Cultural Engineering Group

Services & Ressources en ingénierie culturelle

The Future of Tourism in Europe

Promoting Competitiveness Through Sustainability and Digitisation 

The tourism industry is of great socio-economic importance for the European Union, accounting for 10% of EU GDP and employing about 12 million people (Eurostat, 2015). According to the latest report by the United Nations World Tourism Organization (UNTWO), a market share of 40.3% of the global international tourist arrivals are directed to the EU-28, making Europe the most sought-after destination in the world. Eurostat data published in January 2017, further confirms the good health of EU tourism, indicating that the number of nights spent in tourist accommodation establishments rose by 4% in 2015, totalling 2.8 billion.

In recognition of the industry’s significant role in driving pan-European job creation and economic growth, the European Commission has introduced various initiatives, particularly aimed at promoting sustainability, accessibility, culture, and at boosting low season and coastal tourism. The Virtual Tourism Observatory, the Digital Tourism Network, and the tourism managing tool, European Tourism Indicators System (ETIS), have been established to modernise European tourism and improve connectivity and competitiveness. In addition, the campaign ‘Europe. Wonder is all Around’ has provided an innovative platform for promoting a plethora of diverse, sustainable and high quality travel destinations across the continent.

As tourists become more independent, connected and conscious of sustainability issues, Europe needs to embrace, and adapt to, their changing profile and priorities, and become better at promoting so-called smart destinations. New technologies moreover offer challenges and opportunities for European tourism. Whilst businesses need to adopt the latest digital technologies to remain competitive, research demonstrates that the smaller the business, the lower the rate of adoption of digital technologies (Report of the Strategic Policy Forum on Digital Entrepreneurship, 2016). In addition to digitising the sector, Europe needs to take opportunities to integrate culture and technology in new and innovative ways, targeting strategic investment in areas where it can be a world leader, such as cultural tourism.

This symposium will provide delegates with an invaluable opportunity to analyse the strategic role for the tourism sector in supporting economic and employment growth in Europe, and consider how opportunities offered by cultural tourism can be capitalised upon. Attendees will also scrutinise the challenges and prospects associated with the digitalisation of the sector and explore how ICTs can be better integrated into tourism and travel related services. The symposium will promote the exchange of ideas and encourage delegates to engage in thought-provoking debate.

Delegates will:

  • Examine initiatives implemented by the EU to promote and support tourism
  • Consider the economic and non-economic challenges facing the European tourism industry
  • Discuss the challenges and opportunities presented by digitisation and reflect on its implications for competitiveness and job creation
  • Assess how to improve digital competency and foster digital literacy amongst operators within the sector
  • Learn from successful projects on how to positively implement sustainability indicators systems such as the ETIS
  • Analyse strategies to boost city tourism
  • Engage in interactive discussions with stakeholders and trendsetters in the field of tourism
  • Share best practice of successful innovation projects to increase tourism accessibility

For further details, please refer to the enclosed event brochure. Do feel free to circulate this information to relevant colleagues within your organisation.

In the meantime, to ensure your organisation is represented, please book online or complete and return the registration form at your earliest convenience in order to secure your delegate place(s).

Publicités

Classé dans:Evénements, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Outils, , , , , ,

La T Fondaco dei Tedeschi de Venise

Alors que les aéroports et les lieux de transit sont considérés comme le nouvel Eldorado des marques au point de décrire ce marché comme « le sixième continent », le leader mondial du duty free DFS a choisi Venise pour sa première implantation en Europe.

mg_4087-pano-modifica-1000x550

Inaugurée le 29 septembre dernier, cette première galerie européenne DFS est un nouvel espace, installé au cœur d’un bâtiment iconique du centre historique de Venise, La T Fondaco dei Tedeschi se veut une destination shopping prestige où culture et art de vivre sont au croisement de l’Orient et l’Occident.

Ce projet ambitieux dotera Venise de son premier grand magasin, tout en revisitant ce concept pour créer un nouveau lieu de rencontres dans la ville, en harmonie avec ses racines culturelles et commerciales. Edizione, qui possède le bâtiment, a missionné OMA, le cabinet d’architecture de Rem Koolhaas, pour diriger la restauration extérieure des lieux. Cette transformation préserve l’intégrité de l’édifice tout en réinventant ses intérieurs.

1o1a4255-116-927x510

La culture est également au rendez-vous grâce à l’aménagement d’un étage entier accueillant expositions et événements ouverts au grand public, nouvel espace culturel réunissant autant les Vénitiens que les touristes. La première exposition « Under Water », imaginée par l’artiste italien Fabrizio Plessi, a ouvert en même temps que la galerie, le 1er octobre.

Mais il convient de faire une mention toute spéciale sur les choix qui ont été faits en terme de placement de produits, choix qui sortent clairement des sentiers battus où l’on voit hélas trop souvent les premiers instants de visite consacrés à la parfumerie, la cosmétique ou la maroquinerie (souvent les rez-de-chaussée).

Rien de cela ici, la « place de choix » a été donnée à la gastronomie à travers une épicerie absolument sublime, un paradis pour les amoureux des saveurs, des produits de qualité et des arts de la table, avec une scénographie des plus abouties qui relèguerait presque les tous derniers lieux récemment ouverts sur ces thèmes au rang du « quelconque ».

img_0151

Plusieurs facteurs concordants viennent tout particulièrement justifier ces choix :

  • L’excellence des filières de l’agro-alimentaire, du luxe, de la culture et du tourisme n’ont jamais été dans un tel niveau d’osmose, on peut parler d’un « alignement des planètes » en train de créer de véritables accélérateurs de rayonnement et d’attractivité.
  • Le public étant de plus en plus volatile et difficile à capter et fidéliser, beaucoup de lieux proposent désormais une « suite expérientielle » qui prolonge la visite grâce à des offres enrichies, plus ouvertes et polyvalentes.
  • Les métiers de bouche connaissent une nouvelle dynamique dans de nombreux pays, plus proches que jamais du grand public avec des médias qui relaient de mieux en mieux une popularité complètement renouvelée.
  • La reconnaissance par l’Unesco du repas gastronomique des Français comme patrimoine de l’humanité n’est pas un hasard bien au contraire ; elle témoigne d’une époque où le regain d’intérêt pour les arts de la table, la gastronomie et l’art de vivre sont devenus plus populaires, plus culturels et porteurs de valeurs communes dans un monde où s’alimenter est plus que jamais source de souffrances et de conflits.

Alors, si DFS a choisi Venise, ce n’est en rien dû au hasard car la cité des Doges est la destination qui concentre désormais tous les ingrédients du succès du fait son immense patrimoine et rayonnement culturel mais aussi du fait de la densité de son flux de visiteurs.

Venise est régulièrement la deuxième ou la troisième ville la plus visitée d’Europe après Paris et Londres mais avec une superficie considérablement inférieure, ce qui donne une concentration des flux théoriquement plus profitables et ce serait une erreur grossière de croire que DFS mise sur ce tourisme de masse peu argenté par ailleurs principale menace de la ville.

Il est bien plus intéressant de voir que le choix qui est fait consiste à viser un panier moyen élevé dans une expérience exclusive qui tend à se développer plutôt qu’un modèle de revenus faibles qui reposerait sur le volume.

En se positionnant de la sorte, DFS n’encourage pas un tourisme de masse destructeur que la ville et ses habitants refusent viscéralement, mais permet plutôt à Venise de reconquérir une clientèle qui lui apportera une plus grande soutenabilité du fait qu’elle participe à une montée en gamme qui tire la segmentation des publics vers le haut.

Classé dans:Analyses, Expériences, , ,

Les équipements et les territoires donnent du sens au secteur MICE

MICE directions

Si les dernières années ont été difficiles et ont vu les comportements évoluer fortement, 2014 a été l’année du rétablissement du secteur MICE (Meetings, Incentives, Conferencing, Exhibitions) dans la plupart des régions du monde alors qu’en France la demande a fait une rechute préoccupante (-5,2% par rapport à 2013). Le bilan attendu en France pour 2015 demeure donc un exercice sensible et on peut déjà acter qu’au regard des 10 dernières années, le secteur est devenu de moins en moins prévisible, ce qui rend la gestion et le développement des équipements de destination pour le moins délicat.

On peut noter le souci toujours plus grand de l’économie et de l’efficacité comme vecteur principal guidant les clients dans l’organisation de leur événement, mais les indicateurs des tendances du marché sont globalement encourageants pour 2015, montrant une progression au bénéfice de la plupart des destinations dans le monde.
Mais le secteur n’est pas aussi homogène qu’il n’y paraît, la réalité est beaucoup plus contrastée selon l’ouverture de la focale avec laquelle on observe certains acteurs du marché, et plus particulièrement en France pour les équipements accueillant ces événements.
Le positionnement et le niveau de rayonnement territorial de ces derniers, la polyvalence de leur activité et de leurs espaces, le niveau de leur programmation, l’état de leurs équipements, la dynamique de leur offre de service et de leur grille tarifaire, la synergie entre les acteurs de leur territoire, leur mode de gestion, … autant de facteurs extrêmement variables d’un équipement à l’autre, d’un territoire à l’autre. Une multitude de spécificités, de contextes et de situations qui rendent peu évident l’exploitation des données pour nourrir une analyse à un niveau macro économique.
Les centres de congrès, les palais des congrès et de spectacles, les halles d’exposition, etc. autant de typologies qui constituent un maillage territorial français qui, avec les équipements culturels, fait beaucoup d’envieux. Leur mode de gestion majoritairement et historiquement public est souvent critiqué et décrié, notamment depuis l’arrivée sur le marché de l’exploitation d’opérateurs privés, arrivée qui a coïncidé avec l’augmentation de la pression économique et financière sur les collectivités. Le mode de gestion publique est en réalité un véritable atout sur lequel il faudrait plus et mieux s’appuyer, chacun à son niveau, pour avoir un impact plus fort et des retombées toujours plus positives pour les territoires. Mais ces impacts et ces retombées sont très inégales d’un territoire à l’autre en fonction de 5 préalables :
  1. entretenir un écosystème territorial adapté au(x) bassin(s) de vie et d’activité,
  2. posséder les ingrédients essentiels à tout territoire dit de destination,
  3. avoir la capacité et la dynamique adéquates au sein même de l’équipement,
  4. savoir se projeter et évoluer en fonction d’objectifs stratégiques et opérationnels,
  5. piloter via un mode de gouvernance efficace et doté d’une vision à court terme et à moyen terme.
Ces 5 préalables doivent être parfaitement évalués et en ordre de marche, sans quoi c’est la foire aux illusions, avec son lot de désillusions lourd de conséquences, mais les évaluer et les (re)mettre en ordre de marche crée les conditions d’une adéquation entre offre et demande réussie et d’une plus grande soutenabilité, ce qui est plus que jamais indispensable aujourd’hui.
Si ces 5 préalables devenaient 5 critères d’analyse et d’aide à la décision (et le cas échéant de conduite du changement), les responsables et les décideurs présideraient plus aisément à la destinée de leur équipement et de leur territoire, sans se soucier outre mesure du sens des statistiques macro-économiques.

Classé dans:Analyses, Gouvernances, , , , , , , , , , ,

Marque France et marques économiques et touristiques de territoire

A l’heure où la France recherche une marque qui illustrerait « le récit économique français » (selon le communiqué commun des 4 ministres (commerce extérieur, redressement productif, artisanat – commerce et tourisme, économie numérique) qui ont lancé ce processus .. qui a fait l’objet d’un rapport – en pièces jointes – qui a retenu 3 valeurs pour construire la future marque de notre pays : « l’amour des gestes et des savoir faire », « la vision, la capacité à penser, imaginer et initier », « l’art de la surprise » …et qui a fait des propositions aussi convenues que « l’importance de l’accueil » (proposition 5), « le pays du design » (proposition 6), « les grands événements » (proposition 8), « la traçabilité des droits de l’homme et de la RSE » (proposition 19)), de nombreux territoires français (départements, régions, villes et intercommunalités) ont déjà entrepris cette démarche de « branding territorial », dont il conviendrait peut être de s’inspirer.

Car à l’instar d’un produit, un territoire est une marque, qui, selon le grand expert de cette problématique – Jean-Noel Kapferer, professeur à HEC – « conduit à se reconnaître dans des valeurs, une vision du monde, une culture » (in revue française de gestion n° 218-219- 2011). Or comment construire une marque France ex-nihilo sans s’inspirer des succès et des échecs des marques territoriales existantes pour certaines depuis des dizaines d’années ? L’ADETEM (association nationale des experts en marketing) qui renferme en son sein un club marketing territorial note ainsi le 17 juillet 2013, avec le regret de ne pas avoir été consulté, que « au regard des enjeux, il nous semble essentiel d’apporter une contribution positive au débat national pour que la marque France s’enrichisse des initiatives territoriales tant sur le fonds que sur la forme. Autre point à aborder, les marques territoriales doivent-elles être alignées sur la marque France pas encore née ? N’est-il pas temps de construire la marque France enrichie des marques territoriales et inversement ? » (Vincent Gollain, Christophe Le Bret et Gérard Lombardi).

Dans cette perspective, nous nous proposons de faire un rapide tour d’horizon des marques territoriales et des évolutions récentes du marketing territorial sur le fonds comme sur la forme, et notamment : apparition des marques globales (tant économiques que touristiques et résidentielles), effacement de l’institution derrière le territoire, fin programmée de l’autonomie des marques touristiques, recentrage sur des « signatures » évitant les fausses promesses, les messages abscons ou prétentieux…

D’abord, la marque globale partagée, marque ombrelle derrière laquelle tous les acteurs économiques, touristiques, culturels, de la ville ou du territoire…se retrouvent. Contrairement à une idée fausse que veulent nous faire passer certains « gourous » de la communication qui ne jurent que par les exemples étrangers (Ah le Valais suisse, cité dans tous les colloques), nous avons repéré de bons exemples en France : Only Lyon, So Toulouse, Nantes just Imagine …et plus récemment Loire et Orléans, marque conjointe partagée du département du Loiret et de l’Agglomération d’Orléans. Sur ce dernier exemple, l’initiateur principal, le sénateur Doligé – président du Conseil Général du Loiret – déclare lucide (enfin) « Nous ne défendons pas nos institutions mais un territoire ». Il y avait urgence et la simplicité, l’évidence est apparue : Loiret ne parle à personne, alors que « Loire et Orléans », tout est dit. Au passage, cela oblige les multiples agences économiques, urbaines et touristiques à travailler ensemble et non plus dans leur coin. La marque partagée est le signal du nécessaire regroupement des agences économiques départementales et des Comités départementaux du Tourisme, ce qui a déjà commencé dans la Sarthe,  en Vendée ou dans les Vosges voire dans certaines régions pionnières (absorption du CRT Languedoc Roussillon dans la SEM Sud de France par exemple, création de la SEM économique et touristique des Pays de Loire…).

Il y a évidemment du « ménage » à faire, car les marques – notamment touristiques – pullulent surtout au niveau des départements, un peu moins des régions.

En ce qui concerne les régions, pour qui trouver un message fédérateur « une signature », au delà du logo est difficile (ainsi Bretagne, Rhône Alpes, PACA, Bourgogne, Alsace se contentent d’un logo bloc marque relooké ; ce sont d’ailleurs soit des régions historiques qu’il n’est pas besoin d’expliquer, soit des créations administratives ex-nihilo sans identité…), le mouvement est néanmoins amorcé avec l’exemplaire et récent « Originale Franche Comté », « Auvergne Nouveau Monde », ou le tout nouveau « Midi Pyrénées, les vacances en vrai ».

En ce qui concerne les départements, quasiment tous ont une signature touristique, mais peu portent aussi loin que «Aude pays cathare » (d’ailleurs une des premières marques partagées, 20 ans en arrière ) : on a vu ainsi fleurir pèle mêle récemment « Corrèze, tout de suite ailleurs », « Côte d’Or, l’absolue Bourgogne », « Creuse, être libre », « Doubs, les belles rencontres », « Hérault, Languedoc », « Vosges, je vois la vie en Vosges »…..Mais que comprendre quand dans un même département, le Maine et Loire par exemple, le tourisme communique avec « Anjou, cultivons l’émotion » et l’économie avec « l’avenir pousse en Anjou » ?

Alors tentons quelques conseils, analyse subjective sous forme de 3 recettes illustrées :

  1. privilégier les évidences géographiques
  2. éviter les marques prétentieuses (Ah le sens ! et les audits identitaires !) porteuses de fausses promesses
  3. recourir aux clins d’œil pour se différencier

Quelques exemples à l’appui des évidences géographiques…qui reviennent en force :

  • « la Champagne, la Marne » (tout simplement car ce département fait corps avec la région et le vin…bien que le Champagne ait été impossible, vu du Comité des Vins de Champagne)
  • la Saône et Loire, « Bourgogne du sud »
  • le Morbihan « Bretagne côté sud »
  • ou encore l’exceptionnel Languedoc Roussillon « Sud de France »

Quelques exemples à l’appui des marques prétentieuses à éviter (même en s’abritant derrière le sens, les audits identitaires, et la fierté retrouvée des habitants car la fausse promesse n’est pas loin !) :

  • Limousin « Osez la différence »
  • Nord Pas de Calais « créateur d’horizons »

A l’inverse Paris Ile de France « source of inspiration » est évidemment en phase avec l’histoire artistique innovante de cette région, « Esprit de Picardie » marche bien car il n’y a pas beaucoup d’autre chose à vendre dans cette région que les habitants (pardon pour la baie de Somme et le tourisme de mémoire).

Enfin recourir aux clins d’œil pour se différencier est délicat mais peut s’avérer payant :

  • « l’N on l’M » pour l’Aisne
  • « Je vois la vie en Vosges »
  • « Normandie pour la vie »

Mais gare aux formulations, comme « Loire Atlantique Oh La La » ou le célèbre « Point G » en Gironde (heureusement retiré).

En guise de conclusion provisoire :

Au niveau des territoires, si le rapprochement des marques touristiques et économiques est en marche et c’est tant mieux, deux questions restent en suspens :

  • tous les territoires méritent-ils du « branding  territorial » ?, ce qui renvoie à la question du territoire pertinent de communication (en tourisme, notamment tous les territoires ne sont pas dotés d’atouts suffisants pour devenir des destinations attractives…vu de l’externe bien sûr des clients…pas des politiques qui se préoccupent avant tout des habitants et de leurs électeurs donc de l’interne…il est probable que quelques départements à l’identité et l’attractivité trop faible aient intérêt à se ranger derrière l’étendard régional par exemple),
  • saura t-on partout mettre au second plan les institutions et regrouper tous les politiques d’un territoire, le contre exemple étant donné en 2013 par la campagne « Montpellier unlimited » sur fonds de rivalité politique agglomération/ ville ?

Au niveau national, la marque France doit accoucher d’une proposition simple, rapide (car la concurrence se déploie) et discrète pour pouvoir être reprise en « ombrelle » par les territoires partis en avance: Marca Espana vient de se lancer à Paris sur fond d’armoiries espagnoles or et sang simplissime avec un site internet remarquable, et l’Italie ne nous a pas attendu pour déployer « Italian Way of living » (au même moment où le rapport sur la marque France évacue le concept « art de vivre », concept non directement économique !!!).

Jean-Michel Puydebat*

Du même auteur :

*Jean-Michel Puydebat est consultant spécialisé en management de la culture et du tourisme, directeur de PV2D, président du réseau de consultants CPIP et membre de CEG.

Classé dans:Non classé, , , , ,

ADP : La démocratisation culturelle comme argument marketing

Culture et Communication

Nouvel article passionnant d’Aude Mathey sur son excellent Culture et Communication. Elle revient sur l’expérience menée dans le hall M du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où est ouvert depuis le 15 janvier dernier un « Espace Musées ». C’est avec plaisir que nous relayons cet article.

 ____

Vous l’avez probablement déjà remarqué, soit parce que vous êtes un(e) habitué(e) de Roissy-Charles-de-Gaulle ou tout simplement parce que vous l’avez vu dans la presse, Aéroports de Paris (ci-après ADP) a ouvert un « Espace Musées » dans le hall M (de la « mode ») du terminal 2E  le 15 janvier dernier.

L’Espace Musées, initié par Francis Briest, co-président de la maison de vente Artcurial entouré d’ADP bien sûr mais aussi de Serge Lemoine, ancien président du Musée d’Orsay (qui assure la direction artistique de toutes les expositions), Nelson Wilmotte, du cabinet Nelson Wilmotte Architectes (qui a conçu l’architecture du lieu avec l’assistance de l’agence Wilmotte & Associés), a pour vocation de présenter au public au départ ou en transit au Terminal 2E deux expositions par an avec des fonds provenant des musées parisiens.

Cet espace en fait pas suite à un besoin de loisirs particulier exprimé par les passagers selon Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, mais symbolise la touche finale de la transformation de l’espace commercial du terminal. En effet, il y a 2-3 ans, afin de pouvoir raconter une histoire autour de Paris, les espaces commerciaux et de restauration devaient adopter la même forme, la même ambiance. L’Espace Musées, écrin de 250 m², a donc pour but, au milieu de restaurants et de boutiques de luxe, de créer une expérience originale pour un public qui n’aurait pas forcément l’habitude des musées, souligne Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin.

UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ?

L’Espace Musées, pour sa première exposition, accueille plusieurs oeuvres du musée Rodin, des plus emblématiques au plus méconnues sur le thème des « Ailes de la Gloire ». Les prochaines expositions qui auront lieu tous les 6 mois proviendront de collections aussi bien publiques que privées, mais auront toutes pour trait commun de faire référence à la thématique du voyage et de l’humain ainsi que de pouvoir faire appel à des thèmes universels ou qui, en tout cas, puissent être compris par différentes cultures ajoute Anne de Turenne, chef de projet à l’Espace Musées. Le terminal 2E est en effet un lieu de destination et de départ de longs courriers. La programmation dans tous les cas doit être validée conjointement avec le musée, même si l’intégralité des frais et de la gestion de l’exposition est prise en charge par le fonds de dotation de l’espace (nous n’avons pas réussi à en connaître le budget).

En ce qui concerne la médiation, puisque le public est extrêmement diversifié, l’Espace Musées a souhaité privilégier une borne interactive et des cartels. Une application, au risque d’être trop isolante et donc empêchant les voyageurs de pouvoir suivre les annonces sur leurs vols, n’est pour l’instant pas envisagée. Il ne fat en effet ne pas oublier que nous restons dans un aéroport.

Ce projet, quoique innovant, n’est pourtant pas unique. L’aéroport d’Amsterdam-Schipol a lui aussi son annexe du Rijksmuseum. L’expérience y certes différente puisque seul un musée est concerné, mais il serait intéressant de voir le développement de ce type d’offre sur d’autres aéroports similaires dans de grandes villes à fort potentiel culturel.

L’adhésion d’ADP à ce projet, au-delà de la « mission d’accessibilité et de diffusion de la culture artistique française » comme le dit si bien Augustin de Romanet, président-directeur général d’Aéroports de Paris, s’est également et surtout faite grâce à la valeur ajoutée qu’apporte ce type de projet dans un campagne stratégique et de positionnement.

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE, ARGUMENT MARKETING ?

Ainsi que le soulignait plus haut Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, l’espace Musées est venu apporter la dernière touche à une stratégie de storytelling bien pensée.

Qu’est-ce que le storytelling, tout simplement « raconter des histoires ». Non pas raconter des mensonges, mais apporter un fil conducteur dans le cadre d’une stratégie marketing, mais également dans la rédaction de contenus de médiation ou tout simplement bien sûr dans l’écriture d’un roman. Le storytelling a été adopté depuis plusieurs années déjà par les professionnels du marketing. Il est en effet plus facile de positionner une marque et de faire comprendre son positionnement grâce à l’adoption d’un fil rouge clair, cohérent et répétitif dans les supports de communication.

Aéroports de Paris a tout intérêt à ce que les voyageurs fréquentent assidûment ses aéroports, qu’ils les privilégient plutôt que les gares de train (pour arriver à la même destination lorsque le choix est possible) ou transiter par l’un d’entre eux plutôt que dans un autre aéroport avant d’arriver à sa destination finale. «Soixante-et-un millions de passagers transitent chaque année à Paris-Charles-de Gaulle. Or, confort et réputation d’un aéroport conditionnent le choix de la correspondance. Nous voulons faire préférer Roissy», martèle Pascal Bourgue, directeur Marketing d’ADP. Il est donc important qu’ADP donne envie aux voyageurs de revenir et leur laisser une « bonne impression » selon Jérôme Landras. L’enjeu est important et le fil rouge qui doit être développé est stratégique. C’est ainsi que des travaux ont été développés dans le hall M (comme « Mode ») afin de donner une harmonie à chacune des boutiques et des espaces de restaurations. La plupart d’entre eux sont des commerces de luxe ou haut-de-gamme, ce qui correspond parfaitement à l’image de la France que peut se forger un touriste étranger, mais également au public auquel ADP s’adresse (puisque le terminal 2E propose des vols majoritairement longs-courriers, le pouvoir d’achat de ses voyageurs est donc plus important que pour les autres terminaux). Au-delà de la mode et de la gastronomie, ADP se devait de faire connaître la culture française, via un succédané, une sélection des meilleures oeuvres de musées parisiens. C’est ainsi que les 250 m² de l’Espace Musées, lieu de culture accessible gratuitement, devient le point d’orgue de cette expérience. Jérôme Landras a ainsi remarqué, lors de l’ouverture de l’espace, que les premiers visiteurs étaient ravis et bluffés de découvrir un lieu d’exposition. Le but aura donc été atteint.

Cependant, drainer des voyageurs toujours de plus en plus nombreux ne serait pas le seul but de l’Espace Musées. Bien qu’aucun partenariat n’ait été noué avec le Ministère de la culture et de la communication (peut-être que l’Espace Musées veut préserver son indépendance vis-à-vis d’une grande institution ?), l’enjeu est grand pour les musées sont les oeuvres sont exposées. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le public fréquentant le terminal 2E a un pouvoir d’achat important, et provient des Amériques, de l’Asie et de l’Afrique. Bref, des zones géographiques dans lesquelles résident un bassin très important d’amoureux de la culture française et potentiellement mécènes. Anne de Turenne ne nous l’a confirmé qu’à demi-mot. Bien que le fonds de dotation bénéficie aujourd’hui de fonds propres (dont on ne sait toujours pas le montant) et d’aucun soutien extérieur, que ce soit de l’Etat ou d’un partenaire privé, il ne ferme pour autant pas la porte à de potentiels mécènes. Cette question doit pour autant être envisagée avec les musées dont les œuvres sont exposées. Peut-être leur en ai-je donné l’idée ? Ils viennent de créer une rubrique « Soutenir le musée »…

Le prochain musée partenaire de l’Espace Musées n’est pas encore communiqué. Mais des informations circuleraient sur une présentation des œuvres du musée Maillo. Plus d’informations à venir au printemps.

Gageons que cela fonctionnera. L’inverse serait fort dommage dans ce lieu particulièrement cosmopolite. À terme, l’Espace Musées espère accueillir 500.000 visiteurs par an.

Le dossier de presse ici.

Pour lire l’article dans son version originale, cliquez ici.

Classé dans:Analyses, Evénements, Expériences, , , , , , ,

Paris a des progrès à faire pour garder son rang

Même si ce type de classement est toujours sujet à caution méthodologique, les résultats de la dernière enquête du site international TripAdvisor.com, présentée le 13 décembre, devraient faire réfléchir tous les responsables du tourisme parisien. Ces résultats sont en effet particulièrement mauvais pour ce qui demeure la première destination touristique mondiale.
Le site international TripAdvisor, qui recueille les avis, conseils et photos de tous les voyageurs, a en effet dépouillé et analysé les avis et les commentaires de 75.000 de ses utilisateurs. Objectif : établir un classement des 40 principales villes touristiques du monde les plus appréciées des touristes. Les villes ont été notées et classées sur la base de neuf critères touchant principalement à la qualité de l’accueil et à l’impression immédiate laissée aux visiteurs : l’amabilité des habitants, celle des chauffeurs de taxis, les meilleurs services de taxis, la propreté des rues, la facilité à se promener, la qualité des transports publics, le rapport qualité-prix, le meilleur « shopping » et les villes les plus sûres.
Personne ne s’étonnera du mauvais classement des taxis parisiens en termes d’amabilité (30e sur 40). Petite consolation toutefois pour ces derniers : l’amabilité des Parisiens est encore plus mal notée que la leur, puisqu’elle figure au 33e rang sur 40 !… Et une petite consolation pour les Parisiens : leurs vieux rivaux londoniens sont 39e… Les résultats parisiens sont médiocres également sur le rapport qualité-prix (31e), sur l’offre de taxis (29e), sur la propreté des rues (24e) et sur la sécurité (22e). Les seuls classements honorables concernent les transports en commun (10e), la facilité à de promener (11e) et le shopping (11e). Si TripAdvisor n’établit pas de classement général, il ressort très clairement que la ville préférée des touristes internationaux est Tokyo, qui occupe cinq fois le premier rang sur les neuf critères étudiés. Ainsi que l’exprime sobrement le communiqué de TripAdvisor France, « malgré sa réputation de Ville Lumière, Paris a encore beaucoup à faire pour séduire les voyageurs du monde entier et faire un sans-faute sur certains des aspects pour lesquels ils ont le plus d’exigence ».
On pourrait certes contester certains aspects du classement (quel rapport entre Paris et Punta Cana ou Charm el-Cheikh ?) et se dire que la capitale s’en sortirait mieux si l’enquête avait également pris en compte la richesse du patrimoine et l’offre de culture et de loisirs. Mais il reste que la médiocrité de l’accueil des touristes est désormais un fait établi par de multiples enquêtes. Plusieurs rapports officiels se sont d’ailleurs penchés sur la question. Une charte « Qualité de l’accueil en France : une ambition partagée » a même été signée entre l’Etat et les acteurs du tourisme en mars 2011, avec huit engagements déclinés en 24 « actions opérationnelles » (voir nos articles ci-contre du 2 mars et du 1er décembre 2011). Le moins qu’on puisse dire, au vu de l’étude de TripAdvisor, est que les résultats laissent encore à désirer..

Jean-Noël Escudié

Source : Localtis

Classé dans:Analyses, , , ,

First international conference on creative tourism

Ci-dessous l’invitation à participer à la première conférence internationale autour du Tourisme Créatif, organisée à Barcelone par le Creative Tourism Network et Fusic, la Fondation Societat i Cultura.

Dear colleagues and friends,

We would be very delighted to welcome you at the occasion of the International Conference on Creative Tourism, that will take place in Barcelona, on the next December, 9th and 10th.

This  meeting will bring together researchers, urban planners, policy designers, artists, cultural activists and tourist professionals to assess the benefits of international collaboration in the rapidly developing field of creative tourism.

The conference will offer the opportunity to learn further about creative tourism, thanks to the lecture given by Professor Greg Richards, one of the originators of the concept, as well as to discover a wide range of case studies of projects and urban strategies related to this new trend.

call for papers and a call for projects and cities application are still opened.

We wait for your active participation! (Places are limited)

Further information at: www.creativetourismnetwork.org

Best regards,

Caroline Couret,
Program manager

Classé dans:Evénements, , , , ,

La richesse culturelle de la Bulgarie reste cachée

La plupart des touristes viennent en Bulgarie pour lézarder sur la plage et boire à outrance de l’alcool bon marché, critique le quotidien Standart qui demande que l’on montre plus d’intérêt pour les trésors culturels du pays : “Nous montrons toujours notre mauvais côté, le bon reste dans l’ombre. Nous avons sept sites classés par l’UNESCO. Nous avons la culture thrace qui est plus ancienne que la Grèce antique. Nous avons le plus vieil or d’Europe à la nécropole de Varna, des cités romaines, des châteaux du Moyen-Age et des monastères. … Tout cela reste, à quelques exceptions près, caché du monde. Cela ne permettrait pas seulement de faire apparaître la Bulgarie sous un nouveau jour, cela lui permettrait également de retirer les bénéfices d’un tourisme culturel. … La mer et les bars sont bien beaux mais il est temps aussi d’attirer des touristes exigeants. Nous sommes déjà assurés de voir ceux de troisième zone.”

Source : BpB

Classé dans:Analyses, , , ,

1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference

This conference is jointly organised by:

We are pleased to announce the 1st Tourism-Contact-Culture Research Network Conference: Tourism and Seductions of Difference, which will take place in Lisbon, Portugal from 10 to 12 September 2010. The Conference builds on previous events organised by the Centre for Tourism and Cultural Change at Leeds Metropolitan University (www.tourism-culture.com) and will mark the establishment of the Tourism-Contact-Culture Research Network as an international group of university researchers interested in critical tourism research. It will also bring a long established tradition in tourism anthropology research at the Portuguese Network Centre for Anthropological Research, CRIA (www.cria.org.pt) to a wider international audience. The conference is to become an annual series hosted by members of the Tourism-Contact-Culture Research Network or by the annual conferences of professional academic associations.

As tourism research spreads into the social sciences, the aim of this series is to bring together social scientists studying tourism and related social phenomena from different disciplinary perspectives. We wish to discuss and ‘test’ the theoretical premises of foundational texts in tourism studies and to develop ongoing critique and new ideas. We welcome papers both from established academics re-assessing their work in the light of current theoretical developments in the social sciences and from an emergent generation of academics presenting their research outputs. Tourism and Seductions of Difference, the theme of the 2010 Conference in Lisbon, Portugal addresses key issues and theoretical perspectives which have left their mark on tourism research over recent years.

Tourism and Seductions of Difference

The idea of ‘difference’ appears to be one of the central ontological premises of tourism. Tourists travel to, and through, spaces ‘different’ from those they inhabit most of the time. They voluntarily expose their bodies to different environments; they may ingest different foods, live in a different temporality, and meet different people. Many authors have studied how such differences are socially construed, how people and places are experienced and brought into being through the perceptive realms of the journey, but also through the political agendas of stakeholders acting within the field of tourism and cultural policy. The cultural history of tourism indicates that tourists are somehow ‘seduced’ by specific places or types of places – forests, mountains, rivers, churches and religious shrines, stately homes and palaces, ancient monuments, ruins, waterfalls, seashores, countrysides, islands, cities, etc. Some psychologists, for instance, have observed how some places – such as Florence, Jerusalem, or Paris – trigger quasi-Stendhalian epiphanies among certain tourists who often do not seem to share more than a common nationality. Who, or what are they seduced by? What constitutes this arousal? How do tourists learn what to be seduced by? How is the tourist experience and the temptation to travel culturally framed? How are places and tourist attractions assembled to entice tourists?

The political economy of seduction in tourism is often part of the processes that support the formation and symbolic configuration of specific social and temporal separations. Seen by some commentators as a socially organised transgression of social and spatial boundaries, tourism appears to question the ontology of differences. By doing so, it seems to contribute to the bringing-into-being and reaffirmation, but also to the readjustment, of moral orders underlying various boundaries, differences, separations and related concepts of self. Tourism has played and continues to play an important role in the formation and maintenance of nationalisms, gender and social classes, but also in struggles for the recognition of ethnic or indigenous identities, and the legitimisation of cultural specificities of regions or people. It is being formed and performed within different contact zones marked by forms of mutual seduction. In many cases, primeval tourist attractions have become socially reproduced and cultivated as markers of social identity within ‘destinations’. Semantically re-embedded in the lingo of heritage, these attractions have frequently helped to shape and legitimate new forms of local, ethnic or national identity within ‘destination’ societies. Tourists are often actively lured here into admiring sets of attractions whose underlying moral order embodies claims to specific forms of identity and political power within such societies. How do the various contact zones of tourism – hospitality spaces, living rooms, city centres, heritage sites, museums, gardens and landscapes etc. – allow such claims to be formed and performed? Which are the mediators of such claims? What is the allure and political magic of tourism within these contexts?

Seduction is no isolated act but always has some form of consequence and usually demands compensation. In the same vein, touristic consumption is not free, and in different senses implies forms of expected reciprocity. What are the moral obligations of those who lure tourists to a symbolic death by singing a siren song? How are tourists resuscitated, and how do they buy their freedom? What are the threats and consequences of seducing tourists? What happens when tourists seduce? How does tourism seduce all sorts of people and who rejects seduction? What kinds of society result from tourism?

Themes

Along with studies on methodological issues in tourism research, we welcome papers that address issues related to the theme of the conference. Indicative topics of interest include:

  • Ontologies of seduction: boundaries, differences, separations, times, others
  • Formations of seduction: social assemblages, contact cultures, attractions
  • Fields of seduction: gender, houses, heritages, nations, territories, classes
  • Mediums of seduction: texts, bodies, arts, architectures, foods and natures
  • Techniques of seduction: performance, flirtation, enticement, friendship, magic,  concealment
  • Emotions of seduction: temptations, transgressions, ingestions, emancipations
  • Threats of seduction: spoliation, contamination, exclusion, death, degradation
  • Politics of seduction: hospitality, containment, kinship, power
  • Moralities of seduction: obligations, reciprocity, co-habitation
  • Consequences of seduction: mobilities, cosmopolitanisms, world society

Academic Committee

  • David Picard and Maria Cardeira (CRIA/FCSH-Dept of Anthropology, Universidade Nova de Lisboa, Portugal)
  • Simone Abram and Mike Robinson (Centre for Tourism and Cultural Change (CTCC), Leeds Metropolitan University, UK)
  • Saskia Cousin (research group Tourisme: Recherches-Institutions-Pratiques, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) in Paris, France )
  • Nelson Graburn and Maki Tanaka (Tourism Studies Working Group (TSWG), University of California at Berkeley, USA)
  • Noel B. Salazar (Cultural Mobilities Research (CuMoRe), University of Leuven, Belgium)
  • Mathis Stocks (Centre de Recherche Interdisciplinaire sur le Tourisme, Institut Universitaire Kurt Bösch, Sion, Switzerland)
  • Pamila Gupta (Anthropology-Wits Institute for Social and Economic Research(WISER), University of the Witwatersrand, Johannesburg, South Africa)
  • Naomi Leite (Dept of Anthropology, University of Toronto, Canada)
  • Camila del Marmol (research group Patrimonialization of Nature and Culture, University of Barcelona, Catalonia, Spain)
  • Ramona Lenz (Institute of Cultural Anthropology and European Ethnology, Goethe University Frankfurt, Germany)
  • Chiara Cipollari (Dept of Anthropology, University of Perugia, Italy
  • Sanja Kalapos Gasparac (Institute of Ethnology and Folklore Research, Zagreb, Croatia)
  • Britt Kramvig (Northern Research Institute (Norut), Tromsø, Norway)
  • Ester Võsu (Institute for Cultural Research and Fine Arts, University of Tartu, Estonia)
  • Margaret Hard (University of Las Palmas de Gran Canaria, Spain)
  • Michael A. Di Giovine (Dept of Anthropology, University of Chicago, USA)
  • Kenneth Little (Dept of Anthropology, York University at Toronto, Canada)

Call for papers

During the conference, paper presenters will be given 20 minutes with an additional Q&A time of 10 minutes (TBC). To propose a paper, please send a 250 word abstract including title and full contact details to tourismcontactculture@gmail.com. The Call for Papers for this event will initially be open until 20 March 2010. Late abstracts may be considered.

Registration

Registrations will be open from the end of March 2010. Registration forms can soon be downloaded at www.tourism-culture.comand at .www.cria.org.pt

Funding and Sponsorship

The conference is based on a cover-cost basis. Registration fees have not been fixed and their amount shall depend on the outcomes of different funding bids. The conference will not pay for travel and accommodation costs. Special rates for students and early registrations shall be available. Further details will soon be available.

Contact

Dr David Picard

CRIA/FCSH-Universidade Nova de Lisboa, Lisbon

CTCC, Leeds Metropolitan University, Leeds, UK

Conference contact email: tourismcontactculture@gmail.com

Url associée : http://www.tourism-culture.com/pop_up/forthcoming_conference…

Source : rezotour.com

Classé dans:Evénements, Gouvernances, Ingénieries, Outils, Politiques culturelles, , , ,

La semaine du tourisme britannique met le Mur d’Hadrien à l’honneur

Le mur d’Hadrien, la fortification qui marquait, dans l’actuelle Grande-Bretagne, la frontière nord de l’empire romain, a été illuminé sur toute sa longueur samedi par des torches portées par 500 volontaires.

Tout au long du mur qui sur 135 km traverse l’Angleterre, de Wallsend au nord-est à Bowess-sur-Solway au nord-ouest, 500 torches ont été allumées pendant 30 minutes tous les 250 mètres alors que la nuit tombait pour former une ligne de lumière sur le sentier qui court le long du mur.

Cette célébration aura nécessité la collaboration des 120 propriétaires des terrains traversés par le mur (même si ces terres appartiennent en définitive à la Reine) et la participation de milliers de volontaires dont certains venaient du Canada et d’Australie.

L’événement entendait marquer la semaine du tourisme britannique et le 1.600ème anniversaire de la fin de l’empire romain en Grande-Bretagne, en 410 après JC.

Cette célébration fut sans aucun doute chargée d’émotion car outre le fait que les anglais (en particulier les habitants du nord du pays) sont très attachés au mur, elle fut immortalisée par les milliers de touristes présents. Nombreux sont celles et ceux qui ont dû regretter que cette illumination ne dure que 30 minutes mais l’événement a toutefois été filmé depuis un hélicoptère qui a survolé tout le parcours. Cette semaine du tourisme britannique ne pouvait pas mieux marquer les esprits avec une telle opération.

Le mur, aujourd’hui inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, avait été construit en 122 après JC sur ordre de l’empereur romain Hadrien, pour marquer la frontière nord de l’empire. C’est le monument de l’Antiquité le plus grand de l’Europe du nord.

Classé dans:Evénements, Expériences, , ,

La Corée du Sud veut être dans le top 10 mondial de la culture

Le minitre de la culture sud coréen Yu In-chon a fortement marqué les esprits lors de son discours des vœux pour 2010, en affirmant que son ministère allait désormais travailler d’arrache-pied pour le développement de l’industrie du tourisme. « Visit Korea 2010-2012 » est le slogan de la campagne qui vient d’être lancée et qui vise à faire de la Corée du Sud un des 10 pays les plus développés sur le plan culturel au monde.

Cette campagne a pour objectif de valoriser et promouvoir, grâce à la création de nouveaux sites, de nouvelles destinations et de nouveaux événements culturels dans l’année qui vient, de manière à « attirer les amis du monde entier » a déclarré le ministre.

Avec l’accueil du prochain sommet du G20, les nouveaux musées nationaux, les galeries et les centres d’arts seront les vitrines de l’histoire et de la culture sud coréenne et le ministre veut profiter de l’opportunité de novembre prochain pour considérablement améliorer de l’image du pays et renforcer son attractivité touristique. Pour ce faire, la campagne « Visit Korea 2010-2012 » s’articulera autour de trois thématiques (2010 : « City and Style », 2011 : »Nature and People », 2012 : »Blue Ocean »). Chaque année s’appuiera notamment sur des événements d’ambition internationale autour des thèmes de la gastronomie, de l’éducation, du sport, de la culture :

  • 2010 est l’année de Séoul capitale mondiale du design, où la culture populaire sud-est asiatique, le tourisme urbain, la culture et la mode (secteurs en pleine explosion là-bas) seront à l’honneur ;
  • 2011 sera l’année pendant laquelle les championnats du monde d’athlétisme se dérouleront à Daegu et l’accent sera mis sur le tourisme vert ;
  • 2012 sera l’année de l’exposition internationale de Yeosu, année pendant laquelle les projecteurs seront braqués sur les technologies de l’information et de la communication, le tourisme maritime et balnéaire.

Au cours de chaque année, de nombreux événements seront organisés et rien que les trois événements mentionnés ci-dessous visent à eux seuls 8,5 millions de visiteurs étrangers. Il convient de noter que selon un rapport publié début janvier par la KTO (Korea Tourism Organization), 7,8 millions d’étrangers ont visité le pays, dont 56% de Japonais et de Chinois, ceci permet de mesurer l’ambition visée par le ministre.

Or cet objectif n’a rien une vue de l’esprit et n’a rien non plus d’un pari totalement fou puisque le ministère de la culture (qui a également le tourisme et le sport dans son portefeuille) poursuit la mise en œuvre d’une stratégie sans précédent pour le pays depuis près de trois ans, stratégie que nous avons évoquée à plusieurs reprises (notamment ici et ). Cette stratégie vise à trouver la bonne adéquation entre infrastructures et événéments, à mettre en ordre de marche les professionnels des secteurs de la culture et du tourisme (non sans une certaine autorité d’ailleurs) et à placer au rang de priorité nationale le rayonnement culturel du pays dans sa zone régionale mais aussi au niveau mondial. Il est vrai que la notion de culture a toujours été abordée de manière très spécifique en Corée du Sud, mise très en avant et au service de laquelle chacun se doit de contribuer.

Le tourisme culturel est pris très au sérieux par le gouvernement, et on mesure le poids des investissements réalisés lorsque la KTO évalue l’impulsion économique de cette politique à près de 2 points de PIB sur les deux dernières années. A l’échelle géographique et démographique du pays et dans le contexte économique, ceci constitue un effort considérable et sans équivalent.

Pour plus d’informations, visitez le site officiel du tourisme sud coréen.

Classé dans:Analyses, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Politiques culturelles, , , , , ,

Régions créatives : patrimoine, création et tourisme

La chaire Arts, Culture et Management en Europe BEM-Bordeaux Management School organise le troisième International ACME Workshop. La chaire ACME poursuit ses workshops internationaux, réunissant chercheurs et professionnels, avec une série de trois rendez-vous thématiques sur les régions créatives en 2009, 2010 et 2011.
Les régions créatives sont caractérisées par une identité culturelle portée par des infrastructures sociales et économiques propres. Elles se développent sous différentes conditions structurelles, économiques, politiques, organisationnelles, sociales.
Dans chaque workshop, cette question de recherche sera abordée à chaque fois sous l’angle d’un thème particulier, pertinent pour l’Aquitaine. L’édition 2009 aborde le triptyque « Patrimoine, Création et Tourisme », classique et toujours complexe.

THÈMES
Quels sont les rôles du patrimoine (matériel et immatériel), de la création et du tourisme, dans les stratégies de développement régional ? Comment ce triptyque construit-il l’identité des régions créatives ? Comment génère-t-il un processus de croissance ? Quels sont les différents modèles de régions créatives fondées sur ce triptyque ?
Quelles relations entre patrimoine et création, patrimoine et tourisme, création et tourisme dans les régions aujourd’hui ? Comment les interactions entre ces trois domaines d’activités, à la fois concurrents et complémentaires, contribuent-elles au développement des régions créatives ? Comment dépasser leurs antagonismes classiques et créer leur synergie ? Quel rôle les régions jouent-elles dans le processus de valorisation du patrimoine, de la création et du tourisme ? Quelles sont leurs politiques ? Quelles stratégies spécifiques, qui favorisent le développement de leur région, les organisations du patrimoine, de la création et du tourisme mettent-elles en oeuvre ? En quoi sont-elles nécessaires à une démarche de marketing territorial ?

Plus précisément :

  • Quel est le rôle du patrimoine matériel et immatériel dans le fonctionnement des clusters et districts créatifs ? Dans le développement de la création en général ?
  • Quel est le rôle de la création et plus largement des industries créatives dans la promotion du patrimoine des régions ?
  • Pourquoi le patrimoine peut-il être défini comme une industrie créative ? Comment est-il relié aux autres industries créatives ? La notion de « patrimoine du futur » a-t-elle un sens ?
  • Quelle place occupe le patrimoine dans les stratégies des acteurs publics et privés du tourisme ?
  • Quels sont les déterminants de l’offre et de la demande de tourisme patrimonial dans les régions créatives ?
  • Comment la création est-elle facteur de tourisme ?
  • Comment les créateurs et les acteurs du tourisme peuvent-ils davantage coopérer au sein d’un territoire ?
  • Comment les artistes et la population de ces régions créatives participent-ils à leur développement ?
  • Quelles sont les stratégies marketing permettant la synergie du patrimoine, de la création et du tourisme ?

Les workshops ACME sont des espaces de dialogue privilégié entre chercheurs et professionnels. Ils mêlent la communication d’expérience de différents acteurs du patrimoine, de la création et du tourisme avec des présentations de travaux scientifiques, issus de différentes disciplines en sciences sociales – sciences de gestion, économie, science politique, sociologie…
• En savoir plus : http://www.bem.edu/fr/Zones-contextuelles/Actualites/2009/Novembre-Dec…
• Document associé :Bulletin-inscription-workshop.pdf

Classé dans:Evénements, Expériences, Gouvernances, , , , , ,

Une convention Culture et Tourisme très attendue

Albi-illustrationFrédéric MITTERRAND, ministre de la Culture et de la Communication, et Hervé NOVELLI, secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation, ont donné le 6 novembre le coup d’envoi d’une nouvelle politique visant à développer le potentiel économique et touristique du patrimoine culturel français.

La culture de la France, par son histoire, son art de vivre, son patrimoine est une source d’attractivité exceptionnelle. En effet, grâce à ses musées, ses monuments, ses festivals, ses évènements culturels, le tourisme culturel tient une place particulière en France, tant dans l’activité économique que dans le rayonnement de notre pays. Ils drainent chaque année des millions de visiteurs français et étrangers. Face à un intérêt croissant de visiteurs venant du monde entier, Frédéric Mitterrand et Hervé Novelli ont voulu engager une action commune et concrète pour répondre à cette attente. Ainsi, ils ont signé, le 6 novembre, une convention cadre « culture-tourisme » qui fixe un objectif prioritaire : favoriser l’innovation et les pratiques de valorisation touristique portant sur le patrimoine monumental, en encourageant des opérations pouvant conduire dans le respect de la conservation de ce patrimoine à la création d’activités touristiques d’affaires, d’hébergement ou de création d’évènements dans les sites.

Le ministère de la culture et de la communication proposera une liste de sites placés sous sa responsabilité ou celle de ses établissements publics, dans lesquels l’expérimentation de la valorisation des lieux par l’installation d’une activité économique (restauration, hôtellerie, séminaires, etc.) lui apparaîtra envisageable au regard de leur qualité et de leur conservation patrimoniales. Il appartiendra à Atout France, l’agence de développement touristique de la France, d’engager avec les responsables des sites concernés, les contacts nécessaires à la mise en place de cette expérimentation.

Les autres objectifs consistent à :

  • œuvrer conjointement au développement de grands projets événementiels, en conjuguant leurs efforts pour favoriser le développement d’événements susceptibles de donner de l’ampleur aux politiques touristiques et culturelles des territoires.
  • élaborer un outil partagé pour la connaissance de la fréquentation touristique des sites et évènements culturels, en mobilisant leurs moyens financiers pour continuer le travail d’amélioration de la connaissance et de la diffusion des fréquentations touristiques des lieux culturels,
  • promouvoir le tourisme culturel auprès des clientèles françaises et internationales qui, pour ces dernières affirment à plus de 50% établir leur choix de séjours en France sur la découverte du patrimoine culturel,
  • développer la marque « Qualité-Tourisme », en valorisant cette démarche qualité participant à l’amélioration de l’accueil et la satisfaction des visiteurs, en la faisant connaître à tous les organismes et établissements publics en charge de lieux de visite culturelle dont le Ministère de la Culture et de la Communication a la tutelle,
  • promouvoir la politique « culture et handicap », en amplifiant leur collaboration afin de généraliser et de mettre en valeur la mise en accessibilité du patrimoine et de l’expression culturelle qui contribuent à l’attrait de l’offre touristique française,
  • renforcer le lien entre tourisme et cinéma, en mobilisant les énergies en liaison avec les collectivités territoriales afin de favoriser le tournage de grandes productions internationales en France,
  • valoriser les itinéraires culturels européens comme vecteur de tourisme responsable, en soutenant le développement en France des « Itinéraires culturels européens » comme exemples d’un véritable tourisme culturel durable et réservant des moyens financiers spécifiques à leur développement,
  • œuvrer conjointement au niveau européen et international, en s’appuyant sur la charte pour le tourisme culturel de l’Unesco et la convention pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles pour promouvoir un modèle de tourisme appuyé sur des valeurs humanistes partagées , avec une attention particulière aux projets qui seront développés dans le cadre de « l’union pour la méditerranée ».

La convention cadre « culture-tourisme » concrétise la collaboration entre les services du ministère de la Culture et de la Communication, et du secrétariat d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services et de la Consommation et donne le coup d’envoi d’une nouvelle et ambitieuse politique de tourisme culturel.

Le texte de la convention

Source : portail du ministère de l’Economie et de l’Emploi.

Classé dans:Ingénieries, Outils, Politiques culturelles, , , , , , ,

La culture s’invite au Forum Innovation Tourisme

Tourisme innovationAprès le succès du premier Forum qui, en 2007, a posé les bases de l’innovation dans le tourisme, cette deuxième édition propose d’aller plus loin en mettant la culture, élément clef de l’attractivité des territoires, au centre des débats. Dans un monde qui se questionne et se redessine, y compris dans le tourisme – en termes d’offres et de pratiques – ce Forum analysera les dynamiques d’innovation portées par la culture, domaine qui a su opérer de profondes mutations en phase avec les valeurs nouvelles de la société.

Organisé du 23 au 24 novembre par Rhône-Alpes Tourisme au Centre des Congrès de Saint-Etienne, ce Forum s’adresse à tous les professionnels du tourisme et de la culture, opérateurs privés ou publics, techniciens, élus et décideurs des collectivités territoriales.

Quelques extraits du programme :

  • Voyage dans le futur : pour innover, intégrer les tendances et évolutions de notre société
  • La Culture s’invite au Forum et parle de ses innovations : casser les codes, oser rompre les habitudes, donner du sens et de la valeur…
  • Culture et Tourisme : les mariages réussis pour le développement des territoires et des entreprises

Créativité et innovation, analyse de success-stories, séances de travail et implication des participants seront encore les maîtres mots, tant sur le fond que sur la forme pour ce Forum à Saint Etienne, ville revisitée par la culture et le design.

Pour plus d’informations, cliquez ici.

Source : Innovation Tourisme.

Classé dans:Evénements, , , , ,

Villes et événements / 2

Lille2004En décembre 2008, nous relations la tenue d’une journée passionnante de l’AGF (Association de Géographes Français) consacrée à la thématique de « L’événementiel et les villes touristiques ». Nous vous informons désormais de la toute récente parution des actes de cette journée. Il  s’agit du numéro 3/2009 du BAGF (Bulletin de l’association).

Les commandes peuvent se faire par courrier électronique (assogeo@wanadoo.fr contact Madame Monique LEPRETTE) ou postal auprès de l’Association à l’adresse postale suivante :

AGF Association de Géographes Français / Institut de Géographie / A l’attention de Madame M. Leprette / 190, rue Saint-Jacques / 75 005 – Paris

Le prix au numéro est de 25 €, les frais de port ne sont pas facturés. Règlement par chèque à libeller à l’ordre de l’Association de Géographes Français.

Classé dans:Ressources, , , , , ,

Bangkok, à la recherche de l’effet Guggenheim

BangkokLa Thaïlande fait probablement partie des pays où les contrastes entre tradition et modernité sont les plus prononcés. La grande prégnance de la culture traditionnelle et du patrimoine religieux y côtoie en effet l’accélération économique de ces 30 dernières années et ses conséquences qui parfois dépassent l’entendement. Signe qu’un certain niveau de maturité a malgré tout été atteint, le tourisme n’est plus la bouée de sauvetage qui avait conduit à « tolérer » certaines pratiques sociétales et environnementales (pour dire les choses gentiment) au profit de l’économie nationale. En effet, le pays a su engager une mutation qui commence aujourd’hui à porter ses fruits même si, ne nous y trompons pas, le tourisme sexuel n’est toutefois pas éradiqué pour autant et même si l’industrialisation du littoral et l’exploitation des ressources naturelles ne sont pas suffisamment contrôlées.

De notre point de vue, les signes de cette maturité se trouvent notamment dans les choix stratégiques de ces dernières années en direction de la culture et de l’économie culturelle. Cultural Engineering Group  évoque régulièrement les évolutions des politiques culturelles des pays d’Asie du Sud-Est et d’Extrême-Orient, témoignant de la très grande vitalité d’initiatives politiques sans complexes et toujours plus tournées vers une contribution multisectorielle de la culture et si nous nous intéressons cette fois-ci à Bangkok, c’est que la ville qui est en train de se préparer à passer à la vitesse supérieure en termes de rayonnement et d’investissement dans la culture.

La capitale thaïlandaise recherche une nouvelle dynamique de projet depuis plusieurs années, forte d’une vie multiculturelle et d’une offre patrimoniale au niveau élevé. Désormais, le ministère de la culture souhaite porter un projet dont l’ambition vise à créer les conditions qui permettent de capitaliser sur le fameux « effet Guggenheim ».

Pour résumer, on qualifie d’ « effet Guggenheim » la montée en gamme d’un territoire grâce à l’implantation d’un équipement culturel d’envergure en se basant sur le niveau des retombées proportionnellement équivalent à celles obtenues par Bilbao depuis la construction de son musée Guggenheim en 1997.

GuggenheimBilbaoLa plupart des grandes institutions culturelles dans le monde se sont penchées à un moment ou un autre sur cette expérience riche en enseignements pour « caler » leurs propres projets de créations, d’extensions, d’annexes, de délocalisation, de « franchisation » de leurs espaces, de leurs collections patrimoniales ou de leur nom.

Calquer en effet une ambition pour son projet sur l’expérience de Bilbao peut sembler « gadget » mais il s’agit avant tout d’un effet catalyseur qui est recherché à travers cette référence (à condition d’en avoir les moyens car ce type d’opération est du même ordre qu’un investissement industriel). Le retour sur investissement n’est pas forcément le même à Rio de Janeiro, Guadalajara, Shanghai, Taichung ou Abou Dhabi.

Il faut dire que l’effet Bilbao donne d’abord le tournis à tout porteur de projet, en quelques chiffres  :

  • la dépense des visiteurs sur place atteint le coût de la construction en à peine trois ans,
  • une fréquentation en moyenne 5 fois supérieure à la fréquentation moyenne d’un musée national,
  • 2 fois plus d’hôtels en 10 ans,
  • 85% de la fréquentation touristique de la ville motivée par le site,
  • une dynamique de requalification urbaine qui permet de renouveler la grande majorité des infrastructures,
  • + 4800 emplois induits en post impact local,
  • une moyenne de 6500 articles de presse par an,
  • 184 millions d’euros de retombées annuelles,
  • 1,54 milliards d’euros de PIB générés sur une période de 10 ans
  • etc.

La liste pourrait être longue mais il est évident que l’effet escompté ne peut être reproduit à l’identique, même avec un tel exemple d’accélération du renouveau d’une ville. Il convient d’avoir d’abord un environnement propice à la levée de fonds et dans le cas de Rio de Janeiro, de Guadalajara, de Shanghai et Taichung, la tentative a été avortée très vite.

L’approche consiste donc à ne pas reproduire à l’identique un modèle précis mais à s’appuyer sur les ressorts et les caractéristiques de l’effet pour les modélisations à projeter sur les ambitions d’un projet.

Il est par ailleurs difficile d’intégrer une importante part d’incertitude dans les projections, incertitude liée au jeu d’acteurs, aux difficultés de coordination, à la maîtrise des coûts et des procédures, comme dans le cas du musée des Confluences, du Louvre-Lens et du MUCEM. Rappelons que dans le cas de Bilbao, ce sont tout de même 8 années qui se sont écoulées entre l’inscription du projet dans le plan de rénovation de la ville et l’inauguration du musée.

L’avenir de telles opérations est-il en train de se déplacer vers l’Asie après avoir conquis les Emirats ? Deux éléments de réponse :

La première : une réunion s’est tenue récemment entre l’Asian Art Advisory Council et la Fondation Solomon R. Guggenheim, d’où il ressort que la crise économique qui touche aussi les musées, le marché de l’art, les galeries, les artistes et les mécènes, ne fournit pas un contexte si différent de celui que connaissait Bilbao à la fin des années 80. Relativiser la réflexion sur la maîtrise des risques et des incertitudes économiques ne peut pas faire de mal, d’autant que ce type de pari ne se fait pas à l’échelle un d’un seul mandat politique. Retrouver le sens des initiatives de gouvernance est donc essentiel. C’est toujours une vision dans la gouvernance qui a permis aux grandes métropoles créatives dans le monde d’occuper leur place actuelle. Lorsqu’on sait par exemple que le court terme pour Montréal se situe aux alentours de 2025, cela devrait inspirer plus d’une ville en France. On était déjà très loin du Grand Paris à Londres, à Los Angeles, Barcelone, Berlin ou Copenhague mais on l’est encore plus à Singapour, à Shanghai et y compris à Bangkok.

La seconde : le cas de Bangkok en tant que tel donne un signe fort et porte un éclairage tout à fait intéressant sur la question. Le projet consiste à doter Bangkok et le pays d’un équipement culturel de niveau international pour créer une dynamique au-delà du site proprement dit.

MBKLa construction en plein centre ville de la National Contemporary Art Gallery est en effet sur le point de débuter juste à côté du Thailand Cultural Center et du MBK (centre commercial ultra populaire de plus de 400m de long sur 9 étages, on ne fait pas les choses à moitié en Asie !). Il s’agit de créer un gigantesque complexe incluant théâtres, hôtels, cinémas, salles de concerts, auditorium, boutiques d’arts et restaurants entièrement dédiés à la culture, au divertissement, à l’éducation et aux loisirs. Cette dualité entre culture et économie est le meilleur atout du pays. Le projet est désormais en marche et le point de non retour a été franchi.

L’effet Guggenheim recherché et souhaité par Bangkok ne repose pas uniquement sur la poussée de ce complexe culturel et commercial dans un des quartiers les plus vivants de la capitale, l’idée du gouvernement et de la Bangkok Metropolitan Administration est de propulser sur la scène internationale l’ensemble du secteur de l’économie créative du pays (ce qui n’était pas le cas au départ de Bilbao) en y intégrant pleinement l’art contemporain. Mais ceci passe par une remise à plat du Bangkok Art and Culture Center, dont le manque d’efficience devenait un handicap certain pour la globalité du projet. Le gouvernement cherche à faire entrer le BACC dans le schéma qu’il a bâti pour les arts contemporains et l’économie créative,  schéma qualifié de « grandiose » par la plupart des observateurs du pays, y compris étrangers (!).

BACCLe BACC va donc être « reprogrammé » stratégiquement et assaini financièrement afin de s’intégrer dans les plans du gouvernement et de la BMA. Et c’est là que le modèle du Guggenheim de Bilbao est également repris : il permet de caractériser tous les axes de progrès à engager par le BACC et guident l’ensemble du schéma gouvernemental. L’avenir nous dira si ces choix forts de gouvernance se font au détriment de la très grande diversité créative du pays, mais il s’agit bel et bien du projet culturel le plus ambitieux de la décennie qui vient d’être mis sur les rails. Un projet exceptionnel pour Bangkok et la Thaïlande, dans une zone du monde en pleine mutation de son économie culturelle et créative, voisine du triangle Singapour, Taiwan Séoul.

En tout cas avec un tel projet Bangkok vient d’engager une nouvelle phase de son développement qui va faire d’elle plus encore une capitale qui compte dans les flux économiques, touristiques et culturels.

Classé dans:Analyses, Gouvernances, Politiques culturelles, , , , , , , , ,

Touring experiment

ACWLes Irlandais vivent un été artistique et culturel complètement fou et pour cause : l’offre de la totalité du territoire est en train de bénéficier d’un important coup de booster que le ministère de la culture, via son agence gouvernementale Arts Council, vient d’impulser en direction du tourisme. L’engagement qui avait été pris lors d’une annonce en avril dernier de croiser l’événementiel de l’action artistique et culturelle avec le tourisme dans chaque comté donne déjà des effets visibles sur les retombées du mois de juillet (contrairement à la France) alors que l’objectif était plutôt à moyen terme. Touché plus tôt par la crise, le pays a pris des mesures d’urgences qui ont sans aucun doute poussé l’administration à très vite injecter de quoi soutenir les activités et se préparer au rebond mais toujours est-il que cela a visiblement galvanisé les professionnels des deux secteurs.

La stratégie qui est donc désormais en œuvre vise à considérer chacune des 70 institutions culturelles qui comptent dans le pays comme un écosystème économique en soi avec des emplois locaux dédiés à l’ingénierie du tourisme culturel, ceci afin d’attirer les touristes et renforcer l’économie du territoire. Pour inciter ces créations d’emplois, l’agence gouvernementale propose une contrepartie intéressante : faciliter la diffusion et l’itinérance dans le pays et garantir que les programmations de ces sites de chaque comté recevront une offre de haute niveau dans toutes disciplines artistiques de manière à capter plus fortement le public local, touristique et culturel, comme le guide-portail dont nous parlions fin mai peut en témoigner.

Cela se traduit par un plus fort soutien à la diffusion et des mesures visant à augmenter la mobilité des artistes et l’itinérance des œuvres (cela faisait d’ailleurs plusieurs années que l’Irlande préparait cette question auprès de l’Europe). Le ministère devient en quelque sorte un tourneur, ce qui est pour le moins inattendu.

Une grande part de cette nouvelle politique s’est fondée sur les recommandations d’une étude exploratoire qui s’est déroulée sur une période de plus 18 mois et qui s’intitule « Touring Experiment, A future for arts touring in Irland » (dont nous recommandons également l’annexe qui couvre la période 1970-2000). Cette initiative visait à contribuer à la définition de l’avenir de la politique touristique irlandaise depuis sa rénovation en 2007, politique qui est désormais opérationnelle depuis deux semaines.

Entre le rendu de cette étude et la mise en place fin juillet, la prise en compte de cette recherche-action dans la nouvelle politique touristique 2010-2015 a permis au ministère de la culture d’adapter sa propre position vis-à-vis du tourisme en développant via son agence une politique d’accompagnement du soutien aux démarches qui favorisent la fréquentation touristique. Sans que cela n’ait été officiellement annoncé, le ministère devrait indiquer aux alentours de la rentrée l’extension des mesures prises au-delà de 2010. On parle même de financements pluriannuels ces jours-ci. Une aubaine pour les opérateurs et les institutions de la culture mais au fond, c’est une aubaine pour tous.

Classé dans:Analyses, Expériences, Gouvernances, Ingénieries, Politiques culturelles, , , , , , ,

Atout France, opérateur unique du tourisme

Atout FranceLe projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques, adopté par l’Assemblée nationale le 8 juillet, vient compléter les missions d’Atout France, l’agence de développement touristique de la France, née du rapprochement entre Odit France et Maison de la France et mise en place en mai 2009.

Cet opérateur unique de l’Etat doit permettre la mise en œuvre d’une politique publique du tourisme plus coordonnée et plus efficace, notamment pour mieux promouvoir à l’étranger la France comme destination de tourisme. Suite à l’adoption de la loi du 8 juillet, l’agence exercera en outre des missions d’intérêt général dans le domaine du classement hôtelier et de la tenue du registre des opérateurs de voyages.

La création d’Atout France s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a déjà donné lieu à la fusion de la direction du tourisme au sein de la direction générale de la compétitivité, de l’industrie et des services (DGCIS) au ministère de l’économie.

Le projet de loi de modernisation et de développement des services touristiques est destiné à moderniser durablement le secteur du tourisme en mettant en œuvre des réformes structurelles pour permettre au secteur d’accélérer son développement.

Le communiqué du 8 juillet sur le site du ministère de l’économie.

Le communiqué de création d’Atout France (19 mai 2009)

Source : site de la RGPP.

N’hésitez pas à commenter cette information car, les spécialistes du secteur le savent (voir ici), les aspects législatifs qui viennent d’être mis en place modifient fortement la donne et constituent une étape stratégique pour la suite, notamment pour la marque France. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans un post dédié à cette question, dès la rentrée.

Classé dans:Gouvernances, Ingénieries, , , ,

Flowersway

flowersway.logoTout récemment, un nouvel acteur est apparu sur le secteur du tourisme culturel, secteur où les TIC jouent un rôle de levier de développement de plus en plus incontournable. Orienté sur le plus beau des ressorts (« L’humanité du voyage »), Flowersway propose de partir à la découverte de nos territoires à travers des parcours inédits, le tout dédié et « brandé » comme autant de nouvelles façons de voyager. Ici tout est affaire de voyage, de création d’hospitalité et de rencontre.

Les marques et les institutions sont présentées selon des thématiques et selon leurs destinations et vu l’intelligence des formats de parcours/séjours proposés, il y a fort à parier que le site va non seulement se faire une place de choix dans les offres alternatives au tourisme un peu trop endormi sur ses lauriers mais va également s’imposer comme un opérateur et un partenaire de choix pour les institutions et les territoires.

Il manquait un nouveau média au tourisme, il manquait une nouvelle approche des territoires par la culture, il manquait une autre conception de la mise en tourisme et du marketing territorial. L’arrivée de Flowersway vient apporter une contribution importante pour l’avenir de ces secteurs, avec une offre dont l’attractivité va jusqu’à donner accès au site gratuitement à tous les professionnels et leur proposer des outils/widget seront à leurs dispositions dans la version 2 dès septembre.

Pour prendre plus précisément la mesure, voici un exemple pour les marques et fédérations sur des thématiques et un exemple pour les institutions sur leurs destinations. A noter également l’opération inaugurée tout récemment : Plein Soleil

Pour en savoir plus, cliquez ici.

Classé dans:Expériences, Outils, , , , , , ,

Un guide à suivre

Events arts councilL’Art Council d’Irlande du Nord vient de lancer un guide événementiel en ligne d’une simplicité qui en est presque insultante lorsqu’on sait la complexité et le manque de lisibilité des outils que les institutions culturelles nationales emploient généralement.

C’est là toute la réussite de la démarche. L’outil permet à toute institution et à tout citoyen de soumettre en ligne un événement géo-indexé. Déjà en ligne, le site est sur le point d’être lancé officiellement via un vaste plan de promotion qui démontre qu’en Irlande on a parfaitement conscience que le tourisme est une ressource précieuse.

A destination du grand public, ce guide en ligne a été conçu pour faire la démonstration de la qualité et de la quantité de l’offre événementielle artistique du pays et pour encourage le public à y participer.

Chaque utilisateur peut cliquer sur le comté de son choix et obtient instantanément la liste des événements locaux accessibles.  La recherche peut bien entendu se faire en combinant plusieurs critères mais ce qui fait la performance de l’outil c’est qu’un clic suffit pour prendre connaissance de l’offre au niveau local comme au niveau national.

Comme cela sera probablement expliqué lors du tout prochain lancement de l’outil, il est clair que l’objectif revendiqué est triple :

  • une démarche constante d’amélioration du service au public pour que celui-ci puisse accéder à la culture et y contribuer,
  • booster la fréquentation des événements pour renforcer plus encore l’offre touristique nationale et locale,
  • encourager le tourisme culturel comme levier économique supplémentaire, capable de faire plus fortement fructifier les investissements et les financements dans les domaines culturels et artistiques.

En tout état de cause, il faut bien reconnaître qu’avec la démarche d’intégration de l’outil au sein des différentes stratégies touristiques, culturelles et territoriales du pays, c’est un pas supplémentaire vers la mutualisation utile, décomplexée de tout discours, concrête et opérationnelle. Prenons-en de la graine…

Classé dans:Expériences, Politiques culturelles, Ressources, , , , , , ,

Audience stats (year nine)

  • 394,154 page views

Network map today : 3020 experts members and contributors

Rejoignez 3 745 autres abonnés

Themes

Action artistique et culturelle Aménagement du territoire Architecture Art dans la ville Art et espace public Arts sciences et technologies Billets réflexifs Capitales européennes de la culture Coopération culturelle Coopération internationale Creative cities Création contemporaine Création numérique Cultural Engineering Group Culture et développement territorial Culture et innovation Dialogue interculturel Diversité culturelle Démocratisation de la culture Développement culturel Développement des territoires Développement durable Développement soutenable Economie créative Economie de la culture Equipements publics Ethique Europe Evaluation des politiques culturelles Financement de la culture Finances publiques Gouvernance culturelle Industries créatives Industries créatives et design Industries culturelles Ingénierie culturelle Ingénierie de la connaissance Ingénierie touristique Innovation Innovation sociale Interculturel Marché de l'art Marketing culturel Marketing des territoires Musées Musées et nouvelles technologies Mécénat Métropoles créatives Nouveaux médias Nouvelles gouvernances Nouvelles technologies Patrimoine Patrimoine numérique Politique culturelle Politique des territoires Politique européenne Politiques culturelles Politiques de l'innovation Politiques des territoires Politiques européennes Politiques publiques Politiques publiques et PPP Polémiques Prospective RGPP Réforme de l'Etat Réforme des collectivités territoriales Réformes Soft power Soutenabilité Tourisme Tourisme culturel Tourisme culturel et nouvelles technologies UNESCO Urban planning

Member of The Internet Defense League

%d blogueurs aiment cette page :