Cultural Engineering Group

Services & Ressources en ingénierie culturelle

Visitez des musées du monde entier grâce à Google et Street View

Il est désormais possible de visiter virtuellement certains musées grâce à Google Maps et d’obtenir des informations détaillées sur les œuvres d’art.

Les musées représentent une source de culture inépuisable mais encore faut-il pouvoir y aller. En particulier si le musée qui vous intéresse n’est pas dans votre ville ou se situe dans un autre pays. Google a décidé de venir en aide aux amateurs d’art en proposant des visites virtuelles de certains musées.

Pour s’y « rendre », il suffit de taper le nom du musée dans Google Maps et d’utiliser la fonction Street View en positionnant le célèbre petit bonhomme sur la position du musée. Si un entremêlement de ligne bleues apparaît, cela veut dire qu’une visite virtuelle est disponible. Lâchez alors le petit personnage et commencez votre visite.

Vous découvrirez alors l’intérieur du musée avec des indications sur les différentes œuvres. Selon Google, plus de 15 000 œuvres ont été identifiées et classées. Pour réussir ce travail, le géant américain a fait appel aux mêmes technologies d’apprentissage machine que celles utilisées dans Google Photos pour vous permettre de mener des recherches par personnes, lieux, etc.

Le résultat est impressionnant, hélas, ce mode n’est pas disponible pour tous les lieux. Ainsi, nous avons constaté qu’il est présent pour le Musée d’Orsay mais absent du Musée du Louvre.

Google facilite la recherche des œuvres culturelles

Google a également amélioré son système de recherche dans le domaine de l’art en associant les équipes de la division Arts & Culture aux ingénieurs de Google Search. Par exemple, une recherche sur l’artiste Gustav Klimt dans l’appli Google de son smartphone aboutit à un panneau interactif qui donne accès à ses œuvres référencées dans Google Arts & Culture, avec la possibilité d’effectuer un agrandissement pour voir des détails.

Source : blog google

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Google Arts and Culture : vers un nouveau « musée imaginaire » ?

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Cela fait plusieurs années que le « vieux monde » du musée et la « nouvelle galaxie » du digital ne sont plus les frères ennemis qu’ils apparaissent à l’œil superficiel. Les musées ont saisi tout ce que pouvait leur apporter le digital, de la numérisation des collections pour les conservateurs à de nouvelles modalités de médiation et communication. Mais qu’en est-il quand un géant du web s’intéresse aux musées ? Créé en 2011, le Google Cultural Institute vise à offrir aux institutions culturelles du monde entier le mécénat de compétences de Google pour numériser (si ce n’est pas déjà fait), puis présenter leur collection sur la plateforme du Cultural Institute. Lors de l’installation de son « lab » à Paris, en 2013, Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture, avait refusé de se rendre à l’inauguration. Le conflit reste larvé, 63 musées et lieux de patrimoine français étant néanmoins partenaires (sur les 1000 institutions recensées sur la plateforme).

Une nouvelle version de l’application mobile Google Arts and Culture, mettant à disposition 4,7 millions de pièces numérisées et 1500 expositions digitales thématiques est disponible depuis juillet 2016. Une information plus relayée par les blogs spécialisés en tech que par les médias culturels. Sans doute parce que Google est considéré, à tort, comme un facilitateur technologique et pas un acteur pouvant profondément modifier l’expérience muséale.

S’il convient de ne pas surestimer l’impact de cette nouvelle plateforme, notamment parce que Google ne publie pas les chiffres permettant de l’estimer (nombre de visiteurs uniques, pourcentage d’utilisateurs fréquents, temps de connexion moyen …), elle semble marquer la naissance d’un « musée universel en ligne ». A quoi ressemble-t-il ?

Afin de structurer son imposante base de données, Google multiplie les points d’entrées, de la recherche simple (par mot clé ou… couleur) aux mouvements artistiques, en passant par les œuvres mises en avant sur la page d’accueil. L’offre de contenu autour des œuvres, auparavant un des points faibles de Google, a été significativement augmentée, en partenariat avec les musées. Bien entendu, la firme américaine met aussi en avant son expertise technologique, proposant des visites « street views » sur le modèle de Google Maps, et même des déambulations en réalité virtuelle pour les possesseurs du Google Cardboard (des lunettes 3D à bas coût). Par contre, il est impossible de télécharger les images, pour des questions de droits, et le partage sur les réseaux sociaux est malaisé. Là où les sites des musées eux-mêmes, plus libres de leur politique de partage, peuvent, tel le Rijksmuseum, proposer en téléchargement des images de haute définition sous licence creative commons.

Quel bilan donc ? Si le design sobre qui est la marque de fabrique des produits Google met bien en valeur les œuvres, l’expérience de « déambulation » est encore relativement peu fluide. Face à la « guerre de l’attention » qui se livre sur le net, on peut s’interroger sur le temps et la concentration que les internautes sur-sollicités vont dédier à ce musée virtuel. Autre problématique, l’homogénéisation inhérente à tout projet de cette taille : cadre de présentation et langue imposée aux partenaires. On peut également questionner les motivations de Google, insatiable de données : partenaire précieux pour des institutions peu dotées en ressources numériques, ou prédateur cherchant à se donner un vernis culturel ? Le débat est plus idéologique que pratique, mais il est certainement pris en compte par les institutions, qui restent maitresses du discours autour de leur collection. Les propositions les plus intéressantes de Google Arts and Culture sont en effet celles réalisées en partenariat étroit avec les musées, tels le « Museum of the World » du British Museum ou le projet « Bruegel / Unseen Masterpieces ».

Attention cependant à ne pas reprendre la vieille opposition musée/digital : une visite en ligne ne remplacera jamais la présence physique face à l’œuvre, même si le digital peut indubitablement introduire une nouvelle façon d’appréhender les collections. La mission des musées est à la fois de conserver et présenter leur collection, et le digital, en permettant une expérience nouvelle d’un tableau (par le zoom, l’incorporation de médiation vidéo, et des modalités qui restent à inventer) peut être un outil précieux.

Le musée en ligne est par définition hors les murs, ouvert sur le monde et sans limites. Le musée virtuel de demain sera-t-il un gigantesque méta-musée où la mise en commun des collections des institutions et l’analyse des données personnelles créera une infinité de parcours ? Plus besoin de collecter patiemment les informations de différentes sources, l’intégration entre Google et les musées permettrait de taper « Ingres» ou « pommes » pour aboutir à une visite générée par algorithme, associant œuvres, informations, et éléments multimédia. On serait alors face au nouveau « musée imaginaire », où les rapprochements ne seraient plus effectués par critères esthétiques mais par mots-clés structurés. La présentation par écoles du musée traditionnel (l’exemple typique étant la Grande Galerie du Louvre) semble alors bien pauvre. La découverte prend un autre sens, le « hasard » numérique étant à la fois plus grisant par sa négation des distances et des époques, et moins poétique, puisqu’il fonctionne par indexation de termes clairement identifiables – il sera difficile de lancer une recherche avec le mot-clé « ineffable » …

Renée Zachariou*

* Jeune diplômée de Sciences Po/HEC, Renée Zachariou suit de près les innovations dans le secteur muséal. A l’intersection de l’histoire de l’art et du digital, elle est convaincue que les nouvelles technologies aident à (re)penser la culture. Pour contacter Renée Zachariou, cliquez ici.

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Ne pas céder le patrimoine culturel à Google

La numérisation du patrimoine culturel est considérée comme l’un des défis les plus importants de la politique culturelle de ces prochaines années. Cette mission ne doit pas être cédée uniquement au groupe Internet Google, demande Pekka Heikkinen, juriste auprès de la Bibliothèque nationale finlandaise, dans une tribune au quotidien Helsingin Sanomat : « Le fait que l’offre de numérisation de Google ait contraint les employés du secteur du livre à repenser leur comportement et leur collaboration, revêt une importance cruciale. Il convient désormais de développer des modèles pour le futur, pour lesquels Google a déjà une vision, en garantissant en même temps que le patrimoine culturel reste en mains propres. Le financement de la numérisation du patrimoine culturel nécessite la collaboration des secteurs public et privé. Pour empêcher l’enlisement juridique, il faut une disposition au compromis des détenteurs des droits et de leurs opinions, dans les possibilités économiques que la collaboration avec Google apportera au fil du temps ».

Source BpB

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Sommet DOCAM 2010

L’Alliance de recherche DOCAM (Documentation et conservation du patrimoine des arts médiatiques) vous invite au Sommet DOCAM 2010, qui couronne la fin de cinq années de travaux. DOCAM est une alliance internationale de recherche initiée par la fondation Daniel Langlois pour l’art, la science et la technologie. Son objectif principal est le développement de nouvelles méthodologies et d’outils adaptés aux enjeux de la conservation et de la documentation engendrés par les pratiques artistiques reposant sur l’emploi de technologies.

L’événement interdisciplinaire vise à réunir des artistes, des chercheurs, des étudiants et des praticiens de la muséologie (conservateurs, restaurateurs, commissaires, techniciens, etc.), afin de connaître les enjeux et les pistes de réflexion soulevés par des cas de recherche.

À cette occasion, DOCAM lancera son tout nouveau site Web présentant ses principaux résultats de recherche :

  • Un Guide de catalogage de collections nouveaux médias;
  • Un Guide de préservation des oeuvres à contenu technologique;
  • Le Glossaurus de DOCAM;
  • Le Modèle documentaire de DOCAM;
  • Une Ligne du temps des technologies.

Financé par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada (CRSH), dans le cadre de son programme ARUC (Alliances de recherche universités-communautés), DOCAM compte parmi ses partenaires le Musée d’art contemporain de Montréal, le Musée des beaux-arts de Montréal, le Musée des beaux-arts du Canada, le Centre Canadien d’Architecture, le Réseau canadien d’information sur le patrimoine, de même que plusieurs départements universitaires dont ceux de l’UQÀM, de l’Université de Montréal et de McGill. DOCAM tient à remercier Hexagram UQÀM pour sa collaboration pour la tenue de cet événement :

  • 3 mars 2010 : Ateliers professionnels de conservation / restauration et de catalogage (places limitées / inscription requise)
  • 4 et 5 mars 2010 : Conférences ouvertes au public (Agora Hydro-Québec, Coeur des sciences, 175, avenue du Président-Kennedy)
  • 4 mars 2010 (événement de soirée) : Lancement public du nouveau site Web de DOCAM (Chaufferie, Coeur des sciences, 175, avenue du Président-Kennedy)

Programme détaillé du Sommet :
http://www.docam.ca/docam2010/

L’entrée au Sommet est libre. Par contre, nous vous invitons à vous inscrire en partageant votre adresse courriel afin de faire partie de notre liste de diffusion DOCAM : 
http://www.docam.ca/docam2010/fr/contact.php

Pour toute question, écrivez à : 
info@docam.ca

Source : Fondation Daniel Langlois.

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Audioguide Universel

La Fondation d’entreprise Ricard accueille le mardi 19 janvier prochain l’artiste Antoine Poncet et Eric Mangion, Directeur de la Villa Arson à Nice. Antoine Poncet présentera un audioguide qui proposera un parcours entre les œuvres de l’exposition Double Bind, présentée à la Villa Arson à partir de février 2010. Il a été spécialement conçu par l’artiste pour l’exposition comme une installation sonore portative.

Il sera disponible sous trois formes :

  1. Téléchargement en audiocast sur www.villa-arson.org
  2. En ligne sur I-Tunes
  3. Sur des lecteurs mp3 mis à la disposition du public à l’entrée de l’exposition.

L’audioguide est un objet typique des espaces muséaux, et plus généralement des lieux qui se visite, pour accompagner et suppléer aux besoins d’information de l’homo informaticus ou connecticus. Mais que donne à entendre ces informations parlées? 
Un simple commentaire (en langue maternelle de préférence), qui donne les clés pour réussir une visite? on « réussit » une expérience (l’art comme objet de connaissance observable et vérifiable) ? 
Un dogme, une justification de l’intérêt de ce que l’on est en train de voir? 
Ou si l’œuvre d’art est perçu comme outil de transmission, alors une transmission de transmission…

Sa simple présence signifie que l’on se trouve dans un lieux qui se visite, et confère au promeneur un statut de connecté à l’écoute des œuvres, de l’architecture et de l’esprit des lieux. Un circuit est tracé et le visiteur peut se repérer. Dans l’exposition Double Bind seuls resteront des cartels qui signaleront par un pictogramme un lieu d’écoute, mais sans œuvre. Le commentaire devient œuvre, et les rapports du dispositif œuvre-public-institution sont ainsi brouillés. Avec ce projet se renouvelle la question de la place de l’œuvre dans l’espace d’exposition, porté par le visiteur l’audioguide dans ce cas n’explique rien, il n’est pas porteur d’un éclairage et ne donne à entendre des espaces de non-entendements. 
Autre paradoxe, cet audioguide se proclame universel, injonction contradictoire, puisque formulée en français, mais le fait qu’il soit téléchargeable il peut accompagner le visiteur pour d’autres visites ou parcours, ou d’autres circonstances…
Les entrées de cet audioguide sont issues de l’Anthologie des langues contrefactuelles, qui regroupe des textes écrits en langues facultatives, approximatives ? en langues abstraites ? concrètes ? en langues imaginaires ? artificielles ? en langues de convention, ou anti conventionnelles ? en argot, en jargon, en soudardant, en amphigouri, en martien… bref dans des langues qui échappent à la norme, en charabia quoi! Ces exemples sont empruntés à plus de sept cents ans d’histoire de la littérature, puisque les plus anciens textes datent du XIIIème siècle.

L’ anthologie des « Langues contrefactuelles », des langues facultatives, des langues imaginaires, des langues inconnues, équivoques, bref une « Anthologie du Charabia ».

 » Les langues imparfaites en cela que plusieurs, manque la suprême :… « 

Pour Stéphane Mallarmé, les différences et les difficultés de la profusion des langues relève d’une déchéance autant qu’elle la génère, c’est en tout cas le signe d’une perte. D’un état de crise du langage qui prive l’homme d’une langue idéale. Une langue qui pourrait tout dire et dire tout, du réel comme de l’irréel, pour soi-même comme pour les autres. L’idéal serait, comme on l’a beaucoup pratiqué au XIXe, de rechercher une langue originelle, ou d’inventer comme Mallarmé une suprême ‘divagation’, bref d’en finir avec la malédiction de Babel. 
Avec l’anthologie des langues contrefactuelles il s’agit d’aller « au contraire », d’aller recenser les langues bizarres, rares, vulgaires, précieuses, étranges, biscornues, délirantes…. Celles qui font obstacle, ou celles qui doublent l’obstacle, celles qui disent n’importe quoi, n’importe comment, celles qui s’affranchissent des entraves de l’Académie, de l’époque ou du milieu. En définitive, il est question, non d’échapper au soi-disant châtiment de dieu : ne pas comprendre, ni de se faire comprendre, parler une langue impure, inapte, mais de prendre part et pourquoi pas plaisir aux divines punitions de ceux qui babélisent.

Depuis avril 2003 Antoine Poncet travaille à une anthologie du charabia. 
Faire une anthologie du charabia c’est pratiquer des textes incompréhensibles, s’essayer à les lire à haute voie, se découvrir de ce que l’on ne comprends pas, cela revient à pratiquer une heuristique du bizarre de son propre charabia. Puis c’est trier, classer, non pas pour écrire entre les lignes mais pour relier ces textes, empruntés à plusieurs siècles de littérature, peut-être pour en proposer une sorte de reliure sonore. Aussi cette anthologie ne sera pas un livre, elle est un projet sonore, ainsi elle a donné lieu a des émissions de radio, à des conférences, à des atelier de lecture, et aujourd’hui à un audioguide.

Liste des entrées de l’audioguide :

  1. Mode d’emploi.
  2. Galimatias méditation du silence Prologue en faveur du silence (1620). Bruscambille.
  3. Fatras des intentions. Fatras d’Arras, (vers 1250) Anonyme
  4. Langues « premières ». Toto vaca,  1920 Tristan Tzara, 
La Jerouka,  (Impressions d’Afrique) 1911 Raymond Roussel
  5. Martien Des Indes à la planète Mars, étude sur un cas de somnambulisme avec glossolalie,  1900, Théodore Flournoy.
  6. Métapoèsie Seng sitog mïr ê sinoer seng sibag tûr, Extrait du discours absolu, Altagor 1948
  7. Injures J’interroge et j’invective, François Dufrêne ; 1949
  8. Étymologie. La Grande Nouvelle Véritable création de l’homme, résurrection des morts, tous les mystères expliqués. Jean-Pierre Brisset . 1900
  9. Langue verte Le pathétique surgelée, ,Asger Jörn et Noël Arnaud. 1964
  10. Cut-up Le ticket qui explosa,  William S. Burroughs 1969
  11. Soudardant Sonnet en authentique langage soudardant, Marc Lasphrise de Papillon (1555-1599)
  12. Langue des oiseaux Remarque sur la Philomèle, Charles Nodier 1832
  13. Faux Langaiges
Pantagruel, extrait du chapitre IX. Alcofribas Nasier (François Rabelais) 1532

Antoine Poncet est né en 1964.
Il vit et travaille à Paris.
Il a récemment exposé dans Félicien Marboeuf (1852-1924), proposée par Jean-Yves Jouannais et présentée à la Fondation d’entreprise Ricard du 2 juin au 11 juillet 2009.

Source : Fondation d’entreprise Ricard

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Atopic Festival

Atopic Festival

Du 27 octobre au 4 novembre se tiendra à la Cité des sciences et de l’industrie « Atopic Festival », un festival gratuit à la croisée des arts, des sciences et des technologies qui propose à travers des projections, des expositions, des ateliers et des conférences, de donner un coup de projecteur sur les synergies annonçant une nouvelle ère de la communication homme-machine.

Organisée par l’association Human Atopic Space, association qui se consacre à la production et la diffusion d’œuvres virtuelles, la manifestation participe à travers sa programmation à la sensibilisation au patrimoine numérique :

  • projections de Machinima, films réalisés dans les mondes virtuels,
  • exposition Retrogaming, consoles de jeux vidéo,
  • le Demo Art, animations en temps réel produites par du code informatique,
  • carte Blanche à un artiste : Laura Mannelli, « Mélusine » installation interactive,
  • ateliers : voyages initiatiques dans les mondes virtuels, approche du Machinima et du code,
  • conférences et table ronde sur le Demo Art, l’Histoire du jeu vidéo, le Machinima.

Accueilli par une équipe de médiateurs spécialisés, le public deviendra métanaute et pourra parcourir ces territoires en vagabond des réseaux, comme Margherita Balzerani la directrice artistique du festival aime à le rappeler.

Mention spéciale au sein de cette programmation pour la date du 2 novembre qui sera consacrée à la fête du film Machinima. Le festival se déroulera à la Géode et a pour vocation de faire découvrir au grand public cette nouvelle forme d’expression et d’écriture en quête de reconnaissance, entre expérience vidéo-ludique et nouveau genre cinématographique.

Dans son essence, un machinima est un film réalisé en filmant à l’intérieur du monde virtuel d’un jeu vidéo. Le mot « machinima » est la combinaison des mots « machine » (pour l’ordinateur), « animation » et « cinéma ». Comme la photographie, le machinima désigne à la fois une oeuvre et une technique. Aujourd’hui, avec plusieurs milliers de machinima créés à partir des jeux vidéo les plus populaires (Halo, Sims, World of Warcraft…), il est le premier genre cinématographique issu des mondes virtuels. Avec le temps, le machinima s’est ouvert à de nombreux genres et registres, et se révèle aujourd’hui comme un moyen d’expression accessible et simple.

Les films s’inscrivent dans 4 catégories :

  • Machinima créatif : cette sélection met l’accent sur l’originalité esthétique.
  • Machinima narratif : cette programmation propose des machinima pour lesquels l’écriture scénaristique fait la force du film.
  • Machinima français : programmation réalisée par Xavier Lardy sur le principe « un réalisateur, un machinima ».
  • Machinima alternatif : programmation réalisée par Margherita Balzerani sur un état des lieux du processus de réappropriation de l’esthétique du jeu vidéo, et du processus du machinima,  par des artistes contemporains.

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BnF : avantage à Google ?

bibliothèque nationale de FranceLe mardi 18 août 2009 pourrait bien marquer un tournant dans la politique patrimoniale française : le quotidien La Tribune affirme en effet que la BnF envisage de s’allier à Google pour la numérisation de son fonds. « Nos négociations avec Google pourraient aboutir d’ici à quelques mois » a déclaré Denis Bruckmann, directeur général adjoint et directeur des collections de la BnF.

Longtemps opposée aux ambitions de Google pour la numérisation de son fonds d’ouvrages, la BnF était montée au front via son président Jean-Noël Jeanneney en 2005. La BnF avait commencé son propre travail de numérisation (livres consultables sur Gallica) et lancement de la Bibliothèque Numérique Européenne (dont elle est la locomotive) semblait suffisant pour apporter une alternative crédible à Google, sur le plan du financement, sur le plan technique et sur le plan juridique, s’efforçant de préserver l’ensemble de la chaine du livre.

Mais la dure réalité économique de la construction de la BNE, projet porté à bout de bras par l’emblématique président de la BnF ayant quitté ses fonctions en avril 2007, vient nous rappeler la grande vulnérabilité du consensus entre les pays européens qui y ont adhéré, au regard des priorités de leurs finances publiques en matière de culture.

En France, la numérisation du patrimoine est pourtant depuis plus de trois ans une des priorités inscrites dans la feuille de route des locataires de la rue de Valois. La Commission européenne soutient de son côté fortement la numérisation depuis 2004, et de façon plurisectorielle, mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’a pas encore réussi à faire d’Europeana une alternative à Google Books, en tout cas au-delà du principe parfaitement fondé et légitime de sa création.

La BnF serait donc sur le point de suivre les traces de la Bibliothèque de Lyon, des 29 bibliothèques parmi les plus grandes du monde et des près de 25 000 éditeurs qui font appel à Google depuis 2004. Cette décision a été « motivée par le coût extrêmement élevé de la numérisation des livres ». La Tribune précise que selon les types de format et la qualité de la numérisation, il faut compter entre 12 et 74 centimes par page et le directeur général adjoint de la BnF complète en prenant l’exemple de la seule numérisation des ouvrages de la IIIe République française qui coûterait entre 50 et 80 millions d’euros alors que la BnF dispose d’un budget annuel de numérisation d’environ 5 millions d’euros.

Le coût de la numérisation est un des arguments économiques qui risque de faire voler en éclats tous les beaux discours de politique culturelle et les odes à la diversité culturelle qui ont été faits au lancement d’Europeana, car si nous avons toujours peiné à nous coordonner politiquement, techniquement, financièrement et légalement, Google avance lui avec un modèle économique à la mécanique parfaitement huilée et qui n’a pas son pareil, toujours plus novateur et globalisant, toujours plus en phase avec les besoins de la très grande masse des utilisateurs à l’échelle planétaire. Il est bien trop tard pour continuer à diaboliser Google ou d’autres.

Tant que les crédits à la numérisation sont aussi faibles par rapport aux besoins, nous ne pourront jamais assumer complètement la conception française de la diversité culturelle via le patrimoine numérique comme viable dans la politique culturelle européenne et c’est cette absence de lucidité qui nous différencie fortement des autres pays, du moins en apparence.

Nous ne semblons pas vouloir renoncer aux ambitions légitimes que ce secteur mérite mais nous buttons systématiquement sur les solutions, alors que celles-ci existent tant que le plan du droit français que tu droit communautaire.

Au regard des différentes formes contractuelles possibles pour numériser, il est évident que l’utilisation de ses technologies ne peut se faire sans une forme d’intéressement pour l’entreprise ou l’établissement (privé ou public d’ailleurs) qui numérise, puisque la contribution financière publique est moins importante que le besoin. Il y a un investissement et un risque à prendre en compte par celui qui numérise, risque qui finit toujours par être répercuté ne l’oublions pas. Ce deuil d’une certaine tradition de l’Etat culturel fait, il serait intéressant de se pencher sur les possibilités de qualifier le service rendu de service public (et d’intérêt général pour l’échelon européen). Ceci aurait l’avantage de ne plus avoir à se situer dans des débats sans fin et de nous mettre en capacité de contractualiser sans vider de sa substance le service rendu à la collectivité.

Ainsi, Google ou tout autre opérateur pourrait se voir confier la mission de numériser (et non accessoirement de valoriser), y apporter des investissements, y trouver une contrepartie, contribuer techniquement et financièrement à la mission de service public dans la durée et dans un cadre de contraintes et d’obligations réciproques qui apportent des garanties de part et d’autre.

Ayant parfaitement compris qu’elle n’aurait pas de soutien public financier supplémentaire, la BnF ne commet aucun anathème en changeant de la sorte sa stratégie, si elle trouve la bonne solution contractuelle lui permettant de numériser son fonds, solution où le service public n’est pas vidé de sa substance. Nous possédons tout l’attirail juridique et les compétences techniques pour renforcer la mission de service public, nous avons trop tendance à l’oublier.

Dans ces conditions, l’objet du problème devient très différent : quelles garanties et quelles capacités le service public culturel peut-il fournir ? Il est en effet vital qu’il ne s’agisse pas d’une pure et simple externalisation de prestation de service.

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Priorité à la numérisation

Le quotidien Berlingske Tidende considère des pays comme la France, l’Allemagne, les Etats-Unis et la Norvège comme des exemples pour leurs efforts actifs et couronnés de succès en matière de numérisation du patrimoine culturel. Au Danemark en revanche, on se consacre à cette tâche de manière bien trop sélective et sporadique. « Aucun politique ne doit dilapider les recettes fiscales ; à la lumière de l’histoire, on doit cependant admettre qu’il est positif que des postes ayant du pouvoir de décision aient eu de temps à autres le courage de faire sauter les cadres existants. Nous aurions dû sinon renoncer à quelques édifices. La volonté de penser de manière visionnaire ne devrait cependant pas se limiter à des projets solides comme une nouvelle salle de concert, mais devrait également s’appliquer à des projets non matériels, comme la numérisation du patrimoine culturel. Elle est certes chère, mais c’est probablement la question de politique culturelle la plus urgente actuellement. Les partis du Folketing [Parlement danois] devraient donc … s’entendre sur des investissements de grande envergure dans la numérisation de la culture. »

Source : Bpbp

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