de la durabilité et de la pluridisciplinarité. Ces évolutions font voir le patrimoine culturel de manière différente : elles invitent à interroger les dynamiques plurielles qui l’organisent, à comparer ses usages à l’échelle internationale, à étudier concrètement les revendications patrimoniales à l’échelle des différents territoires.

Les travaux sur le patrimoine culturel se sont multipliés depuis quelques années, alors même que l’usage de la notion s’étendait et qu’elle était appliquée à des réalités de plus en plus variées. Le champ de définition du patrimoine s’est en conséquence ouvert, conduisant les plus pragmatiques des analystes à défendre l’idée selon laquelle « est patrimoine ce qui est défini comme tel par un collectif d’acteurs sociaux donné ». Pourtant, en dépit même des nombreux efforts mis en œuvre pour penser le patrimoine culturel dans une perspective pluridisciplinaire, la division de l’espace académique français a conduit le plus souvent à penser le patrimoine au prisme des intérêts des différentes disciplines concernées par son analyse. En France, historiens (Nora, Choay, Poulot), sociologues (Micoud, Lamy), ethnologues (Fabre, Bromberger, Rautenberg), sociolinguistes (Blanchet), sémiologues (Davallon), géographes (Di Méo, Gravari-Barbas, Veschambre), économistes (Greffe) ont, chacun à leur manière, éclairé le patrimoine en fonction de leurs références et de leurs habitus disciplinaires respectifs. De cette manière, le patrimoine a été le plus souvent ramené à des grilles de compréhension conceptuelles qui ont permis de caractériser le fait patrimonial en fonction des différents concepts préalablement forgés au sein des disciplines académiques : le patrimoine se rapporte ainsi assez spontanément à des enjeux de mémoire et de manipulation du passé pour les historiens, à des jeux d’acteurs pour les sociologues, à des manières de construire des identités collectives ou aux problématiques de la transmission culturelle pour les ethnologues, à des processus de construction du sens pour les sémiologues, à des processus de valorisation sociaux ou discursifs pour les sociolinguistes, à des façons d’aménager  les territoires, à des modalités de l’action publique territoriale ou à des processus d’appropriation de l’espace pour les géographes, et à une source potentielle de profit et d’emplois pour les économistes.

Plus récemment et de façon plus transversale, les approches postmodernes de différentes disciplines ont développé à partir d’un positionnement proche des sémiologues des réflexions qui conduisent à mettre en relation les processus de patrimonialisation, la virtualisation du temps et le besoin de se situer par rapport à un éternel présent. Cette hypertrophie du champ des travaux liés au patrimoine rend plus que jamais nécessaire une réflexion qui associe la pensée théorique des disciplines académiques et la pensée opérationnelle des décideurs et des professionnels.

De plus, pour paraphraser le dicton populaire, chacun voit le patrimoine à sa porte, et le patrimoine devient ainsi de plus en plus souvent une sorte d’excuse intellectuelle pour faire fonctionner dans une perspective heuristique les concepts de base des différentes disciplines concernées par son analyse. Il est ainsi important de consolider la compréhension de la notion du patrimoine pour dire ce que fait vraiment le patrimoine sur le terrain et pourquoi la notion connaît tant de succès auprès de différentes catégories d’acteurs sociaux, en dépit même de ses détracteurs et des critiques formulées à son encontre. Comment, pourquoi, avec quels outils les acteurs se saisissent-ils du patrimoine ou agissent au nom du patrimoine pour en tirer un profit en termes de développement ? Comment ce qui est appelé, reconnu, revendiqué comme patrimoine est-il instrumentalisé à des fins de développement ?

Répondre à ces questions suppose d’interroger la notion de patrimoine culturel, devenue banale dans les politiques publiques. Il s’agira d’en souligner les ambiguïtés, d’évoquer et de comprendre ses succès et ses illusions, de questionner les conditions et le(s) moment(s) de son émergence dans différents champs (les politiques publiques, les sciences sociales), d’en répertorier les manifestations dans les pratiques sociales, afin de cerner le flou qui l’entoure.

Le thème de réflexion central du colloque concernera les évolutions et les développements possibles de la notion de patrimoine culturel : comment le patrimoine suscite-t-il de nouveaux débats sociaux et politiques sur différents territoires ? En quoi cristallise-t-il des désirs de changement en termes humains, ou concernant le rapport à l’économique, le rapport à l’environnement ? Pourquoi la référence au patrimoine reste-t-elle si efficace dans le discours public malgré les risques d’instrumentalisation et de standardisation, de réification du vivant, de passéisme ? Il s’agira ici de réexaminer les approches existantes du patrimoine culturel, dans une perspective à la fois critique et opérationnelle, dans la confrontation des points de vue des chercheurs et des professionnels du patrimoine.

Pour ce faire, le colloque entend se servir des outils de la géographie, de l’économie, de l’ethnologie, de l’analyse culturelle et de l’ensemble des disciplines intéressées à cette notion de patrimoine, en privilégiant l’idée pragmatique d’un patrimoine culturel constitué par l’ensemble des pratiques et des représentations d’un groupe humain donné. Dans cette perspective, il ne s’agit pas de faire correspondre le fait patrimonial aux exigences théoriques et conceptuelles préalables des disciplines universitaires, mais bien de montrer que les disciplines universitaires peuvent éclairer concrètement le réel afin de comprendre les mutations sociales et culturelles en cours. Le caractère interdisciplinaire du colloque permettra de tracer des perspectives qui dépassent les frontières et de proposer des balisages communs. Une partie importante du colloque pourra être consacrée à des études de cas concernant le patrimoine culturel dans différents pays. Les comparaisons s’intéresseront aux débats en cours concernant les manières de valoriser le patrimoine culturel, ainsi qu’aux terminologies et aux paradigmes utilisés pour désigner le patrimoine culturel à l’échelle de l’Europe ou au-delà (cultural heritage, beni culturale, Erbe, culturarv, politistikē klēronomia, dziedzictwo kulturowe, örökség, nasledstvo, etc.). Le colloque proposera aussi des regroupements thématiques, voire même autour d’objets communs, considérés comme patrimoniaux par les différents groupes culturels, sociaux ou autres (musiques, fêtes et festivals, rituels, pratiques physiques, expressions orales, arts et savoir-faire, architecture, techniques, cuisine, culture matérielle, etc.) et balisés par plusieurs communications d’horizons variés.

Des communications sont attendues de la part des chercheurs comme des acteurs du patrimoine, sous forme d’analyses qui problématiseront précisément la relation entre patrimoine culturel, désirs de territoires et modes de développement. Il s’agira de mieux comprendre comment le sens du patrimoine coïncide avec l’émergence de nouveaux espaces sociaux et répond aux impératifs collectifs contemporains de recherche de lien social, de bien-être et de tranquillité sociale. Il faudra caractériser les relations entre patrimoine culturel et gestion du vivant, de manière à saisir ce qui distingue les aspects matériels et immatériels du patrimoine culturel. De même, on pourra se demander comment la notion de développement durable se combine et/ou se surimpose progressivement à celle de patrimoine, comment s’opèrent les transitions de la « patrimonialisation » vers la « durabilité ».

A l’intérieur du thème général ainsi défini, seront privilégiées les propositions qui s’inscriront dans l’un ou l’autre des axes de questionnement suivants :

  1. La question économique : quels sont les indicateurs qui témoignent d’une évolution du patrimoine culturel et de son adaptation à de nouveaux paradigmes ?
  2. La question territoriale : en quoi les références au patrimoine servent-elles le « marketing des lieux », la gestion de l’espace et la construction de nouveaux espaces attractifs dans différentes régions du monde ? Comment se construisent les « patrimoines nomades » et les références imaginaires aux cultures d’origine chez les populations migrantes ?
  3. La question des identités : en quoi le patrimoine culturel favorise-t-il la construction d’identités collectives territorialisées ? Peut-on parler avec la patrimonialisation de risques de standardisation et de globalisation, ou au contraire d’aide au maintien de la diversité culturelle ? Le patrimoine est-il une garantie d’inviolabilité des biens culturels transmis ou une injonction au développement touristique ? En quoi l’assomption patrimoniale contemporaine participe-t-elle de la transformation de la vie quotidienne, de la redéfinition des cadres mentaux et de l’expérience des lieux ? Quels sont les liens entre patrimoine, construction des temporalités et vécu de l’expérience personnelle ?
  4. La question des pratiques : comment le patrimoine se construit-il au croisement des regards des experts et des acteurs sociaux engagés dans la réalisation de performances artistiques et culturelles de différentes natures ? Quelles sont les relations entre la construction d’images et de mondes virtuels, le réel et le patrimoine culturel ? Peut-on parler d’une abstraction croissante du patrimoine ? Tout est-il patrimonialisable ? Le patrimoine est-il devenu un double de la société ?

Comité scientifique :

Jean-Pierre Augustin, professeur de géographie, Bordeaux

Philippe Blanchet, professeur de sociolinguistique, Rennes

Jeremy Boissevain, professeur d’anthropologie sociale, Amsterdam

Jocelyne Bonnet-Carbonell, professeur d’ethnologie, Nîmes

Paul Claval, professeur de géographie, Paris

Jean Davallon, professeur de Sc. Info. Comm., Avignon

Isabelle Garat, maître de conférences en géographie, Nantes

Maria Gravari-Barbas, professeur de géographie, Angers

Xavier Greffe, professeur d’économie, Paris

Mickael Janoschka, chercheur au CSIC, Madrid

Deborah Kapchan, professeur, performance studies, New York University

Joël Lancelot, professeur de géochimie environnementale, Nîmes

Régis Keerle, maître de conférences en géographie, Rennes

Frédéric Leriche, maître de conférences en économie, Toulouse

André Micoud, directeur de recherche au CNRS, Saint-Etienne

Dorothy Noyes, assistant-professor, cultural studies, Ohio State University

Michel Rautenberg, professeur d’ethnologie, Saint-Etienne

Dominique Salini, professeur en arts, Corte

Elodie Valette, chercheur au CIRAD, Montpellier

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Dixième congrès de la WCTA

logoDu 13 au 15 novembre prochains se déroulera la 10ème conférence mondiale de la WCTA (World Cultural Tourisme Association) à Bangkok en Thaïlande. L’objectif de cet événement majeur est de fournir un espace de rencontre et d’échange pour l’ensemble des acteurs privés et publics concernés par ce secteur en pleine expansion, secteur qui a le mérite de faire considérablement bouger les lignes du Tourisme et de la Culture.

Cette conférence joue un rôle important dans la compréhension et la projection du tourisme culturel et de ses développements. CEG aura l’occasion de suivre les contributions et les débats et nous ne manquerons pas de vous tenir au courant.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

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AV Festival et Northumberland

AVLe festival AV, biennale internationale des arts électroniques, des arts visuels, de la musique et de l’image en mouvement, se prépare à produire une dixième édition particulièrement rayonnante, qui se tiendra dans le Nord-Est de l’Angleterre à Newcastle, Gateshead, Sunderland et Middlesbrough.

En mars 2010, toute la programmation tournera autour du thème de l’énergie, comme une force grâce à laquelle la vie est connectée, transformée, renouvellée et détruite. Rencontres, expositions, concerts, performances, projections, ateliers et débats se dérouleront des les lieux culturels les plus remarquables de la région.

Tout aussi remarquable, le partenariat intéressant noué entre le festival et Inspire Northumberland, une agence spécialisée dans l’intervention sur les projets de régénération et de développement urbains ayant pour vocation de favoriser la reconnexion des jeunes publics avec leur environnement et produisant des expériences de création contemporaine et de design.

Inspire Northumberland implique les artistes dès les phases de conception et de design des projets. Chacun des projets implique les citoyens dans le processus créatif, en priorisant le contact avec le public le plus éloigné de ce type d’expériences, public encore trop éloigné de la culture et des questions citoyennes depuis la crise industrielle des années 80.

De ce partenariat est notamment née l’idée d’une résidence au NaREC, le centre des énergies nouvelles et renouvelables, lieu d’excellence de la région pour les technologies et les énergies renouvelables basé à Blyth, port industriel qui a connu son heure de gloire et qui a vécu avec violence les années de déclin de son activité mais qui semble engager aujourd’hui un certain renouveau.

La résidence est conçue de sorte que puissent se conjuguer les nouvelles recherches et les idées porteuses de technologies et d’énergies renouvelables et durables du NaREC avec un processus artistique à vocation publique.

La région de Northumberland est dotée d’une patrimoine paysager d’une richesse exceptionnelle et a récemment fait les gros titres lorsque les images de ses magnifiques plages ont été utilisées « par erreur » pour une campagne de promotion de la province canadienne d’Alberta. Elle connaît également un regain d’intérêt dû à la mutation engagée de son économie jusqu’alors en souffrance. Newcastle en est bien entendu le fer de lance, véritable vitrine de l’innovation économique, urbaine, culturelle et sociale, mais c’est bien tout un territoire qui est en pleine évolution. L’Arts Council of England a notamment augmenté ses dotations en direction des acteurs culturels du territoire qui font le pari de ces types d’innovation.

Il y a fort à parier que la dixième édition du festival AV marquera un tournant pour la manifestation et pour le territoire, car il faut noter que les acteurs culturels présents ont un esprit de coopération qui a su favoriser une dynamique propice au regain d’attractivité du territoire.

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Flowersway

flowersway.logoTout récemment, un nouvel acteur est apparu sur le secteur du tourisme culturel, secteur où les TIC jouent un rôle de levier de développement de plus en plus incontournable. Orienté sur le plus beau des ressorts (« L’humanité du voyage »), Flowersway propose de partir à la découverte de nos territoires à travers des parcours inédits, le tout dédié et « brandé » comme autant de nouvelles façons de voyager. Ici tout est affaire de voyage, de création d’hospitalité et de rencontre.

Les marques et les institutions sont présentées selon des thématiques et selon leurs destinations et vu l’intelligence des formats de parcours/séjours proposés, il y a fort à parier que le site va non seulement se faire une place de choix dans les offres alternatives au tourisme un peu trop endormi sur ses lauriers mais va également s’imposer comme un opérateur et un partenaire de choix pour les institutions et les territoires.

Il manquait un nouveau média au tourisme, il manquait une nouvelle approche des territoires par la culture, il manquait une autre conception de la mise en tourisme et du marketing territorial. L’arrivée de Flowersway vient apporter une contribution importante pour l’avenir de ces secteurs, avec une offre dont l’attractivité va jusqu’à donner accès au site gratuitement à tous les professionnels et leur proposer des outils/widget seront à leurs dispositions dans la version 2 dès septembre.

Pour prendre plus précisément la mesure, voici un exemple pour les marques et fédérations sur des thématiques et un exemple pour les institutions sur leurs destinations. A noter également l’opération inaugurée tout récemment : Plein Soleil

Pour en savoir plus, cliquez ici.

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