Cultural Engineering Group

Services & Ressources en ingénierie culturelle

Prendre enfin en compte l’hétérogénéité culturelle et l’historicité des territoires dans la définition des politiques publiques

ICC

Les séminaires de l’Institut de Coopération pour la Culture sont l’occasion d’explorer, de décrypter et d’analyser des projets. Avec les études de cas, nous pouvons nous appuyer sur des expériences concrètes pour alimenter nos réflexions sur une question centrale : quelle action publique en faveur d’une culture humaniste ? Nous explorons un projet offrant la possibilité d’aborder un ensemble de facettes : artistique, culturelle, territoriale (y compris européenne), sociale, éducative, économique… Les thèmes centraux de l’Institut de Coopération pour la Culture s’articulent en 2014 et 2015 autour de la diversité culturelle, des singularités et du bien commun, des nouvelles modalités d’organisation et de gouvernance.

En introduction, une présentation synthétique de l’expérience du Carreau, Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan, apporte les principaux points de repère à partir desquels nous avons construit ce temps d’exploration.

Par la suite, Christophe BLANDIN-ESTOURNET, Thierry BLOUET, Philippe HENRY, Jean Claude POMPOUGNAC, Pascale de ROZARIO et Didier SALZGEBER nous livrent sur des registres différents leurs analyses. La richesse de ces contributions démontre qu’il est possible, malgré les contraintes d’agenda, de créer un espace collectif de réflexion et de mise en sens des expériences.

Enfin, le texte des membres de l’Institut mentionné en fin de document, ouvre sur une problématisation et sur les propositions utiles plus globalement à la gouvernance des équipements culturels et artistiques.

Parce qu’elle interroge une même expérience – ici, celle du Carreau – cette publication #6 engendre, à partir de sept contributions, de nouveaux éléments de la réalité de la Scène nationale et pourrait devenir un nouvel objet à étudier.

Pour lire l’intégralité de la sixième contribution de l’Institut, cliquez ici.

 

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Evaluation of Cultural Policies and EU-Funded Programmes as Promoters of Cultural Diversity and Intercultural Dialogue in the Balkans/Southeast Europe

The two-year project entitled Evaluation of Cultural Policies and EU-Funded Programmes as Promoters of Cultural Diversity and Intercultural Dialogue in the Balkans/Southeast Europe (SEE) aimed to evaluate the impact of national and local cultural policies and EU funded programmes in the countries of the Western Balkans in promoting cultural diversity and intercultural dialogue as a part of the EU integration process. The project is implemented in partnership with Österreichische kulturdokumentation, Internationales archiv für kulturanalysen, Vienna, Austria and Udruženje građana Akcija, Sarajevo, Bosnia and Herzegovina.

One can say that some of the Balkan countries have started to recognise that cultural diversity has become a starting point for the development and organisation of cultural relations, influencing and even defining the social positions of different groups and individuals. Intercultural dialogue, on the other hand, acknowledges the communication and the general interaction between different cultures as well as all types of exchanges taking place between them. The different interpretations or intonations do not prevent the basic comprehension of the term ‘interculturalism’ as a set of developed concepts and policies concerning the understanding and managing of cultural diversities. It is therefore necessary to analyse and discuss the dynamic change of cultural identities, not only globally but also in the context of cultural variety and cultural diversities which need to be managed in an overall democratic and modernising context.

The evaluation report tries to evaluate the cultural policies and EU-funded programmes in the countries of the Western Balkans which promote cultural diversity and intercultural dialogue as part of the EU integration process, as well as to give some positive examples from the EU in this regard. In this respect, the goal of the Evaluation Report is to enhance the regional impact of cultural policies and programs on promoting cultural diversity and intercultural dialogue in five countries of the Balkans/SEE (Bosnia and Herzegovina, Croatia, Macedonia, Montenegro and Serbia) and to present EU practices. The results of this research could serve as a resource of practical knowledge and experiences within the cultural sector in the process of re-thinking cultural policies and developing and enhancing the internal capacities of the cultural sector in the field of cultural diversity and intercultural dialogue in the Balkan/SEE countries.

The intention of the project partners was to produce an evaluation report which ultimately would produce recommendations for a more coordinated and EU-oriented policy making approach in the field of culture in the region as well as some recommendations for EU policy makers in the field of culture. The project can be seen as both a process and an output. Definitely, one of the products that came out of this particular project is the final report. The project`s web knowledge portal entitled kulturlogue.org/ explores the possibilities and capacities through which the impact of cultural policies on promoting cultural diversity and intercultural dialogue can be enhanced via a more systematic and comprehensive analysis and sharing of the existing data on cultural policies and programmes. The provided knowledge includes texts, analyses and evaluations on the impact of cultural policies and programmes on diversity and dialogue.

The project is financially supported by the EU Community Programme Culture 2007-2013, the Ministry of Culture of Macedonia, Open Society Foundation – Macedonia, and the Swiss Cultural Program for Western Balkan.

All inquiries should be sent to Lea Linin at lea@multimedia.org.mk

More information can be obtained from Violeta Simjanovska, Executive manager, PAC MULTIMEDIA, DTC MAVROVKA, lamela C 1/1, 1000 Skopje, Macedonia; tel./fax: + 389 23 111 570; www.multimedia.org.mk, kulturlogue.org/

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Agir politiquement en faveur d’une culture humaniste à partir d’un principe de réalité

Pour une réelle prise en compte de la pluralité et de l’interaction culturelles

Lors de son 6ème séminaire, l’Institut de Coopération pour la Culture a souhaité approfondir les notions d’interculturalité et de multiculturalité largement utilisées aujourd’hui dans le secteur culturel. S’il existe une importante bibliographie dans plusieurs champs théoriques, les textes de présentation et d’analyse d’expériences concrètes sont plutôt rares. En effet, il nous a été particulièrement difficile de trouver des présentations d’expériences qui soient suffisamment précises pour envisager un travail d’exploration. Finalement, l’expérience de la médiathèque André-Malraux de Strasbourg a servi de point de départ à nos réflexions. Nous nous sommes appuyés sur deux textes : le premier paru dans la revue Culture et Recherche intitulé « À Strasbourg, des médiathèques tournées vers les interculturalités », et le second paru dans le Bulletin des Bibliothèques de France portant sur « Le développement de la lecture publique dans la communauté urbaine de Strasbourg ». Nous sommes certains que de très nombreux projets se développent sur les territoires. Cependant peu d’entres eux se sont engagés dans une phase approfondie d’analyse et de publication.

Nous sommes partis de l’hypothèse que ce type de lieu ancre nécessairement son action, tout au moins en partie, dans l’interculturalité. Les données concernant plus particulièrement la médiathèque André-Malraux de Strasbourg nous ont offert cette opportunité. La présentation de cet équipement, annonçant justement une polarité sur les interculturalités, a permis de repérer plusieurs lignes directrices du projet et d’alimenter nos propres réflexions : que faut-il entendre par la notion au singulier d’interculturalité, ou plutôt à celle au pluriel d’interculturalités ? En quoi cette approche permet-elle de positionner autrement les établissements culturels et artistiques ? Comment comprendre ce qui relève de l’interculturalité et de la multiculturalité ? Quels liens peut-on établir avec les problématiques relatives à la diversité culturelle ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de cette expérience et quels principes génériques pourrions-nous dégager pour que l’interculturalité devienne, comme l’indique Madame la Ministre de la Culture dans un article paru récemment, le fondement d’un nouveau pas de citoyenneté, un nouveau pacte culturel (Filippetti, 2013?

Pour télécharger la contribution de l’Institut, cliquez ici.

Pour consulter toutes les contributions de l’Institut, cliquez ici ou ici.

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La culture rapproche Wallons et Flamands

Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a approuvé, mardi à Namur, un accord de coopération culturelle avec la Flandre. Un accord historique entre les deux régions belges divisées, commente le quotidien libéral Le Soir : « Dans ce pays compliqué, et dans le contexte qu’on sait, c’est un pas fondamental et peu banal qui a été franchi. … Le côté historique tient à sa caractéristique peu banale dans un pays où il est souvent question de séparer plus que de réunir, mais il est dû aussi au fait qu’il a été négocié par d’autres, sans jamais aboutir. Les deux ministres ont … écouté un secteur où, quel que soit l’art concerné, les artistes n’ont pas attendu que le politique coopère pour travailler ensemble, échanger acteurs, salles, pièces, œuvres et pour démontrer avec panache que, de ces coopérations et échanges, naissaient des productions internationalement remarquées et qui tissent désormais une véritable légende des artistes belges, flamands ou francophones, à l’étranger. »

Source : BpB 

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Pour repenser les enjeux culturels publics

Jjean-michel_lucas_opinionean-Michel Lucas s’est livré à un exercice de synthèse de l’ossature de l’argumentaire qu’il défend pour repenser les enjeux des politiques culturelles publiques, loin des approches actuelles repliées sur les enjeux particuliers du secteur comme des territoires.

Il en rappelle ici les balises universelles de la responsabilité culturelle publique dans une société soucieuse du développement des droits  humains.

 

A – Une éthique culturelle à quatre balises

Pour repenser les enjeux culturels publics, l’argumentaire développé ici repose sur le lien indissociable entre « culture » et « humanité ».

1 – Son point de départ est la Déclaration Universelle des droits de l’homme de 1948 pour laquelle l’idée même d’humanité impose que les êtres humains soient libres et égaux, en dignité et en droits, dotés de raison et faisant preuve de solidarité. Cette éthique publique universelle est la première balise indépassable : elle considère que pour faire humanité ensemble les personnes doivent être reconnues dans leurs droits fondamentaux à la liberté, à la dignité.

2 – La deuxième balise éthique s’en déduit : chaque être humain porte ses convictions, ses valeurs, ses croyances, sa manière de saisir le monde à travers son identité culturelle singulière. Nul ne peut lui dénier sa « culture » sans porter atteinte à sa liberté et à sa dignité, sans l’exclure de l’horizon commun de l’humanité. Chaque personne étant libre, elle échafaude son identité culturelle à sa façon, laquelle évolue au gré des relations avec les autres. Cela signifie que la personne n’est pas astreinte à une identité figée une fois pour toutes [1].

3 – La troisième balise impose que s’organise le maximum d’interactions entre toutes ces identités culturelles.

La légitimité accordée aux identités culturelles ne vaut que si les relations entre les personnes conduisent à la reconnaissance réciproque des unes par les autres. C’est la condition du vivre ensemble qui nécessite que la personne ajuste sa liberté et sa dignité culturelles à la liberté et la dignité culturelles des autres personnes. C’est en ce sens que la politique culturelle publique doit inévitablement considérer que « faire culture », c’est faire humanité ensemble, selon la définition de la culture de la Déclaration de Fribourg sur les droits culturels [2] : la première responsabilité culturelle publique est de favoriser ces interactions réciproques entre les identités culturelles des personnes pour progresser vers une meilleure humanité [3]. Les politiques culturelles de l’Etat comme des collectivités devraient donc résister à leur enfermement dans une approche sectorielle des offres et des besoins de produits fabriqués par les professionnels des disciplines artistiques !

4 – La quatrième balise est celle de l’accès à plus d’autonomie. Certes, chaque identité culturelle singulière puise dans les références des groupes qui ont vu naître et grandir la personne ; mais l’espace public, par les interactions de reconnaissance qu’il suscite entre les identités culturelles, doit permettre à chacun de devenir un peu plus autonome dans ses choix culturels. L’enjeu public universel est de préserver « l’attachement » des personnes à leurs cultures d’origine pour mieux favoriser leurs « arrachements » nécessaires pour qu’elle s’affirment comme des personnes singulières [4]. La finalité est l’émancipation de la personne en humanité, au delà de son épanouissement individuel. Cet argumentaire conduit à affirmer que la politique publique doit renoncer à penser en terme d’identités culturelles collectives (identité du territoire, du groupe ethnique, de la religion..) comme si la personne était condamnée à subir le référentiel culturel des collectifs qui l’ont vu naître. Au mieux, on parlera « d’identifications » multiples de la personne aux collectifs qui nourrissent son identité, en veillant que soit respectée la balise de la liberté.

B – Ces balises de l’éthique publique de la culture étant posées, quelle est leur portée dans la pratique politique ?

1- Aucune réalité pratique ne pouvant être conforme aux principes, il y a TOUJOURS à discuter. Toujours à débattre sur ce qui est « bien » pour une identité culturelle et « mauvais » pour l’autre ! Les quatre balises doivent être considérées comme des points d’appui partagés (universels) pour guider les discussions publiques vers une décision qui permettra de faire un peu mieux humanité ensemble. Il s’agit d’organiser la « palabre » en confrontant les identités culturelles des personnes. La palabre est impérative pour accéder aux nécessaires interactions réciproques, bien au delà des formules simplistes de la participation citoyenne au bien commun. Les 4 balises sont les points de repère qui permettent d’apprécier si les compromis partiels issus de la discussion collective permettent le développement des droits humains. En ce sens un bon compromis devra être porteur de plus de droits humains conduisant les personnes à accéder à plus de liberté, plus de dignité, plus de relations de reconnaissance réciproque avec les autres, plus de capacités à agir et réagir pour plus d’humanité ensemble. Cette vision de l’humanité (approche ABDH [5]) a des conséquences immédiates sur la conception du développement de la planète. Elle met la personne et ses libertés au premier rang pour bâtir l’avenir et ne se contente pas de penser le développement en terme de réponses à de simples besoins. Comme le dit SEN : « si l’importance des vies humaines tient aussi à la liberté dont nous jouissons, l’idée de développement durable est à reformuler en conséquence » [6]. En ce sens, le respect des 4 balises impose de concevoir le développement durable comme un développement humain durable. [7]

C’est une quête éthique à ré-affirmer chaque jour et partout, puisque l’idéal des Droits Humains restera toujours un horizon à conquérir. D’où l’importance stratégique de la politique culturelle en démocratie.

2 – La palabre doit être correctement organisée. Elle doit être acceptée comme forme de négociation fondée sur la discussion « libre, ouverte et documentée » [8] sur la base d’arguments aussi rationalisés que possible. Chacun doit pouvoir disposer des outils permettant l’expression de ses « bonnes raisons » d’affirmer sa liberté, sa dignité et ses intérêts ! La polémique entre les identités et les différentes formes d’expression des conflits doit laisser place à la discussion démocratique et raisonnée entre les personnes (seules ou en groupes). Loin d’être une perte de temps pour l’action, cette démocratie, comme gouvernement par la discussion, est la condition d’une meilleure reconnaissance réciproque des identités culturelles, donc, du Mieux Vivre ensemble dans une société aspirant à devenir plus juste. Même s’il restera toujours de situations de conflits qui devront se résoudre autrement.

3 – Dans cette approche, les personnes sont alors « parties prenantes » des multiples délibérations de compromis qui forgent les règles de vie, formelles et informelles, de nos quotidiens. La société civile – notamment la vie associative – devient essentielle pour élaborer ensemble les standards du Vivre ensemble entre les identités culturelles des personnes – du pas de sa porte à son quartier, de sa ville à l’Europe ou au monde. Le plus d’humanité n’est pas seulement une affaire d’Etat car aucune personne n’est dispensée d’être un acteur du Vivre ensemble comme enjeu du développement des droits humains de chacun.

4 – Dans cette dynamique collective de relations entre les personnes, seules ou en groupes, la politique culturelle devra se préoccuper au premier chef des processus qui conduisent les uns et les autres à accéder à plus de reconnaissance de leur identité culturelle. Sa responsabilité sera de favoriser les trois formes concrètes de la reconnaissance : les gains de confiance en soi, liés aux relations d’empathie entre les personnes; les gains de respect de soi, liés au renforcement de droits à égalité de tous les autres ; les gains d’estime de soi, liés à la valeur particulière que les autres accordent aux activités de la personne.

5 – Une politique publique qui ignorerait les trois volets de la reconnaissance de la personne ouvrirait la voie à la société du mépris avec son cortège de « luttes pour la reconnaissance » par lesquelles les personnes s’affirment dans leurs identités culturelles à travers leur puissance d’agir ensemble. Cette dynamique des luttes pour la reconnaissance impose souvent des terrains de négociations inédits que la politique publique soucieuse du développement des droits humains doit savoir prendre en compte pour accéder à des compromis partiels, …. jusqu’aux prochaines tensions de reconnaissance.

 6 – Cette approche des enjeux culturels pour l’humanité accorde un rôle fondamental aux professionnels des arts.

a ) D’abord en application de la balise universelle de la liberté.

Les balises de la bonne humanité évoquée plus haut fixent les règles de réciprocité auxquelles chacun doit se conformer pour vivre ensemble. Mais par définition, ce compromis est inhumain car il fige l’expression de la liberté : s’il fallait que ces règles d’humanité demeurent inchangées, l’humanité ne le serait plus car elle poserait des interdits définitifs à l’expression des imaginaires. Or, la balise de la liberté d’appréhender le monde est universelle alors que les règles de la vie collective sont relatives aux circonstances.

Ainsi, la liberté d’expression artistique est là pour déplacer les bornes des compromis que la société humaine se donne à chaque moment, sur chaque territoire. C’est une responsabilité politique fondatrice des droits humains que de la garantir sous peine de sclérose de l’humanité.

b) En second lieu, l’enjeu de l’action collective est le développement des capabilités pour progresser vers une société plus juste où chaque personne peut, librement, mieux choisir « ce qu’elle a de bonnes raisons de valoriser ». (SEN) Si la personne se réfère toujours aux mêmes ressources culturelles, ses choix seront figés et réduits à la reproduction de l’identité culturelle stéréotypé des groupes auxquels elle se rattache. Pour faire toujours un peu mieux humanité ensemble, il est d’enjeu universel que les personnes puissent accéder à d’autres références, multiplier les interactions pour ouvrir de nouveaux parcours aux imaginaires et favoriser une plus grande puissance d’agir pour une meilleure reconnaissance. Pour pouvoir emprunter ces parcours d’émancipation, l’espace public (marchand ou non marchand) doit offrir aux personnes des opportunités de reconnaître le meilleur des disciplines artistiques. Il ne faut pourtant pas se tromper : si les professionnels du secteur artistique sont indispensables, seule la personne est légitime à débattre de ce qui accroît sa liberté et sa dignité de personne humaine SINGULIERE, sous peine de voir la politique culturelle « réifier » la personne en objet de marketing, en « public fidèle », en « habitant » ou « population éloignée de la culture.

c) Enfin, les responsables culturels publics devraient nécessairement s’assurer que les échanges marchands de produits culturels sont bien conformes aux enjeux de développement des droits humains des personnes. Ils ne devraient pas se contenter d’agir pour le développement des fréquentations des publics et des chiffres d’affaires des industries du secteur. En conséquence, ils devraient privilégier les organisations culturelles de l’économie solidaire qui garantissent le respect des quatre balises dans leurs relations aux personnes, en interne et en externe. Le développement des droits humains ne peut se contenter de la rentabilité marchande, même lorsqu’elle est répartie de manière plus juste.

Ainsi, l’enjeu culturel public ne relève pas d’une « exception » à la vie normale des êtres humains : il consiste à se mettre au service d’une humanité qui trouve plus juste que les personnes disposent de plus de libertés, de plus de dignité, de plus de capabilités, de plus de responsabilités pour faire un peu mieux « humanité ensemble ».

Jean-Michel LUCAS / Doc Kasimir Bisou* le 15/10/2013

Président de Trempolino, docteur d’Etat ès sciences économiques et maître de conférences à l’université Rennes 2 Haute-Bretagne dont il fut le vice-président de 1982 à 1986, Jean-Michel Lucas fut également conseiller technique au cabinet du ministre de la Culture Jack Lang de 1990 à 1992, où il y impulsa notamment le programme « Cafés Musiques ». Nommé Directeur régional des affaires culturelles d’Aquitaine en 1992, il mit en place une politique culturelle d’État en étroit partenariat avec les collectivités locales, et avec comme préoccupation de valoriser la place de la culture dans les politiques de la ville et des territoires ruraux. Ce « militant de l’action culturelle », connu sous le pseudonyme de Doc Kasimir Bisou, a participé à plusieurs projets sur le devenir des politiques culturelles et sur les légitimités dans lesquelles elles s’inscrivent. En Bretagne comme en Aquitaine, il fut par ailleurs à l’origine de nombreuses réalisations concernant les musiques amplifiées (RAMA, festival d’Uzeste, Rencontres Trans Musicales de Rennes…).

 

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Notes

[1] On doit considérer que les identités des personnes sont « variées, plurielles et dynamiques », comme le dit la Déclaration universelle sur la diversité culturelle de 2001.

Voir site Unesco :

http://portal.unesco.org/fr/ev.php- URL_ID=13179&URL_DO=DO_TOPIC&URL_SECTION=201.html

[2] Voir la déclaration sur le site http://www.unifr.ch/iiedh/fr/publications/declaration

[3] Ce qui est étonnant c’est que le législateur français continue en 2013 à réduire la culture à des offres de produits sur les territoires (voir par exemple la commission des affaires culturelles sur la loi de décentralisation :

http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r1207.asp)

[4] Voir le précieux enseignement d’Alain Renaut dans « l’Humanisme de la diversité » éditions Flammarion.

[5] Voir l’Approche Basée sur les Droits de l’Homme en développement, http://unifribourg.ch/iiedh/assets/files/DS/DS19- ABDH-3.pdf

[6] Amartya SEN « L’idée de justice » Flammarion, page 306.

[7] Pour une démonstration détaillé voir JM Lucas et Doc Kasimir Bisou « Culture et développement durable » éditions IRma 2012

[8] Selon l’expression d’Amartya Sen dans « L’idée de justice » , (disponible en collection poche Champs).

Du même auteur sur cultural-engineering.com :

Vous pouvez retrouver toutes ses contributions en cliquant ici et n’hésitez pas à réagir et à contribuer au débat !

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« Pour une solidarité universelle », contribution de Joseph Malia, candidat à l’élection au poste de directeur général de l’Unesco

Plus que jamais, l’UNESCO doit incarner, dans notre monde, la solidarité humaine que lui ont assignée, comme objectif, ses pères fondateurs dans la Charte constitutive. Les dimensions intellectuelles et morales de cette solidarité donnent à l’UNESCO une vocation unique dans le système des Nations unies. Développer cet esprit de solidarité par la coopération intellectuelle entre les nations est l’une des tâches essentielles de l’UNESCO qui doit servir la paix internationale et la sécurité. L’idéal de mutuelle assistance qui élève la diffusion de la culture et de l‘éducation de tous au rang de devoirs sacrés pour toutes les nations doit être au cœur de son action. Servir l’Homme avec les hommes : telle était la devise de l’ancien Directeur général Jaime TORRES BODET. Elle pourrait devenir celle de l’UNESCO. D’emblée, je voudrais la faire mienne. C’est elle qui inspire ma conception de l’UNESCO et de son rôle dans le monde. Tant il est vrai que le seul universalisme qui vaille pour une organisation comme l’UNESCO est un universalisme en acte dont la solidarité est l’autre nom.

Si les temps ont changé, si les défis auxquels nous faisons face ne sont plus ceux que connut le monde au sortir de la deuxième guerre mondiale, la même mission de rapprocher les peuples et de les unir dans l’écoute mutuelle et l’effort d’entente n’a non seulement pas changé mais devient particulièrement nécessaire. L’Education en reste le moyen le plus sûr, la Culture symbolise la diversité humaine, les Sciences la quête de l’esprit, les Sciences sociales et humaines les clefs pour comprendre le changement social et l’Information et la Communication contribuent à la liberté. Le retour aux impératifs de cette mission est la condition du renouveau de l’UNESCO ; celui qui lui fera retrouver son souffle et sa voix.

L’éducation : une ambition mondiale pour l’inclusion et l’égalité

L’exigence d’éducation est inscrite au cœur de la mission de l’UNESCO. La révolution éducative est en passe d’en transformer les contours. L’éducation, la formation des femmes et des hommes et la transmission des connaissances ne sont plus seulement des conditions nécessaires au développement, elles sont en train d’en devenir le moteur. Les sociétés contemporaines sont des sociétés de la connaissance. Elles présupposent l’éducation, elles reposent sur l’innovation autant qu’elles la suscitent, elles se structurent autour de la communication et de ses outils. Elles nécessitent l’accès à l’information et requièrent la libre expression. A des degrés divers, toutes les sociétés sont déjà ou seront, à l’avenir, affectées par ces changements majeurs. L’éducation n’est plus la somme de ce qu’il faut savoir. Elle ne se confine pas non plus aux méthodes d’apprentissage. Elle devient ce processus par lequel les personnes sont progressivement mises en possession des approches et des clefs qui leur permettront tout au long de leur vie de rester en adéquation avec leur temps et de demeurer aptes à s’insérer dans des sociétés soumises à des transformations continues. En matière d’éducation, l’UNESCO se doit de garder sa vocation originelle, sa visée globale, égalitaire et promotrice des droits de l’Homme, ses objectifs d’inclusion et d’insertion sociétale, et son idéal éthique de mise en capacité de la personne humaine de choisir et d’inventer son avenir. La perspective du Partenariat global et des objectifs de l’Agenda du développement après 2015 devrait inciter l’UNESCO à occuper toute la place qui lui revient du fait de son mandat en matière d’éducation. Mais elle devra le faire du point de vue qui est le sien, à savoir en fonction des besoins spécifiques des sociétés et dans le respect de leur cadre culturel et de leurs valeurs. J’engagerai une réflexion à ce sujet et veillerai à ce que la planification et les approches en matière d’éducation prennent encore plus en compte les finalités humaines et culturelles du développement. Je m’engagerai aussi à faire de l’action éducative promue par l’UNESCO une éducation à la citoyenneté mondiale.

Les enjeux culturels de la mondialisation

Si les approches de l’éducation doivent être repensées c’est parce que fondamentalement le monde de la culture, cloisonné et territorialisé, a vécu. Il a été remplacé par une « culture-monde » qui croit que, parce qu’elle juxtapose pêle-mêle les apports de la technologie et de la créativité, elle est capable de parvenir à une civilisation de l’universel. La montée des fondamentalismes, l’incompréhension mutuelle des peuples qui ne cesse de se creuser et dont parlait déjà le Préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO, ajoutés aux antagonismes issus des représentations variées et contradictoires du monde, sont les signes avant-coureurs de la création de continents identitaires. Une organisation à vocation universelle dont la finalité est la solidarité des peuples par la culture se doit de créer un universalisme de la solidarité. Il faut mettre la culture, qui se crée tous les jours, au service de la solidarité entre les peuples qui se perd jour après jour. De la même manière que la culture et l’éducation sont, au niveau national, un facteur du développement durable, le contact des cultures, le dialogue interculturel, la circulation des idées et des œuvres d’art issues du génie de la diversité humaine doivent renforcer les liens durables de l’appartenance à une commune humanité, diverse et solidaire. L’UNESCO a, me semble-t-il, le devoir d’œuvrer en ce sens. Elle en a les moyens. Dans cette perspective, ma proposition sera d’initier avec des penseurs et des personnalités du monde entier une réflexion et des entretiens sur les enjeux culturels de la mondialisation et sur les problèmes contemporains de la condition humaine. Dans la foulée, seront proposés les dialogues et les approches susceptibles de faire reculer l’hydre des préjugés et de la haine.

Le service de la paix

Aujourd’hui, trop de conflits ensanglantent le monde. Leurs causes ne sont plus à rechercher dans les guerres entre Etats, ou dans des logiques de confrontations à l’échelle globale du type de celles qui prévalaient à l’époque la Guerre froide. Les ressorts des nouvelles conflictualités sont ailleurs. Ils résultent de crises survenant dans des Etats travaillés par les tensions culturelles, ethniques ou communautaires. Ils résident dans les faiblesses de l’insertion sociale, dans le développement de la pauvreté et l’inégal accès aux biens communs. Dans les Etats faillis, ils proviennent de l’érosion des liens de citoyenneté et des exacerbations identitaires. Dans tous ces domaines, je développerai l’expertise de l’UNESCO pour qu’elle apporte sa contribution spécifique et sa réflexion sur les racines de la conflictualité, sur la prévention des conflits, sur la réconciliation et les sorties de crise  et sur le processus de consolidation de la paix notamment par l’éducation et la réinsertion sociale. Je m’engagerai pour que l’UNESCO soit associée à tous lesprogrammes et à toutes les actions concrètes à travers lesquelles la communauté internationale apporte son appui à la restauration de la paix.

Le renouvellement des méthodes

Le renouveau de l’UNESCO ne peut être entrepris sans que soit mentionnée et analysée la crise que traverse l’organisation. Avec gravité mais aussi avec humilité, il faut s’attacher fermement et sans tarder à redresser une situation générale compromise. Cette crise doit être l’occasion de repenser l’ensemble des approches et des méthodes, de fixer des caps et de donner sens et cohérence à l’action d’ensemble de l’UNESCO.  

La crise à l’UNESCO n’est pas que financière. Des facteurs autres portant sur le choix différé des priorités, sur une baisse de l’attractivité, sur l’absence de partenariats efficients, sur la déshérence de certains champs, et sur l’absence d’initiatives dans d’autres, ont pu jouer. Toutes ces raisons ont conduit à une visibilité amoindrie et à une image brouillée de l’organisation. Agence de coopération, l’UNESCO a vocation, dès l’origine, à mobiliser des partenariats stratégiques. Je m’y emploierai.

Quant au renouveau de l’UNESCO, il tient, lui, au renouvellement des méthodes de travail et de la gouvernance.

Une organisation internationale se distingue par la spécificité de ses structures et de ses approches. Si les structures internes de l’UNESCO permettent la spécialisation des secteurs et des champs de compétence, la continuité obligée des thématiques éducatives et sociales s’accommode parfois difficilement de cette segmentation administrative. Dans ce cas, faire jouer la transversalité en combinant les problématiques permettrait de donner plus de cohérence à un travail en commun et autoriserait une mutualisation des moyens.  Décloisonner les secteurs et créer des passerelles n’aurait pas que des vertus méthodologiques mais susciterait des synergies dans lesquelles l’UNESCO gagnerait en moyens, en cohérence et en efficacité. Un troisième point de méthode s’impose : le renforcement de l’évaluation. Aucun projet ou programme, aussi achevés soient-ils dans leur concept, ne devrait pouvoir être entrepris sans qu’une évaluation progressive et rigoureuse ne cadre à chacune de ses étapes les conditions de son application.

Pour une gouvernance responsable

Une organisation internationale telle que l’UNESCO ne peut réaliser ses objectifs si elle n’est pas, au niveau de sa direction, soudée autour d’un Directeur général, soucieux du bon fonctionnement du Secrétariat, des compétences du personnel et du respect des deux organes directeurs que sont: la Conférence générale et le Conseil exécutif.

Cette réflexion tiendrait du bon sens si les difficultés auxquelles fait face l’UNESCO ne nécessitaient pas une gouvernance, transparente, confiante et décidée. Les temps présents plaident, plus que jamais, pour une gouvernance rigoureuse. Confiance et concertation doivent guider le Directeur général dans ses rapports avec le personnel. C’est au Directeur général, fort des orientations voulues par les Etats, de prendre les initiatives qui s’imposent et de forger les consensus nécessaires à l’UNESCO. C’est à lui, avec l’appui des Etats membres qu’il reviendra de donner tout leur potentiel aux bureaux hors siège de l’UNESCO et aux Commissions nationales. C’est à lui qu’il appartiendra de concevoir de nouveaux partenariats, au financement  innovant, avec la société civile internationale et les ONG. C’est avec la participation des organes directeurs de l’UNESCO, et de toutes les instances qui composent l’organisation, que l’UNESCO retrouvera son lustre et son rôle de phare culturel, en collaboration avec les intellectuels, les scientifiques et les artistes du monde entier.

Le service de l’humanité

Ma conception d’ensemble de l’UNESCO relève tout à la fois du réalisme, de la volonté et de la conviction.

Le réalisme est celui qui considère l’Organisation comme une enceinte de la coopération internationale au bénéfice des Etats, des intérêts légitimes de leurs peuples et de la communauté internationale. Ma volonté est d’affermir la centralité de l’UNESCO au sein du système des Nations unies en en faisant, dans les domaines qui sont ceux de sa compétence, un acteur décisif œuvrant avec ces autres acteurs que sont notamment les jeunes et les femmes pour l’avènement d’un monde de développement, de participation et de solidarité.

Ma conviction profonde, toutefois, est que seule une conception et une politique de la culture, hardie et capable de prendre ses distances avec une réflexion convenue, pourra engager l’UNESCO sur les voies de l’avenir et en faire le lieu d’une réflexion qui éclaire les routes du monde de demain. Pour qu’une telle orientation puisse s’inscrire au cœur de l’action de l’UNESCO, il faut rompre avec une représentation du changement qui l’articule sur les seuls paramètres quantitatifs du développement humain. Le malaise et la protestation des sociétés contemporaines appellent à inscrire d’urgence les droits de l’Homme, ses responsabilités et l’identité culturelle au cœur de nos actions. Car le danger est que nous œuvrions pour bâtir des sociétés sans âme dans un monde sans unité. Il faut renouer avec la « préoccupation humaniste », comme disait l’ancien Directeur général, René MAHEU, et la placer au centre de nos projets. Dans cette perspective, je ferai des peuples qui, depuis des millénaires transmettent des connaissances, des savoir-faire et des sagesses, les nouveaux ambassadeurs de l‘UNESCO.

Ma conviction est que l’exigence éthique doit se combiner aujourd’hui avec l’effort prospectif : il faut que l’UNESCO soit pour les femmes et les hommes de ce temps le lieu où le souci du présent soit articulé sur les finalités à chercher pour le monde de demain.

Ma conviction est que l’UNESCO, si elle retrouve l’esprit des origines, devienne le gardien vigilant de la pluralité du monde, de ses langues, de ses valeurs, de ses philosophies et de ses spiritualités. Et que par delà le destin particulier de chacune de nos régions, il soit le fédérateur de nos espérances en nous hissant à l’esprit de la solidarité universelle.

Joseph MAILA

Né en 1948, Joseph Malia est un professeur de sociologie politique et de relations internationales, d’origine libanaise, spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de la sociologie des conflits, qui est notamment le premier laïc à avoir occupé le poste de recteur de l’Institut catholique de Paris. En 2009, il prend la direction du « pôle religion » créé au ministère des Affaires étrangères français. De 2010 à 2013, il est directeur de la prospective au ministère des Affaires étrangères.

Il est un des trois candidats à l’élection au poste de directeur général de l’UNESCO.

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A Bucarest, un musée sur les Roms fait tomber les préjugés

Un musée consacré à la culture rom ouvrira ses portes cette année à Bucarest, inscrit dans un climat d’hostilité contre cette communauté, comme en témoignent les récentes déclarations d’hommes politiques européens. Sur son blog hébergé par le quotidien liberal-conservateur Adevărul, le journaliste Ciprian Chirvasiu salue cette initiative : « L’adjoint au maire du secteur 6 de Bucarest, Gabriel Petrea, 29 ans, est tout le contraire des hommes politiques que nous connaissons : il n’est pas arrogant et prend ses interlocuteurs au sérieux. Lui et l’association [rom] Butiq ont eu à cœur de créer un ‘musée de la culture rom’. Il s’agit du plus grand établissement consacré à cette communauté en Europe, et il devrait ouvrir ses portes au printemps. … Des personnes instruites travaillent en commun pour réaliser ce projet : elles ont une vision claire du monde. Elles ne souhaitent pas seulement fonder un musée d’art, mais créer un forum pour la communication interethnique, afin d’améliorer la compréhension du phénomène tzigane en Roumanie et ailleurs. … Ma rencontre avec ces jeunes gens a fait tombé tous les préjugés que l’on peut avoir contre la classe politique et les tziganes. »

Source : BpB.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 4

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne court plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Après avoir présenté les recommandations, la feuille de route préconisée et ses objectifs, penchons-nous sur les conclusions du rapport.

  • La crise financière et budgétaire que connait l’UNESCO depuis fin 2011 est moins importante dans son ampleur, certes exceptionnelle, ou dans ses conséquences matérielles, lourdes à assumer, que dans ce qu’elle révèle des forces et des faiblesses de l’Organisation et des enseignements qu’elle peut en tirer.
  • Au rang des forces on ne peut nier que l’Organisation ait bénéficié, dès le déclenchement des difficultés, de l’engagement de quelques responsables exécutifs, dont la créativité et la réactivité ont été incontestablement stimulés par l’énergie déployée par la directrice générale décidée à sortir de la crise « par le haut » et à éviter à l’UNESCO une dégradation irrémédiable de sa capacité à servir ses missions stratégiques. La pertinence des mesures prises pour, autant que possible et avec les moyens dont elle disposait, amortir au mieux  les effets de cette crise sur la fin du biennium, en est une illustration.
  • La façon dont l’Organisation était préparée à affronter une telle crise, et celle dont elle s’est mise en ordre de marche pour adopter des mesures plus structurantes et à effet plus durable, mettent néanmoins en lumière des faiblesses auxquelles l’UNESCO doit remédier à moyen terme. La question de la préparation est particulièrement pertinente : faire face à une réduction brutale du tiers de ses ressources n’est aisé pour aucune organisation. Le caractère inattendu d’une telle crise ne justifierait en rien l’impréparation ; tout au contraire, une organisation doit en permanence s’assurer que ses structures, sa culture de gouvernance et de gestion, ses procédures, ses outils d’information et de gestion, lui permettent de répondre sans délai aux événements les plus improbables. L’UNESCO saurait d’autant moins échapper à ce principe de gestion à la fois stratégique et de bon sens, que son environnement politico-économique a significativement évolué depuis au moins une décennie. C’est dans ce domaine que l’Organisation a montré ses plus grandes faiblesses.
  • D’abord, avant la crise dès 2010, en lançant un ensemble de réformes, jugées à juste titre nécessaires par la directrice générale mais engagées à un rythme trop lent et sans cohérence maîtrisée, faute d’une gouvernance stricte et d’une adhésion collective voire d’un engagement loyal de tous. Ce cycle de réforme, précis dans ses intentions mais dispersé dans sa réalisation, s’est donc trouvé d’une efficience limitée dès lors qu’il s’agissait d’une part de stimuler, puis d’introduire, un réel et profond changement de la culture de gestion, de contrôle et de comportement, d’autre part de garantir la robustesse des changements introduits.
  • Les mêmes lacunes et les mêmes faiblesses ont affecté la conception, la préparation, la mise en œuvre des mesures structurelles permettant de répondre à la problématique d’une crise budgétaire plus longue que prévue : trop de compromis ont sans doute affecté la définition des objectifs de réforme ; trop d’imprécision dans l’évaluation des risques ou des impacts, économiques, sociaux et programmatiques, pouvant en être attendu ; une gouvernance ambiguë et partant inefficiente, dans laquelle les rôles respectifs de la directrice générale (politique, stratégique et d’arbitrage) et du directeur général adjoint (technique, opérationnel et de gestion) ne sont pas clairement exercés comme ils devraient l’être, et où l’engagement de tous les responsables exécutifs n’est pas assuré par une autorité active et par une coordination opérationnelle des projets de réforme ; enfin, des délais extrêmement longs, non maîtrisés parce que non réellement planifiés, ayant pour effet de diluer considérablement l’énergie des personnels et l’impact des mesures projetées.
  • Les enseignements à en tirer sont évidents et découlent de l’analyse même des forces et des faiblesses mises en lumière : adopter une véritable méthodologie de conduite du changement, avec une organisation et des outils de conduite de projet, faisant une place sérieuse aux questions de gouvernance et de « management efficient », à la définition d’objectifs cohérents, pertinents, vérifiables et mesurables, y compris d’objectifs chronologiques de mise en œuvre ; travailler non seulement les structures et les procédures mais aussi, et surtout, la culture de gestion, de responsabilité et de performance ; travailler de façon efficiente en dirigeant l’effort sur les facteurs les plus critiques de la gestion (effectifs et programme) plutôt que sur un nombre limité de procédures administratives moins susceptibles de contribuer significativement à un rééquilibrage de l’économie d’ensemble de l’Organisation.

Dans la prochaine partie, nous nous concentrerons sur les suites données à ce rapport.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 3

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne court plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Après avoir présenté les recommandations, observons de près la feuille de route préconisée et ses objectifs. Là aussi, c’est on ne peut plus clair : chaque mot est pesé et lourd de conséquences.

  • Objectif 1 : Compte tenu du nombre actuel de plans de travail, la Directrice générale a donné des instructions pour en réduire le nombre total de 20 % d’ici la fin de l’année 2012 afin de cibler et de favoriser l’obligation redditionnelle.
  • Objectif 2 : Le nombre de plans de travail ayant des coûts opérationnels minimaux (à l’exception de ceux qui bénéficient de ressources extrabudgétaires) sera réduit de 30 % d’ici la fin de l’année 2012.
  • Objectif 3 : Le montant minimum du budget d’un plan de travail sera, dans la mesure du possible, porté à 25.000 dollars des États-Unis.
  • Objectif 4 : Mettre pleinement en œuvre la réforme du dispositif hors Siège en Afrique d’ici à la fin de l’année 2013.
  • Objectif 5 : D’ici à la fin de l’année 2013, des Documents de l’UNESCO relatifs à la programmation par pays (UCPD) auront été élaborés pour chaque pays où l’UNESCO est active.
  • Objectif 6 : Le ratio global entre le personnel hors Siège et le personnel du Siège passera de 35 pour 65 actuellement à 40 pour 60 d’ici à la fin de l’année 2013, en veillant notamment à accroître les effectifs du cadre organique hors Siège grâce à une politique de mobilité accrue.
  • Objectif 7 : L’UNESCO réexaminera d’ici la fin de l’année 2013 la totalité de ses mémorandums d’accord avec les fonds et programmes des Nations Unies et avec certaines autres organisations du système des Nations Unies.
  • Objectif 8 : L’UNESCO continuera de consacrer 2 % des ressources de son programme à sa participation et à son intégration aux exercices communs de programmation par pays des Nations Unies sur le terrain, et au niveau régional et mondial.
  • Objectif 9 : Des efforts seront faits pour accroître de 10 % le nombre de partenariats public-privé d’ici la fin de l’année 2012 et pour privilégier tout particulièrement les partenariats générateurs de ressources, au Siège et sur le terrain.
  • Objectif 10 : Parvenir à un meilleur équilibre entre les postes relevant des programmes et les postes relevant de l’administration s’agissant des 75 % de postes vacants qui ont été gelés.
  • Objectif 11 : Offrir de nouveaux programmes de départs volontaires, en cas de besoin, d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 12 : Réduire de 15% le montant total des coûts administratifs d’ici à la fin de 2013, par des réductions des coûts des services internes et des unités administratives, des départs à la retraite en particulier dans le secteur du soutien administratif, et un redéploiement des effectifs moyennant un investissement dans des outils d’un bon rapport coût-efficacité.
  • Objectif 13 : Réduction de 10%, d’ici à la fin de 2013, du nombre de postes au sein des Bureaux exécutifs (EO), des Bureaux administratifs (AO) et des services de secrétariat, à l’échelle de l’UNESCO, 10% par voie de regroupement.
  • Objectif 14 : Passage du ratio actuel d’un membre du personnel du cadre de service et de bureau pour un membre du personnel du cadre organique à un ratio de 0,9 membre du personnel du cadre de service et de bureau pour 1,1 membre du personnel du cadre organique d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 15 : Utilisation et affectation plus efficaces de l’espace de bureau disponible, en vue de libérer plus de 300 espaces de bureau à moyen terme.
  • Objectif 16 : Réexaminer, au cours du prochain exercice biennal, tous les coûts liés à la gouvernance des conventions, des programmes scientifiques internationaux, des instituts de catégorie 1 et autres programmes intergouvernementaux, en vue de réduire sensiblement le coût des transactions, du soutien administratif et des voyages. Les économies réalisées seront réinjectées dans les budgets opérationnels consacrés à ces domaines.
  • Objectif 17 : Assurer, d’une manière plus efficace et plus efficiente, la prestation des services destinés aux organes directeurs et aux États membres, de façon à réduire les coûts, à éliminer les doubles emplois, à améliorer la coordination et à créer des synergies d’ici à la fin de 2013.
  • Objectif 18 : Mettre en œuvre, au cours de l’exercice biennal, un certain nombre de projets dans le domaine des technologies de l’information, afin de réduire les coûts de transaction et d’améliorer l’efficacité : système intégré de gestion des dépenses de personnel ; outil de gestion des achats ; outil de gestion des voyages ; expansion des flux pour les processus relatifs aux ressources humaines ; outil de gestion de la correspondance. Pour certains de ces projets, il reste à trouver des sources de financement.

 Dans la prochaine partie, nous nous concentrerons sur les conclusions du rapport.

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Elections Unesco : introduction pour le changement, maintenant ! / 2

Nous l’évoquions précédemment : l’élection pour le nouveau mandat de directeur général de l’Unesco approche dans un silence impressionnant et une indifférence quasi générale. Aucun débat porté à ce stade sur la place publique, aucun relai dans les médias ou presque.

Pourtant, une question majeure se pose : quel plan de restructuration, de réorganisation et de réduction des dépenses faut-il mettre en œuvre pour que l’Unesco survive à la profonde crise dans laquelle elle se trouve depuis 2011 ?

C’est un audit de la Cour des comptes qui fournit les clés pour comprendre ET trouver des solutions pour tenter de résoudre cette crise. Cet audit, quasi introuvable (et pour cause), dresse un diagnostic sans appel : il y a urgence.

Urgence dans la prise en compte de la réalité de la situation dans laquelle se trouve l’Institution, urgence dans la nécessité de prendre des mesures qui permettent de réformer en profondeur un fonctionnement, une organisation et une gestion qui ne sont tout simplement plus soutenables, urgence dans l’exécution de ces mesures pour que l’Unesco se modernise, se projette autrement dans l’avenir et ne coure plus à sa perte au plan financier, politique et éthique.

Impossible de continuer à se voiler la face, la fuite en avant n’est plus possible, le point de non-retour est atteint.

Il appartient désormais aux candidats en lice de prendre des engagements très clairs qui ne pourront pas faire l’économie de prendre en considération ce que dit la Cour des Comptes.

Prenons d’abord connaissance des recommandations. Inutile de savoir lire entre les lignes pour comprendre que chaque mot est pesé et est lourd de conséquences.

  • Recommandation n°1 : L’auditeur externe recommande de n’engager aucune réforme sans avoir au préalable formulé explicitement la stratégie dans laquelle elle s’inscrit, les objectifs précis (et non pas génériques) recherchés, les échéanciers à respecter, et sans avoir établi un système d’indicateurs qualitatifs et/ou quantitatifs vérifiables propres à permettre le suivi de l’avancement des réformes envisagées
  • Recommandation n° 2 : Rassembler de façon rationnelle, stratégique et cohérente l’ensemble des travaux de réflexion en vue de la réforme de l’Organisation depuis 2010, afin d’élargir l’ambition de la « feuille de route » au-delà de la seule exécution du 36C/5, et lui associer des plans d’actions précis, et des échéanciers
  • Recommandation n° 3 : L’auditeur externe recommande très vivement de rationaliser les multiples groupes de travail œuvrant sur les différents aspects des réformes, de donner à chacun un cahier des charges et une gouvernance claire, de coordonner leur travaux et leurs calendriers, charge au directeur général adjoint de piloter l’ensemble de ces activités et d’en rendre compte, pour arbitrages éventuels, à la directrice générale, seule appelée à rendre compte de la gestion de l’Organisation aux organes dirigeants
  • Recommandation n° 4 : Plus encore que dans tout autre domaines de la gestion courante de l’Organisation, l’auditeur externe recommande d’accompagner tout projet, et toute mesure individuelle, relatifs à la gestion du personnel (séparation individuelle, gel, suppression, transformation de postes) d’une étude précise d’impact, opérationnelle et économique, à court, moyen et long termes
  • Recommandation n° 5 : L’auditeur externe recommande de ne plus retarder la mise au point et la mise en œuvre d’un plan global de redéploiement structurel des personnels. L’impact économique potentiel comme la sensibilité sociale d’un tel projet sont autant de raisons supplémentaires pour que la direction générale mette en place une gouvernance et une méthodologie de conduite du changement maîtrisée, efficiente et transparente
  • Recommandation n° 6 : Mettre en place des outils d’évaluation précise des mesures et de suivi de la réalisation des objectifs qualitatifs et quantitatifs, pour chaque champ d’application et de recommandations du dispositif TASCO
  • Recommandation n° 7 : Améliorer la traçabilité des décisions en documentant en détail les décisions et avis relatifs à la réorganisation des secteurs et services, de manière à disposer des éléments historiques utiles à l’évaluation des mesures envisagées et de leurs suites
  • Recommandation n° 8 : Il est fortement recommandé d’améliorer les outils d’évaluation et de préparation des décisions de réorganisation des structures : il convient notamment d’établir, pour chaque unité concernée, un tableau faisant apparaître les réductions de coûts attendues en termes de personnel et de fonctionnement, et d’étendre cette analyse à l’ensemble de l’Organisation afin d’éliminer les fausses économies résultant de simples transferts internes de charges. Ces documents doivent être systématiquement actualisés lors de chaque mise à jour des plans de travail afin de disposer d’éléments exhaustifs et objectivés d’analyse, d’alerte et d’aide à la décision
  • Recommandation n° 9 : S’agissant d’une réforme d’envergure et particulièrement structurante, la révision du dispositif hors-siège en général et plus particulièrement en Afrique devrait faire l’objet d’un arbitrage financier plus clair, cohérent avec la haute priorité qui lui est attribuée dans la stratégie de l’UNESCO et propre à garantir le succès du projet dans les délais fixés
  • Recommandation n° 10 : Compte tenu de la durée nécessairement limitée du dispositif du fonds d’urgence, l’auditeur externe recommande de bannir strictement, sans exceptions, le financement par ce fonds de dépenses de fonctionnement récurrentes

Dans le prochain article : la feuille de route préconisée par le rapport.

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Is culture an obstacle to US and EU historic trade deal ?

Barack Obama and European leaders launched talks on « the biggest bilateral trade deal in history », an initiative that the US président has put at the heart of his second-term economic agenda.

The US president announced that talks on a transatlantic trade and investment deal would begin in Washington next month. While EU leaders admint that they can be wrapped up within two years.

Mr Obama urged politicians to « look beyond narrow concerns and focus on the big picture » of a trade deal covering half the global economy…

But Washington remains worried that the scope of the agreement will narrow dramatically over the course of the talks as specific industries are carved out on the European side, limiting its economic impact.

The launch talks at G8 summit in Northern Irland was overshadowed by a row over French protectionism.

The head of EU’s executive laid bare his frustration – shared by the US, Britain and Germany – in an interview with the International Herald Tribune. « Somes ay they belong to the left, but in fact they are culturally extremely reactionary », José Manuel Barroso said in an apparent swipe at French president François Hollande.

Althought the European Commission président did not specifically name France, Mr Barroso said critics of liberalised trade in films and music had « no understanding of the benefits that globalisation brings also from a cultural point of view ».

Jean-Christophe Cambadélis, a senior official in Mr Hollande’s Socialist party, described Mr Barroso’s remarks as « bewildering and intolerable ». A commission spokesman said they were aimed at critics of its liberal stance, note the Hollande government.

In the US, political reaction was mostly positive, but key lawmakers said any deal needed to be « comprehensive » with no exclusions such as France’s carve-out for cultural issues.

« If the negociations ultimately do exclude audio visual… it is hard to see how the whole thing will keep from unraveling », a Republican aide in the Senate said.

Extract from the Financial Time’s article « US and EU push talks on historic trade deal », by George Parker, Vanessa Houlder and James Politi.

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Journée mondiale de la diversité culturelle 2013 : un silence assourdissant et alarmant

Le 21 mai est la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, mais saviez-vous qu’elle a vraiment eu lieu mardi dernier ? Si vous avez regardé la plupart des médias nationaux ce jour-là, il fallait être devin.

Pire encore, si vous faites partie de la majorité des français qui regardent le journal télévisé : rien absolument rien.

On ne s’étonne hélas plus de voir les grands médias (y compris l’audiovisuel public) vouloir/devoir faire de l’audience et dire en même temps (études à l’appui) que ce qui est diffusé correspond à ce que les téléspectateurs veulent voir ou à ce dont on se doit de les informer.

Mais là, trop c’est trop. Petit florilège des journaux de 20h mardi dernier :

  • la météo, pas d’amélioration en vue avant quinze jours, il pleut, de l’eau, de l’eau qui déborde, de la grisaille, des températures inférieures à la normale, on remet le chauffage, on n’a pas vu ça depuis des années, l’été est en retard, il n’y a plus de saisons, etc.
  • la tornade dans l’Oklahoma, l’horreur climatique, sommes-nous exposés à ce type de catastrophe en France et nos habitations sont-elles bien protégées ? les dernières tornades en France, la plus destructrice, etc.
  • le mauvais temps en France a des conséquences sur de nombreux domaines d’activité, les récoltes sont compromises, les agriculteurs dépriment et certains vont mettre la clé sous la porte, le temps ne donne pas envie d’acheter des crudités, les conséquences de toutes ces pluies sur les prix sur les marchés et sur nos factures d’énergie, les professionnels du tourisme se désespèrent, on se rabat sur les centres de bronzage et de luminothérapie pour tenir le coup car sans soleil on déprime, tout cela ne va pas aider à faire baisser le chômage, cela en ajoute à la crise, etc.

Pléthore de sujets de ce type pendant les 20-25 premières minutes selon les chaînes, dans un journal qui dure entre 30 et 35 minutes.

On enlève les 5 dernières minutes réservées au festival de Cannes, au sport ou aux célébrités populaires et il reste 5 à 10 minutes pour parler de ce qui se passe par ailleurs en France et dans le monde. Quel luxe !

Alors comment imaginer qu’il ne reste ne serait-ce qu’une minute pour parler de la Journée mondiale de la diversité culturelle, des missions et des programmes de l’Unesco qui soutiennent et encouragent partout dans le monde et toute l’année des initiatives toutes plus utiles et nécessaires les unes que les autres ?

Comment imaginer que… :

  • en pleine période où la question de l’exception culturelle fait l’objet de toutes les tentatives de récupérations possibles dans le cadre de l’accord de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis ;
  • en plein débat parlementaire sur la tenue de cours en anglais dans les universités françaises qui ravive la querelle des anciens et des modernes ;
  • au moment où viennent d’être publiés les statistiques sur l’illettrisme et le rapport de la Cour des comptes sur l’état du système éducatif ;
  • au moment où les extrêmes (les partis ET les idées) n’ont jamais été aussi populaires depuis 25 ans,

…on puisse considérer en France qu’on peut désormais se dispenser de (re)dire aux téléspectateurs (même en 1 minute !), en s’arrêtant un instant sur cette Journée mondiale du 21 mai, que la diversité culturelle est l’héritage commun de l’humanité, que tous ceux qui œuvrent au quotidien et qui font de sa sauvegarde un impératif concret et éthique inséparable du respect de la dignité humaine méritent d’être mis à l’honneur, que nous devons approfondir nos réflexions et redoubler nos efforts pour que la diversité culturelle nous aide plus encore à mieux « vivre ensemble »…

… on puisse considérer qu’il n’est plus nécessaire que l’Unesco fasse appel aux Etats membres et à la société civile pour célébrer cette Journée en y associant le plus grand nombre pour mieux connaître et apprécier ce que nous devons aux autres cultures, et, à prendre la mesure de la diversité de leurs apports, de leur unicité, de leur complémentarité et de leur solidarité…

… on puisse se passer de rappeler que connaître et reconnaître nos différences, les respecter en ce qu’elles fondent notre propre identité, c’est donner la chance aux siècles qui s’annoncent de s’épanouir enfin hors des conflits identitaires de tous ordres…

…nous n’ayons plus besoin d’affirmer et de partager collectivement que la diversité culturelle est un droit humain fondamental et que lutter pour sa promotion c’est lutter contre les stéréotypes et les fondamentalismes …

 

Le comble du comble, c’est que ce jour est vraiment arrivé, c’était le 21 mai 2013. Mais rassurez-vous, ce n’est que de la télévision. La fiction dépasse largement la réalité ou bien est-ce l’inverse ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas oublié, qui auraient bien voulu ne pas oublier ou qui auraient voulu qu’on leur en parle un peu, vous pouvez si vous le souhaitez cliquer au moins iciici, ici, ici et ici.

Espérons que ce 21 mai 2013 ne soit qu’un rendez-vous manqué. Mais la situation financière très grave que connaît l’Unesco à l’approche de l’élection pour le poste de directeur/directrice général(e) nous invite d’autant plus à nous mobiliser pour qu’il y ait une Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement plus largement relayée en France le 21 mai 2014 mais aussi et plus dramatiquement : qu’il y ait une nouvelle Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement le 21 mai 2014, tout court.

Nous y reviendrons très prochainement sur CEG.

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International conference on cultural diversity, civil society and international cultural cooperation

Culturelink / Institute for Development and International Relations and the Centre for Democracy and Law Miko Tripalo have the great pleasure of inviting you to the international conference on Cultural Diversity, Civil Society and International Cultural Cooperation, to be held on 3-4 June 2013 in Zagreb, Croatia.

The conference is organized jointly by Culturelink/IRMO and the Centre for Democracy and Law Miko Tripalo, in cooperation with the UNESCO Regional Bureau for Science and Culture in Europe (Venice). The aim of the conference is to analyze cultural diversity as the principal challenge of our time. The integration of cultural diversity into a wide framework of public policies, not only cultural ones, gives a new impetus to the international community in approaching its fundamental goals – peacebuilding and development, conflict prevention, democracy and human rights.

Cultural diversity is a source of creativity and innovation for development. UNESCO’s Convention on the Protection and Promotion of the Diversity of Cultural Expressions, which was adopted by the UNESCO General Conference in 2005, will be at the centre of the Conference programme. The Convention advocates changes in international cooperation which will contribute to the bridging of the development gap and to the reduction of dependency in the world through the establishment of development partnerships. The Convention aims to foster cultural interaction and dialogue, and to establish innovative approaches towards international cooperation.

The Conference will be structured in four thematic round tables:

  • 1. Integrating Cultural Diversity in Sustainable Development Policies;
  • 2. Promoting Cultural Policies;
  • 3. Strengthening the Diversity of Cultural Expressions;
  • 4. Promoting Mobility and Engaging Civil Society.

Today, many countries in the world have coalitions for cultural diversity representing professional cultural and artistic civil society organizations. The coalitions operate through institutions, advocating the importance of culture and the promotion of the diversity of cultural expressions, as formulated in UNESCO’s Convention, and having an eye on broader development issues. The Conference will also focus on the following question: Does civil society in Southeast European countries have an interest in the creation of coalitions for cultural diversity in the region?

The conference agenda will be posted on Culturelink’s website by 10 May 2013. For the programme and participation registration form please visit here.

Source : Culturelink.

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Le théâtre de Budapest, repaire des radicaux du Fidesz

Voilà un an, l’acteur d’extrême-droite György Dörner était nommé administrateur du Nouveau Théâtre de Budapest. Mais cette scène est moins devenue un théâtre pour l’extrême-droite, comme on le craignait, qu’un établissement plébiscité par les radicaux du parti ultraconservateur Fidesz, écrit l’hebdomadaire de centre-gauche Magyar Narancs : « Le Nouveau Théâtre n’est actuellement ni le théâtre du Jobbik [parti d’extrême-droite], ni celui des fascistes et des nazis, mais celui du Fidesz. Pas de son aile modérée, mais de tous ceux qui apprécient Miklós Horthy [régent du royaume de Hongrie de l’entre-deux-guerres et allié de l’Allemagne nazie] et qui souhaitent également le retour de la grande Hongrie d’autrefois. … Ce cercle d’individus, aux opinions plutôt radicales, est hostile à l’Occident et à l’économie de marché. »

Source : BpB

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Cultures croisées

Quand, dans les États européens, les questions de politique culturelle parviennent à dépasser le cercle des seuls professionnels et des spécialistes pour être traitées dans des débats publics à l’échelle nationale, il est encore bien rare que ces derniers aient une répercussion significative au-delà des frontières nationales, alors même qu’ils portent bien souvent sur des problématiques similaires, voire identiques, d’un contexte national à un autre. Partant de ce constat simple, à l’occasion des 50 ans du Traité de l’Élysée, le Goethe Institut et le département des études et de la prospective (DEPS) du ministère français de la Culture et de la Communication proposent une mise en discussion , au vu des recherches les plus récentes, de quelques grands sujets concernant nos politiques culturelles de part et d’autre du Rhin. À terme, ces débats ont pour vocation de s’ouvrir à nos partenaires européens.

Réservation conseillée : 01 44 43 92 30 /// Goethe Institut ///  Bibliothèque /// 17, avenue d’Iéna /// 75016 PARIS

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L’identité flamande n’appartient pas à la politique

En Flandres, le 11 juillet est une fête nationale. Le politologue Marc Hooghe critique dans le quotidien de centre-gauche De Morgen que les politiques oublient la culture dans leurs discours sur l’identité flamande : « Les politiques flamands avec leurs discours ennuyeux et leurs revendications tranchées ne prennent pas vraiment au sérieux l’identité flamande. Si tel était le cas, ils prendraient au sérieux la politique culturelle et la doteraient des moyens nécessaires. … Il est facile de prononcer des discours négatifs : les raisons ne manquent pas pour se plaindre des francophones, Bruxellois ou étrangers. Mais est-ce bien cela l’identité flamande que nous représentons et à travers laquelle nous voulons jouer un rôle majeur dans l’Europe de demain ? Ou avons-nous assez de confiance dans l’attractivité et la force de notre culture grâce à laquelle nous pouvons apporter une contribution précieuse à cette Europe unifiée ? L’identité flamande existe, mais elle a trop de valeur pour la laisser uniquement aux mains des politiques qui sont avant tout guidés par leurs intérêts personnels et la politique du parti. »

Source BpB

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Le monolinguisme pénalise les Britanniques

De moins en moins d’élèves britanniques apprennent une deuxième langue à l’école. Cela désavantage la Grande-Bretagne à bien des égards, estime le quotidien libéral-conservateur The Times : « Parce que les Anglais peuvent être compris partout dans le monde, ils rechignent à apprendre et à parler d’autres langues. Mais cette culture du monolinguisme a son prix. Elle gêne les entreprises britanniques sur les marchés internationaux. Elle restreint le recrutement des Britanniques dans les multinationales. Elle affaiblit la voix britannique dans la diplomatie. Le niveau de vie et l’influence de ce pays sont inférieurs à ce qu’ils pourraient être parce que les langues sont aujourd’hui considérées comme une spécialité plus qu’un élément général de l’éducation. … Connaître une langue étrangère ne veut pas forcément dire avoir une deuxième âme, comme le disait Charlemagne. Mais cela permettra aux générations futures de voir le monde sous d’autres perspectives. »

Source : BpB

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A propos de l’ARF et de sa manière de considérer les enjeux culturels !

L’Arf a décidé d’organiser ses premières Assises nationales des Régions consacrées aux questions de culture. Elles  se dérouleront à Lyon, le 25 janvier prochain (à partir de 14h) et le 26 janvier (jusqu’à 13h30). Elles donneront lieu à un vaste échange d’expériences et viseront à mettre en débat les questions de gouvernance territoriale et de recomposition des politiques culturelles à l’échelle régionale.

Il y a bien longtemps que l’on attendait une telle initiative, mais à bien regarder le programme, on ne peut pas ne pas s’étonner.

J’ose donc communiquer mon étonnement.

D’abord, étonnantes sont ces assises lyonnaises par le rideau de fumée des questions qu’elle pose : en un jour,  68 questions, enfilées comme des perles, prouvant ainsi que l’ARF n’en a pas résolu beaucoup auparavant, (malgré les changements de législation sur la décentralisation !!).

Admettons que ce soit le réveil de la belle au bois dormant. Mais alors, mauvaise surprise !

Car les régions ne se posent que les questions relatives à la vitalité du secteur culturel. La culture dans le programme est simplement réduite à un secteur d’activités  produisant des biens et des services culturels grâce aux professionnels. Comment organiser l’offre, avec de l’argent public et de l’argent privé ; comment faire connaître nos produits aux consommateurs actuels et futurs ? Comment ces offres (créatives) vont-elles  augmenter l’attractivité de chaque territoire, donc la compétition entre eux ! Exportation des produits, mobilité des producteurs (artistes),  emploi, diffusion des spectacles (ventes), valorisation du patrimoine et gouvernance de toutes ces richesses.Toute la panoplie de l’entrepreneur culturel public y est !!

Mais, au-delà, le vide : rien sur les « droits culturels », rien sur la reconnaissance des identités culturelles des êtres en dignité sur chaque territoire (et entre les territoires), rien sur  les enjeux de confrontation des identités culturelles dans un monde de tensions. En somme, rien sur la créolisation du monde et le Vivre ensemble. Rien sur la solidarité, la démocratie, les  réciprocités nécessaires pour construire l’humanité par la diversité des cultures. En somme, une réflexion collective qui évite de s’interroger sur le sens et la valeur, disons sur les enjeux éthiques des interventions culturelles publiques pour parvenir à un meilleur développement humain.

Alors, pourquoi citer Vilar, il ne mérite pas ça, et Glissant encore moins, car le texte de justification des assises fait référence à un manifeste collectif signé par Edouard Glissant et par huit autres personnalités (Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver,  Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William) voir : http://www.afrik.com/article16280.html;

Car ces assises se présentent sans complexe comme : un « rendez-vous de « haute nécessité » comme le diraient nos amis d’Outre-mer.« .

On n’en croit pas ses yeux  quand on se rappelle ce qui est écrit dans le manifeste  de « ces amis d’Outre-mer », cité en exergue. Lisons : « Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion. »

Pourquoi l’ARF cite ce texte qui nous parle de « Dignité », au sens des droits humains fondamentaux, alors que ces références sont  inconnues ou ignorées par les assises régionales !  Pour être cohérentes avec ce texte, ces premières assises auraient dû se mettre à distance de la logique consommatrice du secteur culturel (combien de publics, combien de touristes, quel chiffre d’affaire, comment gagner plus !). Quitte à voler des textes à Glissant, Chamoiseau et les autres, il aurait fallu avoir l’honnêteté de tout prendre…. , car le Manifeste  en dit long sur ses exigences politiques. Il est  à méditer pour les apprentis sorciers des citations :« Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens.« 

Ou encore,

« L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » – chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble. »

Ainsi, avant de faire référence à « nos amis d’Outre-mer », il aurait fallu relire la critique et ne pas faire comme si elle  n’avait pas d’importance ! Et il aurait été rassurant que ces assises la comprenne : les régions auraient pu affirmer que la culture ne pouvait se limiter au stock des marchandises sur les rayons des épiceries culturelles, publiques ou privées, mais que l’enjeu culturel est  plutôt d’engager les interactions entre des personnes reconnues d’égale dignité et d’égale liberté (dont la liberté artistique), en vue de faire ensemble un peu mieux « humanité ». Mais sans doute, les rédacteurs ne connaissent-ils pas la Déclaration de Fribourg et pas plus la Convention Unesco sur le PCI –  patrimoine culturel immatériel  qui concerne pourtant aussi les régions – et, encore moins, les 7 premiers articles de la Déclaration universelle de 2001 de l’Unesco (l’usage qui est fait de « diversité  culturelle  » dans l’annonce du programme le montre assez clairement !).

Ces assises en restent, en fait, au programme d’un bricoleur pragmatique !  Avec « boite à outils », mais pour quelles valeurs culturelles , pour quel sens de la politique culturelle ? Celle des droits culturels pour plus d’humanité ou celle de la directive « services » de l’Union européenne  pour  répondre aux attentes des consommateurs,  donc aux soucis d’émotion des abonnés à Télérama ? Refus du débat éthique, ces assises font peur à refuser l’essentiel de l’enjeu culturel : l’émancipation qui est pourtant le credo du texte cité en exergue : « Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. « 

Là, je ne vois pas les présidents de régions et leurs services culturels  applaudir !

Bon courage quand même aux régions dans leur réflexion sur leur mission publique de faire culture ensemble , c’est-à-dire faire plus humanité en société de liberté ! ça viendra un jour ! Peut-être pour les secondes assises ? Mais quand le changement lucide viendra-t-il vraiment sur le front de la politique culturelle publique ?

Jean Michel Lucas et Doc Kasimir Bisou

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Quelle gouvernance culturelle pour la ville-monde ?

L’Observatoire des politiques culturelles (OPC), avec le concours de Culture et Développement et du Musée dauphinois (Conseil général de l’Isère), organise les Premières Rencontres Augustin Girard – René Rizzardo sur le thème Coopération internationale et diversité culturelle : quelle gouvernance culturelle pour la ville-monde ? les 1er et 2 décembre, à Grenoble (Isère).

Ces rencontres proposent une réflexion prospective sur l’articulation entre problématiques culturelles, enjeux de société et enjeux de politiques publiques dans un contexte mondialisé. Ce premier rendez-vous traitera des dynamiques de coopération et des enjeux de diversité culturelle, à travers notamment les échanges artistiques et culturels Nord(s)/Sud(s). 
Comment (re)penser à travers ces processus de coopération les enjeux multiculturels de demain ? En quoi la reconnaissance de compétences et de droits culturels représente-t-elle un facteur de cohésion et de paix sociale du local au mondial ? 
La manifestation mettra l’accent sur ce que les relations entre la France, l’Europe et le monde produisent sur les territoires impliqués en termes de représentation des cultures et dans la construction des identités culturelles en jeu. Loin de toute approche compassionnelle, les relations aux arts et aux cultures non occidentaux et notamment africains seront explorées à cette occasion. 
Il sera question d’éducation à la diversité comme facilitateur de rencontre et de respect mutuel. Le débat portera également sur la manière dont les politiques publiques se saisissent de ce questionnement à travers la métropole contemporaine. Quelle gouvernance culturelle dans la ville-monde faut-il inventer qui compose le local avec le mondial ? Quel rôle les politiques territoriales ont-elles dans les échanges culturels internationaux ?
Ces premières Rencontres consacreront également un temps de témoignages autour d’Augustin Girard et de René Rizzardo dont les parcours et travaux ont largement nourri les réflexions sur ces problématiques.
Un avant-programme du colloque est téléchargeable. 
Le bulletin d’inscription téléchargeable est à faxer ou envoyer par courrier à l’OPC. 
Contact : Observatoire des politiques culturelles, 1, rue du Vieux Temple – 38000 Grenoble (+33 (0)4 76 44 33 26 – fax : 04 76 44 95 00 – contact@observatoire-culture.net )

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1er forum international de l’économie mauve | 1st International Forum of Purple Economy

(FR) Sous le patronage de l’UNESCO, de la Commission et du Parlement européen, Paris accueillera les 11, 12 et 13 octobre 2011 le 1er forum international de l’économie mauve, pendant culturel de l’économie verte  (www.economie-mauve.org).
Cet évènement réunira 400 décideurs des sphères publiques et privées du monde entier, avec pour objectifs :

  • La prise de conscience collective et la sensibilisation à l’importance de la dimension culturelle dans le développement de nos sociétés ;
  • La réalisation d’un état des lieux et le partage des expériences ;
  • L’échange et la confrontation autour des bonnes pratiques, la mise en lumière des acteurs et des innovations.

En vertu d’un partenariat, les membres du Cultural Engineering Group bénéficient d’une réduction de 25 % pour toute inscription enregistrée avant le mardi 4 octobre 2011 à 8 heures  (heure de Paris).
Pour recevoir le code partenariat, veuillez contacter info@diversum.net

(EN) Under the patronage of UNESCO, of the European Parliament and of the European Commission, on the 11th, 12th and 13th October 2011, Paris will host the world’s first international forum of purple economy, the cultural counterpart of the green economy (www.purple-economy.org).

This event will gather 400 leaders from the public and private sectors worldwide, aiming:

  • To raise collective awareness of the importance of cultural aspects for the development of our societies;
  • To carry out an inventory of the current situation, and encourage story-sharing;
  • To promote exchange and debate on best practice, and to showcase key players and innovative approaches.

Under a partnership, members of the Cultural Engineering Group receive a 25% discount for registrations recorded before Tuesday, October 4, 2011 at 8 am (Paris time).
To receive the partnership code, please contact info@diversum.net

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