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Irina Bokova nominated by UNESCO Executive Board for the post of Director-General

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The 58 members of UNESCO’s Executive Board on 04 October nominated Irina Bokova (Bulgaria) for the position of Director-General.

There were three candidates: incumbent Irina Bokova (Bulgaria), Rachad Farah (Djibouti) and Joseph Maïla (Lebanon).

After the first round of voting today, the Board’s Chairperson, Ambassador Alissandra Cummins (Barbados), announced the outcome of the vote. “Having obtained a majority of votes recorded,” she said “Ms Irina Bokova has been nominated for a second term as Director-General of UNESCO. I am delighted to extend my congratulations to Ms Bokova and also to extend my appreciation to the other candidates.”

Bokova received 39 votes, while Rachad Farah secured 13 and Joseph Maila received 6.

On 12 November, the nomination will be submitted for approval to the General Conference, which brings together representatives of the Organization’s 195 Member States.

Irina Bokova was born in Sofia, Bulgaria, in 1952. She was first elected UNESCO Director-General in October 2009, and is the first woman to have held the post. Prior to October 2009, Ms Bokova served as Bulgaria’s Ambassador to France and Permanent Delegate to UNESCO. A career diplomat and member of the Parliament of the Republic of Bulgaria, she has served as Deputy Minister for Foreign Affairs and Minister of Foreign Affairs.

History indicates that the General Conference will confirm the judgment of the Executive Board and that Ms. Bokova will serve an additional term as Director General of UNESCO.

John Daly*

*John Daly is the former director of the USAID Office of Research and instructor at George Washington University on UNESCO. His professional background is in promoting the capacity for science and technology in developing nations, especially the applications of information and communications technology. He served as the acting Work Program Administrator of infoDev, and has been a consultant with the RAND Corporation, the World Bank, the World Health Organization, and on the Research and Training Network of the Development Gateway. He served as Vice President of Americans for UNESCO from 2005-2012 and he is one of the first members of CEG.

 

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« Pour une solidarité universelle », contribution de Joseph Malia, candidat à l’élection au poste de directeur général de l’Unesco

Plus que jamais, l’UNESCO doit incarner, dans notre monde, la solidarité humaine que lui ont assignée, comme objectif, ses pères fondateurs dans la Charte constitutive. Les dimensions intellectuelles et morales de cette solidarité donnent à l’UNESCO une vocation unique dans le système des Nations unies. Développer cet esprit de solidarité par la coopération intellectuelle entre les nations est l’une des tâches essentielles de l’UNESCO qui doit servir la paix internationale et la sécurité. L’idéal de mutuelle assistance qui élève la diffusion de la culture et de l‘éducation de tous au rang de devoirs sacrés pour toutes les nations doit être au cœur de son action. Servir l’Homme avec les hommes : telle était la devise de l’ancien Directeur général Jaime TORRES BODET. Elle pourrait devenir celle de l’UNESCO. D’emblée, je voudrais la faire mienne. C’est elle qui inspire ma conception de l’UNESCO et de son rôle dans le monde. Tant il est vrai que le seul universalisme qui vaille pour une organisation comme l’UNESCO est un universalisme en acte dont la solidarité est l’autre nom.

Si les temps ont changé, si les défis auxquels nous faisons face ne sont plus ceux que connut le monde au sortir de la deuxième guerre mondiale, la même mission de rapprocher les peuples et de les unir dans l’écoute mutuelle et l’effort d’entente n’a non seulement pas changé mais devient particulièrement nécessaire. L’Education en reste le moyen le plus sûr, la Culture symbolise la diversité humaine, les Sciences la quête de l’esprit, les Sciences sociales et humaines les clefs pour comprendre le changement social et l’Information et la Communication contribuent à la liberté. Le retour aux impératifs de cette mission est la condition du renouveau de l’UNESCO ; celui qui lui fera retrouver son souffle et sa voix.

L’éducation : une ambition mondiale pour l’inclusion et l’égalité

L’exigence d’éducation est inscrite au cœur de la mission de l’UNESCO. La révolution éducative est en passe d’en transformer les contours. L’éducation, la formation des femmes et des hommes et la transmission des connaissances ne sont plus seulement des conditions nécessaires au développement, elles sont en train d’en devenir le moteur. Les sociétés contemporaines sont des sociétés de la connaissance. Elles présupposent l’éducation, elles reposent sur l’innovation autant qu’elles la suscitent, elles se structurent autour de la communication et de ses outils. Elles nécessitent l’accès à l’information et requièrent la libre expression. A des degrés divers, toutes les sociétés sont déjà ou seront, à l’avenir, affectées par ces changements majeurs. L’éducation n’est plus la somme de ce qu’il faut savoir. Elle ne se confine pas non plus aux méthodes d’apprentissage. Elle devient ce processus par lequel les personnes sont progressivement mises en possession des approches et des clefs qui leur permettront tout au long de leur vie de rester en adéquation avec leur temps et de demeurer aptes à s’insérer dans des sociétés soumises à des transformations continues. En matière d’éducation, l’UNESCO se doit de garder sa vocation originelle, sa visée globale, égalitaire et promotrice des droits de l’Homme, ses objectifs d’inclusion et d’insertion sociétale, et son idéal éthique de mise en capacité de la personne humaine de choisir et d’inventer son avenir. La perspective du Partenariat global et des objectifs de l’Agenda du développement après 2015 devrait inciter l’UNESCO à occuper toute la place qui lui revient du fait de son mandat en matière d’éducation. Mais elle devra le faire du point de vue qui est le sien, à savoir en fonction des besoins spécifiques des sociétés et dans le respect de leur cadre culturel et de leurs valeurs. J’engagerai une réflexion à ce sujet et veillerai à ce que la planification et les approches en matière d’éducation prennent encore plus en compte les finalités humaines et culturelles du développement. Je m’engagerai aussi à faire de l’action éducative promue par l’UNESCO une éducation à la citoyenneté mondiale.

Les enjeux culturels de la mondialisation

Si les approches de l’éducation doivent être repensées c’est parce que fondamentalement le monde de la culture, cloisonné et territorialisé, a vécu. Il a été remplacé par une « culture-monde » qui croit que, parce qu’elle juxtapose pêle-mêle les apports de la technologie et de la créativité, elle est capable de parvenir à une civilisation de l’universel. La montée des fondamentalismes, l’incompréhension mutuelle des peuples qui ne cesse de se creuser et dont parlait déjà le Préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO, ajoutés aux antagonismes issus des représentations variées et contradictoires du monde, sont les signes avant-coureurs de la création de continents identitaires. Une organisation à vocation universelle dont la finalité est la solidarité des peuples par la culture se doit de créer un universalisme de la solidarité. Il faut mettre la culture, qui se crée tous les jours, au service de la solidarité entre les peuples qui se perd jour après jour. De la même manière que la culture et l’éducation sont, au niveau national, un facteur du développement durable, le contact des cultures, le dialogue interculturel, la circulation des idées et des œuvres d’art issues du génie de la diversité humaine doivent renforcer les liens durables de l’appartenance à une commune humanité, diverse et solidaire. L’UNESCO a, me semble-t-il, le devoir d’œuvrer en ce sens. Elle en a les moyens. Dans cette perspective, ma proposition sera d’initier avec des penseurs et des personnalités du monde entier une réflexion et des entretiens sur les enjeux culturels de la mondialisation et sur les problèmes contemporains de la condition humaine. Dans la foulée, seront proposés les dialogues et les approches susceptibles de faire reculer l’hydre des préjugés et de la haine.

Le service de la paix

Aujourd’hui, trop de conflits ensanglantent le monde. Leurs causes ne sont plus à rechercher dans les guerres entre Etats, ou dans des logiques de confrontations à l’échelle globale du type de celles qui prévalaient à l’époque la Guerre froide. Les ressorts des nouvelles conflictualités sont ailleurs. Ils résultent de crises survenant dans des Etats travaillés par les tensions culturelles, ethniques ou communautaires. Ils résident dans les faiblesses de l’insertion sociale, dans le développement de la pauvreté et l’inégal accès aux biens communs. Dans les Etats faillis, ils proviennent de l’érosion des liens de citoyenneté et des exacerbations identitaires. Dans tous ces domaines, je développerai l’expertise de l’UNESCO pour qu’elle apporte sa contribution spécifique et sa réflexion sur les racines de la conflictualité, sur la prévention des conflits, sur la réconciliation et les sorties de crise  et sur le processus de consolidation de la paix notamment par l’éducation et la réinsertion sociale. Je m’engagerai pour que l’UNESCO soit associée à tous lesprogrammes et à toutes les actions concrètes à travers lesquelles la communauté internationale apporte son appui à la restauration de la paix.

Le renouvellement des méthodes

Le renouveau de l’UNESCO ne peut être entrepris sans que soit mentionnée et analysée la crise que traverse l’organisation. Avec gravité mais aussi avec humilité, il faut s’attacher fermement et sans tarder à redresser une situation générale compromise. Cette crise doit être l’occasion de repenser l’ensemble des approches et des méthodes, de fixer des caps et de donner sens et cohérence à l’action d’ensemble de l’UNESCO.  

La crise à l’UNESCO n’est pas que financière. Des facteurs autres portant sur le choix différé des priorités, sur une baisse de l’attractivité, sur l’absence de partenariats efficients, sur la déshérence de certains champs, et sur l’absence d’initiatives dans d’autres, ont pu jouer. Toutes ces raisons ont conduit à une visibilité amoindrie et à une image brouillée de l’organisation. Agence de coopération, l’UNESCO a vocation, dès l’origine, à mobiliser des partenariats stratégiques. Je m’y emploierai.

Quant au renouveau de l’UNESCO, il tient, lui, au renouvellement des méthodes de travail et de la gouvernance.

Une organisation internationale se distingue par la spécificité de ses structures et de ses approches. Si les structures internes de l’UNESCO permettent la spécialisation des secteurs et des champs de compétence, la continuité obligée des thématiques éducatives et sociales s’accommode parfois difficilement de cette segmentation administrative. Dans ce cas, faire jouer la transversalité en combinant les problématiques permettrait de donner plus de cohérence à un travail en commun et autoriserait une mutualisation des moyens.  Décloisonner les secteurs et créer des passerelles n’aurait pas que des vertus méthodologiques mais susciterait des synergies dans lesquelles l’UNESCO gagnerait en moyens, en cohérence et en efficacité. Un troisième point de méthode s’impose : le renforcement de l’évaluation. Aucun projet ou programme, aussi achevés soient-ils dans leur concept, ne devrait pouvoir être entrepris sans qu’une évaluation progressive et rigoureuse ne cadre à chacune de ses étapes les conditions de son application.

Pour une gouvernance responsable

Une organisation internationale telle que l’UNESCO ne peut réaliser ses objectifs si elle n’est pas, au niveau de sa direction, soudée autour d’un Directeur général, soucieux du bon fonctionnement du Secrétariat, des compétences du personnel et du respect des deux organes directeurs que sont: la Conférence générale et le Conseil exécutif.

Cette réflexion tiendrait du bon sens si les difficultés auxquelles fait face l’UNESCO ne nécessitaient pas une gouvernance, transparente, confiante et décidée. Les temps présents plaident, plus que jamais, pour une gouvernance rigoureuse. Confiance et concertation doivent guider le Directeur général dans ses rapports avec le personnel. C’est au Directeur général, fort des orientations voulues par les Etats, de prendre les initiatives qui s’imposent et de forger les consensus nécessaires à l’UNESCO. C’est à lui, avec l’appui des Etats membres qu’il reviendra de donner tout leur potentiel aux bureaux hors siège de l’UNESCO et aux Commissions nationales. C’est à lui qu’il appartiendra de concevoir de nouveaux partenariats, au financement  innovant, avec la société civile internationale et les ONG. C’est avec la participation des organes directeurs de l’UNESCO, et de toutes les instances qui composent l’organisation, que l’UNESCO retrouvera son lustre et son rôle de phare culturel, en collaboration avec les intellectuels, les scientifiques et les artistes du monde entier.

Le service de l’humanité

Ma conception d’ensemble de l’UNESCO relève tout à la fois du réalisme, de la volonté et de la conviction.

Le réalisme est celui qui considère l’Organisation comme une enceinte de la coopération internationale au bénéfice des Etats, des intérêts légitimes de leurs peuples et de la communauté internationale. Ma volonté est d’affermir la centralité de l’UNESCO au sein du système des Nations unies en en faisant, dans les domaines qui sont ceux de sa compétence, un acteur décisif œuvrant avec ces autres acteurs que sont notamment les jeunes et les femmes pour l’avènement d’un monde de développement, de participation et de solidarité.

Ma conviction profonde, toutefois, est que seule une conception et une politique de la culture, hardie et capable de prendre ses distances avec une réflexion convenue, pourra engager l’UNESCO sur les voies de l’avenir et en faire le lieu d’une réflexion qui éclaire les routes du monde de demain. Pour qu’une telle orientation puisse s’inscrire au cœur de l’action de l’UNESCO, il faut rompre avec une représentation du changement qui l’articule sur les seuls paramètres quantitatifs du développement humain. Le malaise et la protestation des sociétés contemporaines appellent à inscrire d’urgence les droits de l’Homme, ses responsabilités et l’identité culturelle au cœur de nos actions. Car le danger est que nous œuvrions pour bâtir des sociétés sans âme dans un monde sans unité. Il faut renouer avec la « préoccupation humaniste », comme disait l’ancien Directeur général, René MAHEU, et la placer au centre de nos projets. Dans cette perspective, je ferai des peuples qui, depuis des millénaires transmettent des connaissances, des savoir-faire et des sagesses, les nouveaux ambassadeurs de l‘UNESCO.

Ma conviction est que l’exigence éthique doit se combiner aujourd’hui avec l’effort prospectif : il faut que l’UNESCO soit pour les femmes et les hommes de ce temps le lieu où le souci du présent soit articulé sur les finalités à chercher pour le monde de demain.

Ma conviction est que l’UNESCO, si elle retrouve l’esprit des origines, devienne le gardien vigilant de la pluralité du monde, de ses langues, de ses valeurs, de ses philosophies et de ses spiritualités. Et que par delà le destin particulier de chacune de nos régions, il soit le fédérateur de nos espérances en nous hissant à l’esprit de la solidarité universelle.

Joseph MAILA

Né en 1948, Joseph Malia est un professeur de sociologie politique et de relations internationales, d’origine libanaise, spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de la sociologie des conflits, qui est notamment le premier laïc à avoir occupé le poste de recteur de l’Institut catholique de Paris. En 2009, il prend la direction du « pôle religion » créé au ministère des Affaires étrangères français. De 2010 à 2013, il est directeur de la prospective au ministère des Affaires étrangères.

Il est un des trois candidats à l’élection au poste de directeur général de l’UNESCO.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 4

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne court plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Après avoir présenté les recommandations, la feuille de route préconisée et ses objectifs, penchons-nous sur les conclusions du rapport.

  • La crise financière et budgétaire que connait l’UNESCO depuis fin 2011 est moins importante dans son ampleur, certes exceptionnelle, ou dans ses conséquences matérielles, lourdes à assumer, que dans ce qu’elle révèle des forces et des faiblesses de l’Organisation et des enseignements qu’elle peut en tirer.
  • Au rang des forces on ne peut nier que l’Organisation ait bénéficié, dès le déclenchement des difficultés, de l’engagement de quelques responsables exécutifs, dont la créativité et la réactivité ont été incontestablement stimulés par l’énergie déployée par la directrice générale décidée à sortir de la crise « par le haut » et à éviter à l’UNESCO une dégradation irrémédiable de sa capacité à servir ses missions stratégiques. La pertinence des mesures prises pour, autant que possible et avec les moyens dont elle disposait, amortir au mieux  les effets de cette crise sur la fin du biennium, en est une illustration.
  • La façon dont l’Organisation était préparée à affronter une telle crise, et celle dont elle s’est mise en ordre de marche pour adopter des mesures plus structurantes et à effet plus durable, mettent néanmoins en lumière des faiblesses auxquelles l’UNESCO doit remédier à moyen terme. La question de la préparation est particulièrement pertinente : faire face à une réduction brutale du tiers de ses ressources n’est aisé pour aucune organisation. Le caractère inattendu d’une telle crise ne justifierait en rien l’impréparation ; tout au contraire, une organisation doit en permanence s’assurer que ses structures, sa culture de gouvernance et de gestion, ses procédures, ses outils d’information et de gestion, lui permettent de répondre sans délai aux événements les plus improbables. L’UNESCO saurait d’autant moins échapper à ce principe de gestion à la fois stratégique et de bon sens, que son environnement politico-économique a significativement évolué depuis au moins une décennie. C’est dans ce domaine que l’Organisation a montré ses plus grandes faiblesses.
  • D’abord, avant la crise dès 2010, en lançant un ensemble de réformes, jugées à juste titre nécessaires par la directrice générale mais engagées à un rythme trop lent et sans cohérence maîtrisée, faute d’une gouvernance stricte et d’une adhésion collective voire d’un engagement loyal de tous. Ce cycle de réforme, précis dans ses intentions mais dispersé dans sa réalisation, s’est donc trouvé d’une efficience limitée dès lors qu’il s’agissait d’une part de stimuler, puis d’introduire, un réel et profond changement de la culture de gestion, de contrôle et de comportement, d’autre part de garantir la robustesse des changements introduits.
  • Les mêmes lacunes et les mêmes faiblesses ont affecté la conception, la préparation, la mise en œuvre des mesures structurelles permettant de répondre à la problématique d’une crise budgétaire plus longue que prévue : trop de compromis ont sans doute affecté la définition des objectifs de réforme ; trop d’imprécision dans l’évaluation des risques ou des impacts, économiques, sociaux et programmatiques, pouvant en être attendu ; une gouvernance ambiguë et partant inefficiente, dans laquelle les rôles respectifs de la directrice générale (politique, stratégique et d’arbitrage) et du directeur général adjoint (technique, opérationnel et de gestion) ne sont pas clairement exercés comme ils devraient l’être, et où l’engagement de tous les responsables exécutifs n’est pas assuré par une autorité active et par une coordination opérationnelle des projets de réforme ; enfin, des délais extrêmement longs, non maîtrisés parce que non réellement planifiés, ayant pour effet de diluer considérablement l’énergie des personnels et l’impact des mesures projetées.
  • Les enseignements à en tirer sont évidents et découlent de l’analyse même des forces et des faiblesses mises en lumière : adopter une véritable méthodologie de conduite du changement, avec une organisation et des outils de conduite de projet, faisant une place sérieuse aux questions de gouvernance et de « management efficient », à la définition d’objectifs cohérents, pertinents, vérifiables et mesurables, y compris d’objectifs chronologiques de mise en œuvre ; travailler non seulement les structures et les procédures mais aussi, et surtout, la culture de gestion, de responsabilité et de performance ; travailler de façon efficiente en dirigeant l’effort sur les facteurs les plus critiques de la gestion (effectifs et programme) plutôt que sur un nombre limité de procédures administratives moins susceptibles de contribuer significativement à un rééquilibrage de l’économie d’ensemble de l’Organisation.

Dans la prochaine partie, nous nous concentrerons sur les suites données à ce rapport.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 3

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne court plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Après avoir présenté les recommandations, observons de près la feuille de route préconisée et ses objectifs. Là aussi, c’est on ne peut plus clair : chaque mot est pesé et lourd de conséquences.

  • Objectif 1 : Compte tenu du nombre actuel de plans de travail, la Directrice générale a donné des instructions pour en réduire le nombre total de 20 % d’ici la fin de l’année 2012 afin de cibler et de favoriser l’obligation redditionnelle.
  • Objectif 2 : Le nombre de plans de travail ayant des coûts opérationnels minimaux (à l’exception de ceux qui bénéficient de ressources extrabudgétaires) sera réduit de 30 % d’ici la fin de l’année 2012.
  • Objectif 3 : Le montant minimum du budget d’un plan de travail sera, dans la mesure du possible, porté à 25.000 dollars des États-Unis.
  • Objectif 4 : Mettre pleinement en œuvre la réforme du dispositif hors Siège en Afrique d’ici à la fin de l’année 2013.
  • Objectif 5 : D’ici à la fin de l’année 2013, des Documents de l’UNESCO relatifs à la programmation par pays (UCPD) auront été élaborés pour chaque pays où l’UNESCO est active.
  • Objectif 6 : Le ratio global entre le personnel hors Siège et le personnel du Siège passera de 35 pour 65 actuellement à 40 pour 60 d’ici à la fin de l’année 2013, en veillant notamment à accroître les effectifs du cadre organique hors Siège grâce à une politique de mobilité accrue.
  • Objectif 7 : L’UNESCO réexaminera d’ici la fin de l’année 2013 la totalité de ses mémorandums d’accord avec les fonds et programmes des Nations Unies et avec certaines autres organisations du système des Nations Unies.
  • Objectif 8 : L’UNESCO continuera de consacrer 2 % des ressources de son programme à sa participation et à son intégration aux exercices communs de programmation par pays des Nations Unies sur le terrain, et au niveau régional et mondial.
  • Objectif 9 : Des efforts seront faits pour accroître de 10 % le nombre de partenariats public-privé d’ici la fin de l’année 2012 et pour privilégier tout particulièrement les partenariats générateurs de ressources, au Siège et sur le terrain.
  • Objectif 10 : Parvenir à un meilleur équilibre entre les postes relevant des programmes et les postes relevant de l’administration s’agissant des 75 % de postes vacants qui ont été gelés.
  • Objectif 11 : Offrir de nouveaux programmes de départs volontaires, en cas de besoin, d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 12 : Réduire de 15% le montant total des coûts administratifs d’ici à la fin de 2013, par des réductions des coûts des services internes et des unités administratives, des départs à la retraite en particulier dans le secteur du soutien administratif, et un redéploiement des effectifs moyennant un investissement dans des outils d’un bon rapport coût-efficacité.
  • Objectif 13 : Réduction de 10%, d’ici à la fin de 2013, du nombre de postes au sein des Bureaux exécutifs (EO), des Bureaux administratifs (AO) et des services de secrétariat, à l’échelle de l’UNESCO, 10% par voie de regroupement.
  • Objectif 14 : Passage du ratio actuel d’un membre du personnel du cadre de service et de bureau pour un membre du personnel du cadre organique à un ratio de 0,9 membre du personnel du cadre de service et de bureau pour 1,1 membre du personnel du cadre organique d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 15 : Utilisation et affectation plus efficaces de l’espace de bureau disponible, en vue de libérer plus de 300 espaces de bureau à moyen terme.
  • Objectif 16 : Réexaminer, au cours du prochain exercice biennal, tous les coûts liés à la gouvernance des conventions, des programmes scientifiques internationaux, des instituts de catégorie 1 et autres programmes intergouvernementaux, en vue de réduire sensiblement le coût des transactions, du soutien administratif et des voyages. Les économies réalisées seront réinjectées dans les budgets opérationnels consacrés à ces domaines.
  • Objectif 17 : Assurer, d’une manière plus efficace et plus efficiente, la prestation des services destinés aux organes directeurs et aux États membres, de façon à réduire les coûts, à éliminer les doubles emplois, à améliorer la coordination et à créer des synergies d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 18 : Mettre en œuvre, au cours de l’exercice biennal, un certain nombre de projets dans le domaine des technologies de l’information, afin de réduire les coûts de transaction et d’améliorer l’efficacité : système intégré de gestion des dépenses de personnel ; outil de gestion des achats ; outil de gestion des voyages ; expansion des flux pour les processus relatifs aux ressources humaines ; outil de gestion de la correspondance. Pour certains de ces projets, il reste à trouver des sources de financement.

 Dans la prochaine partie, nous nous concentrerons sur les conclusions du rapport.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 2

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne coure plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Prenons d’abord connaissance des recommandations. Inutile de savoir lire entre les lignes pour comprendre que chaque mot est pesé et est lourd de conséquences.

  • Recommandation n°1 : L’auditeur externe recommande de n’engager aucune réforme sans avoir au préalable formulé explicitement la stratégie dans laquelle elle s’inscrit, les objectifs précis (et non pas génériques) recherchés, les échéanciers à respecter, et sans avoir établi un système d’indicateurs qualitatifs et/ou quantitatifs vérifiables propres à permettre le suivi de l’avancement des réformes envisagées
  • Recommandation n° 2 : Rassembler de façon rationnelle, stratégique et cohérente l’ensemble des travaux de réflexion en vue de la réforme de l’Organisation depuis 2010, afin d’élargir l’ambition de la « feuille de route » au-delà de la seule exécution du 36C/5, et lui associer des plans d’actions précis, et des échéanciers
  • Recommandation n° 3 : L’auditeur externe recommande très vivement de rationaliser les multiples groupes de travail œuvrant sur les différents aspects des réformes, de donner à chacun un cahier des charges et une gouvernance claire, de coordonner leur travaux et leurs calendriers, charge au directeur général adjoint de piloter l’ensemble de ces activités et d’en rendre compte, pour arbitrages éventuels, à la directrice générale, seule appelée à rendre compte de la gestion de l’Organisation aux organes dirigeants
  • Recommandation n° 4 : Plus encore que dans tout autre domaines de la gestion courante de l’Organisation, l’auditeur externe recommande d’accompagner tout projet, et toute mesure individuelle, relatifs à la gestion du personnel (séparation individuelle, gel, suppression, transformation de postes) d’une étude précise d’impact, opérationnelle et économique, à court, moyen et long termes
  • Recommandation n° 5 : L’auditeur externe recommande de ne plus retarder la mise au point et la mise en œuvre d’un plan global de redéploiement structurel des personnels. L’impact économique potentiel comme la sensibilité sociale d’un tel projet sont autant de raisons supplémentaires pour que la direction générale mette en place une gouvernance et une méthodologie de conduite du changement maîtrisée, efficiente et transparente
  • Recommandation n° 6 : Mettre en place des outils d’évaluation précise des mesures et de suivi de la réalisation des objectifs qualitatifs et quantitatifs, pour chaque champ d’application et de recommandations du dispositif TASCO
  • Recommandation n° 7 : Améliorer la traçabilité des décisions en documentant en détail les décisions et avis relatifs à la réorganisation des secteurs et services, de manière à disposer des éléments historiques utiles à l’évaluation des mesures envisagées et de leurs suites
  • Recommandation n° 8 : Il est fortement recommandé d’améliorer les outils d’évaluation et de préparation des décisions de réorganisation des structures : il convient notamment d’établir, pour chaque unité concernée, un tableau faisant apparaître les réductions de coûts attendues en termes de personnel et de fonctionnement, et d’étendre cette analyse à l’ensemble de l’Organisation afin d’éliminer les fausses économies résultant de simples transferts internes de charges. Ces documents doivent être systématiquement actualisés lors de chaque mise à jour des plans de travail afin de disposer d’éléments exhaustifs et objectivés d’analyse, d’alerte et d’aide à la décision
  • Recommandation n° 9 : S’agissant d’une réforme d’envergure et particulièrement structurante, la révision du dispositif hors-siège en général et plus particulièrement en Afrique devrait faire l’objet d’un arbitrage financier plus clair, cohérent avec la haute priorité qui lui est attribuée dans la stratégie de l’UNESCO et propre à garantir le succès du projet dans les délais fixés
  • Recommandation n° 10 : Compte tenu de la durée nécessairement limitée du dispositif du fonds d’urgence, l’auditeur externe recommande de bannir strictement, sans exceptions, le financement par ce fonds de dépenses de fonctionnement récurrentes

Dans le prochain article : la feuille de route préconisée par le rapport.

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Journée mondiale de la diversité culturelle 2013 : un silence assourdissant et alarmant

Le 21 mai est la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, mais saviez-vous qu’elle a vraiment eu lieu mardi dernier ? Si vous avez regardé la plupart des médias nationaux ce jour-là, il fallait être devin.

Pire encore, si vous faites partie de la majorité des français qui regardent le journal télévisé : rien absolument rien.

On ne s’étonne hélas plus de voir les grands médias (y compris l’audiovisuel public) vouloir/devoir faire de l’audience et dire en même temps (études à l’appui) que ce qui est diffusé correspond à ce que les téléspectateurs veulent voir ou à ce dont on se doit de les informer.

Mais là, trop c’est trop. Petit florilège des journaux de 20h mardi dernier :

  • la météo, pas d’amélioration en vue avant quinze jours, il pleut, de l’eau, de l’eau qui déborde, de la grisaille, des températures inférieures à la normale, on remet le chauffage, on n’a pas vu ça depuis des années, l’été est en retard, il n’y a plus de saisons, etc.
  • la tornade dans l’Oklahoma, l’horreur climatique, sommes-nous exposés à ce type de catastrophe en France et nos habitations sont-elles bien protégées ? les dernières tornades en France, la plus destructrice, etc.
  • le mauvais temps en France a des conséquences sur de nombreux domaines d’activité, les récoltes sont compromises, les agriculteurs dépriment et certains vont mettre la clé sous la porte, le temps ne donne pas envie d’acheter des crudités, les conséquences de toutes ces pluies sur les prix sur les marchés et sur nos factures d’énergie, les professionnels du tourisme se désespèrent, on se rabat sur les centres de bronzage et de luminothérapie pour tenir le coup car sans soleil on déprime, tout cela ne va pas aider à faire baisser le chômage, cela en ajoute à la crise, etc.

Pléthore de sujets de ce type pendant les 20-25 premières minutes selon les chaînes, dans un journal qui dure entre 30 et 35 minutes.

On enlève les 5 dernières minutes réservées au festival de Cannes, au sport ou aux célébrités populaires et il reste 5 à 10 minutes pour parler de ce qui se passe par ailleurs en France et dans le monde. Quel luxe !

Alors comment imaginer qu’il ne reste ne serait-ce qu’une minute pour parler de la Journée mondiale de la diversité culturelle, des missions et des programmes de l’Unesco qui soutiennent et encouragent partout dans le monde et toute l’année des initiatives toutes plus utiles et nécessaires les unes que les autres ?

Comment imaginer que… :

  • en pleine période où la question de l’exception culturelle fait l’objet de toutes les tentatives de récupérations possibles dans le cadre de l’accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis ;
  • en plein débat parlementaire sur la tenue de cours en anglais dans les universités françaises qui ravive la querelle des anciens et des modernes ;
  • au moment où viennent d’être publiés les statistiques sur l’illettrisme et le rapport de la Cour des comptes sur l’état du système éducatif ;
  • au moment où les extrêmes (les partis ET les idées) n’ont jamais été aussi populaires depuis 25 ans,

…on puisse considérer en France qu’on peut désormais se dispenser de (re)dire aux téléspectateurs (même en 1 minute !), en s’arrêtant un instant sur cette Journée mondiale du 21 mai, que la diversité culturelle est l’héritage commun de l’humanité, que tous ceux qui œuvrent au quotidien et qui font de sa sauvegarde un impératif concret et éthique inséparable du respect de la dignité humaine méritent d’être mis à l’honneur, que nous devons approfondir nos réflexions et redoubler nos efforts pour que la diversité culturelle nous aide plus encore à mieux « vivre ensemble »…

… on puisse considérer qu’il n’est plus nécessaire que l’Unesco fasse appel aux Etats membres et à la société civile pour célébrer cette Journée en y associant le plus grand nombre pour mieux connaître et apprécier ce que nous devons aux autres cultures, et, à prendre la mesure de la diversité de leurs apports, de leur unicité, de leur complémentarité et de leur solidarité…

… on puisse se passer de rappeler que connaître et reconnaître nos différences, les respecter en ce qu’elles fondent notre propre identité, c’est donner la chance aux siècles qui s’annoncent de s’épanouir enfin hors des conflits identitaires de tous ordres…

…nous n’ayons plus besoin d’affirmer et de partager collectivement que la diversité culturelle est un droit humain fondamental et que lutter pour sa promotion c’est lutter contre les stéréotypes et les fondamentalismes …

 

Le comble du comble, c’est que ce jour est vraiment arrivé, c’était le 21 mai 2013. Mais rassurez-vous, ce n’est que de la télévision. La fiction dépasse largement la réalité ou bien est-ce l’inverse ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas oublié, qui auraient bien voulu ne pas oublier ou qui auraient voulu qu’on leur en parle un peu, vous pouvez si vous le souhaitez cliquer au moins iciici, ici, ici et ici.

Espérons que ce 21 mai 2013 ne soit qu’un rendez-vous manqué. Mais la situation financière très grave que connaît l’Unesco à l’approche de l’élection pour le poste de directeur/directrice général(e) nous invite d’autant plus à nous mobiliser pour qu’il y ait une Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement plus largement relayée en France le 21 mai 2014 mais aussi et plus dramatiquement : qu’il y ait une nouvelle Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement le 21 mai 2014, tout court.

Nous y reviendrons très prochainement sur CEG.

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Le Parc des Virunga et le patrimoine mondial en péril

VirungaMap

Les concessions pétrolières acquises par le groupe Total dans le Parc des Virunga, le plus ancien parc africain classé au patrimoine mondial de l’Unesco, font l’objet depuis 2 ans d’une mobilisation de tous les instants.

Le Parc des Virunga est le premier parc national africain créé il y a plus de 85 ans en république démocratique du Congo. Il abrite une biodiversité exceptionnelle, dont plus d’un quart de la population mondiale du gorille de montagne, une espèce en danger critique d’extinction. C’est grâce à cette valeur incomparable que le Parc des Virunga a été déclaré patrimoine mondial par l’UNESCO en 1979.

Pour la deuxième année consécutive, et cette fois-ci appuyé par le comité du patrimoine mondial de l’Unesco, le WWF avait demandé au géant pétrolier français de prendre plusieurs engagements, dont celui de ne jamais pénétrer dans la zone actuelle du parc, même si elle venait à être réduite par les autorités congolaises, et plus généralement de ne jamais faire d’exploration ou de production sur des sites protégés par l’Unesco.

Total, qui participe à un projet d’exploration pétrolière à proximité du parc national des Virunga, ne pénétrera pas dans cette zone protégée, a assuré vendredi le PDG du groupe français.

« Le programme d’exploration de Total est strictement limité à une zone située en dehors du parc des Virunga » et, le groupe « confirme son engagement à respecter les limites actuelles au cas où celles-ci seraient réduites », a déclaré Christophe de Margerie, lors de l’assemblée générale des actionnaires de Total, répondant à une demande de l’association WWF France (Fonds mondial pour la nature). Par ailleurs, Total « n’exploite ni n’explore dans aucun site du patrimoine de l’Unesco », a-t-il assuré.

Victoire ou demi victoire ?

Si la réponse de Total indique que le groupe s’engage à respecter l’intérêt des populations locales et la valeur universelle exceptionnelle de ces écosystèmes, celle-ci n’a aucune valeur juridique, elle n’est qu’un engagement moral. De plus, qu’en est-il des autres entreprises participant aux projets d’explorations et de l’attitude des Etats qui ont des sites protégés sur leur territoire ?

La réponse de Total peut (et doit) servir d’exemple, et Total semble avoir la volonté de peser positivement de tout son poids et son savoir-faire, mais elle n’est en réalité qu’une demi victoire pour la préservation du Parc des Virunga et pour le patrimoine mondial. Quid des compagnies européennes SOCO et Orphir par exemple ? Quid des projets du gouvernement RDC de réduire plus encore la surface du parc ? Plus largement, quelle protection pour les sites du patrimoine mondial de l’Unesco et ceux qui figurent sur la liste du patrimoine mondial en péril ?

La mobilisation doit donc se poursuivre pour le Parc des Virunga et s’amplifier pour l’ensemble des sites du patrimoine mondial de l’Unesco concernés, ceux qui sont en péril à court terme comme ceux qui pourraient l’être à moyen terme.

  • Liste du patrimoine mondial en péril : cliquez ici
  • La pétition pour la sauvegarde du Parc des Virunga : cliquez ici
  • Pour en savoir plus sur la situation du Parc des Virunga : cliquez ici

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Lettre ouverte à Monsieur Barroso

La situation est paradoxale : jamais on n’aura évoqué aussi souvent en Europe le potentiel des industries culturelles et créatives et aussi peu soutenu la mise en oeuvre de politiques permettant de défendre et de promouvoir la diversité culturelle !
Alors que les défis qu’apporte notamment le numérique exigent des réponses ambitieuses, l’action politique européenne sombre, au contraire, dans le renoncement, voire le reniement :

  • la signature de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle n’a pas incité la Commission européenne à exclure automatiquement les services audiovisuels et culturels des négociations commerciales qu’elle menait ;
  • la volonté de soutenir le développement des offres légales de biens culturels n’a pas été jusqu’à la mise en oeuvre générale d’une fiscalité réduite pour les biens numériques ;
  • le souci de prévoir des obligations de financement et d’exposition de la création européenne sur les nouveaux supports se heurte à des détournements de législation et des délocalisations au sein même de l’Europe.

Le choc est d’autant plus rude qu’il permet notamment aux géants américains et asiatiques de l’Internet de s’exonérer de toute obligation à l’égard de la création culturelle.
Avec la crise des finances publiques qui a amené la plupart des Etats européens à rogner sur les budgets destinés à la culture et à la création, l’Europe a plus que jamais sa place pour accompagner la préservation et la promotion de la diversité culturelle. Elle est même déterminante.
A l’heure où certains considèrent – à tort – que les évolutions technologiques ont ringardisé le soutien à la création, nous, artistes, cinéastes, écrivains, compositeurs, éditeurs de livres, producteurs de films ou de disques… considérons que c’est une idée moderne que d’empêcher une ou quelques cultures dominantes d’uniformiser les façons d’écrire et de penser. C’est une idée moderne et profondément européenne. C’est aussi une idée fragile que la mondialisation et l’économie numérique ne doivent pas faire vaciller.
Ce constat ne doit générer ni aigreur ni rancoeur. Il doit en revanche conduire la Commission européenne et son Président à reprendre le chemin de la cohérence et du dynamisme dans leur action en faveur de la diversité culturelle.
De toute évidence, ce ne sont ni de petits compromis ni le respect aveugle et naïf des grands principes de la concurrence qui permettront de renforcer l’identité et la création européennes, dans toute leur diversité, et d’appuyer de façon adéquate et efficace l’industrie européenne de la culture.
Assumer une fiscalité culturelle adaptée et modernisée à l’ère numérique, tenir compte de la culture dans les politiques communautaires ; simplifier l’examen des aides culturelles d’Etat et valider leur extension aux supports et outils numériques, notamment aux nouveaux modes de distribution et de diffusion des oeuvres ; refuser de faire de la culture une monnaie d’échange dans les négociations commerciales ; mettre fin au dumping fiscal au sein de l’Europe qui mine les bases du soutien à la diversité culturelle et qui fragilise les entreprises européennes au grand profit des multinationales extra-communautaires : voilà autant d’engagements clairs, sincères et désormais urgents que l’Europe doit prendre pour mettre en accord ses discours avec ses politiques.
A défaut, ce serait faire preuve d’une coupable faiblesse et d’une impuissance critiquable que de partir nus et désarmés face à cette bataille en faveur de la diversité et de la richesse de la culture européenne. La bataille est certes difficile, mais elle devrait pourtant nous réunir, nous avec nos créations, la Commission Européenne, avec ses actes et ses politiques. Le Parlement européen semble pour sa part l’avoir mieux compris.
C’est ni plus ni moins l’avenir d’une culture et de sa diversité, de ses industries et de ses emplois qui se joue sur le théâtre européen. Un théâtre dont les meilleures répliques sont encore à écrire si la politique le veut bien.

Coalitions européennes pour la diversité culturelle.

Pour signer la pétition, cliquez ici.

English version

It’s a paradoxical situation: never has there been so much talk in Europe of the potential of the cultural and creative industries, and so little support for implementing policies that would defend and promote cultural diversity!

While the challenges generated in particular by the digital age demand ambitious responses, European political action instead sinks into renunciation, even denial. Signing the UNESCO Convention on cultural diversity has not prompted the European Commission to automatically exclude audiovisual and cultural services from its trade negotiations. The will to encourage the development of the legal availability of cultural goods has not extended to a widescale tax reduction on digital goods. The concern for creating obligations to finance and provide exposure for European cultural creations on new media formats has run into legislation avoidance and business relocations within Europe itself. The impact is all the more brutal since it allows internet giants from Asia and America to exempt themselves from any obligations in terms of cultural creation.
As the public debt crisis has led most European states to pare back their budgets for culture and the arts, Europe has a greater role than ever to play – a decisive role even – in protecting and promoting cultural diversity.
At a time when some believe, wrongly, that technological developments have rendered support for the arts passé, we – artists, performers, actors, musicians, filmmakers, writers, composers, publishers, film and music producers – believe that making sure one or a few dominant cultures don’t homogenise ways of writing and thinking is a modern idea. A modern and deeply European idea. It is also a fragile idea that mustn’t be overwhelmed by globalisation and the digital economy.
This observation mustn’t be cause for bitterness or resentment. It must however lead the European Commission and its President to return to a consistent and forceful path of action in promoting cultural diversity.
Quite clearly, neither small compromises nor a blind and naive faith in broad market principles will be enough to strengthen European identity and creativity in all its diversity, or offer adequate and effective support for the European cultural industry.
Developing a system of taxation for cultural products that is tailored and updated for the digital age; factoring culture into EU policies; simplifying assessments for state cultural support and extending this support to digital tools and formats, especially new forms of distributing and broadcasting artworks; refusing to use culture as a bargaining chip in trade negotiations; putting an end to the fiscal dumping within Europe that undermines the bases of support for cultural diversity and weakens European companies in favour of non-EU multinationals – these are clear, genuine and now urgent commitments that Europe must make in order to bring its policies in line with its rhetoric.
Failure to take these measures is to enter the battle for the cultural wealth and diversity of Europe naked and unarmed, demonstrating a culpable weakness and reprehensible impotence. There is no question that the battle is a difficult one, but it should nevertheless bring us together – we with our creations and the European Commission with its actions and policies. The European Parliament, for its part, seems to have shown greater understanding of this issue.
It is no more and no less than the future of a culture, its diversity, its industry and its jobs that is being played out on the European stage. With strong political support, the best scenes of this play remain to be written.

Coalition française pour la diversité culturelle

Sign petition here.

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Diversity of Cultural Expressions: 4th Ordinary Session of the Intergovernmental Committee

Five years after its adoption, the Convention on the Protection and Promotion of the Diversity of Cultural Expressions is reaching a decisive turning point with its foundations clearly in place and new steps towards implementation. This 4th session of the Committee marks a significant step in the Convention’s operational phase; the agenda will cover topics from the International Fund for Cultural Diversity to activities around the world to promote ratification and to engage civil society in the communication of the Convention’s key principles and messages.

Source Unesco

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Lancement de l’Année internationale du rapprochement des cultures

L’Unesco a lancé officiellement jeudi l’Année internationale du rapprochement des cultures, une initiative visant à lutter contre la montée des extrémismes avec l’aide de personnalités du monde entier.

« La paix d’il y a 60 ans n’est plus la paix d’aujourd’hui, il faut repenser les moyens de la maintenir, repenser le dialogue entre les cultures », a déclaré la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, au cours d’une conférence de presse au siège de l’organisation à Paris.

Elle a présenté une quinzaine des personnalités internationales ayant rejoint le groupe qu’elle a souhaité mobiliser pour animer cette année.

Le prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka, l’ancienne présidente française du Parlement européen et rescapée d’Auschwitz Simone Weil, le Grand mufti de Bosnie-Herzégovine Mustafa Ceric, le représentant du Vatican, Mgr Francesco Follo, l’ancienne ministre pakistanaise Attiya Inyatullah, le cinéaste malien Souleymane Cissé, l’ancien Premier ministre norvégien Kjell Magne Bondevik et le représentant du Patriarcat de Moscou Philip Riabykh font notamment partie de cette liste de personnalités.

Dans un entretien avec l’AFP fin janvier, Mme Bokova, une diplomate bulgare de 57 ans élue fin 2009 à la tête de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), avait souligné la nécessité de lutter contre la montée des extrémismes et des conflits « basés sur l’intolérance ethnique, religieuse, linguistique ».

Elle avait indiqué avoir lancé des dizaines d’invitations à « des intellectuels respectés, hommes et femmes, des gens respectés des différentes régions du monde ».

Elue dans un scrutin tendu face à Farouk Hosni, le candidat égyptien soutenu par le monde arabe et accusé d’antisémitisme, elle avait souligné refuser la notion d’un « clivage » nord-sud ou entre Occident et islam.

Réunis jeudi pour de premiers débats, les membres du « Haut panel sur la paix et le dialogue entre les cultures » doivent se retrouver régulièrement au cours d’une année dont l’agenda devra être complété d’autres initiatives, a indiqué Mme Bokova.

Source : AFP / Le Monde.

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Les collectivités territoriales face aux grands enjeux culturels / 2

Seconde partie du texte inédit de Jean-Michel Lucas, qui prend la forme d’un manifeste et ne manquera pas de susciter l’envie de débattre, à l’heure où la question de l’identité nationale impose non sans une certaine violence une pensée simplificatrice pour le moins risquée et donne l’impression désagréable qu’on est en train de jouer avec le feu.

II –  Enjeux culturels sur les territoires pour  reconstruire la politique culturelle

Face à l’affadissement gestionnaire du modèle culturel, il faut revenir aux enjeux  universels et ouvrir des chantiers pour progresser dans cette voie.

A – La  culture comme  enjeu politique universel.

Je  voudrais simplement souligner qu’au niveau international la question culturelle est  éminemment politique car elle se coltine avec les différences de « représentations du monde »  dont on sait qu’elles contribuent à aviver les tensions et les conflits entre  groupes humains. L’enjeu premier de la politique culturelle est alors de transformer ces « différences culturelles » qui séparent irrémédiablement les êtres humains en « diversité culturelle » qui postule que chacun  apporte, à sa façon,  sa part, modeste ou grandiose, à la construction de l’Humanité. « Repenser nos catégories culturelles et reconnaître les sources multiples de nos identités nous aide à oublier nos « différences » pour privilégier notre capacité commune à évoluer par interaction mutuelle. » [1]

1 – Tel pourrait être l’enjeu d’avenir pour reconstruire la politique culturelle. Cette approche devrait être largement partagée puisque notre pays, toute force politique confondue, a applaudi à la signature depuis 2001 des accords internationaux sur  la diversité culturelle préparés par l’Unesco. La politique culturelle aurait dû ainsi remiser le vieux logiciel de la « démocratisation de la culture » pour le remplacer par le principe du « pluralisme culturel » fondé sur la reconnaissance des « droits culturels » des personnes [2].

Je tiens particulièrement à rappeler que les « droits culturels » s »appuient sur le principe universel de la  Déclaration  des droits de l’homme de 1948 dans son  article premier portant reconnaissance de l’égale dignité des êtres humains :  « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. » A ce titre, nous dit la « Déclaration de Fribourg » sur les « droits culturels »: « Toute personne, aussi bien seule qu’en commun, a le droit  de choisir et de voir respecter son identité culturelle dans la diversité de ses modes d’expression ».

On retrouve cette perspective politique, dans le texte de l’agenda 21 de la culture qui, au  fond, plaide pour que le développement durable soit mis au service du respect des dignités culturelles des personnes et du Vivre ensemble.

2 – Pourtant cette universalité-là a déclenché une multitude de résistances. Beaucoup de commentateurs en France ont exprimé leurs réticences : pour eux, il s’agit d’un glissement vers une  définition anthropologique de la culture qui conduit au  relativisme culturel, lequel nourrit son enfant terrible : le communautarisme ! Le terme « identité culturelle  » fait naître  spontanément,  et sans égard pour la riche réflexion des théories de la reconnaissance, la crainte de la ruine de la « République »  !  Mais il n’est pas bon d’en rester à ces caricatures de la diversité culturelle et pour éviter les faux débats, je souhaite  préciser les conséquences du principe de la reconnaissance des droits culturels de la personne :

*) Première conséquence évidente : avec les droits culturels, la première responsabilité de la politique de la culture est de garantir le respect  de la dignité culturelle de la personne. De garantir, par conséquent, à chaque identité culturelle le respect du sens et de la valeur qu’elle donne à sa vie.  La politique culturelle ne peut plus se contenter d’être une machine  publique à produire des « des biens et services »  culturels. Elle ne doit pas rester enfermée dans une approche réduite à un secteur d’activité, d’une offre de marchandises, même de qualité, sur le marché public des loisirs. Elle doit résister à toute forme de réification de ses enjeux.

*) La seconde responsabilité est encore plus redoutable : si la politique culturelle respecte la personne dans sa dignité culturelle, en contrepartie, il est impératif que la personne ne porte pas elle-même atteinte aux autres dignités culturelles c’est-à-dire aux autres identités culturelles. C’est la condition  première pour l’avenir de l’Humanité : la « liberté des cultures »  ne peut  pas servir à justifier l’hostilité, le « mépris », l’« invisibilité », dirait Axel Honneth [3] des cultures des autres.

Voilà donc une politique de la diversité  culturelle dont la responsabilité fondamentale sera d’organiser la confrontation du sens et des valeurs des cultures des différents groupes de la Cité pour s’assurer que les identités culturelles ne soient pas génératrices de manifestations de haine, de mépris, d’irrespect pour les autres identités des personnes.

Or, il  faut bien admettre que peu de décideurs politiques français font référence aux « droits culturels » en ces temps de débat sur « l’identité nationale » . Il  reste donc entièrement à « les convaincre qu’il faut investir dans la diversité culturelle comme dimension essentielle du dialogue interculturel, parce qu’elle peut renouveler nos approches du développement durable, qu’elle est une garantie de l’exercice effectif des libertés et des droits de l’homme universellement reconnus, et qu’elle peut contribuer à  renforcer la cohésion sociale et la gouvernance démocratique. »[4] , comme vient de le répéter le « Second rapport mondial sur la diversité culturelle ».

Toutefois, dans le contexte français si sensible sur les questions d’identité culturelle, il ne me paraît guère opportun de placer le débat au niveau des principes d’universalité des droits culturels.  Pour envisager la  reconstruction de la politique culturelle, je préfère suggérer la réalisation au niveau des collectivités de quatre chantiers de « bonnes pratiques  » dont l’évaluation pourrait nourrir de plus saines discussions.

B – Quatre chantiers pour la  culture en débats

Les quatre chantiers concernent les étapes clés de la reconstruction de la politique culturelle : l’écoute des cultures, l’expérimentation artistique, les interactions et interconnexions des identités dans l’espace public, l’économie créative solidaire. Les « bonnes pratiques » que l’on observe déjà ici ou là sur le terrain permettent de mieux situer les grands enjeux culturels pour les territoires.

1 – Le chantier de l’écoute culturelle

Contrairement à la démocratisation de la culture, il s’agit ici d’être attentif à la culture de ceux qui ne croisent jamais la politique culturelle publique. A chaque niveau de l’espace public – dans la rue comme dans les institutions et les associations ouvertes sur la cité – il s’agit de « prendre soin » des dignités culturelles pour qu’elles trouvent leur place dans la vie collective. La politique culturelle au niveau territorial devrait alors encourager la mise en place progressive de dispositifs d’écoute des personnes, leur laissant le temps de formuler leurs « différences » culturelles  pour en faire des « diversités ».

De tels propos paraîtront étranges à ceux qui connaissent bien les institutions culturelles de notre pays, identifiées par leur dimension disciplinaire. Pourtant, la perspective de « prendre soin » des personnes est très concrète pour des musées aussi importants que ceux de Newcastle qui sont fréquentés par 1,5 million de personnes. Comment le directeur du musée présente -t-il  son activité ? Il  ne dit pas comme un directeur de musée en France : « mon musée possède une collection composée d’ « oeuvres » de grande valeur universelle ; chers publics, populations, touristes, venez voir nos expositions et venez rencontrer nos médiateurs qui vont vous montrer le bon chemin de la culture.»  Les musées de Newcastle se présentent autrement en disant  : «notre mission est de  permettre aux personnes et aux groupes de pouvoir mieux déterminer leur place dans le monde. Venez travailler avec vous, pour dire aux autres ce que vous avez à leur dire car nos compétences sont au service de la construction de votre identité culturelle. Nous ferons ensemble un parcours qui vous permettra d’être dans l’espace public acteurs de votre identité, d’être ainsi mieux reconnus par les autres et de mieux les respecter. » En anglais, ces musées se présentent ainsi à la société civile : “Most importantly, it is an organisation, literally, with a mission : To help people determine their place in the World and define their identities, so enhancing their self-respect and their respect for others.”

Cette conception de l’intervention culturelle publique ne se pense plus ni en terme de « consommateurs » apportant une contrepartie monétaire pour accéder à l’offre artistique,  ni en terme de  « public », « d’usager »  ou d’habitants,  bénéficiant à coût réduit du service des expositions du musée. Avec la figure de la dignité culturelle, l’enjeu public instaure entre les deux parties (le musée et le groupe de personnes) un engagement solide de réciprocité, qui prend concrètement la forme d’un document d’évaluation préalable où chacun décrit ses espoirs, objectifs et ressources apportés au projet co-construit ensemble ; un document qui vaut protocole d’accord d’éthique culturelle entre l’institution et les personnes.

Cet exemple illustre une « bonne pratique » de politique interculturelle :  l’enjeu du travail avec les professionnels est de contribuer à forger une culture commune à partir d’identités culturelles différentes. En pratique, l’équipe du musée travaille durant plusieurs mois avec des groupes de personnes  désireuses de dire aux autres ce qu’elles sont et, entre expositions, vidéos, soirées, débats, ces bonnes pratiques construisent la confrontation culturelle, avec la qualité technique apportée par l’équipe du musée et la volonté de reconnaissance apportée par le  groupe.[5] La culture  commune s’élabore à partir de cette  confrontation maîtrisée avec les autres identités culturelles.

Cette politique culturelle fait le pari que la reconnaissance des personnes réduit les  risques d’enfermement dans un culture communautaire particulière. Son credo est que les différences culturelles ne doivent pas demeurer masquées, confinées dans la vie privée et éloignées de la vie publique, (surtout quand elles prennent une dimension religieuse).  « Il est plus sain d’afficher ses différences et d’apprivoiser celles de l’Autre que de les occulter ou de les marginaliser, ce qui peut entraîner une fragmentation propice à la formation de stéréotypes et des fondamentalismes » [6]

Je conclus en faisant observer que nombre d’acteurs en France sont attentifs aux « populations » (plus qu’aux personnes ) et à leurs caractéristiques culturelles mais, le plus souvent, ces acteurs sont consignés dans le registre du « socio culturel ». Leur travail ne se lit pas à l’aune de l’universalité des droits culturels. C’est alors, à mon sens, de la responsabilité du politique que de leur redonner ce sens et cette visibilité collective dans la construction de la culture commune, à l’égal de l’exemple de Newcastle.

2 – Le chantier de  l’expérimentation artistique

Avec les droits culturels des personnes, l’action publique doit combattre toutes les formes de stéréotypes qui nourrissent les  « replis identitaires». La politique culturelle doit donc veiller à ce que l’espace public bruisse de nouveaux signes qui déplacent les significations, provoquent du débat, attisent des  aspirations inédites,  captent les identités culturelles et les amènent à se recomposer. Plutôt que de s’entêter à parler de soutien « à la création artistique » (qui se termine en production d’un produit culturel à destination de quelques réseaux de  clientèles particulières), la politique culturelle ferait mieux  d’encourager les « expérimentations artistiques » comme pratiques de liberté  qui nourrissent l’espace public de « nouveaux repères sensibles » dynamisant  les possibilités d’interactions entre les identités.

La politique culturelle de la diversité doit impérativement faire place aux « stratégies d’artistes qui se proposent de changer les repères de ce qui est visible et énonçable, de faire voir ce qui n’était pas vu, de faire voir autrement ce qui était trop aisément vu, de mettre en rapport  ce qui ne l’était pas dans le but de produire des ruptures dans le tissu sensible des perceptions et dans la dynamique des affects », pour reprendre la  belle définition du travail de dissensus de l’artiste,  formulée par Jacques Rancière.  [7]

Dans un langage plus diplomatique fait pour ménager les compromis, le  « Second rapport  mondial sur la diversité culturelle » de l’Unesco donne aussi à ce chantier une importance primordiale :  « la diversité culturelle ne peut être préservée que si ses racines sont nourries en permanence par des réponses créatives apportées à un environnement en évolution rapide. En ce sens, la création artistique et toutes les formes d’innovation touchant à l’ensemble des activités humaines peuvent apparaître comme des sources d’imagination essentielles pour l’essor de la diversité culturelle. La créativité revêt ainsi une importance capitale pour la diversité culturelle, qui elle-même la favorise en retour. » [8]

C’est sans doute le chantier plus difficile à concrétiser actuellement car il prend  à revers les structures artistiques reconnues par la politique culturelle. Les élus le savent bien, l’acceptent souvent, le souhaitent plus rarement : ce qui fait culture de référence,  ce sont uniquement les oeuvres (toujours de qualité) choisies par les directeurs artistiques de ces structures.  Aucune discussion ne peut être légitime car elle mettrait en cause le principe de leur liberté de sélection des « oeuvres ». Alors qu’avec l’approche de l’expérimentation artistique, les équipes font leurs choix artistiques librement mais s’engagent au débat , à la confrontation avec les autres cultures. C’est cet engagement de faire société qui donne son sens politique d’intérêt général à l’expérimentation artistique et qui rappelle les grands moments des pionniers de la décentralisation théâtrale.

De ce point de vue, sans doute, faudrait-il que les élus soient plus attentifs localement aux équipes issues de ce que l’on appelle souvent à tort,   les « friches artistiques » et qui développent de telles « bonnes pratiques » d’expérimentation artistique, à l’exemple du réseau « Autre(s) parts ».

3 – Le chantier de la mise en oeuvre des interactions et interconnexions culturelles.

Les chantiers précédents de l’écoute culturelle et de l’expérimentation artistique n’ont de sens que s’ils débouchent sur des possibilités de se connecter à d’autres identités culturelles dans la cité,  élargie à tous les réseaux réels ou numériques auxquels elle est reliée. La « richesse » de cette politique culturelle naîtra des interactions qu’elle favorise.

Je reprendrais ici les propos éclairants de Patrice Meyer Bisch pour qui la « richesse culturelle » se comprend comme « une interaction entre les hommes, les communautés, les choses et leurs milieux, inscrivant et accumulant des  acquis, une multitude de connexions entre objets et  sujets. Ces connexions constituent au sens propre un capital culturel : un instrument de production et de création ». Alors qu’à l’inverse, « la pauvreté culturelle se reconnaît à la rareté des connexions avec leurs conséquences, les exclusions, les cloisonnements et l’incapacité de tisser des liens et donc de créer ».

Le travail des professionnels de l’art et de la culture consiste alors à favoriser les parcours des personnes dans ces réseaux de connexions culturelles.  Parcours qui ouvrent des opportunités pour construire sa personnalité,  être en interactions avec les autres, sans être réduit à l’état de spectateur anonyme d’une offre culturelle formatée. En quelque sorte, tracer un chemin vers l’émancipation, qui conduit au « brouillage de la frontière entre ceux qui agissent et ceux qui regardent, entre individus et membres du collectifs. » [9] pour reprendre les mots de Jacques Rancière.

On peut avoir des doutes sur l’avenir  d’une tel chantier d’interconnexions dont la dimension politique vise la construction du Vivre ensemble. On connaît tous le poids des découpages traditionnellement en vigueur dans la politique culturelle, soit par discipline artistique (arts plastiques, musiques,  théâtre, patrimoine bâti, etc..) ou par fonction (création, diffusion, formation, sensibilisation,   et..). On sait aussi que l’appel à la « transversalité » est souvent un leurre où chaque institution conserve son « quant à soi » et impose ses considérations techniques et disciplinaires aux instances politiques. Pour reconstruire la politique culturelle,  il conviendra donc de s’extraire de cette longue tradition française, ce qui ne pourra guère  se décréter.

Mais, si  l’on en juge par le chantier lancé à Quimper des évolutions sont certainement envisageables rapidement sur le terrain.

Concrètement la ville a souhaité s’investir dans un projet  culturel innovant sur l’espace urbain  « Max Jacob »,  composé d’un jardin des débuts du 20ème siècle entouré par un théâtre à l’italienne, un Gymnase et trois pavillons. Pour engager le projet, la ville a tenu à associer une dizaine de structures  culturelles très différentes en terme de champ artistique et culturel (théâtre, langue bretonne, musiques savantes, musiques bretonnes, musiques actuelles, art contemporain), en terme de fonction (formation,  animation, diffusion, création ), en terme de statuts juridiques ( associations, services municipaux, structures indépendantes, structures labelisées par le ministère de la culture…). Après la période de réflexion collective, la finalité du projet a été précisée en terme d’enjeux politiques partagés par tous les acteurs : ainsi, « le pôle Max jacob répond à la nécessité de concevoir les politiques publiques de la culture dans le cadre d’une démarche d’agenda 21 qui met au cœur des processus la participation des personnes et  les interactions entre les  cultures  comme sources d’émancipation et de développement du Vivre ensemble. »

L’innovation est triple :

i) l’enjeu politique n’est plus « la vraie culture  pour tous », (et son catalogue  d’offres culturelles vendues dans l’année),  mais les interactions culturelles entre les personnes qui construisent le Vivre ensemble dans la ville.

ii) Les structures demeurent totalement libres de leurs choix artistiques et culturels et si elles participent au projet c’est qu’elles partagent toutes la même éthique au delà des différences de leurs disciplines et de leurs fonctions. Sur la base de cette finalité éthique commune,  elles coconstruisent la dynamique du projet de politique culturelle du Max Jacob. Un  protocole d’accord éthique a ainsi été élaboré ; il sert de référence pour apprécier si les actions répondent bien aux finalités collectives énoncées.[10]

iii) Le protocole affirme aussi que les acteurs signataires ont leur part de responsabilité à prendre dans la gouvernance du projet collectif . La  gouvernance est donc partagée au sens où les structures s’engagent à participer aux discussions sur la répartition des ressources et la sélection des projets répondant aux finalités du protocole d’accord éthique.[11]

Dans cette cohérence participative, la politique culturelle a vraiment une dimension « politique » pour la vie de la cité : plus que sur le potentiel de la vente du catalogue de spectacles et d’expositions qu’elle finance, son enjeu territorial est de construire une dynamique d’interconnexions culturelles entre les personnes.

Il y a dans ces modalités de travail entre une collectivité et des acteurs culturels des signes manifestes de changements qui méritent d’être observées pour nourrir le jour venu le débat politique sur le sens et la valeur de la politique de  la culture. En tout cas, on peut certainement fonder de solides espoirs sur la démarche engagée car elle se montre cohérente avec l’approche globale du développement durable du territoire dans le cadre de l’approche de l’agenda 21 et de son volet culturel. [12]

Chantier 4 : le  chantier de l’économie solidaire des projets culturels.

Je  voudrais aussi appeler l’attention sur la logique économique de ces projets qui relèvent  de l’écoute culturelle, de l’expérimentation artistique, de l’interaction entre les identités.  Dans ces projets, ce n’est plus l’offre de produits  culturels à consommer qui justifie la politique culturelle, c’est l’engagement des personnes dans une éthique commune du Vivre ensemble. Ici, les acteurs vendent moins des spectacles qu’ils ne cherchent à faire partager leur passion pour leur art ; les spectateurs sont moins des publics acheteurs de billets que des « amateurs » passionnés et fortement motivés, construisant par ces interconnexions leur identité  de personne. C’est pourquoi, dans une approche plus humaniste que libérale, il serait bon de considérer ces activités où les personnes investissent beaucoup de leur identité culturelle comme des « services à la personne ».

Là encore, pour la politique publique, ce qui importe c’est la relation d’interaction culturelle entre les personnes et non les caractéristiques techniques des  activités ( concert,  atelier, représentation théâtrale, livres, etc..). L’enjeu politique d’intérêt général se lit dans les exigences éthiques que la politique culturelle se donne. On pourrait ainsi illustrer cette relation de personnes à personnes en terme de « compagnonnage », de « transmission de passions », même de « fan », pour faire comprendre que cet enthousiasme de la personne ne peut pas être réduit à un rapport marchand, l’un qui vend sa compétence artistique et l’autre qui l’achète,  alors que le  vécu des uns et des autres relève d’une relation de partage de mêmes  valeurs.

Ceux qui sont  attachés à une langue ou des formes culturelles puisant dans les « traditions » du territoire le comprennent parfaitement : la culture n’est pas seulement une offre et une demande de produits. Ainsi, il serait inacceptable de considérer que les fest noz, du moins beaucoup d’entre eux, sont de simples actes commerciaux où les organisateurs cherchent à capter le maximum de clientèle solvable. Ce type d’activités comme de multiples autres orchestrées par le milieu associatif [13] relève très souvent d’une volonté de partager des  » pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. » Je ne fais que reprendre ici la définition que donne l’Unesco du « patrimoine culturel immatériel » (PCI). Ainsi, lorsque une activité  culturelle « procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine », elle devrait ressortir d’une politique publique spécifique et non pas être considérée comme un produit régi par la loi de la concurrence sur les marchés. Question d’éthique de la vie collective et de relations entre les dignités culturelles.

Je me permets d’insister sur ce point particulier car tous les députés français, à l’unanimité, ont ratifié la loi autorisant le Président de la République a signer la convention de l’Unesco sur le Patrimoine culturel immatériel, Mais les pouvoirs publics ont depuis oublié totalement de renforcer le soutien à toutes ces associations qui contribuent à la valorisation du PCI,  donc à ces activités qui procurent « un sentiment d’identité et de continuité … »aux personnes du territoire !

Ainsi, dans notre démocratie, il devrait y avoir place pour une politique culturelle qui ne se résume ni à l’offre  des services culturels de l’Etat et des collectivités, ni à l’offre des industries culturelles, mais qui prendrait en compte une troisième voie : une autre économie de l’art et de la culture.

Cette perspective a été dessinée dans le manifeste de l’Ufisc qui regroupe des fédérations d’associations culturelles soucieuses de vivre dans une « économie plurielle ». [14] Ces acteurs  ne cherchent  pas le profit maximum de la vente des artistes, ne réclament pas non plus d’être intégralement financés par des subventions, estiment que les apports « bénévoles »  des personnes aux projets constituent un atout essentiel pour le Vivre Ensemble ».

L’enjeu culturel tend alors vers le développement d’une économie certes créative mais aussi solidaire qui met en avant une éthique partagée avec la collectivité. Comme l’indique le manifeste de l’UFISC :  » il s’agit d’inventer des dispositions juridiques  et fiscales pour que les initiatives citoyennes sans but lucratif ne soient plus systématiquement tiraillées entre les logiques marchandes et les logiques d’administration publique ».

Ainsi, à partir de « bonnes pratiques » conduites localement pour élaborer des  protocoles éthiques de l’intervention culturelle sur le territoire, organiser l’écoute culturelle des personnes, l’expérimentation artistique, le développement des interactions  et interconnexions entre les cultures, le soutien à l’économie créative solidaire, il sera sans doute possible d’engager la réflexion sur la reconstruction d’une politique culturelle soucieuse d’émancipation et de Vivre ensemble. Il y a là un enjeu essentiel qui concerne directement la définition du service culturel d’intérêt général au niveau européen. Pour l’instant, me semble -t-il, les réflexions sur le service économique d’intérêt général semblent ignorer la dimension éthique de cette politique culturelle construite sur la reconnaissance des droits culturels des personnes et du vivre ensemble.

C’est donc bien aux collectivités locales, dans le silence même du rapport Balladur de faire avancer de tels chantiers. C’est peut être,  espérons le, autour de ces bonnes pratiques que l’on pourrait préciser et concrétiser les récents propos du Parti socialiste  :  » Une conviction nous anime : la Culture a un rôle fondamentalement émancipateur, tant au plan individuel que collectif. L’économie et la société de demain reposeront au premier chef sur les capacités d’innovation, de connaissance, de création, de recherche. L’art et la culture constituent l’un des atouts décisifs de notre pays, à condition que l’on veuille bien leur redonner la priorité qu’ils n’auraient jamais dû perdre. Il y a une multitude de femmes et d’hommes qui sont épris de Culture libre et vivante, des créateurs de toutes disciplines, venus d’horizons les plus divers, qui considèrent que l’art est d’abord un outil critique pour interroger le monde et interpeller nos certitudes. » [15]

Mais je pourrais avoir autant d’espoir en lisant les ambitions d’Europe écologie «  L’Ecologie Culturelle plutôt que le centralisme culturel. Par nature, la Culture est symbolique de ce changement fondamental. Au-delà des urgences, elle annonce et témoigne de l’indispensable changement de société. »

Mais ce n’est peut être qu’un espoir dont l’avenir se préfigure mal tant la conviction est répandue chez les acteurs de la politique culturelle publique que la « culture » n’est qu’un « secteur » d’activités avec des « professionnels » faits pour produire (créer)  et vendre (diffuser)  des biens et des services au prix ou en dessous du prix de marché !

Pour revenir à la première partie du texte, cliquez ici.


[1] Second rapport mondial sur la diversité culturelle », sur le site de l’Unesco

[2] Consulter particulièrement la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels

[3] Axel Honneth « la société du mépris » editions La découverte, et « la réification » nrf essais2007.

[4] Voir le second rapport mondial sur la diversité culturelle octobre 2009 sur le site de l’Unesco

[5] Voir le site du Tyne and Wear Museums

[6] Voir le rapport Bouchard /Taylor sur le site http://www.accommodements.qc.ca/

[7] Voir Jacques Rancière : le paradoxe de l’art politique »  in « Le spectateur émancipé » page 72.

[8] Voir le  » second rapport mondial sur la diversité culturelle » page 20, résumé en français sur le site de l’Unesco :  http://portal.unesco.org/culture/fr/ev.php-URL_ID=39891&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[9] Voir Jacques Rancière : » le spectateur émancipé », la Fabrique,  page 22

[10] A titre d’illustration, le principe 3 du protocole éthique énonce  que les projets des acteurs quelles que soient  leurs activités disciplinaires doivent « Favoriser collectivement les formes d’interactions entre les cultures ainsi que la participation des personnes au projet Max Jacob, considérant que « participation » et « interactions » sont sources d’émancipation et conditions du renforcement de la citoyenneté culturelle. »

[11] Le protocole d’accord éthique indique par exemple que les structures s’engagent dans la gouvernance du pôle Max Jacob à organiser  » les débats et confrontations publics sur le sens et les valeurs culturels et artistiques. En cas d’absence de consensus au sein du dispositif de gouvernance un rapport sur les positions des protagonistes est remis à la municipalité de Quimper qui procède aux arbitrages relevant de sa responsabilité publique. »On remarquera  aussi que le dispositif de  gouvernance collective est « considéré comme « instance d’évaluation » du projet  Max Jacob. A ce titre, il établit le protocole d’évaluation partagée, après accord sur la pertinence des enjeux et méthodes avec les structures concernées. Le dispositif veille à respecter les principes évaluatifs proposés par la Société française d’évaluation. »

[12] Voir agenda 21 de la culture

[13] On n’oubliera pas qu’il ya plus de 204 800 associations culturelles en France avec 4,3 millions d’adhérents et une  moyenne de 14 bénévoles par association, sur tous les territoires ; plus de 20 millions de français sont concernés  (un tiers de la population). Voir rapport de la cofac : « Propositions des fédérations et associations  de culture et de communication face à une crise de sens de l’action culturelle publique »

[14] l’UFISC regroupe la fédération des arts de la rue, la fédération des lieux de musiques amplifiées, le syndicat national des arts vivants,  le syndicat du cirque de création, la fédération des scènes de jazz, le centre international pour le théâtre itinérant , le réseau Chaînon, Actes-if,  le syndicat des musiques actuelles, Zone franche …

[15] Appel du secrétariat national du Parti socialiste
à l’occasion de la célébration du 50ème anniversaire du Ministère de la Culture

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L’Unesco doit se réformer

L’Unesco a perdu de son influence et n’a pratiquement pas de perspectives d’avenir, estime l’ambassadeur portugais de l’Unesco Manuel Maria Carrilho. Dans le quotidien Le Monde, il demande des réformes profondes : « Qui, de nos jours, attend encore la parole de l’Unesco ? Face à la crise profonde du monde actuel, une crise inédite, systémique et mondiale, y a-t-il encore quelqu’un … pour s’inspirer de sa vision ? Non. Force est de constater que malgré ses programmes innombrables et assurément méritoires, c’est loin d’être le cas. Cela traduit la trajectoire déclinante de la plus importante institution mondiale pour la culture, l’éducation, la science, la communication et les droits de l’homme … . Aujourd’hui, l’Unesco se trouve à une incontournable croisée de chemins : ou bien elle continue sur le trajet qui l’a de plus en plus enfermée bureaucratiquement sur elle-même et l’a affaiblie dans sa capacité de parler au monde, ou bien, s’inspirant des meilleurs moments de son histoire, elle se revivifie en s’ouvrant aux besoins d’une époque et d’un monde qui ont considérablement changé. »

Source : BpB

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Irina Bokova, le bon compromis

Irina BokovaLa Bulgare Irina Bokova a été élue mardi dernier nouvelle directrice générale de l’Unesco. Le quotidien Sega recherche les raisons du succès de la Bulgare : « L’Unesco doit mettre fin aux mauvaises habitudes de [Koichiro] Masuura [l’ex-directeur général] dont le nom est synonyme de non-transparence et de corruption. Il est vrai que notre candidate est issue d’un pays qui souffre justement de ces points faibles. Toutefois les Bulgares ont plutôt acquis au sein des organisations internationales la réputation de collaborateurs précis, honnêtes et travailleurs. … Il est certain que Bokova ne menace personne. C’est pourquoi elle est une bonne candidate consensuelle quand il s’agit de trouver des solutions aux grandes contradictions. »

Source : BpB

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Elections UNESCO : la victoire !

Irina BokovaC’est fait ! Non sans une grande fébrilité nous attendions le résultat du cinquième tour des élections pour le poste du directeur général de l’Unesco. La victoire de la diplomate Bulgare Irina Bokova par 31 voix contre 27 est une victoire pour l’Unesco elle-même, après tant de semaines d’inquiétudes et de doutes semés par la victoire annoncée de Farouk Hosni. Le soulagement est donc de mise et il est temps de construire le changement car cette victoire est plus large qu’il n’y paraît. Nos prochains post s’attacherons à décrire la nouvelle donne désormais enfin possible.

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Elections UNESCO / 5

UNESCOHier, le quatrième tour de l’élection pour le poste de directeur général de l’Unesco n’a pas permis de dégager une majorité pour déterminer un vainqueur. Au terme de ce nouveau scrutin, Il ne reste plus que Farouk Hosni, le ministre Egyptien dont la candidature fait toujours polémique et inquiète, qui obtient 29 votes ; la diplomate Bulgare Irana Bokova arrive à égalité avec 29 votes et le diplomate Algérien Mohammed Bedjaou est mis hors course puisqu’il n’obtient aucun vote.

Longtemps grand favori, le ministre Egyptien de la Culture a vu ses chances s’amenuiser au fil du processus de désignation entamé jeudi dernier, alors que ce dernier affirmait être en mesure d’obtenir un minimum de 30 votes. La perspective de voir Farouk Hosni à la tête de l’Unesco est dénoncée depuis des semaines mais ne fait toujours pas (ou presque) débat sur le fond ni sur ce que représenterait sa victoire pour l’avenir de la vénérable institution.

Un des enseignements de ce scrutin sous haute tension est qu’il ne se dégagera pas de consensus clair et net, ce qui témoigne de la sclérose ambiante alors que tout le monde s’accorde à dire que la question du changement est essentielle pour l’avenir de l’Unesco. En cas de nouvelle égalité entre les deux candidats à l’issue du 5e tour aujourd’hui, il sera procédé à un tirage au sort pour les départager, précise-t-on à l’Unesco. Cela signifie que les négociations et les tractations vont monter d’un cran et que la transparence de ces élections ne sera plus garantie.

Dans ces conditions, certains pays lèvent le ton pour appeler leurs gouvernements à changer leur vote. Officiellement en France jusqu’à hier, aucune mobilisation ni aucun engagement du moins façade, malgré une préférence chuchotée en coulisses pour le candidat Egyptien, ce qui constitue en soi une nouvelle contradiction entre les valeurs sans cesse martelées dans les leçons données au reste du monde (devenues une fierté nationale quasi irrationnelle) et une forme à peine déguisée de real politic qui laisse à penser que les changements tant attendus dans la gouvernance et la cohésion entre les nations sont toujours au mieux pour le moyen terme. Les subtilités françaises nous échappent, c’est un aveux dur à faire en France mais c’est une perception qui s’est profondément ancrée à l’étranger et pas uniquement dans les milieux intellectuels.

Un espoir semble toutefois naître aujourd’hui puisque, si nous en croyons les propos du New-York Times rapportés par l’excellent blog Save Unesco, 3 pays qui jusqu’ici devaient voter pour Farouk Hosni changent d’avis et font barrage (Italie, Israël et… la France !). Le suspense est insoutenable.

Il est en tout état de cause crucial qu’une majorité forte se dégage au cinquième tour (qui débute à 18h30 ce soir) sinon nous entrerions dans une période où tous les coups et les recours sont permis entre le temps de la conférence générale et celui du bureau exécutif.

L’Unesco et les Nations Unies incarnent toujours l’idéal et l’espoir d’un avenir meilleur pour l’humanité mais que de couleuvres avalées depuis leur création !

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Le Togo se lance

TogoLe Togo se lance enfin dans la structuration de sa politique culturelle. Le pays entend se doter d’un plan national de promotion culturelle destiné à revaloriser et à enrichir le patrimoine national. « Le gouvernement togolais lutte pour que la culture devienne un vecteur essentiel de développement humain durable », assure Oulegoh Kéyéwa, le ministre de la Communication et de la Culture en ouvrant lundi le séminaire de Lomé. Depuis lundi, les acteurs culturels togolais sont en effet réunis à Lomé dans le cadre d’un séminaire financé par l’Unesco. Une réunion destinée à, d’une part, adopter le plan national et, d’autre part, à faire le point sur les différentes initiatives déjà mises en œuvre par les autorités.

L’enjeu de ce séminaire est très important dans la mesure où une politique culturelle définit les règles et les normes sur lesquelles se base de l’action culturelle d’un pays. Elle organise, oriente et coordonne les actions visant directement ou indirectement la préservation du patrimoine culturel, la promotion, la gestion, la diffusion et le financement des secteurs de la culture et des arts ainsi que l’organisation de la coopération culturelle. Elle permet de penser aux infrastructures culturelles et à toutes les actions allant dans le cadre du développement culturel. En son absence, on assiste au pilotage à vue de la culture et au règlement au cas par cas, ce qui est préjudiciable à un secteur aussi important et dont l’apport à l’économie et au développement n’est plus à démontrer. Après l’adoption du texte de politique culturelle par ce séminaire, il restera à l’adopter à l’Assemblée nationale avant la promulgation par le Chef de l’Etat. Autant dire que le chemin est encore loin avant sa traduction en loi de l’Etat togolais.

Les professionnels de la culture qui se félicitent de cette avancée, expriment déjà néanmoins leur doute quant à la traduction des « intentions » contenues dans le texte en actes

Source : portail officiel de la République Togolaise

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Elections UNESCO / 4

UNESCOParmi nos membres les plus actifs sur les questions relatives à l’Unesco et au scrutin à venir, John Daly a récemment relayé une sélection des déclarations de Farouk Hosni, ministre de la culture Egyptien et candidat au poste de directeur général de l’Unesco. La mobilisation des médias en général mais surtout des médias français est toujours aussi faible à propos de cette élection alors que les tractations vont bon train en coulisses. Toujours rien en France depuis la tribune de Bernard-Henri Lévy, Claude Lanzmann et Elie Wiesel. Pourtant, les déclarations de Monsieur Hosni font planer une menace que l’on n’aurait jamais pu imaginer au sein d’une organisation aussi importante que l’Unesco et elles hypothèquent sérieusement le rôle majeur de l’institution dans la gouvernance culturelle mondiale.

En tant que ministre de la Culture, Monsieur Hosni n’a cessé d’aller à l’encontre des principes fondateurs de l’Unesco en s’opposant à tout échange culturel avec Israël et en témoignant constamment et brutalement de son hostilité envers un pays qui est pourtant en paix avec l’Egypte depuis 1979. Dans ces conditions, quelles garanties peut-il apporter à la communauté internationale et à l’ensemble des délégations ? Parmi ces déclarations publiques, en anglais dans le texte pour ne pas les dénaturer, en voici donc une sélection :

  • « Normalization? I know quite a bit about you, you have abilities that I hold in high esteem. I follow and am kept abreast. Believe me, I don’t hate Israel and under no circumstances am I an anti-Semite. But cultural normalization? Not now. » 
Q: Why not?  « We have political ties and economic cooperation. In my view, cultural ties are our weapon to pressure Israel into doing more on the Palestinian issue. » (Interview with Smadar Peri, Yediot Ahronot, June 13, 2008)
  • « We cannot dance with them, sing together or watch a piece of theatre when there are bloody attacks every day against the Palestinian people in the West Bank and Gaza Strip. »(Interview with AFP, May 23, 2008)
  • « I would burn Israeli books myself if I found them in Egyptian libraries. » (May 10, 2008)
  • « They steal everything: musical heritage, cinema and even clothes and this is why they have to be treated with the same level of hate… » (Interview to Al-Wasat, London, June 13, 2001)
  • « My attitude towards normalization is known and so is my ministry’s attitude: we oppose all kinds of normalization… The Ministry of Culture is practically the only official body that has a declared attitude against normalization… » (Interview to Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • « How would a normalization of this kind be possible, with such a culture that hates the other and robs its culture? » (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, June 10, 2001)
  • « The Israeli culture is inhuman. It is an aggressive, racist and arrogant culture, based on robbing other people’s rights and the denial of such rights… » (Interview with Al-Mashahid as-Siyasi, London, June 10, 2001)
  • « Israel never left any eternal heritage for the civilization, in any period of time… » (From his statement in the opening of the Arab specialists gathering for the protection of antiquities in Arab countries (Qatar News Agency, April 25, 2001).
  • « Israel is known in the international arena as a state that steals everything and attributes it to itself… » (Interview with Ruz al-Yousuf, April 21, 2001)
  • « …They (the Zionists) do not want to commit a cultural invasion, they want to rob our culture and heritage… » (Interview with the Lebanese As-Safir, December 7, 2000)
  • « The Israelis do not stop claiming that they built the pyramids, and this is why we need to stand firmly and respond courageously… even if it leads to a crisis because those pirates are committing a robbery… The Israelis want everything… » 
 »…This is the way the Israelis took Palestine… Now they use (this method) regarding the big pyramid. These are continuous projects – people come, steal your history and civilization. This proves that Israel has no history or civilization, since those who have history of their own do not need to rob the history of others … » « …Israel has many political goals… First of all, they steal your civilization and history. Second, they do not have any civilization, i.e. they do not have a country, and do not deserve a country. This is why they create a country by force… » (Interview with Ros al-Yusuf, May 5, 1997, « Israel is Robbing the Pyramids as it Robbed Palestine »)

Comment faire en sorte que la victoire qui lui semble acquise ne soit pas la chronique d’un désastre annoncé ? Quelles sont les enjeux, les alternatives, les mobilisations et les perspectives ? Nous aurons l’occasion de traiter de ces questions mais vous pouvez d’ores et déjà consulter les posts précédents en cliquant ici, ici et ici.

N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions et de vos analyses, mais signalez-nous également toute information susceptible d’éclairer le sujet.

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La chaîne humaine balte de 1989

Chaîne humaine balteLa chaîne humaine balte de 1989 rejoint le registre Mémoire du monde de l’Unesco : le 23 août 1989, près de deux millions d’Estoniens, de Lettons, de Lituaniens se tenant par la main ont formé une impressionnante chaîne humaine de 600 km de long, traversant les trois pays baltes , pour « commémorer » à leur manière le 50ème anniversaire du pacte Molotov-Ribbentrop. Cette chaîne humaine était leur façon d’exprimer la condamnation de ce pacte, et leur immense espoir en l’avenir, l’ espoir de retrouver leur indépendance et leur liberté . Le quotidien Latvijas Avize note avec satisfaction que la chaîne humaine balte est désormais inscrite au registre Mémoire du monde de l’Unesco : « L’Unesco reconnaît ainsi que cet évènement constitue un excellent exemple de résistance pacifique incarnant les idéaux de liberté et d’unité. Mais autrefois, il y a vingt ans, les cercles du pouvoir occidental craignaient que cela ne nuise à Mikhaïl Gorbatchev et à sa pérestroïka. Le mur de Berlin n’était pas encore tombé et il y avait encore beaucoup de préjugés. Pour nous, la reconnaissance de cette chaîne humaine signifie toutefois l’obligation de partager cet héritage d’autrefois avec d’autres. C’est important, notamment cette année où tant d’autres jubilés et anniversaires sont fêtés en Europe. »

Source : BpB

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Elections UNESCO / 3

UNESCO

La bataille pour le poste de directeur général de l’Unesco fait rage. Puisqu’on en parle toujours si peu en France, nous tentons de rendre de compte des évolutions de cette campagne grâce à la vigilance de certains de nos membres. Parmi les dernières informations parues, Jeune Afrique fait un point suite au dernier sommet de l’Union africaine en Libye qui s’est tenu du 1er au 3 juillet. Ce sommet  a été le cadre d’intenses tractations pour l’élection, en octobre, du prochain directeur général de l’Unesco. Présent à Syrte, le sortant, le Japonais Koïchiro Matsuura, a fait discrètement campagne pour l’actuel directeur-adjoint, le Béninois Nouréini Tidjani-Serpos. Pour bon nombre d’observateurs, il s’agissait surtout de faire barrage au ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, en promouvant une autre candidature africaine. Le président égyptien, Hosni Moubarak, a rappelé l’appui de principe que l’Union africaine, la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique ont accordé à Hosni. De son côté, le commissaire européen au Développement, le Belge Louis Michel, n’a pas caché sa préférence pour sa collègue aux Affaires extérieures, Benita Ferrero-Waldner. La candidate autrichienne, elle aussi présente à Syrte, a rencontré les délégations des treize pays africains membres du Conseil exécutif de l’Unesco, qui auront un rôle essentiel dans le choix du prochain directeur général.

Par ailleurs, dans une lettre adressée à Koïchiro Matsuura, le 4 juillet, le président du conseil exécutif de l’organisation, le Béninois Olabiyi Babalola Joseph Yai, a vivement protesté contre la participation de la commissaire européenne à la Conférence mondiale de l’Unesco sur l’enseignement supérieur, le 5 juillet à Paris. « La décision que vous avez prise d’inviter la candidate Mme Ferrero-Waldner est regrettable, injuste envers les autres candidats, contraire à l’éthique et aux traditions de notre organisation », peut-on lire dans ce courrier.

Source : Jeune Afrique.

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Réunions d’experts à l’UNESCO

UNESCOFace aux enjeux du développement durable et de la paix, le nouveau cadre de politiques culturelles que l’UNESCO s’apprête à élaborer se caractérise par une double approche consistant d’une part à développer le secteur culturel proprement dit (c’est-à-dire le patrimoine, la créativité, les industries culturelles, les activités artisanales et le tourisme culturel), notamment en répondant aux besoins en matière de législation, de formation à l’administration culturelle, de médiation et de gestion des ressources culturelles, et d’autre part à faire en sorte que la culture ait la place qui lui revient dans toutes les politiques de développement, en particulier celles qui concernent l’éducation, les sciences, la communication, l’environnement et la cohésion sociale.

Ce cadre a pour but de proposer des concepts novateurs, des méthodes de planification et une infrastructure stratégique flexible afin de donner de nouvelles orientations dans le domaine de l’élaboration et de la programmation des politiques publiques au service du développement durable et de la compréhension mutuelle, fondées sur une prise en compte appropriée des principes de la diversité culturelle et du dialogue interculturel, d’autant plus que ceux-ci sont maintenant inscrits dans un ensemble d’instruments normatifs internationalement reconnus dans le domaine de la culture.

Du 6 au 8 juillet dernier, plusieurs réunions se sont déroulées afin de croiser et valider les études commissionnées par l’UNESCO auprès d’une équipe d’experts internationaux sur les réponses des politiques publiques aux défis de la diversité culturelle et du dialogue interculturel dans le monde.

Les décideurs politiques et les collaborateurs du Secrétariat de l’UNESCO qui se sont activement impliqués sur ces thématiques ont confronté à cette occasion leurs points de vue à cette équipe. Nous aurons l’occasion d’y revenir très prochainement.

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