Cultural Engineering Group

Services & Ressources en ingénierie culturelle

Co-branding entre marques muséales et marques de mode

Le développement de produits dérivés co-brandés avec une variété de marques de mode permet d’accompagner les missions de diversification des publics et de soutien à la création des institutions muséales.

Pour les institutions culturelles, un partenariat de co-branding ou d’alliance de marques peut prendre différentes formes : un travail collaboratif de développement, de promotion et de distribution de produits dérivés co-brandés, une communication dans le cadre d’un mécénat ou une opération publicitaire liée à un parrainage. Dans tous les cas il se caractérise par la juxtaposition des marques partenaires et doit s’inscrire dans la mise en œuvre d’une politique globale de marque qui bénéficie à l’ensemble des missions et activités des institutions culturelles.

On peut distinguer trois catégories de marques de mode partenaires : les marques de luxe, les marques « grand public » et les marques émergentes ou locales.

Co-branding avec les marques de luxe

Les marques de luxe suivent une double stratégie : élargir la clientèle ou le public auquel elles s’adressent (1), et maintenir leur positionnement haut de gamme pour lequel les institutions culturelles sont des partenaires de choix.

Ces marques, qui tendent à faire de l’unique en série, luttent contre une forme de banalisation qui peut, par exemple, s’illustrer dans la juxtaposition d’enseignes haut de gamme dans les aéroports. À cet effet, elles cherchent à renforcer leurs dimensions patrimoniales et artistiques en vue de capter l’aura singulière attachée à la création et aux institutions culturelles. En étant assimilés à des œuvres d’art (2), les produits de luxe sont investis d’une valeur d’unicité, ce qui participe à la justification de leurs prix et valorise leurs acquéreurs qui y ont un accès privilégié.

De par leurs missions, les institutions culturelles sont dans une logique inverse : elles cherchent à atténuer l’effet de distinction sociale attachée aux pratiques culturelles en s’adressant à un public large et diversifié. Néanmoins, pour le développement de partenariats, elles se tournent naturellement vers des marques de luxe exclusives qui présentent une forme de proximité dans la mesure où elles transmettent, voire renouvellent, un héritage lié au savoir-faire.

En pratique, si les marques de luxe créent des produits dérivés co-brandés avec les marques muséales (3), elles sont généralement plus intéressées par les associations d’images exclusives et durables avec les institutions elles-mêmes et leurs bâtiments. Ces associations peuvent résulter de tournages publicitaires, de dé lés, où le plus souvent seule la marque de luxe est mentionnée, ou encore d’un mécénat (4) avec une juxtaposition de marques limitée.

Co-branding avec les marques « grand public »

Les marques de mode « grand public » nourrissent un intérêt grandissant pour l’édition de produits dérivés co-brandés avec des institutions culturelles. De telles collaborations se développent, notamment dans les pays anglo-saxons, en lien étroit avec un parrainage, voire un mécénat (5).

L’un des partenariats les plus aboutis en matière de produits dérivés cobrandés est celui initié en 2014 entre le Museum of modern art (MoMA) et Uniqlo®. « MoMA Special Edition », la ligne de vêtements et d’accessoires, issue de cette collaboration, reproduit des œuvres du musée. Elle est distribuée dans les MoMA stores et les magasins Uniqlo® à travers le monde. Le principal point de vente d’Uniqlo® proche du MoMA, introduit ou prolonge l’expé-rience muséale : une immense galerie d’art hightech présentant chaque article comme une œuvre (encadrement, cartels explicatifs et écrans plasma diffusant des informations relatives à la biographie des artistes concernés et à leur apport à l’histoire de l’art) avec des tablettes connectées sur le site Internet du MoMA. La synergie des deux marques est mise en avant par l’affirmation que le MoMA et Uniqlo® poursuivent un but commun de démocratisation culturelle (6), dans le prolongement du parrainage par Uniqlo® des « Free Friday nights at MoMA » depuis 2013. Pour mettre en exergue l’ambition de rendre l’art plus accessible, la promotion de cette collaboration utilise de multiples références au Pop Art qui a étendu le concept de série dans l’art.
Ce type de parrainage, qui permet pleine- ment de valoriser commercialement les contenus culturels et la marque muséale, pourrait être amené à se développer davantage en France.
Pour les institutions culturelles, les produits dérivés co-brandés développés avec les enseignes « grand public » modernisent l’image de leur marque et sont le vecteur d’une communication nouvelle en direction des publics jeunes ou peu familiers des circuits culturels. Il s’agit, pour ces institutions, d’une véritable présence hors les murs.

Co-branding avec les marques émergentes ou locales

Lorsqu’une marque muséale s’associe à une marque de mode émergente ou locale (7), elle fait bénéficier de sa notoriété les créations, le savoir-faire et les designers qu’elle distingue aux yeux du grand public. Les marques muséales peuvent alors être associées à la découverte de nouveaux talents et la sélection d’articles en boutique de musée apparaît comme un geste « curatorial ».

Ce soutien à la jeune création peut être apporté avant même que le designer soit identifiable à une marque : la Tate Modern a créé « Tate Collective », une communauté de jeunes artistes et étudiants en art dont les créations sont éditées sous forme de produits dérivés. Il peut également aboutir à une « œuvre transformative ». Celle-ci est conçue en modifiant une œuvre préexis- tante appartenant, par exemple, aux collections ou à une exposition. La Réunion des musées nationaux (RMN) a ainsi fait revisiter des œuvres d’Hokusai en organisant un concours avec Uniqlo® qui a proposé ensuite les créations lauréates en impression à la demande sur des vêtements. De même Arteum a fait réinterpréter des œuvres de Magritte par de jeunes créateurs, notamment Macon & Lesquoy®, dans le cadre d’une licence tripartite avec la Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques (Adagp) et la Fondation Magritte. Le produit dérivé sous forme d’« œuvre transformative » permet l’appropriation du patrimoine par de jeunes créateurs et les visiteurs, potentiels clients dont le regard critique est stimulé. Il offre aussi, et surtout, un moyen pour l’institution d’affirmer une ligne éditoriale, de s’adresser différemment à son audience et de délivrer un nouveau message, notamment sur elle-même et la culture établie. Une technologie innovante comme l’impression 3 D, qui ouvre la voie à une customisation des produits dérivés, pourrait constituer un nouveau point de rencontre entre l’institution et ses publics.

En conclusion, diversifier les publics d’une institution culturelle en développant le cobranding, c’est mixer une variété de marques partenaires. La mode est propice à ce métissage et les frontières du luxe et du « grand public » se croisent avec leurs clientèles : Karl Lagerfeld et Valentino signent, par exemple, des collections « capsules » chez H&M. Il faut trouver le bon degré d’implication avec chaque marque partenaire. Ce choix doit nécessairement s’inscrire dans une politique de marque globale et cohérente. Par ailleurs, en soutenant l’innovation, la créativité et le savoir-faire local, qui peuvent être l’apanage des trois catégories de marques partenaires identifiées, les institutions culturelles distinguent leurs produits dérivés par leur sens et leur portée. Les valeurs attachées à leurs marques s’en trouvent ainsi renouvelées.

Emmanuel Delbouis*

*Emmanuel Delbouis est consultant au bureau de la propriété sur la politique de gestion des marques des institutions culturelles relevant du ministère de la Culture et de la Communication, service des affaires juridiques et internationales, ministère de la Culture et de la Communication.

Notes :

  1. Pour capter une clientèle plus jeune et être en prise avec l’actualité, les marques de luxe font fréquemment appel à des célébrités récentes et internationales comme Rihanna (Dior®), Pharrell Williams (Louis Vuitton®ou Chanel ®), Kanye West et Kim Kardashian (Balmain®).
  2. Ainsi, les collaborations de Louis Vuitton® avec Takashi Murakami, Yayoy Kusama et Cindy Sherman, auxquelles on peut ajouter l’ouverture de la Fondation Louis Vuitton et d’espaces culturels dans certaines boutiques, renforcent ce positionnement de marque. Dans la même logique, v. A. Pechman, « Next to Burberry, a Monet », International New York Times, 5 juin 2014.
  3. Par exemple : sac griffé Whitney Museum et Max Mara®; parfum Serpentine Galleries et Comme des Garçons®; vêtements et accessoires le Prado et Jim Thomson® ou Victoria and Albert Museum et Alexander Mc Queen® ou RMN-Grand Palais et JP Gaultier® avec la création d’un logo commun « Grand Palais & JP Gaultier »
  4. Par exemple : Le Louvre/Louis Vuitton®: film publicitaire et mécénat ; Versailles/Dior®/LVMH®: films publicitaires, ligne de cosmétique Trianon® et mécénat.
  5. Par exemple : Serpentines Galleries/COS®: chaussures co-brandées et mécénat ; Whitney Museum/H&M®ligne « Jeff Koons for H&M » avec une communication co-brandée sous forme d’étiquette sur chaque article, H&M étant parrain de l’exposition Jeff Koons au Whitney Museum.
  6. Site promotionnel non marchand (http://sprzny. uniqlo.com) qui renvoie au site du MoMA.
  7. Par exemple : Musée Rodin et Coq en pâte® (mode éthique) ; Guggenheim (Bilbao) et Minimil® (marque basque) ; Tate et Ally Capellino (designer britannique), Victoria and Albert Museum et Gloverall® (marque représentant le « made in England »).
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Premier bilan et projets d’avenir pour Marseille Provence 2013

Même si la manifestation ne s’achèvera que le 31 décembre par un grand feu d’artifice – comme elle avait débuté – le bilan de Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture commence à se dessiner alors que se terminent plusieurs événements.

7,35 millions de visiteurs et le Mucem en vedette

Du côté de la fréquentation, les chiffres apparaissent plutôt à la hauteur des attentes, avec 7,35 millions de visiteurs enregistrés à la mi-octobre. La vedette incontestée est, bien sûr, le Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) qui, avec 1,25 million de visiteurs depuis son ouverture au mois de juin seulement, bat tous les records en la matière (voir notre article ci-contre du 17 septembre 2013). Il reste qu’il est difficile de faire la part, dans ce démarrage foudroyant, entre l’attrait du bâtiment et de sa situation exceptionnelle au cœur de la ville (contrairement à Pompidou-Metz et au Louvre-Lens) et l’intérêt pour les contenus et les expositions.
Le second événement en termes de fréquentation est l’exposition « Le grand atelier du Midi », une exposition à cheval sur Aix et Marseille qui vient de clore ses portes le 13 octobre. Si le succès est réel avec 462.000 visiteurs, il se situe néanmoins en deçà des 600.000 entrées attendues, ce qui devrait se traduire par un déficit d’exploitation. Viennent ensuite 400.000 personnes pour l’opération « Entre flammes et flots » (avec un éclairage du Vieux Port à la bougie) durant un week-end en mai, 300.000 pour « Transhumance » (des centaines de moutons, vaches et chevaux traversant Marseille en juin) et 200.000 personnes pour une association insolite entre la Patrouille de France, des voltigeurs de l’armée de l’air et la chorégraphe Kitsou Dubois.
En dépit de cette légère déception sur « Le grand atelier du Midi », la dizaine de musées marseillais – dont celui des Beaux-Arts, le musée Cantini, le musée d’Histoire de Marseille et le musée des Arts décoratifs et de la Mode de Borely qui ont rouvert pour l’occasion – ont bénéficié à plein de cette affluence. Le nombre de leurs visiteurs atteignait en effet 530.000 à la mi-octobre, contre 220.000 pour toute l’année 2012. Si environ un tiers des visiteurs venaient de Marseille et des Bouches-du-Rhône, plus de 50% étaient originaires du reste de la France et 15% de l’étranger.

Vers une « mini capitale culturelle » en 2015 ?

Même sur le plan financier, le budget initial semble avoir été à peu près respecté. A ce jour, la manifestation affiche un déficit prévisionnel de 2,9 millions d’euros pour un budget de 91 millions, mais, selon les organisateurs, « la situation est en cours de règlement » grâce à diverses économies. 
Sur le moyen terme, il est encore trop tôt pour mesurer l’impact économique de Marseille Provence 2013 (voir notre article ci-contre du 9 janvier 2013) et, plus encore, son impact sur l’image de la cité phocéenne, même si de nombreux Marseillais se réjouissent de constater que les médias ont enfin parlé d’autre chose que des règlements de compte ou de la grève des éboueurs. Comme à Lille en 2004, il semble toutefois dès à présent que Marseille Provence 2013 devrait laisser des traces et instaurer une dynamique nouvelle. Sans attendre la réunion prévue ce mois-ci, sous la présidence du préfet des Bouches-du-Rhône, une note interne du président de l’association MP 2013, intitulée « Bâtir l’après 2013 ou comment amplifier le succès de l’année capitale » et révélée par le magazine Télérama, propose déjà des pistes.
Adressée aux services de l’Etat, aux collectivités territoriales et aux parties prenantes de l’opération, elle cherche à identifier les forces et les faiblesses de la manifestation. Côté positif : le « redressement d’image », la fréquentation, le succès populaire, la réappropriation de la ville par ses habitants… Côté négatif : les couacs dans la préparation de l’opération qui ont nui à la crédibilité du projet, un démarrage tardif dû en partie à une communication insuffisante et pas assez tournée vers l’international, des faiblesses dans la programmation… 
Pour l’avenir, la note envisage de donner une suite à la manifestation, sous la forme de l’organisation, en 2015, d’une mini capitale culturelle de quelques mois, précédée d’une grande manifestation populaire en 2014 pour maintenir l’intérêt. Une nouvelle structure, sous la forme d’un GIP, serait chargée de porter ce nouveau projet. Un projet qui s’inspire très fortement de l’exemple de Lille qui a réédité l’événement en 2006, 2009 et 2012, à travers le programme culturel « Lille 3000 ». Il est toutefois peu probable que des décisions soient prises avant les municipales de mars prochain.

Source : Jean-Noël Escudié, Localtis.

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Ace cafe with quite a nice ancient monument attached ?

How the new cafe at Stonehenge will look

How the new cafe at Stonehenge will look

English Heritage has announced that it is building a £27m visitor centre at Stonehenge, with what looks like a very large eating area. Is the cafe and gift shop almost as important as the attraction itself these days ?

Almost 50% of the shiny new visitor centre at Stonehenge will be taken up with a new « bright and spacious » cafe for up to 260 people and a bigger shop.

It almost harks back to a memorable ad campaign by the Victoria and Albert Museum in London. In 1988, the museum commissioned a poster with the slogan: « Where else do they give you £100,000,000 worth of objets d’art free with every egg salad? »

The poster was one of six, all describing the V&A as: « An ace caff, with quite a nice museum attached. »

It’s a premise that won’t surprise anyone who has visited a stately home or garden run by the National Trust recently. Some 19.2 million people made a trip last year. Many of those will have dutifully queued for a flapjack and a cup of tea. Or even a substantial meal.

Scones are a given

Scones are a given

Food writer Giles Coren recalls visiting London Zoo as a child and caring more about the gift shop than the animals: « Thousands of school children, coachloads of them have to visit these places, and all they care about is the shop. »

He associates past visits to stately homes with rock-hard scones but thinks for many people it’s increasingly all about the food. « It’s like the Colosseum in Rome, people go all that way to see it only to discover it’s a lot of boring old stones, but at least you can get an excellent pizza. »

Visitors now demand a nice place to eat, having put up with poor facilities for far too long, Coren suggests. « Everything in Britain has been rubbish for years and people won’t put up with it anymore. »

There is scepticism among some about the new generation of visitor centres.

TripAdvisor is full of reviews from people who are unimpressed. One reviewer was very upset when changes were made at a cathedral in East Anglia. « I love this cathedral, have been taking visitors to it for over 20 years… but it was so much nicer when you could walk in at the front. Now you have to go through a new visitors’ centre, which adds nothing to your experience of visiting the cathedral, but does direct you past a desk for collecting your ‘optional’ entrance fee. »

Another visitor to a major modern art museum in London recalled: « We ordered their vegetable soup – a small bowl with watery soup containing some vegetables and a small hard roll (and we had to ask for some butter!) – 6.50 each! For us that’s a rip-off and we were not impressed. »

But generally the trend is for the cafes in museums, galleries and castles to get better and better. And those in the heritage business see them as a happy synergy.

« A good shop and cafe greatly enhance the overall experience, » says Matthew Tanner, chairman of the Association of Independent Museums. « No visit is complete without an interesting shop, a fine cup of tea, and not forgetting a good loo too. »

The view from Tate Modern's skyline cafe...

The view from Tate Modern’s skyline cafe…

.. inside the Orsay Museum's new cafe with added va-va-voom in Paris

.. inside the Orsay Museum’s new cafe with added va-va-voom in Paris

... and a period-appropriate tearoom at Brodsworth Hall in Yorkshire

… and a period-appropriate tearoom at Brodsworth Hall in Yorkshire

The argument for spending money on an extensive cafe is twofold – visitors have come to expect them, and the revenue raised helps subsidise the attraction.

One place where this takes place is RHS Wisley in Surrey where the gift shop and cafe are the gatekeepers to the gardens people come to see. Nigel Eaton manages the shop and says it is part of the whole experience.

« We’ve got three kinds of customers – we have the RHS members who visit on a regular basis, the gardeners who come just for the plants and then we’ve got what we call the payers, who come on coaches for a nice day out. Every penny that is spent in the shop goes back into the RHS, so the shop is very important to us. »

Some 1.1 million people visit Wisley every year. The results of a customer survey revealed that 22% of those visitors came just for the « retail experience ». Last year the shop – including one of the world’s biggest gardening bookshops – made £3.8m and they expect to make an even bigger profit this year.

The Conservatory Cafe at Wisley...

The Conservatory Cafe at Wisley…

As a Lonely Planet author, David Else has visited a lot of tourist attractions and has no problem with visitor centres. In fact he rather likes them.

« In the case of Stonehenge, a good visitor centre is going to tell you so much more about the history of what is essentially a group of old stones. I’ve got no problem with cafes, either – I like a good cup of tea after a visit and don’t mind if they want to make a few bob to help preserve the site. »

In the heritage and art business it’s all about making attractions « sustainable ».

Getting the shop and cafe right at an attraction is a win-win situation, says Jane Temperley from the Association for Cultural Enterprises. « Sure it is about generating income – everyone is looking at how to make their sites more sustainable. But research says visitors enjoy cafes and shops, happy visitors spend more and tend to become repeat visitors or members, which generates more income. »

... with a shop selling books, local crafts and chutneys

… with a shop selling books, local crafts and chutneys

About 80% of visitors to Wisley are RHS members so they come back to visit time and time again. Thirty-two staff work in the Wisley Shop and 60 staff work in the cafes and restaurants – that’s over 25% of the total site staff of 350.

And the staff at attraction are at pains to point out that the food has got better and better. Laurent Trenga is the chef responsible for the planning of menus at Wisley. He points out that a burger and chips at Wisley is no ordinary burger and chips. « Our burger is made from locally sourced quality pork and apples grown in our own orchards, even the bun is made fresh on site. »

The plants are rather nice too.

By Alison Feeney-Hart

BBC News Magazine

Source : SMG

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Quel avenir pour le Printemps de Bourges ?

On en parle peu. En tout cas cela ne fait pas grand bruit jusqu’à présent dans le monde de la culture pourtant si petit, si visible, si politisé…

Tout est parti d’un article sur lemonde.fr le 26 avril dernier : Daniel Colling, homme de spectacle qu’on ne présente plus, souhaite vendre la marque du festival Le Printemps de Bourges, festival qu’il a lui même co-fondé en 1977, et développé avec le talent, la notoriété et le succès qu’on lui connaît.

Officiellement, tel que présenté par l’intéressé lui-même lors de la conférence de presse rapportée par lemonde.fr, une réflexion sur « l’après-Colling » est engagée pour que le Printemps de Bourges « continue sans créer de rupture », celui-ci devant « évoluer, soit en étant soutenu par une structure privée, soit par des partenariats publics ».

Plus précisément, Daniel Colling aurait proposé la vente des entités qui composent le festival, y compris la marque « Printemps de Bourges ».

Alors qu’il s’apprête à fêter ses 67 printemps bien à lui, Daniel Colling souhaite encore diriger le festival en 2014, 2015 et peut-être 2016. Il ne serait toutefois plus un de ces hommes pressés mais un homme très occupé qui se presse de tenter de « lever le pied ».

Il est vrai qu’entre la gestion des Zénith de Nantes et de Paris (qu’il a contribué à créer), une entreprise de spectacles (Victor Gabriel), la société Coulisses (direction technique du Printemps) et sa filiale « Bourges événement », le Marché des musiques actuelles (MaMA), la présidence du Réseau Printemps de Bourges, et la SARL le Printemps de Bourges, ses journées sont bien remplies et son parcours ne laisse rien au hasard. Il ne faudrait pas oublier non plus qu’il a notamment été président Conseil d’Administration du Centre National de la Chanson, des Variétés et du Jazz pendant près de 7 ans (démissionnaire en 2009 pour « convenance personnelle »), qu’il a géré jusqu’à une dizaine de Zénith mais aussi le Théâtre de la Gaîté-Montparnasse et qu’il est Chevalier de la Légion d’honneur.

Ses détracteurs lui reprochent d’être à la tête d’un « empire Colling » qui règnerait en maître sur la ville de Bourges et sur certains domaines du secteur culturel. Il faut en effet ajouter à la liste ci-dessus le Palais des Congrès « Palais d’Auron », le Parc des Expositions « Pavillon d’Auron », le « Carré d’Auron », la salle Germinal rebaptisée « 22 d’Auron », ou encore le « Quai d’Auron », etc. qui font de la société Coulisses la propriétaire de la plupart des salles de spectacles de Bourges.

Mais au moins, ses détracteurs ne peuvent pas lui reprocher, après un parcours aussi rempli qu’engagé, de vouloir désormais passer la main.

La première question qui se pose est bien évidemment celle des conditions dans lesquelles cette transition voulue aussi douce que possible va se faire.

En effet, parmi les possibilités envisagées par Daniel Colling : vendre le festival et ses marques qu’il gère par le biais de sociétés privées à un consortium public rassemblant la Ville de Bourges, la Communauté d’agglomération, le Département du Cher et la Région Centre. Prix affiché publiquement lors de la conférence de presse : 3 millions d’euros.

C’est là que les choses méritent une attention toute particulière.

Il n’est pas question ici de chercher à établir si il est moralement acceptable ou non que l’Etat, les collectivités et les contribuables doivent à nouveau mettre la main à la poche pour que le festival puisse continuer d’exister alors qu’ils ont versé pour cela depuis toujours des subventions directes et indirectes aux organisations de Daniel Colling et à ses satellites. Chacun est libre de se faire sa propre opinion.

Il s’agit en réalité ici du devenir de la marque et au fond de la propriété du Printemps de Bourges

Au-delà du fait que l’ancrage local du festival est une partie consubstantielle de sa marque et ne peut être remis en cause, c’est tout d’abord les bases de l’estimation financière des 3 millions d’euros qui sont à examiner et plus précisément la part que la marque représente dans ces 3 millions.

Chacun sait qu’une estimation financière de ce type peut être réalisée selon différentes méthodes, que l’on peut obtenir tout et son contraire selon ce qu’elle recouvre, et qu’il peut s’écouler un certain temps entre les expertises et les contrexpertises commanditées avant d’aboutir à un accord sur une transaction.

En revanche chacun connaîtra-t-il les termes précis de la transaction ? Rien n’est moins sûr. Sans aller jusqu’à considérer que, compte tenu des arguments évoqués plus haut, cette transaction devrait être soumise au débat public, les élus (en tout cas les représentants de l’entité « repreneuse ») devront être vigilants et précis dans les réflexions ou les négociations qui seront conduites et notamment sur le fait qu’il y ait ou non une valorisation en numéraire concernant la marque dans la transaction.

Lorsqu’on fait l’historique des marques « Printemps de Bourges » déposées par Daniel Colling à titre personnel ou par une de ses entités, on voit clairement que le premier dépôt a eu lieu en 1996 et que trois autres dépôts ont eu lieu en même temps, peu après l’édition 2012 du festival.

Si les raisons et les conditions pour lesquelles et dans lesquelles ces dépôts ont eu lieu méritent d’être précisées (avec quel consensus, accord ou information de la Ville de Bourges et des autres contributeurs publics ?), il conviendrait à minima de s’interroger sur le fait que la question de la marque du Printemps de Bourges n’ait pas été posée pour le nom et pour le compte de la collectivité entre 1977 et 1996.

Trois explications possibles : soit personne ne s’en est véritablement préoccupé, soit on a tout simplement laissé faire sciemment ou non, soit la Ville de Bourges a donné formellement ou informellement, directement ou directement son accord.

Il convient de noter que la Ville de Bourges est parfaitement légitime pour se préoccuper à minima des marques ou des initiatives qui associent son nom et en la matière, il faut bien reconnaître que la notion de marque (mais aussi d’image) pour l’Etat ou les collectivités territoriales et locales n’est en définitive qu’une préoccupation relativement récente.

De nombreuses situations fleurissent ces dernières années, nombreuses parmi celles-ci font l’objet de contentieux, et au fond ceux qui s’en tirent le mieux sont les territoires qui ont pris en main leur marketing ou qui l’ont repris en main. La marque « Paris » en est le meilleur exemple.

Mais bien des situations se découvrent à posteriori et il peut parfois être complexe de tenter de vouloir se réapproprier ce qui constitue au fond un patrimoine ou un bien commun, même si cela est légitime.

Cela pourrait être le cas du Printemps de Bourges.

Il serait donc déplacé de reprocher à un opérateur privé d’avoir pris des initiatives et de le taxer de tous les maux. Cela peut être de l’opportunisme (au bon comme au mauvais sens du terme), cela peut être une volonté de patrimonialisation au fil du temps, cela peut être une « bascule » financière pure et dure, cela peut être une tentative de transfert à la collectivité, cela peut être un retrait des affaires ou de certaines responsabilités, cela peut être un volonté de se mettre en conformité, etc. Seul l’intéressé le sait et peut le dire.

Il serait tout aussi déplacé de reprocher à une collectivité qui, comme toutes les collectivités abat un travail colossal au quotidien (ne serait-ce que pour maintenir une adéquation entre mission de service public, ambition et moyens, de façon la plus pérenne et soutenable possible), aurait soit manqué de vigilance, soit aurait été abusée, soit aurait consenti, soit aurait accordé, soit aurait omis, etc.

En tout état de cause, par les temps qui courent, mettre une telle initiative sur la place publique de cette façon et afficher un tel montant sans justification précise et immédiate n’apporte aucune garantie solide pour aborder l’avenir du festival, même à court terme, qu’on ne s’y trompa pas. Il y a une problématique à éclaircir, à préciser et à résoudre.

Certains disent que la transaction est un art, comme la guerre, dont personne ne veut sortir perdant. Il serait regrettable qu’un événement culturel comme le festival du Printemps de Bourges en soit tributaire.

Les deux « parties » portent une responsabilité partagée, celle d’une certaine idée du service public (en l’occurrence la mission de service public culturel, même dans un festival reconnu pour la part minoritaire des subventions publiques directes dans son budget annuel). Cette idée du service public a très certainement évolué dans le temps, ce qui est une réalité au sens plus général, de façon voulue et/ou subie.

La véritable question qu’il conviendrait de préciser très vite, quitte à la remettre à plat si nécessaire : s’agit-il bien de la même idée du service public culturel pour le Printemps de Bourges,  a-t-elle évolué dans le même sens au fil des ans et entend-elle évoluer dans le même sens à l’avenir ?

Une fois cette question tranchée, les « réflexions », les « discussions » ou, le cas échéant « les négociations », pourront avoir lieu et les solutions ne manquent pas.

Tout cela nous amène au fond à réinterroger (I) les évolutions de l’écosystème public-privé dans lequel la culture se trouve et (II) les modes de gestion des structures culturelles subventionnées, notamment au regard du droit communautaire depuis l’entrée en application du pack Almunia Barnier au 1er février 2012, mais également de prêter une attention plus appuyée quant à l’état et le statut de leurs marques. On voit bien que, notamment avec le Printemps de Bourges, les enjeux sont considérables, et ils ne sont pas que financiers ou économiques.

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ADP : La démocratisation culturelle comme argument marketing

Culture et Communication

Nouvel article passionnant d’Aude Mathey sur son excellent Culture et Communication. Elle revient sur l’expérience menée dans le hall M du terminal 2E de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, où est ouvert depuis le 15 janvier dernier un « Espace Musées ». C’est avec plaisir que nous relayons cet article.

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Vous l’avez probablement déjà remarqué, soit parce que vous êtes un(e) habitué(e) de Roissy-Charles-de-Gaulle ou tout simplement parce que vous l’avez vu dans la presse, Aéroports de Paris (ci-après ADP) a ouvert un « Espace Musées » dans le hall M (de la « mode ») du terminal 2E  le 15 janvier dernier.

L’Espace Musées, initié par Francis Briest, co-président de la maison de vente Artcurial entouré d’ADP bien sûr mais aussi de Serge Lemoine, ancien président du Musée d’Orsay (qui assure la direction artistique de toutes les expositions), Nelson Wilmotte, du cabinet Nelson Wilmotte Architectes (qui a conçu l’architecture du lieu avec l’assistance de l’agence Wilmotte & Associés), a pour vocation de présenter au public au départ ou en transit au Terminal 2E deux expositions par an avec des fonds provenant des musées parisiens.

Cet espace en fait pas suite à un besoin de loisirs particulier exprimé par les passagers selon Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, mais symbolise la touche finale de la transformation de l’espace commercial du terminal. En effet, il y a 2-3 ans, afin de pouvoir raconter une histoire autour de Paris, les espaces commerciaux et de restauration devaient adopter la même forme, la même ambiance. L’Espace Musées, écrin de 250 m², a donc pour but, au milieu de restaurants et de boutiques de luxe, de créer une expérience originale pour un public qui n’aurait pas forcément l’habitude des musées, souligne Catherine Chevillot, directrice du musée Rodin.

UNE EXPÉRIENCE UNIQUE ?

L’Espace Musées, pour sa première exposition, accueille plusieurs oeuvres du musée Rodin, des plus emblématiques au plus méconnues sur le thème des « Ailes de la Gloire ». Les prochaines expositions qui auront lieu tous les 6 mois proviendront de collections aussi bien publiques que privées, mais auront toutes pour trait commun de faire référence à la thématique du voyage et de l’humain ainsi que de pouvoir faire appel à des thèmes universels ou qui, en tout cas, puissent être compris par différentes cultures ajoute Anne de Turenne, chef de projet à l’Espace Musées. Le terminal 2E est en effet un lieu de destination et de départ de longs courriers. La programmation dans tous les cas doit être validée conjointement avec le musée, même si l’intégralité des frais et de la gestion de l’exposition est prise en charge par le fonds de dotation de l’espace (nous n’avons pas réussi à en connaître le budget).

En ce qui concerne la médiation, puisque le public est extrêmement diversifié, l’Espace Musées a souhaité privilégier une borne interactive et des cartels. Une application, au risque d’être trop isolante et donc empêchant les voyageurs de pouvoir suivre les annonces sur leurs vols, n’est pour l’instant pas envisagée. Il ne fat en effet ne pas oublier que nous restons dans un aéroport.

Ce projet, quoique innovant, n’est pourtant pas unique. L’aéroport d’Amsterdam-Schipol a lui aussi son annexe du Rijksmuseum. L’expérience y certes différente puisque seul un musée est concerné, mais il serait intéressant de voir le développement de ce type d’offre sur d’autres aéroports similaires dans de grandes villes à fort potentiel culturel.

L’adhésion d’ADP à ce projet, au-delà de la « mission d’accessibilité et de diffusion de la culture artistique française » comme le dit si bien Augustin de Romanet, président-directeur général d’Aéroports de Paris, s’est également et surtout faite grâce à la valeur ajoutée qu’apporte ce type de projet dans un campagne stratégique et de positionnement.

LA DÉMOCRATISATION CULTURELLE, ARGUMENT MARKETING ?

Ainsi que le soulignait plus haut Jérôme Landras, attaché de presse d’ADP, l’espace Musées est venu apporter la dernière touche à une stratégie de storytelling bien pensée.

Qu’est-ce que le storytelling, tout simplement « raconter des histoires ». Non pas raconter des mensonges, mais apporter un fil conducteur dans le cadre d’une stratégie marketing, mais également dans la rédaction de contenus de médiation ou tout simplement bien sûr dans l’écriture d’un roman. Le storytelling a été adopté depuis plusieurs années déjà par les professionnels du marketing. Il est en effet plus facile de positionner une marque et de faire comprendre son positionnement grâce à l’adoption d’un fil rouge clair, cohérent et répétitif dans les supports de communication.

Aéroports de Paris a tout intérêt à ce que les voyageurs fréquentent assidûment ses aéroports, qu’ils les privilégient plutôt que les gares de train (pour arriver à la même destination lorsque le choix est possible) ou transiter par l’un d’entre eux plutôt que dans un autre aéroport avant d’arriver à sa destination finale. «Soixante-et-un millions de passagers transitent chaque année à Paris-Charles-de Gaulle. Or, confort et réputation d’un aéroport conditionnent le choix de la correspondance. Nous voulons faire préférer Roissy», martèle Pascal Bourgue, directeur Marketing d’ADP. Il est donc important qu’ADP donne envie aux voyageurs de revenir et leur laisser une « bonne impression » selon Jérôme Landras. L’enjeu est important et le fil rouge qui doit être développé est stratégique. C’est ainsi que des travaux ont été développés dans le hall M (comme « Mode ») afin de donner une harmonie à chacune des boutiques et des espaces de restaurations. La plupart d’entre eux sont des commerces de luxe ou haut-de-gamme, ce qui correspond parfaitement à l’image de la France que peut se forger un touriste étranger, mais également au public auquel ADP s’adresse (puisque le terminal 2E propose des vols majoritairement longs-courriers, le pouvoir d’achat de ses voyageurs est donc plus important que pour les autres terminaux). Au-delà de la mode et de la gastronomie, ADP se devait de faire connaître la culture française, via un succédané, une sélection des meilleures oeuvres de musées parisiens. C’est ainsi que les 250 m² de l’Espace Musées, lieu de culture accessible gratuitement, devient le point d’orgue de cette expérience. Jérôme Landras a ainsi remarqué, lors de l’ouverture de l’espace, que les premiers visiteurs étaient ravis et bluffés de découvrir un lieu d’exposition. Le but aura donc été atteint.

Cependant, drainer des voyageurs toujours de plus en plus nombreux ne serait pas le seul but de l’Espace Musées. Bien qu’aucun partenariat n’ait été noué avec le Ministère de la culture et de la communication (peut-être que l’Espace Musées veut préserver son indépendance vis-à-vis d’une grande institution ?), l’enjeu est grand pour les musées sont les oeuvres sont exposées. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, le public fréquentant le terminal 2E a un pouvoir d’achat important, et provient des Amériques, de l’Asie et de l’Afrique. Bref, des zones géographiques dans lesquelles résident un bassin très important d’amoureux de la culture française et potentiellement mécènes. Anne de Turenne ne nous l’a confirmé qu’à demi-mot. Bien que le fonds de dotation bénéficie aujourd’hui de fonds propres (dont on ne sait toujours pas le montant) et d’aucun soutien extérieur, que ce soit de l’Etat ou d’un partenaire privé, il ne ferme pour autant pas la porte à de potentiels mécènes. Cette question doit pour autant être envisagée avec les musées dont les œuvres sont exposées. Peut-être leur en ai-je donné l’idée ? Ils viennent de créer une rubrique « Soutenir le musée »…

Le prochain musée partenaire de l’Espace Musées n’est pas encore communiqué. Mais des informations circuleraient sur une présentation des œuvres du musée Maillo. Plus d’informations à venir au printemps.

Gageons que cela fonctionnera. L’inverse serait fort dommage dans ce lieu particulièrement cosmopolite. À terme, l’Espace Musées espère accueillir 500.000 visiteurs par an.

Le dossier de presse ici.

Pour lire l’article dans son version originale, cliquez ici.

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La culture, un produit comme les autres ?

Comme à son habitude, Aude Mathey nous livre un de ses articles défricheurs, décodeurs, éclaireurs, de son meilleur cru. A ne pas manquer sur son excellent Culture et Communication.

Produit, oui, vous avez bien lu produit. Aujourd’hui, même si ce n’est pas encore très répandu en France, les structures culturelles et de divertissement mettent en place des stratégies marketing afin d’acquérir et de fidéliser plus de clients / spectateurs / visiteurs.

J’ai ainsi rencontré Jaki Ellenby, VP Strategic Marketing Development (Vice-présidente au développement du marketing stratégique) du Cirque du Soleil, le 14 novembre lors des journées « Digital Leaders – Mobile, Social & Big Data« . Spécialiste du marketing, notamment pour le secteur du divertissement, Jaki est anglaise et a longtemps travaillé en France (Parc Astérix, Eurodisney) avant de partir au Canada pour le Festival Juste pour Rire et le Cirque du Soleil.

Sa vision du marketing peut sembler un choc pour les professionnels français du marketing culturel. Bien que je la partage, je comprends néanmoins qu’aujourd’hui les structures culturelles aient du mal à accepter que la culture, érigée sur un piédestal quasi-inaccessible malgré ses ambitions de démocratisation, puisse être comparée à des yaourts ou à des couches.

QU’EST-CE LE MARKETING ?

Rapidement, le marketing sert à répondre à un besoin du public d’une entreprise / service / institution, et à y répondre grâce à la création d’un produit au prix adapté au marché et par le biais d’un politique de promotion (les fameux quatre P du Marketing Mix de Jérôme Mac Carthy)

Ainsi, selon Jaki Ellenby, quand on parle de stratégie marketing, c’est « la tendance de base qui est pareille. Vendre des couches, des yaourts ou des spectacles, finalement, on cherche à écouter le client, comprendre son besoin et créer une relation avec lui. Il faut faire en sorte de créer un engagement du consommateur à la marque. Et c’est le cas aujourd’hui pour le Cirque du Soleil ».
Après, bien entendu, ce sont les outils qui diffèrent. Le marketing étant extrêmement lié à la vente – car la finalité est bien sûr de vendre des produits / services, les outils utilisés doivent bien évidemment correspondre au marché visé.

QUELLES SONT LES TENDANCES DE CONSOMMATIONS ACTUELLES ?

Comme le soulignait plus haut Jaki Ellenby, le but du marketing est de créer la véritable demande et non pas de la créer.
Ainsi, Apple n’a pas créé une demande autour de l’iPod mais a bien compris le besoin d’avoir sa musique et toute sa musique facilement avec soi. L’iPod voit ainsi le jour et rencontre un énorme succès.

Un autre exemple est par exemple celui des couches. Jaki a en effet travaillé pour Procter & Gamble, pour la marque Pampers. L’enjeu aujourd’hui autour de ce produit est de se poser la bonne question : quel est le véritable besoin derrière les couches ? Au-delà de sa fonction première, souvent les personnes qui s’intéressent à l’achat de ce produit sont les parents et notamment les femmes, encore enceintes.  Les jeunes parents, lors d’une première naissance, sont particulièrement stressés et ont besoin d’un accompagnement particulier. C’est ce que ce type de marque peur leur fournir, les couches venant, s’il est possible de le dire ainsi, comme la cerise sur le gâteau. C’est pourquoi, même sur des produits de première nécessité, il est toujours possible de détecter un besoin auquel il est possible de répondre et ce pas uniquement par le produit que l’on vend mais par un service annexe que l’on peut être amené à créer.

Pour le secteur culturel, la question posée reste la même. Il faut par conséquent, au lieu de vouloir faire venir à tout prix des publics « difficiles » au nom de la démocratisation culturelle, se poser la question de ce qu’est leur consommation de la culture. Comment ces publics (et les autres d’ailleurs, il n’y a pas de raison) voient la culture, l’apprécie et la consomme (j’insiste sur le mot) au sens où ils privilégient le théâtre, le cinéma, les concerts, les expositions, la création (groupe de musique, grafs, arts de la rue, etc.) …

C’est ainsi que Jaki a détecté le besoin de plus en plus fort d’interactivité. Cette tendance n’est effectivement pas nouvelle. Cette interactivité s’est fait jour grâce au web 2.0 et aux réseaux sociaux mettant l’accent sur le participatif et le communautaire. Les publcis ont donc besoin de plus d’interactivité avec les musées, les expositions, les spectacles.

Faut-il pour autant influencer la programmation artistique ? Hors de question réagit Jaki Ellenby. Rien n’empêche en effet les services marketing de faire part des tendances de consommation du public aux services créatifs, mais c’est à ces derniers que revient la décision de les prendre en compte. Cela est d’autant plus évident que la direction marketing d’une structure peut utiliser d’autres outils afin de parvenir à cet objectif d’interactivité. Ainsi des rencontres avec les artistes ou encore la création d’un club ou d’une communauté spécifique peuvent répondre aux besoins des clients / spectateurs.

C’est de cette façon que le Cirque du Soleil a réussi à créer un degré d’engagement très fort autour de la marque et des spectacles.

LA RELATION AVEC SON PUBLIC, UNE RELATION INTIME

Le Cirque du Soleil, comme nombre de structures culturelles, doit répondre à une envie de rêve, d’évasion. C’est en répondant à ce besoin, de façon segmentée en fonction des publics – et de leur localisation, que le Cirque a fait naître un engagement très fort autour de la marque. Le public utilise souvent des termes relevant de l’intime pour décrire leur relation avec cirque. Il n’est donc pas inhabituel d’entendre des « Vous avez changé ma vie » ou « votre spectacle est inspirant ».

Cette adhésion est tellement grande que les spectateurs prennent même une position protectrice lorsqu’ils estiment qu’un spectacle touche à l’identité du cirque. Ils peuvent parfois reconnaître que la troupe a besoin d’essayer des spectacles / des costumes / des histoires qu’ils n’ont pas apprécié sans pour autant faiblir leur attachement à la marque.

Cette relation n’est évidemment possible que grâce à une bonne communication inter-services et direction et surtout à une écoute patiente et pertinente du besoin de leurs publics.

La direction du corporate marketing du Cirque du Soleil recoupe ainsi cinq divisions : un studio de production (qui travaille à la fois pour la direction marketing mais également des autres services), une équipe relation et expérience clients (pour tout ce qui touche directement les consommateurs à la marque), le développement de la marque et de l’innovation (notamment la réflexion sur le positionnement de la marque « Cirque du Soleil ». Le cirque a ainsi produit un film en 3D avec James Cameron), les insights et l’intelligence marketing (tout ce qui regroupe les études et analyses, notamment psychographiques) et enfin le développement de produits dérivés, l’e-commerce (80% de la billetterie passe par ce biais) et les licences.

C’est donc un service très structuré, que nous appellerions en France, dans nos plus grands musées la direction de la politique des publics. Ce terme d’ailleurs me gêne assez au sens où souvent le marketing, la politique tarifaire, la billetterie, les publications et la médiation sont regroupées au sein de cette même direction. Or la médiation dans le cadre d’un musée est un service, proposé gratuitement (sauf les applications et la location des supports). La médiation fait appel au contenu et devrait être de ce fait rattachée à la conservation. Rien n’empêche ensuite par ailleurs que la médiation puisse bénéficier des compétences internes des services informatiques, marketing et communication.

Une telle absurdité, selon moi, est le cas au musée du Louvre. Ainsi la production culturelle et l’éducation artistique font l’objet de deux directions séparées, le développement y est envisagé sous l’aspect uniquement B2B (Business to Business puisque le développement appartient également à la direction mécénat) et la politique des publics, en B2C, est réalisée conjointement avec l’éducation artistique. En ce qui concerne le musée d’Orsay par exemple, c’est à peine si on y aborde les sujets de commercialisation. On parle de promotion au sein du service communication, mais c’est bien tout. Quant au Centre Pompidou, le B2B est rattaché à la communication (sauf pour l’action touristique, quelle idée ?) et le B2C a son service à part. Et le musée du Quai Branly est le seul à parler de vente…

QUELLE STRATÉGIE DE FIDÉLISATION ET D’ACQUISITION ?

Comme le soulignait Jaki Ellenby ; finalement les stratégies marketing utilisées sont relativement similaires d’un secteur à un autre, ce sont les outils qui diffèrent.

C’est ainsi que pour fidéliser un public, alors que les événements et les tournées ne se font pas d’une façon régulière, le Cirque du Soleil a préféré misé sur la création d’un Club (gratuit) auquel les clients peuvent s’abonner afin d’en avoir les dernières informations. Il faut en ce cas tabler sur la création d’une relation qualitative et non quantitative.

Quant à l’acquisition de nouveaux clients, le marketing intégré (à 360°) est une référence. Il faut pouvoir utiliser tous les moyens et toutes les techniques afin de transmettre le bon message au bon endroit au bon moment. Cette stratégie, pour le Cirque Soleil, est par conséquent différenciée en fonction des segments de publics mais également des marchés (en terme géographiques). Par exemple, lors de l’implantation du Cirque du Soleil en Russie il y a 3-4 ans, il n’y avait pas de billetterie en ligne. Il faut savoir que le cirque réalise 80% de ses ventes en ligne. Il a donc fallu qu’il apporte sa propre plateforme de commercialisation.

En Chine par exemple, il faut pouvoir utiliser les bons réseaux sociaux. L’utilisation d’Internet étant bien plus limitée que dans les pays occidentaux, le retour n’est donc pas le même sur les plateformes habituelles. L’utilisation de Weibo pour ce marché est donc particulièrement pertinente.

Finalement, c’est dans les vieilles marmites qu’on y fait les meilleures soupes.

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Le Cirque du Soleil en chiffres

5.000 employés dont 700 artistes
10 spectacles par an – 5 fixes, à Las vegas et à Orlando
11 millions de spectateurs sur tous les continents
1 milliard de dollars de CA

Sources : Le Nouvel Observateur n°2413 – 2011, Le Figaro 25 août 2011.

 

Retrouvez l’intégralité de l’article sur Culture et Communication en cliquant ici.

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Une expo participative au Château de Versailles

Seconde livraison et transmission sympathiques cette semaine en provenance d’Aude Mathey (Culture et Communication), un article sur la manière dont de nouvelles démarches de communication peuvent servir et renforcer les objectifs d’expositions dans les hauts lieux de patrimoine. 

Avec son exposition « Le XVIII au goût du jour« , le Château de Versailles a déployé les grands moyens : partenariat avec le musée de la mode Galliera, le magazine Vogue, l’Express, le Bon Marché Rive Gauche, organisation d’un carnaval exceptionnel le 9 juillet, mise en ligne d’un jeu-concours pour tous les fondus de mode…

La communication et le marketing autour de cette exposition montre que les structures culturelles françaises peuvent elles-aussi, quoiqu’avec un peu de retard sur certains de nos voisins européens (je pense aux britanniques en particulier), rassembler et rendre festive une exposition, qui jusque là ne présentait que des costumes et des artefacts de la mode du XVIIème siècle.

Jean-Paul Gauthier © DR

Il est vrai qu’avec ses dentelles, la mode de cette année pouvait rappeler certains aspects de celle du XVIIIème siècle. Et c’est le pari qu’a fait le Château de Versailles : tabler sur la mode du XVIIIè revue et corrigée par nos stylistes actuels, bref mise au goût du jour…et ce avec le musée Galliera, et son fonds quasi inépuisable de costumes, le tout pour redynamiser le Grand Trianon, qui avec ses 511 000 visiteurs annuels est bien moins fréquenté que son petit homologue ou que la Château.

Dans cette exposition, les véritables costumes du XVIIIème rivalisent également avec ceux de Jean-Paul Gauthier, Pierre Balmain, Christian Dior ou encore Christian Lacroix et Vivienne Westwood. C’est ainsi que la Château de Versailles a noué des partenariats avec l’Express Styles et Vogue, une façon astucieuse de nouer des liens et rencontrer un public qui n’est pas forcément un habitué des cartels mais plutôt des catwalks : les fashionistas.

Vivienne Westwood. © DR

Qui dit mode, dit festif et entre soi. Le Château a par conséquent organisé un magnifique carnaval le 9 juillet. Oui oui ce n’est pas vraiment la période, mais qui s’en soucie ?

L’entrée, payante (entre 50 et 250€), ne rebute pas le public, nombreux et habitué aux soirées sélectives. Grandes eaux nocturnes, spectacles burlesques, événements décalés et concerts grandioses, tout est là pour créer une féérie et un teaser magnifique pour l’exposition. Une seule exigence pour venir à la soirée : être costumé bien sûr :

Soyez royal(e), courtisan(e), doge vénitien, mousquetaire, archiduc de Russie, dame de compagnie ou princesse persanne, votre seule exigence sera d’être à la hauteur des exigences de la Cour. Quelques sans-culottes pourront se mêler aux convives, à leurs risques et périls…
Vous devrez rivaliser d’inventivité pour assortir jupons, corsets, bas, souliers, perruques, mouches et y ajouter votre touche décalée.

Source : http://www.chateauversailles-spectacles.fr/le-carnaval-de-versailles-91.html

Et surtout masqué !

Source : www.thecherryblossomgirl.com/

 

Sources: leblogdelamechante.frwww.thecherryblossomgirl.com / www.misspandora.com 

Mais ne vous inquiétez pas, la fête continue ! Pour ceux que cela tente, il est toujours possible de continuer à se déguiser, se costumer, se pomponer pour participer au Concours de Styles… A la clef, un shooting de l’Express Styles, des bons d’achat, un appareil photo…

Inutile de vous rappeler que pour être incollable sur le XVIIIème siècle et ses accessoires, il faut aller faire un saut jusqu’au Grand Trianon… jusqu’au 9 octobre 2011 !

Page d’accueil du jeu-concours

Aude Mathey (Culture et Communication)

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Le futur des musées repose toujours plus sur leur capacité « en ligne »

Le British Museum de Londres. Photographie : Graeme Robertson

Au début du mois de juillet de l’année dernière s’était tenue une rencontre à Londres où Neil MacGregor, directeur du British Museum, et Sir Nicholas Serota, directeur de la Tate, avaient débattu parfois de manière tout à fait croustillante à la très prestigieuse London School of Economics and Political Science de la question du musée au XXIème siècle lors d’un événement co-organisé avec Thames & Hudson pour les 60 ans de la prestigieuse école londonienne.

Un podcast a été mis en ligne permettant ainsi d’écouter l’intégralité des échanges et, pour celles et ceux qui n’ont pas eu l’occasion d’y participer, Conxa Rodà, (chef de projet au Musée Picasso de Barcelone) nous mentionnait les 5 principaux enseignements à retenir, extraits parmi les publications du Guardian et de Social media and Communication, et que nous résumons ainsi :

  • La relation entre les médias et les musées s’est transformée : on voit de plus en plus les musées figurer dans les rubriques « News » et plus seulement dans les rubriques « Arts », c’est un nouvel espace de conquête et de développement pour l’avenir.
  • Le futur des musées reposera toujours plus sur l’Internet : la relation entre les institutions et leurs publics sera transformée plus encore avec Internet et les musées dans leur organisation deviendront plus proches d’organisations multimédia.
  • Les musées auront une audience mondiale et seront les lieux où les personnes du monde entier pourront échanger. Les institutions qui prendront cette problématique à bras le corps, le plus tôt et le plus loin possible, seront celles qui dans l’avenir feront autorité.
  • L’avenir verra les musées devenir des éditeurs et des diffuseurs de programmes en soi et nous verrons leurs équipes travailler de plus en plus en ligne pour plus d’efficacité  en utilisant et déployant plus de ressources mises en ligne.
  • Le défi qui devient de plus en plus important repose donc sur la capacité des équipes de travailler autant en ligne que dans les salles car un des enjeux est bel et bien la possibilité d’une meilleure et plus importante communication entre les conservateurs et les visiteurs.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Nous vous proposons de rassembler vos contributions et de faire le point ces mutations importantes dans le monde des musées. Parfois souhaitées ou parfois subies ces mutations bousculent les habitudes et réinterrogent les métiers, mais jusqu’à quel point ? A vos claviers !

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Le Portugal manque de tradition culturelle

Il faut au Portugal plus de talent, de créativité et de rêves et moins de ronds-points et de photos de poignées de main lors de l’inauguration de bâtiments publics, estime l’auteur et journaliste José Jorge Letria dans le quotidien Público : « C’est une erreur pitoyable de s’obstiner à considérer la culture comme un simple ornement lors de campagnes électorales, comme une manie de l’élite et comme un élément peu significatif pour le développement de notre pays. L’importance de l’économie de la culture dans la croissance économique nationale et mondiale dépasse de beaucoup celle de l’industrie du football. La culture nécessite des investissements stratégiques et une planification programmée car elle crée des emplois, une richesse matérielle et intellectuelle, des recettes fiscales et une cohésion nationale, et procure en outre un prestige international. Nier cet état de fait, c’est nier la réalité. … Mais il ne suffit pas de planifier des manifestations culturelles. Il faut développer une véritable politique culturelle, durable, prenant en compte des facteurs multiples. … Malheureusement, le Portugal n’a aucune tradition dans ce domaine. »

Source : BPB

 

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Enquête ADMICAL auprès des entreprises engagées dans des actions de mécénat

Cette enquête évalue, pour l’année 2010, les grandes tendances du mécénat d’entreprises. Ces tendances indiquent, par rapport à 2008, une baisse de ce budget de 20%. Le mécénat culturel a été le plus fortement touché. Il a chuté de 61% sur la même période : avec un budget total de 380 millions d’euros (soit 19% du budget global du mécénat) contre 975 millions d’euros en 2008 (39%). Le budget qui lui est attribué par les entreprises est désormais à égalité avec le sport et loin derrière le social, l’éducation et la santé. Il est progressivement remplacé par des actions croisées qui soutiennent des projets éducatifs, socioculturels. Le président de l’Admical n’hésite pas à évoquer une chute « plus qu’inquiétante » et à affirmer que « la création culturelle est en danger ». 
L’enquête révèle également la montée en puissance du mécénat de compétences (mise à disposition de personnel, prestation de services…), une hausse du nombre d’entreprises mécènes (35 000, soit 17% de plus) et un ancrage plus important du mécénat dans les entreprises de plus de 200 salariés avec un taux passé, en deux ans, de 26% à 43%.

L’enquête et le communiqué de presse sont téléchargeables. Il est possible de suivre les informations d’Admical sur twiter.

Source : ADMICAL

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Palmarès des expositions 2008-2009 : le cas Banksy à Bristol / 1

Dans le palmarès récemment publié par The Art Newspaper des expositions les plus visitées dans le monde pour l’année 2008-2009, les chiffres de fréquentation montrent que les effets de la crise ne se sont pas fait sentir pour ces événements. Sur le plan interne, cela s’explique principalement par le fait que la plupart du temps ce type d’institutions ont une planification de programmation de leurs expositions à n-3 ou n-2, idem pour les mécènes/sponsors.

En externe, il a déjà été démontré à de très nombreuses reprises que la culture est une « valeur refuge » pour le public et pour les professionnels, on a notamment vu en 2009 les opérateurs économiques privés revenir vers ce qu’on appelle le segment institutionnel.

Bien entendu, cela ne vaut pas pour tout le monde ; c’est la limite de ce type d’exercice qui bien souvent ne permet pas de comparer les échantillons de manière suffisamment détaillée, et on sait déjà que la période 2009-2010 a été plus affectée, notamment pour ce qui est du « tassement » de la fréquentation touristique (avec des effets plus ou moins importants selon les territoires et selon les stratégies des opérateurs) et de la baisse du mécénat (8% en moyenne selon les études internationales qui ont été réalisées ces 6 derniers mois). The Art Newspaper (qui consacre également dans son numéro de mars un article très intéressant sur le 104 à Paris) indique déjà que pour 2009-2010 le nombre de mécènes/sponsors sur des grandes expositions a baissé (beaucoup ont tout simplement disparu) et que nécessairement cela se fera sentir sur les résultats de fréquentation.

Mais au sein de ce classement 2008-2009, une exposition qui s’est déroulée l’été dernier à Bristol en Angleterre figure de manière très surprenante à la trentième position, avec près de 4000 visiteurs par jour. Il s’agit de l’exposition du graffeur Banksy au Bristol City Museum.

Aucune exposition de graffeur (une mégastar en l’espèce) n’a jamais enregistré de tels chiffres sur des bassins de vie équivalents où que ce soit dans le monde, et la surprise vient aussi du fait qu’aucune promotion ou publicité n’a été faite pour cette exposition. Celle-ci a en effet été annoncée la veille de son ouverture et a été préparée dans le plus grand secret en parfaite entente entre l’artiste et la municipalité. Le musée a été fermé pendant tout le montage sans la moindre fuite (hormis deux musées concernés par les œuvres à acheminer étaient au courant). Sa directrice Kate Brindley avoue que cela fut très difficile de garder le secret depuis le mois d’octobre et reconnaît avoir fait un pari risqué pour son institution.

Avec de tels « handicaps », l’exposition obtient un résultat exceptionnel et parvient à battre l’exposition de LA star britannique de l’art contemporain Anish Kapoor à la Royal Academy of Arts de Londres, sur les douze semaines de l’exposition il a fallu attendre parfois jusqu’à 6 heures pour pouvoir entrer et l’exposition a pratiquement rapporté ce que le musée encaisse en une année.

Dans ces conditions qui défient toutes les logiques, comment ne pas s’interroger sur les recettes d’un tel succès ? Quels sont les ingrédients qui ont servi à concocter une telle réussite ? Ce sera l’objet de la deuxième partie de ce post.

Ci-dessous le top 10 publié par The Art Newspaper :

  1. Ashura and Masterpieces from Kohfukuji – Tokyo National Museum, 15,960 visitors per day
  2. 61st Annual Exhibition of Shoso-in Treasures – Nara National Museum, 14,965 visitors per day
  3. Treasures of the Imperial Collections – Tokyo National Museum, 9,473 visitors per day
  4. 17th Century Painting from the Louvre, National Museum of Western Art, Tokyo, 9,267 visitors per day
  5. 2nd Photoquai Biennale, Musee Quai Branly, Paris, 7,868 visitors per day
  6. Picasso and the Masters, Grand Palais, Paris, 7,270 visitors per day
  7. Kandinsky, Centre Pompidou, Paris, 6,553 visitors per day
  8. Joan Miro: Painting and Anti-Painting, Museum of Modern Art, New York, 6,299 visitors per day
  9. Pipilotti Rist: Pour Your Body Out, Museum of Modern Art, New York, 6,186 visitors per day
  10. Treasures of the Habsburg Monarcy, National Art Centre, Tokyo, 5,609 visitors per day

Sources : SMG, BBC, The Art Newspaper

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The Participatory Museum

In our last post about Nina Simon, we mentionned The Participatory Museum, a practical guide to working with community members and visitors to make cultural institutions more dynamic, relevant, essential places. It is now published. Our member Evelyne Lehalle (owner of NTC, author of THE touchstone of the blogs about cultural tourism and one of the best museum experts in France) informed the group about this publication.

In order to give you a glimpse of this amazing and rather essential book, here is what Elaine Heumann Gurian, leading international museum consultant and author of Civilizing the Museum has said about The Participatory Museum : « Nina Simon’s new book is essential for museum directors interested in experimenting with audience participation on the one hand and cautious about upending the tradition museum model on the other. The book is well written, interesting, well researched, and useful.  It will encourage and support those who wish to begin.  Simon dissects the process of participatory change, showing how to make choices that will augment, without overturning, the museum’s current programs or mission.  In concentrating on the practical, this book makes implementation possible in most museums.  More importantly, in describing the philosophy and rationale behind participatory activity, it makes clear that action does not always require new technology or machinery.  Museums need to change, are changing, and will change further in the future.  This book is a helpful and thoughtful road map for speeding such transformation ».

For more reviews of The Participatory Museum, clic here.

Nina Simon is an exhibit designer, museum consultant, and the author of the Museum 2.0 blog. Her book is available for purchase, perusal, and discussion.

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Culture augmentée

CultureClic, la culture augmentée sur mobile, était présentée officiellement le 18 février par Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, avec Bernard Benhamou, délégué aux Usages de l’Internet, dans le cadre de la présentation de Proxima Mobile, premier portail de services aux citoyens sur téléphone mobile. Cette application gratuite, disponible actuellement sur iPhone et Web mobile (prochainement sur les autres smartphones), est un guide, un espace de découverte, une boussole culturelle et bientôt un réseau social entièrement conçu pour un usage mobile autour de la culture, la littérature et la culture scientifique.
La réalité augmentée sur mobile permet à l’utilisateur une expérience totalement nouvelle. Grâce au catalogue de la Réunion des musées nationaux et aux archives Gallica de la Bibliothèque nationale de France, il peut découvrir des morceaux d’histoire avec des tableaux, révélant le lieu où il se trouve à travers cinq siècles : le Louvre, les premières photos au monde de Notre-Dame et de Montmartre en 1841, la construction du pont Neuf, la Place Royale de Bordeaux au XVIIIe siècle, le port de Marseille en 1900, et bien d’autres trésors. L’application permet également de trouver les 1 300 musées français géolocalisés, avec leurs informations pratiques (horaires, tarifs, billets…) et propose l’offre culturelle de proximité, avec plus de 600 événements culturels sur tout l’hexagone, extraits de l’agenda du Portail de la Culture (www.culture.fr), ainsi que le programme d’Universcience (Cité des sciences-Palais de la découverte).

Contact : Proxima Mobile (mobile@proximamobile.frwww.proximamobile.fr/?q=node/ )

Source : NTC/ ministère de la Culture et de la Communication.

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Le Grand Palais voit grand

Le Grand Palais fait partie de ces rares équipements qui entament aujourd’hui une mue pour le moins singulière en mettant à plat la question de son projet, de ses missions et de sa stratégie de développement. A nouveau projet, nouvel opérateur, nouvelle structure, c’est au fond un changement assez radical auquel tous les équipements culturels sont conforntés. Ils ont en effet ce « devoir moral » quasi consubstantiel d’évoluer, d’être en phase avec leur temps (voire de le devancer) et de renouveler leur offre pour être toujours en capacité de nous éclairer, de nous émouvoir,  de nous accueillir, de nous servir et de toujours nous proposer conjointement une part de ce que nous venons y chercher et une part insoupçonnée de nous-mêmes.

Mais dans le cas du Grand Palais, définir les missions pour le futur opérateur qui regroupera le Grand Palais et la Réunion des Musées Nationaux pose la question de son projet culturel et scientifique, question qui cette fois-ci a été abordée d’une manière pour le moins inhabituelle.

Sur la méthode :

Trois groupes de réflexion ont été constitués par Jean-Paul Cluzel, président du Grand Palais et du conseil d’administration de la RMN, dans le cadre de la mission qui lui a été confiée par Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand. Ceux-ci vont se réunir lors de 2 sessions en février et mars prochains. Les trois groupes rassemblent ces 38 experts choisis parmi des personnalités issues d’horizons divers du monde de la culture (dirigeants d’institutions françaises et étrangères, commissaires indépendants, producteurs d’événements et de spectacles, organisateurs de salons, scientifiques, spécialistes des technologies numériques). L’objectif qui leur est assigné est d’échanger et de confronter des idées, des expériences et des désirs sur le projet Grand Palais/RMN. Le ministre de la Culture et de la Communication a confirmé sa présence la 1re réunion, c’est dire l’importance de l’enjeu. Jean-Paul Cluzel quant à lui remettra son rapport au président de la République le 31 mars 2010.

Sur le fond:

Longtemps cantonné dans sa mission historique, même l’esprit le plus chagrin est bien obligé de reconnaître aujourd’hui que le site fait preuve d’une certaine orginalité depuis la renaissance de sa grande nef et de sa verrière monumentale, le lieu est même devenu plus singulier que jamais en alliant grandes expositions classiques et contemporaines, performances, concerts et rencontres. Depuis, la verrière monumentale est devenue un lieu d’expérimentations pour la mode, la musique et l’art. Il faut dire que le Grand Palais propose une configuration et un cachet uniques, à la fois giganteste et modulable, qui permet  une commercialisation qui lui permet de s’autofinancer sans recevoir la moindre subvention. Avec un chiffre d’affaires de 7,4 millions d’euros prévu pour 2010 rien que pour la location de la Nef, c’est une manne financière qui fait rêver bon nombre d’établissements propriété de l’Etat.

C’est en effet d’abord grâce à son modèle économique de location d’espaces que le Grand Palais se donne les moyens de mettre en oeuvre sa mission vocative. Plus l’événement est « culturel », moins il coûte cher à la location et, donc, moins il rapporte au Grand Palais, et plus la manifestation est dite « commerciale », plus les tarifs sont élevés et plus elle rapporte. Organisé par le ministère de la Culture, le cycle « Monumenta », par exemple, ne génère quasiment pas de recettes au lieu mais quel apport de notoriété et de rayonnement ! Est-il possible d’imaginer un meilleur lieu pour « Monumenta » ? Ce modèle « centre de congrès et d’exposition » doté d’un projet scientifique et culturel que peu de lieux culturels osent véritablement mettre en place aurait-il des vertus insoupçonnées que le milieu culturel peut difficilement considérer ? Peut-être est-ce une affaire de « cible de clientèle » ? Il y a ici un paradoxe fort pour les défendeurs de la démocratisation de la culture que nous sommes tous, pour ne pas dire un tabou. L’écrasante majorité des lieux culturels ne bénéficie pas d’une telle situation ni d’un tel privilège , mais on voit bien, à la lumière des mutations du secteur de l’événementiel culturel, que la recherche de l’adéquation entre une politique de l’offre et une politique de la demande demeure complexe. Peut-être est-ce cette recherche d’adéquation qu’il faut abandonner et c’est ce que ce modèle économique du Grand Palais propose, même si avec le rapprochement du Grand Palais et des galeries nationales (qui dépendaient jusque-là de la réunion des musées nationaux, la RMN), ce mode de financement par la location d’espace devrait toutefois évoluer, et comporter une part de financement public. Cela paraîtra difficilement justifiable, d’autant que du point de vue du modèle proposé depuis 2005, il y a un niveau de maturité qui n’a pas encore été atteint. Mais il y a visiblement une volonté de poursuivre la mutation pour être en capacité de toujours surprendre et c’est peut-être là que ce situe la spécificité et l’exemplarité du Grand Palais.Voir grand, voir loin.

Les travaux engagés témoignent parfaitement de cela. Ils sont payés grâce à un emprunt contracté par l’établissement. Même si le lieu est en permanence en travaux depuis l’incident de 1993 qui avait conduit à sa fermeture jusqu’à 2005, il s’apprête cette année à engager une rénovation d’envergure : c’est au tour du salon d’honneur, de la galerie sud et des rotondes de la Reine et Alexandre III de subir un coup de jeune. Coût de l’opération : 23 millions d’euros. Les prochaines étapes augurent un nouveau changement d’échelle : Jean-Paul Cluzel, souhaite s’attaquer aux galeries encerclant la nef (Galeries nationales et Palais de la découverte), afin de constituer un vaste établissement « polyvalent et flexible ». Il doit d’ailleurs remettre des propositions en ce sens à Nicolas Sarkozy fin mars. La première phase de travaux sera livrée à l’automne 2010.

Avec une telle débauche de moyens, il faut espérer que l’originalité du lieu sera préservée car, à cette échelle, il y a peu d’équipements qui ont osé autant d’éclectisme et qui ont aussi bien réussi à se situer à équidistance de l’élitisme et du supermarché culturels.

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The Artvertiser

One of our members from Rhizome sent us some information about one of the most exciting improved reality project of public art I have ever seen : The Artvertiser, a urban, hand-held Improved Reality project exploring on-site substitution of advertising content for the purposes of exhibiting art. Some of you might have seen it during Berlin Transmediale 2010 last week but I can’t resist the temptation to share this great project with our audience.

The project was initiated by Julian Oliver in February 2008 and is being developed in collaboration with Clara Boj, Diego Diaz and Damian Stewart.

The Artvertiser considers Puerta del Sol Madrid, Times Square New York, Shibuya Tokyo and other sites dense with advertisements as potential exhibition space. An instrument of conversion and reclamation, The Artvertiser takes imagery seen by millions and re-purposes it as a surface for the presentation of art.

The best description of their work is an excerpt from their website : « the Artvertiser software is trained to recognise individual advertisements, each of which become a virtual ‘canvas’ on which an artist can exhibit images or video when viewed through the hand-held device.

After training, where ever the advertisement appears, the chosen art will appear instead when viewed live through the hand-held device. It doesn’t matter whether the advertisement is on a building, in a magazine or on the side of a vehicle.

If an internet connection is present at the site, the substitution can be immediately documented and published in on line galleries such as Flickr and YouTube.

While offering itself as a new platform for public art, The Artvertiser seeks to highlight the contradiction of Public Space in the context of what can and cannot be written on the surface of our cities. Neither graffiti or Fine Art, The Artvertiser exploits the inevitable redistribution of these surfaces in media such as digital film and photography, providing an alternative memory of the city.

By leveraging the internet as a redistribution mechanism, The Artvertiser supposes that an urban site dense with proprietary imagery can be re-purposed as an exhibition space for art and archived as such in turn. Similarly, on-site exhibitions can be held whereby pedestrians are invited to use the looking device to view an exhibition on the buildings around them. Finally, non-live video can also be used. This enables artists to substitute advertisements in film and video with alternative content and redistribute those movies with friends or using their favourite peer to peer network.

The Artvertiser has received development funding from Intermediae and is being developed in Madrid and Valencia, Spain.

Progress

The software is stable and working well though is not yet ready for distribution. Currently it runs only on The Artvertiser’s own digital binoculars and netbooks/laptops with webcams. We’re still working on a port for Android.

The Artvertiser targets three classes of device:

Billboard Intercept Prototype:
A set of urban and weather-proof digital binoculars have been built. This device guarantees high-quality immersive advertisement substitution and is be more performant for AR applications than any hand-held device currently available; equipped with a high-quality wide-angle lens, fast CPU and GPU, powerful wireless adaptor, long battery life and plenty of solid state storage space.

Smartphones:
We are currently porting the software to Google’s Android OS, now used on many smartphones worldwide. Following this we will target the Nokia N900 (Maemo 5) and (perhaps) the iPhone. These devices will have support for video and photo substitution modes at low resolutions. We hope to have an Android port available soon.

Standard Camera phones:
The great bulk of the world’s camera phones run the Symbian OS. We are currently authoring a version of The Artvertiser to provide ‘single shot’ photo substitution. 

The Artvertiser is a free software project and will be released under the copyright terms of the General Public License v3.0 when completed. It is developed on the Linux platform.

Team

Project Lead: Julian Oliver

Computer Programming: Julian Oliver and Damian Stewart

Binoculars: Julian Oliver, Clara Boj and Diego Diaz

Julian Oliver, Damian Stewart, Clara Boj and Diego Diaz are experienced artists working in the vein of Augmented Reality, computer vision and computer graphics. Between them they share 30 years of practice across these areas, having worked with the technology in both research and fine-arts settings.

Their work has been exhibited in major museums and electronic art-festivals in Europe, Asia and North America and has received many awards and commissions ».

Source : Rhizome and The Artvertiser.

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MW 2010 Best of the Web needs your nominations

Rohn Jay Miller, (AlphaBeta LLC, USA) recently informed our group that MW 2010 Best of the Web nomminations are now open and will be accepted untill February 21st. All sites nominated will be reviewed by a the Best of the Web panel and awards offered in a number of categories. In addition, users of this site will choose one site as the People’s Choice in April.

Please review the Nomination Process. For further background, see the contest details.

Recognizing achievement in heritage Web site design, a committee of museum professionals selects the Best of the Web each year.

Categories : museum web sites from around the world can be nominated, provided they have been launched or significantly updated in 2009. For more details, see Eligibility,

Nominations are now open on the conference community site.

Sites will be reviewed by an independent panel of judges. The Process and Categories for 2010 are now under review:

The Best of the Web panel will consider Web sites nominated in the following categories:

Awards will be given in each of the categories above, and in the following general areas:

Be sure to review the category definitions carefully before suggesting a site. Sites do much better when they are considered in the right context.

Nomination

Sites are put forward for the Best of the Web in an open nomination process. Anyone registered at http://conference.archimuse.com can nominate one site.

Nominations will be made through the conference community site, and will be publicly available for review and comment. Nominations of sites other than your own are encouraged.

Sites from anywhere in the world are eligible, provided they have been launched or significantly updated in 2009.

Sources : Rohn Jay Miller, (AlphaBeta LLC, USA) / Archimuse.

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On Museum 2.0 : five evaluation reports on participatory projects

Museum 2.0 is a great blog by Nina Simon but it’s also a design consultancy focused on creating participatory, dynamic, audience-centered museum spaces with institutions like the Smithsonian, the Chicago History Museum, The International Spy Museum in Washington D.C., the new Mint museum in San Francisco as well as local favorites like the Monterey Bay Aquarium and the Tech Museum in San Jose.

She recently shared a few evaluation and research studies that have greatly informed her work (and specifically, the development of The Participatory Museum, which is going to the printer this weekend). These are all downloads, which means when you click on the link it will ask you if you want to save a document.

  1. The Catalyst for Change social impact study from the Glasgow Open Museum. This report, published in 2002, chronicles the history and impact of an extraordinary institution founded in 1990 to make museum collections available for use by community members for their own purposes. As founder Julian Spaulding said, « The intention was to deliver what people wanted rather than what the museum thought they wanted or what the museum thought they ought to want. »
  2. The evaluation of the first Turkish Living Library, held in 2007 at the Rock for Peace festival in Istanbul. The folks who ran this event required every single participant to fill out an evaluation form, and this report demonstrates their overwhelming enthusiasm for the program as well as the tremendous social learning outcomes. The comically positive graph at the top of this post comes from this report.
  3. Dialogue in the Dark visitor and guide impact studies. This amazing « all dark » exhibition, which visitors experience in groups led by blind guides, has reached millions of people around the world. These impact studies demonstrate its incredible power both as a memorable visitor experience and as a positive impact on blind guides’ social and professional lives.
  4. Nina Simons also wants to honor the Exploratorium, which publishes all of their research studies for public download here. One of Nina’s favourite that she has frequently returned to is Sue Allen and Josh Gutwill’s 2004 paper, « Designing for Interactivity: Five Common Pitfalls. » The content is relevant to all kinds of museums, not just science centers.
  5. A paper on « Evaluating participatory, deliberative, and co-operative ways of working, » put out by the InterAct group in England. This useful and easy-to-understand paper spells out several considerations of planning evaluation for participatory projects. Most of the examples are from British civic projects, but there’s lots of useful information and frameworks for projects in any field.

Sources : NTC, la blogosphère muséale and Museum 2.0.

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La Corée du Sud veut être dans le top 10 mondial de la culture

Le minitre de la culture sud coréen Yu In-chon a fortement marqué les esprits lors de son discours des vœux pour 2010, en affirmant que son ministère allait désormais travailler d’arrache-pied pour le développement de l’industrie du tourisme. « Visit Korea 2010-2012 » est le slogan de la campagne qui vient d’être lancée et qui vise à faire de la Corée du Sud un des 10 pays les plus développés sur le plan culturel au monde.

Cette campagne a pour objectif de valoriser et promouvoir, grâce à la création de nouveaux sites, de nouvelles destinations et de nouveaux événements culturels dans l’année qui vient, de manière à « attirer les amis du monde entier » a déclarré le ministre.

Avec l’accueil du prochain sommet du G20, les nouveaux musées nationaux, les galeries et les centres d’arts seront les vitrines de l’histoire et de la culture sud coréenne et le ministre veut profiter de l’opportunité de novembre prochain pour considérablement améliorer de l’image du pays et renforcer son attractivité touristique. Pour ce faire, la campagne « Visit Korea 2010-2012 » s’articulera autour de trois thématiques (2010 : « City and Style », 2011 : »Nature and People », 2012 : »Blue Ocean »). Chaque année s’appuiera notamment sur des événements d’ambition internationale autour des thèmes de la gastronomie, de l’éducation, du sport, de la culture :

  • 2010 est l’année de Séoul capitale mondiale du design, où la culture populaire sud-est asiatique, le tourisme urbain, la culture et la mode (secteurs en pleine explosion là-bas) seront à l’honneur ;
  • 2011 sera l’année pendant laquelle les championnats du monde d’athlétisme se dérouleront à Daegu et l’accent sera mis sur le tourisme vert ;
  • 2012 sera l’année de l’exposition internationale de Yeosu, année pendant laquelle les projecteurs seront braqués sur les technologies de l’information et de la communication, le tourisme maritime et balnéaire.

Au cours de chaque année, de nombreux événements seront organisés et rien que les trois événements mentionnés ci-dessous visent à eux seuls 8,5 millions de visiteurs étrangers. Il convient de noter que selon un rapport publié début janvier par la KTO (Korea Tourism Organization), 7,8 millions d’étrangers ont visité le pays, dont 56% de Japonais et de Chinois, ceci permet de mesurer l’ambition visée par le ministre.

Or cet objectif n’a rien une vue de l’esprit et n’a rien non plus d’un pari totalement fou puisque le ministère de la culture (qui a également le tourisme et le sport dans son portefeuille) poursuit la mise en œuvre d’une stratégie sans précédent pour le pays depuis près de trois ans, stratégie que nous avons évoquée à plusieurs reprises (notamment ici et ). Cette stratégie vise à trouver la bonne adéquation entre infrastructures et événéments, à mettre en ordre de marche les professionnels des secteurs de la culture et du tourisme (non sans une certaine autorité d’ailleurs) et à placer au rang de priorité nationale le rayonnement culturel du pays dans sa zone régionale mais aussi au niveau mondial. Il est vrai que la notion de culture a toujours été abordée de manière très spécifique en Corée du Sud, mise très en avant et au service de laquelle chacun se doit de contribuer.

Le tourisme culturel est pris très au sérieux par le gouvernement, et on mesure le poids des investissements réalisés lorsque la KTO évalue l’impulsion économique de cette politique à près de 2 points de PIB sur les deux dernières années. A l’échelle géographique et démographique du pays et dans le contexte économique, ceci constitue un effort considérable et sans équivalent.

Pour plus d’informations, visitez le site officiel du tourisme sud coréen.

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Pécs rivalise avec Budapest

La ville de Pécs, au sud de la Hongrie, vient de débuter son année de capitale européenne de la culture 2010, et cela ne fait que raviver un peu plus la rivalité existant entre Budapest et les villes de province, écrit le portail d’informations Hírszerző : « Les expériences des dernières semaines nous montrent que deux capitales, dont l’une culturelle, ne suffisent pas pour pouvoir se sentir vraiment européens. … Ces derniers jours, la contradiction entre Budapest et la province s’est de nouveau révélée dans toute son ampleur. … C’est une vieille histoire : celle de la rivalité mesquine entre les villes provinciales, comme Pécs, et Budapest, la capitale qui fait de l’ombre au reste du pays. … . Le couronnement de Pécs en 2005 en tant que capitale européenne de la culture avait justement pour but de montrer à l’Europe qu’il existe aussi, en dehors de Budapest, une vie culturelle passionnante et digne d’intérêt. Il reste à espérer que cela se vérifiera au cours de l’année de la capitale européenne de la culture. »

Source : BpB

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Marseille Provence 2013 : bientôt une marque ?

Dans le milieu effervescent du design, ruiz+company s’est récemment fait remarquer pour ces propositions de packaging de gammes de produits sériés et signés à l’attention des villes. Ces dernières, dont le marketing et les stratégies de différenciation sont de plus en plus abouties, cherchent à être reconnues immédiatement durablement pour leur identité, leur offre, leur imaginaire, leur authenticité et leur dynamique.

Elles tentent donc de marquer le conscient et l’inconscient individuels et collectifs par une marque claire, un message fort, des valeurs sûres, un signe et une image spécifiques, et pourquoi pas, comme c’est le cas dans les très grandes opérations médiatiques et populaires (on pense évidemment aux expositions universelles, aux grands événements sportifs comme les jeux olympiques), travaillent toutes une gamme de produits dérivés qui génèrent, au-delà de recettes substantielles, une adhésion à leur image de marque, une empathie naturelle pour leur offre en termes de qualité de vie, d’infrastructures, de services et d’activités, qui créent les conditions d’une meilleure durabilité des retombées dudit événement.

Les capitales européennes de la culture n’échappent pas à la règle, même si jusqu’à présent les tentatives ont été plutôt timides sur cette question. Marseille 2013 a en revanche déterminé il y a plus d’un an un cahier des charges pour mettre en œuvre tous les moyens d’adhésion à la manifestation. Mais certains s’inquiètent de ne rien voir venir jusqu’à présent car le temps presse, malgré un concours fin septembre 2009 pour le logo et la charte.  Il faut dire que la progressivité de la mobilisation et de la mise à disposition des moyens financiers ne facilite pas la réalisation des objectifs stratégiques qui eux nécessitent le travail le plus en amont possible. En général tout le monde commence à s’affoler 2 ans avant la date fatidique et le véritable branle-bas de combat n’est sonné que dans l’année qui la précède. C’est une mécanique complexe à mettre en œuvre, certes. Mais à la différence de la plupart des autres grands événements médiatiques, les moyens financiers n’arrivent en fait que très tardivement. Une coupe du monde ou un championnat d’Europe de football par exemple déclenche la libération de financements colossaux dès la désignation du pays hôte, dès la qualification des équipes, des la signature des droits télévisuels, etc.

Certains diront que la culture est loin, même dans le cadre d’une capitale européenne de la culture, de représenter un intérêt financier du niveau de celui d’un événement sportif.  Ceux-ci sont toutefois de moins en moins nombreux car on commence à mesurer les retombées directes et indirectes des opérations culturelles sur un territoire avec plus de précision. A ce titre, les chiffres de Lille 2004 et Liverpool 2008 sont assez éloquents et c’est probablement ce qui a contribué à un certain renouveau dans l’opération « capitales européennes de la culture », opération dont il convient de rappeler qu’il se chuchotait au début des années 2000 qu’elle serait abandonnée. Au fond tout arrive au bon moment comme dirait l’autre, mais dans le contexte de crise financière, économique et sociale des deux dernières années, il semble encore plus difficile de faire converger tous les moyens au bon moment.

Le caractère ultra diffus et ultra diversifié de la culture dans nos sociétés n’en facilite pas une médiatisation massive identique à celle que connaît le sport. Mais depuis Lille 2004 et Liverpool 2008, le retour d’expérience est beaucoup plus renseigné et outillé, ce qui laisse entrevoir que les difficultés rencontrées par Marseille 2013 sont plus d’ordre politique et organisationnel. Ces difficultés ont déjà pris des tournures de foire d’empoigne entre la Ville de Marseille et les autres collectivités (n’oublions pas que c’est Marseille Provence 2013 qui est capitale européenne de la culture) ce qui ne facilite ni le portage politique de l’opération, ni son financement, ni, par voie de conséquence, sa mise en œuvre et son management. Il est clair que c’est une capitale européenne de la culture qui nécessite un modèle de gouvernance que la Ville de Marseille n’a pas facilité en lançant un certain nombre d’appels d’offres en son propre nom depuis la victoire du scrutin.

En attendant que ces difficultés auxquelles nous sommes finalement hélas trop habitués en France se résolvent (c’est pour bientôt, car on approche de l’année n-2), la communication et le marketing de 2013 devraient se saisir de démarches comme celles de ruiz+compagny, car elles contribuent à un branding qui devrait être prêt depuis longtemps (n’oublions pas que le premier appel d’offres sur cette question remonte à fin 2008 et qu’il contenait tous les objectifs d’implication, de participation, de fierté et d’appartenance à l’événement nécessaires à la mise au point de la marque).

Sans stratégie et branding calés suffisamment en amont et au fil de sa mise en œuvre, la capitale européenne de la culture mais aussi la culture tout court ne poursuivront pas l’ascension populaire, médiatique et touristique dont elles ont besoin pour contribuer positivement et économiquement à l’avenir du territoire (les deux ne sont pas incompatibles mais ce n’est pas systématique, et cela doit rester ainsi car la culture n’est pas qu’une affaire de chiffres). En tout état de cause, le cercle vertueux à propos duquel nombreux s’époumonent a un prix et ce prix est d’abord celui du changement de nos approches de la gouvernance culturelle de nos territoires. C’est de ce point de vue que nous pouvons mesurer le chemin parcouru mais aussi le chemin qu’il reste à parcourir.

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